- Speaker #0
On est ravis de t'accueillir, j'avais vraiment la volonté de discuter avec quelqu'un qui est assez proche du sujet de l'investissement et du patrimoine.
- Speaker #1
Et il se trouve que le marché de l'épargne en France a une caractéristique, c'est qu'il est quand même hyper concentré. Et qu'aujourd'hui, 90% à peu près de l'épargne, elle se trouve logée dans les banques.
- Speaker #0
Où va l'épargne des Français ?
- Speaker #1
L'épargne des Français aujourd'hui, elle va sur les livrets et dans le meilleur des cas, sur les fonds euros des assurances. Le mouton à cinq pattes, ça n'existe pas. De toute façon, il faut... toujours, toujours, toujours se dire que le rendement est une corrélation du ou des risques.
- Speaker #0
Un autre sujet qui défraie aussi beaucoup la chronique en ce moment sur la gestion de patrimoine, qui est la consolidation de ce marché. Avec Darwin, nous avons identifié que les investisseurs cherchaient de plus en plus à se renseigner sur l'investissement immobilier. Quelle classe d'actifs ? Quel secteur géographique viser ? Et c'est exactement pour ça que nous avons créé Slice. Slice, c'est un podcast où nous invitons un professionnel de l'immobilier pour nous parler de ses secteurs de conviction, de ses projets en cours, de la façon dont il voit l'avenir, pour que nous aussi, on puisse s'alimenter sur nos décisions d'investissement. Nous avons créé Darwin RE01, qui est notre premier SCPI accessible au grand public à partir de 1000€ et qui a vocation à investir de manière diversifiée sur les classes d'actifs, du commerce, de la logistique. Et vous aussi, vous aurez en écoutant ce contenu des informations qui vous seront utiles pour vous faire des convictions sur l'investissement immobilier. Pour en savoir plus, je vous invite à cliquer sur le bouton Darwin Invest qui vous permettra d'en savoir plus sur notre SCPI. Salut Romain.
- Speaker #1
Salut Oussama.
- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast de Slice.
- Speaker #1
Merci, merci d'avoir invité.
- Speaker #0
Avec grand plaisir enfin parce qu'on est ravi de t'accueillir. J'avais vraiment la volonté de discuter avec quelqu'un qui est assez proche du sujet de l'investissement et du patrimoine. Et je pense que tu as le profil parfait pour ça. Aussi, Sadeva, je vais essayer de t'introduire, de te présenter comme j'ai l'habitude de faire. Et ensuite, on va rentrer sur la plupart des sujets qu'on a déjà un petit peu préparés ensemble.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Alors Romain, tu es entrepreneur bordelais avec un diplôme de droit. Tu as démarré dans le conseil en gestion de patrimoine au sein de différentes banques privées. Ensuite, il me semble que tu as fait deux maisons différentes. Et tu t'es lancé il y a quelques années à ton compte pour conseiller ce que tu disais. le plus de monde possible dans le sens de démocratiser finalement l'accès au conseil patrimonial. C'est un peu ça l'ADN de la maison que tu as créée qui s'appelle Eternia. J'avais peut-être une première question avant d'entrer dans le vif du sujet qui est l'investissement et le conseil patrimonial. Est-ce que Bordeaux est toujours une ville où il fait bon vivre et à tes yeux la plus belle ville de France ?
- Speaker #1
Alors, une ville où il fait bon vivre et où il fait bon travailler, certainement. C'est vrai qu'on a bénéficié ces dernières années d'une remise au propre et à niveau de la ville à la hauteur de ce qu'elle méritait, avec des très, très gros chantiers qui ont été lancés et qui rendent aujourd'hui la ville très attractive, très dynamique sur un plan économique. Je ne vais peut-être pas me faire des copains, la plus belle ville de France, non, pour moi, ça reste Paris.
- Speaker #0
Parce que tu es parisien d'origine ?
- Speaker #1
Je ne suis pas parisien, mais je suis un grand amoureux de Paris. D'accord,
- Speaker #0
super. Et d'un point de vue immobilier, peut-être juste pour avoir le contexte, c'est une ville qui a connu un essor énorme avec l'arrivée de la ligne grande vitesse. Entre autres. J'ai l'impression que sur ces dernières années, c'est peut-être un peu plus compliqué sur les prix au mètre carré, le marché bordelais. Quelle est ta vision ?
- Speaker #1
Ouais, alors... Compliqué, je n'irai pas jusqu'à dire ça, parce qu'on a quand même un certain maintien des prix. On va dire que l'euphorie s'est arrêtée, parce que là, on était sur des choses qui devenaient même un peu surprenantes, pour le moins. L'euphorie s'est arrêtée. Il y a effectivement beaucoup moins de transactions, beaucoup moins de rotations qu'on a pu en avoir. Après, il n'y a pas une chute des prix qui soit phénoménale. On va dire petit ajustement, mais comme on a pu le connaître, je pense qu'on en parlera. Après, sur d'autres marchés, un petit ajustement dû, entre autres, à la hausse des taux et un ralentissement du marché, mais pas dans des proportions.
- Speaker #0
Ok, super. On disait juste avant qu'au sein de ton cabinet, il y a, on va dire, certaines valeurs fortes et une vision de démocratiser le conseil patrimonial. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu pourquoi, en te lançant, tu as fait ce constat et cette volonté de te lancer sur cette typologie ?
- Speaker #1
Alors, effectivement, investisseurs. certains vont mettre le ticket à 100 000, 200 000, 300 000, après on peut mettre finalement absolument ce qu'on veut. Moi, je trouve finalement, par mes convictions et mon envie, tout aussi intéressant de construire Le patrimoine avec des générations qui n'en ont pas forcément encore. Je dis bien encore parce qu'il ne faut pas oublier qu'on est à la veille aussi du plus grand transfert générationnel de patrimoine qu'on a pu connaître ces dernières années.
- Speaker #0
Alors est-ce que tu peux expliquer un peu ce que ça veut dire ? Ma compréhension c'est qu'il y a une pyramide d'âge qui fait qu'il va y avoir des successions. Mais peut-être plus en détail sur qu'est-ce que ça veut dire ?
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le patrimoine, et notamment immobilier, est ultra détenu par les générations qui nous ont précédés. Et il se trouve qu'aussi, les générations suivantes ont moins d'enfants que précédemment.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, il va y avoir ces prochaines années aussi un transfert de richesses qui va être sans précédent. Si on ajoute à ça que... finalement on va avoir à l'inverse une autre problématique qui va être la gestion des retraites et de la vie en tant que senior. Il m'a paru fondamental, eu égard à ces deux éléments, de se dire qu'il faut apprendre aux générations d'aujourd'hui et de demain à tout de suite appréhender la gestion de l'épargne, comprendre ce qu'est l'épargne, pour appréhender ces enjeux-là. On n'a jamais eu autant accès à de l'information. il est clair que tous les produits financiers dans lesquels tu souhaites investir, pour la plupart, ils sont accessibles directement. Maintenant, est-ce que cette profusion d'offres et d'accessibilité rend la chose compréhensible et intégrable dans le quotidien de nos clients et nos futurs clients ? Je ne crois pas. Ça reste des sujets qui sont extrêmement techniques. Et je pense que... construire son épargne quand on n'a pas forcément d'éducation financière, parce que c'est un fait, il n'y a pas d'éducation financière dans le système scolaire aujourd'hui. Finalement, cet élément-là fait que ces générations ont besoin d'être préparées, de comprendre dans quoi ils investissent, et d'avoir quelqu'un à leur côté qui raisonne de façon objective et pragmatique.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que le pire, c'est de dire que l'émotion...
- Speaker #0
Tu prépares ces jeunes ? Avant qu'il y ait une succession qui tombe de plusieurs dizaines,
- Speaker #1
mais en tout cas, je trouve que c'est intéressant de se dire que finalement, dans tous les cas, le patrimoine, soit il existe, soit il se construit.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Tout un chacun. Les entrepreneurs le comprennent très bien. Ils ne sont pas tous nés avec une cuillère en argent dans la bouche et avec quelque chose à gérer. Ils l'ont construit. L'épargne, c'est un peu la même dynamique. Quand on comprend bien, on investit bien.
- Speaker #0
Et si je prends l'autre pan, là on a parlé des clients que tu conseilles, et de l'autre côté il y a les conseillers. Lors de la préparation de notre échange, tu disais que sur les derniers chiffres de la Chambre nationale des CGP, on pouvait constater qu'on n'a jamais vu autant de lancements, d'installations, de nouveaux entrants sur ce marché. Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que ça veut dire que l'offre va exploser, une concurrence accrue ?
- Speaker #1
Ça veut dire qu'il y a un réel besoin, je pense aujourd'hui, pour les gens de se faire accompagner, de comprendre. Et de ne pas être mis un peu au banc de ce qui peut se faire. Tout le monde a envie finalement d'accéder aux choses les plus intéressantes, les plus rentables. Mais il y a aussi ce besoin de comprendre. Et il se trouve que le marché de l'épargne en France... Une caractéristique, c'est qu'il est quand même hyper concentré et qu'aujourd'hui, 90% à peu près de l'épargne, elle se trouve logée dans les banques. Oui,
- Speaker #0
alors justement, ça me fait une parfaite transition pour démarrer, on va dire, les questions un peu techniques de cet épisode. Peut-être une première vision macro qui va être un peu le thème finalement de notre échange. C'est de ton observation, tu as conseillé aujourd'hui, il me semble, plus de 300 clients différents. Où va l'épargne des Français ?
- Speaker #1
Alors... On va dire, où va l'épargne des Français en général et où est-ce qu'on essaye de flécher l'épargne de nos clients ? Il va y avoir deux sujets, ça ne va pas être la même chose. De façon très macro, l'épargne des Français aujourd'hui, elle va sur les livrets et dans le meilleur des cas, sur les fonds euros des assurances vie.
- Speaker #0
D'accord. Donc les livrets capés, il me semble, à un peu plus de 20 000 euros.
- Speaker #1
23 000 euros pour le livret A, 12 000 euros pour le développement durable. Ça ne va pas chercher extrêmement loin en termes de stratégie. Et c'est malheureusement surtout une stratégie qui, d'un point de vue subjectif, paraît plus intéressante pour les investisseurs qu'il y a quelques années, puisqu'on a eu une remontée des taux d'intérêt. Donc c'est vrai que de façon un peu faciale, dire un livret A à 3%, ça devient intéressant. En réalité... Investir, enfin investir, mettre de côté dans un livret A, parce que je ne devrais même pas employer le mot investir, c'est la garantie de perdre de l'argent tous les mois.
- Speaker #0
Alors justement, on parlait de cette notion en préparation de l'échange, donc ce que tu dis là, c'est en valeur relative et pas en valeur absolue, parce qu'en valeur absolue, je mets 20 000 euros, 3%, mon livret A augmente. En valeur relative, est-ce que tu peux expliquer un petit peu comment ça...
- Speaker #1
En fait, il y a un décalage avec une notion économique qu'on a vu refleurir ces dernières années, qu'on avait un petit peu oubliée et qui a changé la façon de faire de beaucoup de métiers. Je pense qu'on en parlera aussi pour l'immobilier, c'est l'inflation. C'est-à-dire que si j'ai un rendement à 3%, mais qu'en face j'ai une inflation à 4% ou à 5%, je perds de l'argent sur ce qu'il me permet de faire. Alors, ça peut avoir l'air de rien quand on en parle comme ça sur un an. Maintenant, un ou deux points d'inflation qui rognent finalement mon épargne sur 20 ans ou 30 ans, c'est sévère, très très sévère.
- Speaker #0
Donc finalement, notre capital augmente, mais notre pouvoir d'achat diminue quand on se place sur des supports qui sont inférieurs au niveau de l'inflation.
- Speaker #1
Voilà, c'est pour ça que notre mission première, c'est bien d'expliquer à nos clients que... L'épargne de précaution, bien sûr, elle est nécessaire. Il y a le matelas de sécurité qui est nécessaire. Mais je veux dire, ce n'est pas ça qui va maintenir ou faire croître la capacité, le pouvoir d'achat, le patrimoine net d'inflation de nos clients.
- Speaker #0
Et sur ces dernières années, même sur ces derniers mois, on n'a jamais vu autant de variations sur les augmentations de taux, les taux courts, taux longs. Est-ce que tes clients sont finalement un peu perdus dans tout ce... Ce nuage d'informations.
- Speaker #1
Clairement, il y a une perte de repère. Les taux d'intérêt qui, sur les crédits, sont passés... On arrivait à emprunter à moins d'un pour cent il n'y a pas si longtemps. On est passé brutalement à quatre sur les crédits longs. Dans le même temps, mon livret A qui passe de 1 à 1,3. Des SCPI qui continuent à distribuer du rendement, mais dont la valeur du prix de part, pour certaines, a baissé drastiquement. Alors qu'on dit finalement que le marché... en soi n'est pas malsain. Oui, ça a interpellé. D'un autre côté, des marchés financiers qui se portent finalement pas mal, alors qu'on entend tous les jours, on lit tous les jours dans la presse que c'est la catastrophe économique, qu'on va dans le mur. Donc oui, il y a clairement une incompréhension de ce mélange de toutes ces nouvelles données.
- Speaker #0
Et moi, je me pose une question quasiment tous les jours en ce moment, qui est finalement, on voit que le comportement Quand il y a autant de variations, autant de perturbations, c'est que les gens ont tendance à thésauriser. Donc ne pas se lancer dans des projets, dans l'investissement, etc. Et je me demandais comment toi tu fais pour convaincre, je ne sais pas si c'est le bon terme, mais pour conseiller en période d'incertitude. Comment tu fais pour les rassurer, les emmener dans une histoire par rapport au fait que finalement ils décident de ne rien faire et de laisser leur argent traîner parce qu'on ne sait pas où on va.
- Speaker #1
Alors en fait, on ne sait pas où on va en général parce qu'on n'a pas de cap. C'est un peu comme un bateau. Si je fixe mon cap et que je suis la boussole, je vais arriver à destination. C'est une question de temps. Et en fait, notre premier travail, c'est bien de se remettre sur les objectifs de vie de nos clients. Ils peuvent être différents de l'un à l'autre, même au même âge. Pour certains, la top priorité, ça va être l'achat de la résidence principale dans 5 ans. Pour d'autres, ça va être les études des enfants dans 10 ans. Pour d'autres, c'est la retraite dans 20 ou 25 ans. D'accord.
- Speaker #0
Donc tu associes à chaque fois un projet au conseil que tu vas prodiguer.
- Speaker #1
Voilà. Un cap égale une stratégie. Et notre mission, c'est d'accompagner l'aboutissement jusqu'à ce cap, c'est-à-dire d'éviter des changements brutaux. Si on doit parler des marchés financiers, évidemment que si on s'est fixé un cap sur 10 ans, on ne va pas avoir que 10 années de performance. Ça serait trop beau. Donc, c'est toujours de ramener, en fait, à l'objectif final et d'accepter, en fonction des solutions qu'on choisit, qu'il puisse y avoir des bonnes, des mauvaises années, de la volatilité, on appelle ça comme ça, les variations de valeurs. Donc, tout ça est extrêmement important et, en règle générale, d'ailleurs, sur certains points, la finance comportementale l'a très bien démontré, si j'ai un objectif qui est bien défini et que j'ai les moyens mises en face qui sont en adéquation, on épingle en général 30 à 40% de plus. D'accord.
- Speaker #0
Et donc tout à l'heure, tu disais livret A, deuxième volet assurance vie. Est-ce que c'est un produit que tu recommandes ?
- Speaker #1
Alors, l'assurance vie, on peut mettre beaucoup de choses dedans. J'ai surtout dit fonds euros des assurances vie. L'assurance vie, bien sûr que c'est un produit qu'on recommande parce qu'il a énormément d'atouts, notamment fiscaux, dans sa manche. Et on peut faire, c'est un peu le couteau suisse de la gestion de l'épargne, l'assurance vie permet de faire... ce fameux fonds euro. Car retrouver quelques couleurs, il est vrai, puisque la remontée des taux obligataires a permis aux assureurs de réaugmenter pour la première fois depuis de nombreuses années le rendement. Mais l'assurance vie, ce n'est pas que ça. L'assurance vie permet, à travers ce qu'on appelle les unités de compte, d'investir aussi sur les marchés financiers, les marchés obligataires, l'immobilier, le private equity. Aujourd'hui, c'est une solution qui est vraiment multifacette. et qui, bien piloté, peut répondre à énormément d'objectifs. Je peux très bien me fixer un objectif études des enfants ou retraite avec un contrat d'assurance-vie.
- Speaker #0
D'accord. Donc, ce que tu veux dire, c'est que, finalement, un contrat d'assurance-vie est une poche dans laquelle on a la main pour définir son allocation, toujours en fonction de ce fameux cap et d'avoir un projet en place.
- Speaker #1
Le cap et mon acceptation et ma sensibilité au risque. C'est une commode dans laquelle j'ai une multitude de tiroirs et puis, après, j'investis. Et puis, c'est évolutif. Je peux très bien commencer avec un... une certaine stratégie, la faire évoluer dans le temps.
- Speaker #0
Et si on essaye de prendre un petit peu de hauteur de vue, tu parlais du taux obligataire. Le taux obligataire est aussi associé au fait que ce sont beaucoup les États qui s'endettent et les assureurs qui achètent cette dette. On entend tout et son contraire sur la dette française aujourd'hui. Est-ce que tu penses qu'il faut se préoccuper de, on va dire, L'instabilité un petit peu politique qu'il y a en France en ce moment, cette semaine on a annoncé la démission du Premier ministre François Bayrou. Est-ce que finalement ça a toujours été un peu comme ça ? Il n'y a pas vraiment de sujet immédiat, mais les journalistes nous laissent penser que...
- Speaker #1
Non, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de sujet immédiat, ça serait quand même mettre la tête dans le sable. Je pense que ce dont il faut qu'on ait conscience avec la dette, c'est qu'en fait on fait payer les générations futures. C'est-à-dire qu'en fait, on s'ampute de capacités financières demain. Aujourd'hui, clairement, la France n'a pas de soucis pour aller trouver des preneurs de ses papiers obligataires. Et en relatif, oui, elle est endettée. Il y a encore des États qui le sont plus. Donc c'est toujours à amener en relation, en rapport au produit intérieur brut, l'endettement. Les États-Unis d'Amérique sont beaucoup plus endettés que la France. Pourtant, finalement, la dette américaine... On n'en parle pas, c'est pas un sujet. Donc, le vrai sujet, c'est que, en fait, on a, je pense, en France, des difficultés à trouver le bon compromis. Et à chaque fois qu'on essaye de faire des économies, on n'y arrive pas. Après, il y aura un moment donné où, de toute façon, on sera obligé de le faire. Soit on s'y obligera nous-mêmes, soit probablement que l'Europe nous y contraigne plus ou moins. C'est certain. Après, je pense que ce n'est pas vraiment un... Ce n'est pas un sujet de demain. Ce n'est pas demain, le monde financier en France ne va pas s'écrouler. Par contre, il y a vraiment une réflexion en profondeur et dans la durée à mener, à savoir si on veut réellement, à ce moment-là, amputer la richesse de nos enfants et de nos petits-enfants.
- Speaker #0
Oui, ok, intéressant, parce qu'effectivement, il y a un sujet sur la retraite aujourd'hui, qui est que le nombre d'actifs rapporté au nombre de retraités va de plus en plus se dégrader au détriment des actifs. qui seront de moins en moins par rapport au nombre de retraités. Et donc, on se pose la question de comment on va continuer de financer ce régime.
- Speaker #1
En tout cas, c'est rigolo ce que tu dis, parce que moi, je me souviens, quand j'ai commencé à travailler dans la finance il y a une vingtaine d'années, convaincre des clients d'investir sur des solutions retraite, c'était compliqué. Et c'était entendable, on va dire, à partir du moment où les gens avaient 50, 55 ans, peut-être même plutôt 55 ans. Aujourd'hui, je reçois assez souvent des clients et des prospects qui ont entre 25 et 30 ans et qui eux-mêmes me demandent pour la retraite, je fais quoi ?
- Speaker #0
D'accord. Et tu penses qu'il y a un effet contenu réseau sociaux où ils entendent des choses ? D'où leur vient cette information des parents ?
- Speaker #1
On en parle tellement que de toute façon, on ne peut pas passer à côté. Et puis, je pense qu'ils ont quand même une vue de la démographie. De toute façon, on a à peu près aversé le rapport. On avait deux actifs pour financer un retraité. Demain, on a un actif pour financer deux retraités. Même sans rentrer dans le détail, il y a quand même un problème de financement. mais en tout cas même les plus jeunes générations en ont une vraie conscience alors parfois presque par défaitisme j'ai envie de dire, c'est à dire bon j'aurai rien je pense qu'on va pas non plus avoir un régime qui va s'écrouler par contre ce qui est certain c'est de ne pas s'en occuper et ou s'en occuper trop tard, ça peut devenir problématique.
- Speaker #0
Ça va me faire une bonne transition. Tout à l'heure, tu disais il y a là où va l'épargne des Français et là où nous, on recommande d'aller. Du coup, on va faire un exemple assez concret. J'aimerais te poser la question que j'ai l'habitude de poser à mes invités, qui est toi, Romain, si tu avais l'occasion d'investir un million d'euros, comment est-ce que tu déciderais de la louer par rapport à... Ton cap, justement.
- Speaker #1
Je vais te faire la réponse pour moi, du coup. On va dire que si tu me donnes un million d'euros aujourd'hui, déjà, je te remercie chaleureusement. Mon cap, il est à 15-20 ans. Pourquoi ? L'après-carrière. J'ai 42 ans. 57-60 ans. On va dire que c'est un peu le cap qu'on va viser pour se dire, je vais peut-être être arrêté ou commencer à transmettre. Il faut assurer. Il faut assurer la retraite et l'avenir. Donc, en gros, de façon très schématique, je dirais qu'il y aurait environ 20-25% qui seraient sûrs de l'épargne disponible, à la fois pour assurer le matelas et aussi pour saisir des opportunités qui pourraient arriver en cours de route. Peut-être que le moment où tu vas me donner le million d'euros n'est pas le meilleur pour saisir toutes les opportunités.
- Speaker #0
Donc, quand tu dis épargne disponible, tu le laisses sur ton compte ? courant ?
- Speaker #1
Non, je veux dire par là les livrets, justement le fameux fonds euro assurance vie. Quelque chose où j'ai zéro risque et que je peux accéder librement et facilement à mon épargne si jamais j'ai soit un imprévu soit une opportunité.
- Speaker #0
D'accord. Donc une poche liquide que tu peux utiliser suivant l'imprévu et quel type de rendement est-ce que cette poche peut générer ?
- Speaker #1
De toute façon, on va dire qu'elle est simplement faite à couvrir le coût de la vie. De façon moyenne, Si on trace la rentabilité d'un fonds euro d'assurance vie ou délivré sur 20 ans, j'ai couvert l'inflation. D'accord. Peut-être un peu mieux, mais voilà. Là, on n'est vraiment pas sur un but de rendement. On est sur un but de dire, je sécurise.
- Speaker #0
Je ne perds pas de pouvoir d'achat.
- Speaker #1
Je ne perds pas.
- Speaker #0
J'essaie de suivre l'inflation.
- Speaker #1
Voilà. Et éventuellement, j'ai aussi quelque chose si j'ai une opportunité à saisir. D'accord. La deuxième poche, à peu près dans les mêmes proportions, 25%. J'irais sur un portefeuille de gestion actions, que là pour le coup, a priori, je déléguerais à quelqu'un qui a le temps de ne faire que ça. Parce que finalement, la gestion de portefeuille et notamment marché financier, c'est quelque chose où il faut quand même être assez agile et assez flexible. Et alors sur la deuxième partie, en fait...
- Speaker #0
Donc juste sur cette deuxième... Sur ce volet de portefeuille action, tu fais confiance à un gérant. Est-ce qu'il y a au moins une grande orientation qui est, par exemple, un horizon d'investissement, une performance recherchée ?
- Speaker #1
L'horizon d'investissement que je lui donnerais serait 10-15 ans. D'accord. Et performance recherchée, ce serait un marché financier à entre 8 et 10 % par an.
- Speaker #0
Donc quand même un produit assez dynamique.
- Speaker #1
Oui, très dynamique. Après, avec toujours à l'esprit que... on part sur des actions, côté où nous compter, après, à définir, mais qu'aujourd'hui, j'ai 15 ans d'horizon d'investissement, on est d'accord que dans 10 ans, j'en ai plus que 5. Donc c'est tout là aussi la flexibilité et de travailler avec des personnes qui sont aussi capables de baisser un peu la voilure au fur et à mesure que l'horizon se rapproche. Parce que si je gère tout le temps à un horizon 15 ans... à un moment donné, je vais peut-être prendre des chocs de marché qui ne vont pas m'arranger en fonction de mon horizon que j'ai défini au départ. C'est hyper important aussi à garder à l'esprit. Et c'est vrai aussi pour les portefeuilles de nos clients, c'est le suivi et la réadaptation, la réallocation. Parce que ce que j'ai défini en 2025, forcément, dans 10 ans...
- Speaker #0
5 ans, 10 ans après, quand tu dis réduire la valeur, c'est quoi ? C'est se désinvestir progressivement ? Ou c'est aller sur des supports moins risqués ?
- Speaker #1
progressivement prendre les plus-values, effectivement, être parfois sur des titres qui sont plus, on va dire, bon père de famille, où l'objectif, ça va plus être de toucher du dividende que de faire des plus-values. Ce n'est pas forcément se retirer des marchés à action, c'est gérer les actions différentes. On va peut-être chercher moins la plus-value plus le rendement. On va peut-être, effectivement, dans un portefeuille, aller doucement vers de l'obligataire plutôt que de l'equity. Voilà, donc ça peut être... Merci. Après, ça dépend. Je n'ai pas de boule de cristal. Il faut savoir aussi se réinventer, mais en tout cas, revoir un peu les plans qui, parfois, ne sont pas ceux qu'on avait prévus au tout départ.
- Speaker #0
On arrive à 50% de l'allocation.
- Speaker #1
Là, je t'ai mangé 105 000 euros. Ensuite, avec les deuxièmes 500 000 euros, je vais aller emplacer 1 500 000.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu fais ça ?
- Speaker #1
Parce qu'avec mes 500 000 euros, Je vais inclure de l'effet de levier dans ma stratégie financière. C'est-à-dire que là, le but, c'est de positionner 500 000 euros sur un portefeuille de SCPI et d'aller chercher du crédit bancaire à hauteur d'un million d'euros à côté de façon à finalement bénéficier de cet effet de levier et avoir avec le rendement global, finalement, que plus ou plus ça me paye mon crédit.
- Speaker #0
D'accord. Donc tu vises un autofinancement entre le coût de ton financement et l'amortissement. et le rendement que génère le produit d'SCP.
- Speaker #1
Voilà, comme ça j'ai l'atterrissage. Je sais que si le plan a été bien monté... Mais 500 000 d'aujourd'hui, dans 15 ans, c'est 1,5 million.
- Speaker #0
D'accord. Et donc 1,5 million qui va générer du revenu à partir du moment où tu seras... Et dans ton allocation SCPI, tu distribues sur différents gérants ?
- Speaker #1
Toujours. Toujours ? Oui. Ça, c'est un peu mon credo. J'ai toujours fait ça parce qu'à mon sens, l'investissement immobilier... n'a pas forcément de vocation à se voir différemment d'une allocation en fonds d'investissement action. Je vais, je pense, drastiquement diminuer mon risque, mon exposition, si je suis sur plusieurs stratégies complémentaires. J'entends par là, si on doit parler des CPI, avec la brutale augmentation des taux qu'on a connue sur 18-24 mois, on a vu que ça a énormément pénalisé certaines sociétés, et qu'on s'est retrouvé face finalement au plus gros problème qu'on peut connaître sur une SCPI, c'est le risque principal, c'est le risque de liquidité. Malgré ce contexte qui est finalement peut-être le plus défavorable à l'investissement immobilier, multiplié par 3 ou 4 les taux d'intérêt, c'est un choc brutal. Je pense que je ne te contredirais pas de dire ce qui peut arriver de pire en tant qu'investisseur. Malgré ça, on a, si on prend les derniers chiffres de la SPIM, entre 15 et 20% des SCPI qui ont des sujets réels d'attente de retrait de part. Donc ça veut dire que même un choc considérable fait que j'ai une SCPI sur 5, on va dire, qui s'est retrouvée sur ce problème-là. Donc finalement, si moi, dans mon portefeuille, je n'ai pas mis tout sur une SCPI, mais que sur ces montants-là, j'en ai fait 5 ou 6,
- Speaker #0
Ça te réduit ton choc d'avoir choisi le mauvais gérant.
- Speaker #1
Pas le mauvais, parce qu'il faut relativiser. On peut très vite passer de héros à zéro. C'est vrai dans la vie. C'est vrai dans la gestion de patrimoine aussi. Donc, il ne faut pas tirer sur les ambulances. C'est ce qui peut arriver. Et de toute façon, de façon encore une fois très pragmatique, C'est ça que doivent comprendre nos clients quand ils vont sur un marché tel que l'immobilier. C'est que ce qu'on ne peut pas me garantir, c'est la liquidité. Mais c'est vrai, si demain tu vas acheter un appartement locatif tout seul, tu n'as aucune garantie que l'année où tu as envie de le vendre, tu trouveras un acheteur dans les six mois. Aucune.
- Speaker #0
Là-dessus, je peux témoigner sur le fait que l'immobilier est un cycle long. C'est pas une classe d'actifs de boursicoteurs où on peut se dire j'ai des horizons de 2-3 ans où on est sujet à un aléa qui est beaucoup plus risqué qu'un indice 2-3-7 qu'on peut retrouver dans des fonds immobiliers.
- Speaker #1
Et c'est un actif qui est encore une fois extrêmement sensible aux variations de taux.
- Speaker #0
C'est ça exactement.
- Speaker #1
Puisqu'en fait finalement cette illiquidité... Moi, en tant qu'investisseur, elle va se traduire par un taux de rentabilité qui va être supérieur au taux du sans risque. C'est ce qu'on appelle en termes techniques la prime de risque. Donc évidemment, si j'ai mes taux d'intérêt du sans risque qui remontent, pour prendre un exemple très concret, au moment où j'avais des dépôts à terme à 4% à 6 mois à la banque,
- Speaker #0
me proposer une SCPI ou quelconque investissement immobilier à 4,5, dire non. Je prends ce qui est liquide et ce qui est récupérable dans 6 mois.
- Speaker #1
J'ai peut-être une question focus sur le sujet de la SCPI. Je sais qu'il y a pas mal de gérants qui se la posent. Aujourd'hui, on voit un peloton de tête de 4-5 SCPI qui ramassent plus de 50% de la collecte du marché. Très concentré. On peut se poser la question légitimement de se dire, est-ce que ces volumes-là entre les mains de 1, 2, 3 gérants sont finalement une bonne chose ? Parce que ça fait plus d'acquisitions à faire avec un délai de jouissance de parfois 4 mois, 5 mois, qui demande donc d'investir dans cette fenêtre de tir. Quel est ton point de vue sur ce sujet ?
- Speaker #0
Mon point de vue, il est finalement assez identique à celui que je donnais à mes clients il y a quelques années, mais presque avec le pendant inverse. C'est-à-dire que beaucoup d'investisseurs me disaient « Moi, je veux aller que sur des très grosses sociétés parce que ça me protège. » On fait le constat quelques années après. On ne va pas faire le classement des pays qui ont les plus gros problèmes de liquidité, mais en tout cas, on est d'accord que ce ne sont pas les petites. Ce qui veut dire que finalement, la taille ne me protège pas. Et ne me nuit pas non plus. On a également des très gros véhicules qui n'ont pas de problème de liquidité. Donc je pense qu'en fait, le sujet n'est pas tellement ce que je collecte. Le sujet est comment je l'investis. Et si finalement, c'est plutôt mes investissements qui appellent la collecte que l'inverse. si en fait je continue à avoir la même qualité de gestion que je continue à être très granulaire et ça je pense que c'est pour moi un des critères les plus importants dans la sélection des SCPI à investir, c'est la granularité et la diversification de mes investissements. Je vais toujours avoir plus de liquidités sur un actif à 2 millions d'euros que sur un actif à 10.
- Speaker #1
Oui, parce que forcément, il y a plus d'investisseurs qui ont 2 millions d'euros à investir que 10 millions.
- Speaker #0
Dès qu'il y a une crise, trouver un investisseur qui va venir avec 10 ou 15 millions sur la table, ça...
- Speaker #1
Ça se raréfie. Voilà,
- Speaker #0
c'est ça. Donc à 1 ou 2 ou 3, je trouve. Donc ces sujets-là, je pense qu'en fait, il ne faut pas... Il ne faut pas se dire que petit, c'est risqué et gros, c'est sécurisant. Et à l'inverse, aujourd'hui, il ne faut pas se dire que celle qui collecte beaucoup va forcément connaître une mauvaise aventure. Je pense que ce n'est pas le sujet. C'est comment on investit et dans quel but.
- Speaker #1
Alors, j'aimerais te parler de deux autres produits. On en a parlé durant cet échange parce qu'il y avait un petit travail préparatif. Je ne vais pas les appeler les produits à la mode, mais presque un peu finalement aujourd'hui. Le premier, c'est les fonds de private equity qui ont tendance à se réutiliser, donc à devenir accessibles au grand public. Et le deuxième, c'est le sujet des produits structurés. On a fait l'exercice de regarder deux typologies, donc un fonds de private equity et un produit structuré. J'aimerais avoir un peu ton analyse sur, est-ce que finalement tu trouves que ces produits sont intéressants ? Est-ce que tu vois un risque sur certains d'entre eux ? Est-ce que tu aurais tendance à les recommander ? Donc commençons par le premier. Donc le premier, juste pour mettre un petit peu le contexte. Donc c'est un fonds d'investissement en pré-avet-écouti qui est porté par une banque publique française qui propose d'investir dans des actions d'entreprise en développement. On peut appeler ça des startups, mais ça peut être aussi des PME innovantes en plein développement et qui recherchent des capitaux avec un horizon assez long qui est de plus de 5 ans. De mémoire, c'est 7-8 ans.
- Speaker #0
Oui, au minimum.
- Speaker #1
Là-dessus, la performance visée est autour de 8 à 10 % de TRI. Donc, ce n'est pas du revenu annuel, mais plutôt à terme, avec, on va dire, une illiquidité durant toute cette période d'investissement. Est-ce que tu penses que... Ah oui, pardon, le produit est accessible à partir de 500 euros. C'est ça qui devient intéressant.
- Speaker #0
C'est une donnée qui est quand même intéressante. Parce que c'est vrai que pendant longtemps, le private equity... était accessible à des clients qui avaient au minimum 100 000 euros d'investissement parce qu'ils pouvaient être assimilés professionnels. Ce qui, de toi à moi, est assez hérétique parce que...
- Speaker #1
Il peut y avoir des gens qui ont 100 000 euros et qui ne connaissent rien à l'investissement.
- Speaker #0
Absolument. Après, c'est assez dogmatique. Mais je dirais que notre métier, c'est de qualifier, quoi qu'il en soit, la capacité de nos investisseurs à comprendre ce qu'ils achètent. Et surtout, tu as raison, avec l'horizon d'investissement. comprendre que là pour le coup si je vais sur du private equity c'est pas un livret je vais avoir une illiquidité en cours de route là où néanmoins ce type de produit devient intéressant pour être inséré dans les gammes de produits accessibles pour nos clients c'est que effectivement tu as un ticket d'entrée qui est extrêmement bas ça c'est la première chose, la deuxième et je dirais c'est presque surtout ça moi que je trouvais intéressant dans ce fonds par rapport à d'autres, c'est l'hyper diversification Parce que finalement, on investit dans des fonds qu'on déjà investit et où on est sur ce qu'on appelle pour certaines sur le marché secondaire. C'est-à-dire qu'en fait, j'ai quand même un lissage parce que tu sais que quand on investit sur du non-coté, j'ai ce qu'on appelle le fameux effet de courbe en J. C'est-à-dire que je mets mes fonds et les premières années, je n'ai pas encore le fruit de ma performance. Je baisse. Et après, je remonte sur quelques années plus tard. Donc c'est vrai que le fait d'être sur beaucoup, beaucoup de sociétés et pour la plupart d'entre elles sur du marché secondaire, j'ai quand même cet effet courbangie qui va être très certainement très lissé et qui va quand même avoir tendance sur les valorisations en cours de route à un peu moins effrayer le client qui est finalement assez profane de ce type d'investissement. Parce que je pense que c'est un produit qui ne va peut-être pas être au goût de ceux qui sont vraiment férus de ce type d'investissement ou qui sont, je pense, plus à même à prendre des risques plus thématiques ou plus ciblés sur des secteurs d'investissement ou des sociétés qui sont plus identifiées. Celui-ci, il va être, à mon avis, intéressant pour quelqu'un qui va commencer ses premiers investissements. Il va se dire, oui, c'est vrai qu'avec le non-coté, finalement, je peux avoir une belle performance. sans être, on va dire, full risque sur l'exposition.
- Speaker #1
Ce que tu apprécies sur ce produit et qui correspond un peu aussi à ce que tu disais avant, c'est finalement l'hyper diversification de ce genre d'investissement.
- Speaker #0
Oui, parce que le risque du non-coté, c'est qu'à un moment donné, la boîte dans laquelle j'ai investi, demain, elle n'est plus là. C'est un risque qui existe.
- Speaker #1
La fameuse courbe en J, j'ai l'impression que c'est que finalement, une entreprise, pour qu'elle puisse devenir prospère, ça prend du temps. On le voit dans nos différentes aventures entrepreneuriales. Et au début, celles qui galèrent un petit peu sont les premières à décrocher. Donc forcément, ça baisse. Mais à la fin, il y a un effet rattrapage de les performeurs qui, elles, ont mis beaucoup plus de temps à immerger.
- Speaker #0
Qui peut être considérable. Dans ton portefeuille, il suffit... Alors qu'on le voyait, par exemple, historiquement sur les FCPI, les fonds de rénovation, qui restent du private equity, mais on va dire, on avait... une dimension peut-être quand même plus fiscale qu'autre chose au démarrage. Mais en fait, ce qu'on a vu en tout cas avec l'historique, c'est qu'en général, les fonds qui sont très bien sortis à la fin, c'est ceux qui avaient deux, trois pépites dans le portefeuille. C'est les pépites que tu as détenues qui font la performance de l'intégralité. Et à l'inverse, quand tu n'es pas très diversifié, si ces deux-là, tu ne les as pas, la performance n'est pour le moins, on va dire, pas au rendez-vous.
- Speaker #1
Oui. et alors le deuxième le deuxième produit, les produits structurés. Là, c'est légèrement un peu plus technique quand même. On va essayer de simplifier au maximum. Ce que je t'ai partagé, c'est finalement que les produits structurés, c'est plusieurs actions d'entreprise dans un même produit. En l'occurrence, ici, c'était deux actions d'entreprise étrangère de banque suisse, il me semble. L'idée est de dire euh... J'ai une conviction sur le fait que ces deux titres-là vont varier à la hausse. Donc, je n'achète pas l'action en tant que telle, mais j'achète le pari qu'il puisse y avoir une variation à la hausse sur un horizon de temps donné. Ce sont des produits qui sont un peu plus courts. Celui-ci, en l'occurrence, fait 36 mois et il a une performance encore plus...
- Speaker #0
Ce qui est assez original sur un fonds structuré, finalement, c'est un peu son point fort, j'ai envie de dire, c'est sa durée. Parce que la... beaucoup de produits qu'on voit, en termes de durée maximale, on est quand même souvent sur du 8-10 ans en maturité finale. Donc là, c'est vrai que celui-là est très court. Donc finalement, une mobilisation des capitaux qui n'est pas considérable.
- Speaker #1
Alors moi, ce qui m'a surpris sur ce produit, et je me dis, quel est le risque que je prends, c'est qu'il y a un objectif de TRI de 17%,
- Speaker #0
qui est assez attractif.
- Speaker #1
Est-ce qu'en face, j'ai un risque associé sur ce niveau de TRI ?
- Speaker #0
Tu as le risque, tu as vu, tu as une protection du capital jusqu'à baisse de 40% d'une des deux actions. C'est-à-dire que, et c'est là où je dirais que c'est un peu le point faible qui fait que ce fonds structuré, j'insisterais quand même beaucoup sur la compréhension du client de savoir qu'en fait, on va prendre dans cette... pour analyser le scénario qui va être payé ou pas payé, la moins bonne des deux.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est ce qu'on appelle un worst-of. Et là, ça veut dire que finalement, je n'ai pas moyenné là. J'ai un peu une diversification à l'envers. C'est-à-dire que là, on va se baser sur celle qui a le moins performé. Après, on est sur un même secteur. Il est quand même assez rare que quand on a une hausse des bancaires, en général, on a une hausse du secteur renté. C'est quand même assez rare qu'il y en ait une qui reste à la porte.
- Speaker #1
Finalement, ce que tu dis, c'est que peut-être que cette surperformance vient aussi du fait qu'il n'y a pas la même diversification que le premier produit dont on parlait.
- Speaker #0
Oussama, le mouton à cinq pattes, ça n'existe pas. De toute façon, il faut toujours, toujours, toujours se dire que le rendement est une corrélation du ou des risques. J'ai bien du ou des parce qu'il y a plusieurs risques. On a parlé tout à l'heure sur l'immobilier, risque de liquidité, c'est le risque principal. Sur les marchés financiers, c'est le risque de volatilité. Sur l'obligataire, c'est risque émetteur. Et finalement, dans un produit structuré comme celui-ci, j'en ai quand même déjà deux. J'ai un risque marché et j'ai un risque émetteur aussi, puisque ce n'est jamais qu'une obligation. qui est à la base un fonds structuré qui est émise par un organisme financier. Donc indépendamment du scénario des deux actions qui sont visées, si j'ai ce qu'on appelle un incident de crédit sur l'émetteur, je peux aussi avoir une perte totale de mon capital. Donc il y a plein de choses à analyser dans un fonds structuré. Le 17% comme ça, il a l'air attractif. Le scénario, il est finalement assez simple à comprendre. Mais on n'a rien sans rien.
- Speaker #1
D'accord. Je vais faire une dernière transition qui permet de basculer sur un autre sujet qui défraie aussi beaucoup la chronique en ce moment sur la gestion de patrimoine, qui est la consolidation de ce marché. On a vu sur ces dernières années des fonds de private equity rentrer au capital de conseillers de gestion en patrimoine qui avaient atteint une certaine taille critique avec l'objectif de faire ce qu'on appelle du build-up. c'est-à-dire d'acheter finalement des structures parfois un peu plus petites, parfois de même taille, et il peut même y arriver certaines fois exceptionnellement d'acheter une structure de plus grande taille, pour créer une sorte de géant du conseiller en gestion de patrimoine. Est-ce que tu penses que c'est une bonne chose pour l'industrie ?
- Speaker #0
Alors, ça veut déjà dire que c'est une industrie qui est attractive. Donc en soi, on ne peut pas dire que c'est une mauvaise chose. que finalement notre secteur d'activité intéresse, et intéresse au plus haut point, des investisseurs.
- Speaker #1
Donc toi en tant qu'entrepreneur dans ce domaine, tu es dans une position favorable ?
- Speaker #0
Oui, après j'ai envie de dire qu'à chaque chef d'entreprise, son scénario, et de savoir où il en est dans son parcours entrepreneurial, et de savoir si aujourd'hui il est prêt à s'intégrer dans un groupe, effectivement avec une Une échelle qui n'a rien à voir avec celle d'un cabinet en gestion de patrimoine. Mais ça ne... Tu en parlais tout à l'heure. De toute façon, ça ne remet pas en cause l'engouement des installations aujourd'hui. Donc, à mon sens, ça veut dire que de toute façon, il y a de la place à la fois pour continuer à faire le métier comme on le fait. Et moi, mon bonheur de tous les jours, c'est d'être en direct avec mes clients, de parler directement avec mes clients. Et Dieu sait si, au moment où on se parle, je n'ai absolument pas envie de faire autre chose. Peut-être que si tu me réinvites dans 15 ou 20 ans, je te dirais, oui, j'ai voulu consolider et intégrer un gros groupe. Et voilà, en même temps, c'est une question d'où on en est dans le parcours d'opportunités. Donc, je dirais, il ne faut pas voir notre modèle comme des entreprises qui soient complètement en dehors du marché des entreprises classiques. De toute façon, il y a un intérêt, il y a une certaine rendabilité, il y a des fonds qui veulent s'investir, grossir, faire des échos au milieu des échelles. Après, il n'y a pas de sujet.
- Speaker #1
Si ça intéresse les fonds de prêt à être écoutés, comme tu dis, c'est qu'il semble y avoir des indicateurs économiques de ces structures qui sont intéressantes. Est-ce que tu saurais nous donner des grandes masses sur combien gagne un conseiller de gestion en patrimoine ? Ça va être très variable.
- Speaker #0
C'est hyper variable. Je pense qu'on a des points et des moyennes qui, sur ce sujet-là, ne veulent rien dire. Par contre, le seul chiffre qui veut dire quelque chose, c'est la croissance. et là c'est tous les chiffres montrent qu'on a une croissance qui est extrêmement importante d'une année sur l'autre sur à la fois le chiffre d'affaires et sur la collecte financière. Je pense que c'est ça, c'est de se dire qu'en fait, de toute façon, tu investis dans un secteur qui est en croissance. Et encore une fois, la croissance, on peut l'avoir très loin parce que, encore une fois, 90% de l'épargne, elle n'est de toute façon pas chez nous.
- Speaker #1
Elle est chez les banques.
- Speaker #0
Elle est chez les banques, elle est chez les gros assureurs. Donc je dirais, honnêtement, dans notre domaine, il y a la place pour les très très gros cabinets, il y a la place pour les petits qui veulent s'installer et monter un modèle différent. C'est ce chiffre-là, je pense, qui est vraiment attractif. C'est-à-dire, tu as des clients dans le secteur qui sont en croissance. Ok,
- Speaker #1
je comprends. Peut-être pour terminer cet épisode, j'ai deux questions qui permettraient de conclure. Tu es de plus en plus présent sur le digital, à la fois sur les réseaux sociaux et aussi sur tes campagnes de communication. J'ai l'impression que tu as pris le pli justement de dire finalement pour continuer d'exister dans un marché où la jeunesse passe son temps sur téléphone, ordinateur, etc. Il faut aller les chercher sur les contenus qu'ils aiment et les plateformes où ils vont. Quelle est ta conviction aujourd'hui sur le digital ?
- Speaker #0
Alors moi, ma conviction sur le digital, c'est, sur le constat, je partage 100% de ce que tu dis. J'ai par contre un sujet d'irritation supplémentaire qui fait que j'ai envie d'être de plus en plus présent là-dessus. C'est qu'on voit beaucoup de jeunes investisseurs qui partent avec des vendeurs de rêve. Qui n'ont pas la responsabilité derrière. On te vend une formation en... 10 étapes et en fait la personne elle est basée à Dubaï ou je ne sais où qui en fait joue sur justement cette méconnaissance et ce défaut d'accompagnement pour aller soutirer des subsides qui sont pas à mon sens bien gagnés et en fait ce qui m'énerve un peu c'est de se dire qu'en fait eux ont compris comment vraiment ça fonctionne les codes de ce qui est consommé par nos clients potentiels c'est ça ... C'est-à-dire qu'en fait, si tu regardes objectivement la façon dont finalement, que ce soit les banques ou les conseillers en gestion de patrimoine, on va dire que la façon de communiquer, ce n'est finalement pas tellement différent. On dit la même chose qu'il y a 30 ans. Par contre, nos prospects ne consomment pas du tout comme il y a 30 ans. Justement, ils s'informent énormément. Le premier média d'information, c'est le smartphone. Ça fait bien longtemps maintenant que ce n'est plus le journal télévisé ou la radio.
- Speaker #1
Je trouve qu'une des difficultés sur ce sujet que tu pointes du doigt, c'est que finalement, nous, on a des structures régulées, que ce soit sur ton activité ou la mienne de société de gestion, et un certain nombre de codifications dans la façon de communiquer. Là où ces nouveaux entrants sur ce marché du conseil et de la formation, etc. Ils peuvent dire ce qu'ils veulent. Et donc en fait, aujourd'hui, ce qui marche sur les réseaux, c'est les fraschocs,
- Speaker #0
les punchlines ? On fait un peu la course avec un boulet. Mais après, justement, je pense qu'il faut trouver le positionnement équilibré. C'est-à-dire qu'évidemment, nous, on continuera à conseiller comme on le conseillait il y a 10 ans ou 20 ans, avec la même qualité, la même sélectivité. Pour autant, il y a peut-être une façon de le dire et de l'expliquer qui se doit d'être différente. Mais je suis... complètement d'accord avec toi et on travaille énormément sur le sujet. L'équilibre n'est pas simple et demande beaucoup de travail.
- Speaker #1
Super. Romain, pour terminer cet épisode, est-ce que tu es enthousiaste sur l'avenir ? Toujours.
- Speaker #0
Non, toujours, toujours. Après, de toute façon, j'ai envie de dire, je pense que il y a beaucoup de choses qui tiennent à nous dans justement cette construction. Et tu sais, si on est entrepreneur, c'est qu'on a aussi, on s'est aussi donné une mission sociale, quelque part. Sinon, on serait tous restés avec un beau plan de carrière, salariés, et puis on en vivrait relativement bien. Donc de toute façon, si tu es entrepreneur, si tu te lances dans ces sujets-là, c'est que tu penses pouvoir apporter quelque chose, et donc faire peut-être que demain est un petit peu meilleur qu'hier.
- Speaker #1
Super. Merci pour cette conclusion. Je t'ai ravi de t'accueillir sur le podcast. Merci à toi. Bonne journée.
- Speaker #0
Bonne journée, à bientôt.