Speaker #0Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Shift Your Mindset. Dans l'épisode précédent, on a parlé de la peur de réussir, de ce que ton mental protège quand tu t'approches de ton vrai potentiel. Aujourd'hui, on parle d'un truc en apparence plus simple et pourtant beaucoup plus courageux. Se choisir. Le vrai shift commence quand tu comprends ce que ton mental te cache. Tu sais parfois, la plus grande performance Ce n'est pas un chrono, pas un podium, pas un PR. Parfois la plus grande performance c'est juste oser se choisir. Et se choisir ce n'est pas devenir égoïste, c'est arrêter de disparaître. Et je vais être très clair là-dessus : se choisir ce n'est pas écraser les autres, ce n'est pas prendre toute la place, ce n'est pas devenir centré sur soi au détriment du collectif. arrêter de se mettre en déraille. Parce que quand tu te laisses de côté, ton corps lui, il ne fait pas semblant. Il encaisse, il compense, il sert. Au début ça ressemble à une nuque toujours raide, des épaules qui montent quand tu respires, un bas du dos qui tire sans raison. Et puis un jour ça devient une douleur récurrente, une blessure, une fatigue qui ne passe plus. Ton corps ne te punit pas, il te bat. quand tu t'oublies trop longtemps. Et ça, je l'ai vu récemment chez une sportive que j'accompagne. Une femme comme toi et moi, sportive, volontaire, engagée, avec un mental qui avait appris à vivre en tension constante. Pas une tension spectaculaire. Pas une tension qui crie. Une tension silencieuse, continue, comme un élastique tiré à l'extrême tout le temps. Elle disait souvent, avec un rire un peu nerveux, « Je commence le CrossFit, je n'ai pas le niveau » . Et ce n'était pas une information. C'était une forme d'autorisation anticipée à s'auto-limiter. Quand tu t'excuses avant même d'essayer, ce n'est pas de l'humilité, c'est de la protection. Et pour elle, c'est comme si elle devait prévenir tout le monde « je vais faire de mon mieux » . Physiquement, elle était très mince. et tout son corps vibrer. Pas une énergie fluide, une énergie contenue. Tu vois ces personnes qui à l'échauffement sont déjà raides, qui étirent toujours la même zone, qui respirent haut même à l'arrêt. Ce n'est pas le WOD, ce n'est pas la charge, c'est souvent la vie qu'elle porte encore dans le corps. Dès la première séance de prépa mentale, je l'ai vue. Avant même qu'elle parle. Posture légèrement recroquevillée, épaules projetées vers l'avant, regard qui descend, puis remonte, puis descend, puis remonte, sans jamais s'installer. Et il y avait aussi ce truc très identifiable. Elle cherchait le mot parfait. Pas le vrai mot, le mot acceptable. Celui qui ne dépasse pas, qui ne dérange pas, qui ne prend pas trop de place. Elle tirait sur ses vêtements, jouait avec ses doigts, changeait de position. Tout son système nerveux parlait à sa place. Un corps tendu ce n'est pas un corps faible, c'est un corps en alerte. Et très souvent, ce corps appartient à quelqu'un qui a longtemps confondu adaptation et abandon de soi. S'adapter c'est ajuster, s'oublier c'est se contracter. Et le système nerveux, lui, il fait très bien la différence. Quand quelqu'un arrive comme ça, corps tendu, respiration haute, micro-mouvement constant, ce n'est pas un manque de maîtrise, ce n'est pas un manque de volonté, et ce n'est même pas un manque de confiance. La plupart des gens ne manquent pas de mental, ils manquent de sécurité. Et ça fait un système nerveux en mode protection. Et un système nerveux en protection, ça a un coût énergétique énorme. Concrètement, ton cerveau consomme de l'énergie. Non pas pour produire de l'action efficace, mais pour surveiller, anticiper, contrôler. C'est comme rouler en permanence avec le frein à main légèrement tiré. Tu avances, mais tu consommes beaucoup plus que nécessaire. Et elle, son cerveau, il ne cherchait pas à performer. Il cherchait à éviter le danger. Et le danger ici, ce n'était ni la barre, ni le haut, ni le regard des autres. Le danger c'était l'exposition, être vu. Être pleinement là, sans armure. Et tant que cette armure est là, une partie de l'énergie reste bloquée dans la protection. Quand j'observe quelqu'un comme elle, je n'analyse pas, je lis. Les épaules en avant, c'est sa protection. Sa respiration courte, elle est en alerte. Ses mains agitées, elles tentent de s'autoréguler. Son regard effiant, elles n'arrivent pas à s'ancrer. Ton mental te raconte une histoire ? Ton corps me raconte la vérité. Et la vérité est simple : quand tu te choisis, ton corps se relâche. Quand tu te renie, ton corps se crispe. Pas par faiblesse, par survie. Et ce relâchement, ce n'est pas du confort inutile, c'est de l'énergie qui redevient disponible. Pendant cette première séance, elle s'est arrêtée un moment et dans un souffle, sans dramatisation, elle a dit : J'en ai assez d'essayer d'aller bien, j'aimerais être libre. » Quand quelqu'un me dit ça, ce n'est pas qu'il va mal, c'est qu'il n'a plus l'énergie de se mentir. Alors je lui ai répondu « Rien ne t'oblige à faire semblant, à part toi. La vraie question c'est « Qu'est-ce qui t'empêche de te choisir aujourd'hui ? » » Elle a souri. Un peu gênée, quelques jours plus tard, elle revient. Ses traits sont plus détendus, son regard tient mieux et son corps a recommencé à respirer. Ce n'est pas qu'elle en fait moins, c'est qu'elle a appris à faire différemment. Et surtout, elle ne s'excuse plus de chercher ses mots. Quand tu t'arrêtes de t'excuser d'exister, tout change. Je lui demande ce qu'elle a pu observer cette semaine. Et elle me dit... À l'entraînement, je me suis éclatée. J'étais détendue et j'ai même fait un PR. Et ce genre de phrase pour moi ça vaut vraiment plus qu'un PR. Elle a pu faire ce PR parce qu'à ce moment-là, son énergie n'était plus utilisée à se surveiller. Elle a été utilisée pour agir. Parce que moins tu dépenses d'énergie à te protéger, plus tu peux en mettre dans ce que tu fais vraiment. Le relâchement n'enlève rien à la performance, il la rend possible. Le changement n'a pas été spectaculaire. C'est son rapport à elle-même qui a bougé. Elle a commencé à s'écouter et paradoxalement, plus elle se choisissait, moins elle compensait. Se choisir, ce n'est pas être égoïste, c'est devenir juste. Se choisir, ce n'est pas s'économiser, c'est arrêter de gaspiller. Quand ton système nerveux n'est plus en alerte permanente, tu récupères de l'énergie. De l'énergie pour mieux respirer, mieux récupérer, mieux te concentrer, mieux t'engager dans l'effort. La performance, elle ne vient pas d'un mental plus dur, elle vient d'un système plus régulé. Et très souvent, ce n'est pas que tu n'as pas assez de ressources, c'est que trop de ressources sont utilisées à te retenir toi-même. Si tu t'es reconnu dans cet épisode, si tu vis avec des tensions chroniques, des douleurs qui reviennent, une fatigue normale qui ne l'est plus vraiment, tu peux te poser cette question. Qu'est-ce que ça te coûterait réellement de te choisir un peu plus ? Tu n'as pas besoin de devenir quelqu'un d'autre. Tu as besoin de t'autoriser à être là. Elle ne s'est pas transformée, elle s'est choisie. Et c'est souvent là que la performance commence vraiment, quand le corps n'est plus occupé à se défendre, mais disponible pour avancer. Si ce que je te dis te parle, tu peux aussi écouter l'épisode sur la confiance en son. Derrière chaque performance, il y a un mental qui tient. Un corps qui parle et un humain qui choisit d'y croire. C'est ça l'ultime performance. Dans le prochain épisode, on va parler d'un sujet que tout le monde connaît, que tout le monde déteste et que tout le monde juge. Merci pour ton écoute. Si ça te parle autant que ça te dérange, abonne-toi pour t'entraîner autrement.