Speaker #0Bienvenue dans l'émission Sourcoume Corda Le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique. L'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast est proposé chaque jeudi à 17h sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute le dimanche à midi. Soutenez-le, faites-le connaître autour de vous. Saison 2, épisode 7, le baptême est nécessaire au salut. Alors nous revenons aujourd'hui sur la question du baptême que nous avions déjà commencé à aborder la fois précédente. Nous avions parlé la semaine dernière de la question du rite du baptême, donc du sacrement proprement dit avec l'eau et la formule trinitaire, et puis des rites ajoutés, des sacramentaux que l'on ajoute. Et il est vrai que j'ai oublié de dire la semaine dernière que ces rituels du baptême, que l'église catholique nous demande de faire bien sûr, et bien dans leur formule traditionnelle, ils sont composés en partie d'exorcismes. D'exorcismes qui sont très beaux et dont la disparition dans les formules nouvelles est à mon sens d'hommage. Alors évidemment ça ne change rien au sacrement, le sacrement reste le sacrement, mais ces exorcismes explicités, comme s'il déployait ce qui est contenu dans le baptême lui-même, dans le sacrement du baptême lui-même, à savoir le fait que le prêtre, par le pouvoir de l'église, ordonne au démon de ne pas prendre son... de ne pas avoir d'empire, d'emprise sur le baptisé. Et il y a aussi, dans les baptêmes d'adultes, il y a cette cérémonie magnifique de la profession de foi, évidemment, mais qui est précédée de ces prières à l'extérieur de l'église où le baptisé récite le Notre Père, il récite des prières, puis ensuite en rentrant dans l'église, il s'allonge par terre pour montrer qu'il se dépouille de l'homme ancien et qu'il va avancer vers le... Le baptistère, il va avancer vers l'autel revêtu de l'homme nouveau, donc rené de cette nouvelle naissance que donne le baptême. Alors, continuons cette étude du sacrement du baptême, non plus en nous intéressant au rite du sacrement, mais à ses effets. En particulier, d'abord, le ministre du baptême. Qui peut baptiser ? Les ministres ordinaires du baptême sont l'évêque et les prêtres. Dans l'église latine, il y a également le diacre. En cas de nécessité, toute personne peut baptiser, pourvu qu'elle ait l'intention de faire ce que fait l'église. Celui qui baptise verse de l'eau sur la tête du candidat et prononce la formule baptismale trinitaire « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » . Alors voilà, c'est une question que l'on me pose souvent et effectivement, en cas d'urgence, en cas de nécessité, n'importe qui peut baptiser. La semaine dernière j'avais mentionné ce cas d'un pompier qui s'est retrouvé avec un petit enfant qui venait de mourir sans le baptême et qu'il avait baptisé. J'avais mentionné aussi le cas de père de famille qui avait baptisé des enfants qui risquaient de mourir, dont un qui était mort quelques instants après sa naissance. Et donc effectivement ce sont là des cas de nécessité. C'est évident que le prêtre ne va pas aller dans la salle d'accouchement, c'est une question de convenance. Et donc il faut qu'il y ait quelqu'un. que ce soit le père ou le médecin ou une infirmière, n'importe, évidemment, qui, là, puisqu'on est dans un cas de nécessité, peut tout à fait baptiser. Alors, ce qui est requis de la part de la personne qui baptise, c'est la validité du sacrement. Alors, la validité du sacrement, je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, elle repose dans la matière utilisée, ici c'est de l'eau, et dans la forme utilisée, c'est-à-dire dans la formule, ici, qui est utilisé, donc « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » . Évidemment, il faut aussi avoir l'intention. Parce que, vous voyez, si, prenons un exemple, comme ça m'est arrivé, j'ai appris à un père de famille à baptiser celui qui a baptisé son enfant, j'ai appris à plusieurs pères de famille à baptiser, j'ai pris de l'eau, j'ai versé sur la tête de quelqu'un, en disant, tu dis, je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Si je ne l'ai pas fait avec l'intention de baptiser, les critiques pour... pour enseigner comment ça marche, alors il n'y a pas de baptême. C'est pas une formule magique qui, dès qu'elle est prononcée, serait efficace. Dans le cas du baptême, c'est un peu ridicule, parce que ça n'existe pas de verser de l'eau sur la tête de quelqu'un. Mais par exemple, dans le cas de l'Eucharistie, si je suis à table avec des confrères et qu'on discute de la messe, c'est que... je dis les paroles, ceci est mon corps, ceci est mon sang, il est évident que le pain qui est posé sur la table n'est pas automatiquement le corps du Christ. Il faut que j'ai l'intention de le faire. Si je prends un morceau de pain, effectivement, comme prêtre, si je dis ceci est mon corps, alors de fait, oui, ça fonctionne, j'ai l'intention de réaliser le sacrement. Donc vous voyez que dans le cas de l'Eucharistie, c'est plus évident que l'intention est nécessaire pour faire de cette formule... une formule échicace qui devient une formule sacramentelle. Ce n'est plus simplement une suite de mots, mais c'est une suite de mots auxquels je donne le sens et l'intention de faire quoi ? De faire ce que fait l'Église. Donc dans le cas du baptême, c'est très important parce que la seule chose qui est requise de la personne qui donne le baptême, c'est qu'elle ait l'intention de faire ce que fait l'Église, et les théologiens précisent, même si elle ne sait pas ce que fait l'Église. De la même façon, c'est vrai pour tous les sacrements, et c'est très rassurant, parce que ça veut dire que si vous allez à la messe, ou vous allez vous confesser à un prêtre qui n'a pas la foi, ou qui a tellement mal étudié la théologie qu'il a une foi erronée, eh bien ça ne change rien, parce que s'il a l'intention de faire ce que fait l'Église, eh bien il réalise véritablement le sacrement. Même s'il a une fausse idée de ce qu'est le sacrement. Alors, ça c'est nécessaire pour que la sanctification des fidèles soit efficace, malgré la nullité ou la méchanceté des prêtres, enfin de ceux qui donnent les sacrements. Donc, vous voyez, dans le cas, on imagine quelqu'un, je ne sais pas, dans un pays bouddhiste, qui est en train de mourir d'une maladie ou d'un accident, et bien il peut très bien demander à la première personne qui passe par là, verse de l'eau et dit ces paroles, je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Alors on pourrait dire que c'est valable évidemment dans toutes les langues, du moment qu'il y a l'idée de baptiser et l'idée de Père, Fils et Saint-Esprit. Donc voilà, c'est la matière, la forme et l'intention, bien sûr. Alors, après avoir explicité qui peut baptiser, qui peut être le ministre du baptême, J'ajoute évidemment que le ministre, comme je l'ai dit, je l'ai lu dans cette réponse, les ministres ordinaires sont l'évêque, les prêtres et les diacres pour l'église latine. Et d'ailleurs, je l'avais aussi mentionné la semaine dernière, ce qui est très important, d'ailleurs ce qui a été un élément structurant de notre civilisation occidentale, c'est le fait que les baptêmes ont été très rapidement inscrits dans des registres. Parce que, pour qu'il y ait une trace, pour qu'il y ait une trace de la... du fait qu'un tel est chrétien et ensuite dans le registre du baptême, bien sûr, on ajoute les mentions marginales lorsque la personne change d'état. Par exemple, si quelqu'un se marie, alors on va retranscrire dans le registre du baptême, dans l'original, le fait que la personne est mariée. Ou quand la personne retoit les ordres sacrés pour devenir prêtre ou évêque, eh bien c'est ajouté dans les mentions marginales de... du registre d'origine. Comme ça, ce qu'on fait d'ailleurs pour un mariage, le prêtre qui prépare un couple au mariage doit demander, à l'endroit où est conservé l'original du registre, du lieu du baptême, il doit demander un extrait du baptême pour vérifier que les deux personnes qui veulent se marier ne sont pas déjà mariées par ailleurs avec quelqu'un d'autre. Donc, d'où l'importance d'avoir ces registres, et c'est ça qui permet aujourd'hui de retrouver, de retracer des générations entières et les origines de nos familles, par exemple. Alors, on en arrive maintenant à une question, évidemment, cruciale. Le baptême est-il nécessaire pour être sauvé ? Alors, la réponse est la suivante. Le baptême est nécessaire... pour ceux auxquels l'évangile a été annoncé et qui ont la possibilité de demander ce sacrement. Alors le baptême, je répète, le baptême est nécessaire pour ceux auxquels l'évangile a été annoncé et qui ont la possibilité de demander ce sacrement. Alors cela, cette nécessité du baptême vient évidemment du Christ lui-même, qui dit, c'est le chapitre 3 de saint Jean, « Amen, amen, je vous le dis, personne a moins de naître de l'eau et de l'esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. On verra ce que ça veut dire juste après. Mais il y a un autre passage de l'évangile de saint Marc, chapitre 16. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. Celui qui ne croira pas ou qui refusera de croire sera condamné. Alors voilà, et puis il y a un autre passage qui est tiré de l'épître de saint Paul à Timothée. Dieu veut... Que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Donc, la doctrine de l'Église est très simple. C'est, comme on l'a déjà explicité la fois dernière, c'est la foi en Jésus-Christ qui nous sauve. Mais cette foi en Jésus-Christ, d'après le Christ lui-même, implique le baptême. Alors, d'où la nécessité. Alors, pour ceux qui ont la possibilité de demander ce sacrement, évidemment, le baptême est nécessaire. Question qui vient immédiatement après, c'est le numéro 262. Peut-on être sauvé sans le baptême ? Réponse est beaucoup plus développée. Parce que le Christ est mort pour le salut de tous les hommes, peuvent aussi être sauvés sans le baptême ceux qui sont morts à cause de la foi, entre parenthèses, ceux qu'on appelle le baptême du sang, les catéchumènes, et de même ceux qui, sous la motion de la grâce, sans avoir la connaissance du Christ ni de l'Église, recherche sincèrement Dieu et s'efforce d'accomplir sa volonté. Entre parenthèses, baptême de désir. Quant aux petits-enfants morts sans baptême, l'Église, dans sa liturgie, les confie à la miséricorde de Dieu. Alors ici, il y a des éléments très importants. On distingue dans le baptême, en fait, le baptême de l'eau, donc ceux qui ont reçu le sacrement dont on parle depuis le début, le baptême du sang, donc ceux qui sont morts à cause de la foi, parce qu'ils professaient la foi chrétienne, les martyrs. Et puis le baptême de l'esprit, le baptême dans l'esprit, qu'on appelle autrement baptême de désir. Alors tout ça a plusieurs significations. Le baptême de désir peut signifier d'une part les catéchumènes, évidemment celui qui commence à étudier le catéchisme en vue du baptême. d'une certaine façon, fait déjà profession de foi, puisque son étude du catéchisme est en vue du baptême, et donc il professe la foi, il veut développer sa foi, en vue de la profession de foi qui va aboutir au baptême. Et donc, évidemment, d'une certaine façon, il est déjà sauvé, parce que le baptême ne va être que l'accomplissement, la manifestation extérieure de sa croyance en Jésus-Christ sauveur. Donc un catéchumène qui mourrait quelques jours avant son baptême, bien sûr, serait sauvé. par ce baptême de désir. Mais la notion de baptême de désir, d'après les théologiens les plus traditionnels, est bien plus large que ça. Parce que, et ici le catéchisme est très précis, de même ceux qui, sous la motion de la grâce, sans avoir la connaissance du Christ ni de l'Église, recherchent sincèrement Dieu et s'efforcent d'accomplir sa volonté. D'une certaine façon, celui qui, au moment de mourir, même s'il n'a jamais connu Jésus-Christ, et l'Église et le baptême, Si on lui présentait en toute objectivité ce qu'est le Christ sauveur, ce qu'est l'Église et ce que sont les sacrements, eh bien il dirait oui, il dirait je veux être baptisé. Donc ce désir du baptême peut être implicite, il n'est pas nécessairement explicite. Les catéchumènes sont ceux qui ont explicité ce désir du baptême, tandis qu'il y a une foule d'hommes qui n'ont pas explicité, donc c'est un désir implicite du baptême. Alors c'est grâce à ça évidemment... que tous les hommes de l'Ancien Testament, ceux qui n'ont pas eu accès à la révélation, ceux qui n'étaient pas membres du peuple élu, et puis tous ceux du Nouveau Testament qui n'ont pas eu accès à l'Évangile, peuvent évidemment être sauvés. Pourquoi ? Parce que le salut que Dieu apporte, déjà Dieu veut le salut de tous les hommes, et le salut, la grâce, on avait discuté de ça, on l'avait développé dans la... à plusieurs reprises dans la première saison, la grâce que nous apporte le Christ n'est pas quelque chose qui vient renverser ou qui vient changer les exigences de la nature humaine. Mais la grâce est quelque chose qui vient surélever, perfectionner et guérir des blessures du péché. Cette nature humaine. Ce que cela signifie, on voit une conséquence très précise ici, c'est que celui qui, sans faute de sa part, parce qu'il n'a jamais eu connaissance de la prédication de l'évangile, donc ni du Christ ni de l'Église, celui qui naturellement a recherché sincèrement Dieu, et s'est efforcé d'accomplir sa volonté, c'est-à-dire qu'il a suivi de façon naturelle la loi naturelle, à savoir les dix commandements. Et que s'il a fait du mal, il a demandé naturellement pardon à Dieu du mal qu'il avait fait. Et aux hommes qu'il avait offensés. Eh bien, celui-là est juste. Celui-là est juste. Et donc, parce qu'il a suivi la loi naturelle, si on lui avait proposé la foi, si on lui avait proposé le salut par Jésus-Christ, il aurait évidemment dit oui. Donc, c'est heureusement... C'est rassurant, j'allais dire, pour les gens, tous les gens qu'on connaît qui ne sont pas de culture chrétienne, et bien ils ont tout à fait une possibilité de se sauver en étant sincères dans leur désir de suivre la loi naturelle, c'est-à-dire les dix commandements. On l'avait déjà dit, mais je le répète, les dix commandements donnés par Dieu ne sont pas des commandements absurdes qui s'ajouteraient pour tester les hommes. Les dix commandements donnés par Dieu ne sont rien d'autre que l'expression positive de... du mode d'emploi de la nature humaine, c'est-à-dire de la loi naturelle qui est le mode d'emploi, les rails sur lesquels la nature humaine doit avancer pour aboutir à son perfectionnement, à son accomplissement. Évidemment, la grâce surélève et donne quelque chose qui va bien au-delà des possibilités de la nature. Donc, il faut ajouter néanmoins, évidemment, qu'avec la grâce, Il est difficile de suivre l'enseignement de Dieu, de suivre cette loi naturelle, et donc sans la grâce, c'est encore plus compliqué. J'ajoute au sujet de la grâce que le catéchisme ajoute ici, c'est très important théologiquement, il dit que ceux qui, sous la motion de la grâce, sans avoir connaissance du Christ et de l'Église, ont recherché sincèrement Dieu, et se sont efforcés d'accomplir sa volonté. C'est-à-dire que celui qui fait le bien, qui recherche sincèrement Dieu et s'efforce d'accomplir sa volonté, a été mue d'une certaine façon par la grâce, au moins une grâce qui le portait vers le Christ, donc qui le portait vers le baptême. Dernier point que je voulais mentionner ici, je pense qu'il y a aujourd'hui dans nos sociétés décadentes occidentales, beaucoup de monde, beaucoup de gens qui ont une telle idée fausse sur le Christ et l'Église. qu'il est même compréhensible qu'il n'y adhère pas. Vu dans les médias toutes les horreurs qui sont racontées par les ennemis de l'Église. qui font les intéressants, et puis vu sans doute aussi l'obscurité ou le brouillard dogmatique, doctrinal, qui malheureusement a envahi l'Église dans ces dernières décennies, eh bien on peut penser qu'il y a beaucoup de gens qui... n'ont pas d'accès à l'évangile. Vous voyez, avoir accès au Christ et à l'Église, ça ne veut pas seulement dire pouvoir consulter l'évangile ou le catéchisme en cherchant sur Internet. Ça veut dire aussi en avoir eu une image qui ne soit pas tellement négative que ça en ait été repoussant. Je pense que vous voyez ce que je veux dire. C'est-à-dire que dans nos sociétés occidentales, il y a plein de gens qui... Bien sûr, ils auraient pu connaître le Christ et l'Église et le catéchisme, mais ils ont eu une telle vision que, eh bien, ils n'ont pas fait la démarche, exactement comme un Indien en Amérique latine avant l'arrivée des premiers missionnaires. Donc, voilà donc ce baptême de désir, vous voyez, ça peut être un baptême de désir implicite. et même implicite au sens de malgré une explicitation extérieure négative. J'espère que vous voyez ce que je veux dire. Et donc, heureusement, ça donne tout homme à la possibilité de faire son salut. Et quoi qu'il en soit, tout homme est sauvé, non seulement par le Christ, mais aussi par le baptême. Donc, parfois, encore une fois, par un baptême de désir, de désir implicite, mais c'est toujours avec le baptême que l'on est sauvé. Donc, on comprend ainsi la phrase du Christ que j'ai citée tout à l'heure. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, puisque le baptême est la conséquence de la foi. Celui qui refusera de croire sera condamné. Donc, celui qui volontairement... a rejeté la foi, a rejeté Dieu, a rejeté le salut venu du Christ, alors lui, effectivement, ne peut pas être sauvé. On l'avait vu quand on l'avait étudié les fins dernières, la peine de l'enfer, la damnation, personne n'est damné sans faire exprès. Personne n'est damné en disant « Non, non, non, attendez, laissez-moi une chance » . Non, celui qui est damné, c'est celui qui a eu la confession, la possibilité, la connaissance explicite du Christ et qui l'a rejeté. Enfin, dernier point sur cette question, cette dernière phrase que je viens de lire. « Quant aux petits-enfants morts sans baptême, l'Église dans sa liturgie les confie à la miséricorde de Dieu » . Alors ça, effectivement... C'est l'une des difficultés ou des mystères de la foi, puisque, si vous avez suivi ce que je dis depuis plusieurs épisodes, pour être sauvé, il faut adhérer à Jésus-Christ et donc recevoir le baptême. Mais pour adhérer à Jésus-Christ, il faut que cette adhésion ait été volontaire. On ne peut pas baptiser quelqu'un sans qu'il soit au courant. Je ne peux pas prendre quelqu'un dans la rue, il va du haut de mon balcon, balancer de l'eau et dire vous êtes baptisé comme ça, il y aura plein de gens baptisés. Il faut que la personne soit capable de faire un acte volontaire. Alors, pour les adultes, c'est clair, c'est évident. Pour les enfants, eh bien, on peut dire que c'est la volonté de leurs parents. C'est-à-dire que les parents ont fait un acte de volonté en demandant le baptême pour eux. C'est ce que je disais la fois dernière que dans la... Dans la liturgie traditionnelle du baptême, le prêtre s'adresse à l'enfant en lui disant « voulez-vous être baptisé ? » ou « que demandez-vous à l'église ? » Et donc c'est l'enfant qui répond. Alors évidemment, ce sont les parents et la marraine qui répondent symboliquement, mais c'est l'enfant qui répond, et les parents et la marraine répondent au nom de l'enfant. Pour que, d'une certaine façon, ce soit un acte volontaire, et donc que le baptême ne soit pas reçu involontairement. Il reste le cas des petits-enfants morts sans baptême. C'est-à-dire ? Un enfant dont les parents ne sont pas chrétiens ou dont les parents n'ont pas voulu le baptiser, comment est-ce que lui, s'il n'a pas posé d'acte volontaire, comment est-ce qu'il peut recevoir la grâce pour être sauvé ? Alors, il y a ici plusieurs options. Il y a une option qui était un peu l'option classique pendant longtemps en théologie, c'était la thèse de ce qu'on appelle les limbes. les limbes étant que évidemment ce sur quoi tout le monde est d'accord c'est que un enfant qui a le péché originel ne peut pas être puni d'une peine éternelle s'il n'a pas posé un acte volontaire on ne peut être puni que d'un acte qu'on a commis et les enfants même s'ils ont le péché originel ils n'ont pas commis le péché originel ils l'ont reçu mais ils ne l'ont pas commis donc nul ne peut être condamné pour un acte qu'il n'a pas commis alors comment est-ce que Dieu dans cette économie du salut comment est-ce que le l'homme. Le salut arrive jusqu'aux enfants. Et bien, la thèse des limbes, c'était que ces enfants morts sans baptême, évidemment, ils sont appelés à une vie heureuse et à la perfection de leur vie naturelle, de la vie humaine, dans l'éternité. C'est-à-dire que leur âme immortelle, elle vit, elle ne veut évidemment pas être punie et donc elle ne va rien rater de ce pourquoi elle a été créée. Et donc les limbes, c'est ce monde, alors c'est une théorie théologique, c'est ce monde dans lequel tous ceux qui meurent sans le baptême, sans avoir posé d'acte ni bon ni mauvais, parce qu'ils n'avaient pas eu la possibilité de poser cet acte comme enfants, se retrouvent dans un monde parfait, où il n'y a évidemment pas de souffrance, pas de malheur, pas de déception ni rien, mais qui ne peut pas être le paradis au sens où... On l'a étudié au sens où le chrétien l'entend, puisque le paradis c'est la vision, le paradis consiste essentiellement dans la vision béatifique, c'est-à-dire la vision de Dieu dans son essence. Or cela dépasse les capacités de la nature humaine. On l'a bien dit à plusieurs reprises que c'est une récompense surnaturelle, donc il va au-delà des capacités de la nature. Et donc l'enfant qui meurt sans la grâce, sans avoir reçu la grâce dans son âme, n'a pas ces capacités. puisque ces capacités, c'est comme un upgrade, c'est comme quelque chose qui me porte au-delà de ce que ma simple nature est capable de faire. Donc, dans le cas des enfants morts sans baptême, puisqu'ils n'ont pas la grâce, ils ne peuvent pas accéder à cette surnaturalité, à ce domaine surnaturel, ils ne peuvent que posséder en perfection la nature humaine. Alors, c'est une option, effectivement, qui a le mérite de la cohérence. Elle n'est pas obligatoire, c'est une théorie théologique, et c'est pour ça qu'ici le catéchisme dit simplement l'Église confie, pour les petits-enfants morts sans baptême, l'Église dans sa liturgie les confie à la miséricorde de Dieu. Il y a d'autres théologiens, tout à fait catholiques et tout à fait traditionnels d'ailleurs, qui ont toujours tenu que, peut-être là, le désir de l'Église, la volonté de l'Église, pouvait remplacer la volonté des parents dans le cas... dans le cas des petits-enfants. En tout cas, quoi qu'il en soit, Dieu est juste, Dieu est bon, Dieu est miséricordieux, donc Dieu ne punit pas celui qui ne doit pas être puni. Ça, c'est absolument sûr. Voilà un exemple, justement, de la théologie catholique, où il y a des recherches à faire, des choses à étudier pour comprendre davantage. Lorsqu'on s'avance vers le mystère de Dieu, évidemment, c'est difficile à expliquer. Alors, dernier point, Quels sont les effets du baptême ? Le baptême remet le péché originel, tous les péchés personnels et les peines dues au péché. Il fait participer à la vie divine trinitaire par la grâce sanctifiante, par la grâce de la justification qui incorpore au Christ et à son Église. Il donne part au sacerdoce du Christ et il constitue le fondement de la communion avec tous les chrétiens. Il dispense les vertus théologales et les dons de l'Esprit-Saint. Le baptisé appartient pour toujours au Christ, il est marqué du sceau indélébile du Christ, c'est le caractère, le caractère sacramentel. Et donc, voilà pourquoi on ne peut pas se faire débaptiser, même si certains énergumènes prétendent qu'ils voudraient se faire débaptiser. C'est impossible, une fois qu'on est baptisé, l'âme est marquée du sceau du baptême. Et celui qui refuse la foi, eh bien, est coupable, si c'est volontaire, évidemment, et il est coupable d'être un apostat. Et une fois qu'on a été baptisé, notre âme est marquée de façon indélébile de toutes ces vertus, de cette appartenance au Christ. Dernier point de ce paragraphe, quel sens revêt le nom chrétien donné au baptême ? Puisqu'on baptise, on donne un nom chrétien. Tout nom est important puisque Dieu connaît chacun par son nom, c'est-à-dire par son caractère unique. Au baptême, le chrétien reçoit dans l'église un nom particulier, de préférence celui d'un saint, qui offre au baptisé un modèle de sainteté et qui l'assure de son intercession. auprès de Dieu. Voilà le rôle de nos saints patrons, et nous avons tous un saint, parfois même plusieurs saints patrons. Il est très important, évidemment, d'avoir une relation personnelle envers ce modèle de sainteté qui intercède pour nous auprès de Dieu. Comme toujours, prions l'Esprit Saint de nous éclairer pour mieux comprendre, mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. Venez, Esprit Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, il se fera une création nouvelle et vous renouvellerez la face de la terre. Prions. Ô Dieu qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations par Jésus-Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique et surtout n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous et que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Soursoum Corda.