Speaker #0Le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique. L'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast, vous le savez, est proposé chaque jeudi à 17h sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute le dimanche à midi. Soutenez-le, faites-le connaître autour de vous. Saison 2, épisode 9, l'Eucharistie. Alors après avoir étudié les sacrements... du baptême et de la confirmation, nous abordons le sacrement de l'Eucharistie. Ce qui va nous retenir pendant au moins quatre épisodes, parce que c'est évidemment le cœur et le sommet de notre foi, comme dit saint Thomas d'Aquin, puisque dans ce sacrement, ce n'est pas la grâce de Dieu qui est donnée, mais c'est Dieu lui-même qui est présent. Alors, on va découvrir tout ça en suivant les questions, comme d'habitude. Et dans ce premier numéro, j'allais dire, concernant l'Eucharistie, eh bien, on va étudier l'Eucharistie en tant que sacrement, comme on a étudié les autres sacrements précédemment. Alors, tout simplement, numéro 271, qu'est-ce que l'Eucharistie ? Réponse du catéchisme, l'Eucharistie est le sacrifice même du corps et du sang du Seigneur Jésus qu'il a institué pour perpétuer au long des siècles jusqu'à son retour, le sacrifice de la croix, confiant ainsi à son Église le mémorial de sa mort et de sa résurrection. L'Eucharistie est le signe de l'unité, le lien de la charité, le repas pascal, où l'on reçoit le Christ, où l'âme est comblée de grâces et où est donné le gage de la vie éternelle. Alors on a ici, en trois lignes, trois lignes et demie, un véritable traité. de théologie sur l'Eucharistie, et puis d'une certaine façon, on pourrait dire, qui résume tous les mystères de l'incarnation, de la rédemption, du salut du genre humain. Alors, reprenons calmement cette définition. L'Eucharistie est le sacrifice même du corps et du sang du Seigneur Jésus. Cette phrase, déjà, pourrait donner lieu à des heures de méditation. D'ailleurs, je vous invite... à méditer, à prendre du temps, peut-être après avoir écouté cette émission ou après avoir écouté ce podcast, à prendre du temps pour réfléchir à ce que vous avez peut-être noté, ce que vous avez retenu. C'est la meilleure façon de se rapprocher de Dieu, prendre du temps dans la prière personnelle, alors soit dans une église, en silence, devant le Saint-Sacrement, évidemment c'est le mieux, mais même en se promenant dans la nature ou tout seul chez soi, et bien prendre quelques minutes, 5-10 minutes de ce qu'on appelle l'oraison, l'oraison mentale pour... méditer pour laisser ces vérités de la foi, ces réflexions pénétrer notre âme, notre esprit, pour nous rapprocher de Dieu. Je ferme la parenthèse. Donc l'Eucharistie, c'est le sacrifice même du corps et du sang du Seigneur Jésus. L'Eucharistie nous met en lien, et c'est une vérité fondamentale qui malheureusement, on aura l'occasion d'en reparler, mais qui malheureusement a disparu de beaucoup de paroisses catholiques aujourd'hui en France. L'Eucharistie nous met en lien directement avec le sacrifice du corps et du sang du Seigneur Jésus, c'est-à-dire avec la mort du Christ sur la croix, sa mort et sa résurrection évidemment. C'est pour ça que l'Eucharistie, la messe, est un mystère grandiose, parce qu'elle nous met en présence de l'événement fondamental de l'histoire des hommes, de l'événement central de l'histoire de toute l'humanité. de l'unique événement qui a changé à tout jamais la vie de chacun des êtres humains avant, pendant et après. La mort du Christ sur la croix, la mort de Dieu. Dieu qui se fait homme, qui meurt, qui donne sa vie pour nous ouvrir le ciel, pour nous ouvrir l'éternité, pour nous sauver du mal et du péché. Voilà le drame qui se déroule à la messe du dimanche. Donc vous voyez quand certains me disent « ah oui, moi je crois en Jésus, etc. mais je ne vais pas à la messe du dimanche parce que je ne vois pas l'intérêt. » C'est parce qu'ils ne savent pas ce qui se déroule. L'Eucharistie, la messe, nous met en présence, de façon sacramentelle, on y reviendra, mais nous met en présence. de cet événement de la mort d'un Dieu qui donne sa vie pour nous, pour chacun d'entre nous. Donc voilà, l'Eucharistie est le sacrifice même du corps et du sang du Seigneur Jésus, qu'il a institué, donc c'était institué par le Christ, comme tous les sacrements, vous vous souvenez de la définition générale des sacrements, donc institué par le Christ, pour perpétuer au long des siècles, jusqu'à son retour, le sacrifice de la croix. C'est ce que je disais, vous voyez, ce sacrement c'est la façon que le Christ a choisi de... perpétuer au long des siècles le sacrifice de la croix. Le sacrifice de la croix n'est plus désormais, grâce à l'Eucharistie, un simple événement dans le temps, mais c'est un événement qui est perpétué chaque jour, chaque jour que Dieu fait, lorsqu'un prêtre célèbre la messe quelque part dans le monde. Voilà tout le mystère de notre foi et de l'Église qu'on a largement développé dans la première saison. La rédemption, le rachat du genre humain, notre rachat personnel, n'est pas un point du passé. C'est une réalité qui est rendue présente aujourd'hui, comment ? Par le sacrifice de la messe. Comment est-ce que Dieu sauve les âmes aujourd'hui ? Par le sacrifice de la messe. Parce que le sacrifice de la messe n'est rien d'autre que le sacrifice de la croix qui est rendu présent pendant la messe. Donc c'est par l'Eucharistie que Dieu agit dans le monde, sauve les âmes dans le monde, ici et maintenant. Non pas parce que le prêtre agirait ou ferait quelque chose de nouveau, mais parce que le prêtre rend présent l'unique moment, l'unique sacrifice du Christ sur la croix. Alors, vous voyez, non seulement le Christ a institué cela pour perpétuer au long des siècles le sacrifice de la croix, jusqu'à son retour à la fin des temps. C'est d'ailleurs une grande vérité. de la liturgie, un grand mystère de la liturgie que le pape Benoît XVI aimait à répéter. Pourquoi est-ce que les prêtres célèbrent vers l'Orient, c'est-à-dire vers l'Est, en général les églises sont orientées, donc sont tournées vers l'Orient, vers l'Est, parce que le peuple chrétien, la communauté chrétienne, appelle et annonce le retour du Christ dans la gloire. Il n'y a plus qu'un événement à attendre. Est-ce que c'est bientôt la fin du monde ? Oui, bien sûr, c'est la fin du monde. Depuis 2000 ans, c'est déjà la fin du monde, parce que nous n'attendons finalement qu'un seul événement, le retour final du Christ, qui va accomplir toute chose. Et voilà pourquoi le fait que le prêtre célèbre tourne vers l'Orient, en tête des fidèles, tous dans la même direction, tous dans le même sens, les imbéciles, ce n'est pas très gentil, mais disons les ignorants, disent que le prêtre tourne le dos aux fidèles. Mais pas du tout, ils ne tournent pas du tout le dos aux fidèles, c'est que tout le monde est tourné dans la même direction. Vous voyez, comme le chauffeur de bus. Le chauffeur de bus ne tourne pas le dos à ses passagers. Le chauffeur de bus regarde devant et tout le monde regarde dans la même direction. Tout le monde va dans la même direction et il y a le chauffeur qui guide le bus. Et bien de la même façon, le prêtre regarde vers l'Orient et tous les fidèles avec lui regardent vers l'Orient parce que, comme le soleil se lève à l'Orient, eh bien, nous attendons le retour du Christ, symbolisé par la lumière du soleil, bien sûr, à la fin des temps. Alors, pourquoi, donc, confiant ainsi à son Église le mémorial de sa mort et de sa résurrection ? La présence de l'Église, on l'a dit suffisamment, la présence de l'Église, c'est la présence de la grâce, c'est la présence du Christ, le Christ répandu et communiqué au milieu de nous par la grâce dans les âmes. Eh bien, comment la grâce se reçoit ? Eh bien, parce qu'elle vient puiser dans ce mystère de l'Eucharistie. L'Eucharistie est donc le signe de l'unité, le lien de la charité, le repas pascal, où l'on reçoit le Christ, où l'âme est comblée de grâces et où est donné le gage de la vie éternelle. Parce que oui, non seulement le Christ meurt et ressuscite sur la croix, c'est ce qui est célébré dans l'Eucharistie, mais il se donne comme nourriture. C'est tout à fait mystérieux. Il l'avait annoncé au chapitre 6 de Saint Jean. qu'il donnerait sa chair à manger et son sang à boire. Les disciples, la foule qui le suivait, s'étaient enfuis en disant « Cela est trop dur à entendre, qu'est-ce qu'il raconte ? » Et il y a cette scène assez touchante où le Christ se tourne vers les apôtres en leur disant « Est-ce que vous aussi vous allez partir ? » Et Saint-Pierre, dans un élan de foi tout à fait touchant, lui dit « Mais non Seigneur, vers qui irions-nous ? Vous seuls avez les paroles de la vie éternelle. » En gros, si on vous quitte, on ne sait pas vers qui aller, donc on reste avec vous. J'exagère un peu, mais c'est la foi du charbonnier, la foi amoureuse de Saint-Pierre qui suit le Christ, qui ne comprend pas bien sûr ce mystère, un Dieu qui se fait homme. pour sauver les hommes et qui va donner son corps et son sang à manger, il y a une folie qui dépasse l'entendement humain. Mais évidemment, dans l'Eucharistie, le Christ veut se donner. Il veut se donner totalement. Il veut se donner, c'est-à-dire venir en nous. Il veut venir constituer jusqu'aux cellules qui composent notre corps, parce qu'il se donne comme nourriture. Il veut devenir la substance même de notre corps. Vous voyez, quand on mange chaque jour, petit à petit, les aliments non seulement nous nourrissent, mais ils forment notre propre substance. C'est-à-dire que les éléments forment notre étoffe, notre chair. Et bien Dieu se fait nourriture. Et plus les chrétiens communient à l'Eucharistie, au même corps et au même sang du Christ, plus ils sont formés de la même matière. Lorsqu'on partage le même pain, on est fait de la même substance. Et lorsqu'on partage le même corps du Christ, chaque dimanche, chaque jour à la messe, les chrétiens forment un seul corps, quasiment physiquement, puisque leur corps, petit à petit, est formé des atomes, des molécules de ce qui constitue le corps du Christ. Alors, avançons, vous voyez, tout ce qui est annoncé, tout ce qui est... Compte tenu dans ce sacrement de l'Eucharistie, il va nous falloir détailler un petit peu et comprendre en détail tous ces aspects. Alors, question suivante, quand le Christ a-t-il institué l'Eucharistie ? Il l'a institué le jeudi saint, la nuit même où il était livré, alors qu'il célébrait la dernière scène avec ses apôtres. La nuit même où il était livré, c'est une citation du chapitre 11 de la première épître aux Corinthiens. Et comme on va le voir... Enfin, on peut le dire dès maintenant, c'est tout à fait important puisque ce texte de Saint Paul, cet épître au Corinthien de Saint Paul, la première épître au Corinthien, est un texte qui a été écrit par Saint Paul avant même l'évangile, qui est daté, en raison de références que Saint Paul fait, qui est daté d'avant la date la plus probable de rédaction des évangiles. Donc le premier témoignage que nous avons de la messe et des paroles de la consécration. et du fait que les chrétiens se réunissent pour célébrer ce mystère de l'Eucharistie. Le premier témoignage, c'est dans cette lettre de Saint Paul au Corinthien, qui est datée de quelques années après la mort du Christ. C'est très fort, c'est très important, parce que cela signifie que les communautés chrétiennes, donc la tradition des chrétiens, célébraient déjà l'Eucharistie avant même que ce soit écrit dans le livre de la Bible, dans l'Évangile. Donc voilà l'un des arguments les plus forts pour montrer que la foi catholique se transmet bien sûr par l'évangile, par la parole de Dieu, par la Bible, mais aussi par la tradition et donc par la tradition des actions, des actes des premières communautés chrétiennes. C'est une réponse évidemment aux protestants qui prétendent qu'il faudrait s'en tenir au texte seul de l'évangile pour savoir ce qu'est l'enseignement du Christ. Mais le Christ s'est révélé tout autant que dans l'évangile, s'est révélé dans la façon d'agir des premières communautés chrétiennes qui connaissaient le Christ, qui avaient entendu son commandement, puisque, comme on va le voir tout de suite, c'est une institution. dans la scène du Jeudi Saint, la veille de sa mort, il célèbre la dernière scène, le dernier repas avec ses apôtres, et il leur dit précisément, donc c'est l'objet de la question suivante, comment a-t-il institué l'Eucharistie ? « Après avoir réuni ses apôtres au Cénacle, Jésus prit le pain dans ses mains, le rompit, et leur donna en disant, prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps livré pour vous. Puis il prit dans ses mains la coupe remplie de vin, et leur dit, prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang. » Le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés, vous ferez cela en mémoire de moi. Évidemment vous avez reconnu ces paroles que le prêtre répète pour renouveler l'Eucharistie, pour constituer l'Eucharistie. Mais ce sont évidemment les paroles du Christ lui-même qui nous dit « Ceci est mon corps, ceci est la coupe de mon sang » . Alors bien sûr ce sont ces mêmes paroles qui sont répétées par chaque prêtre lorsqu'il célèbre la messe, de tous les temps, de tous les lieux. Et là encore, c'est très intéressant parce que les paroles précises sont celles qui sont transmises par l'Église et non pas nécessairement celles qui sont dans les récits évangéliques. D'ailleurs, il y a plusieurs versions, enfin sur un petit détail. Est-ce que le Christ a employé précisément les termes « le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle » tel que ça nous est transmis dans la liturgie catholique ? C'est ce qui est le plus probable. Alors que, par exemple, dans le texte de l'évangile de saint Matthieu, au chapitre 26, le texte dit « ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il l'a leur donné en disant « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés. » Et d'ailleurs, il ne le dit pas. « Faites ceci en mémoire de moi » . Donc, c'est très intéressant. C'est-à-dire que la tradition liturgique est sans aucun doute plus authentique et plus ancienne que la tradition des différents récits de l'Évangile. Je passe sur ces détails. Il faudrait comparer les textes un par un. Vous compreniez. C'est un très bon exercice d'ailleurs que vous pouvez vous amuser à faire. prendre les récits de l'institution de l'Eucharistie dans... le texte de Saint Paul, 1er au Carinthien, chapitre 11, et puis les récits dans les évangiles synoptiques, c'est-à-dire Saint Matthieu, Saint Marc et Saint Luc, puisque en Saint Jean, il n'y a pas de récits de l'institution eucharistique. Alors, voilà donc les paroles, et surtout ce commandement, vous ferez cela en mémoire de moi. Alors que représente l'Eucharistie dans la vie de l'Église ? Elle est la source et le sommet de toute la vie chrétienne. Dans l'Eucharistie culmine l'action sanctifiante de Dieu envers nous et le culte que nous lui rendons. L'Eucharistie renferme tout le bien spirituel de l'Église, le Christ lui-même, notre Pâque. Je m'arrête ici, on continuera plus tard, mais vous voyez, c'est ce que j'ai mentionné. En introduction, l'Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne. Méditons cette phrase. L'Eucharistie est la source et le sommet de toute vie chrétienne. Souvent certains disent, j'ai fait ma communion, comme si c'était quelque chose de... comme une coutume, une petite tradition familiale, etc. Non, l'Eucharistie, ce qui se passe à la messe le dimanche, est la source et le sommet de toute la vie chrétienne. J'ai envie de dire ça, que les jeunes qui nous écoutent, qui disent « est-ce que je vais à la messe le dimanche ? » Les adolescents, vous voyez, qui « je préfère dormir le dimanche matin, je ne vais pas à la messe » . L'Eucharistie, c'est la source et le sommet de toute la vie chrétienne. La source, c'est-à-dire que tout sacrement, toute grâce, toute prière réalisée, écoutée par Dieu, trouve sa source et son accomplissement dans l'Eucharistie. Tout passe par là parce que, encore une fois, c'est le renouvellement non sanglant du sacrifice du Christ sur la croix. Dans l'Eucharistie, donc, culmine l'action sanctifiante de Dieu envers nous. Toutes les grâces viennent de l'Eucharistie. Toutes les grâces, comme on l'avait déjà mentionné, lorsque le Christ meurt sur la croix, le sang et l'eau qui sortent de son cœur transpercés sont évidemment une image de la grâce qui va couler, la grâce de l'eau du baptême, mais aussi de tous les sacrements, y compris l'Eucharistie, le sang. qui symbolise l'Eucharistie. Et donc, comme l'Eucharistie, une fois encore, est le renouvellement qui rend présent le sacrifice du Christ sur la croix, et bien comme de la croix découle toute grâce, de l'Eucharistie découle toute grâce. Donc dans l'Eucharistie culmine l'action sanctifiante de Dieu envers nous et le culte que nous lui rendons. C'est un mouvement de sortie de Dieu, de sortie du côté. du Christ sur la croix, et qui nous permet, par le culte que nous rendons à Dieu, de retourner, de nous unir au Christ, d'être unis au Christ par l'Eucharistie, par le fait de recevoir, de manger le pain eucharistique. et qui nous unit au Christ, qui nous fait adhérer au Christ et le former plus qu'un avec lui dans son corps mystique. Donc vous ressentez peut-être ma difficulté, mon émotion à essayer de dire ce qu'est l'Eucharistie, parce que d'une certaine façon, dans l'Eucharistie se résume, se concentre l'ensemble du mystère de Dieu, toute grâce qui vient de Dieu et tout ce que nous pouvons nous rendre à Dieu en... en l'honorant, en lui rendant un culte par la messe, par notre assistance à la messe, en nous unissant à ce mystère. L'Eucharistie donc renferme tout le bien spirituel de l'Église, puisqu'elle renferme le Christ lui-même. Ce n'est plus la grâce qui est donnée, mais c'est le Christ lui-même, l'auteur de la grâce. La communion de la vie divine et l'unité du peuple de Dieu sont exprimées et réalisées par l'Eucharistie. Je répète, la communion de la vie divine et l'unité du peuple de Dieu sont exprimées et réalisées par l'Eucharistie. À travers la célébration eucharistique, nous nous unissons déjà à la liturgie du ciel et nous anticipons la vie éternelle. C'est une anticipation de ce qui va se passer au ciel. Au ciel finalement, ce sera une grande messe, une grande messe solennelle. La liturgie divine, c'est-à-dire les hommes et les anges, rendront un culte parfait, éternel. Dieu et Dieu les remplira de sa grâce, de sa perfection. Donc finalement, la messe est une annonce de ce qui va se passer au ciel. Alors j'ai envie de dire tout de suite, de façon un peu polémique, quelle tristesse de voir des cérémonies, des liturgies eucharistiques réduites à frapper dans les mains et à se dandiner en chantant des chansons banales. Quelle tristesse ! Quand j'entends qu'il faut que la messe soit un peu vivante, qu'on s'amuse un petit peu, parce que vous comprenez, sinon on s'ennuie. Mais quelle folie des hommes qui voudraient rendre le cœur du mystère de Dieu un petit peu plus attrayant, parce que ça les ennuie. Non, il faut que la liturgie soit... et ce caractère sacré, ce caractère hiérartique, qui nous fait entrer dans l'éternité, qui nous fait entrer dans quelque chose qui n'a pas de temps, qui n'a pas de... de lieux mais qui nous dépassent, qui est bien plus grand que nous. Et on peut dire que c'est tout le génie de l'Église, tout le merveille de l'histoire de l'Église, de nous avoir transmis des liturgies qui, malgré le fait qu'ils utilisent des gestes et des objets humains, nous permettent d'entrer un petit peu sur le seuil de l'éternité, d'entrer dans ce mystère de la présence de Dieu. Alors, que représente ensuite l'Eucharistie dans la vie de l'Église ? Alors, pardon, excusez-moi, c'est la question que je viens de poser. La question suivante, comment désigne-t-on ce sacrement ? La richesse insondable de ce sacrement se manifeste par différents noms qui en traduisent les aspects particuliers. Les plus communs sont Eucharistie, Sainte Messe, Seine du Seigneur, Fraction du Pain, Célébration Eucharistique, Mémorial de la Passion, de la Mort et de la Résurrection du Seigneur. Saint-sacrifice, Sainte et Divine Liturgie, Saint-Mystère, Saint-Sacrement de l'Hôtel et enfin Communion. Donc voilà tous les noms qui sont utilisés pour décrire ce sacrement de l'Eucharistie et précisément qui en manifestent chacun un aspect plus particulier. Ce sacrement de l'Eucharistie est tellement central, tellement riche, qu'il faut plusieurs termes pour le décrire. Enfin... Dernière question pour aujourd'hui, quelle est la place de l'Eucharistie dans le plan divin du salut ? Dans l'Ancienne Alliance, l'Eucharistie est préfigurée surtout par le repas pascal, célébré chaque année par les Hébreux avec les pains azim, en souvenir du départ précipité et libérateur de l'Égypte. Jésus l'a annoncé dans son enseignement et il l'a institué en célébrant la dernière scène avec ses apôtres, au cours du repas pascal. Fidèle au commandement du Seigneur, vous ferez cela en mémoire de moi, L'Église a toujours célébré l'Eucharistie, surtout le dimanche, jour de la résurrection de Jésus. Alors ici c'est un élément qui est évidemment fondamental, à savoir que l'Eucharistie est un repas pascal. Elle est le repas pascal par excellence. Alors évidemment, le repas pascal des juifs de l'Ancien Testament, des hébreux, vous vous souvenez, le jour où ils devaient être libérés de l'esclavage des Égyptiens, après les plaies. qui avait été infligée par Dieu à travers Moïse, le pharaon ne voulait pas la laisser partir, et bien la dernière plaie, c'était la plaie où tous les fils aînés de chaque famille sont morts dans la même nuit. Et pour être épargné, les... Le peuple hébreu, les familles, devaient s'affaifier un agneau de moins d'un an, devaient manger des pains azim, manger cet agneau dans la nuit, le soir, et puis prendre du sang de l'agneau, le mettre sur le chambran des portes de leur maison, et quitter leur maison, partir avec leurs affaires, et dans cette nuit du passage, du grand passage de la grande libération. Évidemment, la mort du Christ sur la croix, c'est la Pâque, la véritable Pâque. C'est ce qu'on fait évidemment le jour de Pâques, à savoir que le Christ ne nous a pas délivré des Égyptiens, mais il nous a délivré du mal, du péché et de la mort, en nous ouvrant les portes, non pas de la terre sainte, mais du paradis pour l'éternité. Voilà pourquoi l'Eucharistie est appelée la Pâques, le renouvellement du repas pascal. du repas Pascal. dans lequel le Christ agneau pascal se donne lui-même en sacrifice, lui-même comme nourriture pour nous donner la force de parvenir jusqu'au ciel comme l'agneau pascal était mangé par les Hébreux pour avoir la force de quitter l'esclavage des Égyptiens et parvenir jusqu'à la terre promise. Voilà ce que le Christ finalement réalise puisqu'il mange cette dernière scène lors d'un repas pascal pour précisément manifester, montrer, prouver Merci. que ce qu'il va réaliser le lendemain dans le nom de lui-même n'est rien d'autre que l'accomplissement de ce qui était annoncé par cette figure de l'agneau pascal chez les anciens hébreux. La prochaine fois, nous continuerons en étudiant comment se réalise ce sacrement de l'Eucharistie. Mais comme toujours, prions l'Esprit Saint de nous éclairer pour mieux comprendre, mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. Venez, Esprit Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre Esprit Seigneur et il se fera une création nouvelle et vous renouvellerez la face de la terre. Prions. Ô Dieu qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations. Par Jésus-Christ notre Seigneur, ainsi soit-il. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous. Et que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Sourcum Corda.