- Speaker #0
Bonjour à tous et à toutes, vous êtes dans le podcast Soul Music Diaspora. La musique soul est issue d'une longue tradition noire américaine puisqu'elle puise ses influences dans le blues, le jazz et s'est transformée au fil des décennies pour revêtir des habits funk puis endossera plus tard le costume du New Jack Swing et se transformera encore après en R&B contemporain jusqu'à influencer le hip-hop. Chaque semaine, je parlerai donc d'artistes de disques ou d'anecdotes qui ont apporté leur pierre à l'édifice, de la soul-musique et de sa descendance, d'où le nom Soul Diaspora. Notez que vous trouverez également dans ce podcast, chaque semaine, des mix R&B, New Jack, Funk, Hip Hop et bien d'autres que je concocterai spécialement pour vous. Je suis Doba, DJ, collectionneur de disques, de livres sur le sujet et je suis ravi de vous accueillir dans cette émission. Aujourd'hui, dans Soul Diaspora, je me penche sur la saga créée par R. Kelly et qui oppose Mr. Biggs, joué par Ron Ailey, un des Ailey Brothers, autrement surnommés Ron Ailey, et R. Kelly. Le natif de Chicago a souvent cité l'influence que les Ailey Brothers ont eue sur son processus créatif et sur ses albums. Alors j'ai déjà parlé dans ce podcast à quel point les Ailey Brothers sont incontournables pour moi dans la soul et le R&B. Et pourtant, cette saga entre Mr Biggs et R. Kelly est rarement évoquée dans les chroniques sur le R'n'B. Ce concept fut pourtant extrêmement novateur, et le fait est que Robert Sylvester Kelly a toujours joué de son image sulfureuse dans sa musique. Il a d'ailleurs exploré à travers ses disques et ses clips une image de bad boy fortement portée sur la chose, pour ne pas l'appeler autrement, parfois jusqu'à l'excès. allait explorer avec son compère Ronnyle Ailey le concept de l'infidélité, non sans quelques touches d'humour. Alors un petit rappel d'histoire, Robert Kelly est fasciné donc par les titres des Ailey Brothers depuis ses débuts et puis il a déjà adapté plusieurs de leurs chansons avec des artistes R&B, je pense notamment à Alia sur At Your Best You Are Love par exemple sur son premier album Age Ain't Nothing But A Number sorti en 1994. il lui vient l'idée de créer un titre fortement influencé par la mafia, avec Ron Ailey en parrain d'une part et R. Kelly dans le rôle du rebelle et donc dans l'incarnation de l'adultère. S'en suivra une saga à travers plusieurs titres et clips qui racontent, comme un feuilleton finalement, des histoires de tromperie, de vengeance et de règlement de compte. Alors je vais pas revenir sur toute la chronologie parce qu'il y a énormément de variantes dans l'oeuvre de R. Kelly. et des Hailey Brothers, notamment de Ronald. Mais voici la chronologie principale. 95, tout commence avec Dan Lowe, Nobody Has To Know, sur le troisième album d'Hercules. Celui-ci invite donc Ronald Hailey dans le rôle de Mr Biggs. Alors Mr Biggs est un personnage fictif de mafia, puissant, avec de belles femmes, des gardes du corps, de belles voitures, et j'en passe. Mr Biggs donc doit partir en voyage et il confie à Hercules le soin de surveiller sa femme durant son absence. Le problème, c'est que R. Kelly, comme d'habitude j'ai envie de dire, va avoir une liaison avec elle. Mr Biggs, comme dans tout bon film de mafia qui se respecte, découvre la trahison, il fait tabasser R. Kelly dans le désert et sa femme finit à l'hôpital où elle mourra d'ailleurs de ses blessures. Et pour vous donner une petite idée de ce que ça donne, on l'écoute de suite.
- Speaker #1
Oh my god, what ? Yet you're telling me that everything is lost. Trying to convince me, baby, to do as you say. Just go along and see things your way. C'est la fin, personne n'a besoin de moi. Secret lovers is what you wanna be. While making love to him girl, you're silently calling on...
- Speaker #0
On fait un petit saut dans le temps pour se retrouver en 1998 avec la chanteuse Kelly Price et le titre Friend of Mine, en tout cas un remix avec les deux compères Ronald et Robert. Mr Biggs joue donc le rôle de parrain de Kelly Price qui lui explique que son mari l'a trompé avec sa meilleure amie. Une mention spéciale au clip puisque dans celui-ci on voit Kelly Price en pleurs littéralement avec son rimel qui a coulé sur ses joues. rajoute à la dramaturgie du morceau. Et donc, lors d'un appel à trois, puisque l'on voit aussi, et j'y reviendrai plus tard dans les clips qui ressemblent vraiment à des courts-métrages, toutes les scènes, le mari infidèle se révèle être R. Kelly et Biggs et lui se reconnaissent sans forcément faire le lien avec leur animosité précédente dans Down Low. Et voici donc ce splendide morceau.
- Speaker #2
Je suis là, je peux t'écouter ? J'ai ton message. Je vais juste te le mettre. Je vais te le mettre.
- Speaker #3
Tu restes sur la téléphone et dis-moi tout ce qui s'est passé. Et j'étais celle qui l'a emmenée quand ce fou l'a éteinte. Un vrai ami, en effet. Vous voyez, j'étais là quand Chips allait se faire... mme carlton comme un homme à sa voix Je vous mets tout mon espoir, bébé. Elle était une amie.
- Speaker #0
Je vous l'avais dit, un excellent morceau. Et on poursuit la chronologie de cette saga avec 2001. Donc là, avec le titre Contagious, avec les mêmes acteurs et Chantemour. Oui, Chantemour qui vient, qui apparaît. en guest avec le duo. Alors Contagious est sorti sur l'album, là l'album solo de Ronald Ailey, intitulé Eternal, là aussi je vous incite à l'écouter, il vaut vraiment le détour. Et je reviens donc sur la chronologie de cette saga, Mr Biggs, dans cette fois-ci, dans cette nouvelle histoire, et bien il est dans une nouvelle relation, et il soupçonne encore une fois l'infidélité de sa femme, jouée d'ailleurs par Sean Temur, et en fait il va lui tendre un piège, Et, bien entendu, il va la surprendre avec R. Kelly chez lui et la scène va reprendre les tensions passées. Biggs, une nouvelle fois, reconnaît vaguement Kelly tandis que celui-ci s'enfuit avec une sorte de bravade. Brave l'autorité de Mr. Biggs, il y a une scène assez sympathique à la fin où il y a les deux rangés de gardes du corps qui sont là, qui se toisent. Et finalement, tout le monde s'en sort indemne si on peut dire. On s'écoute. tout de suite Contagious.
- Speaker #2
As I get closer to the staff waves, all I hear. And then I hear my baby boy in my screaming out. Tell me just touch me baby, give me what you got.
- Speaker #1
C'est
- Speaker #2
parti. C'est sexy la vie, drive me crazy, drive me wild.
- Speaker #1
All I can do is feel the floor and the angels touch me baby. Tell me what you got.
- Speaker #2
Sexy la vie, drive me crazy, drive me wild. Oh, I can't believe it's done.
- Speaker #0
Et on arrive quasiment à la fin de cette chronologie principale dont je parlais, avec une année charnière, presque l'année où ça se termine, c'est en 2003, marqué par deux titres. Alors le premier il va apparaître sur l'album solo de Ronald Ailey et il s'intitule Bastide, en featuring la chanteuse J.S. qui n'est autre, bien entendu, qu'Hercules. Et on voit d'ailleurs dans le clip que celui-ci raccompagne J.S. chez elle. Il confirme ainsi son rôle de perturbateur récurrent de la vie amoureuse de Mr Biggs et également son rôle de séducteur sacré Hercules. Ce que j'aime bien dans ce morceau, c'est qu'il est rythmé par des onomatopées, des réponses entre les deux protagonistes, Ron Ailey qui joue Mr Biggs et J.S., Donc encore une fois, ça apporte quelque chose de différent, une autre variante. Et vraiment, ce point de vue de la part du trompé, c'est rare et c'est tout à l'honneur de Ron Ailey d'endosser ce rôle. Et le morceau, encore une nouvelle fois, est marquant et je vous le propose à l'instant.
- Speaker #4
I was with my girl when she got some bad news. A man cheated,
- Speaker #2
had her upset and confused. But baby what's that got to do ? What you coming in at two ? I'm telling you. She was so upset she asked me to stay with her. Well why didn't your ass just pick up the phone and call me ? I was gonna do that but it slipped my mind. I'm sorry but I'm telling you the truth. Yeah well I got something for you. Tell me what's her name ?
- Speaker #4
Sharon.
- Speaker #2
de David Bowie
- Speaker #0
Et voici le deuxième morceau dont je parlais tout à l'heure, qui vient un peu clôturer cette année 2003. Alors ce titre lui est présent sur l'album Chocolate Factory de Terkeli. Et là on a droit à un nouveau duo des compères. R. Kelly, Ron Ailey, et ça offre finalement une sorte de duel ultime entre les deux protagonistes. Alors ils se confrontent déjà au téléphone, puis physiquement, en tout cas on le devine dans le morceau, et là une nouvelle fois ce qui est intéressant c'est que tout l'intérêt réside dans la fin, puisqu'aucun des deux protagonistes n'est donné gagnant, ou en tout cas le doute plane, et puis ça stimule finalement notre imaginaire. Alors le titre est plutôt long puisqu'on est proche des 8 minutes, pardon, mais on va plutôt écouter la première partie jusqu'à la partie téléphonique. I'ma make you love me, c'est some aphrodisiac. Baby girl, it's on.
- Speaker #1
I promise you I will do all these words to the song.
- Speaker #0
Voici donc à travers 5 titres marquants cette saga Ron Ailey-R. Kelly, comme j'en parlais, ou Mr Biggs et Kelly. Alors Ron Ailey de son côté reprendra son rôle de Mr Biggs sur différents albums comme Eternal ou encore Body Kiss. Et puis d'autres collaborations comme notamment What Would You Do confirmeront le respect mutuel
- Speaker #2
que se vouent ces deux artistes. and make you feel these words are true. My shoes gonna be the lucky ones. He wants me to spend some money on them and have some fun. Tell me, I choose you.
- Speaker #1
What would you do ?
- Speaker #0
J'ajouterai enfin, avant de clôturer cette chronique, que les clips de toute cette saga valent le détour car au-delà de la qualité des morceaux que j'ai évoqués, il y a un véritable effort de mise en scène et on est limite sur du court métrage. Vous le verrez si vous regardez les clips. Et chacun joue son rôle à merveille. Tout l'univers, bien entendu, fantasmé de la mafia et clipée, de luxueuses maisons, de grosses berlines, des costumes trois pièces, des pyjamas en satin, l'argent transpire de partout. Bref, on se croirait vraiment, véritablement dans un remake de Scarface ou des Affranchis. Nous voici donc arrivés à la fin de cet épisode de Soul Music Diaspora. J'espère que vous avez aimé, que vous avez apprécié les titres que je vous ai fait découvrir. Voilà des titres marquants qui font partie de cette saga, et comme celle-ci est rarement voire jamais évoquée, ça valait le coup de se poser un peu plus d'une vingtaine de minutes pour réécouter ces morceaux, et aussi comprendre, parce que ce n'est pas toujours évident pour les personnes qui ne sont pas spécialement à l'aise en anglais. Merci à vous pour l'écoute, vous êtes de plus en plus nombreux, en tout cas c'est les retours que j'ai via les réseaux sociaux, n'hésitez pas à nous suivre, DJ Doba ou Soul Music Diaspora sur les différents réseaux sociaux, la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Soul Diaspora. Portez-vous bien, à bientôt !