Description
Pour ce douzième épisode, j'ai le plaisir de recevoir Dominique Thillaud, Directeur Général de la Compagnie des Alpes, pour une heure d'échange sur ce que c'est que de diriger un groupe qui fait vivre une expérience par an à un Français sur quatre, sans qu'il le sache, parce que ce sont les marques qui parlent : Parc Astérix, Futuroscope, Musée Grévin, Val d'Isère, Les Arcs, La Plagne, Méribel, MMV, Urban Soccer, Urban Paddle...
On parle de la sanctuarisation post-Covid de la dépense de loisirs en Europe : trains complets, hébergement en records, parcs en croissance... au détriment des achats d'impulsion : plus le monde devient anxiogène, plus le besoin de vivre quelque chose de réel et partagé remonte en haut du panier des ménages. On revient aussi sur la promesse assumée du groupe, ni premium ni segmentante : milliardaire ou en grande difficulté, vous vivez la même expérience au même moment et au même prix. L'objectif n'est pas de monter en gamme, c'est de passer d'un Français sur quatre à un sur trois.
On entre dans la réalité opérationnelle du métier, qui n'est pas celui du divertissement mais celui de la gestion de flux : étalement des skieurs sur l'ensemble du domaine, files d'attente transformées en pré-shows, algorithmes qui orientent vers l'attraction la moins chargée. Et un refus net du modèle américain qui réserve les attractions à l'heure près, deux mois à l'avance : « il faut laisser du bonheur, nos vies sont déjà bien assez timées. » Dominique partage aussi le cap net zéro 2030, site par site, avec la bascule des dameuses sur HVO (-93% d'émissions CO2) et le déploiement de la première dameuse électrique forte puissance au monde, dont le coût total de possession est inférieur de 20% au diesel.
On finit sur sa philosophie managériale la plus assumée : le droit à l'erreur, l'audace, l'action. Sur l'IA, pas de grand-messe — des équipes d'électrons libres qui testent un process en un mois et tranchent. Sur les huiles de friture, deux ans de tests secrets avant la bascule. Sur la dameuse électrique, un pari co-développé qui aurait pu se planter. « On continue à fond. On se trompera peut-être. On recommencera autrement. Et on y va. »
Un échange dense, incarné et sans posture sur ce que signifie diriger un groupe d'expériences réelles à l'heure où tout pousse au virtuel, et sur ce qui fait qu'un parc ou une station restent des lieux que la machine ne peut pas remplacer.
Merci à Dominique pour cet échange généreux, lucide et inspirant.
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