Speaker #0Bienvenue dans le podcast Steel Point. Je suis Alexane Vancaille, ostéopathe, passionnée par l'humain dans toutes ses dimensions, la philosophie du soin, la spiritualité, les animaux, la nature et l'exploration de mon monde intérieur. Dans cet espace, je porte ma voix en solo où je vais à la rencontre de personnes qui m'inspirent pour vous partager des réflexions autour de la présence. son influence dans les différentes sphères de notre vie et comment cultiver cette qualité d'être au quotidien. Cette thématique est centrale dans ma quête de sens depuis mes premiers pas en ostéopathie. Aujourd'hui, je suis convaincue qu'en déployant notre état de présence à soi, on apprend à être davantage présent en vivant en nous et autour de nous. Et si cet état d'être était la clé non seulement de notre équilibre intérieur, mais d'un monde plus harmonieux ? Ce podcast s'adresse à toutes et à tous. Je me réjouis de te retrouver un mercredi sur deux, pour un moment ensemble, dans l'ici et maintenant. Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans ce troisième épisode du podcast Steel Point. Je suis heureuse de vous retrouver aujourd'hui pour mon premier épisode solo. Mais je dois vous avouer que je suis aussi un petit peu stressée. Me voilà face à ma peur de me retrouver seule au micro. Celles que je repoussais et qui arrivent finalement bien plus tôt que prévu. En effet, l'épisode que je voulais sortir, enregistré avec mon ami Pierre-Michel Hittard, réflexologue à Dakar, n'est jamais arrivé sur mon ordinateur, à l'issue de notre magnifique échange. Et je ne peux toujours pas expliquer ce qui s'est passé. Depuis plusieurs jours, j'apprivoise donc ma peur d'être une coquille vide, celle de ne rien avoir à raconter qui puisse vous intéresser. Mais je suis contente de me lancer, d'oser, et je sais qu'au fond de moi, ça va extrêmement bien se passer. Car quand j'y pense, quel est vraiment le risque ? Aujourd'hui, j'ai envie de vous faire part de quelques réflexions intérieures qui m'ont amenée sur le chemin de la présence. Des réflexions sur le sujet de faire de la place, car c'est un thème extrêmement présent dans ma vie depuis quelques mois. Avec les choix que j'ai pu faire au niveau professionnel pour faire de la place pour ce podcast. Depuis que je réfléchis sérieusement à ce sujet d'épisode, je le vois partout. Dans mes conversations avec mes amis, au cabinet avec certains patients, sur internet, sur les réseaux sociaux. Mais avant de commencer, je vous propose qu'on s'offre un petit moment de retour à soi. Ça fera du bien à tout le monde avant de commencer ensemble cette réflexion. Alors pour commencer, je vous propose de vous asseyer confortablement si vous en avez la possibilité de vous asseoir. prendre conscience des points d'appui de votre corps et commencer à faire quelques respirations profondes pour se reconnecter à son corps, calmer le mental et revenir dans le moment. Je vais vous proposer de commencer par inspirer par le nez, en gonflant le ventre, puis le thorax, puis la respiration qui remonte jusqu'au clavicule pour les soulever. Et d'expirer par la bouche en faisant le chemin inverse. En faisant redescendre les clavicules, en dégonflant le thorax. Et en finissant par rentrer le ventre en le plaquant contre la colonne vertébrale. Je vous propose qu'on en fasse quelques-unes. Inspiration profonde par le nez. On gonfle le ventre, le thorax. La respiration monte jusqu'au clavicule et expiration par la bouche. Sentez au moment de l'inspiration cette expansion, cette place qui se crée au niveau de votre système digestif, au niveau de votre cage thoracique. Et sentez qu'à l'expiration... Ça se resserre, ça se referme au niveau de votre thorax et de votre ventre. Prenez conscience de l'air qui rentre par vos narines et essayez de suivre le circuit dans votre corps. Et en sens inverse, sentez ce filet d'air. qui ressort par votre bouche. Inspirez profondément et expirez. Ces quelques respirations peuvent vous aider quand vous en ressentez le besoin à calmer votre mental, à revenir à vous. C'est simple, il existe des applications aussi pour vous guider et c'est vrai qu'en consultation je le recommande souvent. Prenez le temps. de respirer, le temps de vous reposer dans votre corps, de reprendre conscience de celui-ci, pour calmer votre mental, votre système nerveux. Maintenant qu'on est de retour à nous-mêmes, je vais vous faire part de mes pensées sur la question de faire de la place. Tout d'abord, quelles sont les sphères de notre vie qui méritent qu'on y fasse de la place ? Personnellement, je pense à nos vies matérielles. à nos maisons, aux vêtements et autres accessoires que l'on garde depuis des années et qu'on ne porte plus toujours, aux objets qu'on accumule, aux livres qui prennent la poussière, ces livres qu'on a lus une fois et qu'on ne lira sûrement plus jamais, ou des livres qu'on n'a même jamais lus et qu'on ne lira sûrement jamais, à la paperasse, souvent mal rangée et pas toujours utile, à tout ce qui est numérique. Les câbles qu'on va entasser dans un tiroir, à nos appareils, les 10 000 photos non triées sur nos téléphones, les emails non supprimés, les dossiers divers sur les bureaux d'ordinateur, ça me fait rebondir sur la question du téléphone. Quelle place peuvent prendre nos téléphones dans nos vies ? Je pense que c'est important de se poser la question de temps en temps pour remettre l'essentiel au centre. Je pense aussi aux grandes maisons que l'on peut avoir, que l'on va meubler, meubler, meubler, meubler, avec des objets partout. pour avoir le sentiment de ne plus s'y perdre, de se sentir en sécurité. Je pense à nos vies sociales, aux enchaînements d'activités sociales, par peur de manquer quelque chose. Et je trouve que c'est bien augmenté, bien exacerbé, avec notre présence sur les réseaux sociaux. On va voir ce que les autres font des activités, et on va avoir envie de faire faire aussi de notre côté, pour le montrer. Aux personnes qui ont la capacité d'aller à quatre soirées en une soirée. Je pense aux relations avec certaines personnes que l'on continue d'entretenir par convenance, habitude, peur que ça s'arrête, même si on ne se sent plus forcément aligné avec la personne et que la relation n'est plus épanouissante, voire énergivore. Aux obligations sociales qui nous gonflent, mais auxquelles on va quand même pour être bien vu, ne pas être oublié, être apprécié, être aimé. Et aussi la question de la société. Je pense à Simone de Beauvoir dans son oeuvre Le Deuxième Sexe. Elle parle de la notion de faire de la place à l'autre. Ici, la femme par rapport à l'homme. Et offrir la possibilité de se créer un espace d'existence propre. Mais ça c'est un sujet à part entière qui mériterait un épisode tout entier. Au niveau professionnel, les agendas bien remplis par peur du vide, peur de l'espace, cette impression d'être utile. De bien faire son travail, d'être accompli en étant débordé, surmené, en n'ayant pas de temps pour soi. En étant dans le faire, encore et toujours le faire, pour avoir l'impression d'occuper une place dans cette société de performance et d'ultra-productivité. Avec le travail au centre de nos vies. Au niveau de la vie privée, il y a notre capacité de composer avec les différentes casquettes de parents, de conjoints, d'enfants. d'employés, pour finir par ne plus du tout avoir de place pour soi, parce qu'on consacre tout notre temps aux autres. Les tout doulis à la rallonge, l'organisation de la maison. Puis il y a notre vie intérieure, le vélo constant du mental, le bruit incessant dans notre tête. La vie intérieure peut être aussi un espace de bruit très très fort, un espace justement sans espace. Puis il y a les bruits extérieurs à nous-mêmes. mais que l'on va mettre en place pour ne pas entendre ce qui se passe à l'intérieur de nous, comme avec les téléphones, la musique, la télé, la radio, les podcasts. Toujours avoir un bruit de fond quand on est seul, un bruit sonore, pour ne pas faire place à ce qui se passe à l'intérieur. Concernant la vie intérieure, pendant très longtemps, j'ai eu une vision cloisonnée de ma vie intérieure. Tout était enfermé dans des petites boîtes. Et en séance de psychanalyse, il y a quelques années, J'ai complètement changé ma vision. Avant, je la visualisais comme un grand couloir avec des portes. Et derrière chaque porte, j'y mettais un thème. Portes, ma mère avec marqué le sujet qui se cache derrière cette porte sur la porte. Puis la porte mon père, la porte mon frère, mes relations amoureuses, ma vie au travail. Voilà, plein plein de portes alignées. Et j'avais besoin de traiter chaque porte une par une. Et en fait, j'ai finalement compris que ce n'est pas possible, que tout est en interrelation. Que je ne peux pas traiter une porte sans en ouvrir d'autres. Donc ensuite j'ai basculé sur une... Une autre vision, qui me semble beaucoup plus juste, celle de la toile d'araignée, où chaque nœud de la toile représenterait un sujet de notre vie, et que quand on décide de travailler sur ce sujet, ça vient tracter, tirer, sur différents points de la toile, qui sont donc en relation avec ce sujet. Et ça me fait rebondir sur un parallèle avec l'ostéopathie, donc cette vision de la toile d'araignée. On a tendance aussi à cloisonner le corps humain, les systèmes corporels, le système digestif. le système urinaire, avec des spécialistes pour chaque système. Et l'ostéopathie a une vision globale. Notre corps est comme une grande toile d'araignée. Quand on appuie, quand on a une douleur sur certains points, quand on travaille sur un point, en fait, ça vient tirer sur d'autres zones du corps. Peut-être que ça vous parlera davantage pour vos prochaines consultations. Voilà pour moi les différentes zones de notre vie dans lesquelles on peut apprendre à faire de la place. et Cette question de place, ça me fait encore rebondir sur une anecdote d'ostéopathie. En tant qu'ostéopathe, il y a une image qui me vient, celle que nos professeurs nous donnaient quand j'étais étudiante, pour nous parler des blocages sur la cône vertébrale. Et on peut transposer cette image à nos vies. Imaginez votre vie comme un fil avec une extrémité nouée. Et à travers ce fil, on va enfiler des perles. Chaque perle représente quelque chose de matériel ou d'immatériel que je viens d'énoncer précédemment. à force d'enfiler les perles, il va y avoir une pression. Parce que trop de perles sur le fil et plus d'espace. Une fois que cette pression est trop forte, au moins petit choc, une des perles peut exploser. Et dans nos vies, en fait, j'ai l'impression que c'est la même chose. Que ces perles sur le fil ont besoin d'espace pour pouvoir bouger, pour pouvoir s'exprimer, pour qu'il y ait du mouvement sur le fil, que ce ne soit pas quelque chose de rigide. Et peut-être que dans notre vie, cette perle qui explose... ça pourrait se matérialiser comme un burn-out au travail, une vie de couple qui vole en éclats, une blessure physique. Il y a autant de possibilités que de vie, que de personnes. Quand il n'y a plus d'espace, parce que le système est saturé, parce qu'on a saturé notre vie, est-ce qu'il y a forcément un endroit qui explose ? Je ne sais pas, mais je trouve que c'est intéressant de se rappeler qu'il ne faut pas saturer le système et laisser des zones de vide. Et vous, quand vous y réfléchissez, dans quelle sphère de votre vie ressentez-vous le besoin de le faire de la place en ce moment. Pour ma part, c'est au niveau de ma vie intérieure. Parce qu'au niveau de ma vie professionnelle, au niveau des autres sphères, j'ai fait de la place. Comme vous le savez, cette année, j'ai décidé de diminuer mes consultations au cabinet avec Madly qui m'assiste. Donc ça m'a créé un espace. Ces consultations que je fais moi, et cet espace dans mon agenda, me laisse des plages horaires pour de la création, pour développer des projets. pour faire aussi des choses où il me faut profondément vibrer dans la vie, pas forcément au niveau professionnel, à d'autres niveaux aussi. Et ça m'a permis de développer le projet du podcast. Et maintenant que j'ai un agenda spacieux, où dans ma semaine, il y a des moments pour moi, pour mon bien-être, des moments de travail, des moments de création, des moments de formation. Donc maintenant, d'un point de vue matériel, c'est spacieux. J'ai besoin de refaire de la place. au niveau immatériel, au niveau de mon mental. Parce que je sens là, avec tout ce que j'ai mis en place, il y a une petite saturation mentale. Donc ça m'amène à la question suivante. Comment concrètement on fait de la place ? Au niveau matériel, c'est en faisant le tri, en se séparant d'objets, en faisant un vêtement qui ne nous procure plus de plaisir. J'avais vu une émission sur Netflix à ce sujet. Je crois que c'était l'émission de Marie Kondo, je crois qu'elle s'appelle comme ça, qui proposait par rapport aux vêtements. d'enlever tous ses vêtements de sa garde-robe et pour chaque vêtement, de le regarder, de le mettre contre soi et voir si ça nous procure un plaisir, s'il y a des petites sensations physiques, une émotion associée à ce vêtement. Et elle propose de garder le vêtement si on sent cette émotion et si on ne la sent plus, le mettre de côté pour le donner, pour le jeter et en remerciant ce vêtement. pour les années passées ensemble et pour le plaisir qu'il a pu procurer à certains moments. Et je trouve que c'est hyper intéressant et j'ai trié mon placard de cette façon. Dans les relations, c'est en apprenant à dire non à des invitations, à des propositions, en arrêtant de toujours vouloir faire plaisir aux autres, en travaillant sur sa peur d'être exclue, délaissée, en osant prendre du temps pour soi. Au niveau professionnel, je pense particulièrement aux entrepreneurs, ça me ramène à la question de l'agenda plus spacieux, en mettant en place des process, en ayant un cadre bien défini, mais dans lequel on pourra apporter de la souplesse. en fonction des événements de la vie. Et pour ma part, c'est quand j'ai commencé à déterminer ce qui est important pour moi, ce qui me fait vraiment vibrer dans la vie, que j'ai commencé à faire de la place au niveau professionnel, en me remettant au centre de ma vie. Il y a beaucoup de possibilités pour s'offrir de l'espace. Après, je conçois que ce ne soit pas évident, qu'on ne l'a jamais fait, et qu'il faut souvent se stretcher pour y arriver. Mais je pense qu'à partir du moment où on identifie les zones où ça bloque, et qu'on en a conscience, ça plante déjà des graines. Et je trouve que les accompagnements sont hyper intéressants. Que ce soit un accompagnement au niveau psychique, avec un psychologue, avec d'autres thérapeutes, ou en coaching, on peut sortir de ces engrenages. Pour ma part, au niveau de mon activité professionnelle, c'est à travers le coaching que je me suis autorisée à mettre en place certains changements pour me faire de l'espace. Puis il y a la vie intérieure. C'est là qu'on rentre dans le vif du sujet du podcast sur la présence. Comment est-ce qu'on fait de la place intérieurement ? Ça nous ramène inévitablement à la question de la présence. Quand on est présent, ici et maintenant, on ne pense pas aux souvenirs du passé, aux projections du futur. La voix est calme, mais comment être présent ? C'est une thématique qu'on a abordée dans les deux premiers épisodes du podcast avec Pierre Tricot et Ham. Donc il y a beaucoup de façons différentes pour être présent. Ça peut passer par des activités sportives. Quelle que soit l'activité, à chacun, ça peut être la course à pied. On peut arriver à faire le vide après une activité sportive. Après, il y en a qui demandent beaucoup plus de travail intérieur pour arriver à ce niveau, qui nécessitent vraiment d'avoir un vide pour être pratiqué comme l'apnée. C'est d'export les activités extrêmes. En mettant ensuite de la banalité dans les gestes du quotidien, en faisant la vaisselle, en se douchant, en marchant. en buvant son thé, en mangeant. D'ailleurs, est-ce que vous saviez que la digestion commence quand on regarde son assiette ? Et en fait, c'est à ce moment-là que commencent à se mettre en route les mécanismes de sécrétion digestible. Ça, beaucoup, beaucoup d'auteurs en parlent, de la conscience, conscience quand on mange, être dans le moment présent, être présent à ses aliments, les remercier, les regarder, mâcher lentement, être présent au signe envoyé par le palais, les odeurs, le goût, respecter cette sensation de satiété pour ne pas se gaver. Mangeant en conscience, c'est hyper intéressant pour l'organisme. Il y a beaucoup de cultures qui le pratiquent. Je n'ai pas de données, mais il me semble qu'il y a des pays où on mange de manière silencieuse, où on remercie les aliments, où on mange extrêmement doucement. Je pense aussi, en revenant à notre corps, avec la respiration, la méditation, la contemplation, passer du temps dans la nature, en étant dans le silence. Il y a deux ans, j'ai suivi un cours de méditation de Vipassana de 10 jours. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est 10 jours sans communiquer, que ce soit par téléphone, pas le droit de parler, pas de communication non-verbale, pas le droit d'écrire, de lire, de faire du sport. 10 jours à méditer, 10 heures par jour, 10 jours dans le silence. face à soi-même. Et je vous partage rapidement cette expérience qui fera sans doute l'objet d'un épisode d'un jour pour vous décrire les réactions de mon mental quand j'ai fait de la place. Parce que généralement, le mental, quand on essaye de s'offrir de l'espace, celui-ci panique parce qu'il ne veut pas laisser cet espace se faire. Donc ça a été une expérience profondément transformatrice pour moi. Et à chacun son vécu dans cette retraite. Et pour ma part, les quatre premiers jours ont été très difficiles. Ça a été une panique intérieure totale. Mon mental m'a amenée dans des périodes de vie oubliées, des zones obscures de ma psyché. J'avais des pensées répétitives, je faisais des cauchemars horribles, où je m'étais à perdre tous mes sens, je n'arrivais plus à parler, mes jambes se dérobaient, j'avais l'impression que... Moi, je n'entendais plus, je ne voyais plus, j'avais un peu l'impression de devenir folle, j'avais peur de dormir. refaire des cauchemars. Je n'ai jamais vécu d'expérience comme celle-ci, je n'en ai jamais revécu. C'est très, très particulier. Très déstabilisant. C'est comme quelqu'un qui n'a jamais été en pleine mer et qui se retrouve seul au milieu de l'océan. Et en fait, quand on se retrouve seul au milieu de l'océan, il faut reprendre ses repères. Et ça a été un peu ça. Au bout de quelques jours, donc ces 4-5 jours qui sont souvent compliqués passés, j'ai recommencé à retrouver des repères, à pouvoir m'orienter. Puis petit à petit, cette voix incessante a commencé à se calmer. J'ai commencé à apprivoiser ces moments de silence. Et ensuite, ça laisse laisser place à beaucoup de beauté, d'amour, de joie. Et j'ai aussi l'impression que quand on coupe cette place du mental, ça laisse place à une autre voie. Une voie plus profonde, une voie plus vraie, la voie du cœur, je dirais. Cette voie, on l'appelle comme on veut. Il y en a qui parlent de la voie du maître intérieur. Et voilà, quand on laisse cette voie du cœur prendre de la place, toute notre vie prend une autre dimension. Je trouve que l'on se sent beaucoup plus apaisé. Notre vision du monde, de ce qui nous entoure est aussi différente. Tout est beau, tout semble juste, harmonieux. Je me souviens de m'émerveiller devant les feuilles d'un arbre qui bougeait sous le vent. C'est comme si le voile tombait, que notre vision était aiguisée. Tout est plus intense, les couleurs, les mouvements de la vie. C'est assez extraordinaire. On voit la vie pour ce qu'elle est et non plus pour ce qu'elle a à nous offrir. Et j'ai commencé à sentir la vie en moi et autour de moi. Puis après, le stage c'est fini, retour à la réalité. Je n'ai pas forcément continué à méditer. Je n'ai pas continué du tout à méditer 10 heures par jour. Et très rapidement, je n'ai plus médité. Mais le fait de l'avoir expérimenté, je sais que ça existe et que je peux y revenir. Donc à chacun son chemin pour mettre le mental, comme dirait la doula quantique maman. de la place conducteur du véhicule à la place passager. Le mental est là, il existe, il est nécessaire pour avancer. Mais on peut décider qu'il prenne moins de place dans nos vies, qu'il ne soit pas au centre de toutes les décisions. Et faire de la place, ça nous permet de laisser de la place. Faire de la place pour laisser de la place aux possibilités. Ce que j'expérimente depuis quelques mois, c'est que faire de la place a ouvert le champ des possibilités dans ma vie. Car cet espace qui pourrait être considéré comme vide est en réalité une infinité de potentiel. Tout est possible. De nouvelles perles peuvent s'y inviter, en exceptant de lâcher prise, de se laisser surprendre par la vie, avoir la foi que de nouvelles belles choses peuvent arriver. Et si ce vide était en fait un espace de création ? Pour ma part, j'ai eu besoin de me créer cet espace de vide, sans consultation, pour avoir la place d'être. dans la création du podcast. Ça me fait penser aussi à des amis qui, dans les phases de ralentissement de leur activité professionnelle, sont en panique. Et si ce ralentissement était une invitation à développer de nouveaux projets, une nouvelle vision, de se réinventer, de réajuster le curseur, ou juste de se reposer pour pouvoir mieux repartir après. Faire de la place pour laisser place au changement. Et si faire de la place Ouvrir un nouvel espace dynamique nous permettant de sortir de la rigidité, de ce que l'on devrait être, d'un mode figé, pour davantage danser avec la vie, être en mouvement, être disponible et prêt à voir ce qui s'offre à nous. Ça me fait penser aux grands changements de vie qui ont suivi la période Covid, les changements de vie professionnels, personnels, avec des déménagements, des séparations, des changements de cap. Ces périodes de confinement, ont permis pour beaucoup de faire de la place dans leur lieu de vie, de remettre au centre l'essentiel, d'avoir l'espace de se questionner sur son mode de vie, son acte professionnel ou même ses relations. Ce temps d'arrêt imposé a permis à beaucoup de gens de faire de la place. Faire de la place pour laisser place à l'essentiel. Dégager de l'espace dans notre vie physique pourrait être une forme de dépouillement, de minimalisme. Se centrer sur l'essentiel. Cette simplification de notre vie permettrait peut-être à la fois un allègement physique, mental. En 2013, j'ai habité en Australie pendant une année. Et pendant quelques mois, j'ai expérimenté la vie en van. J'ai adoré. Je me suis sentie profondément libre dans ce mode de vie. Je vivais avec le strict minimum. Un sac de voyage pour l'année, un lit, pas de prise, pas d'électricité. On était deux, donc... deux casseroles, deux assiettes, deux bols, pas de frigo. Bref, le strict minimum qui a permis une vie tournée vers l'extérieur avec la rencontre d'autres personnes qui vivaient la même chose. C'est d'ailleurs pendant cette période que j'ai rencontré... une personne qui m'a parlé de vipassana. Et cette vie tournée vers l'autre qui a permis ces rencontres et qui a permis à ces échanges de se faire. Et cette vie très minimaliste a aussi permis un retour à moi parce que ça laissait beaucoup plus de place à l'introspection. Le soir, on vivait au final avec la lumière du jour. Et donc coucher très tôt, beaucoup d'espace de calme, de réflexion, de contemplation parce qu'il y a plus dans la nature aussi. J'ai trouvé cette période extrêmement inspirante et c'est ce qui me donne envie encore aujourd'hui de plus tard vivre dans un habitat minimaliste, dans une petite maison, ce qu'on appelle les tiny house. Faire de la place pour laisser place à la liberté d'être. Se détacher des injonctions sociales, culturelles, professionnelles, des conditionnements, des projections de notre proche, et ça démarre dès l'enfance. Avoir la place de déconstruire. pour renaître à nous-mêmes. S'offrir la possibilité d'avoir un espace d'existence propre, se défaire des attentes imposées par la société pour se définir selon ses propres désirs, un acte d'affirmation de soi, une manière de se positionner dans le monde, en dehors des schémas prédéfinis. En juin 2019, j'ai mon diplôme d'ostéopathie, je décide de rentrer au Sénégal, pays où j'ai grandi, pour m'installer. Tellement sûre de moi. L'ostéopathie était... et est toujours vraiment le choix de mon cœur. C'est l'activité qui me nourrit profondément. Mais sans m'en rendre compte, je me suis enfermée dans la boîte de l'ostéopathe avec toutes les belles projections teintées par mes études. Vouloir être une ostéopathe épanouie comme je l'imaginais, on m'a dit à quoi elle doit ressembler cette ostéopathe épanouie, une ostéopathe qui réussit dans son activité, une bonne ostéopathe avec la façon de travailler du bon ostéopathe. À cette période, quand je me présentais, quand on me demandait qui je suis, je répondais « je suis ostéopathe » . Et je me définissais en premier sous mon titre d'ostéopathe. Et j'essayais tellement fort de répondre à cet idéal de vie que j'avais projeté, cet idéal d'incarnation de cette identité d'ostéopathe que j'avais projetée. Et j'étais tellement étriquée dans ce personnage que j'avais envie d'incarner. Et il y a un moment, il y a eu une dissonance entre ce personnage et mes aspirations profondes. Et depuis que je suis sortie de cette boîte, je me suis remise au centre. Je dis oui, je suis ostéopathe, mais je suis avant tout alexandre bancale. Et le fait de me remettre au centre, j'ai repris tellement d'espace. Ça m'a permis de me déployer et ça a permis de... En fait, je me suis davantage épanouie du coup en tant qu'ostéopathe. Parce que je suis moi dans ma façon de travailler. Je suis alexandre bancale et je travaille. Je suis sortie de toutes les injonctions. Et maintenant, ça laisse place aussi à ma créativité dans mon activité. Donc on a tendance à se mettre dans des petites boîtes, s'identifier aux masques que l'on porte. Et quand je pense aux masques, c'est personnages comme le personnage de l'ostéopathe, il y a celui de la fille, de la compagne, de la femme, de la mère. Il y a beaucoup de personnages et ça varie en fonction des personnes. Ensuite, faire de la place pour avoir une meilleure connaissance de soi, une meilleure écoute. Faire de la place mentalement, c'est calmer ses pensées. dégager l'esprit des pensées superficielles, des préoccupations inutiles, futiles, calmer la voix du mental pour que la voix du cœur puisse s'exprimer sans le parasitage et les peurs du mental. C'est la voix qui nous guide vers notre essence profonde, celle de notre être, notre dimension spirituelle, celle qui nous dit d'oser être soi, de se montrer parce qu'il n'y a rien de plus beau que d'être sur son chemin intérieur. Je dirais que c'est la voie de l'authenticité. C'est la voie dans laquelle on apprend profondément à se rencontrer. Une meilleure connaissance de soi revient en fait à l'écoute intérieure. C'est en s'écoutant qu'on apprend à se connaître. Et être à l'écoute de soi, en fait, nous amène aussi à une meilleure écoute de l'autre. Quand on est dans cette présence à soi, dans cette écoute intérieure, un espace sincère d'écoute se crée. On est disponible. On est dans une posture d'accueil, des pensées, des émotions de l'autre. Notre attention est sincèrement portée sur l'autre. Notre intention est de l'écouter sans jugement. Ça permet d'avoir des relations plus sereines, plus apaisées, car l'autre se sent entendu dans ce qu'il est, il se sent reconnu. Et comme il se sent écouté, il l'écoutera à son tour. Et c'est ce qui rend la communication entre deux personnes plus fluide. sachant que la communication au centre des problématiques relationnelles chez l'homme on arrive donc à des relations plus authentique plus épanouissante sachant qu'on est fait pour vivre avec l'autre en société. L'écoute de soi-même est une condition préalable, selon moi, pour être à l'écoute de l'autre, et plus largement pour être à l'écoute du monde. Ça nous remet à notre juste place dans ce monde, dans le monde du vivant, dans ce qui nous entoure, et ça nous permet de le réinchanter, de s'émerveiller face à ce qu'il est. Faire de la place, pour se reconnecter à soi, à l'autre, pour se sentir connecté au vivant, pour se sentir vivant, pour se sentir appartenir à ce grand tout. Je pense que j'ai fait le tour de la pensée que je voulais vous partager aujourd'hui. De mon côté, je vais prendre une grosse semaine pour déconnecter, déconnecter de mon téléphone, déconnecter dans la nature, dans le silence. Au moment où j'enregistre cet épisode, je ne sais pas encore si ça sera... en Mauritanie ou au nord du Sénégal. Je vous le dirai soit sur Instagram, soit dans mon prochain épisode de podcast. Toujours est-il que j'ai besoin de me recréer cet espace intérieur dont je vous parlais tout à l'heure. Sortir de la voie du mental, revenir à l'essentiel, reconnecter à cette voie du cœur pour trouver les réponses justes aux problématiques qui se présentent à moi en ce moment, et aussi pour relancer ma créativité, pour... d'autres projets qui me tiennent à cœur. Donc voilà. Je vous dis à bientôt. Prenez bien soin de vous. Et on se retrouve dans deux semaines pour un prochain épisode. Merci pour ta présence. J'espère que ce moment t'a inspiré, a vite davantage dans l'instant présent. Que ce soit à travers l'expérience de ton corps, tes relations, ou avec le monde qui t'entoure. Si ce n'est pas déjà fait, pense à t'abonner sur ta plateforme d'écoute préférée, pour ne rien manquer. des épisodes prochains. Et n'hésite pas à laisser un commentaire, une jolie note, et partager ce podcast autour de toi. Cela m'aide énormément à rendre SteelPoint plus visible et ça me fait tellement plaisir de lire vos retours. Un grand merci à tous. On se retrouve dans deux semaines pour un nouvel épisode. En attendant, tu peux me retrouver sur Instagram ou mon site internet. Les liens sont dans les notes de l'épisode. Je te dis à très vite.