Speaker #0Bienvenue dans l'émission Sursum Corda. Le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose, à chaque épisode, de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique. L'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast est proposé chaque jeudi à 17h sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute, le dimanche à midi. Soutenez-le, faites-le connaître autour de vous. Saison 2, épisode 8, la confirmation. Alors, après avoir étudié le sacrement du baptême... Nous en arrivons au second des sacrements qu'on appelle sacrement de l'initiation, à savoir le sacrement de la confirmation. Question 265. Quelle est la place de la confirmation dans le dessein divin du salut ? Dans l'ancienne alliance, répond le catéchisme, c'est la question numéro 265, dans l'ancienne alliance, les prophètes ont annoncé le don de l'Esprit-Saint au Messie attendu et à tout le peuple messianique. Toute la vie et la mission du Christ se déroulent dans une totale communion avec l'Esprit-Saint. Les apôtres le reçoivent à la Pentecôte et annoncent les merveilles de Dieu dans les Actes chapitre 2. Par l'imposition des mains, ils transmettent au nouveau baptisé le don de l'Esprit lui-même. Tout au long des siècles, l'Église a continuellement vécu de l'Esprit et l'a transmis à ses fils. Alors nous avons ici un très bel exposé du don de l'esprit, de ce qu'est le don de l'esprit, ce à quoi ça correspond. Et il est assez intéressant de voir que finalement ici nous avons une réponse à certaines erreurs, certaines exagérations. qui ont pu apparaître dans certaines communautés charismatiques en particulier, dans les cinquante dernières années. Certains ont prétendu que nous étions désormais dans l'âge de l'esprit, qu'il fallait, par l'imposition des mains, retrouver un nouveau sens, un nouveau don de l'esprit. Alors qu'ici, finalement, le catéchisme nous montre assez simplement que le sacrement de confirmation, n'est rien d'autre que ce don de l'Esprit. Le Christ lui-même l'avait annoncé, « Je vous enverrai l'Esprit paraclé, qui vous fortifiera, qui vous donnera les dons, toute la théorie des dons du Saint-Esprit, qui sont annoncés déjà dans l'Ancien Testament par le prophète Isaïe. » C'est au chapitre 11. qui est une annonce du Christ, « Un rameau sortira de la souche de Gécée, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l'Esprit du Seigneur. » Celui qui est l'envoyé du Christ, de Dieu, pardon, celui qui est le Christ, le Messie, c'est celui sur lequel repose l'Esprit du Seigneur. Et il continue, c'est toujours le prophète Isaïe, « Esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de vaillance, esprit de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. » Voilà. Le... Les sept dons du Saint-Esprit font partie de la longue tradition de l'Église et il signifie que la troisième personne de la Sainte Trinité, le Saint-Esprit, d'une certaine façon, prend possession totale de celui qui vit, de cette vie divine que donne la grâce. Donc, évidemment, ce n'est pas une grâce supplémentaire, mais c'est un autre aspect de la grâce. C'est une communion plus... parfaite, plus totale avec le Saint-Esprit que le Christ lui-même évidemment possède. J'ai mentionné la dernière fois, il y a quelques épisodes, au moment du baptême du Christ, la manifestation de la Trinité avec la voix du Père et puis la colombe qui représente l'Esprit-Saint. Évidemment, cette plénitude du Saint-Esprit, c'est le Christ qui nous la donne par sa grâce. Mais Merci. Et au moment de la Pentecôte aussi, évidemment, lorsque des flammes de feu descendent sur les apôtres, on voit que c'est une manifestation supplémentaire de la plénitude de l'Esprit-Saint qui est donnée au Christ et à ceux qui vivent de la vie du Christ. Justement, je reprends ces termes de... du catéchisme que j'ai sous les yeux, toute la vie et la mission du Christ se déroule dans une totale communion avec l'Esprit-Saint. Il y a, comme on le verra, évidemment, lié à une vie d'union, d'intimité avec Dieu, la mission pour laquelle le chrétien est envoyé. Et le rôle du Saint-Esprit et des dons du Saint-Esprit se manifestent, se réalisent, plus particulièrement lors de cette mission et donc de la... de l'évangélisation, de l'apostolat auquel chaque chrétien adulte est appelé. Alors, c'est vrai que dans différents passages du Nouveau Testament, il y a ce rite de l'imposition des mains, comme il y avait aussi les rites de l'onction dans l'Ancien Testament. Et donc, les apôtres transmettent au nouveau baptisé le don de l'esprit, le don de l'esprit lui-même. Alors, comment est-ce que l'Église perpétue, continue cette... ce don de l'esprit qui existait déjà dans l'Ancien Testament et puis se réalise dans le Nouveau Testament ? Et bien précisément par la grâce du sacrement de confirmation. Le sacrement de confirmation, c'est ce sacrement qui rend adulte, c'est-à-dire qui donne la plénitude de la grâce, alors que le baptême, c'est la configuration au Christ, on l'avait mentionné pour terminer la fois dernière, Le chrétien est configuré, il est incorporé au Christ, il devient membre du Christ, du corps mystique du Christ, puisque c'est la même vie, c'est la vie de la grâce qui circule dans son âme. Et donc, il n'y a qu'un seul corps formé par tous les chrétiens, c'est évidemment l'Église, le corps mystique du Christ. Mais il participe aussi au sacerdoce du Christ. Et le sacrement de la confirmation, encore une fois, ne donne pas une autre grâce. Mais il donne la grâce divine sous un autre aspect. Chaque sacrement donne aux chrétiens un aspect particulier de la grâce du Christ, de la grâce divine que le Christ possède en plénitude. Alors, question suivante, pourquoi parle-t-on de la chrismation ou de la confirmation ? On dit chrismation, dans les églises orientales, on parle de chrismation avec le Saint Muron, qui veut dire Saint Crème. Parce que le rite essentiel en est l'onction. On l'appelle confirmation parce qu'elle confirme et renforce la grâce baptismale. Comme on le verra, le rite principal de la confirmation c'est la chrismation, c'est l'utilisation du saint crème. Le saint crème étant l'une des huiles qui a été bénie par l'évêque, qui est bénie par l'évêque partout dans le monde, lors de la semaine sainte. pendant la messe chrismale, où c'est la messe de l'évêque qui réunit son presbytérium autour de lui et qui bénit les saintes huiles qui vont servir. Traditionnellement, il y a trois huiles. L'huile des catéchumènes, l'huile des infirmes, l'huile des catéchumènes qui va servir pour les onctions du baptême, l'huile des infirmes qui sert pour le... sacrement de l'extrême onction, et le saint crème, qui sert pour la confirmation, pour évidemment aussi pour l'ordination sacerdotale. Donc la différence entre le saint crème et les autres étant que dans le saint crème on rajoute une sorte de parfum pour lui donner une onction différente et une odeur différente pour montrer sa dignité. Et donc on utilise le saint crème pour windre L'onction, c'est ouindre celui qui est choisi par Dieu, en tant qu'il reçoit cette grâce de la confirmation. L'onction, d'ailleurs, est une réalité que l'on trouve dans l'Ancien Testament, dans le Nouveau Testament, et qui est très symbolique. D'ailleurs, vous savez que le Christ est appelé le Christ, ça signifie celui qui a reçu la chrismation, justement, c'est-à-dire celui qui a reçu l'onction de l'huile. C'est pour ça que le Christ est appelé l'Oint, L'O-I-N-T, celui qui est oint, celui qui a reçu l'onction. Comme par exemple le roi David, lorsqu'il a été choisi, il est oint par le prophète qui en fait le premier roi d'Israël. Et ainsi les prophètes reçoivent cette onction aussi, qui annonce évidemment celui qui est l'Oint. L'unique ouin, en français ça rend un peu bizarre, parce que justement il est proche, mais celui qui est ouin, l'unique qui est ouin, au sens strict, c'est le Christ, qui est totalement revêtu de cette... totalement imprégné. Il baigne totalement dans la divinité puisqu'il est lui-même Dieu, comme vous le savez. Et on l'appelle confirmation, ce sacrement, parce qu'elle confirme et renforce la grâce baptismale. Alors quel est le rite essentiel de la confirmation ? Qu'est-ce qui fait qu'un être humain est confirmé ? Alors comme on vient de le dire, le rite essentiel de la confirmation est l'onction avec le saint crème, huile parfumée consacrée par l'évêque, je viens de l'expliquer. Il s'effectue. par l'imposition des mains par le ministre, qui prononce les paroles sacramentelles propres au sacrement. Alors là encore, vous voyez, vous avez la matière du sacrement et la forme sacramentelle. Donc la matière, c'est l'imposition des mains, et la forme, c'est les paroles sacramentelles propres au sacrement. En Occident, cette onction est faite sur le front des baptisés avec ces paroles « Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu » , alors que dans les églises orientales, de rite byzantin, l'onction est faite aussi sur d'autres parties du corps avec la formule « je te marque du don de l'Esprit-Saint » . Donc pour la validité, il faut qu'il y ait l'idée que la personne est marquée et qu'il y a un don reçu et que ce don c'est le don de l'Esprit-Saint. Ces éléments se trouvent en commun, il y a différentes traditions, la tradition orientale, les traditions latines, la tradition latine, mais quoi qu'il en soit... Quoi qu'il en soit, il faut cette formule, cette forme, avec, formellement, c'est l'imposition de la main qui constitue la matière du sacrement, avec évidemment, comme dans le cas du baptême, il faut l'intention de faire ce que fait l'Église. Voilà le rite particulier de la confirmation. Ensuite, il y a d'autres rites, j'avais évoqué ça, il y a quelques épisodes, quand on avait parlé des sacrements en généraux, des sacrements d'initiation, en disant que, lors de la confirmation, il y a évidemment la baffe épiscopale, ce signe d'envoi et de... de résistance, puisque désormais celui qui est confirmé dans la foi est prêt à affronter les épreuves. Et donc il prend une baffe. Je ne me souviens plus quel est le terme utilisé en latin dans le rituel pour dire que l'évêque donne une baffe. Alors ce rite est un sacramental, c'est quelque chose qui accompagne, qui développe, qui signifie davantage ce qu'est le sacrement. Mais formellement, ce qui constitue, ce qui fait le sacrement de la confirmation, c'est l'onction, c'est l'imposition de la main. Et dans le rite latin, on fait une croix, on oint avec du saint crème, mais c'est pour ça qu'il faut que l'évêque pose la main sur le front du baptisé. Alors, quel est l'effet de la confirmation ? Question 268. L'effet de la confirmation est l'effusion particulière de l'Esprit-Saint, comme à la Pentecôte. Cette effusion imprime dans l'âme un caractère indélébile et elle augmente la grâce baptismale. Elle enracine plus profondément la filiation divine. Elle unit plus fermement au Christ et à son Église. Elle renforce dans l'âme les dons de l'Esprit-Saint et elle confère une force particulière pour... pour témoigner de la foi chrétienne. Voilà ce que tout confirmé devrait méditer. Donc qu'est-ce que c'est que cette effusion particulière du Saint-Esprit ? Comme à la Pentecôte, elle imprime elle aussi un caractère indélébile dans l'âme. Il y a trois sacrements à caractère. Le baptême, nous l'avons dit, qui imprime un caractère indélébile dans l'âme. La confirmation et enfin l'ordination sacerdotale. Lorsqu'on est fait prêtre, alors il y a différentes... différents degrés de l'ordiation. Il y a trois degrés d'un seul sacrement, le diakona, le sacerdoce et l'épiscopat. Mais c'est un seul sacrement. Et ce caractère sacramentel est marqué dans l'âme pour toujours. C'est pour ça que, même si quelqu'un, par exemple, on en reparlera peut-être lorsqu'on étudiera le sacrement du sacerdoce, mais c'est la raison pour laquelle même si quelqu'un a abandonné le sacerdoce, il reste toujours prêtre et par exemple il reçoit les onctions du Saint-Crème au moment de l'extrême onction, il ne les reçoit pas dans la paume des mains, comme tous les autres baptisés mais il les reçoit à l'extérieur à l'extérieur des mains sur le dos de la main Puisqu'il a déjà reçu le caractère sacerdotal par l'onction de ses paumes. Et donc, c'est indélébile, c'est invisible, mais lorsqu'on est marqué du baptême, de la confirmation ou du sacerdoce, eh bien, c'est pour toujours. Alors, on me dira, et le mariage, est-ce que ce n'est pas un caractère aussi qui imprime l'âme, qui marque l'âme ? Alors, c'est un peu différent parce que le mariage, comme vous le savez, si l'un des deux beurre, Eh bien... on peut se marier celui qui est veuf peut se marier avec quelqu'un d'autre donc il faudrait que ce soit quelque chose qui marque l'âme et qui puisse avoir différents liens et ensuite le sacrement est entre les deux enfin entre les deux, il relie une personne avec l'autre donc il marque les deux âmes ensemble, il relie les deux âmes ensemble donc ce n'est pas un caractère au sens strict mais les théologiens appellent ça un quasi-caractère voilà, c'est un terme un peu fourre-tout pour pouvoir dire qu'il y a quelque chose qui est marqué dans l'âme Mais c'est quelque chose qui est de l'ordre de la relation et non pas quelque chose de l'ordre de la qualité ou de l'identité de l'âme, de celui qui le reçoit. Alors, la grâce sacramentelle de la confirmation enracine plus profondément la filiation divine. Elle unit plus fermement au Christ et à son Église. Elle renforce dans l'âme les dons du Saint-Esprit et elle confère une force particulière pour témoigner de la foi chrétienne. Voilà qu'elle est, et j'aimerais, je reviendrai là-dessus parce que j'aimerais conclure là-dessus. La force particulière de la confirmation, l'effet particulier de la confirmation, c'est la force de témoigner et de partir en mission. D'être envoyé en mission, on n'a pas besoin de partir à l'autre bout du monde, on peut être missionnaire dans sa propre famille évidemment. Et c'est cette force particulière qui est donnée à la confirmation et d'où l'importance de comprendre le sens de ce sacrement. Question suivante, je termine, avant de revenir là-dessus, je termine les deux dernières questions sur le sacrement de confirmation. Qui peut recevoir le sacrement ? Toute personne qui a déjà été baptisée peut et doit le recevoir, et cela une seule fois. Pour le recevoir efficacement, le baptisé doit être en état de grâce. Alors, là aussi, il y a différentes traditions. Par exemple, dans les traditions orientales, tout à fait catholiques, ainsi que chez les orthodoxes, puisqu'ils sont issus des mêmes traditions orientales, et bien la tradition c'est que l'enfant est confirmé, l'enfant au moment de son baptême est confirmé aussi. D'ailleurs, il reçoit les trois sacrements de l'initiation, puisque les enfants dans, je crois, dans tous les rites orientaux, alors peut-être qu'un spécialiste me dirait que il y a quelques exceptions, mais en général dans les rites orientaux, l'enfant, lorsqu'il est baptisé, donc reçoit le baptême, et puis immédiatement après la confirmation, immédiatement après, un petit morceau d'hostie symbolique pour signifier la communion eucharistique. Alors ce sont des traditions évidemment tout à fait louables et très belles pour ceux qui dépendent de ces traditions orientales, qu'il faut tout à fait conserver et dont il faut, j'invite tous ceux qui sont libanais, syriens, irakiens, etc. ou d'Europe de l'Est, qui pourraient m'écouter, je les invite à connaître leurs rites, à les développer, à savoir les... elle est préservée, c'est-à-dire qu'elle va vraiment être attachée à ses rites. à ne laisser personne les perdre ou les oublier ou les transformer. Alors voilà, tout le monde peut, toute personne qui a déjà été baptisée peut recevoir le sacrement une seule fois. Ah oui, tiens, petit détail théologique, pour recevoir efficacement le sacrement de confirmation, le baptisé doit être en état de grâce. Alors ça c'est une question, que se passe-t-il si quelqu'un reçoit le sacrement de confirmation alors qu'il n'est pas en état de grâce ? Alors... Et bien là, c'est un cas particulier, c'est-à-dire qu'il va recevoir le sacrement qui est valide. Donc son âme va être marquée, le caractère de la confirmation va être imprimé, va marquer son âme. Mais il ne va pas recevoir la grâce sanctifiante propre au sacrement de confirmation. Alors on dit, c'est trop tard, qu'est-ce qui se passe ? Comment il fait pour recevoir cette grâce ? Et bien tout simplement, lorsqu'il va aller se confesser, qu'il va retrouver l'état de grâce. Alors la grâce propre au sacrement, qui avait été comme empêchée. par le ténèbre du péché ou par le fait qu'il s'était converti, s'était tourné dans la direction opposée à Dieu, et bien lorsqu'il retourne vers Dieu, lorsqu'il se convertit, lorsqu'il reçoit la grâce du sacrement de pénitence, et bien à ce moment-là, il reçoit efficacement les grâces du sacrement de la confirmation. C'est un peu avec retard, disons, il reçoit les grâces liées au sacrement. Enfin... Qui est le ministre de la Confirmation ? A l'origine, le ministre en est l'évêque. Ainsi est manifesté le lien du confirmé avec l'Église dans sa dimension apostolique. Et de fait, traditionnellement, les évêques dans les diocèses, en Italie c'est toujours la même chose, dans beaucoup de diocèses du monde, c'est l'évêque qui fait le tour de toutes les paroisses pour aller donner le sacrement de la confirmation. Alors quand c'est le prêtre qui confère ce sacrement, comme cela est habituellement le cas en Orient et dans des circonstances particulières en Occident, le lien avec l'évêque et avec l'église est manifesté par le prêtre, collaborateur de l'évêque, et par le saint Crème consacré par l'évêque lui-même. Donc, effectivement, quand il y a certaines circonstances, peut-être de temps ou d'efficacité, en Occident, où des prêtres peuvent être délégués par l'évêque, tout prêtre a besoin de la délégation de l'évêque pour pouvoir confirmer. Et de façon habituelle, en Orient, c'est toujours, même si c'est le prêtre qui donne la confirmation en Orient, puisque j'ai dit que c'était lié avec le baptême, c'est en tant que collaborateur de l'évêque, en tant que... Et il utilise le saint crème consacré par l'évêque lui-même. Alors, pour revenir à cette question de la mission, justement, cette mission est tout à fait liée avec l'envoi par l'évêque, parce que l'apôtre, le successeur des apôtres, c'est l'évêque. Et ce sont les apôtres qui, aussi bien dans les textes des actes des apôtres que dans les premières générations de chrétiens, Eh bien, c'est évidemment les apôtres, les évêques qui envoient les prêtres en mission, puisque le prêtre ne fait que... D'ailleurs, le sacerdoce, on y reviendra aussi, j'ai dit qu'il y avait trois degrés du sacerdoce, parce que le diakona ou le sacerdoce ne sont que des participations à la plénitude du sacerdoce qu'est l'épiscopat. Et donc, c'est à l'évêque d'envoyer en mission tous les chrétiens, tous les baptisés, par le sacrement de confirmation. Alors, il y a un phénomène... Peut-être que vous vous posez la question en m'entendant, en m'écoutant. En France, il y a la profession de foi. Alors, la profession de foi, les gens disent, ils disent en général, j'ai fait mes deux communions, donc la communion privée et la communion solennelle. Et la communion solennelle se fait en même temps que la profession de foi, on dit ces deux noms pour la même chose. Alors, peut-être que ça va vous étonner, mais la profession de foi et la communion solennelle est une invention franco-française qui date... Alors, je n'ai pas fait d'études historiques sur la question, mais qui doit dater du XXe siècle. En tout cas, c'est sûr, peut-être même des années 50. En Italie, par exemple, il n'y a absolument pas de communion solennelle ou de provision de foi. Pourquoi ? Parce que la communion solennelle ou la provision de foi ne sont pas un sacrement particulier. C'est une invention qui a été ajoutée dans une optique plutôt psychologique ou psychologisante, en disant, puisque on a donné le sacrement du baptême, à l'enfant quand il était petit, il faut, à un moment, quand il devient adulte, quand il devient adolescent, on va lui refaire une forme de profession de foi. Profession de foi, c'est, si vous vous souvenez, ceux qui ont fait leur profession de foi, ils ont renouvelé les promesses de leur baptême, et ça se fait dans le baptistère en général, et puis on met la main sur l'évangile, on dit « je crois » , etc. Et on refait les prières du baptême, dont j'avais expliqué la fois dernière, que... Et précisément, c'est le rôle du parrain et de la marraine de répondre au nom de l'enfant. Et donc, dans cette optique psychologisante, certains ont dit, puisque l'enfant n'avait pas vraiment eu le choix, puisqu'on avait répondu à sa place, et bien à un moment, il faut qu'il décide par lui-même et qu'il renouvelle ses promesses du baptême. Alors, pourquoi je dis d'une optique psychologisante avec un peu de... non pas de mépris évidemment, mais un peu de distance peut-être, c'est parce que finalement, alors ça part sans doute d'une très bonne intention, et c'est une belle chose, et moi-même j'ai fait ça évidemment quand j'étais adolescent, et je l'ai fait faire en paroisse pendant des années, mais vous voyez la mentalité, et la mentalité c'est que finalement, ça pourrait aboutir à l'idée que le sacrement finalement, quand il a été donné à l'enfant petit, n'aurait pas très bien fonctionné, n'aurait pas suffisamment fonctionné, et il aurait besoin d'une confirmation par la volonté de l'enfant. Or, comme on l'a dit à plusieurs reprises, les sacrements précisément donnent la grâce ex opere operato, donc par la formule même, par ce qui est réalisé, automatiquement, pas de façon magique, je l'ai expliqué dans le cas du baptême, parce qu'il faut l'intention, mais automatiquement le sacrement, s'il y a matière, forme et intention, le sacrement fonctionne et donne la grâce. qui est lié au sacrement. Donc, et puis de la même façon pour la communion, on a inventé cette idée de communion solennelle, en disant, finalement, l'enfant qui a fait sa première communion, qu'il avait 7 ans ou 6-7 ans, donc on avait attendu qu'il ait l'âge de raison, mais est-ce qu'il savait vraiment ce qu'il faisait ? Donc on va recommencer quand il a 12-13 ou 14 ans, pour que ce soit vraiment une démarche personnelle, et que maintenant ce soit la foi assumée, comme si le fait d'assumer la foi donnait quelque chose de plus. alors Alors la tendance liée à cela, ça a été de repousser de plus en plus la communion solennelle et cette profession de foi, parce qu'on s'est rendu compte un peu dramatiquement que les enfants, après avoir fait leur communion solennelle, ne mettaient plus les pieds à l'église. C'est bon, j'ai fait mes deux communions, c'est passé. Et je pense que malheureusement c'est une conséquence un peu de cette mentalité psychologisante qui oublie la réalité, l'efficacité du sacrement. et donc il y a une situation qui est très française, dans laquelle on va faire la confirmation après la communion solennelle. Alors qu'il me semble qu'il faudrait que ce soit les adolescents, lorsqu'ils entrent dans les combats de la vie, les combats intérieurs, les combats spirituels, les combats contre soi-même, contre le monde, pour affirmer leur foi chrétienne, il faudrait avancer l'âge de la confirmation, et la faire vers 12-13 ans, peut-être avant. pour que les enfants prennent effectivement, reçoivent cette grâce de Dieu, non pas qu'ils prennent la décision, mais plutôt qu'ils reçoivent les forces de la grâce pour partir en mission, pour assumer leur foi et pour être d'heureux et fiers chrétiens dans le monde. Alors, comme toujours, prions le Saint-Esprit, dont nous avons beaucoup parlé aujourd'hui, pour qu'il nous éclaire et pour que nous comprenions mieux, nous intégrions mieux dans notre vie cet enseignement de l'Église. Venez Esprit-Saint ! « Remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, il se fera une création nouvelle et vous renouvellerez la face de la terre. » Prions. Ô Dieu qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par les lumières du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations, par Jésus-Christ notre Seigneur, ainsi soit-il. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Et surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous. Et que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Sourcum Corda.