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Aujourd’hui, pour la cinquième fois consécutive, j’évoque l’avenir de la TNT. Depuis la rentrée, j’en ai parlé bien plus encore !
Un ami, organisateur de conférences sur le sujet, pense que je n’y crois plus, imaginant que l’antenne râteau disparaîtra d’ici une dizaine d’années. Ce n’est pas complètement faux : seuls 12 à 13 % des téléspectateurs utilisent encore ce mode de réception, les autres passant par les box Internet, le satellite ou des applications. Cependant, près de la moitié des Français utilisent la TNT en complément, et les chaînes qui y sont diffusées représentent plus de 90 % de l’audience télévisuelle.
Pourquoi cette domination ? Les chaînes TNT disposent de budgets bien plus importants que celles non diffusées sur ce réseau, les chaînes CABSAT, qui économisent les frais de diffusion, souvent supérieurs à cinq millions d’euros par an. Cela n’empêche pas certaines chaînes CABSAT, comme RTL9, Paris Première ou TV Breizh, de faire des audiences supérieures à certaines chaînes TNT. Ces performances restent toutefois limitées à leur accessibilité : NRJ Hits, par exemple, atteint 1,4 % d’audience chez ceux qui peuvent la recevoir, soit 5,6 millions de téléspectateurs, tandis que NRJ12, avec 0,9 %, touche plus de 32 millions de personnes.
J’ai longtemps pensé que C8 aurait pu se passer de la TNT, mais Vincent Bolloré semble avoir opté pour une autre solution : fermer la chaîne, qui a perdu 736 millions d’euros depuis son lancement, dont 48 millions en 2023. Il n’a plus besoin de C8 pour diffuser ses idées, l’audience de CNews ayant dépassé celle de BFM, tout en atteignant presque la rentabilité, probablement dès 2024. Certains programmes de C8, notamment ceux de Cyril Hanouna, pourraient migrer sur CStar, qu’il pourrait même diriger officiellement.
Pour relayer ses idées, Bolloré compte aussi sur d’autres médias, comme Europe 1, dont les audiences semblent remonter, ou sa presse, avec le JDD, et son activité dans l’édition.
Revenons à la TNT. Malgré un avenir incertain, elle reste un atout en termes de visibilité, notamment grâce à sa numérotation privilégiée sur les télécommandes. L’ARCOM envisage de réorganiser cette numérotation, avec des canaux comme les 4, 8, 12 et 19 à redistribuer.
Faut-il regrouper les chaînes d’information ? Les historiques, comme BFM et CNews, s’y opposent, tandis que LCI et France Info y sont favorables. Une logique politique pourrait placer France 4/Culture Box sur le canal 4, regroupant ainsi les chaînes publiques, donner le canal 8 à CStar, permettant à TPMP de rester en place, et attribuer le canal 12 à Chérie 25, pour compenser la disparition de NRJ12.
Les chaînes d’information pourraient occuper les canaux 12 à 17, tout en conservant les positions actuelles de BFM et CNews pour ne pas trop les pénaliser. Une autre solution serait de tout réorganiser, comme cela a été fait pour la radio FM : maintenir les chaînes historiques sur leurs positions jusqu’au canal 7, puis répartir les autres par thématiques.
Cela éviterait que certaines chaînes bénéficient d’une rente de situation. Reste à voir si l’ARCOM choisira un tel big bang ou un compromis plus mesuré.
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