- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Soul R&B Diaspora, le podcast qui explore le R&B et la Soul sous toutes ses coutures. Aujourd'hui, place aux mémoires de Teddy Riley, paru dans le livre Remember the Times, sorti en février 2026 et co-écrit avec Jake Brown. L'inventeur du son New Jack Swing revient sur la genèse de ces deux groupes marquants, à savoir Guy et Blackstreet, bien entendu. Pour ceux qui découvraient Teddy Riley, il en reste peut-être encore un petit peu, sachez qu'il est derrière un nombre incalculable de hits des années 80 jusqu'à 2020. Alors je vais vous citer quelques artistes qui l'ont produit, entre autres, parce qu'il en a produit un paquet. Evidy and the Boys, Jazzy Jeff and Fresh Prince, Lady Gaga, Marie Dublage... Jay-Z et bien entendu Michael Jackson pour l'album Dangerous. Teddy Riley, pour rappel, faisait partie du groupe Guy avec lequel il s'est révélé à la fin des années 80. Et à ce sujet, vous pouvez retrouver deux épisodes de Soul R'n'B Diaspora en lien avec l'épisode du jour, l'histoire du groupe Guy, paru en février 2026, et Michael Jackson, vu par trois producteurs, paru en avril 2026. Mais aujourd'hui... je vais me concentrer sur les feedbacks issus de son livre, pas forcément rentrer dans ces deux histoires puisque je l'ai déjà fait en début d'année. Mais avant de démarrer, n'oubliez pas de vous abonner au podcast et de laisser une note, cela aide énormément le référencement de l'émission. Cela étant dit, c'est parti ! La préface du livre est signée Barry Michael Cooper. un journaliste de l'hebdomadaire The Voice à New York au milieu des années 80 et qui, après avoir écouté les démos de Teddy, fut sidéré par l'énergie créative et la singularité de ce nouveau son. Barry, en écrivant un article sur Teddy Riley, lui demanda comment il souhaitait baptiser son nouveau style. Teddy lui répondit qu'il n'en savait rien et comme Barry Cooper avait été sollicité par Quincy Jones quelques mois plus tôt pour écrire le film New Jack City, il décida d'inventer le terme New Jack Swing en référence au film, au talent de Teddy, mais aussi à l'atmosphère délétère qui régnait dans les quartiers afro-américains à New York fin des années 80. Ce terme devint un marqueur, la bande-son d'une jeunesse cantonnée dans ses cités, côtoyant la drogue et prise en étau dans des trafics de toutes sortes. Teddy Riley, quant à lui, est né en octobre 1967 à New York. père d'une fratrie de neuf enfants Il gagna deux Grammy Awards pour Dangerous avec Michael Jackson en 1992 et No Diggity avec Blackstreet en 1997. Teddy a chopé très tôt le virus de la musique puisque c'est sa nounou qu'il a emmené à un concert de Ladies Night and the Pimps à l'Apollo Théâtre de New York en 1972 alors qu'il avait seulement 5 ans. En bonus, sa nounou le fit monter sur scène avec la chanteuse qui le trouva mignon comme tout. Alors rétrospectivement, on voit qu'un tel événement ne pourrait sans doute plus arriver aujourd'hui. Déjà, emmener un enfant en concert, surtout de 5 ans, soit, mais avoir la possibilité de le faire monter sur scène, bon. Dans les premiers chapitres, Teddy raconte à quel point le quartier de New York dans lequel il vivait était dur. La promiscuité sociale, couplée au manque d'argent, développait déjà des rapports de force dans la communauté afro-américaine. Alors très tôt, Teddy se réfugia dans la musique et s'initia à la guitare et au piano de 5 à 10 ans et il démontra rapidement une dextérité impressionnante avec ses deux instruments. Mais le piano prit le dessus et Teddy eut l'occasion de pratiquer régulièrement cet instrument en live puisqu'il devint résident au sein de l'église Saint-Nicolas de Harlem. L'Assemblée comprit rapidement que Teddy, surnommé Shorty, avait un don particulier pour la musique. C'est d'ailleurs à cette époque qu'il intégra son premier groupe, Total Climax. Le groupe était composé de musiciens matures et expérimentés, mais tous hallucinaires lorsqu'ils entendirent jouer Shorty. Le problème majeur que rencontra Total Climax fut l'absence de rentrée d'argent, malgré les efforts de chaque membre pour percer dans la musique. Et dans un quartier comme Harlem, les tentations n'étaient jamais loin. Teddy, en parallèle de son investissement dans la musique, Intégrat un gang de cités, le chaque gang. Faire partie de ce dernier lui permettait de côtoyer ses amis et de faire rentrer de l'argent pour sa famille, puisque sa mère venait de se séparer de son père et avait la charge de la fratrie Riley. Il vendit de la drogue durant plusieurs mois, jusqu'au jour où il se fit attraper par la police. Cela lui servit de vaccin, ou de leçon, c'est selon, puisqu'il décida de se ranger des petits business et de se concentrer sur la musique. Cela étant dit, son expérience au sein du Shaq Gang lui inspira deux chansons, Just Scott Paid pour Johnny Kemp. qui narrent les soirs du jour de paye, à savoir le vendredi, au sein des gangs. La paye en liquide à peine versée, les jeunes du chaque gang s'enjaillaient en ville, dans les bars et les discothèques. Voilà, la prochaine fois que vous entendrez ce titre, vous saurez dans quel contexte il a été composé et surtout pour quelles raisons. Le deuxième titre, inspiré de sa vie dans le chac. gang, fut Go See the Doctor pour Cool Moody. Dans ce morceau, Teddy fait référence à ces femmes qui gravitaient autour des hommes du gang. Et si ces derniers ne prenaient pas de précautions lors des rapports, eh bien ils contractaient parfois des MST, et dans ce cas-là, ils devaient donc se rendre au cabinet d'un docteur, d'où le titre Go See the Doctor. Au-delà de ces anecdotes qui prêtent à sourire, Teddy était entouré de gangsters dans son quartier et côtoyait la mort au quotidien. Il explique qu'un soir, alors qu'il se trouvait à l'étage du club de son oncle Gusteau, baptisé le Rooftop, des braqueurs firent d'irruption pour récolter la recette de la discothèque qui était à la mode. Son oncle Gusteau opposa une résistance et Teddy faillit se prendre une balle. La chance qu'il eut fut d'être reconnu par un des braqueurs, ce dernier évitant de le molester. Mais, quoi qu'il en soit, Shorty baignait dans un environnement difficile. Et pourtant, il a toujours reçu une forme de protection de la part des anciens de sa rue. Ça peut paraître surprenant pour une personne qui n'a jamais vécu dans un quartier, mais pour ceux qui y vivent ou qui y ont vécu, Teddy Riley était assimilé à une fleur qui pousse dans le béton. Dans une cité comme Harlem où la drogue et les règlements de comptes faisaient rage, Teddy symbolisait une forme de résilience et d'espoir Et c'est la raison pour laquelle tout son entourage le protégeait, un peu comme un talisman. Sa mère, Mildred Riley, qui a rédigé le chapitre 6, revient justement sur les difficultés qu'elle rencontra pour éduquer Teddy et Markel en tant que mère solo. Elfie, son maximum, était au courant de toutes leurs petites affaires et explique qu'ils ont tous les deux goûté au raclet à la ceinture, car ils étaient parfois trop proches des trafics. Il était important pour elle de garder ses deux enfants dans le droit chemin. Et puis, lorsque Teddy réussit à gagner ses premiers dollars à 17 ans grâce à The Show de Doug E. Fresh, elle relâcha un peu la pression sur leur éducation, comprenant que son fils avait choisi la voie de la musique.
- Speaker #1
Am I lying ? No, you're right ! On tonight, on is very might, you're about to hear, we swear, the best star rappers of the year, so, so, sherry, yeah ! Scream bravo, all soul, if you didn't know, this is called a show !
- Speaker #0
The Show, The Doug E. Fresh et Go See The Doctor, The Cool Moody, apportèrent à Mr. Riley une reconnaissance locale dans un premier temps, puis national ensuite à travers tous les Etats-Unis. Ce début de notoriété va permettre à Teddy de produire le second album de Cool Moody, How You Like Me Now. C'est à cette période d'ailleurs qu'il va faire la connaissance de Clive Davis, le boss d'Arista Records, qui le signera sur Zamba Publishing, pour ce qui sera son premier contrat en tant qu'indépendant. A cette époque, Teddy passait son temps en studio en tant que compositeur pour de nombreux groupes tels que Evidy, Albichour, Cool Moody. et j'en passe. Par conséquent, il menait constamment des projets simultanés de production. Peu de temps après le Shaq Gang et Total Climax, Teddy intégra le groupe Kids at Work avec Timmy Gatling et Clorel Henderson, un groupe monté par Jen Griffin, qui n'était autre qu'un des gangsters les plus célèbres d'Harlem. Teddy le compare même à un Such Night des années 80. Gene produisait à l'origine Total Climax, puis décida d'accorder une place plus importante au talent de Teddy qui crevait les yeux. Mais après le premier disque de Kids at Work, Jane Griffin passa quelques mois en prison, ce qui mit fin prématurément au groupe. Timmy Gatling, l'ancien acolyte de Kids at Work, revint quelques mois plus tard accompagné d'Aaron Hall dans le studio de Teddy avec l'idée de monter un groupe qui s'appellerait Guy. Teddy n'avait pas forcément pour ambition de faire partie d'un ensemble Mais il se laissa tenter lorsqu'il entendit la voix d'Aaron Hall. Il sentit immédiatement que ce dernier avait une voix en or. Aaron Hall, de son côté, visait une carrière solo, mais accepta d'intégrer Guy à la seule condition que Teddy Riley soit de la partie. Et voici en quelque sorte comment le pacte se scella entre les trois jeunes afro-américains. Jen Griffin, qui était sortie de prison quelques semaines plus tôt, s'occupa de manager le groupe, imposa ses conditions et eut rapidement la mainmise sur Guy. De fait, même si Gene ne composa jamais le moindre titre, son nom fut systématiquement inscrit sur les productions de Guy et de Teddy Riley. Il rédigea les contrats d'édition à son avantage, imposa de nombreuses règles contraignantes au trio, et alla jusqu'à les priver de leur royalty. De fait, Guy se retrouva complètement sous l'emprise du producteur. Et Teddy ? donne un exemple assez édifiant dans son livre. Le groupe reçut une avance de MCA Records pour enregistrer son premier album dans un studio en 1988, mais ce dernier fut enregistré enregistré entièrement dans la chambre de Teddy et mixé à la hâte en fin de processus. Gene Griffin garda l'avance pour lui sans l'investir dans l'enregistrement du disque. Son statut de gangster réputé lui permettait quelque part une forme de management par la peur. Et au passage, je me suis souvent demandé comment Teddy Riley ou Aaron Hall avaient pu accepter cette relation toxique. Pour Teddy, c'est bien simple. Sa passion pour la musique primait sur tout le reste même s'il savait qu'il était exploité par son manager. Il passait son temps en studio à réaliser de nouveaux sons et sur le volet financier, il se disait qu'il gagnerait son indépendance en alignant les hits. Il explique d'ailleurs que c'était courant dans l'industrie musicale, citant l'exemple de Bruce Springsteen et Mike Apple ou encore TLC avec Peeble. Et au-delà de cette forme d'oppression, le groupe craignait plus que tout Gene Griffin lui-même. Ce dernier, en véritable bandit, pouvait briser n'importe quelle personne qui se serait opposée à lui. Mais d'un autre côté, Teddy explique aussi qu'avoir Jean à ses côtés lui permettait d'être protégé dans son quartier de toutes les tentations extérieures. Personne n'aurait osé s'en prendre à lui, puisque tout Harlem craignait Jean. Timmy Gatling fut évincé au tout début de l'aventure Guy, car il comprit rapidement les dessins de Jean à l'égard du groupe. Teddy mentionne d'ailleurs dans son livre l'importance de Timmy dans le processus de création de Guy et explique qu'il fut déçu de son départ, mais sans rentrer dans les détails.
- Speaker #1
Let's make it last Let's make it last forever and ever
- Speaker #0
Ceci nous amène donc à la relation entre Teddy Riley et K-Sweat. Teddy explique comment il s'est retrouvé à produire une grande partie des titres du premier album de K-Sweat Make It Last Forever en 1987 avec notamment I Want Her qui atteignit le top 5 du Billboard 100 et fut l'un des premiers grands succès de Teddy Riley. En fait, les deux adolescents se connaissaient car ils s'étaient croisés dans des battles de musique, Teddy avec Kids At Work et Cat avec son groupe d'alors Jamila. En plus, ils habitaient à un pâté de maison l'un de l'autre et Cat était également identifié comme un futur talent. Et celui-ci insista pour que Teddy produise des sons pour son album. Alors dans un premier temps, Teddy refusa car il se considérait surtout comme un producteur de hip-hop avec les réussites que j'ai citées précédemment pour Cool Moody et Doug E-Fresh. Mais après mûre réflexion, travailler avec Ket Sweat lui permettait d'élargir son audience et de séduire de nouvelles oreilles. Il accepta de composer pour Ket et le duo travailla durant 6 mois sur une vingtaine de chansons dans le studio d'enregistrement de Teddy. Chez sa mère, pour n'en conserver que 10 au final. Fin novembre 1987, Make It Last Forever de Kate Sweat sortit chez Elektra et se vendit à plus de 3 millions de copies. Ironie de l'histoire, ce disque aurait pu compter un hit de plus, puisque Just Got Paid était destiné pour Kate Sweat à l'origine. Et oui. Mais il finit par refuser le titre, car il trouvait que celui-ci ne collait pas avec son style. La démo, interprétée par Johnny Kemp, et sa voix brute sera conservée telle qu'elle et atteindra de son côté la première place du Billboard R&B début 1988. Quoi qu'il en soit, le succès de Make It Last Forever permit à Teddy de réaliser qu'il pouvait élargir sa palette de production du hip-hop en passant par le R&B et même jusqu'à la pop. Et c'est justement l'occasion de se pencher sur le hit My Prorogative de Bobby Brown, un son New Jack, mais qui, de par le sujet abordé, va devenir... mainstream. A l'origine, c'est Teddy et Aaron Hall qui ont travaillé de A à Z sur ce morceau. Teddy a joué tous les instruments et Aaron écrivit toutes les paroles. Lorsque Teddy entendit le premier couplet chanté par Aaron, il lui répondit à la fin de la session dans un moment suspendu. Un des hits majeurs du New Jack Swing venait de voir le jour. Mais Ironie du sort, My Prerogative était un morceau destiné Merci. à figurer sur le premier album de Guy. Alors, que s'est-il passé ? Comment ce morceau a-t-il échoué à Bobby Brown ?
- Speaker #1
Just let me live Tell me why I don't need permission To make my own decisions That's my prerogative It's my prerogative It's the way that I want to live
- Speaker #0
Ce qui s'est passé finalement est très simple, c'est que Jane Griffin, le producteur, expliqua à Teddy et Aaron qu'il était trop tard pour intégrer ce titre à l'album puisque ce dernier était parti au mastering. My Prorogative était quasiment finalisé, mais hors délai. Ensuite, lorsque Bobby Brown demanda à Teddy s'il avait des sons pour son nouvel album, Teddy lui fit écouter My Prorogative, puisqu'il était convaincu de tenir avec Aaron un hit potentiel. Bobby Brown adora ce titre à la première écoute, mais fut extrêmement difficile à diriger lors de la session d'enregistrement. En fait, Bobby Brown pensait que son public ne comprendrait pas ce morceau, Le chanteur était connu pour Girl Next Door ou Girlfriend et My Prorogative était bien trop provoquant selon lui. Par conséquent, il claqua la porte du studio en refusant de l'interpréter. Bobby Brown contacta même le label MCA pour se plaindre de sa collaboration avec Teddy. Mais son producteur, Louis Silas Jr., lui intima de ramener ses fesses vite fait en studio pour chanter ce titre. Sous la contrainte donc, Bobby Brown chanta My Prorogative. Et cela se ressentit dans les premières prises de voix. Il était fou de rage envers Teddy jusqu'au moment où celui-ci lui demanda de passer de l'autre côté de la console pour écouter le rendu. Et là, Bobby Brown fut sidéré. Teddy Riley ne lui offrait pas seulement un hit, il lui avait façonné une nouvelle identité, plus brute, subversive. Bobby n'était plus un chanteur à minettes, il s'affirmait. Et à partir de ce moment, l'enregistrement changea de ton et Bobby posa plusieurs... adlib mémorable tel que ceci. Avec le recul, Bobby félicitera Teddy d'avoir insisté pour qu'il enregistre ce morceau qui se plaça rapidement en tête du Billboard 100 lors de sa sortie et sera repris bien des années plus tard par Britney Spears. Le compositeur est également connu pour ses titres, ses collaborations avec Evidy qu'il considérait comme le Michael Jackson du rap, rien que ça. Evidy était capable de poser sur différents sons et tentait toujours de nouvelles choses, ce qui poussait Teddy à s'améliorer. On sent dans le livre qu'il y avait une certaine complicité entre les deux artistes et que le décès du rappeur en 2011 l'a profondément affecté. Le livre nous emmène ensuite au début des années 90, puisque plusieurs éléments ont accéléré la séparation entre Teddy et son producteur Gene Griffin d'une part, et a précipité la fin de Guy. Alors j'ai déjà évoqué l'histoire de Guy dans deux épisodes diffusés en février 2026, donc si vous souhaitez en savoir plus sur la genèse de cette histoire, je vous renvoie vers ces deux émissions. En ce qui concerne la rupture avec Gene Griffin, Teddy l'aborde dans deux chapitres de son livre. Il y a un exemple qui est plutôt parlant, Notamment lorsqu'il se rend compte qu'il est connu mondialement, mais incapable de se payer une maison ou de décorer son intérieur. Et bien là, à partir de ce moment, Teddy Riley s'attura et décida de reprendre son indépendance musicale et financière. Mais il fallait pour cela affronter Gene, le gangster. Alors Teddy lui rendit visite avec sa mère et il annonça que leur collaboration était terminée. Au début de la discussion, Gene ne voulut rien entendre et intimida psychologiquement Teddy et sa mère. Comme vous pouvez l'imaginer. Il tenta aussi de les manipuler en leur faisant du chantage, mais rien n'y fit, Mme Riley et son fils restèrent inflexibles. Teddy avança deux arguments imparables. Le premier était que Jean lui avait fait signer un contrat avant qu'il soit majeur, donc ce dernier était devenu caduque au regard de la loi. Ensuite, Shorty avança l'atout de la célébrité. En effet, Jean avait pu prendre son argent, mais il ne pourrait jamais lui prendre sa célébrité. et le futur. producteur de Black Suite, termina sur l'analogie du boxeur. Même si le promoteur possède le contrat, il ne peut pas forcer l'athlète à se battre s'il n'a plus le feu sacré. Après quelques tensions durant les semaines suivantes, Jen Griffin se résolut à laisser partir Teddy. Le compositeur se retrouvait libre de tout contrat et allait bientôt quitter Guy après les événements liés à la dernière tournée du groupe et à la jalousie grandissante des frères Hall. Il faut dire aussi que Teddy avait reçu une proposition qui ne se refuse pas, participer au troisième album solo de Michael Jackson. D'ailleurs, il raconte une coïncidence survenue après le dernier concert de Guy au Madison Square Garden. Shorty a déjà quelques idées sur les compositions pour le King of Pop et décide d'aller travailler le soir même sur le titre Blood on the Dance Floor qu'il destine à Michael Jackson. Mais un de ses proches lui demande s'il compte se rendre à la fête d'anniversaire de Damien Hall qui avait lieu ce soir-là. Teddy répond par la négative, parce qu'il est inspiré, et souhaite peaufiner ce titre. Et durant cette soirée d'anniversaire, un des gardes du corps du groupe Guy se prendra une balle et décèdera sur les dancefloors du Mirage, la boîte qui avait été privatisée pour l'occasion. C'est ce qu'on appelle l'ironie du sort. Et on se rend compte finalement que le ghetto raude toujours auprès de Teddy, comme si quelque part, quoi qu'il fasse, il aurait toujours du mal à s'en débarrasser. Alors je ne vais pas revenir aujourd'hui sur l'expérience de Teddy avec Michael Jackson car je l'ai déjà évoqué dans l'épisode du 16 avril intitulé Michael Jackson vu par trois producteurs, dispo également dans le listing du podcast. Vous retrouverez toutes les anecdotes sur la relation entre Teddy Riley et MG dans cet épisode. Après la collaboration fructueuse avec Michael Jackson, avec 35 millions d'albums vendus et un single Remember the Times qui fait le tour du monde, et d'ailleurs qui donne le titre au livre, Teddy choisit de quitter New York pour s'établir à Virginia Beach, en Virginie. Le succès de Dangerous lui ayant permis de se remettre à flot financièrement, Teddy choisit de vivre dans une ville tranquille, assez proche de New York, mais sans son effervescence. Il emménagea avec sa famille dans une nouvelle maison et fit construire son complexe dédié à la musique, baptisé Future Studio, dans lesquels il pourrait travailler sur les nouveaux projets qui affluaient de toutes parts, conséquence de la crise. de sa collaboration avec Michael Jackson. Nous voici arrivés au terme de ce premier épisode consacré à la biographie de Teddy Riley, Remember the Times. Cela vous a permis de découvrir comment Teddy a gravi dans la musique, comment il a évolué ses premières productions jusqu'à l'épisode Michael Jackson. La semaine prochaine, on verra comment il a géré ce succès, comment il s'est remis financièrement et comment il a également perdu énormément d'argent. Et puis on abordera plus en profondeur son expérience avec Blackstreet. Et vous verrez qu'il y a tout un tas d'anecdotes croustillantes. Mais d'ici là, je vous souhaite une bonne semaine et on se retrouve jeudi prochain pour la seconde partie du podcast dédiée aux mémoires de Teddy Riley, Remember the Times. Passez une bonne semaine. A bientôt. Bye bye. Musique