- Speaker #0
Super Docteur, c'est le podcast des soignants qui redonne de la noblesse à notre métier pour soigner mieux et différemment. Aujourd'hui, je vous propose un épisode que j'aurais aimé écouter à mes débuts. On va parler de remplacement, pas comme d'une simple étape technique ou d'un passage obligé entre la fin des études et l'installation, mais comme d'un moment clé, parfois fondateur, dans une carrière médicale. Je me souviens de mon premier remplacement en médecine générale qui fut absolument catastrophique. J'aurais beaucoup apprécié... tous les détails dont on va parler avant de me lancer. Ce moment peut en effet ouvrir des porcs, donner confiance, permettre de se projeter. Mais il peut aussi, quand il est mal préparé, laisser des traces durables. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Mathilde Couturier, cofondatrice de RemplaJob, une plateforme créée par des confrères médecins il y a plus de 10 ans et qui observe depuis le terrain au quotidien ce que vivent réellement les remplaçants et les installés. Salut Mathilde !
- Speaker #1
Salut Mathieu !
- Speaker #0
Merci beaucoup d'être avec moi ! Merci, je suis ravi d'être avec toi aujourd'hui et de pouvoir te poser toutes mes questions sur le remplacement. Est-ce que tu peux m'expliquer le début de RemplaJob, quelle est cette histoire et quel problème précis tu voulais résoudre dans la façon dont les remplacements se faisaient à l'époque ? C'était il y a déjà plus de dix ans quand la boîte s'est montée, je crois ?
- Speaker #1
Oui, exactement. L'histoire de RemplaFonds, ça a commencé en 2013. C'était à l'époque des associations qui s'appelaient Rempla Nord, Rempla Est, et donc effectivement montées par des confrères médecins, dont le docteur Wattine qui était à Lille, sous forme associative, et donc ça fonctionnait super bien, c'était réservé aux médecins généralistes, les médecins installés postaient des annonces, les médecins remplaçants répondaient aux annonces. Et de fil en aiguille, ça a extrêmement bien fonctionné. Sauf que de manière associative, les médecins, à un moment, qui s'en occupaient, devaient forcément passer un peu moins de temps, parce qu'ils passaient plus de temps à exercer notamment. Et donc c'est à ce moment-là que ça s'est transformé en société, avec des gens qui pouvaient gérer tous les jours et dont c'était le métier. et c'est là que c'est devenu RemplaFrance, on a fédéré tous les sites régionaux pour en faire un site national et donc voilà donc c'est comme ça qu'est née l'histoire, elle est née de besoins tout simplement de libéraux en réalité on avait un concurrent qui existe encore aujourd'hui qui est le plus gros qui est évidemment les groupes facebook mais l'inconvénient énorme des groupes facebook, les annonces elles sont pas à jour on n'a pas vraiment de de données sur est-ce qu'il y a beaucoup de remplaces, est-ce qu'il y en a d'autres, etc. Donc voilà, là, l'idée, c'était de structurer, d'avoir tous les remplacements au même endroit, pas plein de groupes Facebook, pas besoin de descendre un fil. On sait que tout est à jour. Les coordonnées sont cachées aussi. On ne diffuse pas les coordonnées comme ça sur Facebook. Donc voilà, ça répondait un peu à tous ces besoins-là. Et notamment, ça fait 10 ans que ça existe en tant que société. On est donc un peu plus... en tant que plateforme. Et puis, ça marche hyper bien puisque aujourd'hui, on a quasiment 25 000 médecins généralistes sur le site et plus de 70 000 utilisateurs. Donc, il y a d'autres spécialités et d'autres professions. Il y a toutes les professions médicales réunies sur un seul lieu.
- Speaker #0
Très bien. Je comprends pourquoi. Parce qu'en plus, le site est hyper simple, hyper joli. On va en parler. Je comprends qu'à la base, c'est un modèle associatif, assez régional comme ça, et qui s'est structuré. dans ce site efficace qui est maintenant national, à jour. Très bien. En fait,
- Speaker #1
on a subi les besoins de la société, si tu veux, parce qu'au début, on remplaçait plus dans sa région. Là, maintenant, on le voit, quand les jeunes médecins démarrent, ils vont faire des remplats de plus en plus longtemps. Ils veulent tester potentiellement différentes régions. Ils veulent tester différentes formes d'exercice. Au début, on faisait que le libéral. Maintenant, on est aussi ouvert au salariat. Voilà, c'était... c'est pour répondre à tous ses besoins que le site a évolué avec les besoins.
- Speaker #0
Justement, je suis très curieux de ça parce que tu as quand même quelques années de recul. Quelle évolution tu as constaté chez les jeunes médecins par rapport à il y a 10 ans ? Est-ce que le rapport au travail a changé ? Est-ce que le temps de remplacement a changé ? Tu me parles des lieux d'exercice qui sont de plus en plus loin. Comment ça a évolué comme ça ? Comment on remplace maintenant et comment ça a changé ?
- Speaker #1
Il y a plusieurs choses qui ont évolué. Déjà, je pense que dans le rapport des jeunes médecins au travail, il a évolué, évidemment. Et aujourd'hui, je pense qu'il y a un espèce de bashing qui se fait sur les médecins et qui est infondé dans le sens où... Alors là, je vais parler à beaucoup de médecins, donc je pense qu'ils iront dans mon sens, mais qui est très vrai. De manière générale, la population française jeune, elle a envie de travailler moins, mais aussi parce qu'elle en a moins besoin. On est plus efficace dans la façon dont on travaille, donc on travaille forcément moins d'heures. Mais ça veut dire qu'on voit moins de patients, en tout cas, pour les médecins. Et on ne peut pas leur en vouloir. Et c'est vrai pour les hommes et pour les femmes. C'est mon petit côté féministe. C'est clair, c'est clair. Qui valide ça. L'autre chose qu'on voit, côté professionnel, c'est que le temps qui est passé à consulter, il est peut-être moins long, il est aussi concentré sur des jours. Donc là où au début, on remplaçait deux, trois ans, et on faisait des semaines de rempli, et on remplissait son planning par semaine, aujourd'hui, le temps de remplacement, il est plus long, parce qu'on a un peu moins envie de s'installer. Il y a plusieurs raisons. Il y a évidemment un peu cette phobie peut-être administrative. On se fixe moins vite aussi dans un lieu. Et donc on va aller chercher évidemment des remplats comme ça de manière ponctuelle, mais on va aussi aller chercher de plus en plus des remplacements réguliers. Donc on va aller chercher à travailler peut-être trois, quatre grosses journées dans la semaine, mais on se libère des créneaux pour faire autre chose. Donc voilà, c'est aussi ça qu'on voit. Donc oui, la durée de remplacement, elle s'est allongée, puis aussi la façon dont on remplace. et vont remplacer beaucoup en libéral, voire quasiment exclusivement en libéral, quand on savait qu'on voulait faire du libéral avant. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus mixte. On va aller aussi prendre des missions en salariat. Et là, c'est vrai, notamment pour tous les médecins qui vont être jeunes par an, ça assure aussi une petite sécurité, à la fois en termes de revenus, mais en termes d'horaire, en termes de couverture aussi sociale. Donc voilà, il y a quand même un confort aujourd'hui qui est possible, en tout cas, même en remplacement.
- Speaker #0
Ok, c'est super intéressant. C'est vrai que je partage ce sentiment que tu me confirmes, c'est-à-dire qu'on bosse peut-être moins de jours, mais par contre quand on bosse, on bosse peut-être plus intensément, on voit peut-être plus de gens. Très bien. Et j'en profite tant que tu es là, est-ce que les jeunes médecins ont toujours le droit de cumuler plein de remplacements ? Parce que dernièrement, il y avait la question du gouvernement qui était d'empêcher les remplacements successifs pour les pousser à s'installer. Est-ce que c'est le cas ou pas ?
- Speaker #1
Non, aujourd'hui, ce n'est pas encore le cas. Et très honnêtement, j'espère que ça ne le sera jamais. Bon, alors moi, je suis tout à fait contre la contrainte. On est quand même dans un pays de liberté. Alors que ce soit pour tout le monde, ça serait vraiment bien. Donc là-dessus, j'espère que ça ne changera pas tout de suite. Il y a les syndicats, pour le coup, qui œuvrent dans ce sens. Aujourd'hui, on peut remplacer un peu toute sa vie. La seule chose, mais c'est déjà en place depuis plusieurs années, c'est que c'est limité le temps. le temps de remplacement, le temps d'exercer de manière générale, avant l'obtention de la thèse. Il y a un moment où il faut passer sa thèse. Mais ça, c'est vrai depuis maintenant plusieurs années.
- Speaker #0
Oui, complètement. Est-ce que tu as pu voir des situations à risque que tu vois se répéter chez tes clients, chez les jeunes médecins ou même plus vieux ? D'ailleurs, je ne sais pas quel âge ils ont sur le site en moyenne.
- Speaker #1
Oui, ils sont plutôt jeunes. par rapport aux médecins de manière générale, c'est plutôt des jeunes. On est à une moyenne d'âge de 40 ans, ce qui est jeune, parce qu'on a quand même beaucoup de médecins installés ou des médecins qui cherchent des successeurs. Donc voilà, la moyenne est jeune.
- Speaker #0
Très bien. Est-ce qu'il y a des situations à risque que tu vois se répéter régulièrement, comme des rythmes insoutenables, une organisation complètement floue, des non-dits, voire même des arnaques financières avec les gens qui se font remplacer, etc. Est-ce que ça arrive ? Est-ce que tu as pu voir ?
- Speaker #1
J'ai déjà vu des situations étranges, voire illégales, mais honnêtement, une infime partie, surtout chez les médecins, ça arrive un peu plus sur d'autres professions, par exemple les infirmiers, qui sont moins structurés. L'ordre était moins puissant, même s'il est de moins en moins vrai, mais c'est historique. L'ordre existe depuis moins longtemps, donc les relations entre confrères sont, on va dire, euh... plus aléatoire. Mais chez les médecins, honnêtement, ça arrive peu. Moi, ce que je conseille de manière systématique, mais en vrai, aujourd'hui, c'est extrêmement respecté côté médecin, c'est vous faites un remplacement, vous faites un contrat de remplacement, tout est écrit. Nous, chez RemplaJob, ce n'est pas compliqué. Le contrat, il est prêt, dématérialisé. C'est les contrats qui sont mis à disposition par l'Ordre. Ils sont signés par les deux parties. C'est envoyé à l'Ordre. C'est carré. Il faut que tout soit écrit. Quand c'est écrit, il n'y a pas de sujet. c'est toujours quand c'est pas écrit qu'il y a un sujet. Et donc voilà, à partir du moment où c'est baqué, très franchement, risque quasiment minime. Après, tu parlais aussi des rythmes de travail, ça c'est autre chose. Il y a des rythmes, moi je le vois, qui sont encore très très lourds. Mais c'est souvent écrit, il n'y a pas de surprise. En fait, nous, chez RemplaJob, la philosophie, c'était de se dire, pour le remplaçant, vous arrivez en confiance dans un cabinet que vous ne connaissez pas forcément, parce que l'idée aussi, c'est d'aller voir des cabinets qu'on ne connaît pas avec des nouvelles organisations. Mais on donne de l'info, on n'arrive pas et c'est la surprise. Déjà parce qu'il y a des photos, donc on a un peu connaissance de l'environnement, c'est propre, c'est moins propre. Et sur le volume de travail, il y a des confrères qui ont 40, 50 consultations sur la journée. et chacun exerce comme il le souhaite, mais on n'arrive pas, et c'est la surprise. Donc voilà, il y a des rythmes, mais moi j'ai envie de vous dire, il y a absolument ce qu'on veut. On peut travailler avec 20, 25 consultes, et ça nous va bien, et c'est les rythmes qu'on aime avoir, on veut travailler plus, on peut travailler plus. D'ailleurs, il y a pas mal de confrères médecins qui écrivent, là, il y a tant de consultations par jour, c'est mon rythme. je travaille quatre jours semaine si vous avez envie de travailler plus vous pouvez travailler plus vous voulez travailler moins on peut travailler moins et puis de manière générale aussi il faut savoir que quand on est remplaçant les patients il ya quelques-uns qui disent bon bah c'est le remplaçant je viens pas c'est aussi quelque chose c'est existant quand un remplacement habitueux un remplacement habituel ça passe nickel quand c'est de manière ponctuelle Il y a des irréductibles qui veulent leur nez sans traitant.
- Speaker #0
Oui, carrément. Et je sais que les patients, c'est marrant parce qu'en général, ils sont déçus de voir le remplaçant. Et à la fin de la consultation, ils sont ravis parce qu'en fait, pourquoi ? C'est parce que le remplaçant, il a un peu repris le dossier à zéro. Il ne connaît pas le patient, donc il reprend un petit peu. Peut-être qu'il l'écoute un petit peu plus. Il se replonge dans des bios, dans des analyses, etc. Ce que ne faisait peut-être moins le médecin généraliste installé. Donc en fait, tu as cette espèce de... Des faits qui se coulent. Au début, les gens sont un peu déçus. Et puis, en fait, ils sont super contents parce que ça apporte aussi un regard nouveau.
- Speaker #1
Honnêtement, ça se passe rarement mal avec le remplaçant. Effectivement, c'est plutôt la peur de l'inconnu. Mais une fois qu'on est face au médecin remplaçant, tout se passe en général très, très bien. Il n'y a pas de souci.
- Speaker #0
Très bien. Et est-ce que tu peux me dire qu'est-ce qu'on n'apprend pas du tout à la fac de médecine sur le remplacement ? Alors que ça devrait être quand même important, je ne sais pas, sur le plan administratif, sur le plan humain, organisationnel, que sais-je.
- Speaker #1
Beaucoup de choses, malheureusement.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Il manque beaucoup de choses. Là, je sors juste du cadre remplacement parce qu'il y a beaucoup à dire, mais on apprend pendant les études de médecine à être autonome. Combien d'internes se sont retrouvés un peu seuls à devoir gérer des situations. En revanche, là où on manque d'autonomie... C'est la façon dont on choisit ses stages, par exemple. Ça paraît tellement logique pour quelqu'un qui a fait 12 ans de médecine. C'est complètement différent pour quelqu'un qui vient de l'extérieur et qui voit comment c'est fait. Il n'y a pas de recherche de travail. L'inconvénient de ça, c'est que quand on a terminé ses études, on a fini son internat, et bien là, on a l'impression d'être livré à soi-même. On ne sait pas par où commencer. J'étais encore au congrès de l'ISNAR il y a trois jours. Et j'ai plein d'internes qui sont venus me voir et qui m'ont dit « Je suis un peu en panique de devoir choisir mon premier remplacement. » Alors, je dis « Pas de sujet, on est là pour vous aider. » Mais moi, c'est vrai que je me dis toujours « C'est fou qu'après 10 ans d'études, il y ait toujours un peu cette peur. » Alors, il y en a qui ont une peur complètement enfondée de ne pas avoir suffisamment de travail, mais je peux comprendre, parce qu'on va devoir entamer les démarches par soi-même, ce qui n'était pas le cas auparavant. Donc, il y a ça, c'est déjà une première chose, la manque d'autonomie. La deuxième chose, c'est... que quand même, et c'est encore plus vrai chez les médecins généralistes, mais que la moitié des médecins qui sortent de la fac, ils vont devenir libéraux. Devenir libéral, ça veut dire devenir un chef d'entreprise. Ça, ce n'est pas enseigné à la faculté, ça concerne quand même la moitié des gens. Je ne sais pas si c'est quelque chose qui est voulu ou pas, on ne le dira pas, mais c'est vrai que savoir gérer sa compta, de faire de la finance, des ressources humaines, etc. Ça peut conduire certains à prendre des mauvaises décisions et qui peuvent avoir des graves conséquences. Je pense notamment à la prévoyance. On ne se rend pas toujours compte des enjeux derrière de ce qu'est la prévoyance. Et en fait, c'est quand c'est trop tard. Si j'avais su, je me serais couvert de manière plus sécurisée, etc. Je pense à la retraite aussi, même si c'est un horizon de temps beaucoup plus long. Il y a des choses qui s'apprennent, ce n'est pas inné. Tout le monde l'apprend aujourd'hui dans les autres cursus, mais pas en médecine. Je pense que c'est quelque chose qui est vraiment manquant, sachant que la moitié d'entre eux vont être des chefs d'entreprise. Et le dernier point, on n'apprend pas à manager. Et ça, c'est aussi dommage parce que dans le monde d'aujourd'hui, encore plus qu'hier... Il faut faire extrêmement attention à ce qu'on dit. J'ai encore des exemples récents où il y en a qui vont prendre la mouche, qui vont m'en prendre des phrases. Il y a une façon de s'exprimer, et ça c'est vrai pour le coup à l'hôpital et en libéral. C'est vrai partout. Il faut savoir s'exprimer avec sa secrétaire, avec ses confrères. Et donc ça pour moi, c'est aussi quelque chose qui est manquant aujourd'hui dans les études.
- Speaker #0
Je suis tout à fait aligné avec toi. Et tu vois, je viens d'enregistrer un épisode avec Martin Blachier, qui est un médecin de santé publique. On a fait un super épisode qui va vraiment être incroyable. Et ils mettaient justement l'accent sur le fait qu'en fait, en médecine, on est des entrepreneurs, tu vois. Sauf qu'on n'a aucune formation là-dessus. Même en dentaire, ils ont des cours, je crois, d'administratif, de gestion, etc., de compta. En médecine, pas du tout. Et on se fait un petit peu baloter comme ça. Alors qu'en fait, on a tout à gagner à... c'est des grands mots, mais à prendre notre destin en main, tu vois, et puis à se former, à développer d'autres compétences, à se faire confiance, à monter des boîtes, etc. Et tu soulignes aussi les compétences humaines. Super intéressant, t'as tout à fait raison, parce qu'on se retrouve parfois à être un petit peu en difficulté dans beaucoup de situations, ne serait-ce qu'avec des patients. Tu te retrouves jeune médecin à gérer des maladies graves, chroniques, ou à annoncer des diagnostics difficiles à des gens et on t'a jamais appris à le faire. En fait, tu peux pas l'inventer.
- Speaker #1
Ça, c'est difficile. Et tu vois, on a fait un article récemment sur savoir dire non aux patients. C'est pas facile, surtout quand on débute. C'est important. Et puis en plus, là, dans le climat qui parfois peut être un peu tendu et tout, on se dit toujours, bon, est-ce que je dis non ? Ce patient, il a l'air un petit peu peut-être animal, tu vois, est-ce qu'il va être violent, etc. On a un peu peur, mais quand on met les mots, quand on apprend à lire aussi comment est l'autre en face, voilà c'est Voilà, mais c'est quelque chose qui peut être inné chez certains, mais je pense que chez la majorité d'entre nous, ça ne l'est pas.
- Speaker #0
Carrément. Du coup, Mathilde, rapidement, est-ce que tu peux me dire les erreurs que tu observes le plus souvent chez les jeunes remplaçants ?
- Speaker #1
Oui. Je dirais que la première erreur, ça rejoint un peu ce qu'on a dit tout à l'heure, c'est de ne pas oser. Et de ne pas oser, notamment, varier les expériences. On va souvent là où on connaît, donc ça veut dire que... quand on est médecin et qu'on veut faire du libéral, on va aller plutôt voir, par exemple, les maîtres de stage chez qui on a été, on leur propose de remplacer. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle je conseille à tous les médecins installés d'être maîtres de stage, parce que forcément, on est plus enclin à accueillir du remplaçant quand on a été maître de stage. Donc, moi, je dis toujours, osez aller voir aussi ailleurs, parce que c'est cette période, en fait, qui est dédiée au remplacement. il faut la mettre à profit pour découvrir des nouveaux environnements, des nouvelles façons de travailler. Est-ce qu'on aime bien travailler ? Pourquoi pas, seul c'est de moins en moins aujourd'hui. Est-ce qu'on a envie de travailler avec que des gens de sa spécialité ? Est-ce qu'on veut s'ouvrir à d'autres spécialités ? Est-ce qu'on veut s'ouvrir à d'autres mêmes disciplines ? Et plusieurs, donc là évidemment l'exercice libéral, le salariat, on voit des rythmes différents, on voit des logiciels différents. Ça apprend aussi quand on sait qu'on veut s'installer. Ça permet de voir, aujourd'hui on va tous sur Doctolib, mais même si c'est très bien, il y en a plein d'autres qui existent. Voilà, varier les expériences, varier peut-être aussi les territoires. Moi j'ai toujours grandi par exemple à la ville, mais est-ce que j'aimerais vivre en campagne ? Mais ensuite si je ne l'ai pas testé, je ne peux pas le savoir. C'est vrai pour les médecins, c'est vrai pour tout le monde en réalité. Donc voilà, cette période, il faut la mettre à profit, vraiment l'utiliser. On ne va pas soigner, je pense, de la même manière. à la campagne qu'à la ville, dans un département et dans un autre. On ne voit pas les mêmes pathologies aussi. Ça permet vraiment de varier ces exercices. On peut se spécialiser avec des sur-spécialités différentes. Utilisons cette manne, utilisons cette période pour justement voir. Donc ça, c'est la première erreur que je vois chez les médecins aujourd'hui, jeunes. La deuxième, et je l'ai dit tout à l'heure, je n'en reviens pas, c'est de ne pas faire de contrat parce que... Au-delà du fait que ce soit obligatoire, en réalité il n'y a pas grand monde qui va les vérifier, mais ça couvre et c'est quand même ultra important. Et puis après, c'est une période aussi où souvent, comme c'est le début d'études, on n'a pas forcément encore de famille, on a un peu de liberté. Et donc c'est là où vraiment, moi je le dis tout le temps, RemplaJobs, elle vous offre l'univers des possibles. Allons voir aussi plus loin, on peut aller voir à l'étranger, on peut aller voir dans les dom-toms. On peut aussi tester d'autres formes. Je sais qu'on cherchait pas mal de journalistes pour aller faire des piges, etc. C'est intéressant, c'est utiliser son savoir de médecin à destination d'autres choses, pour créer d'autres matériaux. Et tu disais créer des entreprises. Le médecin n'est pas formé aujourd'hui pour créer des entreprises. En revanche, il peut participer, je trouve, à construire cet écosystème de santé. demande tout le temps aux médecins d'essayer de s'approprier l'innovation, sinon elle passera à côté. Et donc, c'est participer à la création de startups. Mais parfois, c'est rien. On a toujours l'impression que c'est un monde énorme, mais ça peut être quelques heures par mois, ça peut être un peu plus, ça peut être un peu moins, ça peut être de manière très, très ponctuelle. Voilà, c'est vraiment profiter de cette période un peu plus libre. On a fini les études, on n'a pas encore de famille, on a moins de contraintes, justement, pour... pour se lancer et peut-être se découvrir des nouvelles passions.
- Speaker #0
Exactement. Je te remercie beaucoup, Mathilde. Ce qu'on comprend déjà très bien, c'est que le remplacement, ce n'est pas un détail, c'est une période qui peut être dense où beaucoup de choses se jouent sans qu'on y soit vraiment préparé. C'est pour ça que vous êtes là avec RemplaJob. Dans la deuxième partie de cet entretien, on va essayer d'aller un peu plus loin. Qu'est-ce qui fait un bon remplacement ? Comment se protéger ? Comment poser les bonnes questions ? Et comment certains territoires ou certaines organisations arrivent malgré tout à bien fonctionner ? N'oubliez pas de vous abonner au podcast pour ne rater aucun épisode. Et puis, si vous voulez soutenir facilement ce travail, il vous suffit de mettre un commentaire sympa sur la plateforme sur laquelle vous l'écoutez ou sur YouTube. On se retrouve très vite pour la suite de notre échange. Salut Mathilde !
- Speaker #1
Au revoir Mathieu !