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Canal+ quitte la TNT : un tournant historique
C’est l’information média majeure de la semaine, du mois, voire de l’année : le groupe Canal+ a annoncé qu’il retirerait ses chaînes payantes de la TNT en juin 2025.
Cette décision, loin d’être une surprise, était anticipée depuis longtemps. Canal+ avait déjà initié sa transition en multipliant les modes de distribution : câble (aujourd’hui fibre), satellite et applications Internet. À ce jour, la TNT ne représente plus qu’un reliquat avec seulement 70 000 abonnés, selon le fisc et le Conseil d’État. L’économie de six millions d’euros par an en coûts de diffusion s’impose donc comme une évidence.
Un repositionnement stratégique
Canal+ quitte la TNT à un moment où l’écosystème des médias subit une profonde mutation. Ce départ, lié aux faibles performances de la TNT, n’est pas à confondre avec l’arrêt de diffusion de C8, prévu en février prochain suite à une décision de l’ARCOM.
Derrière cette annonce se profile une restructuration majeure des activités du groupe Vivendi, qui sera scindé en quatre entités, dont deux concernent particulièrement le secteur des médias :
Canal+, recentré sur ses activités audiovisuelles payantes.
Louis Hachette, englobant l’édition, la presse, les radios et potentiellement des chaînes gratuites comme CNews et CStar.
Cette réorganisation pourrait avoir des implications stratégiques. En transférant CNews et CStar dans Louis Hachette, Canal+ pourrait dépasser le seuil des 20 % de capitaux non européens imposé par la réglementation française, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux partenariats internationaux.
Une alliance en vue avec Sky ?
Canal+ est également pressenti pour être coté à la Bourse de Londres, renforçant les spéculations sur une alliance avec Sky, propriété de Comcast (NBC). Ce rapprochement permettrait de créer une synergie puissante en Europe, Sky étant déjà présent au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie et en Australie.
Ce n’est pas la première fois qu’un rapprochement entre Canal+ et Sky est envisagé. Dès les années 1980, des projets similaires avaient été bloqués par des considérations politiques. Aujourd’hui, le contexte a changé : Rupert Murdoch n’est plus à la tête de Sky, et Vincent Bolloré, conservateur, contrôle Canal+.
Des enjeux pour le cinéma français
Un des principaux défis reste le financement du cinéma français, pierre angulaire du modèle économique de Canal+. Toutefois, il est peu probable que le groupe prenne le risque de compromettre ce pilier, même si des ajustements sont possibles. Netflix, Disney et d’autres acteurs semblent prêts à intensifier leurs investissements en France, équilibrant ainsi le marché.
Les opportunités sur la TNT
Le départ des chaînes payantes de Canal+ libérera cinq places sur la TNT, notamment celle de Paris Première. Ce retrait coïncide également avec une évolution prévue de la numérotation des chaînes. Le canal 4, particulièrement stratégique, sera vacant. Cette redistribution fera l’objet d’intenses discussions, que nous suivrons de près dans une prochaine chronique.
En résumé, le retrait de Canal+ de la TNT s’inscrit dans une stratégie globale visant à optimiser ses ressources et à s’adapter aux nouvelles dynamiques du marché. Une décision qui marque un tournant historique pour la chaîne et pour le paysage audiovisuel français.
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