Speaker #0Bienvenue dans l'émission Soursoum Korda. Le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique. L'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast vous est proposé chaque jeudi à 17h sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute le dimanche à midi. Soutenez-le, faites-le connaître autour de vous. Saison 2, épisode 3, la célébration liturgique. Dans les deux derniers épisodes, nous avons commencé à étudier le mystère pascal et la célébration du mystère pascal qui est le sens de ce qu'on appelle l'économie sacramentelle. Dans cet épisode et le suivant, nous allons aborder les questions de l'action liturgique, de la célébration liturgique. A partir donc de la question 233. de cet abrégé du catéchisme de l'Église catholique. Alors commençons sans plus tarder, parce que, comme vous pouvez l'imaginer, j'ai pas mal de choses à dire sur la question liturgique. Alors, qui agit dans la liturgie ? Dans la liturgie, c'est le Christ total, Christus totus, tête et corps, qui agit. En tant que souverain prêtre, il célèbre avec son corps qui est l'Église du ciel et de la terre. Voilà dit, une fois encore, après toutes les introductions des semaines passées, et surtout toute la grande méditation sur l'Église que nous avons étudiée à la fin de la première saison, à la fin de la première partie sur le dogme, sur la foi, le contenu de la foi, eh bien, la liturgie, c'est l'œuvre de l'Église, et l'Église au sens de la présence mystique de Dieu. Présence mystique du Christ dans le monde. C'est-à-dire que la liturgie, ce n'est pas d'abord l'œuvre des hommes. Ce n'est pas d'abord ce que réalise la communauté lorsqu'elle est réunie le dimanche à la messe. La liturgie, ce n'est pas d'abord l'expression des sentiments des hommes. La liturgie, ce n'est pas l'auto-célébration de la communauté, ou ce n'est pas l'expression... de la communauté ou des croyances de la communauté ou des ressentis de ceux qui sont réunis. Pas du tout, pas du tout. La liturgie, c'est d'abord le Christ total, c'est-à-dire tête et corps, c'est-à-dire le Christ et son corps mystique, qui rend un culte public, un culte officiel à Dieu. au Père, donc, dans l'éternité. Voilà, c'est l'Église qui est au ciel et sur la terre. Donc, l'Église triomphante comme l'Église militante, ici-bas. Donc, ça, c'est le Christ qui agit dans la liturgie. Il ne faut jamais l'oublier. Quand un prêtre célèbre la messe, dans le mariage, lorsque les mariés échangent leur consentement, c'est d'abord une action de l'Église et du Christ. Question suivante, qui célèbre la liturgie céleste ? Parce qu'on vient de parler de l'Église qui est au ciel, donc qui célèbre la liturgie céleste ? La liturgie céleste est célébrée par les anges, les saints de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliance, en particulier par la Mère de Dieu, les apôtres, les martyrs, et une multitude immense que nul ne peut dénombrer de toutes nations, races, peuples et langues. Ça c'est évidemment une citation de l'Apocalypse, chapitre 7, qui rend un culte à l'agneau, l'agneau innocent, immolé, qui est évidemment une figure du Christ, du Christ éternel. Quand nous célébrons dans les sacrements le mystère du salut, nous prenons part à cette liturgie éternelle. Voilà ce dont on devrait sûrement s'inspirer, ce qu'on devrait sûrement méditer davantage lorsque l'on célèbre les sacrements, lorsqu'on va se confesser, lorsque l'on assiste à la messe. Eh bien, il y a toute la cour céleste, tous les saints de l'Ancien Testament comme du Nouveau Testament qui sont présents et qui, bien mieux que nous, participent à cette liturgie. Il y a une très belle représentation d'ailleurs de Michel-Ange dans les... Non, pardon, dans les stances de Raphaël dans les palais pontificaux au Vatican, qui s'appelle la dispute du Saint-Sacrement. Et on voit que c'est autour du Saint-Sacrement, donc il y a l'ostansoire avec l'hostie, et sont représentées toute la cour céleste, les saints de l'Ancien Testament, du Nouveau Testament, la Sainte Vierge évidemment. et le Christ au milieu, les apôtres, les martyrs, etc. Donc pensons à cela la prochaine fois que vous irez à la messe, et moi la prochaine fois que je célébrerai, et bien pensons à la présence des anges, des saints qui nous accompagnent, qui nous ont précédés et qui portent nos paroles. Nous ne sommes que des participants à quelque chose de bien plus grand qui nous dépasse, parce que c'est l'œuvre divine réalisée dans le monde. Comment l'église de la terre célèbre-t-elle la liturgie ? Parce qu'effectivement l'église du ciel, ils se débrouillent. Mais l'église de la terre, comment célèbre-t-elle, comment célébrons-nous, nous l'église militante, comment célébrons-nous la liturgie ? L'église sur la terre célèbre la liturgie en tant que peuple sacerdotal, au sein duquel chacun agit selon sa fonction propre dans l'unité de l'Esprit-Saint. Les baptisés S'offrent en sacrifice spirituel, les ministres ordonnés, célèbres selon l'ordre qu'ils ont reçu, pour le service de tous les membres de l'Église. Évêques et prêtres agissent dans la personne du Christ-Tête. Alors voilà la différence, là encore on pourrait dire que c'est simplement une distinction un peu théorique du catéchisme, mais il y a là, il me semble, une grave question qui met en jeu beaucoup de problèmes. dans les liturgies de l'Église aujourd'hui. Parce que, en effet, chacun célèbre la liturgie selon sa fonction propre dans l'unité de l'Esprit-Saint. Dit autrement, les laïcs et les prêtres n'ont pas des rôles interchangeables. C'est même plus compliqué que ça, parce qu'il y a les laïcs baptisés, et puis ensuite il y a les prêtres, diacres, prêtres, évêques. évidemment le prêtre ne peut pas jouer le rôle de l'évêque, ce ne sont pas des rôles interchangeables. Et les laïcs n'ont pas à jouer le rôle du prêtre. La liturgie ne peut pas se dispenser du rôle du prêtre, au moins pour certains sacrements. Comme on le verra, il y a certains sacrements qui n'ont pas besoin du prêtre, par exemple le baptême ou le mariage, même si dans le mariage il faut que le prêtre soit présent, mais comme témoin officiel de l'église. ce n'est pas une condition de validité du mariage. Dans la messe, en revanche, ce qui est en jeu, c'est évidemment ici, la messe en particulier, bien sûr, les laïcs n'ont pas du tout à prendre la place du prêtre ou à vouloir, à revendiquer la même place que le prêtre. Les laïcs, comme baptisés, participent par l'offrande de leur sacrifice spirituel. C'est comme ça que les... que les laïcs participent. Et non pas en distribuant la communion, non pas en faisant les lectures, non pas en faisant ceci ou cela, en dirigeant les cérémonies, en voulant absolument, en revendiquant quelque chose. C'est quelque chose d'assez effrayant dans certains courants de l'Église aujourd'hui, où celui qui, enfin, des laïcs, en général des femmes d'ailleurs, prétendent prendre la place du prêtre. prétendent que ce serait un privilège qui serait réservé à certains et veulent absolument jouer le même rôle que le prêtre. Non, chacun a son rôle. Et la perfection, l'ordre chrétien veut que chacun joue le mieux possible sa partition et non pas que chacun essaye de revendiquer la partition de l'autre. Comme dans l'orchestre, si le triangle prétend... prétend jouer la partie du violon, ça ne va pas du tout donner la même chose. Alors, donc, très important, les baptisés s'offrent en sacrifice spirituel. Voilà comment les baptisés participent au culte de l'Église, à la liturgie, à la fois céleste et terrestre, en offrant... en s'offrant eux-mêmes en sacrifice spirituel. Donc c'est ça la participation. Donc le sacrifice spirituel, c'est évidemment le sacrifice de la prière, sous ses différentes formes. On reviendra dans la quatrième partie sur la prière en détail. Mais ce n'est pas d'abord en faisant ceci ou faisant cela. La participation des fidèles à la liturgie ne consiste pas à d'abord chanter ou d'abord à taper dans les mains, enfin encore moins, ou à faire des choses. Non, c'est pas... de parler de Gauche. Il n'y a pas besoin de faire quelque chose pour participer à la liturgie. La participation du fidèle, c'est d'abord sa prière intérieure et qui a évidemment toute sa valeur. Les ministres ordonnés, eux, célèbrent selon l'ordre qu'ils ont reçu pour le service de tous les membres de l'Église. Alors, comment célébrer ? Voilà la question suivante. On va prendre les quatre prochaines questions, cinq prochaines questions. Numéro 236, comment est célébrée la liturgie ? La célébration liturgique est composée de signes et de symboles, dont la signification, enracinée dans la création et dans les cultures humaines, se précise dans les événements de l'ancienne alliance et s'accomplit pleinement dans la personne et dans les œuvres du Christ. Comme on l'a dit la fois dernière, pour tous les sacrements, les sacrements sont institués par le Christ. Alors, qui a institué la liturgie ? Alors, c'est très intéressant parce qu'il n'y a pas vraiment de réponse à cette question. puisque précisément la liturgie est constituée de ces symboles, de ces signes, enracinés dans la création, dans les cultures humaines, précisés dans les événements de l'Ancienne Alliance et accomplis pleinement dans la personne et les œuvres du Christ. Donc c'est un ensemble de choses qui, d'après certaines théories, ont pu, au moins en partie, être établies par le Christ et ses apôtres. Le Christ, après sa résurrection, est resté pendant 50 jours au milieu de ses apôtres. Il est assez probable qu'il aurait... enseigner un certain nombre de choses. Alors évidemment, on n'a pas de preuves, on n'a pas de textes ni rien, mais on sait que les premières célébrations existent dès les premières communautés chrétiennes, puisque Saint Paul lui-même, donc Saint Paul qui est juste après le Christ, dans la fameuse Épitre aux Corinthiens, au chapitre 12 de l'Épitre aux Corinthiens, eh bien, reprend les chrétiens qui se tiennent mal pendant les... pendant les messes, en disant « vous confondez les repas où vous êtes là pour partager votre repas, et puis la célébration eucharistique qui est le repas du Seigneur, etc. » D'ailleurs, il est le premier, avant même la rédaction des évangiles, à rapporter les paroles de l'institution eucharistique. Ce qui est d'ailleurs une réponse aux protestants qui basent leur foi uniquement sur l'Écriture, puisque saint Paul témoigne que la foi en l'Eucharistie a précédé l'Écriture. Puisqu'on sait que les évangiles datent d'après cet épître aux Corinthiens. Je ferme la parenthèse. Alors, d'où proviennent les signes sacramentels ? Certains proviennent de la création, la lumière, l'eau, le feu, le pain, le vin, l'huile. Comme si tous les éléments de la création étaient réunis pour participer à cette œuvre divine. Dans le baptême en particulier, c'est très intéressant. Il y a de l'eau, évidemment, il y a la lumière, le feu, il y a de l'huile. Il y a le souffle, comme si tous les éléments s'unissaient pour symboliser l'action invisible de Dieu qui est réalisée par le sacrement. Donc certains proviennent de la création, d'autres proviennent de la vie sociale, comme laver, ouindre, rompre le pain. D'autres encore de l'histoire du salut dans l'ancienne alliance, par exemple les rites de la Pâque, les sacrifices, l'imposition des mains, les consécrations. De tels signes. dont certains sont prescrits et immuables, assumés par le Christ, sont porteurs de l'action du salut et de la sanctification. Ces signes sont porteurs de l'action du salut et de la sanctification. N'oublions pas cette définition que le sacrement signifie et réalise efficacement la grâce signifiée. Donc, lorsque l'on verse de l'eau sur la tête de l'enfant pendant le baptême, ça signifie le fait d'être lavé. corporellement, physiquement, mais évidemment ce n'est qu'un symbole d'une action réelle qui se passe dans l'âme, à savoir que l'âme est lavée du péché originel et nourrie, comme on se désaltère pour vivre, et bien l'eau du baptême symboliquement signifie la vie de la grâce qui vient envahir, qui vient inonder l'âme de l'enfant, de la personne qui est baptisée. Alors, les signes sacramentaux, on pourrait parler longuement de la liturgie, évidemment. On va en parler encore dans le prochain épisode. Mais dans la liturgie actuelle, alors je parle de la liturgie traditionnelle, telle que je la célèbre moi-même, étant membre d'une communauté dédiée à la forme traditionnelle de la liturgie. On me demande souvent, mais d'où vient tel geste liturgique ? Alors, qu'on étudie au séminaire ou... J'ai écrit un certain nombre d'articles sur la théologie en lien avec la liturgie. C'est très intéressant de voir qu'effectivement, un certain nombre de gestes liturgiques, on peut les dater. Par exemple, on sait que l'élévation de l'hostie et du calice date du Moyen-Âge, parce que ça a été institué comme une réponse aux querelles eucharistiques sur la présence réelle. mais la majorité des gestes en fait on n'a aucune idée de leur... source, et c'est ça qui est absolument impressionnant, c'est qu'on ne peut pas dire tel geste a été inventé à tel moment, tel geste a été introduit à tel moment. La majorité des gestes sont reproduits liturgiquement pour l'unique raison qu'ils nous ont été transmis de telle façon. Alors évidemment, il y a des écoles liturgiques, il y a l'école spirituelle qui va dire, qui va donner une signification spirituelle, par exemple. Si je prends un exemple tout simple, le manipule, c'est un morceau de tissu qui est accroché au bras gauche du prêtre, uniquement pendant la messe d'ailleurs, et bien toute une école spirituelle qui va expliquer que ça signifie les liens du Christ pendant sa passion, que ça signifie l'unité du prêtre avec le Christ dans sa passion pendant la messe. Ça, ça va être l'explication spirituelle. Il y a une autre école liturgique qui va être une école plus rationnelle ou rationaliste ou historique, qui dira, et les explications sont tout autant valables, je la trouve très belle d'ailleurs, que le manipule est un reste de la toge que portaient les sénateurs romains. et lorsqu'ils prenaient la parole et bien relever le bord de leur toge et la mettaient sur le bras, simplement pour ne pas marcher dessus, et en signe d'autorité de celui qui a la parole et donc qui réalise l'action sociale. Alors, bien sûr, les deux sont possibles, ils ne sont pas contradictoires, mais il y a certains autres qui disent, alors ça j'ai toujours trouvé que c'était une explication complètement absurde, qui disent, oui parce que dans l'Antiquité il faisait très chaud, Je vois pas pourquoi il faisait plus chaud qu'aujourd'hui, mais c'est pas grave. Il faisait très chaud, donc les prêtres suaient beaucoup. Et donc, ils s'essuyaient le visage avec un tissu. Et donc, pour que ce soit plus pratique, ils l'ont noué autour du bras. Alors, je vois pas le lien. Peut-être qu'on s'accrocherait à une serviette autour du bras gauche, surtout, pour s'essuyer le front. Et ensuite, au bout d'un certain temps, ils ont commencé à la décorer, à mettre des pierres précieuses, du fil d'or. Ce qui rend le fait de s'essuyer le front beaucoup plus... hasardeux et compliqués. Et alors ça, ce sont des explications à mon sens complètement absurdes, qui essayent de trouver des justifications pratiques ou alors quand on dit pourquoi est-ce qu'on utilise l'encens ? Ah parce que autrefois les gens sentaient mauvais, je crois pas que ce soit moins vrai aujourd'hui d'ailleurs. Et donc on mettait beaucoup d'encens pour enlever les odeurs. Ce sont des explications vraiment utilitaristes qui sont à mon avis indignes de la liturgie et d'une théologie de la liturgie. mais donc vous voyez le problème avec le manipule on peut continuer là dessus, c'est que au moment de la réforme de la nouvelle messe donc sous le pape Paul VI et bien des scientifiques, enfin des savants en liturgie sont réunis en disant bah en fait à quoi sert le manipule ? Alors les uns ont dit quelque chose, d'autres choses, et à la fin ils se sont dit bon en fait on sait pas à quoi ça sert, ah donc on a qu'à l'enlever et donc c'est comme ça que le manipule a disparu de la liturgie et qu'il n'est plus utilisé dans la nouvelle messe enfin la messe de Paul VI euh c'est Et alors, il me semble que c'est un dommage incroyable d'agir de cette façon. Et comme le dit le pape Benoît XVI lui-même dans différents ouvrages, en particulier dans un ouvrage que je vous recommande qui s'appelle « Ma vie » , tout simplement, où il est interrogé, il raconte sa vie. Et il dit explicitement, dans un autre ouvrage aussi qui s'appelle... Je ne me souviens plus, mais c'est un entretien sur la foi, tout simplement. De la même façon, il raconte, il dit, il explique, il dit, la faiblesse de la liturgie de Paul VI, c'est qu'en fait, ce sont des spécialistes qui se sont réunis dans une salle et qui se sont dit, comment est-ce qu'on pourrait rendre la liturgie plus expressive, plus symbolique, plus meilleure pour les gens d'aujourd'hui ? Évidemment, ça partait d'une bonne intention, mais en agissant comme ça, ils ont supprimé, par exemple, le manipule, comme je viens de dire. Ils ont ajouté telle ou telle chose. ils ont décidé par exemple que Le dimanche des Rameaux, c'était la royauté du Christ qui devait être symbolisée, donc maintenant on va le faire en rouge et non plus en violet. Je donne des exemples comme ça, mais il y a plein de choses comme ça qui ont été décidées. Et comme le dit le pape Bonincès lui-même, il dit que c'est une grande faiblesse de la liturgie nouvelle, c'est qu'en fait elle a été composée. Elle n'est pas le fruit d'une évolution organique, naturelle, lente et d'une transmission. d'une tradition tout simplement, mais elle est le fruit d'une décision un jour par un groupe. Et comme il le dit encore, à partir du moment où des spécialistes peuvent se réunir à Rome en disant comment est-ce que la liturgie pourrait être plus significative, désormais dans chaque paroisse, l'équipe d'animation paroissiale se sent le droit ou la possibilité de se réunir et dire tiens qu'est-ce qu'on pourrait faire pour rendre la liturgie plus amusante, plus distrayante, plus intéressante. avec les résultats que l'on sait aujourd'hui, parce que du coup ça devient une entreprise humaine de la communauté qui s'auto-célèbre. Et on perd, vous voyez, il y a un lien, ce n'est pas du détail, parce qu'en fait c'est cette tradition, le fait que les gestes liturgiques, la ritualité nous soit transmise de génération en génération jusqu'à se perdre dans la nuit des temps, c'est ce temps long et cette origine diffuse qui constitue la sacralité des gestes liturgiques. qui font que parce qu'on reproduit ces gestes, parce qu'ils ont toujours été faits ainsi, et bien c'est ça qui donne, c'est cette ritualité qui donne sa puissance et sa dimension sacrée, séparée, comme je disais la semaine dernière, à l'action liturgique. Et donc, on me racontait que cet été, parce qu'on dit, oui, il y a eu des abus liturgiques après le Concile Vatican II, mais c'est pas ça le problème. C'était un problème, évidemment. Mais pour la fête du 15 août, ici en Bretagne, un ami me dit, je suis allé à la messe, Et alors, le... Le prêtre a dit, écoutez, voilà, puisque c'est le 15 août, c'est la fête de la Sainte Vierge, pour le credo, au lieu de dire le « je crois en Dieu » , on va dire ce que la Sainte Vierge, comment elle aurait pu vivre sa foi aujourd'hui au milieu de nous. Donc c'était « je crois en Dieu le Père et Dieu la Femme » , des trucs complètement délirants, hallucinants. « Je crois en l'égalité de tous les hommes et de la fraternité universelle. » Le prêtre a inventé un credo, comme ça. Bon, c'est scandaleux, c'est scandaleux pour la foi des fidèles et c'est destructeur de l'action liturgique comme une célébration, non pas du prêtre qui se croit très original, mais comme une participation à ce culte que l'Église totale, le Christ tête et corps, rend à Dieu dans l'éternité. Alors, poursuivons, poursuivons. Quel lien existe-t-il entre les gestes et les paroles dans la célébration sacramentelle ? C'est vrai qu'on a parlé pour l'instant uniquement des gestes et des objets. Dans la célébration sacramentelle, gestes et paroles sont étroitement liés. En effet, même si les gestes symboliques sont déjà en eux-mêmes un langage, il est pourtant nécessaire que les paroles rituelles les accompagnent et les vivifient. Inséparables à la foi comme signe et enseignement, les paroles et les gestes liturgiques le sont aussi parce qu'ils réalisent ce qu'il signifie. Alors, il réalise ce qu'il signifie, c'est tout à fait la définition du sacrement, on l'a dit à plusieurs reprises, et effectivement, c'est-à-dire que le fait de verser de l'eau sur un nourrisson, ses parents le font tous les jours pour le laver, mais lorsqu'ils le font avec les paroles qui disent « je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » , eh bien ça change complètement le geste, puisque ça donne au geste visible sa signification invisible. spirituelle et son efficacité. Voilà pourquoi il est toujours indispensable que dans les sacrements, il y ait à la fois ce qu'on appelle la matière et la forme. Si je prends du pain et du vin, je n'ai pas... En soi, ce n'est pas l'eucharistie. C'est parce que le Christ, le prêtre au nom du Christ, en tant la personne du Christ dit, ceci est mon corps, ceci est mon sang, c'est cela qui constitue le sacrement comme sacrement. Évidemment, il faut l'intention de le faire. Il faut l'intention, il faut... la matière, la forme et l'intention. D'ailleurs, cette distinction philosophique entre matière, forme et l'intention vient de la philosophie, disons, aristotélicienne de ce qu'on appelle l'illémorphisme. la composition d'autres choses entre matière et forme. Et malheureusement, elle a été quasiment supprimée de la théologie. Alors, elle existe dans le Concile de Trente, mais j'avais fait un jour une enquête. Dans le catéchisme de l'Église catholique, il n'y a plus. Dans le Code de droit canon, il n'y a plus matière et forme. Et dans les textes des papes récents, il n'y a plus cette conception de matière et forme des sacrements. Sauf dans le cas de l'Eucharistie, où effectivement on parle de la matière, le pain et le vin qui sont la matière. Et dans la question de la forme sacramentelle du mariage, de la forme canonique, pardon, du mariage. Mais, parce que certains disaient, oui, c'est trop dépendant d'une conception philosophique qui est datée, etc. Mais c'est très important parce que, précisément, c'est l'union entre la matière, donc l'objet et, ou le geste, et les paroles qui constituent le sacrement comme tel. Enfin, dernier point, selon quels critères le chant et la musique ont-ils leur rôle dans la célébration liturgique ? Le chant et la musique sont en connexion étroite avec l'action liturgique. Ils doivent donc respecter les critères suivants, conformité à la doctrine catholique des textes, tirée de préférence de l'écriture et des sources liturgiques, beauté expressive de la prière, qualité de la musique, participation de l'assemblée, richesse culturelle du peuple de Dieu, caractère sacré et solennel de la célébration. Comme dit saint Augustin qui chante, prie de foi. Alors voilà, pour aller plus vite, il y a du chant sacré et du chant religieux et tout ce qui n'est pas... sacré et religieux n'a rien à faire dans une célébration liturgique. Les guitares, les tambours, les danses, etc. C'est très bien en dehors de la messe, vous faites bien ce que vous voulez. Le chrétien fait bien ce qu'il veut, mais la liturgie nécessite cette expression sacrée et solennelle et cette qualité de la musique liturgique. Nous reviendrons sur cette question la prochaine fois. Terminons, comme toujours, en priant le Saint-Esprit de nous éclairer. pour mieux comprendre, mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. Venez, Esprits saints, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre Esprit, Seigneur, il se fera une création nouvelle et vous renouvellerez la face de la terre. Prions ! Ô Dieu qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations, par Jésus-Christ notre Seigneur, ainsi soit-il. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous. Que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Soursoum Corda.