Speaker #0Bienvenue dans le podcast Rêve la planète. Ici, on explore les déclics écologiques qui transforment les vies. A travers des interviews inspirantes de personnes qui agissent au quotidien. On va ensemble décrypter ce qui fait basculer leur façon de voir les choses. On va aussi partager des prises de recul sur la motivation, les doutes et les petites victoires du quotidien. Ou encore vous donner des idées concrètes pour vous lancer. Bref, on parle de levée d'action et pas de culpabilité. Et on prouve que chaque geste compte. Je suis Sophie Frie, formatrice en transition écologique. C'est parti ! Mon job, vous aider à passer de l'intention à l'action avec des ateliers, des formations, parce que la planète a besoin de tous les talents et que le vôtre compte. En route pour un nouvel épisode. Bonjour à tous. Pour ce premier épisode, il n'y aura pas d'invité. Et non. Pourquoi ? Parce que l'invité, c'est moi. Et oui, je suis l'animatrice de ce podcast, Sophie, et j'ai eu envie de jouer le jeu des interviews et de vous raconter mes propres déclics écologiques et ma trajectoire. Et d'ailleurs, j'ai eu la chance d'être accompagnée par Canelle Goukou pendant plus d'un mois, qui m'a aidée au montage de ce podcast. Donc c'est sa douce voix que vous entendrez lors des questions. Au plaisir ! Première question, qui es-tu, où vis-tu, que fais-tu dans la vie ? Alors moi je suis Sophie, Sophie Fring, je suis animatrice, formatrice et accompagnatrice en transition écologique, et plus particulièrement dans le zéro déchet. J'ai créé il y a une douzaine d'années une activité, alors elle origine un blog qui s'appelle Sophie au naturel, qui s'est transformée en animation d'atelier, qui s'est transformée en formation. et en accompagnement. J'ai eu la chance aussi d'écrire trois livres qui ont eu leur petit succès. Et un podcast qui s'appelle Zéro déchet au boulot et qui compte plus de 70 épisodes. Je suis maman de trois enfants, de grands enfants, et je vis dans le nord de la France. Alors, deuxième question. Raconte-nous ton déclic écolo. Alors, je dirais, pour moi, j'ai eu... trois grands déclics. Le premier déclic, c'est quand je suis devenue maman. J'avais envie de consommer mieux, plus propre, pour la santé de mes enfants. Et le premier switch, c'est quand j'ai participé à un atelier sur le ménage écologique avec une copine naturopathe. C'est un tout petit atelier qui durait moins d'une heure. Et ensuite, ça m'a pas mal parodé. Je voyais mon enfant qui faisait du 4... pâte sur le sol fraîchement nettoyée au monsieur propre. Et je me suis dit, tiens, il met souvent les mains à la bouche, peut-être qu'il ingère ses produits ménagers. Et petit à petit, j'ai commencé à changer mes pratiques et à arrêter de consommer des produits ménagers conventionnels et à l'huit cent pour cent verbe naturel. Donc ça, c'était une bonne petite quinzaine d'années. Et je trouvais ça chouette de consommer comme ça. Et sur mon parcours, j'ai eu un deuxième déclic qui a été... qu'une personne de mon entourage très proche est tombée malade, et a eu un cancer, et qu'à l'hôpital il y avait eu des questionnements pour de est-ce que vous vivez à côté d'un champ, est-ce que vous consommez beaucoup de cosmétiques parce que vous êtes esthéticienne ou coiffeuse ? Donc ces questions à l'hôpital ça m'avait pas mal taraudé, et je me suis dit finalement notre façon de consommer a clairement une incidence sur notre santé, et donc j'ai eu envie de changer ma consommation, et je me suis formée à la cosmétique. naturelle en 2009 et petit à petit j'ai commencé à changer mes pratiques le blog c'était un outil de démancipation pour capitaliser mes recettes, m'en souvenir, les partager et j'ai eu la chance que ce blog ait eu son petit succès donc voilà concrètement je à titre perso je commence à fabriquer mes produits cosmétiques mes produits ménagers et le troisième déclic Je travaille depuis quelques années dans l'animation d'ateliers, dans la formation de gens à animer des ateliers. Le troisième déclic, c'est quand j'ai vécu un format qui s'appelle The Week, qui est un format qui permet de prendre conscience de l'état de la planète et de se donner l'envie d'agir. C'est un format ultra impactant parce qu'il va travailler sur les émotions avec la théorie du U. et après avoir vécu ce format j'ai été vraiment vraiment chamboulée de... de vivre émotionnellement l'état de la planète. Et mon réflexe et mon envie, ça a été de vouloir agir plus haut, plus fort, plus impactant, pour pouvoir répondre à cette urgence. Et je me suis dit, moi j'ai déjà des compétences, j'ai déjà des connaissances, j'ai envie finalement d'ouvrir ce but cerveau à l'impact, j'ai envie de vraiment faire évoluer les choses. Et voilà, ça a été un déclic qui a vraiment été très fort. Et donc ma réflexion, c'était de me dire, je travaille beaucoup avec des collectivités, donc pour les particuliers, c'était de me dire, peut-être en touchant la sphère professionnelle, je peux toucher l'individu au travail, donc avec par exemple un impact déchet beaucoup plus important au boulot que dans la vie personnelle, mais je peux aussi toucher les individus sur leur acte pro et perso. Et donc, peut-être l'idée de me dire une pierre de cou pour aller avoir un impact un petit peu plus important. Donc, je me suis notamment formée à la facilitation pour répondre à ce besoin. Et voilà, ça fait deux ans que j'interviens de manière un petit peu plus poussée auprès des entreprises, ou en tout cas auprès des gens dans leur sphère professionnelle. Comment ça perdure au quotidien ? Qu'en fais-tu ? Au quotidien, j'ai vraiment deux volets. Le premier volet qui est le côté personnel. Ce que j'ai compris en ayant suivi The Week, c'est que finalement, moi je ne serai pas la solution, mais que je suis un petit maillon de cette solution, un petit maillon pour apporter ma pierre à l'édifice. Et ce qui m'avait particulièrement marquée dans ce format, c'était l'approche du carbone. et notamment de se dire qu'en créant des puits carbone le plus possible, ça pourrait inverser l'état de la planète. Et donc j'ai, à ma petite échelle, contacté ma mairie pour pouvoir faire pousser du végétal sur ma maison. Donc là, ça fait trois ans, j'ai deux ou trois ans, j'ai un joli lierre qui pousse sur ma maison pour pouvoir... favoriser la biodiversité. C'est important aussi d'avoir un jardin qui soit ouvert à la biodiversité. Donc il y a une partie du jardin qui est très jolie, bien tendue comme il faut pour pouvoir en profiter, et une autre partie qui est laissée complètement à nu, en tout cas où on n'intervient pas du tout. Donc ça fait des herbes très hautes, c'est pas beau, moi je trouve ça très joli. Ça fait des herbes hautes dans le jardin, ça fait des fleurs, ça fait une évolution de... une évolution de la nature et surtout en été quand il fait très chaud, c'est un endroit où ça sèche pas, un endroit où ça reste vert tout au long de l'été, même dans le nord. Alors à titre perso, je dirais que je suis beaucoup plus sensible à la terre, j'ai aussi depuis trois ans une parcelle dans un jardin partagé pour lequel je prends soin, je partage avec d'autres jardiniers. des astuces, des plants, des graines. C'est hyper joyeux de faire ensemble. Ça permet de créer du lien, d'apprendre, à prendre soin de la terre et puis d'avoir la chance aussi de récolter des bons légumes une partie de l'année. Évidemment, je continue ma consommation autour du zéro déchet. Je fabrique tous les produits cosmétiques dont j'ai besoin dans le quotidien. en tout cas une grande partie. Mon petit plaisir, c'est de fabriquer des savons. Je trouve ça hyper... Ça me donne beaucoup de fierté de savoir fabriquer mes propres savons. Je trouve que c'est un sacré pas vers l'autonomie d'avoir cette connaissance. J'adore aussi la transmettre. Il y a des gestes qui sont intégrés, notamment autour du ménage. C'est même plus un questionnement de... Des produits que j'utilise, c'est des produits qui sont utilisés au quotidien et c'est devenu une routine et c'est devenu pleinement intégré à notre quotidien et pas du tout mis en question. Au niveau alimentation, depuis quelques années, je participe aussi à un magasin coopératif qui s'appelle Super Quinquain. Ça permet d'avoir des produits majoritairement locaux et surtout, qui dit coopératif, dit que je coopère, c'est-à-dire qu'une fois par mois, je m'occupe du magasin, je vais y aller tout à l'heure. Je tiens la caisse, je fais du rangement, des inventaires, du ménage. C'est très chouette de participer à ce projet. Et après, au niveau aussi des déplacements, je fais... Je dirais un gros tiers de mes déplacements à vélo, tant que c'est possible. Et la nature, c'est vraiment un outil qui est hyper important dans ma vie. Et notamment, à travers la marche, je marche énormément. Là, il y a un petit mois, je suis allée randonner pendant une douzaine de jours pour faire 200 kilomètres et c'était waouh. Et je pense que ce lien avec la nature, il est vraiment essentiel pour moi. Et dans mon job... Comme je le disais tout à l'heure, j'ai fait une plus grande ouverture vers les professionnels, avec l'idée d'aller vers de l'impact, notamment par rapport à l'urgence écologique. J'ai apporté ma pierre à l'édifice. Par exemple, je me suis mise en relation avec une asso qui s'appelle We Change Corp. Je pense que j'aurai l'occasion de reparler. Et on est une trentaine de facilitateurs qui intervenons, créent des formats ludiques, dynamiques, joyeux. sur la transition écologique, et on intervient auprès d'entreprises. Et on a déjà fait des beaux projets ensemble, donc d'être plus fort et d'être plus fort ensemble, on va beaucoup plus loin. Et on intervient, alors un exemple, on est intervenu auprès d'une grosse entreprise de bâtiments pour sensibiliser sur le carbone. On a sensibilisé près de 1 600 personnes en un mois, et on était une quinzaine de facilitateurs à intervenir. Et je pense que ça, c'est des actions qui sont... puissantes, énergisantes, joyeuses et qui font du bien. Quels effets bénéfiques as-tu constaté à mettre plus d'écologie dans ta vie ? Les bénéfices que je repère à agir sur la transition écologique, c'est que je me sens à ma place. Je trouve qu'il y a vraiment l'idée de nourrir intellectuellement. Il y a beaucoup l'idée du lien, du lien social. Transmettre, ça me met en joie, ça me met en énergie, c'est en ça que je me sens à ma place. J'adore partager, soit à l'oral, soit à l'écrit, avec les livres, avec le blog, avec les occasions que j'ai de partager aussi bien dans mon travail que dans les supports sur lesquels je témoigne. Et à la maison, effectivement, je trouve qu'il y a quand même des bénéfices intéressants pour la santé. Aujourd'hui, quand je passe dans une pièce fraîchement nettoyée avec un produit ménager conventionnel, des fortes odeurs, je suis complètement déshabituée. C'est là où je perçois le Delta. C'est l'idée de consommer autrement, plus simple et mieux, meilleur pour la santé, meilleur pour le porte-monnaie aussi. Et avec ce temps de recul sur ces gestes de transition écologique. Je remarque que ce sont vraiment des gestes qui sont intégrés à ma routine, qui sont intégrés au quotidien et qui me rendent joyeuse. Un mot de la fin pour inspirer les troupes ? Moi, je parlerais de l'effet bascule. L'effet bascule, c'est issu du bouquin qui s'appelle « Drawdown » , qui pose 80 solutions qui misent bout à bout pour et inverser la situation de la planète sur le réchauffement climatique. Et cet effet bascule, c'est quand il y a entre 3 et 25% des individus qui se mettent à faire une nouvelle action, par exemple agir pour la planète. Quand il y a au moins 25% des individus qui agissent de cette façon-là, ça devient une norme sociale. Alors moi, j'ai vraiment une foi importante dans cet effet bascule et finalement tous les grands changements planétaires se sont faits. grâce à une minorité qui ont fait évoluer l'énorme social. Moi, j'ai envie de participer à cet effet bascule et j'ai envie de faire partie de ces 25%. C'est ce que vous aussi, vous avez envie d'agir et participer à cet effet bascule. J'avais envie de vous laisser avec un petit extrait d'une musique inspirante de Ben Mazuet qui s'appelle « J'arrive » .