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Bienvenue dans l'émission Sursum Corda, le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique, l'occasion de déclarer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast est proposé chaque jeudi à 17h30 sur Radio Courtoisie. Puis il est disponible, comme vous le savez, sur toutes les plateformes d'écoute, le dimanche à midi. Soutenez-le, diffusez-le, faites-le connaître autour de vous. Épisode 30. La hiérarchie ecclésiastique. Alors, ceux qui ont suivi bien consciencieusement les épisodes précédents savent que le pape Benoît XVI, dans cet abrégé du catéchisme de l'Église catholique, insiste longuement sur l'Église et sur son église. surtout sur l'Église comme mystère, sur le mystère de l'Église. On l'a vu, l'Église comme réalité qui existe déjà dans l'esprit divin de toute éternité, comme le corps mystique du Christ, comme assemblée des fidèles, comme ensemble de la circulation de la grâce, comme présence du Christ dans le monde. Donc ce mystère de l'Église est tout à fait central et il regroupe en quelque sorte en lui tous les mystères de la foi. Alors après ces développements qui nous ont pris un certain nombre d'épisodes,
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ces développements mystiques,
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spirituels, on peut dire qu'ici nous arrivons à des réflexions plus pragmatiques peut-être sur les membres de l'Église, à savoir les fidèles, les laïcs et la hiérarchie qui structure la société qu'est l'Église. Alors la question
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Qui sont les fidèles ? Les fidèles sont ceux qui, incorporés au Christ par le baptême, sont établis membres du peuple de Dieu. Rendus participants, selon leurs conditions propres, aux fonctions sacerdotales, prophétiques et royales du Christ, ils sont appelés à exercer la mission confiée par Dieu à l'Église. Entre eux demeure une véritable égalité. en raison de leur dignité de fils de Dieu. Donc voilà le premier point. Les fidèles membres de l'Église sont établis membres du peuple de Dieu par leur baptême et non par cette triple fonction. Nous en avions déjà parlé, on la trouve dans la première épître de Saint-Pierre, cette fonction sacerdotale, prophétique et royale à laquelle tous les fidèles, par leur baptême, participent. Évidemment, le grand prêtre... Le grand prophète, le roi, c'est le Christ, il n'y en a qu'un seul. Il n'y a finalement qu'un seul prophète, celui qui nous révèle totalement le Christ. Il n'y a qu'un seul prêtre, celui qui se sacrifie lui-même au nom de tous les hommes envers son Père. Et il n'y a qu'un seul roi, le Christ roi, celui qui a acquis par sa passion, par sa mort et par sa résurrection les mérites de roi de l'univers. Donc le Christ seul est pleinement prêtre, pleinement prophète, pleinement roi, mais tous les baptisés participent à cette tri... fonctions sacerdotales, prophétiques et royales du Christ. Et ils sont appelés, alors il est bien dit, selon leurs conditions propres, on verra qu'il y a différentes conditions évidemment, et ils sont appelés à exercer la mission confiée par Dieu à l'Église. Donc ceux qui réalisent la mission de l'Église dans le monde, ce sont les baptisés. On l'a vu la dernière fois, cette profondeur du mystère de l'Église dans laquelle les chrétiens, par leur baptême, sont appelés à participer à l'œuvre de salut que le Christ est venu réaliser dans le monde. Alors, j'insiste sur cette dernière phrase, entre eux demeure une véritable égalité en raison de leur dignité de fils de Dieu. J'aimerais, disons, commenter avec deux aspects. Premièrement, le prêtre, on le verra tout à l'heure, celui qui est prêtre, ou qui est encore plus évêque, évidemment, ou celui qui est engagé dans la vie religieuse, a une mission distincte. Et il y a une hiérarchie dans l'Église. donc au niveau de la hiérarchie va être au-dessus du simple fidèle. Mais néanmoins, et c'est très important, en tant que fils de Dieu, un prêtre n'est pas meilleur qu'un laïc. Vous savez, de la même façon qu'entre les hommes et les femmes, il y a une égalité de nature, mais néanmoins, dans le cadre de la famille, entre le mari et la femme, il y a une hiérarchie, parce que quand il y en a deux, il faut bien qu'il y ait un chef, sinon il n'y a pas d'ordre, il n'y a pas de société. De la même façon, dans l'Église, il y a des prêtres qui sont... hiérarchiquement supérieurs, mais évidemment cela ne les rend pas meilleurs en eux-mêmes. Alors pourquoi j'insiste là-dessus ? Parce que je pense qu'il y a une grande confusion qui malheureusement peut aboutir à un certain nombre d'abus et un certain nombre d'incompréhensions. Le prêtre, je le dis avec le plus d'honnêteté possible, le prêtre n'est pas meilleur chrétien que les autres. Et ça, j'invite les fidèles vraiment à en être persuadés. Évidemment, le prêtre a une autre mission et il faut respecter cette mission, cette charge et il faut considérer le prêtre de façon distincte. Mais il ne faut pas croire que le prêtre soit meilleur. Les prêtres sont pécheurs comme les autres, peut-être plus que les autres en raison du poids de leur charge et en raison des attaques du démon. Mais les prêtres ne sont pas meilleurs. Donc il ne faut pas se scandaliser que les prêtres commettent des péchés. Il faut être bien conscient que les prêtres commettent aussi des péchés. Et d'ailleurs, je dis ça entre parenthèses, souvent les gens me disent, oui, j'ose pas aller me confesser, j'ai peur du jugement du prêtre. Je leur dis, écoutez, quand vous allez vous confesser, pensez que le prêtre lui aussi est un pécheur, que non seulement il entend un tas de péchés de plein de gens, mais lui aussi commet des péchés. Donc vous savez, le prêtre, à part moi, tombe sur C'est sûr, il y a quelqu'un de déséquilibré, mais le prêtre, en fait, il juge. Le prêtre dans le confessionnal ne fait pas le malin, parce qu'il sait très bien que lui aussi, il tombe dans les mêmes péchés que les autres. Alors, vous me direz, non, mais non, nos prêtres sont saints, nos prêtres ne font pas les mêmes péchés. Ne vous faites pas d'illusions. Évidemment, ils ont une plus grande responsabilité. Mais de la même façon qu'un père de famille a une plus grande responsabilité de sainteté que ses enfants. Quand on est enfant, on croit que son père est parfait. Voilà, quand on grandit, quand on devient adulte, quand on devient adolescent, on se rend compte qu'en fait, son père n'est pas du tout parfait et qu'il a commis peut-être des choses graves, des péchés. Et donc, peut-être que le regard change, mais ça nous apprend la miséricorde. Donc, je vous en prie, je vous en supplie, regardez vos prêtres comme des pécheurs. Ne vous faites aucune illusion. Le seul qui ne pêche pas, c'est le Christ. le seul qui mérite notre... attachement total et parce qu'il est il est Mais exempt de tout péché, c'est le Christ. Ou la Sainte Vierge, évidemment. Qui est la Vierge Marie, qui est exempt de tout péché. Mais les prêtres ne sont pas meilleurs que les autres. Il y a des prêtres qui sont colériques, il y a des prêtres qui sont gourmands, il y a des prêtres qui sont menteurs, voleurs. Je pourrais vous en raconter un tas, j'en connais bien plus que vous, sur les prêtres. Si vous voulez des exemples de tous les défauts des prêtres, je peux vous les donner, je ne vous donnerai pas de nom. Rassurez-vous. ni de lieu pour pas... Voilà, parce que chaque prêtre a le droit aussi à ça. À la bienveillance et à la discrétion. Mais, voilà, c'est un fait. Et j'insiste là-dessus parce que... Oui, parce que, quel est le danger en fait ? C'est que, si on pense que le prêtre est parfait, alors, soit on se fait des illusions et on voit le prêtre comme un espèce de gourou et on confond le prêtre avec le Christ, et au lieu de suivre le Christ, on se met à suivre le prêtre. et c'est la porte ouverte à un tas d'abus spirituels ou pires, soit dans un autre sens, si on s'est des illusions sur le prêtre, le jour où on se rend compte qu'en fait, parfois il se lève le matin, il est de mauvaise humeur, parfois il est orgueilleux, jaloux ou paresseux. Et à un moment on va se dire, en fait je me suis trompé, l'église c'est pas ça, et ça va entraîner des doutes sur la foi elle-même, sur la religion elle-même. Donc partez du principe que les prêtres sont des pécheurs. Je vous cite pour justifier ma... En plus, je critique les prêtres d'autant plus volontiers que je suis moi-même prêtre, je l'assume complètement. Et quand je parle des prêtres, je ne parle pas des autres, je parle de tous les prêtres. Et j'en veux pour preuve, je vais vous raconter une petite anecdote que vous pourrez vous-même vérifier peut-être. à San Gimignano, qui est une ville médiévale qui est à côté de Florence, qui est en Toscane. C'est une ville très célèbre parce qu'elle est entourée de murailles sur une petite colline, et puis elle a, je ne sais plus combien de tours qui sont très élevés, je crois qu'il y avait une trentaine de tours dans la ville, et puis il en reste une dizaine.
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Eh bien,
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au sommet de cette ville médiévale, il y a la cathédrale de San Gimignano. J'ai ce souvenir, alors je vous parle de souvenirs de quand j'étais beaucoup plus jeune, mais quand vous rentrez dans la cathédrale, si vous ressortez, en fait, et que vous regardez le portail qui mène vers l'extérieur, il y a une grande fresque médiévale, peinte sur la façade, mais côté interne de l'église, qui représente le jugement dernier. Et donc le paradis, Dieu qui tient la balance, ou un ange peut-être, qui est un animaux. Donc il y a le paradis, le purgatoire et l'enfer. Et je me souviens que cette fresque m'avait beaucoup marqué, parce qu'en enfer, il n'y a que des prêtres et des religieux. Et des religieuses aussi, c'est pas réservé aux hommes. Il y a des évêques, même un pape, mais il n'y a que des religieux. Et alors, je me souviens que j'avais regardé ça, et je me disais, mais c'est quand même bizarre. Alors effectivement, c'est une ville... C'était peut-être l'église d'un monastère au départ, où ça s'est adressé évidemment aux clergés. Mais je pense que c'était pour signifier au peuple chrétien qu'en fait, ce n'est pas parce qu'on est prêtre ou évêque ou pape qu'on est exempt du péché et que du coup, on aurait une autorité spirituelle, morale, absolue. Non, le rôle des prêtres, c'est de prêcher la vérité, de dire la vérité. Et vous savez, évidemment, il y a cette phrase célèbre qui dit « Il était comme un lion en chair » Non, c'est pas ça. Quand je l'ai vu en chair, j'ai eu peur, mais quand je l'ai vu à table, j'ai été rassuré. Quelque chose comme ça. C'est une expression finalement pour dire que le prêtre fait des grands discours, mais en fait, dans sa vie, il n'est pas à la hauteur des discours. Mais j'allais dire, c'est d'autant plus... C'est ça la grande difficulté du prêtre. C'est d'autant plus méritoire de la part du prêtre. Bien sûr, évidemment, il doit essayer d'être meilleur, d'être plus parfait, de montrer l'exemple. Évidemment, encore une fois, parce qu'il a plus de responsabilités, comme un père de famille doit montrer l'exemple à ses enfants. Mais le fait d'être prêtre ne donne pas, ne confère pas une plus grande sainteté. Non, pas du tout. Ça, c'était le premier point. Le deuxième point,
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c'est,
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je reviens maintenant au niveau de tous les fidèles, il y a un passage d'un livre du pape Benoît XVI, alors c'est écrit avant qu'il ne soit pape, qui s'appelle « Ma vie » . Il raconte sa vie, c'est le cardinal Ratzinger, quand il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il raconte la vie et surtout son enfance en Bavière. Il a cette réflexion très intéressante qui m'avait beaucoup marqué, où il dit, dans la vie c'est normal qu'il y ait une société, qu'il y ait une hiérarchie, il y a ceux qui sont riches, ceux qui sont pauvres, ceux qui sont puissants, ceux qui sont faibles, ceux qui ont des responsabilités, ceux qui n'ont pas de responsabilités. Il disait, la paroisse, la messe du dimanche, finalement, et surtout le confessionnal, c'est le seul endroit dans la vie... humaine, où tout le monde est à égalité. Et il fait cette réflexion que, et je me suis dit, moi-même, je suis fait cette même réflexion. Quand vous, ceux qui sont des pratiquants, ceux qui vont se confesser régulièrement, le savent très bien, quand vous faites la queue pour aller vous confesser, eh bien, vous êtes à côté d'une personne âgée, à côté d'un enfant, à côté de gens qui ont des responsabilités, qui ont de l'argent, qui ont ceci, qui ont cela. Mais devant Dieu et dans la file du confessionnal, nous sommes tous absolument égaux. justement, le cardinal Ratzinger fait cette réflexion, que je trouve vraiment très profonde, où il dit finalement, l'église c'est le seul endroit où nous sommes vraiment tous égaux. Parce que dans la vie, il y a sans arrêt un rapport de hiérarchie, sans arrêt un rapport de pouvoir qui s'instaure, de respect ou de crainte, etc. Mais le seul endroit où le roi, comme le serviteur, le chef d'entreprises comme l'ouvrier vous voyez, sont exactement au même niveau, c'est dans la file du confessionnal et quand ils vont se mettre à genoux devant Dieu pour demander pardon de leur péché. Et je pense que c'est peut-être l'un des éléments qui a le plus fondamentalement façonné la société chrétienne. La société chrétienne, c'est-à-dire une société dans laquelle, évidemment, on respecte les hiérarchies, et on n'est pas des révolutionnaires, on n'est pas des marxistes qui voulons détruire toutes les hiérarchies possibles, on respecte les hiérarchies, parce qu'on sait qu'au fond, « Celui qui a du pouvoir, non seulement il n'est pas meilleur que moi, mais il a plus de responsabilités. » Et je pense que c'est ça, finalement, peut-être le ciment de la société chrétienne. Et je veux parler de la hiérarchie dans la famille. La femme qui respecte l'autorité de son mari, évidemment elle ne pense pas que son mari est meilleur. Peut-être même qu'elle sait les misères de son mari, elle le sait bien plus que les autres. et donc et quand le mari va se mettre à genoux devant le confessionnal parce qu'il est important que les pères de famille aussi et les mères de famille aillent se confesser et bien tout le monde est égal devant Dieu et même celui qui avait plus de responsabilités il lui se demandait de rendre compte davantage de ce qu'il lui avait dit lui avait été donné. Donc vous voyez cette idée de l'égalité, de l'égale dignité de tous les chrétiens devant Dieu. Je vous invite à réfléchir à cela. N'hésitez pas à commenter, à m'envoyer des commentaires, d'une façon ou d'une autre. Mais j'avais beaucoup apprécié cette réflexion du cardinal Ratzinger. Alors, avançons, parce qu'on a parlé de l'égalité de chacun devant Dieu, mais le thème de notre épisode, c'est précisément la hiérarchie. Alors, question suivante, comment le peuple de Dieu est-il composé ? Dans l'Église, par institution divine, il y a les ministres sacrés qui ont reçu le sacrement de l'ordre et qui forment la hiérarchie de l'Église. Les autres sont appelés laïcs. Des uns et des autres sont issus des fidèles. qui se consacrent à Dieu de façon particulière par la profession des conseils évangéliques, la chasteté dans le célibat, la pauvreté et l'obéissance. Alors, pour ceux qui sont un peu nouveaux ici, il y a la réponse à beaucoup de questions qu'on me pose. Donc voilà, dans l'Église, d'institution divine, ça c'est pas du tout un choix, c'est pour ça qu'on ne peut pas changer les règles. C'est le Christ qui les insiste, Dieu, comme ça. Il y a, parmi les membres de l'Église, dans le peuple de Dieu, il y a des ministres sacrés. C'est-à-dire certains qui ont reçu un sacrement particulier, le sacrement de l'ordre, et qui forment la hiérarchie de l'Église. Et tous ces membres, tous ces ministres sacrés, toute cette hiérarchie de l'Église sont des hommes, par institution divine. C'est le Christ qui l'a voulu comme ça, c'est le Christ qui a choisi ses apôtres, qui les a faits prêtres, évêques, et qui leur a dit de transmettre ces ministères sacrés. Là encore, ça ne veut pas du tout dire que les femmes seraient inférieures, les femmes sont différentes, c'est sûr, et il y a des femmes qui ont une responsabilité, qui ont des rôles tout à fait particuliers, tout à fait essentiels même dans l'évangile, en particulier la Sainte Vierge, Sainte Marie Madeleine, les saintes femmes qui sont présentes au pied de la croix, etc. les femmes qui pleurent sur Jérusalem il y avait un tas de femmes dans l'évangile le Christ est entouré de femmes autant que d'hommes et Marthe et Marie etc donc ces femmes évidemment la Samaritaine la femme adultère, il y a des femmes pieuses, des femmes pécheresses, des femmes qui se convertissent, il y a tous les styles. Donc, évidemment, pas du tout comme prétendent certains marxistes féministes, qui veulent opposer les femmes aux hommes et les hommes aux femmes. Au contraire, de fait, par institution divine, les ministres sacrés, ceux qui reçoivent le sacrement de l'ordre, sont des hommes. Les autres sont appelés laïcs. Donc voilà la distinction fondamentale qui existe dans l'Église entre les ministres sacrés, donc les prêtres, on va le voir, il y a une hiérarchie, prêtres, évêques, papes, et puis... Non, simplement... Simplement, excusez-moi, j'ai fait une erreur, il y a dans la hiérarchie des ministères sacrés, il y a les diacres, les prêtres et les évêques. Ensuite, parmi les évêques, certains ont une responsabilité plus grande, en particulier l'évêque de Rome qui devient le pape, mais on y reviendra, c'est la hiérarchie de l'église. Les autres sont appelés des laïcs. Et, distinction supplémentaire... Aussi bien parmi les ministres sacrés que parmi les laïcs, certains se consacrent à Dieu par ce qu'on appelle la profession des conseils évangéliques. Donc certains font des vœux, aussi bien parmi les prêtres que parmi les laïcs. Donc c'est une autre hiérarchie. Dans l'Église, il existe cette double hiérarchie, une hiérarchie des ministères sacrés, on va voir c'est la hiérarchie de l'Église, et puis il y a une autre distinction qui englobe les uns et les autres, qui sont ceux qui sont appelés à répondre à ce qu'on appelle les conseils évangéliques. Ces conseils évangéliques, c'est le fameux passage de l'évangile où un jeune homme se rapproche du Christ et lui dit « Oh mon maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Et le Christ lui dit « Si tu veux avoir la vie éternelle, observe les commandements, etc. » Et le jeune homme lui répond « Tout cela, maître, je le fais depuis mon enfance. » Là, il y a cette phrase incroyable de l'évangile qui dit « Le Christ le regarda et il l'aima. » Et alors il lui dit, si tu veux être parfait, rends-toi parfait. rentre chez toi, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, puis viens et suis-moi. Et ça, c'est ce qu'on appelle les conseils évangéliques. Et ce sont simplement des conseils, puisque la phrase suivante, c'est le jeune homme s'en a la triste parce qu'il avait de grands biens. Donc, certains sont appelés à ces conseils évangéliques, aussi bien parmi les prêtres, je le répète, aussi bien parmi les prêtres que parmi les laïcs. Et de même que tous les laïcs ne sont pas appelés à devenir religieux, eh bien tous les prêtres ne sont pas appelés à devenir religieux. Par exemple, moi je suis un prêtre. Je m'appelle séculier parce que je ne suis pas religieux. Alors, qu'est-ce que ça veut dire faire ces... Se consacrer à Dieu, suivre ses conseils évangéliques, ça veut dire faire ces trois voeux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. Alors, on appelle ceux-là les réguliers, c'est-à-dire ceux qui suivent une règle. Alors, toutes les règles, il y a un tas de règles au cours de l'histoire de l'Église. La règle de Saint-Augustin, la règle de Saint-Benoît, évidemment, qui sont les deux règles les plus anciennes. Et puis, ensuite, la règle de Saint-François d'Assise, de Saint-Dominique, les Dominicains. La règle, ensuite, les Chartreux. Ensuite, il y a plein de divisions, de changements, de modifications, etc. selon les circonstances et les nécessités de l'Église. Ensuite, les Jésuites, tous les religieux qui peuvent exister, les Carmes. tous ces grands ordres religieux. Et pour devenir religieux, il faut faire ces trois vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. Donc remettre toute la chasteté, son attachement charnel à Dieu, la pauvreté, tous ses biens matériels et l'obéissance, c'est-à-dire même la liberté de son esprit. Alors vous voyez pourquoi je dis que... Enfin je dis pourquoi, c'est un fait que beaucoup parmi les prêtres ne font pas ces vœux de chasteté, pauvreté, obéissance. Moi-même, je n'ai pas fait de vœux de chasteté, de pauvreté, de vœux d'obéissance. Pour la pauvreté, c'est clair, j'ai une voiture, une carte bleue, un compte en banque qui n'est pas très fourni, malheureusement. Mais je n'ai pas fait de vœux de pauvreté. Quelqu'un qui ferait un vœu de pauvreté, il remet tous ses biens à sa communauté. Et puis, je n'ai pas fait de vœux d'obéissance. Je dois obéir à mon supérieur parce qu'il faut... mettre de l'ordre, il faut que les choses fonctionnent, et donc oui, je dois obéissance à mon supérieur, mais je dirais pour des questions de bien commun, pour ne pas agir n'importe comment par moi-même. Mais le fait que j'aille dîner chez quelqu'un, le fait que j'aille que je fasse un podcast, ce que je dis, j'ai pas besoin de demander systématiquement l'autorisation à mon supérieur. Alors,
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et puis,
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alors, la chasteté, alors, là c'est un détail un peu subtil, je n'ai pas fait de vœux de chasteté. J'ai fait un vœu de célibat. Ça c'est sûr, dans le clergé latin, actuellement les prêtres, pour devenir prêtre, il faut faire un vœu de célibat. Donc j'ai fait un vœu, j'ai consacré, j'ai décidé, j'ai choisi, pour l'amour de Dieu, de ne pas me marier. Et donc je suis tenu à la chasteté comme quelqu'un de célibataire. Mais je n'ai pas fait, au sens strict, de vœu de chasteté. Alors concrètement, ça revient exactement au même. Mais quelqu'un qui aurait fait un vœu de chasteté et qui agirait contre ce vœu, ce serait non seulement un péché dans l'ordre moral, contre les commandements divins, mais ce serait aussi un péché contre la promesse qu'il a faite à Dieu. la promesse que j'ai faite c'est de ne pas me marier de rester célibataire et j'ajoute qu'il existe dans l'église catholique des prêtres qui n'ont pas fait ce vœu de célibat, puisque certains hommes mariés, en particulier dans les églises catholiques orientales, certains hommes mariés, peuvent devenir prêtres. Donc les trois vœux de chasteté, pauvreté et obéissance sont des vœux de religion, et ne sont pas du tout obligatoires pour les prêtres, donc ils concernent aussi bien certains laïcs que certains prêtres. Alors, dernière question pour aujourd'hui. Pourquoi le Christ a-t-il institué la hiérarchie ecclésiastique ? Le Christ a institué la hiérarchie ecclésiastique en vue de la mission de paître le peuple de Dieu en son nom. Et c'est pourquoi il lui a donné l'autorité. La hiérarchie est composée des ministres sacrés, évêques, prêtres, diacres, comme je l'ai dit tout à l'heure. Par le sacrement de l'ordre, les évêques et les prêtres agissent dans l'exercice de leur ministère au nom... et dans la personne du Christ tête. Les diacres servent le peuple de Dieu dans la diaconie, ça veut dire service en grec, dans la diaconie de la parole, de la liturgie et de la charité. Donc voilà la hiérarchie principale qui existe d'autorité divine dans l'Église, cette hiérarchie composée des évêques, qui seuls ont la plénitude du sacerdoce, des prêtres et des diacres. Il y a différentes théories. Alors évidemment, il n'y a qu'un seul sacrement. C'est ce qu'on appelle le sacrement de l'ordre. Mais ce sacrement de l'ordre a au moins ces trois degrés. L'évêque qui possède la plénitude du sacerdoce, le prêtre qui participe à cette plénitude du sacerdoce, de l'évêque, et le diacre qui participe à la plénitude du sacerdoce, du prêtre et de l'évêque. Alors ensuite, théologiquement, il y a un certain nombre de débats, de discussions, à savoir est-ce Est-ce que... comment dire... comment sont constitués ces degrés ? Alors évidemment c'est d'autorité, c'est l'institution divine, c'est le Christ lui-même qui a voulu cela. Alors on dira, c'est plutôt les apôtres, mais comme vous le savez puisqu'on l'a dit... longuement, le Christ ayant institué l'Église, on dit que la révélation est close à la mort du dernier des apôtres, mais dans les actes des apôtres, on voit bien que les apôtres font la distinction entre les évêques, les prêtres, et ils instituent les diacres pour participer aux sacerdotes, en particulier pour servir la parole, pour dire la parole avec autorité pour la liturgie et pour la charité. Alors, évidemment c'est l'évêque qui a la plénitude du sacerdoce. Et oui, je disais, il y a différentes questions, en particulier par exemple sur les ordres mineurs. Alors vous savez, dans la tradition de l'Église, depuis les premiers siècles de l'Église, depuis les actes des apôtres, on trouve ça, on trouve cette hiérarchie des ministères avec des ordres mineurs qui ont été institués pour que certains participent, soit en vue d'avancer dans les degrés du sacerdoce, soit pour servir l'Église dans un domaine particulier. donc l'église ensuite a subdivisé Cette hiérarchie dans des ministères sacrés inférieurs. Ce sont des participations au sacrement de l'ordre.
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Alors,
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nous verrons par la suite. Je voulais ajouter simplement, comme je l'ai mentionné tout à l'heure, que les évêques, vous savez, je dis ça parce que je me suis rendu compte que tout le monde n'était pas très au clair là-dessus, les évêques sont habillés aujourd'hui, par tradition, en violet. Ils ont une soutane violette, quand ils sont en cérémonie évidemment, ils portent une croix pectorale et ils portent surtout un anneau qui est avec une bague, qui est le signe de leur attachement personnel et indéfectible à l'église. les cardinaux, eux, sont habillés en rouge. Au moment de l'élection du pape, etc., du conclave, on a beaucoup parlé des cardinaux. La distinction entre le cardinaux et l'évêque, c'est que les cardinaux sont habillés en rouge, en rouge au sens des martyrs, ça veut dire que les cardinaux sont ceux qui sont prêts à donner leur vie pour le Saint-Siège. Et le pape, qui est habillé en blanc, le pape, c'est l'évêque de Rome. Et le pape, comme évêque de Rome, est élu par l'ensemble des cardinaux qui, traditionnellement, étaient les curés des paroisses de Rome. Évidemment, ça a pris toute une autre dimension, mais c'est toujours la même chose. Le pape est élu évêque de Rome et c'est en tant qu'évêque de Rome qu'il devient le chef de l'église catholique. Il nous restera à voir dans le prochain épisode les missions de chacun, la dimension collégiale de ces ministères, la charge du pape, des évêques, etc. Comme toujours, prions le Saint-Esprit de nous éclairer pour mieux comprendre, mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. Venez, Esprits saints, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre Esprit Seigneur, il se fera une création nouvelle et vous renouvellerez la face de la terre. Prions. Ô Dieu qui avais instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations, par Jésus-Christ notre Seigneur, ainsi soit-il. Merci à tous pour votre fidélité et pour votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi et je prie pour vous. Que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray. Je vous donne, bien sûr, rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Sourcum Corda.