Speaker #0Bienvenue dans l'émission Sursum Corda, le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique. l'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast est proposé chaque jeudi à 17h sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute, le dimanche à midi. Soutenez-le, diffusez-le, faites-le connaître autour de vous. Saison 3, épisode 2, la liberté humaine. Alors nous allons faire aujourd'hui de la philosophie et un peu de théologie. Puisque dans cette étude de la dignité de la personne humaine comme ouverture, comme point de départ de la morale chrétienne, et bien nous avons vu la semaine dernière que l'homme... a été créé à l'image de Dieu, c'est ça qui est sa dignité fondamentale. Et donc, parce que cette dignité, cette image de Dieu implique qu'il est fait, que l'homme est fait pour connaître, aimer et servir Dieu, c'est-à-dire parvenir à la béatitude éternelle, et que la vie morale est déterminée par cette finalité. Ce qui est bon dans mes actions, et ce qui me rapproche de Dieu, ce qui me conduit vers ce pour quoi je suis fait. Comme un mode d'emploi, si vous achetez un meuble Ikea, la bonne façon de monter le meuble c'est de suivre les indications. Si vous ne suivez pas les indications, vous aurez sans doute exercé votre liberté, mais le meuble ne va pas tenir debout. Ceux qui ont fait l'expérience le savent. Alors, il y a ici maintenant tout un passage sur la liberté humaine, puisque, comme on va le voir, c'est la liberté humaine qui détermine, qui rend possible... L'acte moral, c'est-à-dire le fait de dire qu'un acte est bon ou mauvais. Allons-en à la question 363 du compendium du catéchisme gliscatholique. Alors question 363, qu'est-ce que la liberté ? Je vous lis la réponse et puis, comme d'habitude, je commenterai. C'est le pouvoir donné par Dieu à l'homme d'agir ou de ne pas agir, de faire ceci ou cela, de poser ainsi soi-même... des actions délibérées. La liberté caractérise les actes proprement humains. Plus on fait le bien, et plus on devient libre. La liberté tend à la perfection quand elle est ordonnée à Dieu, notre bien suprême et notre béatitude. La liberté implique aussi la possibilité de choisir entre le bien et le mal. Le choix du mal est un abus de notre liberté qui conduit à l'esclavage du péché. Alors, nous avons ici un condensé d'une réflexion philosophique sur la nature de la liberté, et je pense que c'est très important de bien comprendre ce qu'est véritablement la liberté. Parce que nous en avons une vision très souvent déformée. Si on vous demande qu'est-ce que la liberté, c'est un peu difficile d'y répondre, je suis bien d'accord, mais en gros, je pense que si on demande à la majeure partie des gens, ils répondraient, c'est le fait de pouvoir faire ce qu'on veut. Donc. Et ça c'est une vision très moderne de la liberté, qui consiste à faire de la liberté un principe d'autodétermination, c'est-à-dire la capacité à se déterminer soi-même et à aller dans la direction où on veut. Et en fait on va voir que c'est une vision très individualiste, très personnelle, personnaliste si on veut. d'origine ou d'influence kantienne, qui dirait que finalement l'homme libre c'est celui qui se détermine lui-même, qui se fixe finalement sa propre fin. Or, comme on vient de le répéter, comme on l'a vu la dernière fois, et bien précisément dans une vision, dans une anthropologie chrétienne, une vision chrétienne de l'homme, et bien l'homme ne se fixe pas sa propre fin, puisque la fin de l'homme est déjà déterminée par la nature qui lui a été donnée par Dieu. Donc la liberté ne peut pas consister à se fixer soi-même sa propre fin, son propre but, donc à s'auto-déterminer. C'est une vision kantienne ou moderne, j'ai dit, dans le sens où elle définit la liberté à partir de l'homme. et non pas à partir de la nature humaine. Et vous voyez que là, on a une différence fondamentale, philosophique, entre la pensée classique et la pensée chrétienne, et la pensée moderne. Puisque encore une fois, dans la pensée classique, alors je vais y revenir tout de suite, mais dans cette pensée que j'appelle classique, qui correspond à la vision chrétienne, eh bien, l'homme possède une nature, il est déterminé par sa nature. Et donc, le bien de l'homme... Le bien de l'homme ne peut consister que dans l'accomplissement le plus parfait possible de sa propre nature. Je disais, je vais revenir là-dessus parce que j'ai parlé d'anthropologie chrétienne, mais cette vision de la nature humaine est une vision qui existe en philosophie, qui est une conclusion philosophique qui est bien antérieure au christianisme. On trouve ça en particulier chez Aristote, explicité de façon très claire, mais on trouve ça déjà chez Platon. Cette idée que finalement l'homme est déterminé par une certaine nature et que la perfection de l'homme, de l'action humaine, consiste à accomplir le mieux possible cette nature. Vous voyez qu'on a ici un grave problème lié à la modernité parce que, pour dire les choses de façon simple, celui qui nie cette nature réduit l'homme. à une autodétermination, donc à une autoconstruction. Et on peut dire que c'est une vision aujourd'hui qu'on trouve, on pourrait dire politiquement à gauche, ou dans une philosophie, disons, de gauche, selon laquelle il n'y a pas de nature. La nature n'est jamais un donné, mais l'homme n'est que le résultat d'une construction. L'homme est principe absolu d'autodétermination, et l'homme n'est que ce qu'il veut être, et ce qu'il décide d'être, et ce qu'il fait de sa propre existence. Alors que... Dans une vision classique, l'homme qui, utilisant sa liberté, sa capacité de choisir, irait contre la nature humaine, contre la nature des choses, contre le donné de nature, déjà se condamnerait au malheur, et puis ensuite ferait du mal autour de lui et s'auto-détruirait. Donc il n'y a évidemment, dans la vision classique, aucune liberté, c'est ce qu'on a lu tout à l'heure, il n'y a aucune liberté à faire le mal. Donc, reprenons, si l'on considère qu'il existe une nature humaine, et je fais une parenthèse, si on considère qu'il n'y a pas de nature humaine, alors on ne peut pas définir l'homme, l'homme n'est que le fruit d'une construction. et c'est dans la même mentalité qu'on ne peut pas non plus définir la femme, que la femme n'est qu'une... ni l'homme, au sens de la différence sexuelle, qu'on est dans l'autodétermination, que la personne qui veut être femme n'est homme que la personne qui veut être, disons, masculin. Cette distinction, par exemple, entre le sexe biologique et le genre vient exactement de cette philosophie constructiviste selon laquelle il n'existe pas de données de nature. De la même façon, on pourrait dire que... La conséquence, s'il y a une nature humaine, il y a aussi une nature sociale de l'homme, et donc la famille, par exemple, est une donnée de nature. Le fait que l'homme soit le résultat d'une union entre un homme et une femme, que tout être humain soit le résultat d'une union entre un homme et une femme, c'est une donnée de nature. Or, certains, dans cette vision constructiviste, vont encore plus loin, ils disent qu'il faut déconstruire, il faut détruire cette prétendue nature. Et c'est dans ce sens qu'on dit que toute famille, c'est simplement n'importe quel couple ou même trouble. Et puis même, il y a des politiciens, là, que j'ai vus, qui veulent équiparer à la famille naturelle les amis, les amitiés. On va déclarer qu'on est l'équivalent d'une famille, on veut les mêmes droits que ceux qui sont une famille. Donc comme s'il n'y avait pas de données de nature. Comme si tout n'était rien d'autre que le fruit d'une construction sociale ou d'une construction individuelle. Vous voyez qu'on est là dans quelque chose de fondamental et que c'est finalement la définition de la liberté qui va avoir des conséquences pratiques et politiques et sociales très très importantes et très éloignées les unes des autres. Donc justement dans la conception classique aristotélicienne, l'homme, la nature humaine, ce que nous avons tous en commun. Il y a aussi ça qui est en jeu, c'est que si Aristote affirme qu'il existe une nature humaine, c'est parce que ce n'est pas moi qui décide qui est un homme ou qui ne l'est pas. Parce que sinon on arrive à des choses les plus terrifiantes, comme ça a été le cas d'ailleurs des défenseurs, ou en tout cas des ennemis de la nature dans le communisme etc. qui ont décidé que certains n'avaient pas la dignité humaine et donc ils pouvaient les mettre dans des camps de concentration ou dans des camps de rééducation. Donc, à toutes les époques et dans tous les pays. Mais, au contraire, dans une vision classique... La nature est un donné, est une donnée, à laquelle on est bien obligé de se soumettre. Parce que celui qui ne s'y soumet pas, tout ce qu'il va faire c'est détruire sa propre nature. Et donc se faire du mal et faire du mal à d'autres. Donc, qu'est-ce que la liberté dans le cadre d'une nature donnée ? Eh bien, la liberté, c'est le fait de pouvoir choisir ou ne pas choisir, d'agir ou de ne pas agir, de poser soi-même des actions délibérées, conformes ou non à la finalité. pour laquelle que nous donne notre nature. Alors, oui, c'est un peu brouillon mon exposé, je vous présente mes excuses pour ça, mais je pense que vous suivez. Dans la vision d'Aristote, évidemment, il n'y a pas une destinée surnaturelle, l'homme n'est pas fait pour aller au ciel. Pour Aristote, l'homme est fait pour contempler, pour connaître et pour agir librement, pour connaître et aimer. librement, conformément à sa nature humaine. Et donc, pour Aristote, la finalité de l'homme après la mort, puisqu'il affirme que l'homme a une âme éternelle qui subsiste après la mort, eh bien, l'âme va rejoindre le ciel de la perfection, donc les sphères célestes, ou en tout cas... Et c'est pour ça que la contemplation est déjà le début de ce à quoi notre âme est appelée après la mort. Dans la vision chrétienne qui, évidemment, qui... prolonge cette vision philosophique naturelle, païenne, évidemment Aristote c'est quatre siècles avant le Christ, la vision chrétienne va poursuivre cette vision en affirmant que la finalité de l'homme c'est la vie, la béatitude éternelle, comme nous l'avons vu la semaine dernière. Je résume. La nature nous est donnée, la nature humaine nous est donnée, et nous sommes faits pour la vie éternelle, pour la béatitude. Et donc, agir librement, en tant qu'homme, et c'est en ce sens qu'on a lu, la liberté caractérise les actes proprement humains, il n'y a d'actes libres que les actes humains, et bien un acte libre, c'est un acte qui me porte vers ma fin, vers ma finalité. Et c'est en ce sens qu'on peut affirmer, comme je l'ai vu tout à l'heure, plus on fait le bien et plus on devient libre. Vous voyez, alors que dans une vision moderne d'autodétermination, eh bien, s'il existe un bien objectif, je ne suis plus libre. Donc, pour quelqu'un qui pense qu'il n'existe pas de données de nature, qu'il n'existe pas de révélations, et encore moins de béatitudes, eh bien, la liberté serait une absolue indétermination et je serais libre. D'autant plus que je n'agis jamais en fonction d'un bien, ou en vue d'un bien, mais que j'agis sans aucune détermination, ou au moyen de détermination dont je suis le seul à poser les conditions ou les moyens de réalisation. Donc le bien devient une contrainte dans une vision. personnelles individuelles. Et c'est pour ça que ceux qui tiennent cette position nient ou affirment avec force et refusent qu'il existe un bien objectif. Parce que s'il existe un bien objectif, eh bien j'ai une, disons, ma liberté, d'une certaine façon, se limite ou est contrainte par ce bien. Parce que celui qui fait le mal, non seulement n'use pas de sa liberté, mais il détruit sa propre liberté. Il détruit sa capacité à atteindre sa propre fin. Alors, relisons ce passage. Donc, la liberté caractérise les actes proprement humains. En ce sens, évidemment, la liberté au sens de ce dont on parle ici, les animaux n'ont pas cette liberté. Alors vous me direz, oui, mon chien peut prendre la décision de sortir ou de rentrer, ou de manger ou de ne pas manger, bien sûr. Il a cette capacité de se déterminer en fonction de telle ou telle... passion, de telle ou telle envie, de tel ou tel besoin naturel, mais on ne peut pas parler d'actes libres au sens... de cette liberté caractéristique des actes proprement humains, c'est-à-dire le fait de poser soi-même une action délibérée. On peut dire d'une certaine façon que l'animal est totalement déterminé par sa nature. Pourquoi ? Parce que l'animal n'a pas accès à l'universel. Nous avons une connaissance des universaux, des choses universelles. Par exemple, on peut parler en tant qu'homme de la justice, du bien, de l'honneur. Une notion qui échappe totalement à un animal. Alors on dirait qu'il y a certains animaux qui sont fidèles, qui ont une conscience de l'injustice, si on leur tape dessus par exemple, bien sûr, mais ce qu'on peut appeler la fidélité d'un chien, et j'y tiens beaucoup parce que c'est ce qui fait la différence entre le chien et le chat, qui est tout à fait détestable, précisément parce qu'il n'a aucune notion de fidélité. Je ferme la parenthèse. La fidélité d'un animal dépend de son affection. Donc, il est déterminé par son affection. Selon la race de l'animal, selon son genre, selon son espèce, etc. Eh bien, il va être comme programmé, si vous voulez, par sa nature, à agir de telle façon. Et il ne peut jamais agir contre la détermination. Alors que nous, êtres humains, parce que nous... Nous sommes capables d'avoir des concepts, nous sommes capables d'agir, non pas de réfréner nos instincts naturels, nos affections, nos désirs, en vue de quelque chose de plus grand, de quelque chose de spirituel ou d'un principe universel. Donc par exemple, je ne vais pas me jeter sur la nourriture dès qu'elle est donnée. mais je vais attendre que les autres soient servis, ou je vais partager avec les autres. On dirait le chien aussi, il attend le signal pour manger. Oui, mais il est déterminé par ce signal. Alors, je ne dis pas que nous soyons en même temps des animaux, donc on a beaucoup d'aspects de notre existence qui ressemblent à celles des animaux. Mais ce qui caractérise les actes proprement humains, ce sont justement ces actes libres. Et qu'est-ce que ça veut dire proprement humains ? Ça veut dire qu'il n'y a que ces actes qui sont dignes d'une valeur morale. Pour dire la chose simplement, on ne va pas mettre en prison ou condamner à mort le lion parce qu'il a mangé la gazelle. En fait, c'est dans la nature du lion de manger la gazelle. De la même façon, la mante religieuse qui mange son mari après s'être fait féconder, c'est inscrit dans leur nature, donc il n'y a pas de valeur morale à cet acte. En revanche, si un homme... mange quelqu'un d'autre ou si une femme mange son mari après avoir une relation sexuelle, et bien là vous voyez qu'il y a une valeur morale c'est un mal et donc la personne doit être punie on pourrait faire tout un développement aussi justement sur cette punition il faut que le mal soit puni pour respecter justement la valeur morale de l'être humain, pour respecter la dignité morale de l'homme Alors la liberté caractérise les actes proprement humains, plus on fait le bien et plus on devient libre. On peut dire que ça c'est une belle caractéristique de cette définition de la liberté classique, à savoir que le bien non seulement ne nous aliène pas, ce n'est pas une contrainte à notre liberté, mais au contraire, plus on fait le bien, plus on devient libre, parce qu'on grandit dans la capacité et dans l'accomplissement de notre nature, et qui est défini par cette liberté. La liberté tend à sa perfection quand elle est ordonnée à Dieu, notre bien suprême et notre béatitude. Donc, là encore, c'est fondamental. C'est-à-dire que l'existence de Dieu, le fait que Dieu, par exemple, nous donne des lois morales, n'est pas un frein à notre liberté. Mais au contraire, c'est ce qui permet la réalisation de notre perfection et, en particulier, de la perfection de notre liberté. Donc ça c'est très important pour tout ce qui va suivre, pour notre étude de la moralité. C'est-à-dire que les commandements de Dieu ne sont pas des règles qui nous contraignent. Ce sont les moyens que Dieu nous donne pour accomplir notre bien et atteindre notre perfection. Donc lorsqu'on fait le mal, c'est la phrase suivante, parce que la liberté implique aussi la possibilité de choisir entre le bien et le mal, le choix du mal est un abus de notre liberté qui conduit à l'esclavage du péché. Et oui. Le fait de faire du mal, et la possibilité de faire du mal, n'est pas... Alors, la possibilité, c'est un bien, puisque ça détermine notre liberté, mais le choix du mal, c'est un abus de notre liberté, et puisque cela détruit en nous... cette capacité d'atteindre notre fin. C'est selon l'exemple que j'ai donné tout à l'heure, celui qui a acheté un meuble Ikea et qui fait le choix de ne pas suivre la règle qui lui est donnée, abuse de sa liberté puisque ça va le conduire à l'esclavage du meuble Ikea bancal. c'est-à-dire à la déformation, à la difformité de ce qu'il voulait réaliser. Alors si ça me bliquait, ce n'est pas très grave, vous allez me dire, on est bien d'accord. Mais j'essaie de vous prendre cet exemple pour dire que les règles morales, de la moralité, ne sont donc pas des règles absurdes données qui viendraient contraindre notre liberté, mais au contraire, ce sont comme les rails pour un train qui permettent au train d'avancer. C'est comme si on disait, les rails, c'est une contrainte pour le train. Dans la nature du train, pour qu'il puisse avancer, il faut qu'il suive les rails, parce que s'il déraille, il ne va pas aller très très loin. Donc voilà cette réflexion assez longue, je vous l'avais dit, sur la liberté. Et c'est très important de comprendre justement qu'il y a une opposition fondamentale entre une liberté de nature déterminée par la nature humaine, et puis ensuite une conception moderne selon laquelle la liberté serait la possibilité de faire tout et n'importe quoi, et surtout de... de s'autodéterminer, de déterminer notre propre finalité. Alors, continuons. Quel rapport existe-t-il entre liberté et responsabilité ? La liberté rend l'homme responsable de ses actes, dans la mesure où ils sont volontaires, même si l'imputabilité et la responsabilité d'une action peuvent être diminuées et parfois supprimées en raison de l'ignorance, de l'inadvertence, de la violence subie, de la crainte, des affections immodérées, des habitudes. Alors, voilà, bien sûr, il existe des cas. dans lesquelles la responsabilité de l'acte libre peut être diminuée, ou l'imputabilité peut être même parfois supprimée. Alors, l'ignorance, c'est évident, c'est-à-dire que c'est pas la même chose si vous... Vous tuez quelqu'un sans savoir que c'était une personne, sans savoir qui c'était ou sans savoir qu'il y avait un danger. Et bien évidemment, l'inadvertance c'est pareil. Celui qui commet un acte sans qu'il soit vraiment volontaire, et bien ça diminue la responsabilité. La violence subie, qui peut être une violence morale aussi d'ailleurs. La crainte. celui qui est menacé avec un revolver. Les affections immodérées, c'est ce qu'on appellerait aujourd'hui les addictions. Sous l'effet d'addiction, il peut y avoir des actes dont la responsabilité va être amoindrie. Alors ensuite, on peut être coupable de cette addiction, ne pas l'avoir soignée au minimum. Alors, pourquoi tout homme a-t-il le droit d'exercer sa liberté ? Alors là, on arrive dans un... Problème que je vais essayer de résoudre en quelques minutes. Je ne vais pas le résoudre justement, enfin d'exposer. Pourquoi tout homme a-t-il le droit d'exercer sa liberté ? A tout homme appartient le droit d'exercer sa liberté, car celle-ci est inséparable de sa dignité de personne humaine. Un tel droit doit donc toujours être respecté, notamment en matière morale et religieuse. Il doit être civilement reconnu et protégé dans les limites du bien commun et de l'ordre public juste. Alors ici, on a une affirmation qui me semble, je vous l'avoue, je vous le dis clairement, un peu ambiguë, ou même très ambiguë, et qui consiste justement à faire de la liberté, du droit à la liberté, de faire de la liberté un droit, voilà, de faire de la liberté un droit, car celle-ci est inséparable de sa dignité de personne humaine. Mais alors, un homme qui est en prison, un homme qui est en prison... donc qui ne peut plus exercer sa liberté, perdrait sa dignité de personne humaine. C'est tout à fait faux, tout à fait faux. Ou alors, quelqu'un qui ne peut pas exercer sa liberté, ou dont la liberté est très réduite, parce qu'il est handicapé, parce qu'il est malade, parce qu'il est mentalement, si vous voulez, déficient, est-ce qu'il perdrait sa dignité de personne humaine ? Je trouve ça très étonnant. En tout cas, cette affirmation me semble... fausses, dites comme ça. Alors, d'autant plus que ce qui suit est très problématique. Un tel droit doit donc toujours être respecté, notamment en matière morale et religieuse. Mais celui qui exerce mal sa liberté, est-ce que il a vraiment le droit d'être toujours respecté, notamment en matière morale et religieuse ? Alors, en matière morale, ça me semble complètement faux. C'est-à-dire qu'on a la liberté de mal utiliser, de mal user de notre liberté, on a la liberté d'abuser de cette liberté. Et donc, l'abus de cette liberté, est-ce qu'il doit vraiment être respecté ? En matière morale ? Alors, non, je pense qu'au contraire, parfois c'est à la société de fixer les limites. Et en matière religieuse, est-ce que toute religion peut vraiment être considérée comme libre, doit être respectée, au point d'être libre, d'être exercée ? En privé et en public. Alors, en privé, peut-être, mais je pense qu'il y a des religions qui sont complètement folles, que l'État peut interdire telle ou telle fausse religion parce qu'elle est dangereuse, parce qu'elle mène à des... Vous savez, il y a des sectes qui entraînent leurs adhérents à se suicider. Je pense que ce genre de liberté ne peut pas être reconnue. Alors, et ensuite, dans les limites du bien commun et de l'ordre public juste. Alors, de fait, donc limite. Donc ce droit n'est pas absolu. Alors bon, on arrive déjà à la fin de cette émission, je vais faire une entorse au programme que je m'étais fixé, et je reviendrai la fois prochaine sur la question de la liberté, parce qu'il faut parler justement de ce problème de la liberté religieuse, et des évolutions qui ont eu lieu dans l'Église à partir du Concile Vatican II, et qui ont donné lieu à un certain nombre d'ambiguïtés. Donc nous reviendrons sur cette question la fois prochaine. Comme toujours, prions l'Esprit-Saint de nous éclairer, pour mieux comprendre, mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. Venez, Esprit-Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre Esprit, Seigneur, il se fera une création nouvelle et vous renouvellerez la face de la terre. Prions. Ô Dieu qui avais instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations, par Jésus-Christ notre Seigneur, ainsi soit-il. Merci à tous pour votre fidélité et pour votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi et je prie pour vous. Que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Soursoum Corda.