Speaker #0Bienvenue dans l'émission Sursum Corda, le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique. l'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast est proposé chaque jeudi à 17h sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute le dimanche à midi. Soutenez-le, faites-le connaître autour de vous. Saison 2, épisode 11, la présence réelle. Dans les deux épisodes précédents, nous avons parlé de la messe comme sacrifice eucharistique, comme mémorial qui rend présent le sacrifice du Christ. Et j'aimerais, avant de parler de la présence réelle, revenir un tout petit peu sur la dernière question que nous avions passée de façon un peu rapide, la question 281, qui affirmait que dans l'Eucharistie, le sacrifice du Christ devient aussi le sacrifice des membres de son corps. La vie des fidèles, leurs louanges, leurs actions, leurs travails, leurs prières sont unies à ceux du Christ. En tant que sacrifice, l'Eucharistie est aussi offerte pour tous les fidèles, pour les vivants et les défunts, en réparation des péchés de tous les hommes. Et pour obtenir de Dieu des bienfaits spirituels et temporels. De plus, l'Église du Ciel est présente dans l'offrande du Christ. Alors, je voulais ajouter évidemment que se trouve ici la raison théologique pour laquelle nous, chrétiens, nous pouvons offrir des messes. C'est une pratique qui malheureusement s'est un peu perdue et c'est fort dommage. Parce que les messes sont toujours célébrées à des intentions particulières. L'Eucharistie, évidemment, c'est toujours célébré pour tous les hommes, les vivants comme les morts, ceux du passé, du présent et du futur. Mais plus particulièrement, l'intention d'une messe peut être appliquée soit pour un motif pour les vivants, soit pour des défunts. Et c'est une très belle tradition qui, encore une fois malheureusement c'est un peu perdu, que celle d'offrir des messes, en particulier pour les défunts. Alors on peut offrir une messe, on peut offrir une neuvaine de messes, pour une grande intention, enfin pour une intention qui nous est chère, et on peut même offrir pour les défunts des trentains, qu'on appelle le trentain grégorien. parce que le pape Saint Grégoire le Grand à la fin du 6ème au début du 7ème siècle a affirmé cela qu'une âme pour qui serait célébrée 30 messes à la suite serait assurée du salut alors mon dieu évidemment s'arrange et ce débat il peut ne soient sauvés que les justes, en tout cas ceux qui ont, d'une façon ou d'une autre, mérité le salut, qui ont pu être disposés à être sauvés par le Christ. Mais cette tradition d'offrir des messes est une très belle chose. Alors évidemment c'est plus compliqué. Alors comment faire ? Il faut aller voir un prêtre pour lui demander de célébrer une messe. Si vous avez une intention particulière, un malade, une demande particulière à faire au bon Dieu, c'est la tradition de l'église. et puis si vous voulez prier pour un défunt il faut évidemment, c'est la meilleure chose à faire souvent on me demande, voilà mon grand-père est mort qu'est-ce que je dois faire ? quelle est la meilleure prière à faire ? et bien la meilleure prière à faire c'est de faire célébrer des messes pour... le repos de l'âme du défunt. Donc il faut aller voir un prêtre. Alors, juste pour le détail pratique, évidemment une neuvaine, c'est plus contraignant pour un prêtre, parce que ça veut dire qu'il doit bloquer neuf intentions de suite, et si jamais il oublie ou va en hurate, il doit recommencer à faire neuf messes à la suite. Et puis trente messes, c'est encore plus compliqué, alors souvent c'est plutôt les religieux dans leur monastère qui célèbrent, parce qu'ils n'ont pas d'intentions, qui reçoivent des fidèles, donc ils célèbrent des trente-un. et donc il faut faire une offrande alors il y a des offrandes conseillées en France aujourd'hui c'est fixé par la conférence des évêques de France l'offrande conseillée pour une messe c'est 18 euros et puis le montant conseillé pour un Une neuvaine, c'est l'équivalent de 10 messes, et puis pour un trentain, c'est l'équivalent de 40 messes. A cause de la mobilisation du prêtre qui ne peut pas interrompre la célébration des messes. Alors, évidemment, le prêtre peut, par exemple, si un jour le prêtre est malade ou ne peut pas célébrer, ou bien s'il a une intention absolument urgente, il peut demander à un autre prêtre de le remplacer. Mais en tout cas, ce qui est nécessaire, c'est que les messes soient vraiment célébrées chaque jour. Alors, vous voyez, moi comme prêtre, j'ai un carnet de messes. que j'ai depuis mon ordination, où je note chaque jour l'intention de la messe et le lieu où j'ai célébré la messe pour comptabiliser, pour pouvoir, si on me demande, on vous avait demandé telle messe, quand est-ce que vous l'avez célébrée ? Je peux répondre à cette question. Voilà, ça fait partie du ministère du prêtre, un ministère sûrement invisible, mais qui est vraiment son rôle d'intermédiaire entre Dieu et les hommes. On prie et intercéder auprès de Dieu en présentant ce qu'il y a de plus beau sur terre, à savoir le sacrifice même du Christ. Vous voyez, ce n'est plus la prière personnelle du fidèle pour une lame d'un défunt, ce n'est pas la prière personnelle du prêtre, qui n'est pas forcément plus vertueux que les autres, mais la prière qui est faite par le prêtre au nom de l'Église, c'est la prière du Christ lui-même de l'offrande de sa propre vie sur la croix. C'est évidemment le plus beau geste, et donc la chose qui plaît le plus au Père. puisque c'est le Fils, Dieu lui-même, qui s'offre comme une offrande, comme un sacrifice d'agréable odeur. Donc je vous encourage, évidemment, ceux qui m'entendez, à ne pas hésiter à faire dire des messes. Vous pouvez d'ailleurs... Aujourd'hui, vous pouvez demander des messes sur les sites internet, par exemple le site de l'Institut du Bon Pasteur. Tout simplement, il y a une rubrique « Demandez une messe » et vous pouvez demander que des messes soient célébrées. Et comme les prêtres en général célèbrent la messe chaque jour, c'est une façon aussi pour les prêtres de vivre, puisqu'ils reçoivent l'offrande de la messe qu'il leur est demandé. Alors, continuons maintenant, passons à cette question de la présence réelle. Alors, question 282, comment Jésus est-il présent dans l'Eucharistie ? Jésus-Christ est présent dans l'Eucharistie d'une façon unique et incomparable. Il est présent en effet de manière vraie, réelle, substantielle, avec son corps et son sang, avec son âme et sa divinité. Dans l'Eucharistie, il est donc présent de manière sacramentelle. C'est-à-dire sous les espèces du pain et du vin, le Christ tout entier, Dieu et homme. Alors nous sommes là évidemment face à l'un des plus grands mystères de notre foi, et il faut la foi pour croire cela. Les yeux voient les espèces eucharistiques, c'est-à-dire le pain et le vin, qui ne changent pas de couleur, qui ne changent pas de... Évidemment il y a les miracles eucharistiques, mais on aura l'occasion d'en reparler. Les miracles eucharistiques, par exemple, c'est les miracles où le visage du Christ apparaît, ou bien les fameux miracles de l'anciano, où l'hostie se met à saigner. Et d'ailleurs, je vous invite à vous renseigner là-dessus. je fais une parenthèse, dans les miracles, ces grands miracles eucharistiques, et bien ce qui est impressionnant, c'est que les études qui ont été faites sur l'hostie qui s'est mise à saigner, donc elle est devenue rouge, et puis il y a une espèce de liquide qui est sorti de l'hostie, qui ressemblait à du sang, et les études qui ont été faites, de façon neutre évidemment, de façon anonyme, les médecins ont donc conclu que le morceau qu'on leur avait donné était un morceau de tissu cardiaque. Et en plus... Tous les miracles eucharistiques à travers le monde sont du même groupe sanguin. Quand on analyse le sang qui est sorti de l'hostie de façon complètement miraculeuse, partout dans le monde c'est toujours le même groupe sanguin. Alors je ne vais pas dire de bêtise parce que je ne me souviens plus lequel c'est, je crois que c'est O, en plus c'est un groupe assez rare. Excusez-moi mais je ne suis pas un spécialiste de la question. Mais voilà, je vous invite, ceux que ça intéresse en tout cas à se renseigner sur les miracles eucharistiques, c'est vraiment quelque chose de très impressionnant. Allô ? En dehors de ces miracles qui arrivent, ma foi, assez rarement, très rarement, et bien habituellement, de façon habituelle, on voit le pain et le vin. On voit les espèces du pain et du vin, mais qui ne sont plus le pain et le vin, qui sont Jésus-Christ, présent d'une façon unique et incomparable. Jésus-Christ avec son corps, son sang, son âme et sa divinité. Dieu est présent dans l'Eucharistie. Alors ça c'est la foi de l'église catholique, et j'allais dire c'est la foi des apôtres. Pourquoi je dis ça ? Parce que souvent... Vous savez peut-être que les protestants refusent cette présence, en tout cas la présence réelle, dans ce sens-là. Il y a beaucoup de nuances chez les protestants. Il y a des protestants luthériens qui croient à ce qu'ils appellent la consubstantiation, donc il y a une présence qui est réelle mais qui dépend d'un certain nombre de choses. Le pain et le vin demeurent avec leur substance mais s'ajoutent la présence de Dieu. Certains autres protestants croient que la présence est réelle en présence de l'Assemblée. C'est des choses... des hérésies, des erreurs sur cette question, qui sont de tous les styles possibles. Mais pour répondre à l'objection protestante, qui prétend que la présence réelle sous les espèces eucharistiques n'est que de nature symbolique et non pas réelle, quand le Christ dit « ceci est mon sang, ceci est mon corps, ceci est mon sang » , il n'aurait parlé à ses apôtres que de façon symbolique. Eh bien, la réponse est assez évidente, puisque... Au chapitre 6 de l'évangile de Saint Jean, ce qu'on appelle le discours du pain de vie, le Christ annonce bien avant la dernière scène où il a institué l'Eucharistie, il annonce à l'avance qu'il va donner son corps à manger comme nourriture et son sang comme boisson. Et c'est tellement scandaleux, c'est tellement incompréhensible que les disciples s'en vont, tous s'en vont, sauf les apôtres qui restent là en disant... « Seigneur, vers qui irions-nous ? Vous seuls avez les paroles de la vie éternelle. » Donc, si le Christ n'avait parlé que de façon symbolique, pourquoi est-ce que les disciples seraient partis ? On dirait, bon, c'est une image, c'est un symbole, c'est une façon de parler, voilà, c'est spirituel. Non, si les gens ont été choqués, c'est parce qu'ils ne parlaient pas du tout de façon spirituelle, de façon symbolique, mais de façon réelle. Alors, évidemment, on ne voit ni sang ni chair, puisque les espèces eucharistiques demeurent. Je précise d'ailleurs que, aussi bien sous les espèces du pain que sous les espèces du vin, Jésus-Christ est totalement présent. C'est la raison pour laquelle l'Église a insisté pour que l'on ne communique que sous une seule espèce, sous l'espèce du pain. Il existe autrefois, ou dans certaines circonstances, il existe le prêtre, en tout cas à chaque messe, communi sous les deux espèces, sous l'espèce du pain et sous l'espèce du vin, mais ce n'est pas nécessaire de recevoir les deux pour avoir la totalité du Christ. Il y a aussi des questions pratiques, évidemment, parce que la conservation en particulier du vin est beaucoup plus difficile que la conservation du pain. Et donc, c'est les raisons, précisément, vu le respect qui est dû à la présence réelle, l'Église a, en tout cas dans l'Église latine, a très rapidement et depuis très longtemps encouragé et obligé à la communion uniquement sous l'espèce du pain. Je sais que certains reviennent à la communion sous l'espèce du vin pour faire mieux, pour faire plus authentique, plus ancien, mais ça c'est une... C'est une originalité qui ne correspond pas justement à la sagesse de l'Église, qui, si elle impose au fur et à mesure un certain nombre de coutumes, c'est pour le bien des fidèles. Donc il ne s'agit pas de revenir à ce qui se faisait avant, comme si c'était mieux, comme si surtout la liturgie, on a déjà parlé de la liturgie, mais comme si la liturgie avait pour but de signifier les choses selon le désir des uns et des autres. Dans la liturgie, d'abord une transmission, nous avons déjà une transmission faite par la sagesse et l'autorité de l'Église. Alors, Jésus est présent dans l'Eucharistie, tout entier, y compris son âme et sa divinité. Donc, on mange, effectivement, on reçoit comme nourriture Dieu présent sous les espèces du pain et du vin. Alors, On reviendra dans la dernière question aujourd'hui, sur la question de l'adoration de l'Eucharistie. Mais vous réalisez quelle folie, quel homme aurait pu inventer quelque chose d'aussi fou que cela ? Il me semble que seul Dieu peut avoir inventé quelque chose comme ça. Et surtout, le fait de... Alors évidemment, vous me direz, il y a eu des cannibales et des fous furieux, mais euh qui justement ont transformé, ont défiguré ce mystère de la nourriture, de Dieu qui se donne comme nourriture, en en faisant quelque chose de barbare. Évidemment, ici, ce mystère de la présence réelle sous les espèces eucharistiques fait que Dieu se donne véritablement comme nourriture et vient en nous, entre en nous, dans notre corps. pour nous transformer intérieurement, mais de façon acceptable, de façon délicate, pour ne pas, évidemment, heurter notre sensibilité. Alors comment est-ce que cela se déroule ? C'est ce qu'on appelle la transsubstantiation. La transsubstantiation signifie la conversion de toute la substance du pain en la substance du corps du Christ et de toute la substance du vin en la substance de son sang. Cette conversion se réalise au cours de la prière eucharistique par l'efficacité de la parole du Christ et de l'action de l'Esprit-Saint. Toutefois, les apparences sensibles du pain et du vin c'est-à-dire les espèces eucharistiques, demeurent inchangées. Alors, évidemment, voilà le mystère, le changement de substance. On utilise cette distinction aristotélicienne entre substance et accident, ou substance et espèce. A savoir, la substance, c'est ce qu'est la chose. Si vous avez du pain, vous dites que c'est du pain. Et la chose, c'est sa nature. Alors, le grand exemple qu'on peut prendre, c'est l'exemple de la bougie. je fais un petit peu de parenthèse philosophique, de métaphysique, si vous avez sous les yeux une bougie qui n'est pas encore allumée, eh bien c'est une chose qui est blanche, qui est solide, qui n'a pas d'odeur, qui est froide. Si vous l'allumez, eh bien petit à petit, au bout d'un certain temps, ce sera une substance quasiment liquide ou molle. qui sera chaude, qui sera répandue sur la table, et donc qui aura changé les apparences extérieures de la chose, donc les accidents auront changé. Néanmoins, la substance demeure exactement la même, puisque c'est bien la même bougie. Et à moins d'être fou, on est obligé de conclure qu'il y a quelque chose qui demeure, même si toutes les apparences extérieures, l'odeur, la vue, le toucher, si tout a changé, c'est bien la même réalité, il va y avoir quelque chose qui est... demeurer constant. On peut prendre un autre exemple, évidemment, c'est notre propre humanité. Qu'est-ce qu'il y a de commun entre moi, quand j'avais 5 ans, le petit Mathieu Raffray, à 5 ans, et le gros Abbé Raffray de 45 ans ? Eh bien, il y a bien quelque chose de commun. Tout a changé. La taille, le... Les apparences extérieures, le volume, le son de la voix, l'odeur, toutes les apparences sensibles ont été transformées. Néanmoins, il y a bien quelque chose qui est demeuré. C'est bien la même réalité. Et donc, cette réalité qui demeure, c'est ce qu'on appelle la substance. La substance qu'on peut dire, voilà, ceci c'est Mathieu Raffray. C'est la même réalité qui est demeurée malgré eux. un tas de changements extérieurs. On pourrait d'ailleurs ajouter qu'on sait aujourd'hui que nos cellules se renouvelant, et bien tout ce qu'il y a de matière n'est plus du tout identique. Il faudrait interroger un biologiste, mais je pense qu'il n'y a absolument plus rien en qualité matérielle, il n'y a plus rien de commun entre ce qu'était l'enfant, plus rien de matériel commun. Mais il y a bien quelque chose qui est demeuré, même si toutes les cellules ont changé, et bien la substance est demeurée la même. Alors, c'est ça qu'on appelle la substance. Donc, dans le mystère de la transsubstantiation, d'où l'importance de ce terme qui a été utilisé par les théologiens au Moyen-Âge pour préciser exactement ce qu'il advenait dans ce mystère. Donc, c'est la conversion de toute la substance du pain en la substance du corps du Christ. Les apparences demeurent, les apparences demeurent, les apparences sensibles du pain et du vin, c'est-à-dire les espèces eucharistiques, demeurent inchangées, mais ce n'est plus la même réalité. Et donc, c'est comme on l'a dit tout à l'heure. Jésus-Christ avec son corps, son sang, son âme et sa divinité qui est tout entier présent sous les espèces eucharistiques. Alors cette conversion se réalise comment ? Au cours de la prière eucharistique par l'efficacité de la parole du Christ et de l'action de l'Esprit-Saint. Alors on pourrait s'attendre à dire par l'efficacité de la parole du prêtre. Mais lorsque le prêtre parle pendant la messe et qu'il réalise cette transubstantiation, il utilise les paroles du Christ. Et d'ailleurs vous l'avez sans doute remarqué. Le prêtre, pendant la messe, ne dit pas « ceci est le corps du Christ » . Il dit « ceci est mon corps » . Et parce qu'il agit in persona Christi, dans la personne du Christ, en disant « ceci est mon corps » , par le mystère de l'ordination sacerdotale qui a fait qu'il est un autre Christ, quand il prononce ces paroles, réellement, toute la substance du pain laisse place à la substance. de Jésus-Christ, homme et Dieu, de même que toute la substance du vin laisse sa place à la substance du sang. Alors voilà le mystère. Évidemment, ça laisse place à beaucoup de questions. C'est ainsi que, de la meilleure des façons, cette notion de transsubstantiation est tout à fait indispensable pour comprendre ce qu'il advient. Alors d'ailleurs, je réponds à une petite objection. Vous allez voir, parce que toutes les apparences, tous les accidents liés au pain et au vin demeurent. La substance évidemment est invisible, mais tout ce qui est visible et sensible demeure. Donc, par exemple, le vin conserve... Le sang du Christ qui a pris la place du vin conserve non seulement son apparence de vin, mais conserve aussi les qualités matérielles qui sont des accidents du vin, comme par exemple le degré d'alcoolémie. Donc, le prêtre qui boit une burette du sang du Christ sous les apparences du vin, eh bien... reçoit de l'alcool, une quantité d'alcool qui est liée à la... puisque c'est une caractéristique de l'espèce du vin. Donc un prêtre qui boirait trop du calice, eh bien, pourrait être saoul. De la même façon, certains, vous vous rappelez à l'époque du Covid, certains disaient, quand certains ont pris le prétexte du Covid pour interdire la communion dans la bouche, Et bien, d'autres, un peu zélés, répondaient, non mais, si on reçoit le corps du Christ, il ne peut pas y avoir de maladie avec. Je suis désolé, mais c'est une erreur théologique. C'est une erreur théologique. Bien sûr qu'une maladie qui serait présente dans les espèces eucharistiques du pain peut tout à fait être transmise à un virus qui, en plus, en plus là ce serait une autre question, parce que le virus c'est une autre substance qui est présente sur le pain, mais qui n'est pas du pain. Donc, bien sûr qu'on peut attraper une maladie en recevant le corps du Christ. Et ce n'est pas du tout choquant. Donc, voilà, ça n'empêche pas qu'il faut conserver la communion dans la bouche, évidemment, surtout que dans ces cas-là, il y avait tout un tas de possibilités qui étaient données, et puis les prêtres, de bonne volonté, se sont très bien débrouillés. Mais bien sûr, on peut très bien imaginer que dans un cas d'un prêtre qui aurait une maladie gravissime, qui aurait la lait ou quelque chose comme ça, ne peut pas distribuer la Sainte Eucharistie. Et que s'il est obligé de le faire, il faudrait qu'il trouve un autre moyen pour ne pas contaminer les gens. Donc ça, il ne faut pas calquer nos désirs spirituels sur les réalités théologiques. Je ferme la parenthèse. Question suivante. La fraction du pain divise-t-elle le Christ ? Alors la fraction du pain ne divise pas le Christ. Il est tout entier et intégralement présent en chacune des espèces eucharistiques et en chacune de leurs parties. Donc il n'y a pas besoin de prendre une énorme hostie. On n'a pas plus le Christ si on prend une énorme hostie. On n'a pas moins le Christ si on ne communie pas sous les espèces du vin. On n'a pas moins le Christ si on n'a qu'une demi-hostie, parce que le prêtre n'a pas assez d'hostie, donc il les coupe en deux. Parce que la fraction du pain ne divise pas le Christ. Il est tout entier et intégralement présent dans chacune des espèces eucharistiques. Alors vous me direz, mais si c'est une poussière ? Précisément, c'est-à-dire que si c'est une poussière, eh bien, ce n'est plus les espèces du pain. Vous voyez, si c'est une poussière, on ne dit pas que c'est du pain, on dit que c'est une poussière. Et donc à partir du moment où on peut le désigner en disant que c'est une poussière, eh bien les espèces ne correspondent plus à la substance du pain. Donc, d'où la question suivante, jusqu'à quand demeure la présence eucharistique du Christ ? Eh bien elle demeure tant que subsistent les espèces eucharistiques. donc Lorsqu'elles disparaissent, par exemple par corruption, par exemple si le vin du calice tombe et est versé dans la terre, ou sur l'hôtel malheureusement, lorsqu'on ne peut plus distinguer ce qu'est le vin, il n'y a plus d'espèce du vin, et donc la présence eucaristique disparaît. De la même façon, une hostie, par exemple, si on trouve une hostie, on ne sait pas si elle a été consacrée ou pas, eh bien, on va la mettre dans l'eau pour qu'elle se dissolve, et puis ensuite, on va verser l'eau dans la terre. Eh bien, lorsque les espèces du pain sont dissoutes, lorsqu'on ne peut plus dire que ce sont les espèces du pain, eh bien, il n'y a plus de présence de caristique. Et de la même façon, dans la digestion, eh bien... il n'y a plus de présence eucharistique lorsque les espèces du pain ont disparu. C'est-à-dire assez rapidement, au bout de quelques minutes après avoir mangé. reçu comme nourriture, la présence réelle. Alors d'ailleurs, je fais une petite parenthèse, d'où l'importance de l'action de grâce après la messe. Lorsqu'on vient de recevoir la communion, c'est tout à fait effrayant de voir les gens qui s'en vont le plus vite possible pour aller faire autre chose. Il faut un minimum de se dire que Dieu vient en nous. Et alors il y a cette réflexion en plus de saint Thomas d'Aquin qui est très intéressante, qui dit lorsque... Je mange un aliment, lorsque je mange du pain, lorsque je mange n'importe quoi, de la viande, etc. Ma substance d'être humain, de ma personne humaine, est une substance supérieure à la substance purement matérielle, parce qu'il n'y a pas d'esprit dans le pain, il n'y a pas d'âme, etc. Donc, cette substance est assimilée par mon corps. Mon corps assimile cette substance et en prend la fessienne pour se nourrir, pour grandir, etc. La réalité du Christ, de la présence réelle du Christ avec son corps, son sang, son âme, sa divinité, lorsque je la reçois, c'est moi qui suis assimilé à elle et non pas le contraire. Et donc voilà pourquoi la communion et la communion fréquente est quelque chose qui nous rapproche de Dieu, qui nous rapproche du Christ et qui nous rapproche les uns des autres parce qu'on mange la même nourriture. Alors finalement, quelle sorte de culte est dû au sacrement de l'Eucharistie ? C'est le culte de l'atrie, c'est-à-dire l'adoration réservée à Dieu seul. Soit durant la célébration eucharistique, soit en dehors d'elle. Donc voilà pourquoi on se met à genoux dans les églises pendant la consécration. Voilà pourquoi on fait une génuflexion en rentrant dans une église, lorsqu'on passe devant la lumière rouge qui symbolise la présence réelle des hosties, donc la présence réelle de Dieu dans le tabernacle. L'église conserve en effet avec le plus grand soin les hosties consacrées. Elle les porte aux malades et aux personnes qui sont dans l'impossibilité de participer à la messe. présente l'hostie à l'adoration solennelle des fidèles, la porte en procession et l'invite à la visite fréquente et à l'adoration du Saint-Sacrement, conservée dans le tabernacle. Voilà ce qu'il doit faire notre foi catholique et voilà pourquoi il est important de montrer par des gestes ce qu'est notre foi catholique. Lorsqu'on passe devant le Saint-Sacrement, on se met à genoux pour montrer qu'on croit en la présence réelle. Et le fait d'avoir supprimé ces gestes d'adoration, malheureusement, a fait que beaucoup de chrétiens aujourd'hui, même ceux qui vont à la messe régulièrement, ne croient plus véritablement à la présence réelle de Dieu dans l'Eucharistie. Et c'est un grave dommage pour leur foi et c'est une grande tristesse. Alors comme d'habitude, prions le Saint-Esprit pour nous éclairer, de nous éclairer pour mieux comprendre, mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. « Venez, Esprit Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle, et vous renouvellerez la face de la terre. » Prions. Ô Dieu qui avais instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous et que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Sourcum Corda.