Speaker #0En deux ans et demi, j'ai fait 51 dates et à l'ère du modern dating, je vais tous vous les raconter. Bienvenue dans Romance, un podcast où je vous raconte les histoires de rencontres avec les mecs d'aujourd'hui. Des histoires parfois drôles, parfois folles, parfois fucked up, mais toujours résolument humaines. Je suis Laurence et vous écoutez Romance. Pour cette nouvelle saison, je viens de lancer une newsletter Club Romance. Toi aussi, abonne-toi au Club Romance via le lien dans la description de l'épisode. Tu y trouveras des détails croustillants, tout ce que je ne dis pas dans le podcast, ni sur le compte Instagram, des discussions entre nous et un chat réservé aux abonnés. Bonne écoute ! Ce date, c'est le dernier que j'ai fait avant de quitter les applications de rencontre. Donc c'était au printemps dernier. C'est assez récent, d'ailleurs c'est pas mal parce que du coup, je n'avais pas supprimé toutes les conversations et j'ai pu relire la chronologie de l'histoire, ce qui s'est passé, les conversations, les mots utilisés. J'ai même réenregistré et réécouté quelques vocaux. C'était hyper intéressant pour vous raconter l'histoire de manière encore plus précise. Je matche sur Bumble avec ce mec. Il y a quelque chose qui m'intéresse pas mal chez lui, c'est son côté posé, calme et sa manière très claire de s'exprimer. En fait, ça me plaît vachement. Nos discussions sont construites, intéressantes, profondes, intelligentes. Ça m'intéresse. Je sens qu'il a l'air d'avoir la tête plutôt sur les épaules, un cerveau bien construit. Et je me dis que ça va être des échanges super riches. Ce qui est assez marrant, c'est qu'au moment où on matche sur Bumble et qu'on discute un peu, il me dit mais... J'y crois pas, c'est toi. En fait, il me dit, je réalise que j'écoute déjà ton podcast, je n'en reviens pas, je match avec toi ici, alors que j'écoutais ton podcast il y a encore quelques jours. Et en fait, c'est assez drôle parce qu'il écoutait mon podcast, qui était un peu au démarrage, au printemps dernier. Donc, il écoutait les premiers épisodes et il réalise qu'il vient matcher avec moi la nana des podcasts. Donc ça n'a pas l'air de l'effrayer plus que ça, contrairement aux autres personnes qui savaient que j'avais un podcast. Et du coup, nos échanges se font et on convient de se voir. C'est un jour férié, donc c'est plutôt chouette parce qu'on va pouvoir se poser en terrasse. Il va faire très beau et on a prévu, pourquoi pas, deux déjeuners tous les deux. Et s'il a envie de nous dire d'aller nous balader après dans Paris. Comme prévu, quand je le retrouve, je le reconnais, il ressemble à ses images, et il est aussi la personne qu'il semble être, qu'il semblait être, sur les applis, quand il s'exprimait, sa manière d'être, plutôt posée. On commence à discuter, et les échanges sont intéressants, et assez vite, à travers son histoire et sa manière de parler, je capte un peu quel type de personnage il est. C'est-à-dire que je vois direct... que le gars est un peu altruiste. Je sens que c'est quelqu'un qui est tourné vers les autres. Je vois sa manière d'écouter. C'est marrant, il paraît assez lisible. Je trouve ça sympa, mais en même temps, ça m'effraie un peu. C'est-à-dire que, pour une raison que j'ignore, je me dis toujours, les gens qui font passer les autres avant eux, ce n'est pas toujours bien. Des fois, il y a aussi un... Un travers à ça. Et c'est un peu ce que je ressens chez lui, mais je vois surtout le positif. Je me dis que c'est un mec qui fait don de lui en général. Qu'est-ce qui me fait dire ça ? Ce qui me fait dire ça, c'est que lors de nos discussions, petit à petit, évidemment, il ne me balance pas ça comme ça, mais dans nos échanges, c'est un homme qui est divorcé, qui n'a pas d'enfant, malheureusement. Ça, c'est un sujet... de sa vie qui est complexe et qui lui appartient d'ailleurs. Et dans les échanges, en fait, en discutant, il m'explique qu'il a donné un organe à quelqu'un de sa famille qui en avait besoin, donc il a fait un don d'organe. Ce qui n'est évidemment pas du tout anodin. C'est aussi en ça que je vois ce côté altruiste don de soi, mais lui, c'est presque don de soi au premier degré. Ce que je trouve intéressant, c'est que ça suscite ce genre de discussion. Elle soulève toujours des questions. On est tous prêts à se dire, si quelqu'un que j'aime très fort, qui m'est très proche, a besoin de moi et que je suis compatible, évidemment que dans l'absolu, tout le monde le ferait. Après, entre vouloir le faire et se sentir capable de faire cet acte très important, très lourd et surtout, lorsqu'on donne un organe et qu'on se dépossède soi-même d'un de nos organes, s'ensuit des mois, voire des années de faiblesse de notre part, le temps que notre corps s'acclimate à ce qui nous manque, un organe à nous. Donc là, j'ai une personne qui est face à moi, qui me raconte ça, qui m'explique ce don magnifique qu'il a fait, ce qui fait de lui une belle personne, mais aussi, je me regarde et je me dis, ok, le gars, il est aussi, j'ai envie de dire physiquement, un peu en, comment dire ça, en convalescence. de ce don qui est loin d'être anodin. Donc c'est intéressant, ça fait réfléchir. Au-delà de cette histoire-là, qui est plutôt singulière, pour changer, on ne va pas se mentir, la conversation est chouette, elle est nourrie, elle est intéressante, le déjeuner se passe super bien, il passe très vite, et assez rapidement, en fait, je pense qu'il y a quelque chose qui s'installe entre nous. C'est-à-dire, on sent qu'il y a de l'écoute et du respect dans les deux sens. Et du coup, c'est assez propice dans ce cas à la confession, j'ai envie de dire. C'est assez propice au fait de se livrer. Et lui, il se livre assez sur son passé, sa vie précédente en couple, mariée, les difficultés qu'il a traversées, les tempêtes. Je trouve que c'est très intéressant, c'est assez passionnant, l'histoire qu'il me raconte. Et en plus, il la raconte avec beaucoup de... de recul et de respect sur cette histoire, aussi les difficultés qu'il a traversées. Et puis, on échange sur là où on est, où nos vies nous ont menées. C'est assez doux, en fait. C'est intéressant, c'est riche. Je me dis que c'est une personne qui m'intéresse par cette espèce de calme affichée, cette sérénité qu'il a l'air de renvoyer. Et puis, on convient d'aller se balader tous les deux. On passe l'après-midi ensemble avec quelque chose que je n'ai pas dit, qui est hyper intéressant. C'est qu'il n'est pas du tout de la même ville que moi. Il est de province, comme on dit. Il n'est pas du tout de Paris ou des environs de Paris. Il est de province. Donc, en fait, la raison pour laquelle on a matché sur Bumble, c'est qu'il travaille à Paris. Donc... Je pense que moi qui ai mis une localisation autour de moi, on a matché à un moment où il se trouvait pas loin de mon boulot. Mais la réalité, c'est qu'il n'y habite pas du tout. C'est vrai qu'il n'habite pas ici, donc ça peut compliquer le fait de se voir régulièrement. Il y a quand même une notion de distance. C'est pas très loin, mais il y a une heure de train. Alors, ce qui est assez drôle quand même... C'est que dans nos échanges, on finit par se rendre compte que c'est la deuxième fois que je match avec un mec qui habite dans cette ville-là. Mais en fait, c'est parce que c'est les gens qui habitent à côté de Paris, qui se géolocalisent à Paris alors que leur ville n'est pas du tout à Paris. Ils habitent loin. Donc bon, déjà, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive. C'est la deuxième fois et que lui voit très bien qui est ce mec avec qui j'ai matché, parce qu'il a une réputation dans cette ville pour être un sacré énergumène. Donc déjà, on se retrouve à parler de ça, c'est assez drôle. Donc moi, je lui raconte en l'occurrence cette date qui avait été fort sympathique, quoi qu'il en soit. Donc voilà, et nous, on finit par se balader donc. On va au parc des Tuileries et on se promène. Et la balade est super agréable, pareil, elle est propice à la confidence. On parle de tatouage, on raconte l'histoire de nos tatouages, qu'il a aussi. Comme je le perçois, son image, elle est toujours la même. Il est calme, posé, réfléchi dans sa manière de raconter des choses. Il a un autre tempérament. J'ai eu tendance à sortir avec beaucoup de mecs qui avaient des tempéraments forts. J'aimais leur énergie. En fait, j'étais quand même pas mal en recherche de mecs qui avaient une énergie qui me ressemblait. Et finalement... Je me dis que c'est intéressant aussi d'aller vers une énergie qui est très différente, qui peut voir opposer, mais qui du coup peut être complémentaire à la mienne. Et je me dis que ça peut être pas mal. L'après-midi se passe, il fait un temps magnifique, la balade est agréable. On s'est raconté toutes nos vies en long, en large et au travers, mais de manière pas... Ça ne ressemblait pas à un interrogatoire. C'était juste cool et sympa. Et lui, il est temps qu'il parte pour récupérer son train pour repartir en province. Je le ramène près de la gare. Et puis, on se quitte assez rapidement sur le trottoir. Il y a du monde, il y a de la foule. Il prend son train. Et puis, il m'envoie un message quand il est dans le train en me disant... Nos au revoir n'étaient pas du tout à l'image du moment qu'on a passé, de cette super après-midi, de ce déjeuner. Je suis partie un peu vite, j'étais un peu tendue aussi, un peu par maladresse. Je me suis dit que c'est vrai, parce qu'en fait on s'est quitté un peu rapidement. Bon bah salut, comme ça sur le trottoir, c'était cool. En fait comme il y avait cette temporalité, cette urgence de devoir reprendre un train, c'est vrai que du coup je voyais l'heure passer, il m'avait donné un horaire de train, donc à un moment je me disais bon bah... Les 18h45, il faut qu'il y aille. Donc en fait, je lui dis, on s'est quitté un peu rapidement, comme ça. Mais bon, il n'en est pas moins que nos échanges se poursuivent. Et qu'on a des super discussions, qu'on garde le lien. Voilà, un truc très cool dans nos petits échanges. Et puis là, mine de rien, la complicité commence à s'installer. Et surtout, on se dit qu'il faut qu'on se revoie. voire même qu'on a hâte de se revoir pour prévoir la suite. Et on convient d'un rendez-vous la semaine qui suit. Moi, j'ai ma fille, une semaine sur deux, donc il me semble qu'on devait se revoir au moment où je redevenais disponible. Et donc, ce rendez-vous est prévu. Les échanges ont toujours lieu, jusqu'au moment où... Le mec me pose une question comme ça, du genre... T'as été tirée au sort, toi, pour le concert de Céline Dion ? Je lui dis mais non, pas du tout. Et pourquoi on parle de ça ? Parce qu'on est quand même dans cette période folle où la France slash le monde entier, y compris les non-parisiens, s'étaient inscrits sur les fameuses listes pour voir Céline Dion en concert en septembre, dans cette fameuse série de concerts de Céline Dion tant attendue. Le retour de la diva, le retour de la reine. Et on s'était évidemment tous inscrits sur les listes avec le faible espoir d'être tiré au sort. Et donc le gars me dit, mais toi, tu as été tiré au sort ? Et je lui dis, bah écoute, non, je n'ai pas reçu d'email, donc je ne pense pas que j'ai été tiré au sort. Autour de moi, c'était le chaos. Tout le monde s'était inscrit avec 5000 adresses. J'avais ma copine de boulot qui est assise à côté de moi, qui avait inscrit toute sa famille sur 10 générations. pour espérer qu'un des e-mails soit tiré au sort. Vraiment, il y avait un truc. Et puis, c'est Céline, quoi. Évidemment, quand t'as plus de 40 ans, Céline, c'est... Céline, c'est un incontournable.
Speaker #0Et donc le gars me dit « Mais toi, t'as été tiré au sort ? » Et je lui réponds « Bah non. » Il me dit « Parce que moi, oui, en fait. » Je lui dis « Ah, bah c'est cool. » Il me dit « Mais pourquoi ? Ça t'intéresserait ? » Je lui dis « Bah ouais, ça m'intéresserait. » Il me dit « Bah écoute, je vais voir ce que je peux faire. » Et là, l'altruiste sur son cheval blanc est de retour. Et je me dis, il ne va pas me donner un organe, mais il va essayer de me trouver des places de Céline Dion. Pour Céline Dion, il semblerait. Et en fait, je dis, attends, j'imagine que tu as des personnes plus proches dans ton cercle privé, pour qui tu as envie de prendre des places. Enfin, je suis un peu gênée parce qu'on s'est vues une fois, c'est tout, on a quelques échanges, on a convenu de se revoir. Mais je me dis, moi, si j'avais été tirée au sort, J'avais clairement une liste remplie sur un tableau Excel de gens qui voulaient des places autour de moi, dans mon cercle méga proche, à commencer par ma sœur, mes meilleurs amis. Donc en fait, quand ce gars que je connais à peine me dit ça, je me dis ouais... Ou c'est un peu pour faire genre, ou... C'est presque bizarre en fait qu'il ne le propose pas d'ailleurs d'abord à ses meilleurs amis ou à sa famille. Mais bon, il me dit non, non, mais attends, dis-moi... Il me dit, je ne peux pas te garantir de pouvoir y répondre, mais je peux toujours essayer. Je lui dis, écoute, si tu arrives à avoir une place pour moi, c'est déjà merveilleux. C'est un truc inespéré. Il me dit, ok, je vois ça. Je me dis, bon, d'accord, on verra. Là, je commence à rigoler. Je suis au bureau. Je leur dis, les gars, devinez quoi. J'ai mon date qui est en train de me pécho des places pour Céline Dion. Et tout le monde dit, mais n'importe quoi, mais ce n'est pas possible, tes histoires avec tes dates, toi, mais non. Les gens n'en reviennent pas, mais bon. Je me dis, bon, attendez, vous n'emballez pas, les gars. Et puis, finalement, le temps passe et le gars me dit, ben voilà, j'ai plusieurs dates, plusieurs places. A tel prix ? Et donc voilà, il me fait la proposition. Et du coup, je lui dis, ok, va pour le 26 septembre. C'est une date qui me va bien, etc. Et il me dit, ok, la place est à toi. Et en effet, j'ai ma place pour Céline Dion dans mon téléphone, dans l'application. J'attends le QR code qui va se débloquer une semaine avant l'événement, etc. Mais j'ai la place, quoi. Le gars m'a obtenu une place. Ils m'ont obtenu des places pour Célidion. Donc je le remercie vivement, etc. C'est hyper cool. Et puis bon, nos échanges continuent. Sauf qu'au moment où on doit se voir, en fait, le gars tombe malade. C'est-à-dire qu'il me dit, putain, je ne me sens pas bien. Je ne sais pas si c'est des allergies ou quoi. Et le problème, c'est que comme c'est une personne qui a donné un organe, les virus, l'immunité, ça ne fonctionne pas pareil chez lui. Il a son corps, mais il ne se régénère pas de la même manière. Donc, il prend cher. Et du coup, il a, je ne sais plus si c'est le Covid ou la grippe. Je crois que c'est le Covid. Du coup, il a le Covid et il est à terre. Et résultat, on ne peut pas se voir. Donc, ça annule le fait qu'on se voit. Donc, tout d'un coup, ça rallonge un petit peu les délais. Évidemment, je crois qu'il a un truc genre 4 ou 5 jours. où il est vraiment pas bien, vraiment faible, il fait que de dormir, il n'est pas en forme, etc. Et puis, il me fait quand même part, à la fin de ces cinq jours de maladie, d'une forme de prise de recul, c'est-à-dire que moi, je le sens un peu plus distant. C'est insidieux, c'est des petits trucs qu'on constate comme ça, mais on est passé... d'une bonne connexion, d'une bonne discussion, de hâte de se revoir, de je t'embarque au concert de Céline Dion, à tout d'un coup, quelque chose de plus neutre, plus distant, un petit message pour souhaiter bonne journée. Mais en fait, je trouve que ça fait pitié, quoi. Enfin, pas très intéressant. Et puis, je finis par lui dire, écoute, est-ce qu'on se revoit ou pas ? Parce que moi, je ne suis pas là pour entorténer les gens et leur tenir compagnie dans leur trajet de transport, en fait. Ou on discute, on se voit. Et on voit ce qui se passe, ou on ne poursuit pas à la limite. Et je discute un petit peu avec lui. Et ce que je commence à comprendre, c'est qu'en fait, il est perturbé. Il se pose beaucoup de questions. C'est que ce fameux esprit que je trouvais posé, le gars qui va chez un psy, qui a un bon sens de la réflexion... En fait, c'est aussi quelqu'un qui se pose beaucoup de questions, qui n'est pas vraiment dans la spontanéité et l'instant. Et puis tout d'un coup s'enchaîne un moment, un soir où moi, je mets un peu les pieds dans le plat lors d'une discussion et je lui dis écoute, je constate quand même que l'énergie a drôlement changé entre nous, qu'il n'y a plus du tout la même énergie. Qu'est-ce qui se passe ? Et il me dit oui, c'est vrai. Il s'avère que je me pose beaucoup de questions. Tu es maman. Moi, je n'ai pas d'enfant. Ça change de rythme, tu as un podcast, tu travailles, ça me fait me questionner sur nos différences. Et je lui dis non mais je t'en supplie, tout était écrit dans ma fiche quoi, il n'y a rien de nouveau. Le podcast tu l'as écouté, tu m'as rencontré, oui je suis maman, c'était décrit dès le début, oui j'habite à Paris. Enfin rien n'a changé depuis le démarrage. Mais dans cette espèce de pseudo remise en question, questionnement de merde là, Je capte qu'en fait, il se joue autre chose. Je capte qu'en fait, il a un problème avec mon histoire de réseaux sociaux. Avec le fait que j'apparais sur les réseaux sociaux, je parle des hommes, je raconte mes histoires. Et il me dit, le problème, ce n'est pas tellement le podcast, mais c'est ces réseaux-là, en fait. J'ai l'impression que tu me parles à moi ou que tu m'envoies des messages cachés. Alors là, je lui dis, mais pas du tout, je t'arrête tout de suite. En fait, la communication que je fais sur mon podcast via les réseaux sociaux, quand bien même ce sont des choses authentiques, n'ont pas de rapport avec ce que je vis dans le présent. D'ailleurs, il y a toujours une grande temporalité entre les histoires que je raconte dans le podcast et le moment où je les ai vécues. C'est ce qui me permet de les raconter dans le calme, avec du recul, de faire le point dessus et pas d'être dans le vif. Je dis mais il n'y a aucun rapport. Et quand bien même je fais des petites blagues, j'écris des petits mots sur Instagram, ça n'a pas de rapport avec la vraie vie. Ce sont des points de vue sur le dating, des constats sur les hommes. ou même du sarcasme concernant des expériences que j'ai vécues. Mais il n'y a aucun rapport avec toi. Et là, je vois que dans sa tête, tout se mélange en fait. S'ensuit une série d'échanges vocaux qui me saoulent d'une force. Je lui dis, mais enfin, c'est bizarre cette manière de toujours se comparer, de faire l'amalgame des choses en fait. Je lui dis, j'ai l'impression qu'il y a un gros amalgame entre tu m'as rencontré, tu as par ailleurs mon Instagram personnel. qui est bien différent du reste, même si je suis la même personne. Parce qu'attention, dans tous les cas, c'est la même personne, le même caractère, la même manière de parler. Je ne me transforme pas d'un compte à l'autre, évidemment. Mais il y a une facette de moi qui n'apparaît pas dans Romance, qui est ma facette très privée. Et donc, je lui dis, mais enfin, tu es en train de tout mélanger. Ce que je peux dire sur un post Insta, ce que je raconte dans un podcast d'une histoire d'il y a... Un an n'a pas de rapport avec ce que je vis dans le présent. Enfin, ce sont d'autres temporalités, quoi. Et il me dit, oui, tu as peut-être raison, mais ça me fait réfléchir. Et en fait, je ne sais pas si j'aime ça. Je ne sais pas si j'aime ce que tu es dans les réseaux sociaux. Et d'ailleurs, pour illustrer ça et cette pensée, j'ai capturé ce dernier vocal que je trouve génial. C'est en fait le dernier vocal qu'il m'a envoyé, puisque pendant une semaine, il ne m'a plus donné de nouvelles. Toujours pareil, on adore la lâcheté. Je vous laisse avec ça. Bonjour Laurence, j'espère que tu vas bien. Désolée, je te réponds très tardivement. Ça fait quasiment une semaine que tu m'as écrit et je ne t'ai pas répondu. Je m'en excuse. J'ai été absorbée par d'autres situations personnelles et familiales, un peu compliquées. Mais là n'est pas la question. J'aurais dû te répondre plus rapidement et je m'en excuse encore une fois. Tu as tout à fait raison. J'ai très certainement fait un amalgame entre le podcast et les publications sur Instagram. En fait, peut-être pas tant que ça avec le podcast lui-même, mais plutôt avec certains posts sur ton Insta qui parfois font « je sais pas comment réagir en fait » . Pour être tout à fait honnête avec toi, j'ai manifestement du mal à prendre parfois le second, voire le troisième ou le énième degré, surtout le sarcasme. C'est quelque chose qui ne me met pas à l'aise parce que je ne sais pas comment y répondre. Et peut-être que parfois, le côté un peu dynamique, un peu pushy, que j'aime pourtant, peut aussi me bloquer, malgré moi. De là à dire « c'est pas toi, c'est moi » , « c'est pas vraiment le sujet » , bien sûr que c'est moi le problème. C'est moi qui bloque, c'est moi qui interprète les choses comme ça. Mais ce que je veux dire par là, c'est que j'arrive pas à faire la dissociation. En tout cas, j'ai pas réussi à la faire à ce moment-là, ça m'a bloquée, ça m'a cabrée, je sais pas pourquoi. J'y ai réfléchi depuis plus d'une semaine, et encore davantage ces derniers jours, et j'arrive pas à comprendre la raison de ce blocage. Parce que tu es super cool, super marrante, super intelligente. J'adore discuter avec toi, on parle de tout. J'ai rarement parlé de choses aussi profondes, aussi rapidement avec quelqu'un, avec une vraie alchimie. Donc tout ça pour dire que tu as absolument raison. Finalement, je suis comme tous ces autres mecs. Je ne suis pas mieux, mais bon, je n'avais pas la prétention de le penser. Un pas en avant, deux pas en arrière, des hésitations. Cette incapacité à prendre les choses pour ce qu'elles sont et à profiter des bons moments du départ. Quand tu me dis que tu as supprimé l'application de rencontre parce que tu en avais marre, je te crois. Mais tu vois, moi, braquée comme j'étais, avec mon esprit un peu... Je crois qu'au fond de moi, je l'ai pris personnellement. Pourquoi ? J'en sais rien. Peut-être parce qu'il y avait une part d'attachement, il y a une part d'attachement envers toi. Parce que comme je t'ai dit, ça a bien connecté. J'ai pris personnellement, mais d'une façon complètement ridicule. C'est sûrement un problème d'ego de ma part. Comme quoi, même quand on travaille sur soi, on reste un petit garçon. Avec des insécurités d'un petit garçon. La peur du rejet, le besoin qu'on nous regarde. Enfin bref, je suis un peu ridicule. C'est franchement ridicule. En tout cas, j'espère quand même que tu vas bien. Avant de vous laisser, je vais conclure chaque épisode par une lettre. Une lettre fictive adressée au protagoniste de cette moderne dating story. Un endroit pour dire ce que je n'ai pas su dire sur le moment, et ce que cette histoire m'a appris. Au début, je t'ai trouvé différent, plus posé, plus construit, plus réfléchi aussi. Je crois que ça m'a rassurée. Je me suis dit que j'avais peut-être rencontré quelqu'un qui savait davantage où il en était, qui avait pris le temps de réfléchir à ses relations, à ses envies, à la personne qu'il était. Mais avec le recul, je crois que toute cette réflexion cachait aussi autre chose. Une difficulté à simplement vivre les choses, à être dans l'instant présent, sans tout questionner, sans tout analyser, tout ramener à ce que ça pourrait vouloir dire. Et puis, il y avait romance. Je ne m'étais pas encore rendu compte à quel point ce podcast allait désormais s'inviter dans mes rencontres. Parce que tu n'as pas seulement rencontré Laurence, tu as rencontré Laurence et son podcast, Laurence et ses histoires, Laurence et ses réseaux sociaux, Laurence et tous ces hommes dont je parle, dont je raconte parfois les comportements, dont je peux dire aussi, soyons clairs, que ce sont des toccards. Et quelque part, tu t'es mis à te chercher là-dedans, à te comparer, à te demander si, quand je parlais des hommes, je parlais aussi de... de toi, comme si romance, c'était un tribunal dans lequel tu pouvais potentiellement finir sur le banc des accusés. Je crois que ça t'a complètement déstabilisé. C'est avec toi que j'ai compris quelque chose qui allait beaucoup changer ma manière de dater. Créer romance allait rendre les rencontres plus compliquées, parce que désormais, il ne me suffirait plus de rencontrer un homme qui me plaît. Il faudrait aussi rencontrer quelqu'un d'assez solide pour ne pas se sentir menacé par ce que je fais. Quelqu'un qui n'ait pas besoin de se... comparer aux hommes que j'ai connus avant lui. Quelqu'un qui comprenne que raconter mes expériences ne signifie pas que je suis en train de juger la sienne pendant qu'elle se déroule. Quelqu'un qui n'est, finalement, rien n'a prouvé. Et peut-être que c'est ça que tu m'as appris. On peut avoir l'air très construit et être pourtant terriblement encombré par le regard qu'on imagine que l'autre porte sur nous. Je ne sais pas encore à quel point romance compliquera ma vie amoureuse, mais je sais désormais que je ne pourrai pas pas construire une histoire en m'excusant de raconter les miennes. Et puis bon, au moins, grâce à toi, je vais aller voir Céline Dion, pas vrai ? Avant de partir, pense à laisser un commentaire sous l'épisode sur Spotify et à laisser un commentaire sous l'émission sur Apple Podcast. C'est nécessaire pour faire vivre le podcast. Merci ! Où est mon homme ?