Speaker #0Bienvenue dans l'émission Soursum Corda, le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique, l'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast vous est proposé chaque jeudi à 17h30. sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute, le dimanche à midi. Soutenez-le, faites-le connaître autour de vous. Épisode 34, la résurrection des corps, la vie éternelle. Nous voilà donc arrivés à l'avant-dernier épisode de cette première série, de cette première saison, au sujet de la profession de la foi chrétienne. il nous reste un... examiner les dernières affirmations du credo. Nous avons, la semaine dernière, parlé de la communion des saints, la rémission des péchés, et maintenant, il nous reste la résurrection de la chair et la vie éternelle. Alors, la vie éternelle, nous en parlerons, nous commencerons cette fois-ci, et puis la semaine prochaine, nous parlerons du ciel, du purgatoire, et de l'enfer, et surtout du jugement. Mais... Commençons par ce dogme de foi, cette vérité de la foi qui est difficile à entendre, qui s'appelle la résurrection de la chair. Nous, chrétiens, nous croyons qu'à la fin des temps, nos corps ressusciteront et seront à nouveau réunis à notre âme. Alors, lisons ces points du catéchisme. Je crois à la résurrection de la chair. Que signifie le terme chair ? Quelle est son importance ? Le terme chair désigne l'homme dans sa condition de faiblesse et de mortalité. La chair est le pivot du salut. C'est une citation de Tertullian. En effet, nous croyons en Dieu, créateur de la chair. Nous croyons au verbe « fait chair » pour racheter la chair. Nous croyons en la résurrection de la chair, achèvement de la création et de la rédemption de la chair. Alors, c'est assez étonnant que le catéchisme commence par cette forme de méditation sur la centralité de ce mystère. Mais c'est très instructif, me semble-t-il. Alors déjà, c'est Tertullien qui est cité ici. Tertullien, c'est l'un des pères de l'Église, l'un des plus grands chrétiens, les plus grands auteurs chrétiens de la fin du IIe siècle, début du IIIe siècle. Il meurt, si je ne me trompe pas, vers 220. Et donc c'est vraiment une autorité. Alors ce qui est un peu étonnant, c'est qu'il n'est pas saint, il n'est pas canonisé, parce qu'il défend des thèses parfois un peu étonnantes, et pas du tout, parce que c'est un homme très radical, excessif, sans nuance. Et donc il est tout à fait controversé, et sur certains points en tout cas, il tient des opinions qui ne sont pas reconnues par l'Église. néanmoins c'est une autorité très ancienne, très importante et un témoin du christianisme et de la foi chrétienne. Et donc, le pape Benoît XVI, ici, dans ce numéro 202, mène sa réflexion sur cette idée que la chair est le pivot du salut, c'est-à-dire que, de la même façon que le mystère de la foi chrétienne, c'est Dieu qui se fait chair, et bien, comme par effet de miroir, la finalité, la fin de l'achèvement. de notre vie chrétienne, c'est lorsque notre chair elle-même, d'une certaine façon, se réunira à Dieu dans l'éternité. Donc, il y a comme une... L'infinité distance entre Dieu et la matière va être résolue à la fin des temps en une espèce d'assomption de la chair par Dieu. Alors cette... Et cette question du rapport entre Dieu et la matière est très importante en philosophie, parce qu'il faut replacer cela dans le contexte de la philosophie grecque. Pour un grec, depuis Platon, et surtout ce qu'on appelle le néoplatonisme, qui apparaît d'ailleurs à cette époque de Tertullien avec Plotin, les grecs conçoivent vraiment la matière comme l'ombre ou comme l'obscurité par rapport à la lumière. C'est-à-dire que ce qu'ils appellent matière, c'est ce qui n'est en rien spirituel. Alors ce n'est pas un principe mauvais, mais c'est ce qui n'a rien de bon. Donc c'est ce qui est tellement éloigné de l'esprit, tellement éloigné de l'esprit, que ça devient de la matière. Alors, encore une fois, ce n'est pas quelque chose de mauvais, mais c'est quelque chose qui est irréconciliable. Avec la lumière de l'esprit. Donc, et d'où tout le problème de la prédication de Saint Paul. Vous vous souvenez de cet épisode dans les actes des apôtres, où Saint Paul va à Athènes. Et il commence à prêcher à l'aréopage. L'aréopage, c'est le tribunal d'Athènes, mythiquement fondé par Athéna. Et il y a des hôtels dédiés à différents dieux, dont un dédié aux dieux inconnus. Et Saint Paul leur dit, ce dieu dont vous ne connaissez pas le nom, je vais vous révéler qui c'est, c'est Jésus-Christ. Et donc il commence à leur prêcher, et les philosophes grecs l'écoutent avec grande attention, jusqu'au moment où il leur parle de la résurrection de la chair. Et là ils disent, non, ça c'est trop difficile, ça c'est impossible. Parce que pour un grec ancien, la chair, comme je le disais, c'est tellement éloigné de l'esprit, que prêcher une religion pour laquelle le... LOL La finalité, le but serait de réconcilier la chair et l'esprit, c'est quelque chose d'impensable. Surtout que la philosophie grecque, la spiritualité grecque consiste à vivre selon l'esprit et donc à s'éloigner de la chair. Il y a une vraie spiritualité qui est la spiritualité de l'âme. Platon dit que l'âme est dans le corps comme un pilote dans un navire. C'est-à-dire que l'homme, c'est son âme. Et le corps n'est qu'un poids à porter, c'est un poids à porter qui est bien utile pour vivre ici-bas, mais l'homme lui-même c'est son esprit, c'est son âme. Et donc la mort est une délivrance, la mort est une libération, enfin le pilote peut quitter son navire et vivre tout seul. Et donc voilà pourquoi les grecs finalement chassent Saint-Paul de l'Arréopage et disent que cela est trop dur à entendre. Sauf l'un des philosophes, le fameux Denis, Denis l'Arréopagite, puisque c'est dans l'Arréopage d'Athènes que Saint-Paul le rencontre, et qui deviendra un grand théologien et qui ira à Paris fonder le diocèse de Paris, Saint-Denis. Saint-Denis l'Arréopagite. Alors, revenons à cette question, que signifie le terme ? de la chair. Donc vous voyez, la résurrection de la chair, nous explique ici le catéchisme, est vraiment centrale et pour comprendre dans le mystère de la foi, le rapport entre la chair et l'esprit, on peut dire que la contradiction de l'homme, c'est d'avoir un esprit fait pour Dieu mais dans un corps animal qui le rabaisse à l'animalité. Et bien, à la fin des temps, à la fin de notre vie, et bien notre corps sera réconcilié avec notre esprit. Alors, question suivante, 203, que signifie la résurrection de la chair ? Cela signifie que l'état définitif de l'homme ne sera pas seulement l'âme spirituelle séparée du corps, mais que le corps mortel sont aussi appelés à reprendre vie un jour. Voilà la foi, on a déjà parlé de l'âme, de la centralité de la question de l'âme, et vous le savez, je pense que c'est une question vraiment très moderne, c'est-à-dire qu'il faut retrouver le sens de l'âme. il faut que les hommes d'aujourd'hui comprennent qu'ils ont une âme et qu'ils ne sont pas comme des animaux. Et que notre âme est appelée à l'éternité, à vivre, à continuer à vivre au moment de la mort. Et donc la mort, qu'est-ce que c'est ? C'est tout simplement, en philosophie, la mort c'est la séparation entre l'âme et le corps. Le corps meurt au moment où l'âme, qui est son principe de vie, qui est son principe d'unité, se sépare de la matière. L'âme ne peut pas disparaître puisqu'elle est un principe spirituel. Et en tant que spirituel, évidemment, elle agit dans la matière, dans le corps. Elle a besoin du corps pour agir, évidemment. Mais ce principe spirituel subsiste une fois que le corps meurt. Et ce principe spirituel, c'est cette faculté intellectuelle de connaissance, d'intelligence et d'amour. Non pas dans le sens de l'attachement sentimental, parce que ça les animaux peuvent l'avoir aussi, mais au sens de la volonté, notre capacité d'être libre. Et donc l'âme va se séparer du corps, elle est dans un état de séparation, un état de ce qu'on appelle l'âme subsistante, hors du corps, sans le corps, mais ce n'est pas l'état définitif. Les corps mortels sont aussi appelés à reprendre vie un jour, alors on va voir sous quelle forme, mais c'est un peu compliqué. Mais, oui, alors pourquoi ? Quel est le motif ? C'est que Dieu nous a créés corps et âme. Alors bien sûr, il nous a créés avec ce principe spirituel qui est notre âme, etc. Mais il nous a aussi créés un corps. Et non pas comme un... Non pas comme un poids à porter, contrairement à ce que pensent les grecs, mais comme l'instrument de notre sanctification. Et donc, Dieu nous a voulu corps et âme, non pas comme dans un état passager pour qu'enfin notre âme soit un jour séparée du corps. Non, mais dans un état de perfection. Et c'est pour ça que Dieu se fait chair. Vous comprenez pourquoi c'est tellement central dans le mystère de la foi. Dieu prend une âme humaine évidemment, mais il prend aussi un corps. Et de cette façon, il sanctifie le corps. C'est en ce sens que le christianisme est la religion de la chair, de l'incarnation, de la carnalité. Donc, tous ceux qui accusent l'Église de détester tout ce qui est du rapport au corps, du rapport à la sexualité, du rapport à la vie, c'est complètement faux. Alors, il y a sans doute eu des hérésies. Oui, souvent, les hérésies consistent en cela. Souvent des hérésies qui consistent en la haine du corps et une espèce de recherche de pureté factice d'ailleurs de l'esprit qui dégénère souvent justement ensuite en très mauvais rapport au corps. Alors, donc nos corps sont appelés à reprendre vie un jour. Question suivante, quel rapport y a-t-il entre la résurrection du Christ et la nôtre ? De même que le Christ est vraiment ressuscité des morts et vit pour toujours, De même, il nous ressuscitera tous, au dernier jour, avec un corps incorruptible. Ceux qui ont fait le bien ressuscitant pour entrer dans la vie, et ceux qui ont fait le mal ressuscitant pour être jugés. C'est une citation de l'évangile de Saint Jean. Donc voilà, nous serons avec eux. Alors, aujourd'hui, actuellement, il n'y a au ciel que deux personnes, au sens philosophique de la personne, puisque, comme je viens de le dire, la personne c'est corps et âme. Or, il n'y a que deux âmes qui sont unies à leur corps. actuellement au ciel, à savoir Jésus, évidemment, qui est monté au ciel avec son corps et la très sainte Vierge Marie qui a été assumée, dans son assomption, qui a été prise vers le ciel par Dieu avec son corps. Donc, il n'y a que ces deux personnes humaines. On pourrait dire qu'il y a des personnes angéliques et des personnes divines, mais des personnes humaines, il n'y a que Jésus-Christ et la Sainte Vierge. Les autres âmes, alors il y a des âmes qui sont au ciel. mais elles ne sont pas encore réunies avec leur corps ressuscité. Donc il y a encore un état d'imperfection, et c'est au moment du jugement, au moment de la fin des temps, que les corps ressusciteront et seront à nouveau réunis à là. Alors évidemment, vous êtes en train de vous dire, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que je vais récupérer le corps quand j'étais jeune et beau, ou est-ce que je vais récupérer le corps de misère que je traîne aujourd'hui ? Alors, on va essayer de répondre à cette question. Donc c'est la question suivante, à la mort, qu'arrivera-t-il à notre corps et à notre âme ? À la mort, l'âme et le corps sont séparés. Le corps tombe en corruption, tandis que l'âme, qui est immortelle, va vers le jugement de Dieu, et attend d'être réunie au corps quand il sera transformé lors du retour du Seigneur. Comprendre comment se produira la résurrection dépasse les capacités de notre imagination et de notre entendement. Donc voilà, la réponse à la question, c'est trop difficile, on ne sait pas. Alors j'ai essayé quand même de vous donner quelques éléments. D'une part, celui qu'on a vu ressusciter, le corps ressuscité que certains hommes ont vu, c'est évidemment le corps de Jésus-Christ. Et en ce sens, on sait que le corps du Christ était un corps magnifique, un corps parfait, le corps du ressuscité, mais qui avait toujours, qui portait toujours en lui les marques de sa passion. Souvenez-vous que saint Thomas, l'apôtre qui doutait, qui met les doigts dans les plaies de sa main et de son côté. C'est intéressant, c'est un corps qui passe à travers les murs aussi, puisque les impôts sont enfermés dans le Cénacle, le Christ apparaît. C'est aussi un corps difficile à reconnaître, puisque Sainte Marie-Madène, qui pourtant était la femme la plus proche du Seigneur, qui avait vécu avec lui, etc., ne le reconnaît pas immédiatement. Elle croit que c'est le jardinier. Elle dit, qu'avez-vous fait du corps de mon maître ? Et quand il lui parle, quand il s'adresse à elle, alors elle le reconnaît. Souvenez-vous aussi des disciples d'Emmaüs ? qui passent toute la journée à marcher avec le Christ et qui ne le reconnaissent pas. Donc c'est assez étonnant, ces caractères, voilà ce qu'on peut dire du corps du Christ ressuscité. Alors, appliqué à nous, ce qu'on peut en dire, c'est que nos corps ressusciteront dans un état de perfection, dans un état de beauté corporelle, évidemment. Alors, est-ce que ça veut dire de tel ou tel âge ? Il y a eu des théories qui ont été faites. Un corps, c'est différent pour les hommes et les femmes, peut-être. Je ne sais pas si une femme a le corps parfait à 16 ans ou à 18 ans, et un homme plutôt à 25 ou 30. Je ne sais pas, je vous laisse méditer là-dessus. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que notre corps ne portera pas les... les défauts de la matière. Parce que c'est ça qui est en contradiction avec notre esprit, c'est qu'il faut porter les faiblesses du corps, les maladies, les infirmités, etc. Et évidemment, celui qui meurt écrasé par un train, il ne va pas ressusciter avec un corps écrasé par un train. On est bien d'accord. Donc ce sera un corps spirituel, mais véritablement... Attendez, j'ai dit une bêtise. Ce sera un corps matériel, mais qui aura une sorte de perfection de la matière, qui ne sera plus soumise aux lois... de la matière et donc aux lois de la mort et de la fatigue, de la décomposition, de la maladie, de la faiblesse, etc. Néanmoins, comme je le disais dans le cas du Christ, certainement notre corps conservera les marques de gloire qui ont été les siennes pendant que notre âme l'a utilisée, ici-bas. Donc celui qui peut-être qui est... qui est mort martyr, mais il aura la marque de son martyr. Évidemment, il n'aura pas les souffrances qui vont avec. Évidemment, ce sera un corps sans souffrance. Mais il y aura une certaine carnalité. On va récupérer notre corps sous une... Et comme le dit, encore une fois, le catéchisme ici, comment cela se produira dépasse les capacités de notre imagination et de notre entendement. Donc on peut faire des hypothèses, mais sans avoir de certitude. En tout cas, ce sera bien fait. Ce sera bien fait, il n'y aura pas de problème et ce sera évidemment un état de perfection. Alors, enfin, dernière question sur ce sujet. Que signifie mourir dans le Christ Jésus ? Cela signifie... Parce que... Attendez, pourquoi mourir dans le Christ Jésus ? Parce que ce sont ceux qui sont morts dans le Christ. Cela signifie... mourir dans la grâce de Dieu, sans péché mortel. Celui qui croit au Christ et qui suit son exemple peut ainsi transformer sa mort en acte d'obéissance et d'amour envers le Père. Citation de la deuxième épée de Timothée, chapitre 2 Cette parole est sûre, si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons. Voilà finalement le cœur, enfin l'un des cœurs j'ai dit ça pour plusieurs vérités de la foi mais une vérité de la foi qui est évidemment fondamentale et malheureusement ... qu'on oublie trop souvent, alors qu'elle est pourtant tout à fait indispensable. A savoir que nous sommes faits pour la vie éternelle. Voilà ce que les prêtres doivent prêcher, voilà ce qu'on devrait entendre chaque dimanche à la messe. Nous sommes faits pour la vie éternelle. C'est-à-dire qu'il y a une autre vie après. Et ce qui est important, c'est de bien vivre ici-bas pour bien vivre dans l'éternité. Nous sommes dans un passage, dans un voyage, et ce serait dommage d'oublier que le but du voyage, c'est d'arriver à un but. Finalement, c'est toute l'histoire de notre vie chrétienne. on s'attache à ce monde on s'attache à nos... à nos petites possessions ici-bas, aux choses que l'on a, aux choses que l'on est, à notre pouvoir, dès qu'on a un petit pouvoir, on s'y attache comme quelque chose d'essentiel. Si on nous dit que les choses vont changer, qu'on va évoluer, qu'on doit changer, si les événements, la Providence fait que les choses doivent changer, on est paniqué parce qu'on a l'impression qu'on va tout perdre. Eh bien, voilà, oui, le bon Dieu veut qu'on perde tout. Qu'on perde tout pour nous rappeler qu'on n'est pas fait pour cette vie. pour cette existence ici-bas et pour accumuler des choses ici-bas. On est fait pour utiliser les biens d'ici-bas en vue de notre vie éternelle. Et le but de cette vie, c'est de mourir dans la grâce de Dieu. Voilà quelle doit être la préoccupation quotidienne du chrétien. Et on le verra par la suite, quand on étudiera les sacrements, la morale, etc. Toute la préoccupation du chrétien, c'est de vivre dans la grâce de Dieu, sans péché mortel, c'est-à-dire sans être désuni à Dieu, sans être en état d'inimitié avec Dieu. Si nous mourons avec lui, nous vivrons avec lui. Alors, nous arrivons au point suivant, qui est la dernière affirmation du credo. Je crois à la vie éternelle. Voilà, je crois à la vie éternelle. On avait commencé le credo par « je crois en Dieu » . Le Père Tout-Puissant. Et le credo se termine par « Je croise à la vie éternelle » . Alors qu'est-ce que la vie éternelle ? La vie éternelle est la vie qui commence aussitôt après la mort. Elle n'aura pas de fin. C'est une vie, une autre vie, et elle n'aura pas de fin. Elle sera précédée pour chacun par un jugement particulier prononcé par le Christ, juge des vivants et des morts, et elle sera scellée au jugement final. Alors, il nous faut maintenant étudier. le jugement, et puis ce qu'il va advenir des âmes. Je précise juste avant que ce jugement particulier, c'est très important en lien avec ce qu'on a dit avant, au moment de la mort, puisque l'âme se sépare du corps, l'âme reste fixée. dans l'état où elle était, fondamentalement, au moment de la mort. Et ça, c'est toute la philosophie de saint Thomas d'Aquin, c'est-à-dire que, puisque l'âme et le corps sont faits pour faire une seule personne, lorsque l'âme est séparée du corps, l'âme ne peut plus vivre comme une personne, donc elle ne peut plus prendre de décision. C'est tout le problème de l'âme séparée, c'est-à-dire que l'âme ne peut plus, parce qu'une âme humaine a besoin du corps, justement pour agir, pour connaître. et pour prendre des décisions. Donc lorsque la personne meurt, l'âme reste fixée dans l'état dans lequel elle était au moment de la mort. Voilà pourquoi la vie après la mort est éternelle. Parce que celui qui meurt en état d'amour de Dieu, continue de façon inexorable, éternellement, vers cette infinité de l'amour de Dieu et se rapproche sans arrêt de la perfection divine. Celui qui meurt en état de haine de Dieu, lorsqu'il meurt, il s'éloigne. Celui qui tourne le dos à Dieu, il continue pour l'éternité à s'éloigner infiniment de Dieu comme source de lumière. Et voilà, on va voir, c'est ça qu'est l'enfer. C'est l'absence de Dieu et toutes les conséquences négatives que cela a, puisque nous sommes faits pour Dieu. Mais avant de parler du ciel, du purgatoire et de l'enfer... Revenons sur le jugement particulier. Alors qu'est-ce que le jugement particulier ? C'est le jugement de rétribution immédiate que chacun, à partir de sa mort, reçoit de Dieu en son âme immortelle, en relation avec sa foi et ses œuvres. Cette rétribution consiste dans l'accession à la béatitude du ciel aussitôt ou après une purification proportionnée ou au contraire à la condamnation éternelle de l'enfer. Alors j'aimerais ici dire plusieurs choses. La première, c'est que ce jugement particulier, eh bien, il n'y a rien à en craindre. Dans le sens où Dieu est un juge absolument juste. Et tout le monde sera d'accord avec la sentence prononcée. C'est-à-dire que celui qui est condamné à l'enfer, il ne se met pas à pleurer en disant « non, pitié, je veux aller au ciel » . Non, non, non, non. Celui qui est condamné à l'enfer, eh bien, il dit « oui, vous avez raison, c'est ça que je mérite, c'est juste » . Et même, il le désire. Comme je l'ai dit, celui qui meurt en état d'inimitié avec Dieu, au moment du jugement, il veut fuir Dieu. Il veut s'éloigner de Dieu. Et donc, il préfère courir en enfer plutôt que de supporter cet amour de Dieu qu'il déteste, contre lequel il a voulu se dresser. Évidemment, un péché mortel, c'est une faute grave. Ce ne sont pas les choses qu'on fait sans faire exprès ou qu'on regrette en disant, pardon mon Dieu. Si on dit pardon mon Dieu, on se retourne vers Dieu pour chercher son... Évidemment ça. son pardon, sa miséricorde et sa lumière. Mais, certains me disent oui, mais comment est-ce qu'on pourrait être heureux au ciel si je sais qu'il y a des gens de ma famille ou des gens que j'aime qui sont en enfer ? En fait, ce ne sera pas le cas. C'est-à-dire que tous ceux qui seront en enfer, tout le monde se réjouira que les méchants soient en enfer. Et tout le monde dira mais évidemment, c'est ça la peine qu'il mérite, c'est ça qu'il a voulu, et il n'y aura aucun regret. Il n'y aura plus de temps. Le regret, on l'a ici-bas et heureusement, c'est ça qui nous donne de l'espérance. on peut la voir toujours ici-bas Et lorsque, dans un jugement particulier à la mort d'un méchant, de celui qui est en haine de Dieu, lorsqu'il sera condamné, tout le monde s'en réjouira, y compris moi-même, y compris les personnes qui connaissaient cette personne. Et Dieu ne juge que, je dis, c'est un juste juge qui connaît le secret des cœurs, c'est-à-dire qu'il ne juge pas sur les apparences et il ne peut pas se tromper. C'est pas un juge où on dit mais non mais il n'a pas compris que j'avais essayé mais j'ai pas réussi. Non, Dieu il voit toutes les luttes intérieures, toutes les bonnes volontés, toutes les bonnes oeuvres, tous les biens que chacun fait. Et évidemment il tient compte de tout cela. Donc le jugement n'est pas du tout quelque chose de désagréable. Au contraire, enfant va être manifesté tout le bien qu'on a pu faire dans cette vie, toutes les souffrances qu'on a supporté avec patience. Celui qui a souffert dans son enfance, qui a été brimé, qui a été abusé, que sais-je, évidemment, ce sera manifesté, dans le sens, ce sera mis à son crédit de souffrance subie, et ça excusera beaucoup de choses aux yeux de Dieu. Donc, ou celui qui, je prends ça comme exemple, mais dans le sens où il n'y aura pas, le voleur qui a volé quelque chose, on ne lui dira pas, tant pis, tu n'as pas eu de chance. Non, non, le bon Dieu au contraire manifestera qu'il a donné toutes les chances, toutes les possibilités et qu'il juge en toute vérité. Tout sera manifesté. Et puis, deuxième chose que je voulais dire, c'est répondre à cette objection que certains, évidemment, peuvent dire. Oui, mais c'est n'importe quoi, on n'aime pas Dieu par peur du jugement, c'est n'importe quoi de faire ça, les religions manipulent les hommes, on leur fait peur, l'enfer, etc. Eh bien, l'autre jour, en entendant les informations... Comme tout le monde, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais il y a un garçon de 15 ans qui a tué une de ses camarades de classe de 57 coups de couteau. Je me disais, peut-être que si ce garçon de 15 ans, il avait entendu un prêtre qui lui avait parlé de la vie éternelle, du jugement de Dieu, du ciel et de l'enfer, peut-être qu'il n'aurait pas fait ça. Aujourd'hui, on assiste à un tas d'actes de barbarie, souvent chez des jeunes. précisément parce que On a oublié la gravité de nos actes et leur détermination pour l'éternité et la valeur éternelle de ce qu'on fait. Et avoir peur de déplaire à Dieu, avoir peur du jugement divin et donc de la punition que l'on mérite, c'est évidemment une bonne chose, au moins dans certains cas, au moins pour certains. Pour nous-mêmes évidemment, parce que si l'on pensait un peu plus à notre destinée éternelle, évidemment on éviterait certains péchés. On éviterait les péchés graves, sachant qu'ils nous séparent de Dieu et qu'ils nous méritent donc pour nous l'enfer. Alors il nous reste à étudier le ciel, le purgatoire et l'enfer. Et nous ferons ça la semaine prochaine dans le dernier épisode de cette première saison. Comme toujours, prions l'Esprit Saint de nous éclairer pour mieux comprendre, mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. « Venez, Esprit Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre Esprit, Seigneur, il se fera une création nouvelle et vous renouvellerez la face de la terre. » Prions. Ô Dieu qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations, par Jésus-Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous, et que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Sourcoume Corda.