- Speaker #0
Sam et les explorateurs du vivant
- Speaker #1
Le podcast du magazine Salamandre Junior avec le soutien de l'Office français de la biodiversité
- Speaker #0
Bonjour, moi c'est Basile Coucou, moi c'est Yasmine
- Speaker #2
Salut, moi c'est Eva Bienvenue les enfants et salut Lise Salut Sam
- Speaker #3
Tout le monde est prêt pour une nouvelle exploration ? Où est-ce que tu nous emmènes Sam ?
- Speaker #2
Je suis sûre que vous allez tous être surpris Venez Alors, je vous ai emmené où cette fois-ci ?
- Speaker #0
C'est une très grosse averse. On est peut-être près de l'autoroute ? Tout à fait. Qu'est-ce qu'on entend et d'où on l'entend ? Un vélo. J'entends des bruits de pas. Elle est à l'arrêt là la voiture, on est juste à côté de la roue. Ah bah, c'est un caniveau. Bravo ! Vous pensez qu'il y a de la vie dans les caniveaux ? Moi, je crois qu'il y a des rats, des souris. Il y a des êtres vivants encore plus petits. Des êtres microscopiques. Des bacs d'or. Des microbes.
- Speaker #2
Il y a aussi des algues, des champignons.
- Speaker #0
Et même des mollusques. Ils peuvent manger de la pollution.
- Speaker #2
Et oui, ils contribuent même au traitement des eaux en ville.
- Speaker #3
Car même dans les caniveaux, il y a de la vie. En fait, la nature, c'est pas que la campagne. c'est aussi en ville. Marc Barra, bonjour.
- Speaker #4
Bonjour.
- Speaker #3
Alors, vous êtes écologue à l'Agence régionale de la biodiversité en Ile-de-France. Vous êtes un peu un détective de la vie sauvage en ville, on peut dire ça ?
- Speaker #4
Oui, en quelque sorte, c'est ça. Je suis un spécialiste de la faune et de la flore en ville. Moi, je m'occupe en fait plutôt des humains aussi et de la façon dont ils vont prendre soin de ces autres espèces vivantes dans les villes.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a autant d'animaux en ville que dans la nature ?
- Speaker #4
Non, Eva. Il y a quand même moins d'animaux dans les villes qu'autour, à la campagne et dans la nature. Après, ça dépend des espèces qu'on regarde. Il y a certains oiseaux, comme les pigeons par exemple, qui vont plus se développer dans les villes qu'à la campagne. Mais d'une manière générale, on sait que les villes ont un impact sur ces espèces. Il y a beaucoup de populations, par exemple d'oiseaux, de martinets, d'hirondelles, qui ont diminué ces dernières années à cause de l'urbanisation.
- Speaker #3
J'imagine que ça dépend. Aussi des villes, non ? On ne va pas trouver les mêmes animaux à Paris ou à Berlin par exemple ?
- Speaker #4
Tout à fait. Les villes, elles reflètent aussi les animaux et la flore qu'on va trouver dans la campagne environnante. À Paris, il y en a même qui ont fait l'actualité, il y a des petits renards qui sont nés dans le cimetière du Père Lachaise. On va trouver des écureuils aussi, des hérissons, etc. Tandis qu'à Berlin, on va trouver des sangliers. Au Canada, on va trouver des ours dans les villes. Donc ça change un petit peu en fonction des continents.
- Speaker #3
Et qu'est-ce qui les attire ? Ça veut dire que c'est par exemple nous ce qu'on laisse comme déchets, nous les humains ?
- Speaker #4
Il y a plein de paramètres. La nature, elle est là parce qu'elle a de la place ou pas. Elle va être attirée par la disponibilité des espaces végétalisés, etc. Et puis oui, quand on parle de ces espèces qui sont un petit peu attirées par les activités humaines, là c'est souvent les déchets.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a assez de nature en ville ?
- Speaker #4
C'est une bonne question. Oui, il y a de la nature, mais assez ? Eh bien non. Et justement, mon métier, c'est de faire comprendre que plus de nature dans la ville, ça va permettre d'avoir beaucoup plus de bénéfices. Les espaces végétalisés, les arbres, etc., ils nous apportent plein de services utiles. Et puis, le végétal, il pousse sur quoi ? Il pousse sur des sols. Et les sols, c'est aussi ce qu'on a perdu avec l'imperméabilisation. C'est un terme technique pour dire qu'on a revêtu de bitume, de béton, les sols. Et donc, tout part des sols dans lesquels, vous savez, ça grouille de vie, des vers de terre, des petits insectes qui grouillent. qui... assure la fertilité pour les végétaux et ensuite tous les milieux végétalisés, ça va être des espaces pour plein d'espèces qui vont venir les occuper, etc. Donc c'est ça la notion d'écosystème en écologie, c'est toutes ces espèces qui interagissent ensemble.
- Speaker #0
J'ai vu qu'à la campagne on respire beaucoup mieux qu'en ville.
- Speaker #4
On pourrait respirer beaucoup mieux en ville si on mettait plus d'arbres. Vous savez les arbres, ils vont permettre de filtrer les particules polluantes, des arbres comme les tilleuls, des arbres comme les pins, les sapins, ils permettent d'absorber beaucoup. Mais les arbres, c'est aussi des climatiseurs qui vont permettre de rafraîchir quand il fait trop chaud. Les arbres, ça fait de l'ombre, mais ça va aussi évaporer de l'eau. On appelle ça l'évapotranspiration et ça va permettre de rafraîchir parfois jusqu'à 3 ou 4 degrés en plein été. N'hésitez pas, faites le test. Quand vous sortez de chez vous, vous allez dans une rue où il n'y a pas d'arbres. Et puis une autre rue, vous passez dessous les arbres et vous allez tout de suite voir qu'il fait plus frais. Quand vous vous baladez au bord d'une forêt, vous sentez tout de suite que l'air est rafraîchi. Donc il y a vraiment une utilité pour notre qualité de vie à remettre de la nature en ville et notamment j'insiste sur les arbres.
- Speaker #2
Des plantes qui sont tellement fortes qu'elles cassent les vitumes et qu'elles sortent.
- Speaker #0
Ça se craque et il y a de la végétation qui pousse.
- Speaker #2
Moi j'ai déjà vu un arbre qui avait poussé des rocs.
- Speaker #4
Ouais vous avez raison les enfants et moi ça me fait penser à ces vidéos de fiction, vous savez où il n'y a plus d'humains, tout s'arrête, la nature reprend ses droits dans les villes. C'est assez fascinant mais c'est exactement ce qui se passe, on voit des végétaux pousser dans les murs, les murs en pierre. On en met même sur les bâtiments volontairement aujourd'hui. C'est ce qu'on appelle les toits végétalisés. Et puis, moi, je travaille sur des projets où on va enlever le béton des petits parkings pour laisser la nature reprendre ses droits.
- Speaker #3
Moi, j'ai vu qu'on faisait beaucoup ça dans les cours d'école, d'essayer d'introduire plus de verre.
- Speaker #4
Oui, tout à fait. C'est vrai que la ville de Paris, par exemple, a été la première à lancer les cours Oasis, c'est-à-dire à désimperméabiliser les cours d'école pour remettre de la végétation. Et depuis, dans plein de villes en France, on est en train de faire ça. C'est d'autant mieux pour les enfants.
- Speaker #3
Moi je me posais une question par rapport à l'espace. Un arbre, j'imagine qu'il a quand même besoin de place pour se développer. Est-ce qu'il en a assez quand il est en ville ? Il aurait besoin de combien de place ?
- Speaker #4
Il n'en a pas assez du tout. Aujourd'hui, les arbres, on les considère un peu comme du mobilier urbain, c'est-à-dire qu'on va les implanter pour faire joli, sans prendre en compte de la place dont ils ont besoin. Pour vous donner un chiffre, en moyenne, une fosse d'arbre, c'est 10 mètres cubes. Je ne sais pas si vous le représentez, mais je vais vous dire, dans l'idéal, ce qu'il faudrait pour un arbre, c'est 40 mètres cubes. Donc c'est 4 fois plus pour... pour que les racines puissent se développer.
- Speaker #3
Donc les humains, si je comprends bien, ils veulent un peu contrôler la nature en ville.
- Speaker #0
Puisqu'ils sont beaucoup, ils veulent construire des immeubles pour pas qu'il y ait des gens qui ne sont pas logés. Du coup, ils doivent raser des parcs.
- Speaker #3
Ah, c'est toute une histoire de place ?
- Speaker #4
Alors oui, il y a beaucoup de concurrence pour l'espace. On sait qu'il faut beaucoup bétonner pour accueillir les humains, pour faire la ville. Et en même temps, nous, les écologues, on dit qu'il faut plus d'espace vert pour ces habitants. C'est à peu près la moitié. autour de nos habitations devraient être réservées aux arbres, aux espaces verts, à la végétation et à toute la faune qui peut l'habiter.
- Speaker #3
Les enfants, vous, vous venez du Nord, est-ce que vous observez cette nature dans vos villes ? Eva, toi par exemple ?
- Speaker #0
Comme sans barrel, ils ont supprimé des places de voitures pour mettre des endroits où il y a des fleurs, etc. pour pouvoir mettre un peu plus de végétation dans la ville.
- Speaker #3
Est-ce qu'il faudrait aussi plus d'espèces différentes en ville ?
- Speaker #4
Oui, c'est aussi ce qu'il y a derrière la notion de biodiversité, c'est la diversité des espèces. En ville, on a eu tendance à sélectionner des variétés horticoles très uniformes. Vous savez, les alignements d'arbres le long des routes, c'est toujours les mêmes arbres, les mêmes espèces, voire les mêmes variétés. Et la mode aujourd'hui est au jardin un peu plus sauvage. On parle parfois des jardins punk, où on laisse les herbes pousser. Celles qu'on appelait les mauvaises herbes aujourd'hui, ce sont les bonnes, au bord des trottoirs, dans les parcs, qu'on va moins tondre, qu'on va moins gérer.
- Speaker #3
Alors Marc Barra, vous savez, il y a plein de petits détectives de la nature comme vous en France, dans l'ère terrestre éducative de Montpellier par exemple.
- Speaker #0
On apprend plus de choses dans la nature. On creuse pour savoir qu'est-ce qu'il y a comme insectes, parce qu'il n'y a pas beaucoup de biodiversité dans Montpellier.
- Speaker #1
On cherche les animaux, puis on les inspecte à la loupe, et après on les identifie. En fait, notre responsabilité est de protéger la nature.
- Speaker #0
Nous, l'année dernière, on avait fait des gites insectes pour éviter que les insectes animaux utilisés dans la TE soient dérangés. Parce qu'avant, dès que je voyais des fourmis dans la chambre, je les écrasais. Mais depuis que j'ai commencé à faire la TE, je prenais une pelle et je les mettais dehors.
- Speaker #3
Ils ont évoqué pas mal d'initiatives. Est-ce qu'il y en aurait d'autres que vous pourriez nous conseiller, qui sont faciles à mettre en place ?
- Speaker #4
Ah oui, directement dans son jardin. Déjà, limiter l'entretien, éviter de tondre. notamment au printemps et à l'été où il y a des espèces qui se reproduisent, éviter de tailler sa haie. On peut faire un compost, là-dedans il y a plein d'insectes qui vont grouiller, on peut laisser des branches mortes, ça va faire des abris pour les hérissons. Sur son balcon, on peut mettre des plantes retombantes. Il y a plein de villes aussi qui proposent en pied d'immeuble d'ouvrir un petit peu de bitume et de planter des plantes grimpantes. Et en fait, c'est en développant plein de mini-refuges comme ça qu'on va arriver à quelque chose d'intéressant et volumineux.
- Speaker #3
Oh ! Sur quoi est-ce qu'on peut s'émerveiller au quotidien, par exemple, si on se balade dans notre ville ? À quoi il faut qu'on fasse attention ?
- Speaker #4
Déjà, si on lève les yeux, il y a les hirondelles de fenêtres qui arrivent et qui parfois peuvent même rentrer dans les appartements, les martinets. Si on regarde sur les petits murs en pierre, dans des tout petits trous, il y a des petites mésanges qui peuvent venir. Si on regarde un peu plus bas, sur les murets, au bord des trottoirs, on a des lézards, le lézard des murailles qui peut être ici. Puis je parlais des mauvaises herbes tout à l'heure, entre guillemets, bien sûr, mais quand on regarde... Au bord de son trottoir, dans la rue, on peut voir des pissenlits, on peut voir des mauves. Puis après, si on est un peu plus explorateur, on peut même aller dans son grenier, dans les caves, et là, on risquerait de tomber sur des chauves-souris. En fait, il suffit d'être explorateur et donc de ne pas hésiter à soulever des pierres, à regarder sous le bois mort, à aller dans les bâtiments et dans les trous des infractuosités, pour trouver plein de choses.
- Speaker #3
Bon, vous avez compris, Yasmine, Eva et Basile, même en ville, il faut ouvrir les yeux, il y a de la nature. partout. En tout cas, moi, c'est ce que je retiens de votre intervention, Marc Barra. Merci encore d'avoir été avec nous.
- Speaker #4
Merci à vous.
- Speaker #3
Bon, allez, c'est le moment de retrouver Sam qui répond à tous les messages de petits explorateurs comme toi.
- Speaker #0
Salut Sam. Bonjour, salut. Sam, comment ça va ? Je voulais savoir pourquoi vous... Bonjour Sam, je m'appelle Louison et j'ai 7 ans et demi. Je voulais savoir pourquoi les gens souris ont des yeux alors qu'elles vivent la nuit et qu'elles se réopèrent grâce à des ultrasons. Au revoir Sam, merci.
- Speaker #2
Bonjour Louison, c'est une super question ça. Tu sais, mieux vaut avoir plusieurs super pouvoirs en action. Bien seul ! Toi aussi tu as une excellente vue le jour, et bien ça t'empêche pas d'utiliser tes autres sens comme l'odorat ou l'ouïe. Mais tu as raison, les chauves-souris se dirigent dans l'obscurité grâce aux ultrasons. D'ailleurs, leur vue est beaucoup moins développée que leurs autres sens, mais leurs yeux sont parfois utiles quand la nuit éclate.
- Speaker #0
Salut Sam, j'espère que tu vas bien. Je m'appelle Alinor et j'ai 8 ans. J'ai une petite question pour toi. Pourquoi les pigeons, quand ils marchent, avancent et reculent leur tête ? C'est bizarre quand même. Merci Sam. Je t'adore et j'attends impatiemment ta réponse. A bientôt !
- Speaker #2
Bonjour Aliénor. Tes yeux peuvent rouler dans leur orbite pour stabiliser ta vision. Pas les pigeons. Leurs yeux sont fixes et pour garder une image stable et nette de ce qu'ils voient lorsqu'ils marchent, ils sont obligés de stabiliser leur tête toute entière. C'est ce qui leur donne un petit peu cette drôle de démarche où on a l'impression que la tête bouge d'avant en arrière. Mais en réalité, la tête part vers l'avant et attend immobile. que le corps la rattrape. Merci pour ta question, Aliénor.
- Speaker #3
Merci Aliénor, merci Louison et surtout merci à toi, Sam. Mais dis-moi, comment on fait pour t'envoyer une question ?
- Speaker #2
C'est super simple. Tu enregistres ta question sur le téléphone portable avec l'aide de tes parents et tu nous l'envoies par mail à l'adresse suivante samjr.org J'ai bien noté,
- Speaker #3
samjr.org Allez, on attend vos messages et d'ici là, prenez soin de vous !
- Speaker #0
et de tous les autres êtres vivants. Somme et les explorateurs du vivant.
- Speaker #1
Le podcast du magazine Salamandre Junior avec le soutien de l'Office français de la biodiversité.