Speaker #0En deux ans et demi, j'ai fait 51 dates et à l'ère du modern dating, je vais tous vous les raconter. Bienvenue dans Romance, un podcast où je vous raconte les histoires de rencontres avec les mecs d'aujourd'hui Des histoires parfois drôles, parfois folles, parfois fucked up, mais toujours résolument humaines Je suis Laurence et vous écoutez Romance Avant de commencer, si vous avez envie d'un peu plus de romance, j'ai ouvert le Club Romance. Des histoires inédites, mes vocaux, mes réflexions sur le dating et ce que je ne vous raconte pas ici. C'est sur Substack et le lien est dans la description. Abonne-toi ! Cette histoire est toute particulière parce que c'est la toute première rencontre que j'ai faite après m'être séparée du père de ma fille. Je venais de prendre mon appartement, j'ai pris le temps de m'installer, j'ai rallumé les applications j'ai créé un compte sur Inge que je découvrais à l'époque c'était mon tout premier compte sur les applications de rencontres je crée mon profil et j'ai eu quelques discussions par-ci par-là mais avec ce garçon-là j'ai un rendez-vous c'est marrant parce que sur ces photos il y a un truc qui me captive c'est son regard, il a l'air d'avoir les yeux transparents et il a l'air Massif, costaud. Il y a un truc qui se dégage d'assez rassurant dans son gars. Je me rappelle, il y a une de ses photos de profil où il est en tenue de karaté un peu ouverte, un peu négligée comme ça. Et je trouve qu'il y a quelque chose qui se passe à travers la photo. En fait, il a un visage extrêmement beau. On discute, on a un bon feeling ensemble et on se donne rendez-vous. En fait, on se rend compte qu'on travaille dans le même quartier. Après 11 ans de mariage, c'est mon tout premier rencard. Je suis excitée, je ne sais pas comment m'habiller. Je me rends compte qu'il y a beaucoup de choses qui se jouent à ce moment-là. Surtout, je n'ai pas envie d'être déçue. Et on se donne du coup rendez-vous pour déjeuner. Déjà, avec le recul, je me rappellerais qu'on ne déjeune pas. où on ne dîne pas au premier rencard. Les filles, je le répète. Mais bon, c'était mon tout premier rendez-vous. On a rendez-vous, près de nos boulots respectifs, pour déjeuner, je ne sais pas pourquoi, on se propose ça, on a confiance tous les deux. Il fait très beau ce jour-là, moi je me rappelle être en jupe, en nu-pied, avec un petit t-shirt, et lui, je le vois arriver au loin. Je me rappelle qu'il était grand sur son profil, mais là je le vois arriver. Et en effet, il fait 1m95, c'est un géant par rapport à moi, qui ne suis pas très grande. Et je le vois au loin et je me dis « Ah génial ! » Je me rappelle comme si c'était hier. Je le revois avec son t-shirt noir, son jean, ses Air Force et surtout ce regard transparent. Et je me dis, ah, putain, génial. Et déjà, je me sens bien. On s'assoit tous les deux pour déjeuner. Je n'ai aucun souvenir de ce qu'on se dit. Ce dont je suis sûre, c'est qu'il y a une forme de simplicité. Parle simplement, dans le bon sens du terme. Une forme de simplicité, qui ne se prend pas la tête, très simple, authentique. Le bon mot, c'est authentique. Je me rappelle juste que c'était assez cool et assez doux aussi. qu'il y a une forme de douceur qui se dégage de ce moment-là. Et ce qu'on se dit, surtout tous les deux, à un moment de se quitter, c'est qu'on a envie de se revoir. Et puis il y a des petits échanges qui se font dans l'après-midi. Ce dont je me rappelle, je ne sais pas si c'est parce que c'était la toute première fois que je rencontrais quelqu'un, mais c'est que cette taille, le fait qu'il soit grand comme ça, ça m'avait fait quelque chose. Et je me rappelle... Rappelle être dans un état d'excitation toute l'après-midi parce que ce... Ce grand mec avec des grands bras, enveloppant comme ça, même s'il ne m'avait pas touché, c'était rien passé, juste quand on s'était... Ah ! J'arrive pas à le dire, bordel. Juste quand on s'était quitté pour se faire la bise, je me rappelle de ce grand corps. Ça avait fait quelque chose, j'étais dans un état, mais alors un état toute l'après-midi, quoi. C'était ouf ! Et puis il y a des petits échanges qui se font dans l'après-midi. Et en fait il me dit mais moi j'ai déjà envie de te revoir en fait. Et je vois pas pourquoi j'attendrai parce qu'on est dispo tous les deux ce soir et c'est pas parce qu'on a déjeuné ce midi qu'on peut pas se revoir ce soir. Et donc on prévoit de se faire un apéro le soir après le boulot. Et toute l'après-midi je pense qu'à ça. Et donc on se revoit le soir. Et la deuxième impression quand je le vois physiquement, bah c'est la même. Il a ce regard transparent toujours et ça me fait quelque chose. Après, je pense qu'en réalité, avec le recul, il y a aussi cette adrénaline de passer mon premier rencard depuis 3000 ans. Donc évidemment, je pense que ça a un peu décuplé les sensations. Mais quand même, je suis hyper contente. La soirée est cool. C'est assez flou dans ma tête, cette partie-là, pour être sincère. Ce dont je me rappelle... On rentre tous les deux, on va pour prendre le métro ensemble, et je lui dis « Ah, mais moi j'ai pas trop envie de te quitter en fait. » Assez naturellement, je lui dis ça, et lui il hésite parce qu'il se rend compte qu'il habite loin, que ça va être compliqué pour rentrer, il est dans un tunnel, je pense qu'il habite en banlieue lointaine, et je pense qu'il est un peu perturbé en se disant « Ah mince, ah cool, qu'est-ce que je fais ? » Il sait plus trop quoi faire, et donc du coup il me dit « Bah, je rentre avec toi. » Donc voilà, on rentre tous les deux. Pareil, je n'ai aucun souvenir de... Je ne me rappelle pas. Ça fait trop longtemps. Mais c'était sympa. Lui, je le trouve toujours aussi charmant. Et surtout, je reconnais qu'il y a un truc avec cette taille. Cette taille de géant, là. Que je trouve, je ne sais pas, enveloppante, rassurante. C'est très agréable, en fait. Je rappelle, c'est donc... L'année de ma séparation, moi ça fait un mois à peine, je crois, trois semaines que je vis toute seule. Et donc on se revoit et j'ai des déplacements, j'ai pas mal de boulot. Et surtout je prépare mes vacances d'été où derrière l'un et l'autre, on va chacun rentrer dans ce fameux rythme de vacances d'été avec nos enfants, sans nos enfants, etc. Et je me rappelle commencer à avoir des petits signaux en fait. des petits trucs où je me dis, bon, j'ai souvenir d'une soirée à la pizzeria tous les deux, où on discute et où je trouve que c'est un peu plat. En fait, ça manque un peu de fun pour moi, ce que je ressens à ce moment-là. Je ne sais pas si c'est la teneur de nos échanges, la discussion. On a aussi une manière très différente de vivre, lui et moi, je me rends compte assez rapidement. Et je me dis... Ok, bon, on verra. Je le trouve toujours cool, toujours chouette, mais je reconnais que je sens que je ne suis pas exaltée. Je sens que l'excitation du début redescend assez rapidement en fait. On n'a pas beaucoup de temps pour se voir tous les deux, entre mes déplacements boulot et les vacances. C'est lui qui part en vacances le premier avec ses enfants. Et puis ensuite, c'est mon tour de partir. Et j'ai souvenir... d'échange où je me disais mais ça me transcende pas en fait. Je me revois en vacances recevoir des petits messages de lui et me dire « Ah non mais au secours ! » J'ai l'impression que ça manquait un petit peu de profondeur. Et puis on se revoit à mon retour et là je me rends compte qu'en fait le truc est passé. Je pense qu'au-delà de sa douceur, sa gentillesse et une fois de plus, la seule chose, je n'ai pas... pas de souvenir précis des moments qu'on a tous les deux. Et ce que je me rappelle à ce moment-là, c'est de me dire que j'ai eu de la chance de tomber sur ce garçon après 11 ans d'histoire, parce qu'il est parfait en fait. Il se comporte de la meilleure manière, il est doux, il est respectueux. Et en fait, il fait tout ce qu'il faut de la bonne manière. Donc en fait, je suis en réalité très chanceuse d'être tombée sur lui. La réalité, c'est que si je réfléchis un peu, je me dis, est-ce que c'est parce que... Je me suis suremballée en le voyant, c'est un très beau garçon. C'était mon premier rencard, j'ai eu trop de chances de tomber sur lui, sur mon premier rencard d'application de rencontre. J'ai eu trop de chances, donc j'étais hyper contente et du coup, je n'ai pas vraiment prêté attention aux détails. Et c'était mon premier rendez-vous, donc la réalité c'est que je n'étais pas très aguerrie et que je n'étais pas habituée à repérer, comprendre, écouter les signaux. Je me suis juste laissée porter, je pense que c'était très bien. Mais finalement, je lui fais un petit message en lui disant « Écoute, je sens que ça ne le fait pas, que je ne vais pas poursuivre. » Et puis, on a quelques échanges. Je pense qu'il est déçu, il me le dit. Il regrette, il a l'impression que je n'ai pas assez donné d'énergie dans cette rencontre. Je pense que ça lui fait un petit peu de peine, ça le chagrine. Il me le dit. Et puis voilà, l'histoire s'arrête là. Et la vie continue. Ma vie continue, la sienne aussi d'ailleurs. Sur les apps, avec mes rencontres, toutes aussi pétées les unes que les autres, j'ai envie de dire. Ça continue. Vous avez écouté les épisodes, donc... Donc voilà, il y a des rencontres pas très intéressantes, et puis il y a la rencontre... de celui qui est interdit à la Banque de France, qui va durer quelques mois, donc qui va prendre un peu de temps. Et puis, le jour de l'Anse passe, les fêtes passent. Et puis, par hasard, sur une autre application que celle sur laquelle on s'était rencontrés, je recroise son profil. Et là, je le revois et je me dis, ah mais attends, mais qu'est-ce qui était beau ! Je me redis ça et je me revois raconter cette histoire à un dîner avec des potes et leur dire, quand même, je suis retombée sur lui, mais quand même, c'est vrai, qu'est-ce qu'il était beau. Et je remontre la photo à mes potes et me disent, mais t'es con ou quoi ? Bien sûr, elle est magnifique, mais pourquoi t'en es arrivé ? Est-ce que ça s'arrête ? Et moi-même, je ne sais plus vraiment pourquoi. À ce moment-là, j'ai eu tellement de déboires, je fais tellement de rencontres toutes pétées que j'ai un peu oublié la raison pour laquelle... On s'était déconnecté, je me dis que c'était pas le bon moment, c'était la première personne, je pense que peut-être que j'étais ce fameux pas prête, même si moi je ne l'ai jamais exprimé comme ça, mais voilà, j'ai tout simplement dit, ben voilà, j'ai pas ce truc, j'ai pas le coup de cœur. J'ai un peu oublié pourquoi, et quand je le revois en image, je me dis, ah non, mais c'est vrai qu'il était magnifique quand même ce géant-là. Et puis je lui fais un message en me disant, ah la vache, j'avais oublié comme t'étais beau. Je lui écris un message comme ça, et la conversation reprend, tout doucement, assez marrante, naturellement, sans prise de tête, on échange un peu. Et puis à un moment, on convient d'aller boire un verre tous les deux, toujours pas, nous travaillons toujours dans le même quartier. Et donc on va boire un verre après le boulot. Je me rappelle être super enrhumée ce soir-là. Je suis un peu en train de sombrer. Mais je me revois, on va en terrasse, à la même terrasse où on s'était vu il y a 6 mois, même plus, 8, 9... 10 mois. On boit des coups, on se raconte nos vies. Et je me rappelle, je suis hilare parce qu'il me raconte des histoires de dating qu'il a eues aussi, des rendez-vous, des histoires avec ses collègues. Enfin, on se raconte plein d'histoires et puis ça me fait marrer en fait. Ça me fait marrer et puis lui, il me raconte aussi tout ce qui s'est passé dans ces petites histoires de cœur. Et il est toujours célibataire. Et puis, un moment, je suis quand même claquée. Je pense que j'ai les yeux vitreux et la gouttonnée. On ne peut plus me voir comme ça. Il me dit, on va y aller là. Je pense que je vois que tu es en train de sombrer et tout. Et cette soirée, elle était super sympa. Et pareil, je n'ai pas envie de le quitter au moment de le quitter. Je me laisse porter. En fait, il a quelque chose, ce garçon, que je n'ai pas bien décrit. C'est qu'il est extrêmement bienveillant. Mais il le transmet. Et en fait, je pense qu'il est extrêmement rassurant. Et il me renvoie ça. Et je pense que moi, dans mon chaos de toutes ces applis de rencontres, des dates, des enfers et des déceptions, je pense qu'il est une espèce de truc rassurant. Ça me crée ça. Et que du coup, c'est comme si j'étais hypnotisée à chaque fois. Je pense que ça me refait cet effet-là. Et donc... Donc pareil, même schéma, on marche, on va jusqu'au métro, à côté de notre boulot, on descend dans la bouche de métro et je le regarde et il me dit en fait, on va chacun rentrer chez soi, ça va être très bien. Il me dit, on ne va pas refaire comme la dernière fois, parce que moi déjà, la dernière fois, quand c'est fini, ça ne m'a pas fait plaisir en fait. Donc tout le monde va rentrer chez soi, tout le monde va réfléchir à ce qu'il veut, et on se dit que si on se revoit, c'est pour la bonne raison. Il me met un coup de presse, mais en même temps, il a raison. Je pense que c'est hyper mature de sa part, et qu'il a hyper raison. Sauf que ça a un autre effet sur moi. Je rigole parce que je me fais pitié en le racontant. Ça a un autre effet sur moi, c'est qu'en fait, ça crée une espèce de frustration, attente, excitation, cristallisation, perfection. En fait, toujours pareil, ça crée ce truc. Et on décide de rester en contact ensemble, de discuter et de voir ce qui se passe. Et pareil, garde d'enfants, vacances scolaires, moi je pars en déplacement. Et en gros, on a un long moment sans pouvoir se voir. Et on décide de rester en contact. Et de discussion en discussion, d'échange en échange, on finit par se dire que le jour où je rentre de mon rendez-vous, de mon déplacement à l'étranger, je rejoins chez lui. Parce qu'il habite à côté de l'aéroport. C'est vous dire s'il habite loin. Donc voilà, et c'est ce que je fais en fait. Je suis en déplacement, je finis mon déplacement, je rentre tard, je m'en rappelle qu'il fait nuit, il est peut-être pas si tard mais on est en hiver, je le rejoins chez lui et du coup je découvre son appart en même temps. Quand même ce qu'il faut se dire c'est que quand j'arrive je suis over excited, ça fait x jours semaines je crois qu'on est en discussion, qu'on est dans l'attente, qu'on a remis à plat ce qu'on voulait. que du coup, ça a créé une espèce de... Ça a fait monter la sauce comme pas possible. Donc, je suis hyper contente d'arriver chez lui, hyper contente de le voir. Il ne se passe rien quand j'arrive. Je crois qu'on se dit... On ne se fait même pas un hug, un câlin. Je pense qu'on sait qu'à un moment, il va se passer un truc, mais on se retrouve un peu... Hop, je pose ma valise, je fais un tour sur moi-même. Donc, je ne fais pas hyper gaffe à l'environnement dans lequel je suis. Et juste, je suis tellement contente d'être là, que voilà, on se pose, je bois un coup, on papote un petit peu, et puis on finit par se rapprocher. Et quand même, je fais un 360 autour de moi, et je regarde et je me rappelle m'être dit, mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Mais qu'est-ce que c'est que cette accumulation de trucs partout ? Et il me fait visiter son appart qui est quand même assez grand. Il n'y a pas un endroit où ce n'est pas accumulé de bordel et de merdier. Il monte la chambre de ses garçons, je me dis mais qu'est-ce que c'est que cet enfer ? Il montre, je ne sais pas, même ses toilettes, il y a plein de trucs dedans, sa salle de bain, tout est accumulé. Sa chambre c'est pareil, il y a encore des vieux cartons accumulés. Je lui dis mais ça fait combien de temps que tu es là pour avoir encore des cartons de déménagement ? Le gars n'a jamais fini de déballer ses cartons. Sa cuisine, pareil, il y a des trucs accumulés, des boissons, des machins, un cafarnaum quoi. Et là je me dis mais qu'est-ce que c'est que ça ? En fait, je pense que je le vois, je le pense et je n'enregistre pas l'info. Toujours pareil, je suis dans mon moment, j'ai envie de kiffer, je n'ai pas envie de me laisser polluer. Mais je le ressens quand même et je me dis mais qu'est-ce que c'est que ce délire ? Et puis surtout c'est... tellement loin de moi c'est à dire que j'avais perçu qu'on vivait pas pareil qu'on avait un rythme de vie une vie un peu différente mais même là visuellement ça se ressent quoi en fait il n'y a rien ni de près ni de loin qui ressemble à quelque chose que je pourrais aimer dans un intérieur mais même de très très loin rien dans le brouillard y'a pas Il y a le mobilier, le choix, les images, le merdier. En fait, il n'y a même pas de décoration. C'est fonctionnel et en bordel d'une puissance. Et là, je me dis que c'est fou parce que ce garçon, sur lui-même, il est très soigné. Il n'y a pas de sujet, il n'y a aucun sujet. Mais alors, il est dans un merdier. Et bon, je n'y fais pas trop gaffe. jusqu'au moment quand même où je me retrouve dans sa salle de bain et là je me dis waouh c'est chaud je sais pas où poser mes affaires gros bordel quoi le problème des intérieurs en bordel c'est que c'est souvent pas clean ça va avec parce qu'en fait comme il y a mille trucs à accumuler c'est compliqué de nettoyer, de ranger donc en fait je suis là Même pour poser mes affaires, du coup, je nettoie un peu le plan de travail. Je fais un petit clean. Et là, je me dis, c'est chaud quand même. Mais bon, je suis contente de le retrouver. Je passe outre. Le moment est agréable. On repart ensemble au taf le lendemain. Malgré tout, ce qu'on peut quand même se dire de cette histoire, c'est qu'elle est à l'image de ce garçon. C'est-à-dire qu'elle est calme et rassurante. Mais elle est un peu ennuyante aussi. Je ne vais pas me mentir, je pense que même moi, je suis boring. En fait, je pense que je veux tellement me raccrocher au fait que je sais que ce garçon est gentil, rassurant, sympa. Je pense que dans un moment, je suis en overdose des mecs éclatés au sol. Que du coup, je mets tout en place pour installer le petit truc dans une petite histoire. Je suis là, mais... C'est chiant, je nous revois être tous les deux dans le chaos des transports en commun pour aller chez lui à l'autre bout du monde et qu'on se dise pas grand chose en fait, qu'on se parle pas, que ce soit mignon mais... Et avec le recul je me dis mais que c'était soporifique en fait. Je le revois pareil chez moi une soirée où on regarde une série et genre je m'endors devant. Ça peut arriver à tout le monde de s'endormir devant une série. Mais vraiment ça sent la chienlit dès le départ quoi. Et moi, je suis là, je suis contente, j'y fais pas attention. C'est pas palpitant, quoi. Mais sur aucun plan, en fait. Sur ce qu'on fait, sur la manière dont on se voit, il n'y a rien qui est foufou. Et je pense que je le vois, je le sais, je le ressens. Mais je fais genre. Je fais genre que c'est pas grave. Et puis, on se rend compte que quand même, on n'a pas vraiment beaucoup de jours qui correspondent les uns avec les autres pour se voir. On a un mardi par semaine, je crois. Et encore, c'est le jour où lui, il fait du basket. Ça veut dire que potentiellement, le jour où on se voit, on se voit mais à partir de 22h. Et peut-être qu'on a... un autre jour, une fois toutes les deux semaines. Nos emplois du temps sont tout pétés. Il n'y a rien qui correspond. Il n'y a pas de manière pour se voir qu'il aille bien. Donc on convient d'un truc. On convient de se dire que le mardi où il a basket, je vais chez lui. Après le boulot, comme ça, on y va ensemble, à l'autre bout du monde, à côté de l'aéroport, je le rappelle. Je reste avec lui, je bosse, je fais mes trucs chez lui, en attendant qu'il fasse son entraînement. Et quand il revient... je suis là, je le retrouve. Donc on fait ça une fois et c'est très sympa. Et je me rappelle d'une deuxième fois où moi en fait, je me dis non, ça n'a pas marché notre truc, il faut qu'on décale les agendas. Ce qu'on s'est dit, c'était que si on ressortait ensemble, on essayait de faire un truc en fait. On y mettait de l'énergie. Du coup, dans cette optique-là, je me dis non, il faut au moins que je décale mes jours pour qu'on puisse passer du temps ensemble. Et je me revois chez lui, être assise dans son canapé ce soir-là. Et essayer de mettre un peu à jour l'agenda, de m'en occuper. Et puis aussi de me dire, je vais lui faire à bouffer, je vais faire un truc à grignoter pour que quand il rentre du basket, au moins on dîne ensemble, c'est un peu sympa. Et là, je me retrouve dans sa cuisine, qui est dans un état, mon gars. Et en fait, à un moment, je voulais faire des œufs, mais même pour faire des œufs, prendre une casserole, il fallait que je nettoie le plantera. Et en fait, je ne pouvais pas. Je cherche un truc dans son frigo, je jette 4000 trucs périmés en fait. Je me suis dit bon, il ne m'en voudra pas. Le gorgonzela qui date d'il y a 4 mois, à un moment on va peut-être le jeter avant qu'il y ait des animaux qui naissent quoi. En fait c'est un bordel. Je le fais de bon cœur, donc je clean un peu mais pour pouvoir cuisiner en fait. Pas plus que ça mais je mets la table, je clean, je fais des oeufs, je ne sais plus ce que je fais. Je ne me remets plus ce que je fais à manger, une petite salade, un truc comme ça. Et en fait, il rentre, et le premier truc qu'il me dit, c'est « Wow, c'est bon Marie Kondo, là ! » Je lui dis « Non mais en fait, il n'y a pas question de Marie Kondo, mais... » Je lui dis « Pour pouvoir faire à manger, j'ai dû faire de l'espace, nettoyer la poêle, attraper un truc dans le frigo et poser les choses sur quelque chose de propre, en fait. C'est ma façon de vivre. » Et en fait, il est content, mais en même temps... Je me demande si ça l'a pas fait un peu chier. Parce que je peux le comprendre. De même que, comme j'avais le temps, parce qu'il rentrait genre du basket à 22h, pour poser mes affaires dans la salle de bain, je pense que pareil, j'avais dû essuyer le tour du plan de travail et tout. J'avais cliné pour pouvoir poser mes affaires. Et en fait, je ne m'en rends pas compte tout de suite, mais je pense que ça ne le plaît pas à des masses, en fait, que j'ai cliné pour préparer à bouffer. Et puis pareil, il adore les macarons à la pistache. Et du coup, je lui ai acheté un macaron à la pistache. Et je lui ai déposé pour son dessert. Je vois qu'il est gêné, en fait. En fait, ce que moi, je prends pour un truc normal, c'est-à-dire que tu fais à bouffer, tu cleans l'espace, et tu as une attention pour la personne avec qui tu sors. En fait, je pense que lui, ça ne lui plaît pas. Ça lui fait un effet chelou. Et je pense surtout qu'il le prend... Un niveau qui n'est pas. C'est-à-dire que ça ne signifie pas que je suis amoureuse de lui éperdument parce que j'ai eu cette petite attention. C'est juste que c'est ma façon de faire. Et je pense que pour lui, c'est trop. Il se sent un peu débordé. Je ne me rends pas compte tout de suite, mais je vois que la soirée, elle est un peu bizarre. On se couche, on est au lit et il est un peu... spé. À un moment, je viens un petit peu vers lui et puis je vois qu'il n'est pas dedans. Et puis, on a une discussion tous les deux où il me confie que, quand il s'est séparé de la mère de ses enfants, au moment où moi je l'ai connu l'été précédent, en fait, il était sous antidépresseur. Parce que moi, en effet, il était super joyeux, il était de bonne humeur. Et que là, il est dans la phase, au moment où je le retrouve, X mois plus tard, l'hiver qui suit, il est dans la phase où il arrête. ces antidépresseurs. Et donc, pour plein de raisons, quand on arrête les antidépresseurs, déjà, c'est une période un peu difficile, ça se fait par étapes, et aussi, ça agit pas mal sur la libido, sur la sexualité de manière générale. Donc en fait, on a cette discussion-là, et moi ça me fout un peu un coup, je me dis « waouh, on est dans un truc un petit peu compliqué » , et je ressens en effet que c'est un peu bizarre l'ambiance. Évidemment, je suis compréhensive, je comprends la situation, j'aurais aimé être au courant avant, je pense, mais bon, c'est comme ça, et je me dis « ah ok, très bien » . On en parle un peu, je lui dis « bah écoute, c'est pas un sujet, comment tu vas ? » Il me dit « non, ça va, bon, c'est pas si simple, mais ça va » . Voilà, on s'endort avec cette info. Ce matin-là, on se quitte. Je quitte l'appartement de l'accumulation, j'ai envie de dire. L'appartement du bordel. Et puis je rentre chez moi, le week-end se passe. Et dans le week-end, je crois qu'on s'échange quelques messages, mais je sens un peu distant. Un peu froid, un peu distant. Et puis je finis par recevoir un message. Vous connaissez ce message ? Le fameux SMS très long qui commence par ton prénom. Salut Laurence ! Alors que la personne ne t'appelle jamais comme ça. Et évidemment il m'envoie un long message où il me dit que il pense que lui et moi on n'est pas au même niveau, qu'il n'a pas de sentiments, qu'il ne ressent rien, et que voilà quoi, qu'il n'a pas envie de poursuivre. Je lui dis ben... Je pense que tu fais erreur déjà sur le niveau où j'en suis. C'est juste le début et je mets de l'énergie positive pour que les choses se passent bien. Après, ça me surprend, mais ça ne m'attriste pas plus que ça. Parce que je n'ai pas encore de sentiments amoureux, c'est juste que c'était sympa. Et du coup, je reçois ce message de rupture, ce SMS, qui n'est pas foufou. Et cette histoire s'arrête comme ça, par message. Avant de vous laisser, je vais conclure chaque épisode par une lettre. Une lettre fictive adressée au protagoniste de cette moderne dating story. Encore aujourd'hui, j'ai du mal à savoir si c'est ton physique singulier et ses yeux presque transparents qui m'ont empêché d'y voir clair, ou si j'étais simplement tellement surexcitée de te remettre un pied dans le dating après 11 ans de mariage. que mon inexpérience me fait manquer un peu de clairvoyance. Tu étais mon premier date, le tout premier homme que j'allais rencontrer dans cette nouvelle vie dont je ne connaissais encore absolument pas les règles. Alors forcément, J'ai peut-être regardé cette rencontre avec des yeux un peu différents, avec beaucoup de curiosité, d'envie, et probablement encore pas tous les radars que j'ai développés depuis. Et finalement, chacun de notre tour, moi et toi, et peut-être pour des raisons complètement différentes, on a bien compris qu'il y avait un truc qui clochait. Avec le recul, je crois surtout que tu m'as appris quelque chose de très simple sur moi. Je n'ai pas envie de vivre dans le bordel. Et les poils de cul sur le rebord du lavabo. Définitivement, c'est pas mon truc. Il paraît que ce goût de l'esthétique, de l'harmonie, du beau, c'est très balance. Peut-être. Je suis balance d'ailleurs. Moi, je sais juste que j'ai besoin de ça. J'ai pas besoin d'un truc parfait, d'un appartement parfait. J'ai pas besoin d'un mec qui range ses chaussettes par couleur et qui possède les mêmes coussins que moi. Mais j'ai besoin de me sentir bien dans l'univers de l'autre, d'y reconnaître un peu de moi, et aussi surtout... De sentir qu'on partage une certaine manière de prendre soin des choses, de son intérieur et du coup de soi aussi. Parce que finalement, entrer chez quelqu'un, c'est un peu découvrir une partie de lui. Et chez toi, ce qui est sûr, c'est que j'ai découvert que l'attirance ne suffisait pas à me donner envie de rester ou envie d'aller plus loin. Alors merci quand même, parce que tu étais le premier, et un gentil premier, un respectueux. Le premier date après 11 ans de mariage. Le premier pas dans cette nouvelle vie, la première histoire que j'aurais pu raconter, et je ne le savais pas encore, mais des histoires après toi. Il y allait en avoir beaucoup d'autres. Avant de partir, pense à laisser un commentaire sous l'épisode sur Spotify et à laisser un commentaire sous l'émission sur Apple Podcasts, c'est nécessaire.