- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Révolution Intérieure. Aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir d'accueillir Aurélia, une femme exceptionnelle qui a beaucoup de choses à nous raconter autour de ses trois enfantements qui sont très différents, vous allez le voir. Par ailleurs, elle va nous livrer un témoignage incroyable de sa propre Révolution Intérieure. qui l'a conduite à un changement radical dans sa vie et la création de quelque chose de très spécial. Je ne vous en dis pas plus et laisse place à cet épisode. Bonjour Aurélia, je suis ravie de t'accueillir dans mon podcast.
- Speaker #1
Merci, merci de m'inviter.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Alors, Aurélia, est-ce que tu pourrais, s'il te plaît, te présenter brièvement, nous dire quel est ton âge, si tu es maman et combien d'enfants tu as ?
- Speaker #1
Ok. Eh bien, je suis Aurélia, j'ai 41 ans et j'ai trois enfants de 14, 11 et 3.
- Speaker #0
Ok, très bien. Et avant d'avoir des enfants, comment tu imaginais la maternité ?
- Speaker #1
Alors, moi, ça a toujours été une évidence d'avoir des enfants, c'est clair. Je suis issue d'une famille de trois enfants, mon mari aussi, trois enfants, donc pour nous c'était évident. Et à l'époque, avant d'avoir des enfants, j'étais très concentrée sur ma carrière professionnelle, donc je m'étais dit, c'est hyper important pour moi de mener les deux de front. Et évidemment, quand je suis devenue maman, le prisme a complètement changé, je me suis focussée à 100% sur mes enfants.
- Speaker #0
Effectivement, on va aller plus en détail de ces aspects-là. Et ce changement, il s'est opéré dès la naissance de ton premier ?
- Speaker #1
Dès la naissance de mon premier. Un mois avant d'accoucher, je voyais mes collègues autour de moi qui avaient des enfants, qui disaient « je vais prendre un long congé parental, je veux m'occuper à fond » . Et je disais « mais, ah bon, je ne comprends pas, moi je m'éclate dans mon boulot, pourquoi tu veux faire ça ? » Et le jour de la naissance de ma fille, j'ai dit « oui, je veux passer le plus de temps possible avec elle » .
- Speaker #0
Je comprends. Ok, très bien. Est-ce que tu pourrais me raconter tes accouchements ?
- Speaker #1
Oui. Donc, il y a trois accouchements, trois naissances complètement différentes. Le premier accouchement s'est passé en région parisienne, donc j'avais 26 ans. Et j'ai suivi, en fait, sans trop me poser de questions, les modèles que j'avais autour de moi, donc de mes collègues qui accouchaient et qui, à partir du moment où je leur ai annoncé ma grossesse, m'ont dit "il faut que tu t'inscrives absolument dans une maternité de niveau 3. au cas. Donc, en fait, j'ai vécu ma grossesse dans cette espèce de pensée de dire, ok, il y a des risques. Bon, de toute façon, on était sur Paris, donc beaucoup de maternités autour de moi. Et donc, ma fille est arrivée 15 jours en avance, donc avec une mise en travail spontanée. J'avais tellement envie de la rencontrer que je suis allée de bonheur à la maternité. Et il se trouve qu'il n'y avait pas beaucoup d'accouchements ce jour-là. Les équipes m'ont dit "si vous voulez avoir la péridurale, on est dispo maintenant". Moi j'avais toujours la sensation que ça allait faire accélérer les choses. Je ne connaissais vraiment rien du tout à la physiologie de la naissance à ce moment-là. J'ai eu la péridurale de bonheur. Finalement ça n'a pas duré tant de temps que ça. Ma fille est née de par voie basse avec une ventouse, parce que j'avais une péridurale, j'étais allongée. Donc je n'avais pas beaucoup de sensations. Néanmoins quand on me l'a posée, j'ai trouvé que c'était très bien, j'ai trouvé que c'était un jour merveilleux. J'ai tout de suite dit que j'allais en avoir d'autres. Donc à chaud comme ça, je n'étais pas du tout traumatisée. Je l'ai très bien vécu, même le mois qui a suivi. Après, on reviendra peut-être au postpartum. Donc ça, c'était mon premier, ma fille qui a 14 ans. Mon deuxième, j'avais une petite voix dans ma tête qui dit "tiens, il y a quand même peut-être des choses qui peuvent se faire différemment". Donc là, j'ai tout de suite émis le souhait que je voudrais aller le plus loin possible sans péridurale et travailler en ce sens. Et donc, c'est ce qui a fait que, pareil, j'ai eu une mise en travail spontanée. Je suis allée un peu plus tard à la maternité. Et le plus possible, j'ai travaillé toute seule dans ma chambre avec mon mari, sans péridurale. Mais est arrivé le moment du début de la désespérance où je n'avais pas encore connaissance de toutes ces phases-là, que je connais bien aujourd'hui. Et je me suis sentie un peu seule. En tout cas, on n'avait pas les outils pour traverser ça, ou en tout cas, on n'était pas préparé à traverser ça. Et les sages-femmes n'étaient pas plus que ça pro pour nous accompagner en ce sens-là. Donc quand j'ai fait le souhait de prendre un bain, par exemple, je voyais bien que ça les dérangeait un peu. Et elles m'ont laissée en fait un peu toute seule. Et du coup, cette phase de désespérance, je ne l'ai pas supportée. Donc, j'ai demandé la péridurale. Et au moment de la pose de la péridurale, l'anesthésiste m'a dit « Pourtant, vous gérez très bien vos contractions. » Et donc là, j'étais prise. Donc, il a posé la péridurale. Et je pense que cette voix-là, cette phrase-là, elle est restée ancrée. Et c'est ce qui a fait l'aventure du troisième. On y revient juste après. Et donc, mon fils est né très peu de temps après parce que vraiment, j'étais en toute fin de travail. Très peu de temps après, il est né très rapidement, sans instrument. Tout s'est plutôt bien passé. C'était la deuxième naissance.
- Speaker #0
Mention spéciale pour l'anesthésiste.
- Speaker #1
Oui, et sans savoir, il a posé quelque chose en moi.
- Speaker #0
Il a planté une graine.
- Speaker #1
Oui, il a planté une graine qui était déjà en train de germer un peu, mais je n'étais pas allée jusqu'au bout. Et ce qui fait, je pense que pour mon troisième, donc là c'était pour le coup huit ans plus tard, et donc il y a trois ans pour ma troisième, quand la sage-femme m'a posé cette question anodine, "Comment tu voudrais accoucher ? C'est quoi ton accouchement idéal ?" Question qu'on ne m'avait pas forcément posée avant d'en être suivie, elle était chouette cette sage-femme. Et là j'ai répondu, et ça sortait vraiment de nulle part, j'ai dit "Si j'étais folle j'accoucherais chez moi". Et de là, ça en est suivi une rencontre avec la merveilleuse de toutes les sages-femmes. Le courant est tout de suite passé. Ce n'était pas forcément le souhait de mon mari, il avait un peu peur. Une fois cette sage-femme rencontrée, on savait tout de suite dit que c'était une évidence. Si on peut, notre fille naîtra à la maison. C'est ce qui s'est passé. Cet accouchement est aussi simple que peut être un accouchement dans un cocon d'une maison, une mise en travail spontanée où on continue notre vie avec les enfants. On prend le goûter, on est dans le jardin, il fait beau. Au moment où ça s'intensifie un petit peu, les enfants partent chez les copains pour être gardés. On tient au courant la sage-femme et puis elle arrive au début, juste avant la phase de désespérance, on se balade, on fait un peu de piscine. Et puis, entre le moment où ça a commencé à s'accentuer et le moment où elle est née, il s'est passé trois heures, ça a été rapide. La phase de douleur intense n'a pas été si longue que ça. Et ça a été un moment juste merveilleux. Et là, je savais que notre famille était au complet, mais ça, mais... Ah, si je pouvais revenir en arrière pour revivre ça trois fois, je le ferais sans souci.
- Speaker #0
Ben voilà, ça, c'est quelque chose de très fort que tu es en train de dire. Je pense que les femmes, souvent, elles se disent « Oh non, non, c'est le plus beau jour de ma vie, mais plus jamais telle douleur. Pourquoi on a fait ça ? » OK. Et alors, tu as évoqué un petit peu le postpartum après ton premier. Est-ce que tu as senti des différences dans le vécu de tes différents postpartums ? Pour ces trois naissances, quand même assez différentes.
- Speaker #1
Clairement. Clairement, ce n'était pas du tout le même. Alors évidemment, on évolue aussi avec l'âge et puis avec la composition de la famille. C'est sûr que le vécu n'est pas le même avec un, deux ou trois. Il n'empêche que mon postpartum, en tout cas le côté physique, le plus compliqué a été pour mon premier. Puisque, comme je disais, il y a eu une extraction instrumentale et qui n'a pas été neutre pour mon périnée, clairement. Donc, j'ai eu des points de suture, si on veut dans les détails. Et donc, pendant un mois, j'ai eu très, très mal. Et pour moi, c'était normal. Je ne m'en suis pas plaint. Mais la position assise était extrêmement douloureuse et inconfortable. Mais pour moi, c'était normal. Donc, en fait, finalement, sur le moment, je l'ai plutôt... bien vécu, mais quand je regarde dans le rétro, je dis mais physiquement, en fait, c'était très compliqué. C'était vraiment très compliqué. Pour autant, j'étais dans mon cocon avec ma fille, donc l'ocytocine générée par être avec ma fille est venue compenser cette douleur physique qui était latente et qui a duré un mois, jusqu'à ce que le sage-femme, que je n'avais jamais vue, qui était là pour faire un rendez-vous, m'a dit mais en fait, il faut les enlever ces fils-là. Et à partir du moment où elle m'a libérée, voilà, ça a tout de suite changé la donne. Mais c'est vrai qu'entre le vécu et quand je regarde dans le rétro, je me dis que ce n'était pas du tout normal. Et la douleur physique n'était pas neutre. Donc ça, c'était le postpartum numéro un. Néanmoins, j'étais vraiment sur mon petit nuage avec ma fille et ça se passait tout très bien. Postpartum numéro deux, physiquement, ça s'était très bien passé. Parce que la péridurale est venue très tard, donc je ne l'ai pas eu très longtemps. Donc la récupération était bonne. Il n'y a pas eu d'instruments. Mon fils est né rapidement. Donc finalement, physiquement, j'étais tout de suite d'attaque. Et heureusement, parce que ma fille avait 3 ans. Donc c'est plutôt là où pour moi c'était un peu complexe. Parce qu'on gère deux rythmes différents. Une petite fille à l'école, un nourrisson. On veut essayer de satisfaire les rythmes de chacun. Et ce n'est pas forcément simple quand on veut être aussi dans le maternage plus-plus avec son enfant, de garder le lien avec sa fille. Donc ça, c'est plutôt ça qui a été un petit peu un challenge. Mais voilà, de toute façon, c'était quand même très, très positif et ça s'est passé quand même globalement plutôt bien. Et le troisième, en fait, je n'ai même pas eu le sentiment d'avoir eu un postpartum. En fait, j'ai eu l'impression, nos enfants sont partis vers 19h30 le soir et sont revenus le lendemain matin découvrir leur petite sœur. On a pris le petit déjeuner en famille, on s'est mis dans le jardin avec bébé et en fait, on a eu l'impression que la vie reprenait comme si elle avait toujours été là. Et moi, physiquement, j'étais en pleine forme, elle aussi. Et en fait, notre vie, il n'y a pas eu de rupture. Tout s'est passé d'une façon tellement simple, tellement fluide. Après, forcément, les semaines qui ont suivi, c'était un challenge. Trois enfants, un nourrisson, des boulots, on est tous les deux indépendants. des boulots qui ne s'arrêtent jamais, mais hyper simple, hyper fluide, à la lumière de cet accouchement, de cette naissance, en fait, dans la continuité, tout en douceur.
- Speaker #0
Ok. Donc oui, après le troisième, comme si de rien n'était, la vie reprend.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Toi en pleine forme, alignée avec ton rôle de mère de trois enfants dont un nouveau né.
- Speaker #1
Ouais, absolument.
- Speaker #0
Ouais, tout roule.
- Speaker #1
Tout roule, ouais, exactement.
- Speaker #0
Et alors, qu'est-ce qui t'a le plus surprise quand tu repenses à tes trois accouchements ? Voilà. Quelles sont les choses auxquelles tu t'attendais vraiment pas ? Et quel est le souvenir qui reste vraiment gravé en toi à tout jamais ? Bon, en sachant qu'évidemment... La naissance de chacun de nos enfants est particulière et est en soi un souvenir indélébile, mais vraiment la chose que si tu devais en nommer une, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Alors, je vais me permettre d'en nommer deux. Je vais t'embêter. Mais en fait, la première, c'est que... Alors, je pense que... Je ne sais pas, je ne peux pas dire si on est toutes fichues pareil, mais en tout cas, moi, à partir du moment où j'ai eu mon bébé sur moi, j'ai dit j'en veux un autre, je veux cette sensation, je suis tellement faite pour être là avec ce bébé et je suis bien, c'est mon rôle, je suis là pour être avec mon enfant. Donc c'est cette sensation de post-accouchement, tout de suite, immédiatement, la connexion. Je n'ai jamais connu, je sais que certaines femmes l'ont, cette distance avec leur bébé ou cette crainte. Moi, ça m'a surpris parce qu'effectivement, j'avais eu des récits autour de moi comme ça. Et moi, ça n'a pas été le cas, quel que soit l'accouchement. Les trois, même dès ma fille. Alors, avec ma troisième, évidemment, ça a été encore puissant. Mais ça a été cette connexion immédiate. Et ce, je suis sa mère, c'est mon bébé. Elle est là, il est là, je le reconnais. Et on est deux. Donc, ça a été ça. Et puis, autre chose qui m'a marquée quand même, c'est... On évolue quand même avec l'âge. Et je ne sais pas si mon chemin était fait pour... De toute façon, cette naissance à domicile n'était faite que pour arriver au troisième et il y'a 38 ans, je ne sais pas. Mais en tout cas, je sais qu'à 26 ans, j'ai été clairement influencée par mon entourage sur le chemin que j'ai pris dans la maternité. Avec cette notion de... Voilà, tu es enceinte, il faut tout de suite trouver ta maternité. Il faut que ce soit niveau 3, il faut que tout soit... Et ça, ces phrases de l'entourage... clairement, alors on a des caractères qui sont chacun différents, mais moi, à 26 ans, j'ai été influencée par ça. Alors qu'à 38 ans, j'ai dit à personne que j'accouchais chez moi, et quand bien même quelqu'un m'aurait fait une remarque là-dessus, c'était notre choix.
- Speaker #0
Oui, oui, tu étais sûre. J'ai envie de dire, il y a l'entourage d'une part, et en fait, tout l'environnement dans lequel on baigne depuis le début. Les récits des copines, ce qu'on voit dans le cinéma, la télé, ça se finit toujours dans un bain de sang, c'est très cinématographique, très dramatique.
- Speaker #1
C'est ça, selon les récits qu'on a autour de nous, c'est là où ça m'avait fortement marquée. Maintenant que je l'ai vécu en trois prismes très différents, j'essaye vraiment d'échanger avec les futures mamans que j'ai autour de moi. On estsans le vouloir, imbibée par les peurs ou par les récits, par notre histoire, par notre entourage. Ils n'en sont pas forcément conscients.
- Speaker #0
Et par rapport aux transformations que tu as pu vivre à chacun de tes accouchements, est-ce que tu observes des différences marquantes ? D'abord, est-ce que tu penses avoir été transformée à chaque fois ? Et si oui, je ne sais pas si on peut parler de delta ou des aspects, mais voilà, comment tu évaluerais la femme que tu étais avant et après à chaque fois ? Elle est un peu difficile cette question, mais en même temps, tu as trois enfants, donc tu ne me rends pas la tâche très facile non plus.
- Speaker #1
Oui, je vais te faciliter la tâche parce que c'est hyper clair pour moi et c'est très limpide. Je t'ai parlé avant que pour moi, ma carrière au début était importante et quand ma fille est née, clairement, c'était secondaire. Ça, ça a été net tout de suite et ça a été le cas pour mes deux enfants. J'ai fait une pause professionnelle d'un an à chaque fois. Néanmoins, j'ai repris après. J'étais une maman en premier, c'est sûr. Jusqu'aux 3-4 ans, je ne me suis pas ressentie femme tout de suite. J'étais une maman. C'était mon rôle, j'étais une maman. Et ensuite, une maman qui travaille. Donc ça, la transformation, c'était je suis une femme qui travaille et maintenant je suis une maman et une maman qui travaille et une femme. Et ça, ça a été le cas pour mes deux enfants. À la naissance de mon deuxième, ce qui a changé, c'est que... plus maman d'un bébé, j'étais maman d'une famille. Donc là, il y a un rôle de famille qui se met en plus, avec les difficultés et les joies que ça peut procurer. Et la troisième naissance, la transformation, c'est là où elle est la plus profonde, parce que cette naissance a été révélatrice d'une puissance, d'une maîtrise de mon corps, de choix affirmés, et il était pour moi impossible de retourner sur un... sur des choses qui ne me convenaient pas. C'est-à-dire que je n'ai pas fait table rase de mon passé, mais en tout cas, j'ai dit « À partir de maintenant, mes choix doivent être alignés dans tous les domaines de ma vie. Je veux être une femme, je veux être une mère, je veux être quelqu'un qui s'épanouit dans mon milieu professionnel. » Et voilà, tout a changé. Donc, j'ai complètement fait un 360 dans ma vie professionnelle. Et ça, ça a été la plus grande transformation qui n'avait pas été le cas pour mes deux premiers... J'étais devenue mère, c'est sûr, mais je n'avais pas révélé ma puissance et mon envie de me dire, « Ok, mes choix, c'est ma vie, il faut que j'en fasse quelque chose de bien. »
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu pourrais, c'est très intéressant, est-ce que tu pourrais développer un peu plus du coup ce point, notamment, justement, qu'est-ce que ça a changé dans ta carrière professionnelle ? Comment elle s'articule maintenant autour de tes trois enfants ? Qu'est-ce que tu en as fait ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est assez simple parce qu'en fait, le prisme que j'avais avant et à la naissance de mes deux premiers enfants, c'était que moi, j'étais dans une carrière bancaire. Je faisais de la com, des RH. J'avais des jobs plutôt sympas. Et pour moi, ça me permettait d'être une mère présente parce qu'on avait beaucoup de congés. Parce que quand je quittais le boulot, ça y est, je fermais mon ordi et j'étais disponible pour eux. Donc ça, c'était mon prisme d'avant. néanmoins c'était pas des métiers passion c'était des métiers dans lesquels j'étais compétente ça se passait super bien et je faisais le job mais ça a jamais été des métiers passion. À la troisième, là j'ai fait une plus grande pause clairement je me suis arrêtée 3 ans parce que pendant ces 3 ans du coup j'ai eu envie de complètement refondre ma vie professionnelle et de faire quelque chose qui me passionnait et en fait la passion qui est arrivée c'est la passion pour la naissance, la physiologie de la naissance, parce que quand j'ai découvert tout ça, quand je me suis informée avant l'accouchement à domicile de ma fille, il m'est apparu évident que j'avais envie moi aussi d'informer les femmes dans ce domaine-là et que je ne pouvais pas rester avec ces connaissances que j'avais eues, moi je les avais trouvées, mais j'avais envie de faire quelque chose à moi là-dessus et ça me passionnait et voilà, je faisais que ça. Pendant ces trois ans-là, c'est ce qui a véritablement changé. J'ai fait une pause dans ma carrière bancaire pour construire mon activité professionnelle autour de la naissance. C'est ainsi que naît le jeu de société C-naissance. On en parlera peut-être tout à l'heure. Et donc, arrivé au terme de mon congé officiel parental, je quittais l'entreprise dans laquelle j'étais depuis 13 ans. et voilà, c'est ce qui a été la vraie différence entre mes deux premières naissances et ma troisième c'est que là, je passe la vitesse supérieure pour être alignée parfaitement à la fois sur mon côté perso, maman et puis pro.
- Speaker #0
Oui, donc on pourrait dire que quelque part, il y a un aspect un peu plus... Non, ce n'est pas radical, mais disons sans... Ah, j'ai que des mots en anglais qui me viennent, pardon.
- Speaker #1
Oh bah dis-les en anglais, écoute.
- Speaker #0
Ok. "Unapologetic", tu vois, sans...
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça. C'est vraiment... Il n'est plus question... Pas de perdre du temps, parce que c'était pas du tout perdu, c'était le chemin qui était écrit pour moi. Mais maintenant que j'ai conscience de toutes ces possibilités, de ce que je peux faire, et que je suis encore plus épanouie maintenant en ayant ma propre... activité, avec un métier passion, et que je suis du coup aussi présente et encore plus présente pour mes enfants, tout en ayant un métier qui me passionne. Donc oui, cette naissance-là a été encore plus révélatrice et a été encore plus le moment de se dire, ok, c'est quoi le plus important pour moi aujourd'hui, pour mes enfants, pour ma famille et pour ce que je veux faire de mon activité professionnelle. Ça a été vraiment plus révélateur et accélérateur. Je pense que c'est quelque chose que j'avais touché du doigt dans l'entreprenariat. J'ai commencé en parallèle de mon activité en CDI il y a 7 ans maintenant. Donc j'avais déjà commencé un petit peu, mais je ne m'étais jamais lancée officiellement sans filet et de dire « Ok, je me lance et je verrai après » . J'avais toujours cette crainte. Et la naissance m'a permis de la lever complètement.
- Speaker #0
Oui, donc ça m'est venu le mot, je voulais dire, il y a un aspect « sans compromis » : mes anciens habits sont devenus un peu trop étroits, je ne vais pas rentrer dans mon ancien moule. Là, je ne parle pas des kilos postpartum, je parle plus de l'expansion de la femme que tu as vécue finalement. Une grandeur qui t'empêche en fait de te contenter de ton ancienne vie qui quelque part ne t'allait pas.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et puis en fait, je pense qu'elle m'allait peut-être à un moment et encore que j'ai cherché à combler par... Effectivement, j'ai créé une auto-entreprise il y a 7 ans, mais que je n'ai jamais mené à fond de peur de ne pas y arriver ou parce que j'étais encore trop dans l'empreinte de ce qu'on attendait de moi aussi, de par mon entourage, de par plein de choses. Et la naissance de ma fille a été un révélateur de ... Complètement : mes choix sont les bons et ce sont mes choix, nos choix. Et ça va forcément amener de belles choses en étant aligné. C'est clairement ça.
- Speaker #0
Oui. Donc, il y a aussi des aspects confiance en soi ?
- Speaker #1
Clairement. Ah ben, clairement. C'est ça. C'est-à-dire que j'ai été capable de mettre au monde ma fille là dans mon salon. Je crois que c'est le plus beau qu'on puisse faire dans une vie. Donc, dire que le reste, tout va suivre. C'est obligé. Je suis capable de tout le reste. Il n'y a pas de raison.
- Speaker #0
Il n'y a plus rien qui te fait peur.
- Speaker #1
Il n'y a plus rien qui fait peur.
- Speaker #0
Ok, c'est magnifique. Magnifique ce que tu dis. Et alors, que dirais-tu à la femme que tu étais avant cet accouchement qui a mené cette transformation incroyable ?
- Speaker #1
Donc juste avant cet accouchement-là ?
- Speaker #0
Oui, parce que finalement, il y a eu clairement un avant et un après. Oui. Avant chaque... pour chaque accouchement c'était le cas ne serait-ce que par le fait que on accueille un nouvel enfant mais là j'ai l'impression enfin non c'est une certitude là l'écart est énorme donc on se focalise sur celui-là si tu veux bien.
- Speaker #1
Qu'est-ce que je dirais c'était en fait j'ai envie de dire c'est vraiment la notion de confiance laisse-toi porter, fais-toi confiance laisse-toi porter dans le sens où, il y a un chemin qui est écrit et au fil des rencontres, tu vas trouver ton chemin. Et c'est ce qui a été le cas, en fait. La rencontre avec la sage-femme a amené la découverte de tout cet univers, la rencontre d'autres personnes qui sont aujourd'hui dans mon milieu professionnel et cette naissance, évidemment. Donc, c'est vraiment se laisser porter, se fier à tes intuitions. Fie-toi à tes intuitions parce que je suis pleine d'intuitions, mais ma raison, mon cadre... pas mon formatage, mais en tout cas mon éducation, ont fait que j'ai plutôt écouté ma raison que mes intuitions. Donc, c'est écoute tes intuitions, fais-toi confiance et je lui dirais, tu n'es pas prête à ce qui va arriver. Tu n'es pas prête. Entre la jeune fille que j'étais quand j'ai fait mes études à l'école de commerce et maintenant, jamais j'aurais écrit ce chemin-là.
- Speaker #0
Je vois. Tu as l'impression de plus te reconnaître alors ? Parce que tu as dit... "T'es pas prête, ma petite ? Jamais je n'aurais pensé en arriver là." T'as l'impression de ne pas te reconnaître ? Est-ce que c'est une source de souffrance ?
- Speaker #1
Au contraire, j'ai l'impression de m'être révélée. En fait, j'ai vraiment plutôt l'impression d'avoir révélé la personne que je suis réellement, qui s'autorise et qui sort de ce cadre dans lequel j'étais, avec un masque ou pas avec un masque. Mais en tout cas, non, non, clairement, c'est plutôt... La souffrance, en fait, elle n'est pas dans les dernières années parce que j'ai pas souffert. J'ai passé une très belle vie, une très belle carrière et tout s'est super bien passé. Mais aujourd'hui, je pense que je suis carrément plus alignée avec ce que je suis vraiment. C'est évident.
- Speaker #0
Quand je parlais de souffrance, c'était de dire : "Mince, en fait, je ne me reconnais plus. Je ne sais plus qui je suis. Ça me chamboule tellement qu'en fait, j'ai peur. Qu'est-ce qui se passe, en fait ?" À l'âge que tu avais, tu te dis, bon, c'est bon, ça fait un petit moment que je me côtoie. Je crois tout savoir sur moi. Et au final, pas du tout. C'est en ce sens que je parlais de souffrance, pas par rapport à ton ancienne vie.
- Speaker #1
Non, non, non, pas du tout. Non, non, ça ne m'a pas fait peur parce que c'était tellement évident. En fait, tout était simple et tout était évident. Et oui, il y a eu quelques choix. Voilà, quitter une entreprise après 13 ans quand on a toujours été avec un modèle CDI. Ça peut être flippant mais ça s'est fait j'ai dit on va forcément trouver les solutions si jamais ça se passe pas comme on l'avait imaginé et de toute façon on se projette pas, on se dit pas voilà comment ça va se passer, il y a un instant T voilà. Ce que je fais là maintenant c'est génial voilà le modèle qui nous convient et c'est génial de se dire bah ouais là un instant T je suis comblée de tous les prismes. Et en fait, c'est plutôt la révélation, la naissance qui a été cette révélation-là.
- Speaker #0
Ok, merci pour cette précision. Et alors, pourquoi, à ton avis, cette transformation, elle est si peu connue des femmes et même du grand public, et presque, je dirais même, reconnue socialement ? Parce que je suppose que... Ça a dû en étonner pas mal de personnes dont on est entourage, notamment, qui ont vu Aurélia qui est renée. J'ai l'impression que le grand public, en fait, il ne s'attend pas du tout à ça.
- Speaker #1
Oui, alors il y a deux choses, en fait. Il y a plusieurs choses. D'abord, effectivement, il y a ce côté naissance à domicile qui n'est pas... Alors, ce n'est pas forcément le fait que j'ai accouché à domicile qui m'a fait me transformer, mais en tout cas, la naissance. physiologique et naturelle, ou en tout cas en puissance, a été, on l'a vu, bien plus transformatrice que les autres naissances, même si elles ont transformé certains aspects. Mais je pense que c'est aussi ça qui fait que cette transformation n'est pas ou peu connue, parce qu'aujourd'hui, en France, on est à 80% de péridurale, et moi, ça m'allait très bien pour mes deux premiers accouchements, mais du coup, cette transformation, je ne l'ai pas connue. Je l'ai touché du doigt pour mon fils parce que j'étais assez loin et je l'ai très bien vécu. Mais ce côté renaissance et puissance, je l'ai ressenti vraiment pour mon troisième enfant. Et du coup, effectivement, le côté « je suis transformée quand j'ai un enfant » , je pense que toutes les femmes le vivent quand même, parce que forcément, c'est un changement radical et on est responsable d'un petit être. Mais le côté transformation profonde, effectivement, ce n'est pas forcément très connu parce que selon l'accouchement qu'on a eu et la naissance qu'on a vécue et le postpartum qu'on a eu, c'est logique que la transformation peut ne pas être positive. Je pense que c'est pour ça aussi. Les femmes qui vivent un accouchement merveilleux et qui donne de l'énergie et de la puissance, et un postpartum merveilleux, ce n'est pas la majorité des cas. En tout cas, dans les récits autour de nous, ce n'est pas ce qu'on a. C'est pour moi la raison pour laquelle le grand public, entre guillemets, ou en tout cas la majorité des gens, le avant - après, il est sur la vie de famille, mais il n'est pas forcément radical. Voilà. Est-ce qu'il y avait un autre point ? Il me semble que j'avais dit deux points. Je ne sais pas comment on allait.
- Speaker #0
Alors, j'abordais un peu plus précisément ton entourage.
- Speaker #1
Mon entourage.
- Speaker #0
Qui a vécu au premier loge cette transformation, qui t'a observée changer.
- Speaker #1
Oui, je pense que ce qui a surpris, ça a été ce choix d'abord de la naissance. Clairement, il n'avait pas été formulé, on n'avait pas du tout dit, parce qu'on ne sait jamais aussi le lieu dans lequel on s'est toujours autorisé. Avec la sage-femme, on était super en phase par rapport à ça. Voilà, on est bien chez nous, on reste chez nous. Il y a quelque chose qui va pas, on se sent pas bien et donc c'est pour ça que ce projet là n'avait pas du tout été évoqué auprès de l'entourage. Donc quand on a annoncé la naissance et le fait qu'on était chez nous, effectivement ça en a surpris plus d'un. Ça a ouvert les consciences parce que beaucoup ne savaient pas qu'on pouvait accoucher chez soi, ça en a inquiété, enfin en tout cas la majorité ont dit "heureusement qu'on ne le savait pas parce que ça nous aurait inquiétés." Donc là, on part de ce qu'on disait tout à l'heure, les peurs des autres, c'est aussi pour ça qu'on ne voulait pas du tout en parler. On ne voulait pas recevoir les peurs des autres. Donc, ça a été très bien de ne pas en parler.
- Speaker #0
Très bon choix, d'ailleurs.
- Speaker #1
Oui, voilà, parce que ça s'est vérifié après. Les gens étaient, comme tout s'est très bien passé, et que c'est le cas dans la plupart des accouchements à domicile, il n'y avait pas de soucis, mais ils auraient projeté leurs peurs. Donc, c'était très bien comme ça. Et la transformation, comment... Comment ils l'ont vécu ? C'est difficile de répondre à leur place, mais je pense qu'avec mon mari, ça fait plus de 20 ans qu'on est ensemble, 24 ans qu'on est ensemble, et on a toujours eu ce terrain de faire plein de choses, plein de projets, des choses qui sortent de l'ordinaire. On a toujours plein de choses en tête, et je pense qu'ils ont senti que cette naissance avait réveillé quelque chose d'encore plus fort chez moi. Et je pense qu'ils n'ont pas été si surpris de ça ils savaient que le métier que je faisais avant comme je l'expliquais, je faisais très bien le job et ça se passait bien et j'avais un bon environnement de travail mais ils savaient que ce n'était pas la passion de ma vie. Je pense qu'ils sont plutôt satisfaits de voir que je m'épanouis avec cette pointe de parfois peut-être d'incompréhension parce que notamment les femmes autour de moi ne font pas forcément vécu cette transformation peuvent ne pas comprendre, dire, ben voilà, on ne fait pas reset complètement, puisque la voie est déjà lancée de l'entrepreneuriat, mais ça peut être parfois de l'incompréhension, surtout sur des nouveaux métiers.
- Speaker #0
Alors, ça m'amène à trois questions différentes, je vais essayer de ne pas les oublier. Alors déjà, par rapport aux femmes de ta vie, est-ce que tu penses que ton expérience a permis un petit peu d'ouvrir les conscience ou les champs des possibles, se dire que ce n'était pas si fou que ça et que c'est même peut-être quelque chose auquel il faudrait songer pour une naissance ?
- Speaker #1
Oui. Je réponds ou je te laisse poser tes trois questions et c'est moi qui les retire.
- Speaker #0
Alors, elles sont assez différentes. Mais si tu veux, je peux te les poser.
- Speaker #1
Je réponds à celle-là. Alors, j'espère. Encore une fois, je ne peux pas répondre à leur place. Mais quand même, ça a soulevé des discussions sur effectivement les champs des possibles, déjà expliquer mon cheminement, expliquer notre choix, expliquer que c'est possible. Donc voilà, faire comprendre un peu l'écosystème de la naissance en France aux femmes qui m'entourent et à mon entourage qui ne connaît pas forcément tout cet écosystème-là et ces possibilités qu'on a d'accoucher là où on veut. Donc ça, ça a été une prise de conscience. Chez les plus jeunes femmes qui m'entourent, oui, je pense qu'on a eu des discussions, des femmes qui n'ont pas encore d'enfants notamment. Donc ça, c'est plutôt chouette, la future génération. C'est là où j'échange le plus, les jeunes filles autour de moi qui n'ont pas encore d'enfants. Et là, il y a plus d'ouverture. Clairement, c'est plus compliqué que pour les femmes, par exemple, qui m'entourent, qui ont déjà eu des expériences de la naissance, des expériences pas toujours positives. Et là, selon là où on en est, on n'est pas forcément prête à regarder dans le rétroviseur ou à refaire le fil de ces détails. Et là, ce n'est pas mon rôle de les faire s'ouvrir.
- Speaker #0
De brusquer.
- Speaker #1
Chacun va à son rythme. Est-ce que ça a ouvert des consciences peut-être ? Mais parfois, des consciences douloureuses, c'est possible.
- Speaker #0
Oui, effectivement. Si les naissances ont été mal vécues, on n'a pas forcément envie de revenir là-dessus et se dire « oui, j'aurais pu, j'aurais dû » .
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et puis, il y a le côté mal vécu, mais il y a aussi un autre aspect que je vois, c'est le côté "Je savais pas ou en tout cas je me suis pas posé les questions. J'ai suivi ce qu'on m'a dit." Et ça, ça peut être encore plus questionner enfin moi je me dis que en tout cas si, j'ai toujours le "si", après l'histoire elle est comme ça, et on fait pas fait pas sa vie et je pense que le chemin il était comme ça pour moi mais c'est évident que si j'avais su tout ça il il y a 15 ans, mais mon Dieu, que les chemins de naissance auraient été différents. Mais je pense que pour les femmes qui peuvent m'entourer, je pense à certains récits de naissance, d'ouvrir cette porte, de dire, je veux dire, questionner quelque chose : "Ah oui, peut-être j'aurais pu remettre en question ces modes d'accouchement qu'on m'a proposés." Par exemple, je pense à des césariennes. "J'aurais pu remettre en question ça. Non, je ne peux pas. C'est trop dur de faire ça. Il y a peut-être ça."
- Speaker #0
En même temps, on ne peut pas vraiment dire que la société et tous les professionnels de la périnatalité encouragent un peu cette ouverture d'esprit, d'essayer de faire un pas de côté, de voir ce qui se fait ailleurs, de questionner les propositions. Tout est un peu perçu comme un « voilà la marche à suivre, c'est comme ça, c'est l'entonnoir, tu t'inscris là, tu vas là, tu te couches, t u arrondis le dos pour la péridurale et puis voilà. »
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et c'est quand même très... Il y a quand même pourtant de plus en plus d'informations. L'accès à l'info, c'est même ce que j'appelle l'infobésité. On a tellement d'infos qu'on en mange, parfois trop. Mais par contre, quand arrive le domaine de la naissance, même si on a entendu plein de choses, quand ça arrive à soi, et qu'il est question de faire des choix, là, c'est clairement aussi notre histoire qui parle et aussi notre posture à ce moment-là. Et si on a été entouré par des récits comme ça, OK, on a vu plein de choses, mais là, tout de suite, maintenant, c'est moi, mon bébé. OK, j'écoute ce que vous avez à me dire et probablement que je vais aller dans ce sens-là, que je connais et que mon entourage connaît et a traversé et maîtrise. Et pour sortir du cadre, il faut une certaine posture. Pour dire non, il faut une certaine posture. Et malgré toutes les infos qu'on peut avoir, ce n'est pas forcément évident de se positionner de façon différente de ce qu'on a pu voir dans son entourage. Malgré le fait que, oui, il y a des sources d'infos quand même aujourd'hui. Il y a ce qu'il faut. Oui,
- Speaker #0
Oui, oui. Clairement. Je voulais revenir sur un autre aspect. Tout à l'heure, tu as mentionné ton mari, avec qui vous avez l'habitude apparemment de faire plein de projets, plein de choses différentes. Donc je voudrais parler de lui. Plutôt, peux-tu me dire comment cette naissance a transformé votre relation de couple ? Enfin, si c'est le cas d'abord, mais du coup si oui, comment ?
- Speaker #1
Alors, est-ce que ça a transformé notre... En fait, c'est pas tant la naissance qui a transformé notre... relations de couple que le fait que moi je sois transformée par cette naissance qui a fait evoluer, en fait je le mettrais plutôt comme ça ok je le mettrais plutôt comme ça et du coup je pense que encore une fois je vais pas parler à sa place mais pour lui c'est génial de voir qu'aujourd'hui je m'épanouis pleinement dans tout ce que je fais et je fais des choix qui parfois peuvent le surprendre enfin le surprendre non, il me connait par coeur mais ... Je vais prendre un exemple tout bête, il y a trois mois, j'ai décidé de m'inscrire à un triathlon. C'est sorti vraiment de nulle part. Et encore que, j'ai eu de l'entourage. Mais c'est sorti vraiment de nulle part. Je ne courais pas, je ne nageais pas et je ne faisais pas de vélo. J'ai été au bout et j'ai fait ce triathlon. Je pense que c'est ça qui, pour lui, aujourd'hui, est génial. C'est qu'aujourd'hui, je m'écoute et j'ai envie de faire un truc. Je ne me mets pas de limite. Et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, dans notre couple, c'est chouette parce que lui, il sait ce qu'il aime, il a plein de passions et il explore toutes ses passions. Chose que moi, je m'étais plutôt, pas interdit, mais en tout cas, mis de côté depuis que j'étais maman. Et du coup, maintenant, le fait d'être dans un cadre professionnel avec mes propres horaires, je fais mon emploi du temps comme je veux et du coup, je me permets, je m'autorise d'aller au bout de certains projets ou passions qui sont importants pour moi dans mon emploi du temps. À 10h le matin, j'ai envie d'aller nager parce que j'ai envie d'aller nager, j'y vais. Et je pense que c'est ça qui a fait que cette relation de couple est beaucoup plus équilibrée.
- Speaker #0
Hum, super. Alors, tu me fais une très, très belle transition pour ma troisième question que j'avais annoncée tout à l'heure. Donc, justement, ça rejoint, bon, les aspects horaires, cadre souple, mais aussi le fait que tu voulais quelque part prêcher la bonne parole ou en tout cas diffuser les informations à ton propre niveau. Parle-moi un petit peu de ce que tu fais maintenant. Et bon, moi, j'ai une petite boîte là derrière moi. Tu en parleras certainement beaucoup mieux que moi. Donc, dis-moi ce que tu fais. Qu'est-ce qui occoupe tes journées professionnellement parlant en ce moment ?
- Speaker #1
Merci. Donc, en fait, dans ce chemin de maternité, quand j'ai eu toutes ces infos et j'ai dit, moi, j'ai cherché l'accès à ces infos, donc je les ai trouvées. Donc, ça existe. Il n'y a pas de souci. L'info existe sur la naissance, mais j'ai quand même vraiment envie de mettre ma patte. Et donc, c'est venu en échangeant avec une personne, avec qui je m'entends super bien, et on a discuté de tout ça. Et elle m'a dit, qu'est-ce que tu aimes faire ? Donc, on a discuté un petit peu, et la révélation est venue peu de temps après. Je dis, moi, j'aime effectivement transmettre de l'info, mais j'aime que ce soit ludique, j'aime les groupes, j'aime quand c'est vivant. Et à titre perso, moi j'adore passer des soirées entre amis, jeux, etc. Et là, je me dis, en fait, le lien, il est là. J'ai clairement envie qu'il y ait un support d'infos sur la naissance qui soit hyper ludique et sous forme de jeu. Donc l'idée, elle est venue comme ça. Donc de là, il s'est passé un an et demi, presque deux ans, puisque je voulais, oui, alors l'idée, elle est comme ça. Un jeu sur la naissance, OK. Mais pas n'importe quel jeu. Je ne voulais pas que ce soit juste un Trivial Pursuit. Je voulais vraiment que ce soit un support hyper complet. Et là, c'est ma casquette pro qui avait parlé. Juste avant de quitter la banque, j'étais formatrice en ressources humaines. Et je transmettais, j'animais des formations auprès de collaborateurs avec une plateforme de jeux. Et de ça, on allait plus loin dans la carrière professionnelle des collaborateurs. Je me dis, je veux que ce soit ludique, oui, mais je veux qu'il y ait un vrai message, une vraie info et quelque chose d'hyper concret dedans. Les infos qui seront contenues dans ce jeu-là, ce ne sera pas juste des questions, ce sera vraiment béton. Je savais déjà que je voulais des infos sur l'accouchement de A à Z. Le cœur du jeu, je dis, quelle que soit la partie, quel que soit le lancer de dés, quel que soit le tirage des cartes, il faut que les personnes qui jouent au jeu, pendant une partie, ils aient accès aux infos sur le processus d'une naissance naturelle et en tout cas comment ça se passe dans le corps. Et après, de l'info, on en fait ce qu'on en veut. Voilà, on a de l'info et ensuite on s'en empare de façon individuelle. Donc c'était ça le postulat et l'idée de départ. Donc pendant deux ans, j'ai travaillé là-dessus. Le cœur du jeu était très clair dans ma tête et ensuite je voulais que ça soit un jeu qui réponde à tous et à toutes les envies et à tous les styles de personnes. Et voilà, là aussi, c'est mon passé de formatrice qui parle, c'est que pour retenir une information, le cerveau, il est fait de différentes manières et chaque personne va retenir d'une façon. On a des mémoires qui ne sont pas les mêmes. Donc, le jeu répond à tout, dans le sens où on touche, ceux qui ont la mémoire du toucher, ou alors on voit, il y a des couleurs, donc la mémoire visuelle, ou on écoute les questions, donc il y a la mémoire auditive. Donc, le jeu est un outil excellent pour la transmission d'infos. Donc, partant de ça, je me dis, je vais faire un support dans lequel les futurs parents seront autonomes pour s'informer, avoir des infos hyper précises sur la naissance. Il faut que ce soit ludique, donc c'est pour ça que j'ai rajouté des parties très très fun sur des naissances insolites, les records de naissance, etc. Et je veux que ce soit aussi complet, donc il y a l'accouchement, oui on l'a vu, mais il y a aussi des infos sur le droit, sur les termes médicaux, sur comment ça se passe dans les autres pays, sur les chiffres clés. Tout ça pour vraiment se cultiver et avoir accès à une info très très variée sur la naissance en général et l'accouchement. Mais pour, encore une fois, venir un peu questionner tout ce qu'on sait habituellement. Et ouvrir ses chakras. Et après, on en fait ce qu'on en veut au moment où on en est, selon le chemin qu'on a. Mais en tout cas, on a l'info et ça questionne, forcément. Il y a ma patte dedans, il y a un livret qui accompagne sur l'accouchement. Il n'y a aucune prise de position sur tel type d'accouchement. Ça, c'était hyper important. C'est un jeu qui est très, très neutre. Pour autant, les processus physiologiques sont expliqués de façon très précise. Et les impacts, par exemple, des procédures médicales sont aussi expliquées de façon très précise. Et après, chacun fait ce qu'il souhaite. Et ça fait germer des graines ou pas. Mais en tout cas, l'info, elle est neutre. Donc voilà, j'ai ma petite boîte aussi. Elle est toujours près de moi. Le jeu s'appelle Connaissance. Et en fait, il est plébiscité par les futurs parents, mais aussi par les accompagnantes en périnatalité, les doulas et les sages-femmes. Très chouette, parce qu'elles s'en servent en atelier, en accompagnement individuel, mais aussi en cours de prépa à la naissance pour les sages-femmes qui l'utilisent. Donc voilà, ça vient amener du ludique sur un sujet qui pour moi, et c'est pour ça sur la tranche du jeu, il y a aussi la naissance de devenir un jeu d'enfant. La naissance ça reste un acte naturel de la vie, quelque chose de simple et aujourd'hui il est très socialisé, il est politisé. Donc voilà, je voulais revenir aux bases et à l'essentiel, mais on peut s'amuser, on peut rire, on peut échanger autour de la naissance de façon ludique. Donc voilà, il est sorti depuis un an et demi, donc à quoi j'occupe mes journées ? À explorer tout ce qui est possible autour de ce jeu, j'en ai fait l'extension sur le post-partum, et puis maintenant je transmets de l'info à travers ce jeu auprès de futurs parents en direct, mais aussi auprès de professionnels de la périnatalité.
- Speaker #0
Mais ça, c'est un magnifique succès. Donc, que ce jeu intéresse et a été adopté par des sages-femmes, quand même, qui font partie du monde médical, c'est quelque chose d'incroyable.
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment génial parce que je ne l'avais pas en tête quand j'ai lancé le support. En fait, pour moi, je voulais que les personnes qui l'utilisent soient complètement autonomes. Donc, voilà, il y a toutes les explications. Qu'on n'y connaisse rien sur la naissance, qu'on soit déjà calé, finalement, on a tout. La mécanique du jeu est assez simple. Et en fait, effectivement, les pros s'en sont emparés. Et ça, ça a été génial, une vraie révélation. Et quand j'ai des retours de sage-femmes sur l'utilisation en séance, je les accompagne aussi sur comment, quelle carte, quelle durée, etc. Et c'est génial parce qu'elles me font des retours hyper positifs. Elles me disent, ça y est, ça a redonné un second souffle à mes cours de prépa. Maintenant, je... je peux aussi aborder des sujets qui sont un peu touchy, mais sous forme d'une question, ça dédramatise un peu le sujet. Et donc, c'est vraiment un chouette retour. Et j'ai même eu une jeune fille qui m'a dit : "J'ai joué avec ma mère qui est médecin, et elle m'a dit avoir appris plein de choses." Donc, j'étais pas prête à ça.
- Speaker #0
Formidable.
- Speaker #1
Mais c'est normal, parce que dessus, c'est aussi le but de ce jeu-là, c'est que quel que soit le profil qu'on a, c'est pas gagné d'avance qui va gagner la partie, et c'est ça qui est chouette, ce n'est pas forcément la sage-femme, ce n'est pas forcément la maman, la future maman, parce que les cartes des parties 1 et parties 3 sont tellement variées qu'on peut tomber sur de la politique, qu'on peut tomber sur les traditions de naissance en Nouvelle-Zélande. Donc, voilà, ça répond à tout le monde et ça transmet l'info de façon ludique et ça plaît au plus grand nombre.
- Speaker #0
Excellent. Moi, à ma connaissance... C'est le seul jeu qui existe auteur de la naissance ?
- Speaker #1
Oui, c'était ça aussi mon challenge. C'était quand j'ai eu cette idée-là, je me suis dit, ça se trouve, ça existe déjà en fois 1000. Mais non, ça n'existait pas. En tout cas, il y avait des jeux de questions. "Préparez-vous à être parents ". Ce genre de support existe, mais pas aussi poussé dans la transmission d'infos. En tout cas, moi, c'est ce que j'appelle un jeu ludopédagogique, vraiment à vocation pédagogique. Et ça, aujourd'hui, ça n'existe pas sous cette forme-là. Il est unique et il est français.
- Speaker #0
Et alors, justement, quels sont les next steps ? Traduction en anglais ? Commercialisation en dehors de la francophonie, peut-être ?
- Speaker #1
On m'a demandé des traductions en portugais et en anglais.
- Speaker #0
Des éditeurs, pardon ?
- Speaker #1
Des clients, des clients directs. qui m'ont demandé si une traduction était possible. Alors aujourd'hui, je suis encore à l'état de réflexion par rapport à ça, parce que le jeu, en fait, il a été conçu avec le prisme de la naissance en France. C'est-à-dire que je pourrais très bien traduire, pour autant le modèle, l'écosystème de la naissance en France n'est pas le même que chez nos voisins. Donc, en fait, il ne répondrait pas forcément à des besoins, ou en tout cas à des attentes, ou des schémas que connaissent les gens d'autres pays. Clairement, il met en lumière comment ça se passe en France. Les chiffres et l'histoire et les différentes procédures sont basées sur l'écosystème de France. Donc, il pourrait y avoir des traductions. Néanmoins, ça ne répondrait pas forcément à ce que vivent, ce que connaissent ou le cadre qui est dans chaque pays.
- Speaker #0
C'est un point très intéressant que tu soulèves, auquel je n'ai pas forcément pensé en posant ma question sur l'exportation ailleurs. Alors du coup, là comme ça, peut-être certainement tu ne les connais pas tous, mais est-ce que tu as des exemples de pratiques ou des chiffres qui ont lieu en France versus des pays voisins ou alors d'autres pays dont tu aurais l'habitude ? C'est très intéressant ça, de comparer.
- Speaker #1
Alors, il y a les chiffres. Ces chiffres, ça évolue, donc il ne faut pas les prendre si vous écoutez ce podcast qui va rayonner dans 10 ans. Là, on est en 2026. Et les chiffres évoluent beaucoup. Par exemple, il y a une carte. Le jeu, maintenant, les premières questions ont été faites il y a... deux ans. C'est pareil, les chiffres évoluent à une vitesse folle. Il y a des chiffres sur, par exemple, les naissances à domicile aux Pays-Bas. C'était quasiment 30%. Aujourd'hui, on est plus près, on descend beaucoup sur les naissances à domicile. Il y a un chiffre qui ne change pas trop, c'est celui des naissances à domicile en France. On reste toujours autour des 1%. Clairement, par rapport à nos pays voisins, on n'est pas du tout sur les mêmes... sur les mêmes chiffres. On a des taux de césarienne. Alors, c'est pareil, les chiffres aujourd'hui, on est à 1 sur 5, on est à peu près à 20, un peu plus de 20 % en France. Il y a des pays comme le Brésil où on explose les chiffres sur les taux de césarienne. Donc, les chiffres des naissances en France, dans les pays voisins, on n'est clairement pas du tout sur les mêmes données. Et ça évolue très franchement. Le taux de césarienne explose dans beaucoup de pays quand même. Le taux de déclenchement explose, on est quand même 1 sur 3 en France. Mais par contre, on est assez fortement représenté sur le déclenchement en France par rapport à des pays comme la Grande-Bretagne ou même les pays nordiques, les Pays Bas, Suisse, Belgique. On n'est pas à ces taux-là. Je ne les ai pas en tête, je dirais des bêtises, si je les donnais mais le taux de déclenchement augmente fortement en France. Et ça, c'est un chiffre que je crois que quand j'ai fait le jeu, quand j'ai fait la carte il y a deux ans, on était à 22, 23, mais à plus.
- Speaker #0
Tu aurais un bout d'explication de pourquoi en France c'est si haut versus d'autres pays comme la Grande-Bretagne que tu as citée ? Tu as une idée de ça ?
- Speaker #1
Je ne saurais pas dire. Est-ce que culturellement, est-ce qu'on est encore plus dans cette envie de contrôle, cette notion de ne pas prendre de risques ? Est-ce que c'est culturel ? Et du coup, plus ça va, moins on veut prendre de risques. Et du coup, on a ce besoin d'intervention. Je ne saurais pas te dire pourquoi ça explose autant. Pour autant, c'est maintenant rentré... dans le cadre de référence, en tout cas, du milieu de la naissance des futurs parents, c'est intégré, ce qui n'était pas le cas il y a encore 5-6 ans, c'est intégré qu'il peut y avoir un déclenchement, oui, ça peut être un déclenchement. C'est maintenant intégré quand on vit une grossesse, peut-être que ce sera un déclenchement. Et ça, ça a radicalement changé l'espace de... 5 ans, mais même 10 ans, on n'était pas du tout à systématiser et à intégrer cette information. Ça fait partie quasiment, aujourd'hui, d'un mode de naissance possible. C'est dans les mentalités.
- Speaker #0
Oui, c'est une éventualité un peu plus proche du couple, de la famille, que oui, ça existe, mais bon... c'est très rare j'en ai à peine entendu parler...
- Speaker #1
Les taux évoluent donc le nombre de naissances par déclenchement évolue donc de plus en plus on a dans notre entourage on parlait du poids de l'entourage dès le début du podcast, c'est... Oui, ça vient, ça s'ancre et du coup, ça devient une possibilité, sans forcément questionner la chose.
- Speaker #0
Oui. Pour revenir vraiment concrètement sur le jeu, tu veux nous raconter un peu comment tu t'es pris pour la conception, le financer ? Je suppose que c'est directement corrélé avec ta transformation profonde que tu as vécue ? Peut-être que tu as fait des choix ou des actions très fortes avec beaucoup de panache ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Ce jeu, c'est mon petit bébé, je l'ai toujours avec moi.
- Speaker #0
C'est le quatrième ?
- Speaker #1
Oui, c'est mon quatrième. À partir du moment où j'ai eu cette idée, et c'est là aussi que la transformation a été profonde. Parce que des idées, moi, ça fait... Quand on est avec mon mari et qu'on en a des idées, des projets, des envies, il y en a qui vont au bout d'autres pas. Et de plus en plus, et en tout cas depuis trois ans, maintenant j'ai une idée quasiment, elle va au bout. Enfin en tout cas si c'est vraiment quelque chose de profond et d'en créer. Là c'était le cas. Ok j'ai cette idée, maintenant je ne peux pas faire autrement que d'aller au bout de cette idée parce que c'est trop important et que je trouve vraiment que ça répond, ça vient compléter parfaitement ce qui existe aujourd'hui. Donc à partir du moment où il y a eu l'idée, il y a eu le temps de conception, en tout cas ce qui a été le plus long, ça a été quand même de construire le contenu, les infos qui étaient dedans, parce que comme je disais, je voulais vraiment que ce soit quelque chose de béton, donc au-delà des 96 cartes, sur chaque carte il y a une explication complémentaire en plus de la réponse, donc je voulais vraiment que ce soit de l'info précise. Il y a un livret qui accompagne le jeu, le livret a été validé par deux professionnels de la périnatalité. Donc ça, c'était important pour moi qu'il y ait des tampons dessus, pas officiels, mais en tout cas que ce soit relu par des pros. Donc ça, c'était important. Je pense que c'est ça qui a pris le plus de temps. Mais voilà, encore une fois, comme c'était passion, j'y étais jusqu'à minuit. Le soir, les questions venaient, je lisais, j'ai mangé des dictionnaires de la naissance, des encyclopédies, des histoires de l'histoire de la naissance en France, dans les autres pays. J'ai vraiment ingurgité tout un contenu tout un tas de livres et d'ouvrages, de thèses médicales, Michel Odent, évidemment, Marie-France Morel, bref, toute la bibliographie classique de la naissance y est passée pour en prendre, pour moi, les infos qui étaient les plus importantes et en faire vraiment une synthèse dans le jeu. Donc, je pense que c'est ce qui a pris le plus de temps. Et ensuite, la conception, la mécanique du jeu, je l'avais déjà plutôt en tête. Je savais que je voulais que ça se joue à deux comme une équipe, je voulais qu'il y ait une logique dans la progression de la connaissance, qu'on démarre par des choses de culture générale, qu'on aille ensuite dans le vif du sujet, et qu'on termine sur du très ludique. Donc la cinématique du jeu s'est faite assez facilement. Et ensuite, après maquettage, tout ça, j'ai pris du carton, j'ai pris mes ciseaux, j'ai pris des feuilles, j'ai fait des essais, j'ai regardé les boîtes de jeux qui existaient. Je suis très jeu chez moi, donc j'ai une ludothèque bien fournie. Et puis on a bossé à deux, j'ai une amie qui est graphiste. Donc ensuite, on a pris nos crayons, puis on a fait des essais de noms, de polices, etc. Donc ça s'est fait assez vite. Et puis chaque moment de la conception a été pour moi une super découverte. Puis je suis rentrée dans un milieu que je ne connaissais pas. C'est comme quand on fait un livre. Est-ce qu'il faut un ISBN ou pas ? Est-ce qu'il faut un code barre ou pas ? Est-ce qu'il faut adhérer à un système de recyclage ? Il faut des éco emballages. Pour moi, c'était important que tout soit fait en France. Donc il a fallu trouver des fournisseurs. Et puis, il fallait que le prix aussi, le prix pour le consommateur final, ne soit pas trop élevé, parce que c'est important que ce soit accessible. Ça reste un jeu de société, mais je voulais que ce soit quand même accessible. Donc, tout ça, voilà, fait que, là, je pense que ça a bien pris six mois entre recherche des bons fournisseurs, donc en France, le choix des matériaux, du prototypage. Et à partir du moment où le prototype était fait, il a fallu dire "Ok on y va" et là ça a été la décision un peu stretch de dire "Ok on y va et on y va vraiment", j'en ai produit 1000 parce que c'était important pour moi que le prix de revient pour le consommateur ne soit pas trop élevé et pour ça il faut en produire une grande série donc il a fallu prendre cette décision et le financement a été un investissement personnel, un gros investissement personnel au niveau financier et là encore en congé parental on se dit "Wow est-ce qu'on est OK, de mettre ce gros budget-là sur ce projet-là ?" Mais c'était trop une évidence. Je pense que je n'ai pas réfléchi très longtemps avant de dire "Ok on y va". Et j'ai très bien fait. Aujourd'hui, ils se porte bien.
- Speaker #0
C'est tout le mal que je te souhaite. Que tu arrives à écouler les milles, si ce n'est pas encore fait. Et qu'il faille vite, vite, vite en reproduire d'autres.
- Speaker #1
En reproduire, oui.
- Speaker #0
Inonder la France...
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Du jeu et de ces informations précieuses qu'il contient. On touche vers la fin de notre interview, mais je voudrais te poser une question un peu plus générale, et peut-être un peu difficile. Quel est, selon toi, le plus grand mensonge qu'on raconte aux femmes à propos de l'enfantement et, de façon générale, de la maternité ?
- Speaker #1
Alors, effectivement, ce n'est pas facile. Là, tout de suite, si je ne réfléchis pas trop, je pense à la douleur. On associe directement l'accouchement à la douleur. Et en fait, c'est ce qui fait... Et ça, que ce soit côté pro ou côté perso, l'entourage, voilà. C'est le mot quasiment qui revient très rapidement. Et en fait, pour moi, sur mes trois naissances, alors oui, j'ai eu du mal, mais ce n'est pas ce que je retiens de mes accouchements. En fait, ce n'est pas du tout ce que je retiens. D'abord, ça a été très court, la phase de douleur. Pour ma fille, la première, évidemment, c'était la péridurale très tôt. Mais même pour ma fille qui est née à la maison, la douleur a duré véritablement de façon intense une heure trente. Et l'accouchement, la naissance, c'est des premiers signes à waouh, c'est aujourd'hui, jusqu'à j'ai mon bébé. Et on résume ça à la phase de 1h, 1h30. Alors, il y en a pour qui c'est beaucoup plus long et beaucoup plus douloureux. Et là encore, je ne peux pas m'exprimer pour toutes les femmes. Mais on ne peut pas résumer ou en tout cas dire accouchement égale douleur, égale souffrance. C'est ça pour moi. Ce n'est pas un gros mensonge, mais en tout cas, c'est une espèce d'omerta, c'est une espèce de non-dit de « ouais, l'accouchement, c'est mal » alors qu'on devrait avoir des récits d'accouchement où ça fait… moins mal, ou en tout cas on devrait dire "ok la fenêtre de douleur elle est de 2h sur 12 et puis tu as ton bébé à la fin et tout ça c'est génial". Et c'est ça pour moi qui est embêtant, c'est que c'est vrai qu'on axe vraiment cette naissance et c'est aussi pour ça que du coup dans l'inconscient collectif rapidement, c'est : "Qu'est -ce que je vais faire quand je prépare ou en tout cas je m'informe sur mon accouchement pour shunter cette douleur ou en tout cas la détourner ou la faire disparaître complètement?" Alors que ce n'est la phase intense ; elle est finalement assez courte. Donc, comment je vis mon accouchement de A à Z, ça, on l'aborde peu. Et on se focalise sur un des points de la naissance, qui pour moi n'est pas le plus important.
- Speaker #0
Oui. Sans parler qu'en fait, les conditions dans lesquelles tu donnes naissance peuvent plus ou moins avoir un impact sur ces douleurs.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Si on ne peut pas bouger, si on ne se sent pas en confiance, si on a peur, tout ça, ça potentialise la douleur.
- Speaker #1
Ça, c'est évident. Et du coup, c'est vrai que c'est sur le côté, alors mensonge, c'est peut-être fort, mais en tout cas, sur le côté, on ne dit pas tout... c'est ce côté, oui, ça va faire mal à un moment donné. On va le vivre chacune différemment, mais il y a des façons de le traverser. Et puis, effectivement... L'environnement global, et ça c'est comment je vis ma naissance de A à Z, l'environnement va être capital sur ton vécu de la naissance. C'est évident.
- Speaker #0
Oui. D'ailleurs, est-ce que tu te souviens, puisque tu as dit que tu est allée quand même assez loin dans le travail sans péridurale pour lon deuxième, et ce qui a été complètement le cas pour ton troisième, évidemment, est-ce que tu as l'impression d'avoir eu plus ou moins mal lors d'un de ces accouchements ? En tout cas, aller jusqu'à la période de désespérance, parce qu'après, on ne peut pas comparer. Mais est-ce que tu dirais qu'à cet instant-là, quand tu étais en désespérance, c'était plus ou moins difficile pour l'une ou l'autre des naissances ?
- Speaker #1
Eh bien, oui, ça a été plus... Enfin, disons que ça a été plus douloureux pour mon fils, parce que... Enfin, je ne sais pas si ça a été plus douloureux physiquement, mais en tout cas en fait mentalement comme je savais que j'avais une possibilité de soulagement je pense que du coup je l'ai moins bien vécu et je m'étais rapidement dit, et cette information, le cerveau, il l'intègre très vite, de dire, de toute façon, si ça fait trop mal, il y a cette option. Et du coup, je pense qu'à partir du moment où c'est devenu vraiment intense, on a commencé à essayer de tester des choses, le cerveau m'a vite rappelé, "mais au fait, il y a une possibilité". Donc là, niveau douleur, finalement, il était, je pense, à peu près le même. Mais il a été plus difficilement supportable en maternité et donc j'ai rapidement plus vite demandé à être soulagée. D'une parce que je n'étais pas du tout dans des bonnes conditions, il y avait la lumière à fond, il était 18 heures donc il y avait la pleine lumière partout. La baignoire elle a mis des plombes à se remplir, enfin bref rien n'allait sur les possibilités d'accompagner cette douleur, ce n'était pas possible. Du coup, je l'ai beaucoup plus mal vécu, alors que ça a duré beaucoup moins longtemps que pour ma fille, où la douleur a été croissante. La durée a été très intense, qu'une heure et demie, mais beaucoup plus longtemps finalement que mon fils. Mais la sensation, la perception et le souvenir n'est pas le même.
- Speaker #0
Oui, très intéressant et je pense une information très importante pour celles et ceux qui nous écoutent. Je te remercie pour ce témoignage. Notre interview touche vraiment à sa fin cette fois donc je vais te poser une toute toute dernière question, la question signature du podcast donc : "Quelle est la révolution intérieure que l'enfantement a révélé chez toi ?"
- Speaker #1
Je dirais que la révolution c'est l'écoute que j'ai de moi et de mes capacités. Voilà ce que tu as été capable de faire et voilà ce que tu vas pouvoir faire. Et du coup, maintenant, c'est vraiment ancré en moi. Et ce n'était pas du tout le cas avant. Et ça a vraiment été un 360 par rapport à cette vision de mes capacités intérieures. Et je prends l'exemple du jeu. J'ai eu l'idée de faire ce jeu, je l'ai fait. Et maintenant, ça me paraît quelque chose de tellement simple, tellement facile. Et pourtant, les retours qu'on me fait : "T'as crée un jeu de société !". Je dis "Bah oui !". Ça me paraît tellement simple, alors qu'en fait, c'est quand même pas neutre. Et je pense qu'elle est là, la révolution.
- Speaker #0
Très puissant. Merci beaucoup. Et alors, j'ai menti, toute dernière question. Pour celles et ceux qui veulent se procurer ton jeu, on te trouve où ?
- Speaker #1
Eh bien, le site du jeu, c'est co-naissancelejeu.fr. Donc, ça s'appelle co-naissancelejeu.fr et puis vous pouvez facilement me retrouver sur Instagram avec quelques vidéos humoristiques et sympathiques à l'image du jeu. Sur Instagram : connaissance le jeu, vous trouverez très facilement et j'expédie partout en France, en Suisse en Belgique, j'ai même expédié à l'étranger, en outre-mer.
- Speaker #0
Super ! Bon bah je te remercie Aurélia pour ton temps !
- Speaker #1
Merci à toi de m'avoir invitée ! C'était très chouette !
- Speaker #0
C'était avec un très très grand plaisir Merci.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Voilà, cet épisode est terminé. Merci d'être resté avec nous jusqu'au bout. Je suis certaine qu'il va vous faire réfléchir et peut-être commencer à changer le regard que vous portez sur la naissance. À bientôt dans un nouvel épisode de Révolutions Intérieures.