Speaker #0Hello mes stars, j'espère que vous allez bien. Les gars, moi ça va. Oh my god, il faut que je vous raconte ça. Vous voyez la dernière fois, j'ai commencé mon épisode en mode Ouais, il fait beau, il fait beau sur Paris, machin. Juste après une semaine entière de pluie, les gars. Mini story time avant de commencer parce que j'en suis encore traumatisée. Je sors du travail, je dois prendre les escaliers du métro. Il pleut de ouf. Et en fait, c'est pas genre, je suis un peu la maligne. à faire la meuf pressée, la parisienne de merde pressée. Je rentrais vraiment juste chez moi. Je commence à, genre, cavaler dans les escaliers. Les gars, je me ramasse. Mais... En fait, ça fait tellement longtemps que j'étais pas tombée que là, juste la vie, elle m'a rendue humble. Surtout, je suis tombée, genre, lentement. En mode, bam, bam, bam, bam. Eh, horrible, horrible. J'en ai rigolé de suite, histoire de pas inquiéter les gens autour de moi. Je me suis relevée. Et j'avais tellement le seum d'avoir juste un jogging trempé de pluie qui prouvait à tout le métro que effectivement j'étais tombée, genre comme une grosse conne. Enfin bref, du coup je ne vous parlerai pas du temps parisien. Par contre je suis ravie des retours que j'ai eu du premier épisode, hé les gars ça me fait tellement plaisir. Enfin bref, on passe du coup à ce second épisode autour du passé. Faut savoir que moi je suis une éternelle nostalgique, j'adore me remémorer le passé, réécouter mes playlists d'Américo du collège, retourner dans mes mémories Snap, sourire en retrouvant les vêtements que je dois évidemment vendre sur Vinted. J'aime parler du passé comme si j'avais genre 80 ans, 3 gosses, enfin moi je suis une go de ça, j'adore parler de Vinted machin. Pire, moi je suis une nostalgique d'une époque que je n'ai pas... connues. Celles où j'aurais pu croiser Basquiat, Grace Jones, Alia en soirée, genre de manière random. Celles où les places de concert ne coûtaient pas les deux reins plus un bras. Celles où je n'aurais pas eu le choix d'aller au cinéma ou acheter des cassettes pour voir mon film. Je n'aurais pas eu le choix d'avoir un caméscope, un appareil argentique pour capturer mes souvenirs et un album photo et des CD pour les conserver. L'époque où je n'aurais pas eu ce bruit constant d'informations et que j'aurais juste eu à choisir mon journal et mon magazine pour m'informer. Et même consciente du fait que je me serais fait insulter de salle noire dans les rues parisiennes des années 70, je crois que j'aurais quand même aimé y passer au moins une journée, juste pour comprendre ce que c'était la vie sans Internet. Avant, la nostalgie venait avec le temps. Aujourd'hui, Internet nous rend nostalgiques instantanément. Et le problème, ce n'est pas d'aimer le passé, d'aimer le vintage. Le problème, c'est quand notre obsession du passé commence à remplacer notre capacité à nous, à cette génération, d'imaginer de nouvelles choses et même à construire nos identités. On le voyait déjà avec les photos à filtre vintage sur Instagram, les inspirations de chambres rétro sur Pinterest. L'ancien temps, pas si enceint que ça, nous manque. Tous les ans, c'est la même chanson. En boîte, tu vas enchaîner les soirées à thème années 90, années 2000. Sur TikTok, tu vas tomber sur les core memories. Finalement, ce qui passait à l'initial plutôt bien en termes de photos un peu cool dans ton feed Instagram devient un réel mode de consommation en 2026, dont la consommation de la culture. Et pour ça, je ne sais pas si tu l'avais vu passer sur TikTok, mais la trend du going analogue, c'est une bonne définition de ce phénomène-là chez la Gen Z. Pour te donner une mini-définition, elle consiste à être beaucoup plus intentionnelle dans nos rapports aux objets, à nos habitudes de vie, à nos expériences. En gros, tu dis fuck aux écrans et à Internet. En tout cas, du mieux que tu puisses. Tu vas privilégier les livres. la presse papier pour t'informer, tu vas acheter les CD de tes artistes, les vinyles. Au lieu d'ouvrir ta page notes pour écrire, tu vas acheter des carnets. Bon, les carnets, je me suis donné un genre, je suis allée en acheter deux chez Muji, j'en ai pas ouvert un seul. Je déteste écrire, vraiment, j'ai une écriture de merde. Donc je vais continuer avec les notes, je pense. Et j'ai même vu passer le retour des iPods que je trouve archi swag d'ailleurs. Et en fait, quand j'ai vu passer cette trend, je me suis dit, finalement, est-ce que ce serait pas notre manière... en repassant à des physical media, donc à des supports physiques, de remédier à notre dépendance des abonnements. Alors oui, évidemment, ça coûte beaucoup plus cher que d'avoir un abonnement Spotify ou Netflix. Et ça a aussi son côté un peu performatif, il faut le dire. Il y a plein de gens, ils vont juste acheter les disques, les vinyles, etc. Mais aucun but de les écouter. Ça devient juste de la collection. Personnellement, je fais un peu ça avec les magazines, j'avoue. Mais sur le long terme, ça fait quand même de nous les propriétaires de nos achats. dans le sens où le vinyle tu pourras au moins le prêter, tu pourras le donner tu pourras aussi le transmettre à tes enfants un jour qui sait. Et finalement ce retour du passé il se voit même dans la mode en dehors des free hip et de vintage. On a depuis genre 10 ans passé notre temps à enchaîner les trends liés aux années 90, liés aux années 2000 et même plus récemment aux indies sleaze, un peu la swag era et tout parce qu'en vrai vrai de vrai, genre, s'il vous plaît, si on se pose, si on se pose, est-ce que finalement, les Coco Jojo, ce serait pas genre la version FR du rappeur des années 90, casquette, varsity jacket et tout, et la Kenty Kenta, ce serait pas juste une baddie restée bloquée en 2014. Moi j'adore, franchement, la vérité, j'adore ça, je suis une grosse adepte de baggy jeans, et ces temps-ci, j'ai une obsession pour les vernis hyper colorés, fluo, machin chouette, mais il faut rendre à César, Ces eras-là, elles étaient tellement originales, uniques, singulières, que forcément, on ne peut que se référer à elles. Donc, j'ai voulu faire un peu mes recherches et tout, et je suis tombée sur les travaux de Christine Pacho, qui étudie la nostalgie depuis les années 90. Et selon elle, notre obsession de la nostalgie, elle a explosé ces dernières années. Et en couplant ça avec le travail de Xian Yang, désolé si j'ai écorché le nom, elles expliquent ensemble un truc hyper... hyper intéressant, c'est que la nostalgie joue directement sur notre bien-être. Dans le sens où, si on s'y accroche autant, c'est parce qu'elle nous donne une sensation de chaleur, de réconfort, elle nous donne aussi un réel sens d'appartenance. Je ne sais pas comment expliquer, mais c'est comme si tu faisais un mini voyage mental dans le passé, à travers du contenu nostalgique, à travers tes vêtements, à travers ce que tu vas lire, écouter, prendre en photo aussi, parce que les photos et les vidéos ont... du sens et qu'elles expliquent donc c'est que le plus intéressant c'est que ce contenu devient encore plus puissant pendant les périodes difficiles que ce soit genre les crises mondiales, le covid, une période stressante dans ta vie ou un sentiment où t'as l'impression que ce qui se passe autour de notre société tout part en cacahuètes tu vois. Et donc, naturellement, tu vas vouloir te rattacher à des choses qui te sont familières pour te rassurer. Et dis-toi que l'étude a prouvé que ça te donne limite. une impression de rajeunir, ou au moins de retrouver une version de toi qui est beaucoup plus simple, beaucoup plus douce, et à laquelle tu veux coller au maximum. Mais alors, qu'en est-il de nous, génération Z, qui n'a pas connu certaines de ces époques-là ? Par exemple, tu me diras que les années 70-80, on ne les a pas du tout connues. 90, bon, Belex était un vieux de la génération Z. Mais moi, je pense personnellement qu'au fond, si on est autant attiré... par ces époques-là, c'est peut-être parce qu'on fantasme tout simplement un temps qu'on n'a pas connu et qui paraissait plus simple, paraissait plus vrai et authentique. Certes, ça repose aussi sur le fait que nos identités n'étaient pas en permanence liées à notre présence en ligne, à ce qu'on va montrer dans nos stories, ou tout simplement à l'influence de nos algorithmes dans nos vies. Et donc oui, on idéalise énormément le passé. Certes, elles ont l'air d'avoir eu un côté beaucoup plus excitant, beaucoup plus... plus libre, vivant sur certains aspects. Mais il ne faut pas oublier une chose, les gars, surtout à tous mes camarades qui rentrent dans au moins une case de minorité, c'est une époque où les inégalités en termes de genre, en termes d'origine, d'orientation sexuelle et plein d'autres aspects étaient beaucoup plus violentes et normalisées. Et quand je parle de ça, je parle particulièrement des personnes qui étaient atteintes d'handicap, voyants ou non voyants ou qui avaient des problèmes de trouble mentaux par exemple. qu'on se rappelle bien, c'est une période où il y avait quand même pas mal de tabous, la parole n'était pas aussi libérée, vous voyez. Et donc, pour contrebalancer, la liberté qu'on a aujourd'hui d'être qui on veut, ou en tout cas plus ou moins, repose en réalité sur des décennies de lutte. Donc, le fantasme du « j'aurais aimé vivre dans les années 70, 90 et tout » , ma star, doucement, doucement, je me parle à moi-même. L'inspiration a presque toujours pris... racine dans le passé. Il n'y a aucun artiste qui ne crée dans le vide. On construit tous à partir de références, de souvenirs, d'oeuvres qu'on a aimées, de choses qui nous ont marquées quand on était petit ou genre même juste des expériences personnelles, vous voyez. Elles, ils grandissent avec des films, avec des sons, avec des images, avec des sensations, avec des styles, des mouvements qui finissent forcément par nourrir leur propre vision. Il y a une semaine, je suis allée voir avec une pote Michael, le biopic réalisé par Antoine Fou cas ou fou quoi, retraçant la vie de notre star de la pop, cette éternelle légende qui est Michael Jackson. Bon, je vais pas revenir sur les débats autour du film, de qui l'a produit M. des airs, ni le fait qu'il ait pu manquer certains détails. J'en ai déjà bien, bien, bien débattu sur SSK Vision avec vous. Et je vous mens pas. Personnellement, je partais sans attente et j'ai passé un très bon moment. J'étais contente de retrouver certains sons et voilà quoi. Mais l'un des trucs qui m'a marqué dans le film, c'est le rapport de Michael... avec la télévision, et ce depuis très très jeune. Parce qu'on le voit à plusieurs reprises et à plusieurs moments de sa vie s'émerveiller devant la télévision, s'émerveiller devant ce qu'il regarde et utiliser les films, les spectacles, les concerts comme réelles sources d'inspiration. Et en particulier dans, par exemple, sa gestuelle et plus tard, dans l'inspiration pour ses clips vidéo. Ça a réellement été une manière pour lui de trouver sa propre... identité. On voyait qu'il reprenait James Brown, le funk, il était inspiré par Broadway, le rock, par les films d'horreur, et notamment ce qui a inspiré Thriller, par exemple. Et ça lui a permis de vraiment cultiver le personnage qu'il a pu construire tout au long de sa carrière. Et c'est peut-être aussi pour ça que ça reste une légende de la musique, tu vois, comme il en existera peu. Parce qu'il a vraiment pris tout ce qu'il avait, tout ce qu'il y avait d'éléments autour de lui. Il en a fait un bon mix, il y a mis de son cœur et de la personne qu'il était pour créer le personnage Michael Jackson. Avec son style, avec sa manière de bouger, avec sa manière de chanter, avec sa manière tout simplement de performer et d'être artiste. Et finalement, si on reste dans la musique, en 2026, t'as toujours des nouveaux exemples d'artistes qui vont chercher leur esthétique, autant en physique qu'en termes d'identité visuelle et musicale, par le fait de rendre hommage. Tu vas avoir par exemple un Genoarchi finalement qui est aux frontières de la trap et des sonorités ivoiriennes. Merci au Sampling pour les travaux qu'il fait dans la musique parce que finalement... tout le monde s'en sert aujourd'hui. Tu vas avoir une Charli XCX qui va vouloir transmettre l'énergie des raves britanniques. Ou j'irais même au point de parler du retour des girls bands comme Flo, Cat's Eye, qui vont reprendre les codes de groupes mythiques des années 90-2000, style les Destiny's Child ou les cat Dolls. Perso, moi je trouve ça beau, tu vois. Je trouve qu'il y a vraiment quelque chose de réellement humain dans le fait de rendre hommage à ce qui nous a construit. Une référence bien utilisée, c'est pas juste copier, tu vois. C'est une influence qui raconte quelque chose de nouveau ou qui va parler d'une partie de toi et de ton identité et de ce qui t'a construit. Maintenant, le truc, c'est qu'il y a une grosse, grosse, grosse différence entre transformer ses influences et reproduire des codes qui sont juste rentables, parce qu'on parle toujours d'argent, en leur vidant de tout leur sens et leur profondeur. Beaucoup d'industries culturelles ne réinterprètent pas. plus, elles vont tout simplement recycler. Et finalement, pourquoi ? Tout simplement parce qu'un public nostalgique, c'est vraiment le public banque de France, dans le sens où c'est littéralement celui qui est émotionnellement déjà attaché à ce que tu lui vends. T'as même pas besoin de le convaincre de l'acheter parce qu'il sait à peu près à quoi s'attendre, ou en tout cas, il va déjà retrouver la promesse de ce que tu lui proposes, tu vois, autant dans les personnages que dans l'univers ou les références. Donc forcément, les industries, elles vont prendre beaucoup moins de risques parce qu'elles ont déjà le public qui est au rendez-vous. Je l'ai dit juste avant, la nostalgie, elle rassure, elle crée de l'attachement, mais surtout, elle vend tellement bien. Eh, elle rentre à deux fous. Et faut pas oublier, culture pas culture, ça reste des industries qui ont besoin d'être rentables. Parce que, malheureusement, on est dans le jeu du capitalisme, pour ne pas changer. Et Norma Starr, un artiste qui te vend des vinyles à 30€, c'est pas uniquement par amour de l'art ou de ses fans, tu vois. Et d'ailleurs, c'est pour ça que Tu vas avoir v'là les marques et de sponsors qui vont se ruer dessus, ruer sur des opportunités de se placer dans ce genre de contenu. Suffit juste de voir la liste du nombre de marques, de partenariats, de personnes de la mode dans le générique de fin du Diable s'habille en Prada. Je vous jure, la liste, elle est tellement longue. J'ai même pas vu le film encore, mais je travaille dans un cinéma et donc je tombe forcément sur le générique de fin. La liste, elle est énorme, genre. Les versets de T-Jacket, en simili-cuir. Les collab Disney, les ballerines, alors celle-là je m'y attendais tellement pas, les bandage race, le baggy, même si j'adore ça, LOL 2, le retour de Malcolm, le retour d'Anna Montana, le retour des Cheetah Girls, bon ça c'est pas sûr mais ça me hype un peu parce que c'est mon Disney préféré. Barbie, le reboot d'Harry Potter, les biopics d'Elvis Presley, de sa femme, de Marty Supreme, de Smash Machine, celui potentiel de Josephine Baker, Muganga, Fanon, Christy, et j'irai même jusqu'aux télé-réalités, donc le retour de Secret Story, actuellement celui... des anges de la télé-réalité qui est complètement raté. Alors ça par contre, je fais une petite parenthèse parce que ça m'énerve. Qu'est-ce qu'ils ont fait des anges de la télé-réalité, s'il vous plaît ? Et ça, c'est un exemple parfait d'une tentative d'utiliser la nostalgie, mais de manière complètement ratée. Tout ce que je viens de te citer a un lien. Et donc, en faisant mes petites recherches, je suis tombée sur le terme pour décrire ce dont je te parle. C'est le concept de... Retro Manie, qui a été développé par le journaliste et critique musical Simon Reynolds, qui nous explique en gros que ce soit normal que t'aies l'impression que tout ce qui sort soit tout le temps lié à quelque chose que tu connais déjà, parce que la culture passe son temps à regarder dans le rétro, par des remakes, des rééditions, des retours de trends, des samples, des... Boots. Comme s'il n'y avait rien de rassurant, d'optimiste, d'excitant à raconter notre époque et notre potentiel futur. Et je me suis posée, je me suis dit mais en fait le problème c'est pas qu'on ne sait plus créer. Parce que moi j'ai totalement confiance en notre génération de créatifs. Il y a des gens trop chauds, qui font des trucs trop bien dans n'importe quelle de ces industries. Dans la mode, dans la manière de raconter notre génération, dans la manière de la mettre en avant, de mettre en avant ses engagements, sa vision du monde. Notre génération est trop forte pour ça, elle ne se laisse pas faire et je suis fière d'elle, même si bon, des fois elle est un peu foirée, mais en fait c'est le fait que des systèmes qui sont beaucoup plus vieux que nous, beaucoup plus anciens que nous ne récompensent absolument plus le risque, et on a toujours pris un peu pour des fous les artistes qui osaient tenter des trucs, expérimenter sortir complètement de ce qui se faisait à l'époque et vas-y genre t'attends 5-10 ans, d'un coup tout le monde réalise qu'ils étaient genre trop chauds et qu'ils étaient juste en avance, et tu vois à quel point leurs oeuvres veillissent hyper bien Et bien évidemment que j'étais obligée d'évoquer Ateyaba Joke si tu veux Qui pour ceux qui ne le savent pas désolé Est un rappeur français qui est un peu arrivé dans les années
Speaker #0sa propre esthétique, avec ses visuels, une manière à lui de saper, et qui était un peu vu comme le mec bizarre, en vrai, à l'époque. en tout cas de ce que j'ai pu comprendre des archives et de comment on parle de lui. Et en fait, aujourd'hui, la vérité est qu'il a inspiré une bonne partie du rap français et potentiellement même ton rappeur préféré underground. Alors, avant que les puristes de merde de rap n'attrapent ma veste, non, il n'a rien inventé. On connaît tous très bien ses influences US dans son style et dans sa musique, de son rapport à la wave music, qui est un mix entre le rap et l'électro. D'ailleurs, il avait tellement des prods de zinzin, c'est une dinguerie. En fait, c'est une dinguerie le type de prod qu'il avait pour son époque. Enfin bref. Et aussi de son côté archi expérimental, futuriste dans ses clips, etc. Mais il faut le dire, s'il vous plaît, soyez honnête. Pour son temps, Ateyaba, il faisait partie des novateurs et de ceux qui sortaient du cadre. Parce que, mind you, on parle d'une époque où c'est encore le rap très street, très brut, on va dire. Juste pour te situer, c'est la période où t'as les clashs La Fouine Bouba, Section d'Assaut n'est pas encore mort. Et pour te dire, en 2013, arrive Hors Noir de Kharis. Donc... Voilà, on est un peu dans cette éra là. Et il faut le dire, il avait certes une base de fans, des gens qui ont adhéré très vite à ce qu'il faisait, mais ce n'était pas un mec mainstream. Alors qu'aujourd'hui, il est vraiment dans la playlist de beaucoup d'entre nous, je pense. Mais alors, est-ce qu'on n'aurait pas peur d'inventer ou de se réinventer ? Pourquoi on évite la prise de risque, le fashion faux pas, la fausse note ? Est-ce que c'est gênant de vouloir être novateur ? Qu'est-ce qu'on va retenir de notre génération ? Est-ce que dans genre... 30, 40 ans, on va parler de la génération de genre 2020 comme une esthétique particulière, comme une génération inspirée par ses propres codes, par sa propre société, par sa propre vie, par de la... Ouais, par de l'innovation, genre. Là, c'est une question ouverte, genre je te mens pas, j'ai pas la réponse, tu vois. Mais c'est quelque chose qui me trotte quand même dans la tête, dans le sens où j'ai l'impression qu'on est incapable de... Enfin, là, on fait que du recyclage. sur recyclage. Et finalement, je te dis que c'est de la peur, mais est-ce que tout simplement, ce serait pas un manque d'intérêt à se distinguer ? Parce qu'on le sait, les artistes, les innovants, les hors du cadre, ils existent toujours, ils existeront toujours, et ils sont nécessaires à la culture, nécessaires à notre société. C'est tout simplement l'équilibre. Mais pour ça, je pense que collectivement, on a besoin aussi de leur laisser l'espace d'être, surtout dans une société où tout le monde se juge et tout le monde a un avis sur tout le monde, malheureusement. Et... Je pense que c'est littéralement par eux que va être représentée notre époque, tu vois. Là, je vais pas te donner d'exemples concrets, mais par exemple, dans la mode, le fait que t'es des artistes hyper talentueux qui vont commencer à faire des tissus avec des déchets biodégradables, machin, des courts-métrages qui vont parler de notre époque, parler de notre manière de parler, de nous exprimer. Finalement, c'est ça, les archives de notre génération, les archives de ce qu'on racontera de nous. tu vois et non moi j'ai pas envie que ce soit le film réalisé par le boomer du coin qui va prendre 2-3 mecs de banlieue va leur demander de rentrer dans des rôles hyper réducteurs et leur demander de parler en wesh wesh tu vois parce qu'il veut décrire notre génération parce qu'il veut parler de nous non c'est le truc que je refuse au fond les oeuvres qui restent celles qui nous marquent c'est souvent celles qui osent imaginer quelque chose qui n'est pas encore vu qui n'a pas encore été inventé ou qui se rapproche tellement de la réalité par exemple la série Black Mirror Pour te situer, Black Mirror est une série, je crois qu'elle est née un peu en genre 2013 et tout, je sais pas, en tout cas, c'est une série british.
Speaker #0nous sommes tous si entourés de nos propres doigts, c'est facile de perdre l'esprit de ce qui est réel. fléaux de nos sociétés et de notre individualisme aussi, beaucoup. Et là, je te parle de Black Mirror qui, sur certains points, m'a fait tellement peur et réfléchir sur ce qu'on était, sur la personne que j'étais, finalement, sur plein de trucs, en fait, sur le paraître, etc., que ensuite, quand tu vas voir, genre, des films comme Her, sorti en 2013, qui te raconte l'histoire d'amour entre un mec un peu solitaire qui, lui, tombe amoureux d'une intelligence artificielle et que tu te dis Merci. que finalement, en 2026, c'est littéralement réaliste et possible que c'est un cas qui existe. Il y a vraiment des gens qui, aujourd'hui en 2026, tombent amoureux de ChatGPT, de toutes ces IA et tout. Au début, j'en rigolais. La vérité, c'est que ça ne me fait plus rire. Quand tu vois que tu as des robots comme dans iRobot avec Will Smith, qui est censé se passer en 2035, mais que tu vois que finalement, en 2026, on est déjà en train de développer des robots hyper intelligents. qui ont la forme humaine. Putain, en plus, ils ont vraiment fait sous forme humaine, ces connards. Et qui sont presque aussi intelligents, presque aussi capables de faire ce qu'un humain pourrait faire. Moi, ça me fait un peu peur, mais je préfère ça. Je préfère avoir, genre, des fois, un peu de la peur et du moins rassurant, mais qui me préparent peut-être un peu mentalement à ce qu'il pourrait être, tu vois. Des fois, j'ai besoin d'impossibles, mais qui parlent de mon époque, qui parlent de mon futur. Et vas-y, je vais te donner un autre... un dernier exemple, un peu pour terminer et tout, l'une des dernières séries qui m'a vraiment marquée, moi c'est Severance, incroyable série qui a genre deux saisons, je crois qu'on attend la troisième actuellement, et qui nous dit tellement sur le monde du travail, sur ce que pourrait devenir le monde du travail, sur finalement ce qu'on est actuellement dans le monde du travail, dans le sens où tu veux en déconnecter et que vraiment, certaines personnes ont genre deux vies entre l'intérieur de leur bureau et l'extérieur que ouais, franchement euh... je trouve ça hyper important et c'est d'intérêt, mais d'intérêt public finalement. S'il vous plaît, inventez pour le présent et inventez pour le futur. Bon, je pense que je vais enfin conclure ce long épisode. La culture crée du lien. Elle construit une culture commune. Elle donne des références partagées, des souvenirs collectifs. Elle rassure. Le problème, il arrive quand la référence devient plus importante que la vision personnelle qu'on a. quand elle ne cherche plus à transformer ses inspirations, mais juste à recracher ce que certains ont fait avant elle et ce que les gens connaissent déjà, à ce moment-là, l'art finit par ressembler à un contrôle C, contrôle V. Et c'est peut-être ça le vrai problème. C'est pas qu'on manque d'idées, c'est qu'on a peur d'en avoir de nouvelles. Merci d'avoir écouté cet épisode, ma star. J'ai hâte que tu me donnes ton avis là-dessus et sur ton rapport à la nostalgie. N'hésite pas à m'écrire, à m'envoyer des vocaux d'une minute, s'il faut, sur SSK Vision. Et n'hésite pas à me donner 5 étoiles, en fait, parce que ça me booste, j'avoue. Je te fais de gros bisous et on se dit à un prochain épisode.