Speaker #0Voici ma réflexion sur la bulle cosmique et sociale. En me baladant à Lyon cet après-midi, je suis arrivée sur un pont qui relie Saxe-Lafayette à Cordeliers. Une fois sur le pont, j'admirais la beauté du Rhône, quand soudain mon regard s'est posé sur l'horizon à gauche puis à droite. Qu'y a-t-il derrière les infrastructures qu'on ne peut percevoir dans l'horizon ? Il y a comme une sorte d'infini qui est caractérisé par un ensemble de choses. Après cet horizon qu'on ne voit plus, et moi, au milieu de ce pont, autour de moi, plusieurs routes qui mènent à des endroits infinis, je me suis sentie minuscule face à cette immensité. J'ai eu le vertige face à cette infinitude qui s'étend de plus en plus loin autour de moi. Puis j'ai regardé le ciel et j'ai eu la sensation d'être englobée par une sorte de tout. dans une sorte de bulle géante et infinie qui dépassait notre condition humaine, comme un animal dans une cage géante. Comme si on vit tous dans cette bulle immense et infinie dont on ne peut pas percevoir les limites. Une bulle parce qu'on ne peut pas voir ce qu'il y a derrière le ciel. Quelle est la profondeur du ciel ? Jusqu'où vont les nuages ? Et sous terre alors ? On sait qu'il y a des ressources naturelles, de la biodiversité, des fossiles, etc. Mais jusqu'où va la profondeur du sol ? Qu'est-ce qu'il y a après le sol ? Et nous sommes au milieu, entre ces deux parties de notre environnement qu'on apprend encore à connaître. Dans un sens, la bulle nous protège autant qu'elle nous enferme. Est-ce qu'on voudrait vraiment savoir ce qu'il y a de l'autre côté de la bulle ? Les grands hommes sont sortis de cette bulle et ont découvert l'espace, les fonds marins, les sols, mais personne... n'est vraiment jamais allé au bout de l'infiniment grand. Et c'est là que le mot « infini » prend tout son sens parce que le ciel semble ne pas avoir de fin lorsqu'on dépasse le soleil et tous les astres. La mer, est-ce qu'elle a une fin ? L'horizon, est-ce qu'elle a une fin ? Si on vit dans une bulle dont on ne voit pas les bords, on ne voit pas la fin, comment peut-on prétendre être libre à l'intérieur de cet espace infini ? Comment peut-on se penser libre ? Si on est enfermé dans une cage invisible, peut-on être libre dans un monde qui nous abrite ? Donc, la bulle représente l'espace dans lequel on vit, et dans cet espace, certains ont suffisamment de pouvoir pour diriger le système et vivre de leurs privilèges, c'est un fait. Puis d'autres n'ont que la possibilité de s'adapter au système qui au final les ignore ou les détruit. Par moment, dans cette bulle, il m'arrive de croire que la liberté n'existe pas. Dans cet espace sociétal dans lequel on vit, nous sommes conditionnés en fonction de l'endroit dans lequel nous nous situons. Une personne qui vit en Inde n'a pas les mêmes réalités qu'une personne qui vit au Canada. Une personne qui naît dans une famille aisée n'a pas les mêmes réalités qu'une personne qui naît dans une famille modeste. Une femme n'a pas les mêmes réalités qu'un homme. Une personne blanche n'a pas les mêmes réalités qu'une personne racisée. Et leurs choix, d'une certaine manière, sont influencés en partie par leur identité, dans la manière dont ils ont été socialisés dès l'enfance. Comment être libre dans un environnement dans lequel les injustices que le système capitaliste, donc le racisme, le sexisme, l'impérialisme, etc. nous imposent ? Ce système nous impose de faire des choix pour survivre. On fait des choix de survie tous les jours lorsqu'une personne doit sacrifier quelque chose qui vient d'elle pour mettre en avant quelque chose que la société souhaite d'elle. Par exemple, une personne est passionnée et souhaite vivre de son art. elle se retrouve obligée de travailler pour financer son art. Sacrifier une partie de sa liberté pour un jour espérer avoir plus de liberté. Ça, c'est un choix de survie. Cette société nous oblige par moments à s'oublier au profit du collectif. Alors que pour moi, le collectif ne peut qu'être nourri et grandi que par la reconnexion à soi. Il existe des choix réellement libres, mais à quel prix ? Qu'est-ce que me coûte ma liberté ? Je dis tout ça, mais en fait, qu'est-ce que la liberté en fait ? Est-ce que la liberté, c'est faire ce qu'on veut comme on veut en restant dans la bulle ? Dans ce cas, elle n'existe pas. Parce qu'on dit que la liberté s'arrête lorsqu'on franchit les limites de l'autre. Donc, on est libre seulement quand on ne dérange personne. Est-il possible de vivre une vie sans franchir ses limites ? Et cette manière de vivre même, elle est difficile. Car c'est se contraindre à ne pas faire certaines choses, sinon ça nuirait à l'autre. Donc la liberté, c'est la contrainte de respecter les choix des autres ? Qu'est-ce que ça signifie ? Au final, ce n'est pas la liberté. Pour moi, la liberté est le fait de poser des actes alignés avec ses valeurs. La grande liberté, c'est le fait de poser des actes alignés avec ses valeurs. Le fait d'agir de sorte à se rendre heureux, à se tirer vers le haut, donc elle part de l'intérieur et n'a pas de lien direct avec l'extérieur. Sauf que celle-ci est remise en question à partir du moment où mes actes dérangent l'extérieur. Et à ce moment-là, la conception même de liberté n'a plus de sens. La liberté ne peut et ne doit pas s'arrêter, sinon elle n'est pas libre. Elle est contrainte par le regard des autres, par la peur de déranger, de casser les codes et d'être rejetée par un système. en faisant quelque chose qui nous ressemble et qui n'est pas commun, parce qu'on est directement traité de bizarre. Et pour être entre guillemets soi, il faut souvent briser les codes, prendre le risque d'être rejeté par la bulle, donc rejeté par le système. Donc la société nous uniformise de sorte à ce qu'on croit qu'on est libre, mais en réalité, plus on suit les standards de la société, plus on s'éloigne de nous-mêmes, de nos valeurs, de nos convictions, et on se perd dans le flux sociétal. Et ce qui me déplore, c'est qu'on ne se questionne pas sur la bulle dans laquelle on vit. On a une illusion de liberté parce qu'on fait ce qu'on veut, quand on veut, mais est-ce que ça c'est pas ce que la société veut nous faire croire ? Par exemple, les choix relationnels qu'on fait n'ont-ils pas de lien direct avec ce qu'on a connu des relations lors de notre enfance ? qui sont eux aussi en lien avec le contexte sociétal du moment. Les choix qu'on fait aujourd'hui viennent souvent de schémas intériorisés, de normes intériorisées qu'on a grandies en nous depuis l'enfance, même des choix que des parents ont fait pour nous dans cette bulle pendant notre enfance. La grande bulle qui nous englobe forme un système qui organise la société de sorte à ce qu'elle corresponde à ce système. en orientant nos choix, nos manières de vivre et de penser. On croit qu'on est libre parce qu'on peut acheter, dépenser comme on le souhaite. Mais la société nous pousse constamment à consommer à travers la publicité qu'elle produit. On nous pousse non seulement à dépenser, mais aussi à consommer rapidement. Entre la fast fashion et fast food, certaines personnes écoutent carrément leurs notes vocales et regardent des vidéos en x2. Car leur cerveau n'est simplement plus habitué au rythme normal. Il a besoin de rapidité pour être stimulé. On scrolle toute la nuit au lieu de dormir, consommer encore et encore et encore du contenu jusqu'à l'infini. On ne peut pas voir les barreaux d'une prison si on ne sait pas qu'on est dedans en fait. Et la grande question que je me pose ici c'est et si le monde dans lequel on vit ne nous enfermait pas puisqu'on ne le croit ? Et depuis cette réflexion, je vois différemment ma vie sur Terre. J'ai comme l'impression d'être « enfermée » dans une vie. dans laquelle je dois me délivrer pour aller vers ma liberté, sortir de la bulle qui m'enferme intérieurement pour trouver ma paix, construite par moi, et non pas celle que la société veut de moi. C'est trop facile à dire, parce qu'au fond, c'est pas facile de s'aligner avec ce qu'on veut réellement. Il y a des moments où on n'ose pas prendre de risques, justement parce qu'on ne connaît pas l'avenir et qu'on a peur de l'échec. Aujourd'hui, j'aimerais m'aligner avec mes désirs profonds. Mais la peur d'échouer... me retient enfermée dans cette bulle invisible. C'est la raison pour laquelle je ne prends pas de décision, par peur de faire le mauvais choix, alors qu'au plus profond de moi, je sais et je connais le bon choix. Mais ma peur de casser les codes, ma peur de me faire confiance m'anesthésie. Je veux être libre, mais j'ai trop peur de l'être, car la liberté est une perte totale de repères. C'est une nouvelle manière de vivre, c'est un aller sans retour. C'est se choisir entièrement, se faire confiance et construire avec conviction. Mais en même temps, j'ai une pensée positive qui me dit que si je suis dans cette bulle, c'est pour vivre et pas pour rester enchaîné dans mes propres peurs. Je ne suis pas sur terre pour être enfermé dans ma propre tête. Je suis là pour vivre, expérimenter l'échec et la réussite. Je suis là pour me délivrer. Donc peut-être que finalement... sortir de la bulle ne consiste pas à fuir le monde, mais à se retrouver soi-même à l'intérieur. Donc voilà, on arrive à la fin de cet épisode, et je suis contente car quelques jours avant de sortir l'épisode, je disais que je n'avais plus d'inspiration, et là en marchant ça m'est revenu naturellement, comme quoi parfois tu vas ne rien écrire pendant des semaines et des semaines, ça aide. à recharger la batterie et avoir peut-être plus d'inspiration pour la suite. Donc merci de m'avoir écoutée jusqu'à la fin. Je suis vraiment, vraiment, vraiment, vraiment reconnaissante que mes mots résonnent jusqu'à toi. J'espère qu'ils te permettront de réfléchir, d'introspecter et surtout de faire attention à ton environnement, de te questionner sur ce que tu veux laisser au monde, de te questionner sur le monde, de te questionner sur qui tu es. sur la vie que tu choisis de vivre tous les jours. Questionner le système et te questionner toi sur ta place dans ce système. L'été arrive et j'espère que tout ne va pas trop vite autour de toi, que tu prends quand même le temps de regarder les belles fleurs qui poussent, que tu prends le temps de faire des petits sourires à des inconnus et que tu n'oublies pas de respirer profondément pour faire le plein. Donc voilà, je te fais des kissouks et on se retrouve... Quand j'ai à nouveau de l'inspiration. Pour un autre épisode. Bisous.