- Speaker #0
Bienvenue dans Safe Club, un lieu de confidence entre femmes pour déposer ce qu'on ne dit pas ailleurs. Alors, installe-toi bien confortablement, je te laisse avec l'épisode du jour.
- Speaker #1
Bienvenue dans votre rendez-vous entre girls et en toute intimité. Aujourd'hui,
- Speaker #0
je ne suis pas seule, je suis accompagnée de Loran. Bonjour Loran !
- Speaker #1
Hello ! Merci de m'avoir invitée.
- Speaker #0
Mais avec grand plaisir, Lorane, je t'ai découverte il y a quelques mois sur Instagram, sur ton compte Instagram, que je vais essayer de prononcer bien, tu me reprends, Lor-youn-mind ?
- Speaker #1
Loran-mind.
- Speaker #0
Loran-mind, ouais, ok, de toute façon je vous le mettrai dans la description, parce que voilà, je pense que vous allez adorer Lorane autant que je l'ai adoré sur son réseau, où tu crées du contenu autour de la santé mentale et de la pratique sportive notamment. Et je crois que le premier post de toi sur lequel j'étais tombée, c'était un post où tu parlais de ta prise de poids avec les antidépresseurs notamment, et de ton rapport avec ta nouvelle image. Et forcément, comme j'étais en plein dedans aussi à ce moment-là, je me suis totalement reconnue en toi. Tu parles sans tabou et sans faux-semblant de ton parcours avec la santé mentale, et vraiment ça fait beaucoup de bien, donc merci pour ça. On va parler aujourd'hui de ton parcours avec la santé mentale, on va parler de tout un tas de choses. Mais déjà, avant de démarrer... Pendant la préparation de notre échange, je t'avais demandé de réfléchir à un objet qui te représente bien. Et je me souviens que tu avais trouvé cet exercice particulièrement difficile. Est-ce que tu veux nous en parler ?
- Speaker #1
Ouais, en fait là, j'ai l'impression que je ne me connais toujours pas. Donc je vais bientôt avoir 27 ans et c'est toujours difficile pour moi de me décrire et de trouver que ce soit des qualités, des défauts si j'arrive à en trouver. Mais là, trouver un objet qui me représente... J'ai un petit peu buggé. J'ai re-réfléchi après coup. Je pense que l'éponge me définirait bien, mais je pense que je n'ai même pas besoin de l'expliquer. J'absorbe tout, quoi. Depuis toute petite, j'absorbe toutes les émotions autour de moi. Il y a des choses de mon entourage qui ont participé à l'état dans lequel je suis aussi aujourd'hui. On va dire de la pression au travail chez certaines personnes dont je suis proche qui ont participé, je pense, au fait que j'aille plus vite vers la situation dans laquelle je suis. Sans en dire trop.
- Speaker #0
C'est intéressant que tu parles de cette difficulté que tu as à te définir. C'est un truc que j'ai beaucoup ressenti et qui m'a, tu vois, vachement bloquée. Je me sentais anormale de me dire mais je n'arrive pas à me définir alors que je devrais. Et finalement, en avançant, je me pose la question, tu vois, je me dis est-ce que vraiment se définir c'est important ? Est-ce que tu vois, ce n'est pas nous faire rentrer dans une case et nous faire croire qu'en fait il faut qu'on se mette des étiquettes et qu'on ne peut plus en bouger, tu vois. Peut-être que toi en fait, ton truc c'est juste que tu es plein de choses à la fois. Et que, du coup, te mettre une étiquette, ça ne te correspond pas parce que tu changes, en fait.
- Speaker #1
Ben ouais, c'est ça. Puis il y a aussi le côté, quand on vit la dépression depuis plusieurs années, on ne sait plus ce qui est nous et ce qui est la maladie. Ouais, c'est vrai. Et je pense qu'il y a plein de choses qui se superposent. Et ça paraît tellement facile chez certains de se définir quand on écoute certains podcasts et tout. Enfin, ils se présentent sans souci. Et c'est vrai que, ben, parfois, on a du mal à trouver sa place, à trouver qui on est. Et oui, peut-être qu'au final, se définir, c'est... Pour certaines personnes, en fait, c'est pas si important que ça, peut-être.
- Speaker #0
Mais oui, surtout qu'en plus, tu vois, tu prends l'exemple des podcasts, mais je trouve qu'il y en a beaucoup, quand on va leur demander de se définir, ils vont le faire à travers le travail aussi. Donc, tu vois, forcément, comme toi, t'as découvert la dépression et ensuite le burn-out, on va en parler, assez jeune, enfin dans la vingtaine, en tout cas, comme moi, du coup, je pense que ça vient poser un truc très vite de, bah en fait, le travail me définit pas et je me définis pas par mon activité. Et finalement, c'est peut-être... du temps de gagner sur les autres qui auraient trop tendance à se définir par rapport à ça tu vois et tu vois par rapport à ça je pense qu'il y a peut-être l'activité sportive tu vas nous en parler mais qu'est-ce que t'aimes faire de ton temps libre est-ce que t'as des passions,
- Speaker #1
des passe-temps ouais alors moi j'adore le sport depuis toujours j'ai fait plus de 10 ans de basket Ça a toujours été hyper important dans ma famille, le sport, et je les ai super soutenus. Mon père venait me voir à tous les matchs. J'ai senti qu'il y avait vraiment quelque chose d'important, et je sentais que ça me faisait du bien. Et rapidement, je me suis beaucoup blessée, donc j'ai dû me tourner vers un autre sport, qui est la course à pied. Je pense qu'on est pas mal à avoir bifurqué de son sport d'enfance vers la course à pied. Et c'est vrai que la course à pied, depuis bientôt 7 ans, ça fait partie de mon quotidien. Pas tous les jours, si je pouvais courir tous les jours je le ferais, mais j'adore courir sur mon temps libre. J'ai découvert d'autres sports après, donc pareil, tous les sports vraiment c'est ma passion sur mon temps libre. Et sinon, depuis que je suis à l'arrêt à cause du burn-out, je découvre aussi la marche qui est, je trouve, tellement sous-cotée. On n'en parle jamais. On a l'impression que c'est juste un moyen de transport quand on n'a pas de voiture, quand on n'a pas le choix, machin. On n'en parle pas comme un sport, alors que... La marche, c'est comme une activité, etc. Et vraiment, j'ai toujours été aussi passionnée des animaux. Depuis toute petite, je réclamais à mes parents un chien. Constamment, constamment, j'ai fini par l'avoir. Fin de collège, j'ai persévéré. Et voilà, il y a toujours eu un contact avec les animaux incroyables. Du coup, j'adore aussi en extérieur pouvoir les observer, les animaux sauvages, surtout les oiseaux. Parce qu'on ne peut pas observer tout type d'animaux sauvages, mais voilà. Donc ouais, j'adore être dehors, être active quand je peux. Après, j'aime aussi être sous mon plaid, lire. Et encore, tu vois, tu m'aurais posé cette question, je pense, il y a deux ans, j'aurais eu du mal à te dire ce que j'aimais, hormis la course à pied. Et là, depuis quelques mois, j'ai repris la lecture. Ça faisait, je pense, depuis le collège que je lisais plus régulièrement. Même des activités manuelles comme le coloriage. Même regarder des films, des séries, des choses que je n'arrivais même plus à faire. Donc voilà, en vrai là il y a tellement d'activités que j'aime faire, mais si je devais résumer ce serait vraiment le sport et être en extérieur, observer les animaux, etc.
- Speaker #0
Mais tu vois c'est hyper inspirant ce que tu dis, et je pense que ça peut parler à beaucoup de personnes qui nous écouteront, parce qu'il y a ce truc de quand t'es en burn-out ou en dépression, je les mets à côté, on est d'accord c'est pas la même chose, mais comme on va parler des deux, où... effectivement c'est des périodes de nos vies où on a l'impression de plus rien aimer où on a l'impression qu'on arrive plus rien à faire faut pas oublier que ça c'est un symptôme et que ça nous définit pas et que ça veut pas dire qu'en fait c'est qu'on s'intéresse à rien qu'on est nul, qu'on veut rien faire c'est un symptôme et on le voit à travers ton parcours finalement bah ouais t'es passé de en fait j'aimerais en dehors de la course à pied moi y'a rien qui me dit, j'ai rien envie de faire de mon temps libre et là t'es même pas en possibilité de choisir tellement y'a plein de trucs qui te font kiffer Donc j'espère que ça va donner aussi un petit peu d'espoir aux personnes qui nous écoutent et qui aujourd'hui se sentent un peu lasses, un peu découragées de ne rien aimer. C'est pas vous, c'est la maladie qui vous fait croire ça et je pense que c'est important de le dire. Et aujourd'hui on va vraiment parler justement de la dépression et du burn-out. Mais j'aimerais aussi qu'on l'aborde sous le prisme notamment du rapport au corps et au temps qui passe parce que t'as vécu, t'as commencé ta dépression. assez jeune, tu vas nous en parler justement. En fait, la vingtaine pour toi a été assez colorée de cette dépression. Quels ont été tes premiers signaux et tes symptômes où tu t'es dit ok là il y a quelque chose ?
- Speaker #1
Ouais donc ça date un petit peu, j'étais en train de calculer, j'avais 21 ans, c'était je pense une période où pas mal de personnes ont dû développer les symptômes, c'était juste après le premier confinement. Donc juin 2020 je pense que c'était mes symptômes, mais j'avoue J'étais pas du tout sensibilisée au sujet. Donc peut-être qu'il y en a eu avant et je m'en suis pas rendue compte. Après, voilà, les deux mois de confinement, c'était tellement hors du temps que c'était difficile de savoir ce qui était normal ou pas. Mais en fait, en septembre 2019, je rentrais en école d'ingénieur après avoir fait une prépa scientifique qui avait été super compliquée sur tous les pans de ma vie. Enfin, voilà, la prépa, c'est réputé pour être compliqué. J'étais super mal entourée. Je parle pas de ma famille, je parle... Voilà, j'étais en couple avec quelqu'un de... très, très toxiques. On a vécu un décès terrible dans ma famille à cette période-là. Je pouvais plus faire de sport parce que j'avais plus de temps à cause de la prépa. Je commençais à avoir des soucis de santé, etc. Enfin bref, j'ai eu une accumulation juste avant d'entrer en école d'ingénieur. Et sans jamais consulter personne parce qu'en prépa, on n'a pas le temps à aller voir une psychologue même une fois par mois. Enfin non, j'ai pas le temps, quoi. Je dis ça en rigolant parce que ça m'aurait fait... tellement du bien et je pense que ça aurait été tellement bénéfique. Donc voilà, je sortais d'une période vraiment très très compliquée. Vraiment, j'en ai parlé à une petite il n'y a pas si longtemps qui me disait mais quand il n'y a rien qui va, c'est impossible de ne pas sombrer. Enfin, quasiment tout le monde, je pense, aurait sombré, peut-être pas aussi longtemps ou quoi, mais voilà. Et à côté, ce truc-là où je ne fais plus rien de ma vie, le Covid, il m'avait enlevé plein de choses. Donc voilà, je n'avais plus trop de cercles à Nantes. trop d'amis, etc. J'avais pas eu le temps de créer des liens, en fait, je venais surtout d'arriver, enfin, je venais juste d'arriver en école, donc voilà. Et rapidement, je sais pas, j'ai commencé à avoir des bugs d'émotion, enfin, c'était trop bizarre, des incompréhensions, genre, je ne gis... J'ai jamais été colérique ou quoi que ce soit. Je suis sûre que si à un moment j'avais plus de pattes, j'aurais pu péter un câble. Enfin vraiment, je comprenais pas. J'étais incontrôlable. Et alors ça m'était jamais arrivé. J'arrivais pas à exprimer ma frustration, mais même pour des choses hyper bêtes. J'étais hyper frustrée pour des choses... J'ai commencé à faire énormément de dépendances affectives, je pleurais tous les jours. Et je me disais, c'est bizarre quand même. Je me suis dit, je vais quand même aller voir une psychologue. Et voilà. Et mes parents, malheureusement... Ils ont été un peu fermés à me dire, à ne pas comprendre que ça n'allait pas. Mais voilà, on avait vécu des choses tellement difficiles qu'eux-mêmes n'allaient pas bien. Ils ne pouvaient pas être à l'écoute. Et du coup, moi, je me suis dit, ça doit être dans ma tête. Mais en même temps, ça ne va pas. Donc voilà, une grosse incompréhension et aussi une baisse de performance qui m'a pas mal alertée, comme la course à piste était déjà très importante pour moi. Je publiais ça dans ma story hier soir, mais juste avant le confinement, le 8 mars 2020, c'était du coup. Du coup, hier, c'était il y a 6 ans, jour pour jour, je finissais sur un podium d'un 10 km. Donc, j'avais atteint un niveau que je ne pensais jamais atteindre. Et à la sortie du confinement, tout s'est écroulé. Je galérais à courir, mon cardio s'enflammait. J'allais voir mon médecin en disant que mon fré de ma fréquence cardiaque est hyper élevée. Est-ce que j'ai le Covid ? Je ne faisais que me dire que j'ai le Covid. Donc, ça a été plein de petits symptômes comme ça qui faisaient que mes journées étaient chaotiques. Je commençais à devenir l'ombre de moi-même, alors que trois mois auparavant, j'étais hyper joyeuse, je courais... Enfin voilà, je passais d'une énergie d'une fille qui a 20 ans à plus aucune énergie, à entendre les gens dire « Ah, tu verras, quand t'auras passé la trentaine, tu seras encore plus fatiguée. » Je me suis dit « Comment ça,
- Speaker #0
je serai plus fatiguée ? » Ah mais ça suffit ! Ah ouais ! Je sais,
- Speaker #1
mais je peux pas être plus fatiguée !
- Speaker #0
Non mais ça, ça met une pression de ouf. Faut vraiment arrêter avec ces phrases-là et avec... T'es jeune, t'as toute la vie devant toi, souris, tout va bien. En fait, non, c'est pas parce qu'on a la vingtaine qu'il peut rien nous arriver, c'est pas parce qu'on a la vingtaine qu'on n'a pas d'enfants, que machin, qu'on n'a pas le droit d'être épuisé, parce qu'en fait, il y a des maladies, il y a des syndromes qui existent qui font que, si, on peut rencontrer déjà de grosses difficultés. Mais tu vois, dans tout ce que tu dis là, tu vas nous dire s'il y a quelqu'un qui, effectivement, a posé le terme dépression, mais moi, dans ce que tu dis, j'entends burn out parce que Vraiment, on est en train de... Je sais pas si celles qui écoutent se disent la même chose, mais on assiste là à vraiment un burn-in, c'est-à-dire, c'est comme si t'étais en flamme, tu le dis, en plus ton rythme cardiaque était tout le temps super élevé, ta capacité d'adaptation était réduite à néant, donc le moindre truc, la moindre contrariété, paf, ça faisait que tu ne pouvais plus t'adapter, et c'est ça en fait le burn-out, c'est qu'on a épuisé toutes nos ressources d'adaptation. Et tu le dis très bien, t'avais vécu un enchaînement, une accumulation de choses. Tu t'étais adaptée, suradaptée. Et à un moment donné, le corps ne peut plus. Et donc, les performances chutent. Enfin, tu vois, en fait, on sent vraiment qu'il y a ce truc-là, quoi. Je sais pas, est-ce qu'à ce moment-là, quelqu'un t'a parlé de burn-out ? Ou ça a été dépression ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Bah écoute, c'est drôle que tu dis ça. Parce qu'après coup, on m'a pas diagnostiqué. Mais on en a parlé, mais bien plus tard, quoi. Je suis restée sans diagnostic, puisque j'ai pas précisé, mais mon médecin traitant, que j'avais depuis toujours, qui était toujours à Brest, que je voyais donc quand ça allait pas, ne voulait absolument pas me diriger vers un psychiatre, malgré mes demandes, ma détresse, parce que j'étais en détresse à plusieurs reprises dans ma vie, et à chaque fois que je lui en parlais, elle me disait que j'étais trop jeune pour prendre un traitement, comme si le psychiatre donnerait forcément un traitement, mais il peut au moins donner un avis, quoi. Dans tous les cas, je précise, quand on va voir un psychiatre, on n'est même pas obligé de prendre le traitement qu'il donne. On peut en discuter avec lui et il dira toujours que c'est nous qui avons le dernier mot. Lui, il va dire ce qui semble être le mieux pour nous, mais il ne va jamais nous mettre le couteau sous la gorge et nous mettre un traitement dans la bouche. Non, on reste libre. Mais malheureusement, il y a des médecins qui ne semblent pas le savoir, ce que je trouve assez fou quand même. À chaque fois que j'en ai parlé, on me disait... C'est rien, c'est dans la tête. Vraiment, je pense que ce médecin-là me l'a dit. Et j'avoue que quand on a 21 ans, on n'a pas trop d'esprit psychique et on se dit... On fait confiance,
- Speaker #0
c'est un professionnel.
- Speaker #1
Enfin voilà, c'est ça. Oui, et puis je voyais que mes parents, ça n'avait pas l'air tant que ça de les inquiéter. Je ne les blâme pas du tout. Je pense qu'on a tous été face à une incompréhension et cette période a été hyper perturbante, etc. Mais ouais, moi, tous les adultes me disaient qu'il n'y avait rien. Les psychologues, normalement, ne posent pas de diagnostic. Donc, bien sûr, moi, c'était des femmes, mais elles m'ont aidée. Mais à aucun moment, on m'a parlé de burn-out. Donc là, on était l'été 2020. J'ai passé jusqu'à février 2022. J'ai vu que des psychologues parce que je n'ai jamais eu le droit de voir un psychiatre parce que psychiatre, en fait, on ne sait pas, mais on peut prendre directement rendez-vous chez un psychiatre. Mais moi, je ne le savais pas à cette époque. On a l'impression que les médecins doivent nous rediriger comme pour un dermatologue ou quoi. Non.
- Speaker #0
Ouais et puis en plus t'as ce truc où t'as un médecin qui te dit bah non t'en as pas besoin donc d'avoir cette capacité de recul comme tu dis à 21 de se dire mais non mais en fait moi je sais que j'ai besoin de ça, c'est hyper compliqué. Et je précise aussi parce que tu dis quelque chose de très important, le psychiatre effectivement n'est pas, c'est pas 100% garanti qu'il va prescrire un traitement, il y a des psychiatres qui n'en prescrivent pas, mais aussi ce sur quoi je veux insister c'est qu'il n'y a pas de question d'âge, c'est-à-dire que même si vous avez 18, 19, 20... En fait, parfois, un traitement antidépresseur est nécessaire. Je parle d'antidépresseur, ça peut être des anxiolytiques. Même dans l'enfance aussi. Dans l'enfance aussi, évidemment. Il n'y a pas d'âge pour ce type de traitement. Le tout est d'être bien accompagné, d'être bien suivi. Parce que vous le savez, si vous avez déjà écouté d'autres épisodes sur ce podcast, j'en parle souvent, un traitement antidépresseur, je prends cet exemple-là, n'est pas une fin en soi, c'est une béquille qui va permettre de creuser et d'aller travailler avec un psychologue. Mais un antidépresseur ne doit jamais être prescrit tout seul parce que, tout simplement, c'est pas lui qui va résoudre le problème. Maintenant, t'as employé le terme de détresse et les antidépresseurs, ils sont là pour ça, pour sauver, littéralement sauver la vie parce que quand on est dans une phase de détresse, on en a besoin. Notre cerveau ne peut plus fonctionner normalement. Mais je comprends totalement. Toi, t'es jeune, t'es là, le médecin te dit pas besoin, ta famille réalise pas trop l'urgence de la situation. Donc, voilà. Et du coup, quand tu vois les psys, elles, est-ce qu'elles te disent, attention, tu vois, il y a un truc derrière, il faudrait quand même aller creuser ? Ou est-ce que même elles, elles peuvent pas, tu vois, t'orienter, te dire que ce serait nécessaire ?
- Speaker #1
Bah, pareil, j'ai eu un petit peu un parcours compliqué avec les psychologues, parce qu'il faut trouver la bonne personne aussi. Donc j'ai mis du temps à trouver une bonne psy, mais non, à aucun moment... Enfin, bien sûr, elles m'ont aidée, elles m'ont déchargée de certaines choses, mais à aucun moment, elles m'ont dit... Elles m'ont dit qu'elles pensaient peut-être que j'avais tel truc ou tel truc. Et il y a eu un moment assez marquant. Donc là, l'été 2021, je pars en Suède en stage. Donc un truc de fou, vraiment une nouvelle incroyable de réussir à partir à l'étranger. Normalement, c'était un stage obligatoire à l'étranger. Et bien évidemment, le Covid fait que c'était plus obligatoire. Mais moi, je me disais non, je veux aller à l'étranger. Et en fait, à la fin de mon voyage en Suède, je commençais à vraiment angoisser. je me dis mais en fait j'ai pas envie de rentrer j'ai l'impression que tout mon corps toute ma tête, tout est en train de me dire n'y va pas, j'ai des signaux n'y va pas, tu ne peux pas donc je suis en dernière année d'école d'ingénieur au bout de 4 ans d'études là je me dis stop j'ai plus envie je précise quand même que c'est des études que j'ai fait sans savoir ce que je voulais faire, donc depuis le début j'étais un peu perdue, mais c'est en dernière année que mon corps a commencé à me dire mais non mais là t'abuses et c'est pour ça que le fait que tu parles de burn out je pense que ça ça rebondit un peu là dessus aussi C'est que là, j'ai senti tout mon corps qui me criait d'arrêter. Ma mère m'a bien fait comprendre que voilà, là, je suis en dernière année. Bien évidemment, j'en étais consciente. Arrêter, ça n'aurait été pas la meilleure option. Donc j'y suis allée quand même. Et là, j'ai commencé à faire des crises d'angoisse hyper violentes. Au point où j'étais obligée d'aller voir le médecin des fois pour avoir une absence. Je n'arrivais pas des fois à aller en cours. Des fois, j'y arrivais. Des fois, je n'y arrivais pas. Et j'ai vu le médecin scolaire de l'université. Et elle m'avait dit que ça ressemblait à une phobie scolaire. Bon, moi, phobie scolaire, je me dis, c'est les enfants en général. Souvent, c'est quelqu'un d'extérieur qui force son enfant à aller. Et du coup, ça a créé... J'ai l'impression que ça venait plutôt de quelqu'un d'extérieur. Alors que moi, là, c'était moi qui m'imposais d'y aller. Et je ne sais pas, il y avait un truc. Et en tout cas, ce médecin m'a quand même bien aidée. Elle m'a fait une dispense d'assiduité. Je ne sais pas si vous connaissez, mais c'est quelque chose que je peux montrer aux profs. En fait, j'ai le droit d'être absente si besoin. Je n'aurais pas besoin d'aller voir un médecin à chaque fois. Donc ça m'a pas mal aidée, et pour avoir cette dispensativité, il fallait consulter un psychiatre. Donc il y a un psychiatre à l'université de Nantes qui m'a redirigée vers le psychiatre, mais plusieurs mois après. Donc toujours pas de... à ce moment-là, toujours pas de diagnostic. On est un an et demi après le début des symptômes. Bon, voilà, je pleure tous les jours, mais écoute, ça va !
- Speaker #0
Mais quelle errance, Lorane ! Franchement, enfin, c'est... j'espère ! que c'est quelque chose qui se fait moins aujourd'hui et que depuis le Covid justement on a un peu plus pris conscience de la santé mentale de ce parcours là mais vraiment quand j'entends ça je me dis mais c'est pas étonnant que tu te sois traîner le truc aussi longtemps parce qu'en fait t'es allé mais à un épuisement des ressources mais à un tel point en fait il faut bien comprendre que notre corps il fonctionne avec des hormones, des neurotransmetteurs etc et que ça a besoin d'énergie, de carburant mais quand elles sont utilisées, surutilisées à un moment donné, il n'y en a plus ça fonctionne plus et le temps que ça se régénère que ça se recrée mais ça peut être très très long Pour ma part, ça a pris 3 ans, mais aussi parce que je me suis arrêtée, il y a eu un moment où on m'a dit stop et on m'a laissé l'opportunité de m'arrêter. A partir de ce moment-là où on m'a dit stop, ça a mis 3 ans. Mais toi, t'as traîné le truc hyper longtemps, et plus on tient, C'est ce que disent les psychiatres notamment, c'est que le temps, le nombre d'années de préparation du burn-out est équivalent à celui qu'il faudra pour se remettre. Donc, je pense que ça c'est hyper hyper important de le savoir. Et la phobie scolaire, peut-être que des professionnels de santé qui m'écouteront me reprendront, mais à mon sens c'est un symptôme. On ne développe pas une phobie scolaire qu'on soit enfant, qu'on soit adulte, comme ça, sans un terrain anxieux, sans quelque chose qui vient manifester qu'il y a de l'anxiété. C'est souvent un symptôme, un symptôme que quelque chose se passe mal à l'école, que quelque chose ne va pas psychiquement, mais on ne développe pas ça comme ça du jour au lendemain. Et on l'entend. En même temps, toi, tu dis, ouais, j'y allais de mon plein gré. Oui et non, parce qu'à la fois, t'avais la pression de, putain, j'ai déjà fait trois ans. Je me suis battue en prépa comme union pour avoir le truc. Donc oui, en soi, tu as le choix d'arrêter. Mais dans quelle mesure t'as le choix quand t'as donné autant d'énergie à ça et que tu te dis, putain, il ne reste qu'une année, je pourrais quand même y arriver, je pourrais quand même le faire. Il y a ça. J'ai envie de faire un petit point. brièvement et on revient à ton parcours juste après sur le distinguo entre burn-out et dépression parce que ça je pense que c'est très important on peut tout à fait vivre un burn-out sans vivre de dépression et on peut tout à fait vivre une dépression sans vivre de burn-out souvent le burn-out va entraîner ensuite une dépression mais c'est pas systématique. Le burn-out comme je disais c'est un épuisement des ressources physiologiques, c'est un état de fatigue absolument chronique c'est l'épuisement des réserves C'est, on est allé dans un état de suradaptation et le corps ne peut plus s'adapter, donc il y a un stop. En général, il y a un moment où on se dit, je ne peux plus me lever, je ne peux plus rien faire en fait, mon corps ne me le permet plus. Parfois, on va te poser des questions, tu n'es même plus capable de réfléchir, tout s'embrouille dans ton cerveau, c'est le blackout, ça c'est un burn-out. La dépression, c'est différent, ça va être des symptômes qui vont être potentiellement un peu plus insidieux et qui vont s'installer avec une forme de tristesse. D'apathie, l'apathie c'est le manque d'envie pour tout, c'est-à-dire qu'il n'y a plus d'envie, il n'y a plus de libido pour la vie, il n'y a plus rien qui nous motive, il n'y a plus rien qui a du sens. En fait les journées elles se suivent mais sans saveur, sans sens et on peut tout à fait continuer à rire quand on est en dépression, on peut tout à fait continuer à travailler quand on est en dépression, on le peut, mais on le fait sans objectif et tout est... C'est comme si tout était gris en fait, il n'y a plus de saveur. Donc voilà, c'est deux choses différentes et je pense que c'est important de préciser et c'est pour ça que dans ton parcours, on entend tous les signaux quand même du burnout, de l'épuisement, etc. Et évidemment, quand on arrive à un moment donné, on est totalement épuisé. Pour ça, je disais que souvent, la dépression peut venir ensuite. C'est parce que, évidemment, quand on est épuisé, ça va remettre aussi en question tout ce qu'on croyait, toutes les croyances qu'on avait, tout ce qu'on s'était fixé comme objectif dans la vie. tout d'un coup, il y a une perte de sens et c'est à ce moment-là que la dépression peut subvenir. Voilà, c'était important de préciser. Ce psychiatre-là, lui, il t'a parlé de phobie scolaire, c'est ça ?
- Speaker #1
Là, c'était médecin scolaire, donc ce n'était pas encore psychiatre.
- Speaker #0
Ok, et le psychiatre, à partir du moment où tu vas le voir, est-ce que là, enfin, quelqu'un écoute, quelqu'un t'entend ou tu vas encore être dans une errance par la suite ?
- Speaker #1
Ben, c'est une bonne question. En vrai, je pense que je n'en ai jamais parlé autant en détail. Et tes mots m'aident un peu à y réfléchir d'un autre œil. Mais voilà, je me retrouve devant un psychiatre. Ouais, début d'année 2022. Et en fait, là, je m'apprête à faire mon stage de fin d'études qui dure six mois. Et elle me pose des questions. Voilà, est-ce que tu te vois le faire, ce stage, machin ? Et moi, je me disais, mais je ne me vois même pas arriver au bout, quoi. Enfin, là, j'avais complètement perdu. presque l'envie, enfin je dirais l'envie de vivre en fait c'est un peu difficile de me remettre exactement dans l'état dans lequel j'étais mais j'ai un peu la situation où je me projetais plus du tout en tout cas voilà, on m'a mise sous antipresseur elle m'a dit voilà si tu as envie de faire ce stage de terminer tes études, tu vas pas réussir sans. Là, de ce que tu me dis, j'en étais consciente. C'est même moi qui lui demandais de l'aide. Elle m'a dit, voilà, ça, ça t'aidera, etc. C'est tout. Le mot burn-out, j'ai jamais entendu. Avant 2025, je n'ai jamais entendu le mot burn-out. Donc voilà, je commençais les antidépresseurs à ce moment-là. Mais voilà, il y a un laps de temps entre le début de la prise et le début des effets. Et franchement, ça a vraiment eu l'effet d'une béquille pour moi. Après, il faut trouver le traitement qui convient aussi. Tous les traitements ne conviennent pas. Parce que moi, le premier traitement ne m'a pas convenu. Mais j'ai vu un... Enfin, c'était dingue. Je suis passée de tous les matins, dès que je me réveillais, je me disais, mais ma vie n'a pas de sens. Pourquoi je fais ça et tout ? Je me réveille, c'est dur quand même. Voilà, la maladie est quand même là. Mais j'y vais. C'est assez drôle. Je n'ai pas précisé, mais j'ai couru deux marathons pendant cette période. Qui aliment. toujours plus, on adore running thérapie j'adore en 5 mois j'ai couru 2 marathons à ce moment là entre le moment où j'ai vu le médecin scolaire et 2 mois après avoir vu le psychiatre en février je courais 2 marathons je vous avoue qu'après vous serez plusieurs à écouter mais je te vois pas mais peu de temps j'en rigole parce que je trouve ça trop drôle après coup, c'est lunaire mais peu de temps après le deuxième marathon j'arrivais plus à courir je courais 5 km mais en faisant des pauses je pouvais plus mais faut qu'on parle de ça faut qu'on parle de ça Lorane parce que justement,
- Speaker #0
toi t'es une reneuse et on entend, ça me tente de ouf d'ailleurs genre ceux qui sont en dépression, c'est pas compliqué, mettez vos baskets à les courir et ça ira mieux, on va s'énerver toutes les deux là-dessus, mais j'ai quand même envie de rebondir sur ce que tu viens de dire, il y a un truc, c'est que effectivement le sport permet de produire de la sécréter de la dopamine, de la sérotonine donc c'est super, on en a besoin quand on est en dépression, mais attention parce que le sport, surtout à haut niveau, donc vous mes girls qui écoutez et qui allez vouloir me faire un marathon parce que c'est la mode partout ou qui voulait me faire du HIIT, du cardio à haute intensité ou que sais-je, quand on est en burn-out, ou en tout cas quand on est dans un état d'épuisement physiologique, quand on inflige à notre corps un sport à haute intensité comme ça, on vient encore plus puiser dans des réserves que lui n'a déjà plus. Donc, on se met dans un état de stress chronique encore plus que ce qu'on était, et donc, bonjour l'enfer après pour remonter la pente. et pour s'en sortir. Donc le sport, oui, évidemment, on le dit, c'est bon pour la santé physique, pour la santé mentale, mais attention à quel type de sport, n'allez pas brûler vos ressources si vous êtes déjà dans un état d'épuisement. Ça ne vous rendra pas service, ça fera pire que mieux. Donc toi, tu t'es dit, ok, j'allais courir deux marathons, est-ce qu'à ce moment-là, c'était conscient ? Est-ce que tu t'es dit, je le fais parce que comme je ne vais pas bien, ça va me faire du bien ? Ou est-ce que tu as même... Pas penser à ça, comment ça s'est passé pour toi ?
- Speaker #1
J'ai toujours voulu faire un marathon. Depuis que je suis en fin de collège, j'ai toujours su que... Enfin, je voulais en faire un. Bon, voilà, ça reste quand même quelque chose de compliqué. Je ne le banaliserai jamais. Mais voilà, j'ai toujours su que j'allais faire en sorte d'en faire un, quoi. Donc, à ce moment-là, moi, voilà, je courais bien, je performais, ça marchait bien. Je pense qu'il n'y a jamais eu de remise en question. Il n'y a jamais eu de... Non, hors de question d'annuler. C'était un projet avec... Ma meilleure copine aussi, qui elle aussi est sous antidépresseur, connaît les symptômes de la dépression. On a toutes les deux eu des soucis pendant nos études, etc. Donc je pense qu'il y a eu plein de choses qui ont fait que je ne me suis pas du tout questionnée ou que je n'ai pas du tout pris en compte mon état, etc. Et en vrai, je suis contente de ne pas trop de m'être questionnée parce que ça a été, je pense, un des plus beaux jours de ma vie. Comme quoi la dépression, le burn-out ou quoi, si c'est quelque chose qui nous fait vraiment vibrer et qu'on a quand même un minimum de ressources, ça peut vraiment... Bah remettre une bouffée d'oxygène quoi, là j'ai fini mon marathon bien, avec un chrono au-delà de mes espérances. Donc non, à aucun moment je me suis dit peut-être que c'est une mauvaise idée ! Même sous antidépresseur pourtant, enfin voilà, j'avais eu plus ou moins un diagnostic, enfin non, à aucun moment je me suis dit que c'était mauvais. Enfin non, pas mauvais, pardon. Mais ça pouvait avoir peut-être un impact négatif sur moi, me fatiguer encore plus, parce que voilà. Je précise quand même, le marathon, ce n'est pas le pire. Le pire, je trouve que c'est la prépa qui dure au minimum trois mois. Trois mois où ça dépend combien de séances on fait par semaine. Mais moi, je faisais quatre, voire cinq des fois. Ben voilà, tout tourne autour de ça. Et bien évidemment, ça fatigue. Même si on aime ça, c'est fatigant.
- Speaker #0
Donc oui, je pense que ma pratique de la course à pied, encore jusqu'à il n'y a pas si longtemps, jusqu'à 2024, même 2025, je pense que ça a toujours alimenté mon état d'équilibre.
- Speaker #1
Est-ce que le fait de réussir ce premier marathon-là, c'est venu t'apporter quelque chose en termes d'estime de toi et de confiance en toi ? Je te posais la question parce que quand on n'est pas bien, quand on vit une dépression ou un burn-out, peu importe, on a souvent une estime de nous qui est ras des pâquerettes. parce qu'on se dit, surtout quand on a la vingtaine... On se dit purée je suis jeune, j'ai tout pour être heureux, j'ai la vie devant moi, je devrais être bien et je me sens pas bien, c'est que je suis nulle, que moi je suis pas capable, je peux pas faire comme les autres. Est-ce que là du coup, ouais à travers ce marathon tu t'es dit putain en fait je suis capable de faire quelque chose et est-ce que ça t'a fait du bien à ton estime ?
- Speaker #0
Ah bah tu vois super bien les choses parce que ça a été une révélation. Je passais de ouais, de, enfin un an et demi à me dire que je suis incapable, je suis, j'y arrive pas. mon cardio il monte, j'ai perdu du niveau j'avais perdu du niveau mais j'avais toujours un niveau que je juge aujourd'hui incroyable que je n'ai plus malheureusement pour le moment, c'est provisoire mais je termine ce marathon j'avais vécu des mois tellement difficiles que là tout avait été une évidence et j'avais enfin eu l'impression d'être à ma place et il y a un truc aussi que je me suis dit à ce moment là c'est qu'en fait on m'enlèvera jamais le fait que je suis marathonienne Et j'avoue que ça a été un boost de confiance et de me dire mais en fait je suis capable de faire des choses. Et je vous ai... Enfin ouais non, ça a été la première fois je pense que j'avais l'impression de réussir quelque chose. Et c'était super fort. La symbolique était incroyable. Et je pense que ça m'a même donné des ailes un peu trop même à me dire ouais je suis presque... Enfin je suis pas invincible mais...
- Speaker #1
Mais justement est-ce que t'as des conseils un petit peu là-dedans parce que... On voit que c'est une passion qui te donne confiance en toi. En plus, t'apportes des choses que tu retrouvais pas forcément dans ton quotidien, surtout dans un quotidien où tu te sentais mal. Mais en même temps, où cette passion, tu sens bien qu'elle t'épuise aussi quelque part et qu'elle vire à l'obsession, comment tu vois, tu deals avec le fait de te dire bah en fait, ce qui me passionne, c'est aussi ce qui m'épuise. Est-ce que tu arrives à mettre un peu d'équilibre, à te dire pour que ça reste vraiment un plaisir je vais en faire moins ? Comment tu dis avec ça ? Est-ce que tu as des conseils pour gérer un peu cet entre-deux, cet équilibre ?
- Speaker #0
Ce serait mentir de dire que je réussis à gérer l'équilibre parce que quand on est... Enfin c'est super dur de... Enfin moi je ne suis pas quelqu'un de très raisonné en fait. donc non je pense que je me suis mise dans un cercle vicieux à m'épuiser, avoir une passion qui m'épuise et puis quand ça nous épuise normalement on perd la passion c'est vraiment un gros cercle vicieux donc je pense que le conseil que je me donnerais aussi d'ailleurs c'est parce qu'on a l'impression que quand on a fait une course, qu'on a réussi quelque chose il faut direct s'inscrire à autre chose je pense que j'attendrai plus à me questionner sur est-ce que mon score est-ce que mon corps en a vraiment envie est-ce que mon corps il est prêt Je pense que c'est important de prendre des moments de pause. Et là, pour vous expliquer, j'ai pas fait de course depuis juillet, donc là on est en mars. Donc j'ai jamais fait aussi peu de course. Et franchement, je suis en train de retrouver le goût de la course à pied. Donc je pense que c'est important de se prévoir des moments sans aucun objectif. Des moments bien espacés pour pouvoir courir sans objectif et avoir le temps de voir venir, si on a un objectif, de le voir venir.
- Speaker #1
Est-ce que ce rapport à la performance que tu as dans le sport, c'est quelque chose que tu as toujours eu dans le sport ? Est-ce qu'il se retranscrit aussi dans d'autres aspects de ta vie ? Est-ce que tu as tendance à être quelqu'un qui veut performer, peu importe ce que tu entreprends ?
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais, vraiment. Je pense que ça a toujours été là. Enfin, je reviens à l'enfance. Donc, je faisais du basket. Bon, quand j'étais petite, en vrai... Quand on est enfant, on ne connaît pas le mot performance, c'est un jeu. Donc non, au tout début, je n'avais quand même pas cet aspect-là. Et en fait, j'ai grandi très vite, j'étais bien en avance au niveau croissance. Et pour le basket, c'était un avantage. Et du coup, j'avais été sélectionnée pour s'entraîner, pour potentiellement rejoindre l'équipe du Finistère. J'étais avec les meilleurs du département de mon âge. Et je n'ai pas du tout aimé, mais j'avoue que ça m'a directement mis dans une optique de « il faut performer » . Pareil, les notes à l'école, ça a toujours été hyper important. En fait, on ne fait pas les choses à moitié. On y va, on y va. On fait du mieux qu'on peut. Pareil, si je suis allée en prépa, c'est parce que c'était vu comme un peu l'élite. C'est horrible de dire ça. Mais il y en a qui considèrent ça comme l'élite. Je préfère ne pas y aller, je précise quand même. Mais il y a toujours eu cet aspect de performance qui m'a vraiment tiré une balle dans le pied et que j'essaye de m'en séparer. Je ne sais très bien pourquoi tu poses cette question parce que c'est un trait de caractère aussi qui mène au burn-out. Et ouais, je m'en suis rendue compte, parce que du coup, on n'a pas trop parlé de la suite. Mes études, je n'ai pas aimé, je ne veux pas travailler dans ce domaine. Mais bon, en même temps, si je veux gagner de l'argent, en théorie, être ingénieur, c'est plutôt pas mal. Ouais, que nenni, j'ai été payée au seuil minimum pendant un an et demi, et voilà. Mais bref, du coup, je me suis lancée en tant qu'ingénieure et j'ai travaillé jusqu'à l'été 2024. Ça a été vraiment une descente aux enfers, quoi. Et encore une fois, quelque chose qui montre que je suis une incapable. C'est comme ça que je me parlais intérieurement, quoi. Je me disais, mais je suis encore incapable. Donc pendant toute cette période, j'étais sous traitement. J'essaye de changer de domaine en fin 2024. Je me dis, je vais aller faire vendeuse à Intersport. Moi, j'adore le sport. Je me dis, why not, en vrai ? Une manière de changer de domaine, quoi. Bon, du coup, je fais. Mais en fait, je n'aime pas du tout travailler le samedi. être en décalé avec mon copain, je me disais non c'est pas possible donc voilà et je repars dans l'ancien travail, pas au même endroit mais bref, même boulot qui est, du coup j'ai pas précisé mais c'est dans la thermique du bâtiment et tous les métiers qui tournent autour du bâtiment, je pense qu'il y en a qui le savent mais c'est des métiers de tension et même dans le bureau d'études c'est compliqué, il y a une charge de travail énorme et si on veut bien faire, c'est compliqué vraiment on se sacrifie donc je reprends ça et mon travail commence Le 16 décembre 2024, précisément. Et au bout d'un mois, je commençais à être l'ombre de moi-même. En fait, j'ai commencé avec déjà du retard. Genre, j'avais déjà du retard sur mon travail, alors que je n'étais même pas dans l'entreprise. Ils avaient pris du retard de fou. J'avais une pile de dossiers comme ça sur mon bureau. Et bien évidemment, quand on commence un travail, on se dit « Ah, il faut que je sois à la hauteur,
- Speaker #1
sinon je vais me faire virer, machin et tout. »
- Speaker #0
Et donc, j'ai tout donné. Et à partir d'un mois... Là, à ce moment-là, j'étais plus anti-dépresseur, j'avais arrêté mon traitement toute seule, à ne pas faire.
- Speaker #1
À ne pas faire.
- Speaker #0
J'avais déjà eu des arrêts de traitement avant, donc j'avais déjà eu des périodes de sevrage, etc. Je me disais, oh, je vais le faire toute seule. Donc là, nouveau travail, je suis déjà l'ombre de moi-même au bout d'un mois, j'ai plus d'anti-dépresseur. Alors que ça faisait des années que j'en avais un. Là, ça a commencé à attirer, mon copain, il me récupère tous les soirs au travail en pleurs. Le carnage, encore un mois qui passe. C'est de pire en pire. J'asphyxie, quoi. C'est la sensation que j'ai. J'asphyxie au travail. Donc voilà, j'ai commencé fin décembre, début mars. Je me dis mais je ne peux pas aller au travail. Un peu c'est plus, je ne peux pas. Et je ne sais plus exactement quels symptômes j'ai eu à ce moment-là, mais là, mon cerveau ne pouvait plus. Même faire le trajet jusqu'au travail, je ne pouvais pas. Donc j'ai pris mon courage à deux mains, j'ai appelé un psychiatre. et j'ai eu la chance, il a pu me voir dans la journée. Je voulais pas reprendre de traitement, parce que j'avais quand même pris... J'avais pris plus de 15 kilos avec mon traitement, et voilà, c'est pas possible. Je ne peux pas, non, Je préfère être en dépression et pas prendre de poids. Enfin, c'est une bêtise, mon amour.
- Speaker #1
Mais c'est pas un jugement en même temps, on nous martèle avec notre poids depuis qu'on est gamin, donc évidemment. C'est ça. Évidemment.
- Speaker #0
Et du coup, je vais chez ce psychiatre. que je vois toujours aujourd'hui. Lui, il m'a prévenu que ça pouvait faire prendre du poids. Mon ancien psychiatre me disait, non, ton traitement ne te fait pas prendre de poids. À aucun moment, il n'a jugé important de peut-être pousser les analyses, me dire, va peut-être voir tel médecin ou tel médecin, ou même d'adapter, changer de traitement. À savoir que je courais à 70 km par semaine et j'ai réussi à prendre 10 kg en 3-4 mois. Bref, là, cette fois, je trouve un psychiatre qui m'écoute et il me dit, bon, du coup, on va recommencer un traitement. Je lui dis, ah bon ? Il me précise que je fais ce que je veux. Et il me met des doses. J'étais vraiment dans un état, je ne m'en rendais même pas compte. J'étais dans un état pitoyable. Mes doses ont fait x4 par rapport à mes doses d'avant l'arrêt. Avec mon ancien psychiatre. x4 plus... anxiolytique, j'étais mais vraiment sur mon nuage toute la journée, j'étais en ouh ouh ouh, début de traitement je précise, juste le début parce qu'au début quand ça va vraiment pas, il faut vraiment juste vraiment c'est un c'est pour se sauver quoi, enfin parce que ça va tellement pas que c'est important, enfin ça peut être important, ça dépend de tous les cas, mais j'étais tellement pas bien que voilà, et il me met en arrêt deux semaines, moi je dis oh non mais c'est mon anniversaire dans deux semaines, j'aimerais bien être au travail pour mon anniversaire, je trouve ça pas concevable d'être En arrêt lors de mon anniversaire quoi, enfin ce sera pas un vrai anniversaire si je suis en arrêt, je pourrais rien faire, enfin bref, les arrêts j'avais le droit de sortir, j'avais le droit, enfin et puis même j'étais pas en état de, je suis pas quelqu'un qui fait la fête ou quoi, mais psychologiquement je me disais mais si je suis en arrêt pour mon anniversaire, je mériterais presque même pas qu'on me souhaite mon anniversaire, enfin non mais là je délirais, enfin y'a aucun rapport, et du coup il me dit bah ok si vous voulez mais j'y crois pas trop quoi. Enfin, vous revenez me voir si besoin, quoi. Bah, ça n'a pas loupé. J'ai quand même tenu trois jours au travail. Quatre jours. Et du coup, le jeudi, quatrième jour, jeudi soir, je fais une méga crise d'angoisse où j'ai cru que je n'avais plus jamais réussi à respirer. Et la seule pensée qui m'a soulagée, c'est de me dire que j'avais droit de démissionner. Oui, on a droit de démissionner. C'est quelque chose que je m'oubliais, en fait. J'étais un peu bloquée dans mon travail, dans ma tête, alors que j'étais en période d'essai. Et à ce moment-là, je suis repartie en arrêt et je n'ai plus retravaillé depuis. Donc là, ça va faire un an bientôt. Donc ça a été une décision hyper difficile à prendre parce que ça a quand même été une décision. Je n'ai pas été forcée de m'arrêter. Plus ou moins, mon corps ne pouvait plus. Mais il n'y a personne qui m'a dit « tu t'arrêtes, stop. Là, tu as besoin de repos pour plusieurs semaines, plusieurs mois ou quoi. » Et voilà. Et là, j'ai eu le droit à un rendez-vous chez la psychologue du travail chez France Travail. Et incroyable. Vraiment, je regrette de ne pas être allée voir une psychologue du travail plus tôt. Et franchement, je recommande à tout le monde, si on a des soucis liés à notre travail, il faut aller voir une psychologue du travail, c'est possible. Juste qu'elle mette les mots, qu'elle permette de décharger vraiment et de dire si c'est normal ou pas. Moi, elle m'a alertée, elle m'a dit, mais en fait, je pense que vous êtes en état d'épuisement depuis la prépa. C'est elle qui a mis les mots, enfin. Et moi j'étais, bah, enfin personne m'en a parlé, j'étais ok, bah je prends. Du coup j'en ai parlé à mon psychiatre après, il me dit, oh je pense pas.
- Speaker #1
Oh mon dieu.
- Speaker #0
Mais je l'aime quand même beaucoup ce psychiatre, mais c'est pour ça que c'est important de prendre plusieurs avis aussi. Bien sûr. Après je pense que voilà, comme tu dis, le burn-out peut causer la dépression. La psychologue que j'ai vue pense que c'est dans ce sens-là que je l'ai fait. plutôt que dans l'autre sens où j'étais en dépression et après il y a eu un burn-out. Dans tous les cas, le mot burn-out a été prononcé et depuis, j'ai appris à lâcher prise. Et cette psychologue du travail que j'ai vue m'a dit « mais en fait, vous ne pouvez pas continuer à courir comme ça » . Je lui ai dit « si, je suis en prépa » . Des fois, je lui disais des trucs comme ça, elle me disait « non, personne ne vous a obligé à faire une prépa » . Bien évidemment, c'est recommandé de se préparer quand on fait une course. Mais encore une fois... parfois on se l'impose tellement fort qu'on oublie que c'est nous qui nous l'imposons et elle me dit mais il y a des gens qui se préparent oui c'est vrai elle m'a montré en fait que sur tous les points partout il y avait zéro lâcher prise du contrôle partout et d'ailleurs rappelle moi t'étais pas du genre à te blesser souvent dans le sport ces derniers temps si ces derniers temps exactement mon corps il a dit stop et d'ailleurs fun fact donc je commence mon arrêt Merci. Bah, pour expliquer les blessures, je commence mon arrêt donc mars 2025. Et malheureusement, j'étais en prépa marathon. Bah non, on peut pas tout arrêter comme ça. Prépa marathon Paris, un mois après. À aucun moment, je me suis dit, ah peut-être que je vais devoir y renoncer quoi. Non, non, non, on va y aller. Ça fait quatre mois que je me prépare, c'est que j'avais fait une prépa longue, donc j'y vais. Donc j'y vais. Mes sorties longues se passaient de moins en moins bien, j'explosais sur chaque sortie à nouveau. Horrible. J'arrive sur le marathon, pas très confiante, je ne validais plus les allures, mais je me suis dit après j'avais déjà fait trois marathons à cette allure, en vrai ça va le faire. Et au douzième kilomètre, je commence à marcher. C'est pas du tout un échec de marcher sur le marathon, loin de là, mais ça ne m'était jamais arrivé. D'habitude, mon corps y tenait. Donc, je commence à marcher au douzième kilomètre, à savoir qu'il reste quand même 30 kilomètres. Je me disais, mais non, ça ne va pas le faire. Pourquoi je marche ? Et voilà, j'appelle mon copain et il me dit, essaye de courir encore un kilomètre ou d'avancer un kilomètre, si tu abandonnes après. Effectivement, quand on abandonne, il vaut mieux être sûr. Donc je continue, je continue 4 km, au 16ème kilomètre je sens une décharge dans mon pied, je me dis oula, j'ai jamais eu cette douleur, je me suis pas tendue à jefier, rien, enfin il y a eu aucun mouvement, aucun faux mouvement, j'ai l'impression qu'on m'a enfoncé un clou dans le pied quoi. Et juste après 1 km, je retrouve des copines, il y en a une qui m'a accompagnée jusqu'au bout, donc voilà, je l'annonce, je suis allée jusqu'au bout en boitant, en courant de temps en temps, en disant oh j'ai mal ! En étant en transe, parce qu'en fait je pense que c'est ça mon... En fait je venais de commencer mon traitement et il y a des effets secondaires quand on commence un traitement. Surtout que là j'avais des doses assez élevées, donc les effets secondaires des fois ils sont un peu proportionnels j'ai l'impression. Et en fait toute l'eau que je prenais, parce que je m'hydrate hyper bien, ressortait en transpi. Et je pense que mon corps était déshydraté. Et je pense que c'est ça qui a causé la blessure. En tout cas je suis allée au bout. Après cette blessure, je tombe en août, je m'ouvre le genou. Je me dis non mais c'est pas possible quoi. Mais arrêtez ! Que ça s'arrête, laissez-moi faire ce que je veux. Et encore une fois, je suis sûre que c'est des signes. Des signes comme quoi je pense que je ne levais pas assez les pieds, mon corps ne plie plus. Je juste laisse-le tranquille. Genre, il n'a peut-être plus envie de courir. Même si je fais un an de pause de course à pied, je vais survivre. Enfin, il n'y a pas de souci. Mais bon, voilà, je reprends après que mon genou est cicatrisé. Et hop, period. J'ai fait trois blessures en une année. Et voilà, aujourd'hui, je suis enfin remise, j'ai réussi à lâcher prise. Et je pense que c'est ce qu'il fallait, c'est ce que mon corps me demandait en fait.
- Speaker #1
C'est hyper hyper important ce que tu dis, et je pense que ça va pouvoir parler à beaucoup de monde. Et s'il y a bien une phrase qui est hyper importante à garder en mémoire, et c'est difficile quand on est en plein burn-out, c'est de se dire que le burn-out, c'est pas d'être faible, c'est d'avoir été fort trop longtemps. Et c'est exactement ce que tu imagines là, c'est que t'as tenu bon, t'as serré les dents. T'as fait tout ce que t'as pu, t'étais no pain no gain, je vais jusqu'au bout, je commence un truc, je le finis, mais...
- Speaker #0
Pourtant je critiquais ce no pain no gain, mais je me rendais même pas compte que j'étais dedans en fait.
- Speaker #1
Ouais, mais parce qu'en fait tu le faisais pas dans cette optique là, tu le faisais parce que j'aime, et parce que c'est ma passion, c'est le truc qui me fait du bien, voilà, donc pourquoi j'arrêterais si c'est un truc qui me fait du bien ? Et ça je pense que c'est important de le savoir, c'est pas parce que c'est une passion, c'est pas parce que c'est des choses qui nous font du bien qu'elles sont bonnes pour nous quand on les fait à l'excès. Et c'est toujours pareil, en fait, dans la vie, que ce soit des choses qui sont malsaines ou des choses qui sont saines, bah c'est ok si c'est fait dans une certaine mesure, mais à partir du moment où ça vient, ça vire à l'excès, bah c'est pas bon, même si c'est sain à la base, donc c'est super important, et ouais, vraiment, je te remercie pour tout ce partage, c'est pas évident, j'imagine, parce que voilà, ça a obligé à se mettre à nu, ça vient questionner un peu l'ego, parce que voilà, tu dis, putain... Maintenant, tu t'en rends compte, tu te dis, purée, j'aurais peut-être pu m'en rendre compte à ce moment-là. Mais quand on est dedans, en fait, on ne peut pas s'en rendre compte. Et tu disais tout à l'heure, ouais, le burn-out, il y a des gens, ça va être... Voilà, tout d'un coup, il y a un gros stop, ils vont finir à l'hôpital et tout. Ça peut être ça. Mais ça peut être aussi, et c'est un truc qu'on entend souvent, les gens qui se retrouvent dans leur voiture pour aller au travail et qui, tout d'un coup, ne peuvent plus avancer. Voilà. Genre, la voiture, ça ne peut plus... On ne peut même pas ouvrir la porte pour sortir parce qu'il y a un blocage. Ça, c'est aussi un signal. Tu parlais aussi des antidépresseurs et des symptômes et tout. Toi, tu parles de ce truc de très vite, ça a été euphorisant et tout. Les antidépresseurs, normalement, les psychiatres vont vous prévenir si vous avez à prendre ce traitement. Il ne faut pas oublier qu'ils peuvent mettre 3, 4, 5 semaines à agir et que pendant ce laps de temps, vous pouvez avoir une recrudescence des symptômes avec une recrudescence d'idées noires, de fatigue, etc. C'est normal. Donc ne les arrêtez pas pendant ce temps-là. Ça fait partie du processus. C'est hyper important. Et ce que tu dis sur la déshydratation, c'est très important aussi. Il faut absolument faire de la prévention, surtout avec les périodes caniculaires. Là, on va rentrer dans l'été, au moment où vous entendez cet épisode. Quand vous avez un antidépresseur, il faut absolument faire très attention à votre rapport en eau, faire très attention à votre rapport en électrolyte parce qu'avec les antidépresseurs, vous allez beaucoup, beaucoup, beaucoup consommer d'eau, dépenser d'eau et vous sentir très rapidement déshydraté, même sans vous en rendre compte d'ailleurs. Est-ce que là, aujourd'hui, alors je sais pas, tu vas nous dire si tu prends encore un traitement antidépresseur, etc. Mais à la lumière de tout ce parcours que tu as eu, où finalement tu t'es défini pendant... longtemps à travers le prisme de la dépression, même si en t'écoutant on se rend compte que c'est peut-être pas la dépression depuis le début quand même, mais voilà. Mais du coup t'as passé une grande partie de ta vingtaine avec cette étiquette là, comment tu vis ça aujourd'hui, le fait d'avoir passé tout ce temps avec cette maladie, ou en tout cas avec ce truc qui te pesait dessus, est-ce que t'as peur aujourd'hui de devoir vivre avec ça tout le temps ?
- Speaker #0
Ouais, en vrai, ça fait un peu peur, surtout que, voilà, moi j'ai l'impression d'avoir connu tout mon âge adulte malade, quoi, enfin, c'est dur. J'avoue qu'à plein de moments, je me suis demandé si c'était pas chronique, quoi. Après, en y réfléchissant, je me suis rendue compte qu'à aucun moment, j'avais essayé de traiter la cause, donc c'est peut-être normal si ça passe pas. En vrai, ça fait un peu peur, surtout quand on a la sensation qu'on pourra jamais... Traiter la cause. Moi, c'était mon travail, etc. Et financièrement, c'était un peu compliqué. Je me disais, jamais je ne vais pas arrêter. Donc, ça m'a fait peur. Mais là, aujourd'hui, j'ai beaucoup plus d'espoir. Parce que du coup, ça fait depuis un an quasiment que je ne travaille plus. J'ai envie de retravailler un jour, je précise quand même. Mais là, un an...
- Speaker #1
Oui, puis attends, je me permets... juste une petite parenthèse, Lorane, parce que tu dis que tu ne travailles plus, alors certes, tu n'es plus salariée dans l'ingénierie, etc., mais tu alimentes ton compte Instagram, où tu fais aussi des partenariats, des machins, c'est quand même un taf, parce que tu es très très active dessus, c'est un boulot que tu travailles actuellement, peut-être pas comme avant.
- Speaker #0
J'oublie tout le temps, et pour vous dire, je suis la psychologue, et j'oublie de lui raconter que je fais ça, parfois c'est à temps plein, c'est vraiment... Merci. Je pense que tu as participé aussi à ça. Parce que je partage depuis 2020. Et il y a eu cette casquette-là aussi. Donc oui, je travaille quand même, je précise. Mais c'est vrai que je n'ai pas de rythme de vie comme avant. Et c'est vrai que j'ai l'impression d'être un peu illégitime de dire que je travaille. C'est avérant. C'est vrai que je travaille. Merci de l'avoir rappelé. Mais en tout cas, là, ça fait un an que je peux vivre à mon rythme. bon malheureusement je gagne pas ma vie totalement grâce sinon ça serait bien mais la création de contenu ça ne fait pas gagner ma vie totalement enfin ça suffit largement pas mais là voilà le fait d'être au chômage ça me permet vraiment de me recentrer sur moi pour une fois pour la première fois de m'écouter de voir ce que j'aime de prendre le temps Euh... Et en fait, se rendre compte que quand on prend le temps, quand on a besoin de cette pause, par moment, on a besoin d'une pause. Et quand on la prend, tout revient naturellement. C'est un peu la nature qui reprend ses droits. L'image, c'est un peu comme la sensation de revivre. Et j'ai vraiment envie de donner de l'espoir là-dessus. C'est qu'en quelques mois, j'ai fait des progrès incroyables. Et j'ai tellement envie de dire aux personnes, trust the process. Faites confiance au processus. Quand on fait un burn-out, c'est important de faire une pause à un moment donné. On a l'impression que la pause, elle ne sert à rien, des fois, juste à nous faire culpabiliser de ne pas travailler. Et en fait, jour après jour, il y a des effets qu'on ne voit pas, mais qu'un jour, on ressent. Et là, je les ressens. Par exemple, j'ai réussi à reprendre la lecture. J'arrive à... Par exemple, une copine qui me dit ça, elle me dit, on se fait un truc ce soir. Avant, j'aurais été, mais il fallait me demander deux semaines avant. Je n'étais pas flexible du tout. Et là, maintenant, j'arrive à voir du monde. J'arrive à voir du monde toutes les semaines, des personnes différentes, pas les personnes... Vous voyez, on a des personnes avec qui on est tellement en confiance que ça prend... Niveau batterie sociale, ça prend zéro. Mais là, j'arrive à voir des personnes différentes, des personnes que je connais moins. Même là, par exemple, faire ce podcast, même si on a beaucoup discuté ensemble, ça aurait pu représenter un gros effort. Bien sûr. Et là, franchement, je l'ai fait naturellement. Donc vraiment j'ai vraiment envie de vous redonner de l'espoir S'il y en a qui sont dans cette période là Comme quoi parfois on a l'impression que ça va rythmer notre vie tout le temps Et en fait quand on prend le temps d'écouter notre corps, les signaux etc En fait le corps il va toujours nous amener vers les bonnes choses Enfin vraiment moi j'ai pas les mots Et voilà mon entourage le voit J'ai plus aucun symptôme de la dépression j'ai l'impression Enfin incroyable Et oui, je suis toujours sous traitement. Je crois que c'était aussi une des questions. Mon traitement, j'ai commencé il y a un an. Donc là, on est en diminution depuis juillet. Parce qu'en fait, il avait surdosé le traitement. Apparemment, c'était une technique qu'il avait. Donc, il l'a diminué assez vite pour se remettre à une dose que je connais assez bien. Et là, j'ai diminué à plusieurs reprises pour faire un sevrage. Et là, je suis à la dose minimale de la molécule. Donc, c'est un truc de fou. Et je pense que ça s'entend, mais j'ai... beaucoup d'énergie, je suis trop contente Et je me dis quand même, c'est fou. Le prochain step, c'est de prendre un jour sur deux. Et après, le step d'après, en théorie, c'est l'arrêt. Mon psychiatre m'a dit que mon état de santé, c'était totalement OK pour diminuer. J'étais en train de dire, c'est trop bien. Mais ma situation est encore trop incertaine. Je ne sais pas ce que je ferai dans quelques mois. Et il ne faut pas remplir l'équilibre trop tôt.
- Speaker #1
C'est ça. Souvent, les psychiatres, ils sont très vigilants à ça, à attendre. qu'on ait une stabilité, souvent c'est professionnel parce que c'est souvent de ça qu'il est question, c'est souvent la chose qu'on doit arrêter quand on est en burn-out. Donc souvent il faut attendre une certaine stabilité professionnelle pour pouvoir effectivement envisager un arrêt parce que tant que c'est pas stable, il y a des up and down dans la vie, ça fait partie des choses qui sont normales et le fait d'avoir les antidépresseurs nous aide à lisser un petit peu, à faire en sorte que ce soit un peu moins violent. Mais en tout cas, ce qu'on entend dans ce que tu dis, c'est qu'en fait, finalement, la chose dont tu avais besoin depuis le début, c'était de repos, c'était de l'arrêt et que quelqu'un te l'autorise parce que toi, tu ne pouvais pas te le permettre toute seule. Et s'il y a bien quelque chose qui est important de dire, c'est que le repos ne se mérite pas. On n'a pas à mériter le repos. Le repos, il fait partie de nos besoins fondamentaux. C'est grâce à lui qu'on peut fonctionner normalement. C'est d'ailleurs grâce à lui qu'on peut être productif. Si vous essayez de vous reposer une journée, même si vous avez une longue to-do list, vous allez voir que le lendemain, vous allez fonctionner beaucoup mieux. Et il y aura toujours des tâches sur votre to-do list. Même quand vous aurez fini de la cocher, en fait, ça va recommencer. Il y aura de nouveau des tâches qui vont arriver. Donc, il y aura toujours des choses à faire. Ce ne sera jamais terminé. Mais le repos, c'est vraiment quelque chose d'hyper... C'est fondamental, en fait. Il faut le prendre parce que c'est ça qui va vous permettre de fonctionner sur le long terme. Et on le voit. Tu l'as fait, tu t'es autorisé ça, ça t'a fait aussi remettre pas mal de choses en question, de comprendre un peu ton fonctionnement. Et puis là, du coup, t'es sur une nouvelle lancée. Effectivement, t'as pris le truc à la racine de, ok, quelle est ma perception de la performance ? Quelle est ma perception du monde du travail, etc. ? Qu'est-ce qui fonctionne pour moi ? Peut-être qu'aussi, t'as pas un fonctionnement qui est fait pour être dans du salariat et faire des horaires 9h, 17h derrière un bureau. Peut-être qu'en fait, ça, c'est quelque chose qui n'est pas ok pour toi. Et c'est ok que ce soit pas le cas, mais de faire ce temps d'arrêt et de se poser la question. Et d'ailleurs, tu le disais tout à l'heure, ça a commencé à la vingtaine, et tu disais, ouais, à la vingtaine, on n'est pas encore tout à fait adultes. Bah effectivement, notre lobe frontal est mature à l'âge de 20 ans. Donc ça veut dire que tant que notre lobe frontal n'est pas mature, on n'est pas 100% adulte. Et notre lobe frontal, il est responsable de quoi ? Des fonctions exécutives, c'est-à-dire réfléchir, planifier. être flexible, etc. Et toi, en fait, tu avais à peine ton lobe frontal mature que tu as découvert le fait de devoir te suradapter, de devoir faire preuve de flexibilité et tout. Et donc, en fait, tu es venu mettre à mal ces fonctions qui étaient à peine matures. Donc, évidemment, là, tu es en train de découvrir un truc qui est tout nouveau. En fait, c'est comme si, ça y est, tu découvrais, vraiment avec toutes tes capacités, ce que c'était vraiment la vie. et la capacité de surfer sur les vagues, avec les up and down et tout. Donc en fait, t'es vraiment sur la bonne voie, et je pense que là, t'as mis le doigt sur des choses fondamentales. Donc je te remercie pour ça.
- Speaker #0
Ça me fait plaisir, surtout. Même tes questions misent en lumière des choses. Je réfléchis pas... Je vois pas ça, suivant tous les points de vue, et c'est vrai que d'être face à quelqu'un aussi qui a vécu ces situations, je pense qu'en fait, on... Peut-être que toi, niveau développement personnel sur ce sujet-là, t'es peut-être plus avancée. En fait, t'as réussi à mettre en lumière certaines choses. Donc ouais, ça fait plaisir. Et d'ailleurs, petite chose que je n'ai dit nulle part, et je vais en profiter de ce podcast pour faire une petite... Je sais pas comment on appelle ça. Genre en avant-première.
- Speaker #1
Un teasing, une annonce.
- Speaker #0
Et en fait, il y a un de mes rêves, et d'ailleurs j'en ai déjà discuté avec toi. Quelque chose que je rêve de faire et qui est vraiment un projet sur le long terme quand même qui est d'adopter un chien. Et du coup, ça va se concrétiser cette année. Et ça, en fait, c'est aussi un truc de fou. C'est qu'avant, je n'aurais jamais été capable et je me suis sentie prête. Et c'est vraiment un rêve. Voilà, là, je suis dans une situation qui fait que je peux adopter un chien. Enfin, voilà, je précise quand même que je ne fais pas ça à la légère, etc. Mais... Il y a quelques années, même si c'était un rêve, je pense que je ne me serais jamais sentie capable de me rajouter ça. Et là, en fait, je n'ai pas la sensation de me rajouter quelque chose. C'est genre juste enfin une évidence. Et j'ai très hâte d'en discuter avec une psychiatre aussi, parce que je pense que pour la première fois de ma vie, j'ai un projet. Parce que voilà, moi, je n'ai jamais investi. Je n'ai pas d'enfant, je précise. Et voilà, je trouve que c'est une belle revanche sur la dépression d'avoir enfin quelque chose, une projection.
- Speaker #1
Je trouve ça génial et là tu mets le doigt sur quelque chose d'hyper important, c'est-à-dire que le burn-out vient rebrasser les cartes et on passe d'un truc où on était en mode un peu pilote automatique, le temps me roule dessus, je fais, je fais, je fais, mais en fait je garde pas de temps pour ce qui est vraiment important pour moi. Et là, en fait, tu remets au centre quelque chose qui a toujours été là en toi, qui a toujours demandé qu'à sortir, et ça y est, tu vas pouvoir le vivre, tu vas pouvoir t'engager envers quelqu'un d'autre qu'envers toi-même aussi. voir un chien, moi je le sais, la mienne elle m'a sauvé la vie typiquement pendant le burnout et la dépression parce qu'elle m'a permis de garder un cadre avec des horaires et d'avoir du sens dans mes journées et franchement je pense que sans elle ça aurait été très très compliqué de m'en sortir. Donc voilà c'est génial, je suis ravie pour toi et d'ailleurs une chose très importante aussi c'est que t'as parlé un petit peu de quand on veut on peut tout à l'heure et tu disais que t'étais pas ok avec cette phrase et je suis totalement d'accord avec toi et je dirais même c'est pas parce que tu peux le faire que tu dois le faire. Et je pense que c'est hyper important. Et tu vois, t'avais les capacités, t'avais les bonnes notes et tout pour aller en prépa 1G, etc. Décourager les trucs. Tu pouvais, mais c'est pas parce que tu pouvais que tu devais absolument le faire. Tu pouvais avoir un chien peut-être avant, mais c'est pas pour ça que tu devais absolument le faire si c'était pas le moment pour toi. Donc voilà, posez-vous toujours la question de il y a ce que je peux faire, mais il y a ce que je suis obligée de faire. Merci. C'est pas parce que t'es hyper brillant et que t'as, je sais pas, 17 de moyenne et que du coup t'es promise à la fac de médecine. Si c'est parce que t'as envie de faire, si c'est parce qu'il y a du sens pour toi, alors tu n'es pas obligée. Voilà.
- Speaker #0
Un super bon reminder, vraiment. Quelque chose que j'aurais aimé entendre avant de commencer mes études et je sais pas s'il y en a qui sont dans cette situation, qui ne savent pas encore vers quelle étude se diriger ou quoi. Mais vraiment, c'est hyper important, je pense, de... De sentir ce qui nous fait vibrer. Parce que même si jamais on fait un métier qui est censé rapporter, si on le fait et qu'on n'aime pas et que ça nous coûte, potentiellement ça va amener des arrêts. Et je peux vous dire qu'en arrêt, on gagne moins, malheureusement. Donc en fait, je pense que j'aurais plus gagné à faire une fac dans un domaine peut-être où il n'y a pas autant de débouchés, etc. Mais voilà, même si ce n'est pas le travail que je rêvais, j'aurais fait des choses en lien avec un domaine que j'aime. Et là aujourd'hui je serai dans une situation toute autre, mais je suis très heureuse d'être à ma place aujourd'hui, donc je changerai pour rien au monde ce que j'ai fait, parce que sinon je pense que je n'aurais pas rencontré mon copain, j'aurais pas fait les mêmes rencontres, on ne sait pas où on serait. en vrai je pense que la dépression c'est une leçon de vie aussi je le recommande à personne mais si vous la voulez je pense que ça nous pousse à réfléchir plus à nous questionner plus sur ce qu'on a besoin. Il y a des personnes qui vivront toute leur vie sans jamais se poser de questions à est-ce qu'ils sont heureux, est-ce qu'ils sont bien à leur place. Et moi, je le vois. Mon papa, il a fait plusieurs burn-out et il ne s'est jamais posé de questions sur ce qu'il avait besoin pour être heureux dans la vie. Aujourd'hui, avec ma maman, on le voit en difficulté. Et voilà. Moi, je suis quand même heureuse de me poser des questions tôt. Je me serais bien passée de ça dans ma vingtaine. J'aurais bien aimé profiter, comme certaines personnes, même si je sais que la dépression, enfin, sans dépression, on n'est pas heureux tout le temps. Mais voilà, j'aurais aimé profiter. Mais je pense que j'ai avancé sur des points sur lesquels j'aurais mis des années à avancer. Peut-être qu'il y a certains points que j'aurais compris à 45 ans, que voilà, j'ai besoin de repos de temps en temps, machin. Non, là, je l'ai compris plus tôt. Pareil pour le travail. Je pense que j'apprends à poser mes limites plus tôt. Donc, même si je l'ai un peu perçu comme un échec à certains moments, je pense qu'en vrai, ça se transforme aussi en victoire. Mais bon, après, ça nécessite quand même d'être bien entouré. Moi, je trouve que ça fait du bien d'en parler avec des personnes qui vivent ça aussi. Et d'ailleurs, je ne sais pas si toi, c'est pareil, mais naturellement, j'ai l'impression qu'on se rapproche des personnes qui traversent ça. Total. Moi, je me suis fait pas mal d'amis avec les réseaux. aussi et à chaque fois en discutant on se rend compte qu'on est toutes sous antidépresseur on en rigole parce qu'on est mes purées on est toutes enfin en fait on se ressemble énormément et enfin c'est important aussi d'avoir des personnes qui comprennent ce qu'on traverse parce que bon les personnes aidantes bah des fois elles ont pas toutes les clés elles ont beau faire du mieux qu'elles peuvent bah en fait la dépression ça reste encore trop méconnu Et voilà. Mais en tout cas, moi, je sais qu'ils suivent des comptes qui en parlent aussi. Ça m'aide. En parler, ça m'aide aussi. J'en parle pas... Enfin, c'est fou. En fait, moi, je reçois un nombre incalculable de témoignages, de messages, etc. En fait, en parler, ça sera toujours la meilleure solution, je trouve. Et si l'entourage n'est pas... Il y a des entourages qui ne seront pas autant à l'écoute. Voilà, comme je disais, il y a des comptes Instagram qui en parlent. Et moi, je suis totalement OK à en parler en DM aussi. Je suis sûre qu'il y a plein de personnes autres. On n'est pas toujours obligés d'en parler à notre entourage proche si jamais ce n'est pas possible. Parce que voilà, il y a des périodes, moi, je sais, avec mes parents, ça n'a pas toujours été possible parce qu'on a tous nos problèmes. mais... Et des fois, on n'est pas apte à entendre la douleur des autres, et ça, c'est dur aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et puis, il y a aussi que l'entourage, parfois, il fait ce qu'il peut, mais en fait, il ne peut pas comprendre. Et ce n'est pas grave, on ne peut pas leur en vouloir tant que les gens n'ont pas vécu ça, ils ne peuvent pas savoir ce que c'est. Donc, comme tu dis, je pense que c'est un excellent conseil de se rapprocher de gens qui connaissent ce qu'on a vécu. Ça peut être totalement un game-changer et faire énormément de bien. Et pour terminer, Lorane, si tu devais retenir une chose, de cet échange aujourd'hui ce serait quoi ?
- Speaker #0
je pense que ce serait le nombre de fois où tu as souligné que ça ressemble beaucoup à un burn-out depuis le début me dire que tu étais plus compétente que la majorité des personnes que j'ai consultées à ce moment-là ah non mais c'est c'est assez bluffant enfin est-ce que voilà avec la psychotraque que j'avais vue qui avait posé le mot dessus j'avais pas pu rentrer autant dans les détails je pense sur certains voilà Et toi, c'est vrai que t'as vu direct le truc. Encore une fois, ça me rappelle que je ne mettais pas mon énergie au bon endroit. Que je continuais malgré tout, malgré tout. Avec le traitement, je me disais que ça irait. Mais non, en fait. J'ai bien aimé le fait que tu mettes en lumière des choses peut-être que je n'avais pas encore remarqué. Vraiment, j'ai trouvé ça génial. Un échange qui a été vraiment super naturel. Et non, franchement, je suis contente, ça m'a apporté aussi, et puis même, à vouloir donner de l'espoir, je me suis donné de l'espoir toute seule aussi. Mais tellement !
- Speaker #1
En plus, vous ne la voyez pas, mais là, Laurane, elle a des boucles d'oreilles, c'est des soleils, et je trouve que c'est tellement ta tête, t'es rayonnante, ça fait trop plaisir de te voir comme ça. Et vraiment, je pense que voilà, c'est ce que tu dis, moi, si je l'ai vu, c'est parce que j'ai été professionnelle de santé. J'ai traversé aussi ça, j'ai fait beaucoup de recherches sur le burn-out, la dépression, donc évidemment. Mais je veux dire, entourez-vous, n'hésitez pas à aller demander d'autres avis, faites-vous confiance. C'est pas parce que c'est dans la tête que ça n'existe pas, que ça ne mérite pas que ce soit pris en compte. Et voilà, toi tu nous l'as montré là, et vraiment je pense que t'as pas à t'en vouloir un seul instant de ne pas avoir mis ton énergie au bon endroit. Tu ne pouvais pas le faire, parce que quand t'as le nez dedans, on peut pas demander à quelqu'un qu'il a le nez dans le sable. de savoir où aller en fait. Enfin je veux dire, il a né dans le sable, on voit plus, il n'y a pas de direction. Donc c'est aux professionnels de Téguillier. Et malheureusement, ils n'ont pas su le faire. Donc vraiment, voilà, allez, allez demander des avis ailleurs. Normalement, maintenant, il y a de plus en plus de professionnels de santé qui sont dispo via Doctolib. Parce que comme ça, si vous habitez dans un désert médical, vous pouvez aller voir quelqu'un qui est plus loin. Donc voilà, vraiment, ne restez pas seuls. allez, je vous en supplie, voir le compte de Lorane sur Instagram. Encore une fois, vous avez le lien dans la description. Vous allez voir, c'est que du bonheur. Vous allez vous sentir beaucoup moins seul. Vous allez vous sentir compris. Lorane, tu mets des mots sur ce qu'on est nombreux et nombreuses à ressentir. Donc, merci pour ça. Merci pour tout ce que tu as déposé aujourd'hui. Et j'espère que cet échange aura permis de faire germer une petite graine parmi ceux qui nous écoutaient. Dites-nous en commentaire ou en MP ce que vous avez... Pensez à cet épisode et surtout ce que vous retiendrez, n'hésitez pas à nous écrire. Je te remercie infiniment Lorane, je te souhaite une très bonne journée et je vous souhaite une très bonne journée à toutes et tous !