- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Murmure, le podcast officiel de la Société Française de Médecine d'Urgence, animé par la Commission Jeune. Je suis Agathe Beauvais, médecin urgentiste à Paris et membre de la Commission Jeune, et j'ai le plaisir d'animer ce nouvel épisode de Murmure. Aujourd'hui, nous allons discuter de sport et de médecine, et de comment faire pour aller les deux dans son quotidien. Pour nous aider à développer ce sujet adrénaliné, nous recevons aujourd'hui le professeur Anthony Chauvin, médecin en urgence et en SMUR à l'hôpital Larrivoisière à Paris. Au-delà de son parcours médical, il est aussi expert dans le domaine sportif puisque c'est un trailer engagé qui a eu l'opportunité de participer à de nombreuses compétitions de haut niveau, comme la Diagonale des Fous en 2024 où il a fini 41ème sur plus de 2000 participants, ou bien l'UTMB en 2023 pour n'en citer que deux. Bonjour Anthony et bienvenue dans Murmure.
- Speaker #1
Bonjour Agathe.
- Speaker #0
Commençons par une petite présentation de votre parcours sportif. Et dis-nous en deux mots comment tu as découvert la course à pied, ce qui t'a attiré dans le trail.
- Speaker #1
Alors au tout départ, moi j'ai connu le sport jeune en étant ado, mais c'était plutôt du sport co type en balle. Et puis après, comme tout le monde, j'ai arrêté pendant les études pour faire la médecine et j'ai connu un long moment sans sport. Donc c'était pour moi en question de courir, parce que ça ne m'intéressait pas. Pour la petite anecdote, pendant l'internat, ma femme était même allée courir à 10 km, elle m'a dit « allez, allez, vas-y, viens » et tout. Ça me paraissait bien que je la traiterais de folle de faire 10 km. Elle n'a pas réussi à me motiver. Et puis après, il a bien fallu mettre un peu les baskets pour essayer de retrouver un peu la forme physique. Puis il y a quelques étés, en allant acheter des magazines pour les enfants, je suis tombé sur un magazine de trail. Et j'ai trouvé ça hyper intéressant, hyper aventureux. Et là, ça m'a beaucoup plu. Et du coup, d'un point de vue un peu... Impulsif, je suis un peu impulsif. Le lendemain, je me suis acheté mes baskets et c'était parti. J'ai fait mon premier 10 km en nature dès le lendemain, l'ultra étant venu beaucoup plus tard.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais qu'il y a des similitudes dans tes compétences nécessaires pour être un médecin urgentiste et pour la course en trail ?
- Speaker #1
Oui, carrément, c'est complémentaire pour moi. Avant tout, je pense qu'il faut savoir faire preuve de résilience, aussi bien au niveau d'urgence que dans le trail. Ce n'est pas toujours facile. Il faut savoir faire le dos rond aussi des 11 urgences quand il est 4h du mat et qu'on a 20 malades sur les brancards ou en attente. Il faut savoir quel est notre but, pourquoi on est là. Sans ça, on perd vraiment le sens du fil de l'histoire. Et c'est pareil en ultra, au bout de 120 bornes, il faut vraiment savoir ce qu'on fout là et pourquoi on est là. Parce que sinon, on abandonne. Il y a aussi la gestion de l'inconnu. Aujourd'hui, on ne sait jamais ce qui va arriver, le travail c'est pareil. Il y a tellement de paramètres à gérer et à prendre en compte. On n'a pas tout le temps la main dessus, et bien sûr on en parlera plus tard, mais la gestion de la fatigue et de la récupération est primordiale, si bien on le fera quand on a une situation comme ça.
- Speaker #0
C'est sûr. Et comment est-ce que tu parviens à concilier un emploi du temps d'urgentiste, ta vie personnelle, l'entraînement sportif qui est nécessaire pour le trail ? Tu as des routines d'entraînement pour ça ou pas ?
- Speaker #1
Oui, l'organisation est militaire, c'est bien au niveau professionnel que perso. Après, j'ai une cellule familiale très forte parce que sinon ce ne serait pas possible. Entre mes 4 enfants, 19, 7 et 3 ans, ma femme est chirurgien. Les journées sont bien chargées et déjà j'ai... un cercle familial très proche qui sait aussi me dire stop quand j'abuse un peu aussi bien d'un point de vue pro que d'un point de vue que d'un point de vue trail donc voilà pour limiter vraiment l'impact sur la famille d'un entraînement de 8 à 10 heures par semaine déjà je viens à l'hôpital en cours 14 km pour moi c'est déjà ça de gagné il faut habiter loin c'est de même devenu d'ailleurs une blague dans le service s'ils ne me voient pas arriver en courant et ils disent qu'il y a un problème parfois on me pose la question si je suis professeur de médecine d'urgence ou professeur de sport. Donc voilà, c'est un peu la blague et puis après pour les sorties longues c'est en sortie de garde ou avant de venir en garde où j'essaie de faire un maximum de kilomètres. Et après on est à Paris donc on n'a pas beaucoup de côtes. La côte à côté de chez moi elle fait 64 mètres donc parfois je la fais 30 fois. Donc voilà, c'est un peu le mode hamster mais il n'y a pas trop le choix. Et l'autre routine c'est les vacances, on passe les vacances à la montagne pour pouvoir... Profiter des terrains techniques montagneux qu'on n'a pas à Paris non plus.
- Speaker #0
C'est sûr, il faut s'adapter.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Sinon, on connaît tous les effets bénéfiques du sport sur la santé, mais il y a également ces répercussions qui peuvent être assez délétères. Est-ce que tu as déjà eu des soucis de santé en lien avec la pratique sportive ?
- Speaker #1
Oui, les tendinopathies comme tout le monde, c'est sûr que c'est arrivé, c'est logique sur les enchaînements. Mais après, oui, l'année dernière, après l'UTMB, j'étais totalement KO. Bien sûr, comme on n'était jamais un bon docteur pour soi-même, je n'avais pas compris ce qui se passait. J'avais fait la bonne anémie du sportif où j'avais perdu 4 points d'hémoglobine. Et ouais j'étais vraiment pas au top de ma forme et du coup j'ai fini par retrouver parce que quand on a une fréquence cardiaque qui tourne aux alentours de 60 de base alors on est plutôt à 38-40 on se dit il y a vraiment un problème. Du coup voilà donc maintenant je fais gaffe, je me suis un peu plus d'un point de vue médical mais c'est vrai qu'au début je faisais vraiment pas attention de ce côté là.
- Speaker #0
60, ce serait ma fréquence de repos, mais d'accord, très bien. Est-ce qu'il y a des moments où, à l'inverse, tu as dû mettre tes compétences médicales en pratique lors d'un événement sportif ?
- Speaker #1
Pas encore, même si en ultra, il faut se préparer à tourisme, parce qu'encore l'année dernière, on a vu qu'il y a eu... il y a eu des décès, ça reste un milieu, l'ultra, l'ultra, il ne s'est pas tout le temps en montagne, mais il y a des risques et il faut faire attention. Maintenant, ce qui est bien, c'est qu'il faut s'y préparer et en ultra, une chose que j'aime beaucoup en termes de valeur humaine, c'est que quels que soient les participants, si jamais un des concurrents à côté de nous a un souci, on est obligé de s'arrêter quel que soit le chassement, sinon il est disqualifié. Donc voilà, ça c'est vraiment des bonnes valeurs humaines. Pour l'instant, je n'ai pas eu à le mettre pas. En pratique.
- Speaker #0
Espérons que ça dure alors.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et en termes de préparation, c'est quoi tes secrets pour éviter les blessures liées à ces efforts aussi intenses ? Est-ce qu'il y a des conseils médicaux spécifiques que tu donnerais aux sportifs d'endurance pour te préparer au mieux avant les compétitions ?
- Speaker #1
Après, c'est mon retour personnel, à savoir écouter ces sensations. Clairement, le plus dur, c'est la gestion de la fatigue. Et ça, c'est primordial. En gros, je préfère me lancer dans des défis sportifs, même si je ne fais que 80% de l'entraînement, mais à 100% reposé avec l'inverse. Sinon, on croit à la catastrophe. Et donc, il faut bien sûr s'entraîner, gérer la fatigue et faire du renforcement musculaire et surtout se préparer mentalement, parce que le mental, c'est 90% de l'effort et de la chance de pouvoir avoir la ligne d'arrivée. Alors l'autre chose, on parle souvent de progressivité aussi dans l'effort. ne pas se lancer directement dans un 80, 100 ou 170 kilomètres. Après, moi, je n'ai pas trop suivi ce conseil-là. En deux ans, j'étais déjà sur des longues distances, mais je ne suis pas le mieux pour le placer. Mais voilà, il faut savoir s'écouter et aller progressivement.
- Speaker #0
Et du coup, là, concernant la santé mentale et physique, comment est-ce que tu gères cette fameuse fatigue dont tu parles, qu'elle soit due à une garde à l'hôpital ou à une longue course en montagne ? Parce qu'avec des horaires décalés, il faut savoir gérer un peu tout ça, optimiser l'alimentation, la récupération. Ça, tu fais comment ?
- Speaker #1
C'est une question intéressante et centrale. Pour les gardes, ça fait 10 ans que je suis senior. Ma petite retour expérience, personnellement, c'est la répétition et les surlendemains de garde qui sont vraiment très compliqués, surtout le surlendemain qui est vraiment important. Moi, durant la garde, j'essaie au maximum à ce que tout le monde dans l'équipe puisse couper, ne serait-ce qu'une heure, histoire de souffler, de ne pas manger trop tard parce que manger à 4h du matin, ça n'a plus aucun sens d'un point de vue alimentation. Et récupération, clairement. J'essaie toujours de faire une micro-sieste. J'ai appris un peu à faire ça. Je n'ai jamais compris pourquoi d'ailleurs les dirigeants de nos hôpitaux ne nous ont jamais payé des formations à faire des micro-siestes. Je pense que ce serait un apport bénéfique très important pour tout le monde. Essayer de couper au moins une heure, micro-sieste, et puis après je rentre, je dors à peine 4 heures. pas plus, pour pas enchaîner les cycles, après je vais me dynamiser en cours. Tant qu'à faire. Et au niveau alimentation pendant la garde, j'essaye de ne pas grignoter à gauche ou à droite. Alors ça peut paraître un peu bête, mais c'est vrai que quand on commence à bouffer des bonbons à longueur de garde, comme on aime bien faire, on a un vrai plaisir. Mais on le paye après, quand on ne fait que grignoter, parce qu'on le paye dans quelques heures après avec l'hypoglycémie. Donc voilà. Prendre ultra, c'est différent. Vraiment, ce n'est pas du tout la même pratique que la garde. En ultra, moi, je ne dors pas. Donc, moi, comme ça, ça évite de se poser la question. Mais c'est un conditionnement d'avant-cours. Ce n'est pas vraiment physiologique. Le problème, c'est après. C'est la gestion, la récupération et de réaligner le cerveau. Typiquement, là, pour la diag, j'ai mis 33 heures. Je suis arrivé le samedi matin à 7 heures du matin. C'était un peu la folie. polyhormonale, je n'ai pas réussi à dormir, j'ai mis à peine une heure, le soir j'ai dû dormir trois heures, le soir le lendemain on prenait l'avion pour rentrer. J'ai eu vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal, ça je n'étais vraiment pas préparé pour le coup et j'ai appris beaucoup de choses sur la gestion à nouveau du sommeil dans ce cas-là. Au niveau alimentaire aussi, ce n'est pas la même chose. Pour le coup, il faut réussir à alimenter la machine tout en faisant attention de ne pas avoir de problèmes gastriques, de problèmes digestifs. Ça, c'est un facteur très important pour les longues distances. J'ai la chance sur les courses d'avoir mon support. J'ai ma femme qui me suit sur les...
- Speaker #0
Pour Avito.
- Speaker #1
Pour Avito, exactement. Elle me connaît, elle sait ce que j'ai besoin, elle sait ce qu'il faut me dire. Parfois, il y a mes enfants, mais ils ne peuvent pas toujours parce qu'il y a parfois l'école. Donc voilà, c'est vrai que l'alimentation et le sommeil sont des facteurs de performance, aussi bien dans les urgences que dans l'ultra, mais pas sur les mêmes modalités.
- Speaker #0
Pas de bonbons de garde, mais pour les cours. Ah ouais,
- Speaker #1
là on se fait plaisir, il y a même des frites, c'est la folie.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais une anecdote ou une histoire particulièrement marquante où ta double casquette de médecin et d'athlète a joué dans ta carrière ?
- Speaker #1
Alors je dirais plutôt que l'une a surpassé l'autre, c'était assez drôle. C'est quand j'ai pris le départ de l'UTMB, quand j'ai fini l'UTMB, la liste des nominations des PU-PH est sortie quand je suis arrivé. C'était très drôle parce qu'on m'a plus félicité pour l'UTMB que pour mon poste de PU et même pour des gens de la PHP. C'était assez drôle, les gens s'en foutaient. Et la deuxième anecdote qui était drôle, c'était la Diag. aux alentours du 130ème kilomètre, je rejoins... une des élites, Marilyn Nakash, et on est sur une longue descente, et du coup on commence à tchatcher un peu, parce qu'on avait tous un peu, tous les deux, plein les pattes, et du coup on parlait de nos vies, que t'es totalement différente, c'était assez intéressant, et puis elle commence à me dire, mais t'es docteur, attends je suis tombé il y a quelques semaines, j'ai encore mal au poignet, on m'a fait une radio, alors je pensais pas avoir pu faire une consultation à 130 bandes sur la diag, mais voilà, c'était assez drôle, et j'en garde un bon souvenir.
- Speaker #0
Le diagnostic a été posé à la fin. histoire de le dire après et au final c'est quoi la course la plus difficile que tu as faite à ton avis et pourquoi ?
- Speaker #1
là encore une fois sans hésiter c'est la diagonale ça peut paraître fou mais quand on parle d'UTMB donc c'est 173 km et 10 000 mètres de dénivelé c'est au roulant les terrains ne sont pas excessivement techniques et on peut viser un chrono tu parles de l'UTMB mais la diag c'est totalement différent Parce que la Diag, c'était 180 à peu près cette année, pour 11 000 de dénivelé, mais là, la physionomie est totalement différente. C'est un grand raid, donc c'est plus un raid qu'un trail. Et voilà, les 70 premiers kilomètres, ils sont gratuits, ils ne sont pas techniques. Il faut savoir se faire plaisir. Et après, tu enchaînes les montées avec des marches. Ce ne sont pas des montées de chemin, des marches qui ne font pas toutes la même hauteur, donc c'est assez compliqué. Les conditions météo changent très vite dans le cercle de Mafal, donc parfois, tu perds 5 degrés sur un virage. c'est assez éprouvant et quand tu sors en fin de mafate aux alentours du 120ème kilomètre il y a un attache qui dit quand tu sors de mafate tu finis mais tu sais pas quand et clairement j'ai bien compris parce que tu pars sur une longue descente de 12 kilomètres 2000 de démoins ce qui casse bien les pattes ça défonce pas mal et après tu remontes dans la végétation tu peux plus courir et avec Marilyn qui est pourtant une professionnelle on a mis 10 kilomètres en 2h30 l'impression de jamais arriver et enfin tu finis par Voilà. Le Colorado, où là c'est que de la boue, donc tu fais un pas en avant, deux pas en arrière, en fait 150 km, tu commences un peu à pester. Mais bon, moralement ça commence à être dur, mais c'était vraiment une course magique. Mais voilà, pour ça, elle se mérite.
- Speaker #0
Il faut mériter les paysages que t'aies à l'arrière.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça, exactement.
- Speaker #0
Je vois. Et est-ce que tu penses que la pratique d'un sport d'endurance peut améliorer les performances ou le bien-être des médecins dans leur pratique quotidienne ?
- Speaker #1
Ouais, ça j'en suis persuadé. Moi je suis un peu sanguin. L'ultra m'a appris à prendre sur moi, à me poser. Parce que parfois, tu es seul, tu as tous les éléments qui peuvent être contre toi. Du coup, il faut essayer à te poser et à faire le point. Ça apprend une certaine zénitude et on en a besoin en médecine d'urgence de la zénitude, malgré tous les stimuli qu'on a, de bruit, d'agressivité. membre de RH, de tout ce que l'on veut, tout ce que l'on connaît. Ça, ça apprend beaucoup. On l'a dit, la gestion de la fatigue, aussi bien physique que psychique, qu'il faut savoir gérer, ça m'a appris beaucoup de choses. Et puis oui, après l'endurance, sans aller dans les très longues distances, ça aide d'un point de vue cardiovasculaire à mieux vieillir. Donc oui, j'en suis persuadé. Je pense qu'on devrait tous avoir un petit programme sportif quand on est en médecine d'aiguë, quand on a des rythmes un peu particuliers.
- Speaker #0
Nouveau projet d'application à créer.
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
Tu parles de zénitude, qu'est-ce que la pratique du trail t'a appris sur toi-même en tant que médecin urgentiste ? Ou à l'inverse, qu'est-ce que ton métier de médecin urgentiste a apporté en tant qu'apprenti sportif ?
- Speaker #1
Pour moi c'est complémentaire, dans le trail il y a beaucoup de data à gérer sur l'environnement, sur toi-même, sur l'instant, pourquoi là ça marche alors que ça ne marchait pas sur il y a deux courses en arrière ou à l'inverse. Donc l'expérience est primordiale comme en médecine, tu ne peux pas y arriver si tu n'as pas un minimum d'expérience et de... et de connaissances, il y a un vrai côté scientifique entre elles. Il faut comprendre comment marche ta machine, pourquoi ça fonctionne, pourquoi telle course est faite pour toi ou pas. Donc ça, c'est très intéressant, je trouve. Et puis, d'un point de vue médecine, tu as la gestion de la frustration, de la fatigue, encore une fois. Moi, ça m'a appris à être mieux organisé aussi, à être plus efficient dans mes journées, parce que quand on essaye de mettre bout à bout les casquettes de papa, docteur, PUPH, faire de l'ultra, Bye ! C'est 24 heures, il faut que tout rentre dedans. Je pense que ça m'a aidé à être plus efficient. Avant, je disais oui à tout sans même réfléchir. Maintenant, je me pose un peu et je regarde comment est-ce que vraiment je vais faire et comment est-ce que je peux faire les choses. J'ai gagné vraiment en études et en organisation.
- Speaker #0
Tu es triste.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Quel conseil tu donnerais à tes confrères et gentils qui souhaitent se lancer dans un sport d'endurance comme le trail ?
- Speaker #1
Je n'ai rien contre les pistards et contre les gens qui font de la route. les pistes c'est un peu l'opposé des trailers des trailers nature l'objectif d'un trail quand tu t'alignes c'est de le finir, on s'en fout du temps tu peux faire des chronos, la performance est géniale mais c'est pas le sens du trail qui est une aventure, qui est un voyage et du coup ça c'est génial c'est assez pathognomonique quand tu regardes l'arrivée d'un marathon 80% des coureurs font la gueule Merci. Et ils sont en train de t'expliquer qu'ils auraient pu faire mieux, aller plus vite, que la prochaine fois, ils feront mieux. Alors que les mecs viennent se taper soit un semi à 21 km ou à 42 km, c'est déjà génial. Et les coureurs tirent la gueule. Moi, je trouve ça un peu dingue. Alors que le trail, c'est juste de profiter. On rencontre plein de gens extraordinaires. On s'en fout du temps. On passe du temps sur les raviteaux aussi, même parfois. On est obligé de courir tout le temps avec la performance. Donc, moi, le conseil, c'est mettez vos chaussures, sortez, testez. Il ne faut pas se donner de limites. et surtout se donner l'envie,
- Speaker #0
se donner les moyens ça me semble plus sympa en effet plutôt que de se faire du mal et pendant le futur, quels sont tes objectifs à venir, que ce soit sur le plan sportif ou sur le plan professionnel ?
- Speaker #1
au niveau professionnel, l'arrivée en pleine Il y a un bon dynamisme en ce moment à l'arrivée de Boisier, donc il y a pas mal de choses à faire d'un point de vue organisationnel. Parce qu'on a fait 10 ATT en annonce, c'est quand même pas mal, en médecine d'urgence actuellement au niveau français. Donc il y a pas mal d'organisationnel, et après il y a des projets de services hyper intéressants mêlant traumatos, médecine du sport, je ne sais pas encore comment parler.
- Speaker #0
Plein dans le thème actuel.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et puis bref, il y a aussi des facteurs d'attractivité. d'efficience de nos services. Donc ça, c'est plutôt du côté pro et du côté perso. L'objectif de cette année, c'est l'Ultra Trail du monde du Jura, donc c'est un 180 bornes, avec encore une fois ma femme. Donc ça va être plutôt sympa. Les enfants ne pourront pas être là, c'est l'école. Mais voilà, donc là, ça va être une autre aventure. C'est moins montagneux, un peu moins technique, mais c'est un peu plus long. Donc ça va être assez sympa aussi.
- Speaker #0
Le personnel, le sport, tout à la fois, c'est bien. Top. Et est-ce que pour finir, il y a un message que tu aimerais partager avec la communauté des urgences ?
- Speaker #1
Clairement, concernant le sport, le plus dur, c'est les premiers pas. Parce qu'à chaque fois, on me dit, ça me fait chier, je ne veux pas aller courir. Mettez vos baskets, sortez, trouvez un pote ou un bon podcast. Et puis lancez-vous. L'idée, c'est de commencer par 10, 15, 20 minutes. Et puis après, on met le doigt dedans et ça va rouler tout seul.
- Speaker #0
20 minutes de podcast de la SFMU et ça vous fait 20 minutes de course pour bien commencer.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Au nom de la Commission Jeune, je te remercie pour ta participation à ce podcast de la SFMU, Anthony. Et merci à nos auditeurs de nous avoir écoutés pour cet épisode. Si vous avez des suggestions ou des idées de sujets, n'hésitez pas à les transmettre aux différents membres de la Commission Jeune. A bientôt dans Murmure, le podcast de la médecine d'urgence.