Description
La chronologie des médias est la règle définissant l'ordre et les délais dans lesquels les diverses exploitations d'une œuvre cinématographique peuvent intervenir.
Cette réglementation a essentiellement pour but la sauvegarde de l'exploitation en salle des
films. Mais pas que.
Elle permet aussi d’assurer un revenu conséquent aux œuvres en leur assurant un turn-over suffisant.
En passant par différents canaux, cela assure à chaque fois des revenus.
Il faut rappeler que l’on a un système en France qui est génial. Celui qui l’a inventé : chapeau ! Sur chaque entrée, sur chaque billet vendu en salle, une part est prélevée qui va permettre de financer des œuvres françaises.
Plus un film fait des entrées, plus il finance de nouvelles œuvres.
Cercle vertueux.
Une grande partie du cinéma français est financé grâce aux recettes prélevées sur les blockbuster américains.
Géniale comme idée.
Mais tant que la salle était le centre de l’économie du cinéma avec la télévision qui faisait le reste. Mais depuis quelques années, ce n’est plus le cas. Les cassettes vidéo, puis les DVD et Blu-Ray, et maintenant la vidéo à la demande représentent désormais l’essentiel des recettes d’un film.
D’où la question : pourquoi sortir en salle alors qu’il y a plus d’argent à faire en vidéo. D’autant plus que les gens vont moins dans les salles.
Ce sont d’abord les producteurs américains qui ont été les plus interrogatifs. Chez
eux les salles de cinéma ne produisent pas les films. Alors qu’en France, les
producteurs sont aussi souvent exploitants de salles : UGC ou Pathé par
exemple. Ils ont besoin de protéger leurs deux casquettes.
Évidemment, le succès des plateformes comme Netflix et Disney ont accentué le problème. Elles produisent des films et si ceux-ci sortent en salle, elles devront attendre
entre 15 à 18 mois pour pouvoir les proposer sur leurs propres médias.
Et Netflix donc de refuser de sortir ses films en salle en France.
Idem pour Disney.
Et Disney, ce n’est pas rien. Ses productions font souvent des masses d’entrées
en salles. Encore plus en fin d’année avec les films familiaux. Ne pas avoir de
Disney à la fin de l’année serait une catastrophe pour les exploitants de salles
La menace de Disney a été prise au sérieux. Les différentes parties concernées ont
accepté de renégocier cette chronologie des médias et cela quelques mois après
le précédent accord.
Evidement, les producteurs américains sont pour cette renégociation. Les auteurs aussi, en
tout cas leur représentants comme Pascal Rogard qui a estimé qu’il est évident que les règles réservées aux plates-formes et notamment le délai trop long après la salle et les
couloirs d’exclusivité très courts qui leur sont octroyés sont un repoussoir complet Et d’appeler à « réformer profondément » la chronologie, comparée à « la planification dans l’ex-URSS ».
Réaction inverse du côté des chaines de télévision, y compris canal qui sont satisfaits : les films passent assez rapidement sur leurs chaines et comme ils sont aussi souvent producteurs des films, il y voient leur intérêt. Pour eux, il ne faut pas céder au dictat de Disney.
Cela dit, ils peuvent râler mais il est évident que cet édifice ne tiendra pas encore très longtemps.
Les films américains font vivre les films français puisqu’une part des recettes en salle est prélevée pour cela.
A un moment, ils craqueront et diront : allez vous faire voir : on ne sort plus nos films en salle, on n’y a plus intérêt.
Une solution : que les plateformes participent plus au financement des œuvres françaises.
Possible jusqu’à un certain point.
Mais au fait : Disney qui râle est pourtant moins concerné que les autres : ces films sont généralement rapidement disponibles sur Canal, puis sur sa plateforme.
Un jour où l’autre, les films sortiront en même temps ou presque en salle et sur les autres supports. C’est logique. Refuser cela est se battre contre des moulins à vents
