Speaker #0Bonjour et bienvenue à tous dans ce nouvel épisode de Soul RnB Diaspora. Alors ici on parle Soul, RnB surtout, et aujourd'hui épisode exceptionnel puisque je m'intéresse aujourd'hui à la naissance du groupe Guy. Alors pour ceux qui ne connaissent pas, Guy c'était un groupe composé originellement de Timmy Gatling, Aaron Hall et bien entendu... Teddy Riley, qui est considéré comme l'inventeur du New Jack Swing. Timmy Gatling va quitter le groupe, et donc on va voir pourquoi et comment aujourd'hui. Et il sera remplacé par Damien Hall. Alors, je tiens tout de suite à faire une précision, et bien c'est que cette émission sera ni plus ni moins qu'un résumé et une traduction du podcast Jacked, sorti fin novembre 2020, et qui raconte justement la naissance de ce groupe, mais en version américaine. Et j'ai constaté qu'il n'y avait aucune version française du groupe Guy, parce que j'en recherchais une notamment. Et donc je me suis dit, je m'y suis collé et voici la traduction du coup en français de ce podcast extrêmement intéressant qui est produit notamment par Barry Michael Cooper. Alors pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est un journaliste qui a travaillé notamment au niveau du scénario sur le film New Jack City. Et auparavant, il était journaliste dans un quotidien à New York. Et c'est lui qui a inventé le terme New Jack Swing lorsqu'il a vu la prestation notamment de Guy, mais on y reviendra. Et ce podcast en américain, en version américaine, était également présenté par l'actrice assez connue quand même, Taraji P. Hansen. Et avant de démarrer, je vous rappelle bien entendu de vous abonner au podcast si ce n'est pas encore fait. Et puis d'accorder une note 5 étoiles, quelle que soit votre plateforme d'écoute. énième précision avant de parler de Gaï, je rappelle pour les puriste, et ça c'est un débat souvent qui est enflammé, que une certaine Janet Jackson avait sorti en 1986, donc 3 ans avant l'histoire que je vais vous conter elle avait sorti l'album Control qui en fait était du New Jack Swing mais n'en portait pas le nom, produit par les célèbres producteurs de Minneapolis les anciens musiciens de Prince Jimmy Jam, Terry Lewis bien évidemment, donc vraiment si vous avez l'occasion aussi de vous pencher sur cet album et bien en fait c'était du New Jack Swing on va dire avant l'heure, et puis Merci. Dernière et nième précision, c'est que New Edition, qui trustait les premières places du R&B américain, avait sorti son premier album en 1983. Et avec des titres comme Popcorn Love ou encore Candy Girl, là aussi on sentait qu'il y avait les prémices de quelque chose. Donc si vous voulez vraiment vous pencher et être vraiment pointilleux sur le sujet du New Jack Swing, il faut écouter aussi Control de Janet Jackson. Et les premiers albums, il y en a eu deux de New Edition. avant, effectivement, l'arrivée de Gaï. Alors, l'histoire commence, finalement, durant l'été 89, puisque Patti Labelle et les rappeurs Cool Moody, MC Hammer, sont à l'affiche d'un célèbre festival, en tout cas aux Etats-Unis, intitulé le Budweiser Fest, festival de musique en plein air, en complément de cette tête d'affiche, il y a un groupe, Guy, un groupe de Harlem, qui est en pleine ascension et qui vient de révolutionner la musique noire avec son premier disque. Parmi la foule VIP, un certain Timmy Gatling se fraye un chemin et salue ses connaissances. Certains de ses amis le reconnaissent et hallucinent. Pourquoi ? En fait, ils sont surpris parce que Timmy Gatling a pris part au développement du groupe, Guy, mais il n'est pas sur scène. Alors ses amis lui demandent Timmy, pourquoi est-ce que tu n'es pas sur scène avec le groupe ? Et ces derniers, ces amis, ne savent pas qu'en fait, il vient de se faire évincer du groupe Guy. Et c'est absolument déroutant, hallucinant, puisque Timmy Gatling se retrouve être spectateur d'un groupe qu'il a monté de toutes pièces, et les rêves de Guy, finalement, sont en train de se réaliser, mais pas ceux de Timmy. Alors, ce doit être extrêmement difficile, on imagine, pour être créateur de musique, de produire des morceaux. et de ne pas être sur scène avec les copains pour les défendre. Finalement, cela le reprolonge dans l'époque où il écrivait seul dans son quartier, et maintenant, Guy est sur scène et Timmy n'en fait pas partie. Alors, qu'est-il arrivé au rêve de Timmy Gatling ? Comment ce groupe de gamins de Harlem a-t-il pu atteindre le sommet de l'industrie musicale pour ensuite se séparer ? L'histoire de Guy et du New Jack Swing, vous allez le voir, est une histoire d'âme. Amitié, de trahison, de gangster aussi, et d'invention d'un nouveau son qui a changé la musique à jamais. Nous sommes donc en 1989 et une bouffée d'air frais arrive sur les ondes, le New Jack Swing. Les jeunes de New York adorent ce nouveau style, rêvent d'aller en boîte pour danser sur les rythmes de Poison, de Belle Biffe de Vaud, de Bobby Brown. ou encore Remember the Time de Michael Jackson. Et même pour ceux qui ne connaissent pas le nom de ce nouveau style, et bien ça n'a pas d'importance, puisque ils ont l'impression d'assister à la naissance d'un nouveau style, puisque le hip-hop et le R'n'B se sont mélangés à cette époque. Et ce style, le New Jack Swing, a influencé la pop-musique et l'influence encore même aujourd'hui. Et tout a débuté avec un groupe de jeunes originaires de Harlem en 1987, Avec Timmy Gatling, 21 ans, qui travaille en tant que vendeur dans un département de store à Brooklyn. Alors le nom du département de store serait Abraham & Strauss, qui n'existe plus, dans l'esprit en fait d'un Macy's. Il fait la rencontre d'Aaron Hall, 23 ans, qui lui travaille dans un rayon voisin. Ce fils de pasteur impressionne Timmy rien que par sa façon de s'habiller. Eh ouais, Aaron Hall aime la sape. Les deux jeunes se lient d'amitié, notamment... par le biais de la musique, leur passion commune. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que Timmy n'est pas heureux en tant que vendeur. Il rêve d'un métier plus créatif. De son côté, Aaron haule, claironne chaque jour à qui veut l'entendre, qu'il est capable de chanter et qu'il a un don. Timmy Gatling l'apprécie, mais le trouve sûr de lui et le moque régulièrement. Mais Aaron saoule tellement Timmy sur ses capacités vocales qu'un jour dans la réserve, ce dernier... accepte de l'écouter. Et la voix d'Aaron Hall fait des merveilles, convainc Timmy qu'il est doué pour le chant. Et selon les dires de Timmy, c'est lorsqu'il a entendu Aaron Hall chanter la première fois, qu'il a eu une vision dans laquelle lui et Aaron auraient un groupe de musique. Le duo se lance donc dans l'écriture de chansons, mais déjà, il leur manque un nom de groupe. Timmy choisit Guy en hommage à un magasin de vêtements de son quartier nommé Guy Ltd., dans lequel il se rend régulièrement. C'est aussi simple que ça. Et malgré les premiers retours négatifs de son entourage sur le nom du groupe, à savoir trop simple, peu élaboré, Timmy tint bon et conserva Guy. Les deux jeunes poursuivent leur composition, mais... Timmy se rend rapidement compte qu'il leur manque quelque chose et qu'ils ont besoin d'aide. Et Timmy sait à qui demander conseil, à Teddy Riley, un jeune musicien surdoué de Harlem et qui commence à se faire connaître avec ses productions. Timmy Gatling et Teddy Riley se connaissent car ils faisaient partie du groupe Kids at Work avec Clarell Henderson. En 1984, Kids at Work a sorti un single prometteur intitulé Sugar Baby Merci. chez CBS Records. Et leur second single, Singing Hey Yeah, devait confirmer la montée en puissance du groupe. Mais malheureusement, l'histoire de Kids at Work va s'arrêter net puisque leur producteur Jen Griffith, qui n'est autre qu'un gangster de Harlem, vient d'être incarcéré dans une chambre d'hôtel à Boston. La police l'a arrêté en possession d'une grande quantité de poudre blanche d'une valeur de plus de 100 000 dollars. De fait, Cette arrestation signe la fin des activités du producteur et de son label. CBS Records ne souhaitant pas être associé à un dealer, choisit de se détourner du groupe, laissant les Kids at Work sur le carreau et sans contrat. Retour donc en 1987, une année durant laquelle les trois membres du groupe passent leur journée à travailler sans relâche dans l'appartement exigu Saint-Nicolas de la 127ème rue à New York. La particularité de cet appartement est qu'il est situé au rez-de-chaussée et que de nombreux enfants se poussent, se pressent aux fenêtres lorsqu'ils entendent les répétitions du groupe. De fait, avec les réactions en temps réel des enfants sur leur travail, la bande Teddy obtient des retours en direct sur leur composition. Et les trois acolytes savent qu'ils tiennent... quelque chose avec leur nouveau son, mais ils n'ont pas de producteur. Et c'est à cette période que Timmy va tomber nez à nez sur Jen Griffith. dans son quartier de New York. Il ne l'avait plus croisé depuis son arrestation à Boston, trois ans plus tôt. Les deux anciens acolytes discutent et finalement se mettent d'accord pour organiser un rendez-vous avec d'une part le groupe Guy et Jen Griffin. Au départ, Teddy Riley n'est pas chaud pour rencontrer Jen à cause de ses antécédents. Mais Timmy lui-même sait que le personnage a sa part d'ombre, a ses parts d'ombre on va dire même, et se dit que ce dernier sera un atout précieux pour diffuser leurs démos et les représenter auprès des maisons de disques. Même si, dans un premier temps, aucun accord n'est conclu pour que Jen Griffin soit le manager du groupe. En fait, Timmy se sent redevable auprès de Jen car c'est lui qui a mis le pied à l'étrier du groupe qui est At Work. Sans lui, il ne serait pas rentré dans le business de la musique. Dans un premier temps, les retours auprès de Jen Griffin ont été plutôt frais concernant la musique de Guy, puisque les personnes ayant écouté leur démo trouvaient que le son du groupe sonnait trop proche du gap band. Alors Timmy décida aussi d'activer ses réseaux et de diffuser leur démo. La chance lui sourit, puisqu'il obtint un rendez-vous auprès de Tommy Boy Records avec Monica Lynch. Celle-ci écouta les morceaux sans laisser apparaître la moindre émotion, puis appela son boss Tom Silverman afin qu'il se fasse une idée. Les deux producteurs écoutèrent attentivement, accrochèrent sur la démo, puis firent une offre à Timmy Gatling de 240 000 dollars. Et ils lui proposèrent de revenir le lendemain avec le groupe au complet. Jen Griffin, en tant que représentant, fut aussi de la partie, et la discussion, de fil en aiguille, devint une négociation, mais aucun deal ne fut conclu, puisque désormais, le groupe avait une offre sur laquelle se baser pour négocier. Alors pourquoi ne pas consulter d'autres labels et essayer de faire monter les enchères ? Timmy Gatling prit donc un autre rendez-vous, mais cette fois-ci avec André Harrell, le boss d'Uptown Records, qu'il connaissait depuis l'époque de Kids at Work, pour avoir son avis. André Harrell était extrêmement ambitieux pour son label. Il souhaitait que celui-ci devienne en quelque sorte le Motown des années 90. Et André Harrell saisit immédiatement le potentiel de Guy. Jen Griffin, de son côté, en négociateur expérimenté, expliqua que Tommy Boy était prêt à aligner 400 000 dollars. André Harrell, de son côté, riposta avec une offre de 500 000. Pour rappel, nous sommes en 1988 et un montant d'un demi-million de dollars pour un album était tout simplement phénoménal. Les membres de Guy hallucinèrent parce qu'ils n'avaient jamais envisagé un tel montant pour lancer leur carrière. Le soir même, ils se retrouvent pour faire la fête et pour se rendre dans un bon restaurant, mais Jen Griffin a préparé de son côté des contrats qu'il leur demande expressément de signer. Aaron Hall et Teddy Riley sont plutôt enclins à signer ce contrat, sans le consulter d'ailleurs, alors que Timmy Merci. Gatling lui refuse, ayant vu des clauses qui comportent notamment les mots « perpétuité » . Par ailleurs, il lit également que Jane Griffin aura tous les droits sur le groupe, que le long lui appartiendra, etc. Timmy réfléchit et se demande « suis-je obligé de signer le contrat dès ce soir ? » Eh bien, bien sûr que non, j'ai encore un peu de temps avant de le paraffer. On a un gros contrat qui arrive, je ne suis pas obligé de me précipiter, nous verrons plus tard. Et les membres du groupe, finalement, Jen Griffin et leur épouse, vont dîner, laissant de côté ce différent. Les trois membres du groupe commencent donc l'enregistrement de l'album dans le Hillside Studio, situé dans le New Jersey, quelques jours plus tard, et travaillent sans relâche sur ce premier disque. A partir de ce moment-là, déjà... Timmy Gatling se rend compte que les deux autres membres ne sont plus tout à fait les mêmes avec lui. Et il constate que Jen Griffin porte une attention particulière à l'égard de Teddy Riley. Teddy Riley, de son côté, appelle même Jen Griffin papa et claironne autour de lui qu'il le considère comme tel. Timmy, de son côté, va être alerté par d'autres détails, comme le fait que Teddy est le seul à détenir une carte de crédit au nom de JR Productions. A l'été 88, l'album est quasiment finalisé et tout l'entourage de Gare de pense que celui-ci va être une réussite. Timmy, quant à lui, a une intuition, un doute sur la suite de l'aventure. Et finalement, son éviction du groupe va lui être signifiée par Jen Griffin et confirmée ensuite par Teddy Riley et même Aaron Hall. Poussé vers la sortie, Timmy Gatling accuse le coup et est dévasté. Il s'est énormément investi dans le projet, a co-écrit les paroles et les arrangements. Bref, c'est un coup de massue pour lui. Cela étant, il arrivera tant bien que mal à s'en remettre en produisant des titres pour Belle Biffe de Vaud ou encore Christopher Williams. Il sortira même d'ailleurs un album solo en 1989 intitulé Help. Et le groupe Guy, quant à lui, doit combler un manque. Les titres ont été rédigés pour trois et il manque un chanteur. Aaron Hall va donc proposer d'intégrer son frère Damien, encore étudiant. Les deux personnages ont été dans la même chorale, ont fait partie des mêmes groupes étant jeunes. Bref, ils sont connectés. Damien Hall rejoint donc Teddy et Aaron au Hillside et... A peine arrivé d'ailleurs, Jen Griffin lui tend un contrat à signer. Damien le signa, en fit une copie et la présenta à son avocat. L'avocat expliqua à Damien que tout le contrat était à l'avantage de Jen Griffin. Les royalties, les droits d'auteur, le nom du groupe, etc. Mais bizarrement, Teddy et Aaron semblaient faire confiance à Jen. Alors Damien s'est rangé de leur côté. Cela étant, Damien aura... du mal à se situer dans le groupe puisqu'il était arrivé en dernier. Il savait que la partie musicale était plutôt réservée à Teddy, que la partie vocale, les voix, étaient réservées à Aaron Hall. Pour ceux qui l'ont entendu chanter, il avait une sacrée voix Aaron. Donc il se sent esselé et il s'occupera finalement de la partie scénique, même si, bien peu de gens le savent, Damien Hall était plutôt un bon batteur. Le premier album de Guy sortira donc en juin 1988 et sera un succès. atteignant la 27ème place du Billboard 200 et s'est vendu à plus de 2 millions d'exemplaires. Pour l'anecdote, Damien Hall n'apparaît pas sur la pochette de ce disque, c'est Timmy Gatling, et oui, ironie de l'histoire, qui est présent sur la photo à gauche. En septembre 1988, Guy est en concert à New York à l'Apollo Théâtre. Et backstage se trouve un jeune journaliste qui travaille pour le Village Voice un journal hebdomadaire new-yorkais qui se nomme Barry Michael Cooper. En découvrant le titre « Groove Me » joué en live, il tombe sous le charme de cette fusion qui mélange les beats hip-hop d'une part et les voix soul et R'n'B. Barry M. Cooper va donc baptiser ce nouveau son New Jack Swing et couronner d'une certaine façon Teddy Riley en tant que roi de ce nouveau genre musical. En effet, c'est Teddy et lui seul qui est en couverture de ce numéro d'octobre 1988. Avec d'ailleurs ce titre évocateur, le quartier gangster d'Harlem a élevé un génie, car très vite, finalement, le public va se rendre compte que Teddy Riley a quelque chose de spécial. Et la question qui va se poser par ricochet sera la suivante. Est-ce que le talent de Teddy Riley est plus grand que Guy ? Alors si vous êtes fan de New Jack Swing, vous avez déjà la réponse. Nous voici arrivés au terme de ce premier épisode sur la création du groupe Guy. On se retrouve la semaine prochaine pour la partie 2 du podcast. Je vous expliquerai comment le groupe a évolué. La compétition aussi avec le groupe New Edition puisqu'ils sont partis en tournée. Tout ce que ça a pu générer. comme tension entre les deux groupes. Et puis, la fin aussi du groupe. Et vous verrez pour quel projet, finalement, Teddy Riley est parti. Un projet qui, définitivement, ne pouvait pas se refuser. Je vous souhaite à tous et à toutes une bonne semaine. On se retrouve très vite dans Soul R&B Diaspora. Bye bye !