- Speaker #0
J'ai le plaisir de recevoir au micro de Salto, Galit. Diplômée d'un doctorat en pharmacie, elle a travaillé pendant près de dix ans en tant que pharmacienne. Une carrière tout tracée qu'elle aurait pu poursuivre, mais elle a choisi de casser les codes et de composer sa vie différemment. Elle s'est reconvertie pour vivre de sa passion. Aujourd'hui, elle est autrice, compositrice, interprète, chef de chœur. et fondatrice de Meet & Sing, son école de chant basée à Marseille, où elle accompagne une chorale pop de plus de 100 voix qu'elle anime avec passion. Elle nous partage son histoire sur salto en toute intimité. Bonjour Galit.
- Speaker #1
Bonjour Alexa.
- Speaker #0
Merci de m'accueillir dans la salle de chant de l'école Meet & Sing.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Alors ici nous sommes en plein coeur du 8e arrondissement dans le quartier de la Pointe-Rouge, au bord de l'eau. Il y a pire comme endroit.
- Speaker #1
Il y a pire, on est dans l'accord.
- Speaker #0
Alors j'aime bien décrire les lieux. On est dans cette salle où il y a du parquet, il y a des miroirs, il y a ton piano, il y a une guitare également. Voilà, c'est ton lieu de vie on va dire. parce que c'est là où tu enseignes justement le chant, c'est ton école. C'est un peu ici ton espace de liberté.
- Speaker #1
Exactement, depuis cette année.
- Speaker #0
Depuis cette année, donc je suis ravie d'être sur site. Avant que tu nous dévoiles ton histoire et comment tu es passée de pharmacienne à chanteuse et chef de chœur, j'ai une première question pour toi. Peux-tu me dire quel métier tu rêvais de faire enfant ?
- Speaker #1
Alors, je crois que ce n'était pas un seul métier, mais c'était... tous les métiers artistiques. J'ai voulu être chanteuse, bien sûr, j'ai voulu être comédienne, j'ai voulu être dessinatrice. Tout ce qui était... À partir du moment où je voyais... Je sentais qu'un métier donnait une grande liberté, j'étais attirée, happée complètement. Donc c'était vraiment... J'ai voulu être écrivain, c'est vrai.
- Speaker #0
Donc tu étais vraiment déjà dans l'univers artistique.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Donc ça, c'était vraiment ton rêve d'enfant.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et puis, alors, quand tu es arrivée au lycée, il a fallu prendre des décisions sur le post-bac ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Des études ?
- Speaker #1
Ça, c'est un petit peu classique, je pense. À l'époque, nous, on choisissait entre trois filières, scientifique, littéraire ou ES. On appelait ça le bac ES à l'époque. Moi, j'ai choisi scientifique. C'est assez classique. Je voulais faire plaisir à mes parents. Je voulais... Enfin, je voulais. Je sentais qu'il fallait que j'aille vers un métier qui me mette en sécurité. On me parlait beaucoup de sécurité, donc j'ai choisi une voie sécurisante pour tout le monde.
- Speaker #0
Mais tu avais déjà quand même ce goût pour l'artistique.
- Speaker #1
Oui, mais je... Tu l'avais mis un peu de côté. Je me suis autorisée ça très tard.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Vraiment très tard. J'ai toujours fait de la musique, toujours chanté. J'ai commencé par le piano classique. Ça faisait partie de ma vie, mais comme un loisir, comme un hobby. Je pense que mon entourage ne voyait pas ça comme quelque chose de sérieux. C'était très noble, très beau, mais ce n'était pas sérieux. Et donc, j'y suis allée, mais vraiment, vraiment tardivement.
- Speaker #0
Donc, ces études, elles se sont basées sur les sciences.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, tu... C'est passionnant, d'ailleurs. C'est passionnant. Tu te sentais quand même dans ton élément. C'était intéressant, mais tu n'étais pas forcément...
- Speaker #1
Dans mon élément, pas du tout. Intéressant, oui. C'était passionnant.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as fait comme études, alors ?
- Speaker #1
Donc des études de pharmacie. Ça a duré six ans, un peu plus, parce que j'ai traîné un petit peu.
- Speaker #0
Tu as eu un doctorat, je crois ?
- Speaker #1
Oui, j'ai mon doctorat, effectivement. C'est assez drôle. C'est pas rien ? Non, c'est pas rien. J'ai le directeur de thèse que j'avais rencontré à l'époque, François Chaste. Je ne sais pas si ça parle, mais c'est quelqu'un de très reconnu, qui est un toxicologue très renommé. m'avait proposé de faire ma thèse sur la mort toxicologique de Michael Jackson. Vraiment, ce n'était pas par pur hasard, parce qu'on avait un petit peu discuté, on s'était rencontrés. J'ai tout de suite dit que j'étais musicienne et que j'avais un profil un peu atypique quand même. Mais voilà, il m'a proposé ça. Donc ça m'a permis de clôturer ces études en réconciliant les deux finalement. C'est devenu à toi ça de ça, mais pas... Et c'était assez drôle et c'était peut-être le déclic. Le moment où je me suis dit, ah ok, en fait, c'est respectable.
- Speaker #0
Et du coup, cette thèse, tu l'as passée ?
- Speaker #1
Je l'ai passée en 2013, à Paris 5. C'était un grand moment, j'ai tremblé, je ne savais pas si j'allais en être capable. C'est tellement sérieux de se retrouver dans cette université, dans cette grande salle.
- Speaker #0
Mais tu étais déjà face à un public ?
- Speaker #1
Oui, j'étais déjà face à un public. En plus, le public, tous les proches, la famille, c'est encore plus intimidant. Et c'était vraiment... Très fière, mais je...
- Speaker #0
C'est ce qui t'a permis de valider et de devenir...
- Speaker #1
De devenir pharmacienne. Pharmacienne, exactement.
- Speaker #0
Donc tu as professé pendant combien d'années, Gaëlle ?
- Speaker #1
Pendant, on va dire, une dizaine d'années. Du démarrage des études de la première année à ce fameux moment où j'ai tout plaqué. Dix ans.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui allait et qu'est-ce qui n'allait pas dans ce job ? Alors, comment tu t'en es rendue compte ?
- Speaker #1
Ce qui allait, c'est le truc qui me saute aux yeux tout de suite et que j'ai envie de te dire, parce que c'est le point commun avec mon métier actuel, c'est les gens. Ça, ça allait très bien. Moi, j'ai été vers ces études-là parce que je voulais soigner, je voulais aider, je voulais parler aux gens, je voulais rencontrer. Donc ça, c'est toujours le cas aujourd'hui et c'est fabuleux. Ce qui y allait moins, c'est que le métier de pharmacien a beaucoup changé. Alors ça dépend, il existe heureusement toujours des pharmacies superbes, de quartiers, qui prennent le temps, qui soignent. Ça, c'est heureusement qu'ils sont là. Mais il y a aussi tout un côté obscur de la pharmacie, je trouve. Des grandes pharmacies, usines. où on vend tout et n'importe quoi à n'importe qui, on ne prend pas le temps de discuter. On a face à soi des personnes âgées. Moi, j'ai un patron qui me disait à l'époque, tu lui vends trois produits et tu lui dis au revoir et merci. Ça, c'est ce genre de truc, des petites anecdotes comme ça qui n'ont l'air de rien. Mais c'était comme l'annonce du déclic. Ça, déjà, ça n'allait pas. Quand on m'a dit ça, j'ai quitté le poste, j'ai changé. Et puis hop, nouvelle découverte, nouvelle pharmacie. Puis j'observais.
- Speaker #0
Donc, tu as changé, tu as évolué dans ton métier. J'ai évolué,
- Speaker #1
j'ai changé au moins 20 fois. J'ai vraiment essayé.
- Speaker #0
T'as essayé de rester dans cet univers-là. Et puis finalement, voilà. Donc, petite anecdote là. Il y a une petite voix intérieure qui est venue.
- Speaker #1
Elle me disait que ce n'était pas ma place.
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens du moment où tu t'es dit, mais là, aujourd'hui, je ne peux plus professer. Ce n'est plus possible.
- Speaker #1
Je m'en souviens très bien. Et c'est un peu bizarre que ce soit arrivé à ce moment-là parce que la dernière pharmacie dans laquelle j'ai travaillé, je suis restée trois ans. Ça se passait super bien. vraiment une pharmacie super à côté du jardin luxembourg c'était une petite pharmacie de quartier mais très je sais pas comment expliquer ça tout allait bien vraiment tout allait bien c'était stable enfin un poste stable Les gens étaient adorables rien de spécial quoi et sauf qu'à côté je continue à la musique je continue mes projets divers et variés puis j'avais j'avais lancé mon premier repas donc j'y allais comme je te disais tout à l'heure Oui, quand même. Oui, doucement, mais sûrement. Et à un moment donné, ça devenait obsessionnel. Ce n'est pas un très joli mot, mais je ne pensais qu'à ça. Mon esprit, je restais professionnelle aussi en tant que pharmacienne, toujours, évidemment. Mais à un moment, j'ai senti que ça pouvait être même dangereux de faire une erreur. On peut mal analyser une ordonnance parce que j'ai la date ailleurs. Ça ne collait plus. Ce n'était vraiment pas sérieux de continuer comme ça. Tu n'as pas le droit à l'erreur. Dès que j'avais une pause, dès que j'avais un temps, je m'échappais. J'allais vérifier. Je reprenais ma chanson, je reprenais le texte. J'étais vraiment la tête ailleurs. Je ne pouvais plus rester. Physiquement, tu ressentais...
- Speaker #0
Physiquement, tu avais vraiment... C'était vital pour moi.
- Speaker #1
Je ne pouvais plus respirer. Ça paraît un peu comme ça. Ça me dirait que c'est un peu de pathos, comme ça que je le fais, mais pas du tout. C'est vraiment ça. C'est être boule au ventre le matin avant d'aller au boulot. C'est arriver à l'heure, bien sûr, mais toujours un peu rigide, craque, parce que j'ai l'impression que ce n'est pas ma vraie vie. Et donc, j'essaie de profiter de ma vraie vie avant, après, le... plus possible jusqu'à la dernière seconde, parce que c'est là que je respire.
- Speaker #0
Bon, donc tu as dit ça, tu as annoncé à ta patronne.
- Speaker #1
Et là, ça a fait le grand saut. Pour tout te dire, j'ai été tellement... C'est un moment tellement important, comme quand on rencontre quelqu'un d'important. Pas forcément d'amour, mais des fois une amitié importante, quelque chose, ou un nouveau boulot hyper important, ou un voyage à un endroit où tu dis ça, c'est...
- Speaker #0
Alors moi, j'ai une question un peu plus personnelle. À ce moment-là, tu étais déjà en couple ?
- Speaker #1
Oui, j'étais déjà en couple. D'accord. Oui, mon mari m'a toujours soutenue. Ce n'est pas évident. Il l'a fait, il le fait toujours d'ailleurs, mais c'est un grand cap pour toute la famille en fait.
- Speaker #0
Oui. Tu étais déjà maman ?
- Speaker #1
Non, pas encore. Donc,
- Speaker #0
tu n'étais pas encore libre, mais tu as été libre justement de toi en tant que personne et en tant que famille de faire ce salto. Exactement. Et de te dire... Je me donne la chance, je vais au bout de mes rêves Et puis advienne que pour un Alors tu as plusieurs cordes à ton arc Puisque tu es autrice, compositrice Interprète Et puis bon après il y a l'école de chant, on va en reparler A l'époque tu étais plutôt Dans cette direction là Avec cette EP, plutôt à développer ta carrière Oui,
- Speaker #1
tant qu'artiste de scène Oui bien sûr, oui Au départ c'était ça, les chorales me sont tombées Du ciel, j'ai envie de te dire Je suis prête. Je chantais déjà sur scène et je chantais avec deux amis extraordinaires et choristes, donc Anna Spencer et Emmanuel Béchelier, que j'embrasse au passage. On jouait sur scène, ce n'était pas encore des grandes scènes, ce n'était pas encore l'Olympia, mais c'était déjà des jolies choses, moi j'en ai gardé des souvenirs vraiment super. Et lors d'une de ces scènes, je me suis dit, je vais faire un petit tour de la scène, D'un de ses concerts, j'ai une connaissance, vraiment je la connais très peu, qui dirige des chorales. Cette femme est tombée enceinte et puis elle a eu besoin d'un remplaçant pendant son congé maternité. Et elle m'a appelée en beau jour, comme ça je crois qu'on était en décembre. Franchement j'étais toute... c'était fragile encore quoi, c'était...
- Speaker #0
Oui c'était le début de...
- Speaker #1
C'était neuf tout ça.
- Speaker #0
Elle te voulait quoi ?
- Speaker #1
Elle me demande, elle m'appelle, elle me demande est-ce que tu veux bien me remplacer, est-ce que t'es ok ? Est-ce que tu saurais faire ? Et je ne sais pas ce qui me prend, franchement, parce que je reviens de loin. Je n'ai pas une nature très extravertie. Je suis quand même assez en dedans. Et là, je dis oui, pas de problème. Dans deux semaines, OK. Ça, c'était une grande découverte. Je n'avais jamais non plus enseigné devant un groupe de 30 personnes. C'était un grand saut directement dans une chorale qui était déjà constituée. Et en fait, en faisant et puis en rencontrant ces gens, ce groupe, c'était un coup de foudre.
- Speaker #0
Un coup de foudre.
- Speaker #1
Un coup de foudre total. Chorale. Les arrangements de voix. Finalement, que je faisais depuis déjà dix ans, j'écrivais mes chansons, mais toujours avec des voix. Quand j'étais jeune, je disais que je voulais être choriste avant d'être chanteuse. Parce que mon frère jouait la guitare, puis moi je calais ma petite voix derrière. Je ne trouvais pas ça moins noble d'être choriste. D'ailleurs aujourd'hui encore, je trouve ça extraordinaire.
- Speaker #0
Donc ça a été ta première grande expérience en tant que chef de tournée.
- Speaker #1
Oui. Donc là,
- Speaker #0
tu étais encore sur Paris.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu des peurs finalement ? Ou tu t'es fait confiance ? Des peurs de ton côté ? Des peurs de ton entourage ?
- Speaker #1
De mon côté, oui. Mais une grande conviction qu'il fallait que j'y aille. Quoi qu'il arrive. Donc au final, l'envie était plus forte que la peur. Pour l'entourage, plus compliqué. Donc j'avais vraiment quand même une petite tristesse à l'idée de les décevoir déjà, ou de leur causer du tracas, parce qu'après avoir donné dix ans à me soutenir, en tant que jeune étudiante à Paris, moi c'est grâce à mes parents.
- Speaker #0
Donc ça t'as fait confiance aussi ?
- Speaker #1
Oui, je ne regrette pas, mais c'est... Aujourd'hui,
- Speaker #0
je pense qu'ils sont fiers de toi aussi. Donc ton salto, il s'est fait sur combien de temps finalement ?
- Speaker #1
Je crois que mon mari pourrait être plus précisément. Il a vécu avec moi la galère, les peurs. Moi, je suis dans le flou un peu. Je crois que ça s'est fait en six mois. Dans ma tête, c'était acté.
- Speaker #0
Tu as été coachée pendant cette période ?
- Speaker #1
Pas du tout. J'aurais bien aimé. Je ne sais pas si on parlait tant de ça il y a dix ans. Il y avait moins de coach, il y avait moins de... d'entrepreneur, ça m'aurait aidée à avancer peut-être certainement plus vite et en préservant ma santé mentale. Parce que c'est quand même un gros chemin. Il faut avoir le cœur bien accroché.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu composes, tu écris. J'aimerais justement que tu parles de cet artiste engagé que tu es.
- Speaker #1
Oui. Je crois que je l'ai toujours été finalement dans tout ce que j'ai fait. J'ai travaillé pendant 3-4 ans sur un projet contre les violences faites aux femmes. Ce sujet-là m'a obsédée encore. Je parle vraiment d'obsession. C'est vraiment... J'ai trouvé ça tellement grave. C'était un tel fléau. Je ne sais pas, la chanson... Le projet est né un peu comme ça, pour une proche. Mais en tout cas, il fallait que je parle. Ce que je veux dire, c'est que je ne me voyais pas comme une artiste qui fait juste du divertissement, juste quelque chose de joli, juste danser sur scène, juste j'en sais rien. Après, il faut de tout et c'est très bien. On a aussi besoin de danser. C'est pas ma nature. Je crois que ça ne l'a jamais été. Et j'ai mis 15 ans à le comprendre. J'ai fait beaucoup de détours, même en tant qu'artiste. J'ai cru que j'étais peut-être une chanteuse un peu pop. Peut-être que j'ai... Vraiment, le chemin a été très long. Et pour juste me rendre compte que pas du tout, je ne suis pas du tout une chanteuse pop. Absolument pas. Il n'y a rien de mal ni de bien. C'est pas moi. Moi, j'ai des choses à dire.
- Speaker #0
Donc vraiment, cette cause-là, elle te tient à cœur ? Tu restes engagée, je crois que tu as fait un titre à ce sujet.
- Speaker #1
Des dragons et des flammes. J'ai vu des dragons et des flammes. Des petites filles déguisées en flammes. Je crois plus en rien, je crois plus en l'âme. J'ai vu ta vie tourner au dame. T'as une violence Rêve ta voix, le cœur en te fend La même chose que pour la guerre Et loin des coups, éploie tes airs Souviens-toi comme tu es belle
- Speaker #0
J'ai vu des dragons et des flammes
- Speaker #1
On a tourné un clip à la Vieille Charité à Marseille. On a eu la chance d'être soutenus par la ville. Et puis on a tourné ça avec beaucoup d'élèves de la chorale. mais aussi des rencontres, des amis, qui sont devenus des amis aujourd'hui, des non-professionnels d'ailleurs pour la plupart. Ça a été une expérience vraiment magnifique.
- Speaker #0
En parallèle, comme on est dans ton école de chant meet and sing, tu donnes des cours de chant, de chant collectif, de chant individuel aussi ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et de chant prénatal je crois ?
- Speaker #1
Oui. Toutes personnes motivées, hommes ou femmes, peu importe, mais c'est vrai qu'avec les femmes il y a eu un truc, il s'est passé quelque chose. Moi j'essaye de leur apporter tout ce que je peux. Mais elles m'ont aussi beaucoup, beaucoup donné. Et je vois des visages. Alors, je te dis, elles, ce n'est pas juste une masse comme ça, de chœurs que j'ai dirigées. Non, non, je me rappelle des visages des premières choristes de ce fameux premier groupe. Elles ont toutes compté, quoi. Et elles ont toutes donné beaucoup, parce que la chorale, on se livre, on a l'impression d'être cachée un peu dans le groupe. Mais en fait, on dévoile beaucoup de choses par le regard.
- Speaker #0
C'est ce qui nourrit ton bonheur à présent, aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Le fait d'animer ces chorales, de transmettre.
- Speaker #1
Le fait de transmettre.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je crois que c'est là le... Ouais, c'est le mot. C'est le mot. Le fait de transmettre, de ne pas garder tout ça pour moi, tout ce bonheur que j'ai à écrire, à chanter, à écrire des chansons, écrire plein de choses, j'écris, j'écris tout le temps. Tout ce bonheur-là, je ne vois pas pourquoi je le garderais pour moi. Ça me paraît complètement fou.
- Speaker #0
Et je pense que les élèves s'y retrouvent, parce qu'on dit que le chant est thérapeutique.
- Speaker #1
Il paraît. Moi, je suis bien d'accord avec ça. Ouais. C'est la manière à moi de soigner...
- Speaker #0
Ça ouvre le diaphragme.
- Speaker #1
Après la pharmacie, oui.
- Speaker #0
Les bienfaits du chant, tu pourrais nous les donner ?
- Speaker #1
Les bienfaits du chant...
- Speaker #0
Ceux qui ont envie de chanter, qui hésitent encore, qui se disent, allez, j'ai plein...
- Speaker #1
C'est bon pour tout. La santé mentale, on rencontre du monde, on rompt l'isolement. Tu parlais de champs prénatales tout à l'heure, c'est vrai que le champ prénatal, quand on est jeune maman ou femme enceinte, qu'est-ce qu'on est isolée ? C'est difficile. Et là, tu peux aller trouver un groupe, il y en a plein, ça commence à bien bien se faire connaître en France, depuis longtemps d'ailleurs. Moi, j'ai été formée par une femme qui s'appelle Marie-Laure Potel à ce sujet. qui est exceptionnelle et qui a milité toute sa vie, aussi pour les femmes, et qui a travaillé avec les femmes enceintes, bref. Le chant, c'est bon pour la respiration, c'est bon pour le corps, c'est bon pour l'âme.
- Speaker #0
C'est bon pour tout, en fait.
- Speaker #1
C'est bon pour tout.
- Speaker #0
Moi, je te vois, là, t'es plein de sourire, t'es plein de... Voilà, on sent que tu rayonnes, donc on sent vraiment que c'est quelque chose qui te met en joie.
- Speaker #1
Tu es animée par l'idée de réunir les gens. De réunir les gens. Et ce n'est pas si loin, comme je disais tout à l'heure, de ce que je faisais en pharmacie. Quelque chose de l'ordre du soin, pour moi, c'est fondamental. Il faut continuer de travailler là-dessus.
- Speaker #0
En plus, dans tes cours, tu donnes aussi bien des techniques. Parce que c'est force écoutée. Il faut arriver à créer cette harmonie de groupe. Et puis arriver à mener toute cette troupe. Parce que j'imagine qu'à la fin, il y a un spectacle.
- Speaker #1
L'idée du spectacle, du thème ou des chansons qu'on va aborder, ça me vient du groupe. J'ai chaque année un groupe différent. Il y a des anciennes qui reviennent, mais il y a des nouvelles. Donc le groupe, forcément, est différent. Et à chaque fois, m'inspirer quelque chose de différent. On essaie toujours d'aller vers quelque chose de positif, de lumineux. Tirer les gens vers le haut.
- Speaker #0
Si c'était à refaire, tu le refais ?
- Speaker #1
Si c'était à refaire, je me ferais confiance. Et à 17 ans, j'irais directement là où je dois aller. après Je n'ai pas de regrets, c'est-à-dire que les études, ça ouvre l'esprit. Ça donne une vigueur. Moi, je ne les vivais pas bien, parce que je trouvais le temps long, pas très long, sur les bancs de la fac. Quand on n'est pas à sa place, on trouve le temps long, on est en décalage total. Mais les études étaient passionnantes, ceci dit. Ça m'a enrichie, donc pas de regrets. Mais voilà, si là je devais dire à mon fils ou à mes petites nièces, je ne sais pas si je devais...
- Speaker #0
Vas-y,
- Speaker #1
de suite après le bac. En tout cas, fais-toi confiance.
- Speaker #0
Fais-toi confiance.
- Speaker #1
Fais confiance à tes tripes. Parce qu'on a tous des faux maîtres, c'est-à-dire les parents qui vont, même avec énormément d'amour, mais qui vont projeter quelque chose sur nous. Il y a l'entourage, il y a les amis, puis il y a les tendances. Et il y a les tripes. Et tes tripes, elles ne te trompent pas. Ce n'est pas compliqué. On sait très bien quand on rayonne ou quand on ne rayonne pas. on le sent. Et donc, il faut aller là où ton âme chante.
- Speaker #0
En tout cas, à tout le voir, tu rayonnes, ça c'est sûr. Comment tu te vois dans dix ans, alors, Réalite ?
- Speaker #1
Comment je me vois dans dix ans ? Enfin, dans cinq, dix ans, voilà. C'est difficile. Je me vois avec un stylo et une feuille. Je me vois écrire. Donc, peut-être toujours des chansons, peut-être composer, toujours ça. La musique, de toute façon, fera toujours partie de ma vie. Écrire pour les autres, écrire un livre sous différents formats, sous différentes...
- Speaker #0
Tu es sensible aux mots, tu es sensible...
- Speaker #1
Peut-être même en priorité, Alain Souchaud, c'est quelqu'un que j'ai beaucoup écouté, que j'ai beaucoup aimé, parce que la musique et les mots sont aussi importants, l'implot, dans son œuvre. J'adore Amélie Nothomb aussi, dans un autre registre. Alors, elle, elle écrit, simplement, elle ne chante pas, mais quand tu la lis, quand tu la lis à voix haute... Donc ça fera toujours partie de moi, mais écrire, ça c'est un truc que je sais que ça ne me quittera jamais.
- Speaker #0
Alors pour conclure cet échange, je t'ai demandé de réfléchir justement à un livre, une chanson, qui t'aurait aidé dans cette reconversion. Qu'est-ce que tu as pensé à quelque chose ?
- Speaker #1
Les chansons, c'est étonnant parce que j'en écoute nuit et jour, mais là comme tu m'as posé la question, ça ne vient pas facilement. Et ce qui est venu, c'est les lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke. Ça, si je dois le conseiller aussi à quelqu'un, comme je te disais à mes petites nièces, à mon fils, à tous les jeunes artistes, quel que soit le domaine, peu importe, ça c'est un chef-d'oeuvre. Et c'est un livre qui tape vraiment fort, vraiment. C'est-à-dire que chaque page... C'est peut-être le livre d'ailleurs qui m'a fait me dire, ok, j'ai raison, c'est dur, ça fait peur, c'est la galère, ça ne marchera peut-être pas. Il n'y aura peut-être pas de succès au sens où on l'entend, c'est-à-dire de l'argent et du succès. mais Pour moi, pour mon âme, c'est une réussite. Je suis là où je dois être.
- Speaker #0
Et si tu avais un conseil plus personnel que tu aurais donné aux auditeurs qui t'écoutent et qui n'ont pas encore osé faire leur salto ?
- Speaker #1
Peut-être pas un conseil, mais un petit avertissement. Ce n'est pas facile. C'est mieux d'être bien entouré, évidemment. Quand on a la famille qui soutient, qui comprend aussi par quoi on va passer psychologiquement. Il y a des hauts, des bas. Il y a des moments où je te dis là, tu me dis, je rayonne. Aujourd'hui, ça va. Il y a des moments où tu te dis, qu'est-ce que j'ai fait ? C'est un salto, oui, c'est un grand saut dans le vide.
- Speaker #0
Mais qui valait le coup.
- Speaker #1
Oui, qui valait le coup. J'ai vraiment aucun regret.
- Speaker #0
Merci infiniment, Galit, pour ce témoignage précieux.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
Et rassurant aussi. Si vous souhaitez avoir plus d'infos sur l'activité de Galit, je vous mets tous les liens utiles sur le compte Instagram Salto Podcast, ainsi que sur la plateforme de téléchargement. Ce podcast vous a plu ? Abonnez-vous pour ne manquer aucun épisode. N'hésitez pas à en parler autour de vous, à le partager, à laisser un 5 étoiles et rendez-vous sur le compte Instagram pour découvrir toutes les coulisses. A très vite !