Speaker #0Il est 22h17, vous êtes sur votre canapé, le téléphone à la main, et vous venez de télécharger votre première application de rencontre. Alors peut-être que ça fait 15 ans que vous n'avez séduit personne de nouveau, 20 ans, peut-être 30, et la dernière fois que vous étiez célibataire, on notait le numéro sur un bout de papier, on attendait parfois même 3 jours avant d'oser appeler, et là, d'un coup, des dizaines de visages défilent sous votre pouce. Vous choisissez quelques photos, vous écrivez trois lignes sur vous, vous effacez, vous recommencez, vous validez enfin, et le lendemain, quelqu'un vous écrit. Et franchement, ça fait quelque chose, parce qu'après une longue relation qu'on avait un peu oubliée, ce que ça fait d'être regardé par quelqu'un qui ne nous connaît pas encore. Vous commencez à discuter, et très vite, des questions arrivent dans votre tête. Qui est vraiment cette personne ? Pourquoi veut-elle déjà mon numéro ? Qu'est-ce que je veux ? Qu'est-ce que je peux raconter de moi ? Qu'est-ce que je veux garder encore un peu ? Et au fond, il y a une grande question. Comment profiter de tout ce que cet univers peut avoir d'excitant, de léger, parfois même de réparateur, sans lui donner plus que je ne suis prêt à lui confier ? Eh bien, c'est ce qu'on va voir aujourd'hui. Bienvenue dans ReStory. Moi, c'est Isabelle, et ici, on parle de reconstruction après une séparation. Cet épisode, il ouvre une série de quatre épisodes consacrés aux applications de rencontre, quand on les découvre à 45, 50 ans, 60 ans, parfois plus. Et si vous m'écoutez sur YouTube, abonnez-vous. Dès maintenant, les épisodes vont s'enchaîner et ce serait dommage d'en manquer un. Alors, je vais être honnête avec vous. Le soir où j'ai ouvert ma première application, après mon divorce, eh bien j'aurais adoré qu'on me donne ce mode d'emploi. Pas un discours pour me faire peur, juste les codes. Parce que les applications de rencontre ne sont ni merveilleuses ni épouvantables, ce sont des outils. Et plus on comprend comment ils fonctionnent, mieux on décide de ce qu'on veut en faire. J'avais envie de commencer par le positif, parce qu'on bascule très vite. dans les histoires de faux profils, de disparitions sans explication. On en reparlera, promis. Mais si je commençais par vous faire peur, je raterais la moitié du sujet. Parlons de Nathalie, elle a 52 ans, 24 ans de mariage, et les dernières années, elle ne se sentait plus vraiment regardée. Alors personne ne l'a dévalorisée ouvertement, mais c'est souvent plus subtil que ça. On ne remarquait plus sa nouvelle robe, c'est tout, c'est normal, elle était la mère. épouse, celle qui organise les vacances, qui appelle le plombier, mais plus une femme qu'on regarde avec désir. Quelques mois après la séparation, une amie l'aide à créer son profil. Et le lendemain matin, premier message, vous avez un très beau sourire. Alors c'est peut-être rien, mais pour Nathalie, ce matin-là, ce n'est pas rien du tout. Alors oui, bien sûr, un compliment, ça fait du bien, prenez-le. Et surtout, vous n'avez aucune raison de culpabiliser. Une application vous laisse aussi avancer à votre rythme. Vous êtes timide, réservé, vous n'avez pas flirté depuis 20 ans. Personne ne vous demande d'entrer seul dans un bar et de parler à trois inconnus. C'est beaucoup plus simple, effectivement, derrière les applications. Elle peut même, cette application, vous apprendre peut-être quelque chose sur vous. Vous découvrirez peut-être que vous n'êtes plus attiré par les mêmes personnes qu'il y a 20 ans. Ou au contraire, que vous cliquez sans arrêt sur des gens qui ressemblent étrangement à votre ex. Ça aussi, c'est une information. Et puis, elle élargit votre terrain. À 50 ans, on peut passer des mois sans croiser finalement une personne disponible. Et oui, parfois, ça marche. Les gens se rencontrent en ligne et construisent quelque chose de solide. Je suis sûre que vous avez autour de vous plein de couples qui se sont rencontrés comme ça. Et donc, le message de cette série, ça ne sera donc jamais les applications, c'est mal. Ça sera, apprenons à les apprivoiser. Première étape, avant même le profil, choisir là où vous allez le créer. Et la première erreur, c'est de demander quelle est la meilleure application. Mais j'ai envie de vous dire, il n'y en a pas. Parce que la bonne question, c'est laquelle correspond à ce que je cherche moi aujourd'hui. Il existe des grandes familles d'applications. Il y a des applications assez généralistes où on croise toutes les intentions. Des plateformes qui sont plus tournées vers la relation durable. Des espaces aussi pensés pour les plus de 50 ans. des applis fondés sur la proximité, sur les gens que vous pourriez croiser dans votre quartier, et des plateformes vraiment plus spécialisées, donc pour les rencontres entre hommes ou entre femmes, pour les rencontres sans lendemain, pour le libertinage, et même certaines qui revendiquent les relations extra-conjugales. Alors aucun jugement là-dedans, vous voulez une histoire durable, très bien, vous voulez redécouvrir votre sexualité sans chercher forcément à être en couple maintenant, et bien c'est très bien aussi. L'important, c'est de savoir dans quel terrain vous mettez les pieds, en sachant que le nom de l'application ne garantit pas non plus l'intention de chacun. Si elle est payante, un conseil très concret, commencez par la durée la plus courte qui vous paraît raisonnable. Parce que vous ne savez pas encore déjà si cette interface vous plaît, s'il y a aussi assez de personnes de votre âge près de chez vous, si les intentions vous correspondent. Et donc là, vous ne signez pas pour votre résidence principale, vous testez un terrain. Et donc, la période la plus courte, c'est déjà une première garantie pour vous de ne pas vous sentir enfermé. Et dès le premier jour, vérifiez trois choses. D'abord, si l'abonnement se renouvelle tout seul, à quelle date et comment l'arrêter. Sinon, vous risquez d'entendre cette petite voix, bah oui, mais j'ai payé, donc je reste. Ce n'est pas une raison si l'application ne vous correspond pas. Donc, dès le début, pensez à ça. Gardez aussi en tête qu'une application, c'est une entreprise derrière. Ce n'est pas une amie qui passe ses soirées à vous chercher l'amour. Ça ne veut pas dire qu'elle fait exprès de vous empêcher de rencontrer quelqu'un. Mais vos objectifs ne sont pas tout à fait les mêmes. Vous, idéalement, vous voulez rencontrer quelqu'un et supprimer cette application rapidement. Mais cette application a besoin d'utilisateurs actifs. Et ce que vous y faites peut influencer aussi ce qu'elle va vous proposer ensuite. Alors méfiez-vous des compteurs, c'est facile de confondre la performance sur l'application et la qualité de sa vie sentimentale. Vous n'avez pas besoin de 300 personnes ce soir, vous cherchez peut-être une seule personne intéressante. Alors revenons à Nathalie, le fameux soir où elle crée son profil avec son amie. Elle fait défiler les photos et elle s'arrête. Sur une image de l'été dernier où elle est bronzée, détendue, elle rit. Sans doute la plus belle photo depuis des années. Elle se sent bien à l'aise avec cette photo. Sauf qu'à côté d'elle, il y a ses deux filles. Elle se dit je peux recadrer effectivement la photo. Si on a mis zoom, on voit encore une épaule, une main et derrière la maison de vacances familiale que n'importe qui connaissant la plage ou cette ville reconnaîtrait. Nathalie en propose une autre, prise devant chez elle, et on lit sans difficulté le nom de la rue. Et là, elle s'arrête parce qu'elle se rend compte qu'elle était sur le point de montrer à des inconnus le visage de ses filles, l'endroit où elle habite, l'endroit où elle passe ses vacances. Alors oui, il y a ces trois lignes et ce sourire, mais la règle, la voici. Authentique ne veut pas dire exhaustif. Votre profil doit donner envie de vous connaître, bien sûr, mais pas permettre. à un inconnu de reconstituer votre famille, votre adresse, votre emploi du temps. Des photos récentes et ressemblantes, bien sûr, le visage bien visible. La photo d'il y a 7 ans est peut-être superbe, mais si elle crée une surprise au premier rendez-vous, vous commencez par un décalage qui n'est pas forcément une base très saine pour une relation. Et surtout, une règle qui doit être vraiment très ferme pour vous, aucune photo de vos enfants, de vos... petits-enfants de votre famille. Vous pouvez écrire que vous êtes parent ou grand-parent, mais eux n'ont pas choisi d'être sur une application de rencontre. Donc, attention à ça et préservez effectivement l'intimité de votre famille. Regardez aussi sur ces photos ce qu'il y a autour de vous. Votre maison, un numéro de rue, la façade peut-être d'une entreprise dans laquelle vous travaillez, une plaque d'immatriculation. Tout ça, en fait, ce sont des informations qu'on distille. Le danger, ce n'est pas l'information, c'est le croisement des informations. Alors oui, c'est à la fin, j'habite telle petite commune, je dirige telle entreprise, je joue au tennis le mardi dans tel club. Alors séparément, c'est banal, mais tout ça mis ensemble, ça vous rend très facile à retrouver. Au début, vous pouvez être cadre dans la santé, plutôt que de donner le nom de votre établissement. habiter près de Lille sans préciser la ville, mais encore moins le quartier, et dire que vous avez deux enfants qui ont une vingtaine d'années sans dire forcément non plus où ils vivent. Alors si on se penche sur Jean-Pierre, lui, Jean-Pierre a 66 ans. Et c'est sa petite fille, en fait, qui a installé l'application. Au bout de quatre jours, une femme lui écrit, il lui demande, alors on passe sur WhatsApp, ce sera plus simple. Jean-Pierre ne voit pas le problème, il donne son numéro. Et le soir même, cette personne lui écrit, ils sont vraiment adorables, vos petits-enfants. Alors sur le coup, il met un moment à comprendre. Pourquoi ? Parce qu'en fait, sa photo de profil WhatsApp, c'est lui, à Noël, avec ses trois petits-enfants sur les genoux. Alors il l'avait mise il y a deux ans, il avait complètement oublié qu'il y avait cette photo à cet endroit-là. Et pour le coup, cette femme ne fait rien de mal. Mais finalement, on se rend compte qu'en donnant un simple numéro, déjà, en fait, on vient de montrer à une inconnue le visage de ses petits-enfants. Proposer de passer sur WhatsApp, ça n'a rien de suspect en soi, mais... Un numéro ouvre une porte de toute façon. Une photo, parfois un nom, un moyen de vous joindre hors de l'application. Que ce soit Instagram, Facebook, LinkedIn, ça ouvre autant de portes et autant d'informations sur qui vous êtes. Et vous n'avez certainement pas envie de partager tout ça peut-être si vite. Alors vous avez le droit de dire tout simplement quand on vous propose d'échanger ailleurs. Voilà, je préfère qu'on reste encore un peu ici. Et puis voir si peut-être la règle de se dire, voilà, je reste sur l'application tant qu'on n'a pas eu ce premier rendez-vous, par exemple, ça peut être intéressant. Et même après, pourquoi pas, si vous en avez besoin, si vous n'avez pas envie effectivement de franchir cette barrière, cette application, elle sert aussi à ça. Et le jour où vous donnez votre numéro, vérifiez d'abord ce que voit la personne qui va l'enregistrer. La confiance est là. Mais la confiance peut aussi avancer par étapes. Vous n'êtes pas obligé de tout dévoiler tout de suite. Et pensez aussi aux informations que les personnes vous donnent. C'est-à-dire qu'une information qu'on vous donne n'est pas forcément une information vraie ou vérifiée. Si quelqu'un vous écrit « je suis veuve, je suis médecin, je cherche une relation sérieuse » , vous savez avec certitude une chose, c'est que c'est cette personne qui vous dit cela. C'est tout. Ça ne veut pas dire qu'elle ment, mais derrière un écran, une information donnée est parfois une déclaration. Pas besoin de devenir enquêteur, laissez le temps vérifier si les actes collent aux paroles. Et il y a autre chose à observer, Philippe va nous le montrer. Philippe a 58 ans et depuis 10 jours, il échange avec une femme charmante, drôle, curieuse de tout. Tu fais quoi dans la vie ? Dirige ton entreprise ? Tu habites dans quel coin ? Il lui dit. Tu voyages beaucoup ? du coup, ah bah oui, j'ai fait Portugal en juin, l'Écosse en automne, et le week-end, voilà, je joue au golf le samedi matin. Et un dimanche soir, donc il fait défiler la discussion, et il se rend compte que finalement, en peu de temps, elle sait ce qu'il fait, elle sait où il habite, quand il part en vacances, et où le trouver le samedi matin, et lui, en gros, il sait uniquement qu'elle aime le chocolat noir. C'est tout. Aucune... Des questions qui ont été posées n'étaient déplacées. Personne ne lui a demandé combien il gagnait, mais petit à petit, un portrait s'est dessiné, et pour le coup, de façon déséquilibrée, puisqu'il n'y a que lui qui a donné ces informations. Alors, ça ne prouve rien, et une femme sincèrement intéressée par vous peut vous demander votre métier, vos loisirs, bien sûr, mais posez-vous de temps en temps cette question, est-ce que j'en sais à peu près autant sur cette personne qu'elle en sait sur moi ? Est-ce qu'il y a cet équilibre dans la relation qui est en train de se construire ? Alors, on ne va pas se lancer dans la comptabilité, mais si quelqu'un pose 15 questions et, à l'inverse, reste assez flou sur lui-même, arrêtez simplement de donner de nouvelles informations jusqu'à ce que l'équilibre revienne, tout simplement. Et cette question, elle vaut pour tout le monde, hommes et femmes, est-ce que cette personne cherche à me connaître ou à collecter des informations sur moi ? Pour vérifier ça sans tomber dans la paranoïa, il existe des gestes simples. Proposer une courte visio, donc certaines applications permettent de faire ça sans donner son numéro. Ou demander une photo spontanée avec une petite consigne. Tiens, tu peux faire un deux avec les doigts, par exemple. Pourquoi ? Parce qu'en fait, déjà, ça va confirmer par cette visio que la personne ressemble à son profil. Ça ne prouve ni son nom, ni sa situation, ni son métier, ni ses intentions. Et quelqu'un qui n'aime pas être en vidéo, ce n'est pas pour autant un escroc. En revanche, jamais de photos spontanées, jamais de visio, jamais de rendez-vous et une nouvelle excuse à chaque fois. Là, ce n'est plus un détail, c'est une accumulation. Et là, clairement, ralentissez. Une personne qui évite le contact dans la vraie vie ou ne serait-ce qu'en visuel, il y a une petite alerte qui doit quand même se mettre quelque part dans votre tête. Et puis parfois, l'histoire est presque trop parfaite. Claire a 56 ans et elle échange avec un homme qui a un profil magnifique. Il est en mission à l'étranger, donc dans l'armée. Il a un métier qui inspire confiance. Il est veuf, il raconte une histoire familiale difficile où il y a eu un rôle vraiment très porteur. Et donc, elle est touchée immédiatement par cette histoire. Et surtout, il est incroyablement attentif. Il écrit beaucoup, il demande comment elle va, il se souvient de chaque détail. Très vite. il lui dit qu'elle est différente, puis qu'il n'a pas ressenti ça depuis longtemps, puis qu'il commence à imaginer leur rencontre, et Claire, et c'est logique, se laisse toucher, c'est normal, c'est précisément parce que la relation paraît humaine que le piège fonctionne. Et un jour, une urgence, imprévue évidemment, il aurait besoin d'un peu d'argent, pas une fortune, juste le temps de débloquer la situation, il remboursera bien sûr, et là, j'aimerais qu'on arrête l'image. une seconde. Trois semaines plus tôt, cet homme était un parfait inconnu et aujourd'hui, Claire est en train d'envisager de lui envoyer de l'argent. C'est ce moment-là qui doit faire tilt. Les arnaques sentimentales suivent souvent ce scénario. D'abord la confiance, l'intimité, parfois un attachement très fort et seulement ensuite d'un seul coup une urgence. Alors ça ne veut pas dire que veuf égale escroc ou que militaire égale faux profil. évidemment, ça sera absurde, et ce n'est jamais le métier ou le veuvage qui doit alerter, c'est l'enchaînement. Une intimité très rapide, l'impossibilité de se voir, des incohérences, puis d'un seul coup, l'argent qui apparaît dans la relation. Alors, la règle est assez simple. Clairement, une histoire d'amour ne commence pas par un virement bancaire. Jamais d'argent, de ribes, de pièces d'identité ou d'informations bancaires à quelqu'un que vous n'avez jamais rencontré. Vous n'avez pas à financer une urgence pour prouver votre confiance à quelqu'un qui vient juste de rentrer dans votre vie. Il y a également la question des photos intimes. Alors Karine a 47 ans et après 22 ans de couple, elle découvre le flirt, elle s'amuse. Et voilà, et pourquoi pas ? Et heureusement peut-être même. Et avec un homme rencontré sur une application, les messages deviennent plus sensuels. Un soir, il lui propose d'échanger des photos. Et lui dit, ne t'inquiète pas, c'est en mode éphémère, ça s'efface dès que je les ai vues, donc aucun problème. Alors Karine hésite, elle découvre tout ça, elle en parle à son amie Sonia. Et Sonia ne fait pas de discours. Sonia, elle est très pragmatique. Elle ouvre une photo sur son téléphone, attrape sa tablette. et photographie l'écran. Elle lui dit, ben voilà, tu vois, elle est éphémère ta photo. Oui, oui. Donc, Karine regarde la tablette et elle comprend qu'en fait, éphémère, ça décrit l'application, pas ce que les autres peuvent faire de l'image. Et alors, ce que Karine a décidé de faire ensuite, ça ne regarde qu'elle, mais elle a décidé en sachant. Je ne vais surtout pas vous dire quoi faire de votre sexualité parce qu'après une séparation, Redécouvrir le désir, ça peut être très beau. Je veux juste que vous décidiez en connaissant le risque et en vous protégeant si besoin. Si vous envoyez une image intime, rendez-vous impossible à identifier. Jamais le visage avec le corps, pas de tatouage, pas de cicatrices ou de bijoux reconnaissables, pas de décors identifiables. Et si un jour, malheureusement, quelqu'un menace de diffuser une image, eh bien, ne payez pas, n'envoyez rien. Gardez les preuves, bloquez, signalez et vous pouvez également faire un signalement sur Pharos. Retrouvez de l'aide également sur cybermalveillance.gouv.fr et surtout portez plainte. Ce chantage c'est un délit et la honte n'est pas pour vous. Ce qui m'amène à un réflexe à prendre dès le premier jour, repérer les boutons bloquer et signaler qui sont sur ces applications. Et si vous avez déjà donné votre numéro, apprenez à bloquer un contact dans votre téléphone et sur WhatsApp. Alors ça paraît évident quand on utilise ces applications depuis 5, 10, 15 ans, beaucoup moins quand on les découvre plus tard. Donc demandez éventuellement même à quelqu'un de vous montrer. Et retenez ceci, bloquer quelqu'un qui ne respecte pas vos limites, ce n'est pas un manque de politesse, c'est une façon de vous protéger et c'est normal et c'est OK. Je vous propose de revenir une dernière fois à Nathalie dans cet épisode, parce que les semaines passent et les compliments continuent d'arriver. Et elle retrouve quelque chose dans cette relation et c'est très bien. Et puis, un mardi soir, après une journée difficile, elle ouvre l'application. Alors, pas pour rencontrer quelqu'un, juste pour savoir si quelqu'un s'est intéressé à elle. Et le lendemain, pareil, le surlendemain, pareil. Et un soir, le pouce... au-dessus de l'écran, elle se pose la question franchement. Est-ce que je cherche quelqu'un ou est-ce que je vérifie que je plais encore ? Et parfois, la réponse, c'est la deuxième. Et ce n'est pas grave, c'est juste une information. Certaines personnes sont d'ailleurs sur ces applications exactement pour ça. Flirter, se rassurer, sans aucune envie de rencontrer. Alors, ce ne sont pas des escrocs. Le problème, c'est que vous n'êtes pas au même endroit, tout simplement. Vous pensez, voilà, ça fait dix jours qu'on se parle, on va se voir. Et l'autre pense « j'adore lui écrire, mais la rencontrer dans la vraie vie, jamais » . Pour y voir plus clair, retenez trois mots. Attention, intention, disponibilité. L'attention, c'est « je vous écris beaucoup » . L'intention, c'est « je vous dis que je cherche une vraie relation » . La disponibilité, c'est je suis réellement capable de faire une place à cette rencontre dans ma vie. Alors ces trois choses ne se valent pas. Quelqu'un peut vous donner énormément d'attention sans aucune intention de vous rencontrer. Quelqu'un peut sincèrement vouloir une relation et découvrir au moment de vous voir qu'il n'est pas prêt. Alors plutôt que d'essayer de lire dans les pensées, observez les actes. Et surtout, ne repartez pas d'ici en vous disant « oh là là, méfie-toi » . tout, non surtout pas, flirtez, amusez-vous, après une relation lourde, la légèreté c'est précieux. Mais si vous confiez à quelqu'un le pouvoir de vous rassurer sur votre valeur, vous lui donnez aussi le pouvoir de vous en faire douter. Et quand ce réflexe s'installe, il peut mener à ce que les anglo-saxons appellent le dating app burnout. C'est vraiment un phénomène d'épuisement des applications de rencontre. On ouvre l'appli par automatisme, on fait défiler les profils sans les lire, on ressent de la lassitude et parfois, on se sent même parfois un peu plus seul qu'avant. Ce n'est pas une faiblesse, c'est un signal et on en reparlera beaucoup plus en détail dans le troisième épisode. Pour aujourd'hui, clairement, prenez les compliments, prenez le plaisir, prenez le flirt, mais ne confiez pas votre valeur personnelle. à un compteur, à un algorithme ou à quelqu'un que vous ne connaissez pas encore. Alors, comment profiter des applications sans leur donner non plus plus que vous n'êtes prêts à leur confier ? La réponse, elle tient en quatre mots. D'abord, l'identité. Est-ce que je sais peu à peu à qui je parle vraiment ? Deuxième mot, la cohérence. Est-ce que ce que cette personne vous dit aujourd'hui est cohérent avec ce qu'elle disait hier ou avant-hier ? Troisième mot, la réciprocité. Est-ce qu'on apprend à se connaître tous les deux ou est-ce qu'une seule personne se dévoile ? Et quatrième mot, le temps. Est-ce que je laisse assez de réalité s'accumuler avant d'accorder plus de confiance ? La confiance peut commencer toute petite. Une conversation, puis une autre, une vision, un rendez-vous, un deuxième, parce que la confiance se construit à la vitesse de la réalité, pas à la vitesse des messages. Donc ces quatre mots, vraiment, notez-les quelque part et que ce soit un peu effectivement votre boussole intérieure quand vous découvrez ces applis. Ce que je vous propose maintenant, c'est un exercice, vous savez, de passage à l'action. Vous savez qu'avec Restory... J'aime aussi que vous puissiez faire des expériences par rapport à ce que vous vivez. Et c'est comme ça qu'on apprend, c'est comme ça qu'on avance aussi et qu'on se découvre. Donc, je vais vous demander, avant de télécharger une application ou de rouvrir celle que vous avez peut-être déjà installée, prenez 10 minutes, une feuille et tracez 4 cases. Les 4 cases, ce sera quoi ? La première, c'est ce que j'ai envie de vivre. Pas le portrait robot de votre futur partenaire, mais ce que vous avez envie de vivre. Est-ce que c'est une relation sérieuse ? Est-ce que c'est de la légèreté ? Et vous avez aussi le droit de dire « je ne sais pas pour le moment » . Dans la deuxième, ce que je ne veux pas vivre. Des semaines de messages sans jamais se voir, quelqu'un qui peut être encore en couple. Quels sont vos critères à vous ? Qu'est-ce que vous ne voulez pas vivre dans cette relation ? Troisième case, ce que je veux, ce que je peux partager au début. Le prénom, le métier, les grandes lignes, mes centres d'intérêt, donc ça c'est OK. Et dans la dernière, ce que je garde pour plus tard. Votre adresse, votre nom de famille, votre employeur, votre numéro de téléphone, les réseaux sociaux, ce qui concerne vos enfants évidemment, et bien sûr tout ce qui va concerner l'argent, les papiers officiels, etc. Et en dessous, complétez cette phrase. Je saurais que cette expérience me fait du bien si... Et là, écoutez votre cœur, si je prends du plaisir à discuter, si je me sens libre d'arrêter, si je reste moi-même, etc. Cette phrase, en fait, ça va être votre vrai indicateur, pas le nombre de personnes qui vous auront choisi. Il reste pourtant encore une chose qu'on n'a pas encore regardée. Une personne peut être exactement celle de ces photos. Sincèrement, célibataire, elle vous plaît. Et puis, vous dites simplement, je préfère qu'on reste encore un peu sur l'application ou alors pour notre premier rendez-vous, je préfère qu'on se retrouve directement sur place, dans un lieu public, un bar, un restaurant. Et là, la personne se braque. Elle insiste, elle vous demande pourquoi vous ne lui faites pas confiance. Donc, votre instinct vous dit que là, il y a quelque chose qui ne colle plus. Et parfois, la façon dont la personne réagit à un simple non, Vous en apprends davantage que 10 jours de conversation. Et c'est par là qu'on commencera le deuxième épisode, les codes que personne ne vous explique, le rythme des messages, le passage au réel, la façon de poser vos limites et ce qu'il faut regarder dans la réaction de l'autre. Parce qu'après avoir appris à entrer sur ces relations, il faut apprendre à y rencontrer quelqu'un. A très vite dans Rostory, n'oubliez pas de vous abonner.