Speaker #0Bienvenue dans l'émission Sourcoume Corda. Le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose, à chaque épisode, de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique. L'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast est proposé chaque jeudi à 17h sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute le dimanche à midi. Soutenez-le, faites-le connaître autour de vous. Saison 2, épisode 6, Le Baptême. Nous avions commencé l'examen des questions qui concernent le baptême la semaine dernière en parlant des préfigurations du baptême dans l'Ancienne Alliance, du rôle de l'eau dans l'Ancien Testament et évidemment du baptême du Christ qui annonce le baptême pour le salut. Et l'envoi en mission, évidemment, du Christ dans le chapitre 28 de Saint Matthieu. « Allez enseigner toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Alors, question 255. « Depuis quand et à qui l'Église administre-t-elle le baptême ? » Réponse toute simple. « Depuis le jour de la Pentecôte, l'Église administre le baptême à ceux qui croient en Jésus-Christ. » Alors, effectivement, le baptême est la marque de la foi. Donc oui, c'est la foi qui sauve. Et le baptême, si l'on se fait baptiser, c'est parce que l'on croit, ou parce que nos parents croient, ou parce que la communauté croit dans le salut apporté par Jésus-Christ. Donc c'est évidemment la foi en Jésus-Christ, c'est la foi qui nous fait adhérer à Jésus-Christ et donc qui nous fait être sauvés par lui en tant que nous devenons membres de son corps. D'ailleurs, on reviendra sur cette question, mais c'est le motif pour lequel... certains peuvent être sauvés sans être baptisés, s'ils ont une foi, au moins, comme on le verra, une foi implicite. Mais depuis le jour de la Pentecôte, donc la naissance de l'Église, les premiers chrétiens, les apôtres d'abord, et puis les premiers disciples, et les premières générations de chrétiens ont administré le baptême à tous ceux qui croient en Jésus-Christ. Quel est le rite essentiel du baptême ? Le rite essentiel de ce sacrement consiste à plonger dans l'eau le candidat, ou à verser de l'eau sur sa tête, dans ce qu'on appelle le baptême par immersion, lorsqu'on plonge le candidat, la personne dans l'eau, ou bien par aspersion ou par effusion, c'est-à-dire lorsque l'on verse de l'eau sur la tête du baptisé à trois reprises, donc en prononçant l'invocation au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Donc voilà le rite essentiel du baptême. verser de l'eau sur le candidat et prononcer en même temps les paroles au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Alors je reviens sur un argument que l'on entend régulièrement de la part des protestants, de la part de certains en disant qu'il faudrait que tous les chrétiens soient baptisés par immersion, il faudrait absolument se plonger dans l'eau. Alors c'est très intéressant parce que la pratique du baptême par effusion, ou par aspersion, c'est à peu près la même chose, c'est-à-dire qu'on fait couler de l'eau sur la tête de celui qui va être baptisé. Évidemment, on n'apparaît pas dans l'évangile au sens strict, mais c'est une pratique très ancienne, puisqu'on la trouve de façon explicite dans un texte qui s'appelle la Didaché, la doctrine des douze apôtres, qui est l'un des documents du christianisme primitif, puisqu'il a été écrit entre l'an 50 et l'an 90. Donc c'est le plus ancien des témoignages de la vie des chrétiens. Il est même plus ancien que certains livres du Nouveau Testament. C'est très intéressant, c'est une doctrine transmise par l'Église qui nous ramène jusqu'aux apôtres, puisque explicitement ce livre explique ce que les apôtres ont enseigné. Et il y a un passage où il est dit explicitement « Verse trois fois de l'eau sur la tête, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Donc le baptême par aspersion ou par effusion est tout à fait... traditionnel et c'est comme on l'avait longuement expliqué dans la première saison, lorsqu'on a étudié la révélation, c'est-à-dire comment est-ce qu'on accède à l'enseignement divin, on a bien vu qu'il y a deux sources qui sont d'une part la Sainte Écriture et d'autre part la tradition, c'est-à-dire ce que les premiers chrétiens, ce que l'Église nous a transmis de la pratique. de façon ininterrompue. Et donc, pour les protestants qui ne prétendent s'en tenir qu'au texte de l'évangile, évidemment, vont en déduire que, de façon malhonnête, au moins pas très sincère, qu'il faudrait nécessairement être baptisé par immersion. J'ajoute d'ailleurs que le baptême par aspersion existe déjà, au moins de façon prophétique. Dans l'Ancien Testament, puisqu'il y a une vision d'Ézéchiel au chapitre 36, je vous lis ce passage parce que c'est très beau, c'est une annonce du baptême justement. « Je vous tirerai d'entre les nations, je vous rassemblerai de tous les pays, et je vous ramènerai sur votre terre. Je ferai sur vous une aspersion d'eau pure, et vous serez purs. De toutes vos souillures et de toutes vos abominations, je vous purifierai. Et je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau. J'otterai de votre chair le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » Donc, c'est évidemment une annonce de cette religion en esprit et en vérité que Jésus-Christ vient instituer. Et donc, voilà pourquoi, je pense que c'est assez clair, il est tout à fait légitime, depuis les premières générations de chrétiens, d'être baptisé comme le fait l'Église catholique. Donc, tous ceux qui prétendent que ce ne serait pas valide ou pas conforme à la volonté de Dieu, eh bien, ne sont pas honnêtes. Alors, question suivante. Qui peut recevoir le baptême ? Réponse, toute personne non encore baptisée peut recevoir ce sacrement. La condition pour recevoir le baptême, c'est de ne pas encore avoir été baptisé. D'ailleurs, il y a des cas particuliers qu'on étudie, qui sont plus théoriques que réalistes, mais il peut exister qu'on ne sache pas si quelqu'un a été baptisé ou pas. On n'est pas sûr parce que, par exemple... Voilà, quelqu'un qui dit que ses parents étaient chrétiens, ses parents lui ont dit qu'il était baptisé, mais il n'y a aucune preuve de son baptême. C'est la raison pour laquelle les baptêmes sont enregistrés dans des registres, que l'on conserve soigneusement. Mais parfois, lorsqu'on n'est pas sûr, lorsqu'il n'y a aucune preuve tangible ou crédible du baptême, eh bien, il existe, il est possible de faire un baptême sous condition. C'est-à-dire qu'on ajoute dans la formule, si tu n'es pas baptisé, alors je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Et puis, je voulais ajouter aussi, on parle du rite essentiel du baptême, donc évidemment, le rite essentiel c'est l'eau qui doit toucher le corps du candidat, avec l'invocation du Saint-Esprit. Et d'ailleurs, il y a des cas, un cas très célèbre, où le pape Benoît XVI, il y a quelques années, avait... avait affirmé, l'église catholique sous l'autorité du pape avait affirmé que le baptême des mormons avait été défini comme invalide, c'est-à-dire que même s'il y a une cérémonie du baptême chez les mormons, le document de l'église catholique qui date je crois de 2001, affirme que la conception de Dieu et des personnes de la Trinité est tellement éloignée chez les mormons, de la vérité de la foi chrétienne, qu'on ne peut pas considérer que lorsqu'ils baptisent au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, eh bien, ils ont la volonté de faire ce que fait l'Église. Ils ont une définition, une conception qui est trop éloignée de ce que sont le Père, le Fils et le Saint-Esprit comme les trois personnes de la Trinité. Alors, il y a un certain nombre de cas, effectivement, où le baptême n'est pas valide, ou alors si le prêtre n'a pas versé l'eau sur le corps, si l'eau n'a pas touché le candidat. Je me souviens aussi d'un cas où le baptême avait été dit invalide parce que le prêtre avait dit je te baptise au nom du Père, je te baptise au nom du Fils et je te baptise au nom du Saint-Esprit. Comme si c'était trois dieux différents. Et donc ça ne correspond pas à la définition donnée par le Christ de baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. On raconte aussi une histoire, je doute de la vérité de l'histoire, mais elle est drôle, plus ou moins. on raconte que Un prêtre qui fêtait, c'est... je sais pas, c'est 25 ans de sacerdoce, donc qui avait au moins 50 ou 60 ans. Il raconte tout ce qu'il a fait, donc tout le monde se réjouit. Et puis il présente une dame qui est là, qui est vieille, et il dit « Madame Chose, je lui dois beaucoup parce qu'en fait, c'était la sage-femme qui a fait accoucher ma mère, et comme j'ai failli mourir à la naissance, c'est elle qui m'a baptisé, donc c'est grâce à elle que je suis là. » Et là, la femme en question raconte, elle dit « Oui, je me souviens très bien, et comme... Comme je n'ai pas trouvé d'eau, j'ai pris du lait et je l'ai baptisé avec du lait. Alors évidemment, du lait n'étant pas de l'eau, un baptême fait avec du lait n'est pas un baptême. Ça ne correspond pas à ce qu'il faut, à la matière justement, nécessaire au sacrement. Donc ça veut dire que le prêtre n'était pas baptisé. C'est-à-dire que, évidemment, tous les sacrements qu'il a reçus étaient invalides. Donc il n'est pas prêtre. Il n'y était pas prêt dans cette histoire qui, encore une fois, à mon avis, est purement théorique. Mais donc, il n'était pas prêt. Donc, toutes les messes qu'il a célébrées n'étaient pas des messes. Les sacrements qu'il a donnés n'étaient pas valides. Sauf, comme on le verra tout de suite, le baptême qui peut être donné par quelqu'un qui n'est pas baptisé. Mais donc, il a dû redire les messes. Il a dû réappeler les gens à qui il avait donné les sacrements. Voilà, c'était un cas d'école, disons. Mais pour montrer, voilà, ce qui est nécessaire, c'est qu'il y ait de l'eau, donc la matière valide. et puis... et puis les paroles qui soient dites. Et d'ailleurs, c'est important, je me souviens un jour d'un ami pompier, enfin un jeune qui était venu me voir en me disant qu'il avait baptisé un enfant qui venait de mourir. Il me demandait s'il l'avait bien fait parce que il s'était retrouvé tout seul dans une pièce avec l'enfant qui venait de mourir quelques minutes avant, donc il avait essayé de le réanimer, évidemment. Et puis, ne réussissant pas, il l'avait déclaré mort. Mais effectivement, on considère que tant que l'âme est présente dans le corps, la personne peut être baptisée. Donc une personne peut être déclarée morte médicalement, mais quel est le moment où l'âme se sépare du corps ? Eh bien, c'est difficile à dire. La seule chose, c'est qu'à partir du moment où le corps se décompose, qu'on est sûr que l'âme n'est plus un principe d'unité, donc de vie dans le corps. C'est pour ça qu'en général, on considère qu'entre une demi-heure et une heure après, jusqu'à une demi-heure ou une heure après la mort, on peut toujours baptiser la personne, considérant que son âme est toujours présente dans le corps. Et alors, oui, je disais, il y a des rites essentiels du baptême, mais ensuite, il y a tout un ensemble de... de ritualité, de préparation au baptême, qui sont plutôt des sacramentaux, on en parlera dans d'ici quelques leçons, mais les sacramentaux sont tous ces gestes, comme prendre de l'eau bénite, comme les bénédictions, etc., qui nous donnent des grâces, non pas des grâces comme les sacrements, j'allais dire automatiques, mais c'est un peu exagéré, l'expression c'est les grâces ex opere operato, donc par l'œuvre même qui est réalisée, indépendamment de ceux qui en connaissent ou de ceux qui en ressentent ou de ceux qui en vivent spirituellement, ceux qui donnent le baptême ou ceux qui le reçoivent. Donc le baptême est toujours efficace, même si le prêtre est un mauvais prêtre, même si celui qui est baptisé n'a pas l'intention de se corriger ou vit dans un état de péché, le baptême est toujours efficace. Alors que les sacramentaux, eux, dépendent véritablement de la dévotion avec laquelle on reçoit. Par exemple, lorsqu'on prend de l'eau bénite en rentrant dans une église, si on le fait machinalement comme ça, sans y penser, ça n'a évidemment que peu d'effet spirituel. Alors que si on le fait de façon, avec dévotion, en pensant que c'est une eau qui a été bénite, qui a été exorcisée d'ailleurs, et que cette eau, justement, nous rappelle notre baptême, qu'elle nous... on contraste le signe de la croix sur soi en signe de quelqu'un qui veut porter la croix véritablement, et bien ce sacramental a plus d'efficacité. Donc dans la cérémonie du baptême, en plus du cœur du sacrement à proprement dit, il y a tous les sacrements de la préparation, et puis ensuite par exemple la bénédiction, l'onction avec le saint crème, le fait de revêtir un vêtement blanc, de recevoir une lampe allumée, il y a la confession de la foi avant, comme condition du baptême. Je disais d'ailleurs que c'est évidemment la foi qui sauve et que le baptême est l'expression de la foi. Voilà la raison pour laquelle, au moins dans le rite traditionnel, avant d'être baptisé, le prêtre demande au candidat « croyez-vous en Dieu le Père Tout-Puissant, croyez-vous en son Fils Jésus-Christ notre Seigneur, etc. Croyez-vous au Saint-Esprit. » Et donc il faut faire une profession de foi. Quand on rentre dans l'église au cours du baptême, on commence par réciter le crédo. Parce que si l'on est baptisé, c'est pour professer ou comme conséquence de l'expression de notre foi. Et d'ailleurs ces rites ne sont pas essentiels. En cas de danger de mort, on peut baptiser quelqu'un d'enfant qui est en train de mourir ou une personne qui est en train de mourir. Si c'est une personne adulte, il faut au moins avoir des indices qu'elle aurait voulu le baptême. On ne peut pas baptiser quelqu'un contre son gré, ça c'est sûr. puisque, comme je viens de le dire, le baptême est l'expression de la foi. Donc, cette foi peut être implicite, peut-être qu'elle n'a pas été exprimée clairement, mais on ne peut pas baptiser quelqu'un qui serait d'une autre religion, par exemple, qui professerait une autre religion. À moins que vous ayez eu une discussion sur le baptême, et que la personne ait dit « Ah, j'aimerais bien me faire baptiser » . Alors là, effectivement, le cas du pompier dont je parlais tout à l'heure, j'aurais dû préciser, son argument est le fait, je pense qu'il a bien fait de baptiser l'enfant. C'est qu'en fait dans la maison des parents, là où il était, il avait vu des objets religieux, il y avait un crucifix. Donc il s'est dit c'est des gens qui ont la foi. Mais voilà, il était dans une situation où il ne pouvait pas... Les parents, évidemment, étaient tellement catastrophés et détruits de la mort de leur enfant qui venait de naître, qui était né quelques jours avant, qu'ils n'imaginaient pas, surtout avec ses collègues qui étaient là, ils n'allaient pas interrompre tout le monde en disant, excusez-moi, est-ce qu'il faudrait baptiser l'enfant ? Donc il l'a fait, disons, en cachette, de façon... Et comme l'enfant était mort, de toute façon, il l'a bien fait. Si l'enfant avait survécu, si ça avait été un cas où l'enfant n'était pas mort et qu'il l'avait baptisé secrètement, il aurait fallu nécessairement qu'il prévienne les parents et qu'ils inscrivent l'enfant dans un registre de baptême. Et là, ça devient compliqué parce que si les parents n'étaient pas pour, si les parents s'y étaient opposés, là ça aurait été un acte injuste. Pas un acte mauvais, il ne faut pas exagérer, mais un acte injuste parce qu'on ne peut pas baptiser de force. quelqu'un, et surtout on ne peut pas baptiser un enfant si on n'est pas sûr qu'il va recevoir la formation nécessaire à l'expression de cette foi. Vous voyez, là aussi, c'est une réponse. On va y venir sur le baptême des petits-enfants. Les protestants disent qu'il ne faut pas baptiser les enfants parce que ce qui sauve, ce n'est pas le baptême, c'est la foi. Et donc, comme un enfant ne peut pas exprimer sa foi, de toute façon, il ne peut pas être sauvé. Donc, ce n'est pas... Mais, réponse de l'Église catholique, le baptême étant l'expression de la foi, On ne baptise des enfants que dans le cadre de famille où au moins l'un des deux parents s'engage à enseigner la foi à l'enfant. Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui il y a des cas où malheureusement il vaut mieux ne pas baptiser un petit enfant, lorsque les parents sont complètement indifférents, lorsque les parents veulent un baptême simplement pour faire la fête avec leurs amis ou avec leur famille. et que les parents ne sont pas du tout pratiquants, ne sont pas du tout croyants, et affirment, en tout cas, et ne vont pas objectivement, n'ont pas les capacités, objectivement, de donner, n'ont pas la volonté de donner un enseignement chrétien, le modèle d'une vie chrétienne à leurs enfants. Donc il y a des cas de couples ou de gens qui vivent dans une situation morale ou qui est tellement opposée à la vie chrétienne que ça peut être un motif suffisant. Alors évidemment, il faut. Ça revient au jugement personnel du pasteur qui doit juger chaque cas de façon prudentielle et non pas de façon générale. Mais il peut y avoir des cas dans lesquels il faut refuser de baptiser un enfant s'il y a les plus fortes chances que l'enfant ne soit pas éduqué dans la foi chrétienne. Parce qu'autrement l'enfant va être un apostat sans même le savoir. Et quelqu'un qui est baptisé mais qui ne professe pas la foi et qui renie sa foi, eh bien c'est un dommage pour son âme évidemment. C'est un peu un tas de choses qui s'entremêlent, j'espère que c'est assez clair. Et je voulais ajouter, il peut arriver que l'on fasse des baptêmes d'urgence, c'est ce qu'on appelle ou ce qu'on appelait l'endoiement. À une époque où les morts des nourrissons étaient assez courantes, malheureusement, eh bien, on faisait des ondoiements, c'est-à-dire que l'enfant, dès qu'il naissait, était baptisé, simplement avec l'eau et la formule trinitaire. Et puis, une fois que l'enfant allait bien, que la mère était sortie de la maternité, eh bien, on faisait les compléments du baptême. Alors moi, ça m'est déjà arrivé plusieurs fois, deux fois en tout cas, peut-être trois, où en fait, l'enfant avait été ondoyé parce qu'au moment où il est né, il fallait le baptiser d'urgence. Oui, alors évidemment, il y a une fois où j'ai baptisé un enfant qui est mort à la naissance. C'était prévu, l'enfant n'était pas viable, mais il est allé à terme. Et son père l'a baptisé juste au moment, c'était une petite fille, Marie-Ange, qui était baptisée juste au moment de sa naissance et qui a vécu cinq minutes. Et après, les parents sont, la mère aussi d'ailleurs, dans son lit, ils se remontaient dans la chambre et puis moi avec la famille qui était là, le parrain, la marraine, on a fait les compléments du baptême. Ce qui était très émouvant, comme l'enfant venait de mourir, mais il était au moins, disons, rassurant pour tous ceux qui étaient là, de se dire que cet enfant avait reçu finalement le mieux qu'un homme peut recevoir sur terre, c'est-à-dire le baptême et donc la grâce et donc le salut éternel. Donc cet enfant a vécu cinq minutes, mais il a tout eu. Il a tout eu, il est arrivé au bout immédiatement. Donc c'est une vision chrétienne. Évidemment ça n'enlève pas la douleur de la mort d'un enfant, mais ça donne une foi, la foi et l'espérance surnaturelles nous font voir ce que les yeux du corps ne voient pas et nous font croire, nous donne à croire que l'enfant finalement a réussi sa vie peut-être bien mieux que si cette fille avait vécu pendant 80 ans. Et sinon, j'ai fait aussi, ça m'est arrivé de baptiser, de faire des compléments de baptême d'enfants qui avaient donc été ondoyés, en particulier parce qu'ils étaient, je me souviens de deux, qui étaient nés grands prématurés. Et donc il y avait un danger pour leur vie sérieux. Et donc le père avait baptisé les enfants, et enfin deux cas différents. Et donc quelques semaines, quelques mois après, lorsque tout allait mieux, et d'ailleurs les enfants en question vont très bien, eh bien j'avais fait avec toute la famille, on avait fait les compléments du baptême, c'est-à-dire qu'on fait toutes les cérémonies sauf le baptême. Alors avançons dans ces questions, pourquoi l'église baptise-t-elle les petits-enfants ? Parce que, étant nés avec le péché originel, les petits-enfants ont besoin d'être délivrés du pouvoir du malin et d'être introduits dans le royaume de la liberté des fils de Dieu. Voilà. ce que nous donne le baptême. Le baptême donne, nous fait de nous des enfants de Dieu, des membres de l'Église, et supprime, enfin, enlève le péché originel. Alors ça n'enlève pas les racines du péché originel, mais c'est pour ça qu'il reste le péché, même chez les baptisés. Mais voilà pourquoi le baptême est nécessaire. Alors, là encore, les protestants disent « Oui, mais ce n'est pas dans la Bible, nulle part, il n'est question de baptiser les enfants, donc il ne faudrait pas le faire. » Alors... Je réponds que c'est faux, puisque le baptême des enfants existe clairement dans le Nouveau Testament, puisqu'il y a au moins deux passages dans lesquels il est question du baptême de maison tout entière. Donc, on trouve ça dans les actes au chapitre 16, puisque... Ce sont des familles entières qui sont baptisées, par exemple la famille de Lydia ou la famille du Jolier. Et ces familles, ces maisons entières incluent évidemment des enfants. Si je vous cite le passage des actes, ça dit ceci. « Ils lui répondirent, crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et toute ta maison. Ils lui annoncèrent la parole de Dieu ainsi qu'à tous ceux qui vivaient dans sa maison. Alors même, en pleine nuit, le Jolier les emmena pour laver leurs plaies, alors il reçut. » Aussitôt, il reçut le baptême avec tous les siens. Donc, avec tous les siens, ça laisse entendre évidemment que, quel que soit l'âge, sans distinction de leur âge. Et d'ailleurs, dans l'Ancien Testament, aussi, il y a cette phrase célèbre du psaume 50, qui dit « J'étais pécheur dès le sein de ma mère » ou encore « J'ai été conçu dans l'iniquité » . Moi, je suis né dans la faute, j'étais pécheur dès le sein de ma mère. Le baptême nous lave du péché originel et ce péché originel, tous les hommes le portent par nature dès qu'ils sont engendrés. Donc cette renaissance du baptême, elle doit être donnée. Elle doit être donnée, pourquoi ? Parce que le baptême est nécessaire au salut. On y reviendra tout de suite, mais c'est le chapitre 16 de saint Marc. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. Jésus dit au chapitre 3 de saint Jean, en vérité je te le dis, nul s'il ne naît de nouveau, ne peut voir le royaume de Dieu. Nul, s'il ne renaît de l'eau et de l'esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Alors évidemment, c'est pas automatique dans le sens qu'il ne suffit pas de renaître de l'eau, mais il faut renaître de l'eau et de l'esprit, c'est-à-dire avoir la foi aussi, avoir la foi dans l'efficacité du baptême. J'ajoute aussi d'ailleurs que Jésus-Christ lui-même, lorsqu'il dit « Laissez les enfants, laissez venir à moi les petits-enfants » , il laisse entendre que les petits-enfants doivent être inclus dans l'Église. Parce que venir au Christ, c'est précisément devenir membre de l'Église par le baptême. Voilà les réponses, évidemment, qui me semblent assez claires à ceux qui disent, par erreur ou par ignorance, que les petits-enfants ne devraient pas être baptisés. Alors que demande-t-on à un baptisé ? A tout baptisé, on demande de faire la profession de foi, qui est exprimée personnellement dans le cas d'un adulte, ou par les parents et par l'église dans le cas d'un petit-enfant. Le parrain ou la marraine et la communauté ecclésiale entière ont eux aussi une part de responsabilité dans la préparation du baptême, ce qu'on appelle le catechuména. donc avant d'être Cette baptisation devient catéchumène, de même que dans le développement de la foi et de la grâce baptismale. D'ailleurs, dans le baptême traditionnel, c'est très beau, je le souligne souvent lorsque je fais les baptêmes, puisque le prêtre s'adresse à l'enfant. Donc, Mathieu, voulez-vous être baptisé ? Et le parrain et la marraine répondent au nom de l'enfant. Oui, je le veux. Les parrains et la marraine ne disent pas oui, il le veut. Et d'ailleurs, la cérémonie commence à l'extérieur de l'église. Ça, c'est dommage qu'on ait perdu ça. qui n'est plus ça dans les cérémonies nouvelles, mais dans la cérémonie traditionnelle, le baptême commence en dehors de l'église, symboliquement, et commence comme ça. « Mathieu, que demandez-vous à l'église de Dieu ? » La réponse, la foi. « Que vous procure la foi ? » La vie éternelle. « Si donc vous voulez avoir la vie éternelle, etc. » Et c'est le parrain et la marraine qui répondent, qui prennent la responsabilité, au nom de l'enfant qui ne peut pas parler, de demander le baptême. Donc, je le dis toujours, si jamais quand il a 18 ans, il fait une crise d'adolescence et qu'il commence à dire qu'en fait on l'a baptisé sans lui demander son avis, et bien vous devrez lui répondre bien sûr qu'on t'a demandé ton avis, mais comme tu ne pouvais pas répondre, alors nous avons pris la responsabilité, le parrain et la marraine, c'est leur rôle principal, ils ont pris la responsabilité de répondre à sa place en disant oui je veux être baptisé. Alors arrêtons-nous ici pour aujourd'hui et puis... La prochaine fois, on continuera sur le baptême et puis on parlera de la confirmation. Mais on verra la nécessité du baptême pour être sauvé. Est-ce qu'on peut être sauvé si on n'est pas baptisé ? Comme toujours, prions le Saint-Esprit de nous éclairer pour mieux comprendre, mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. Venez, Esprit Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle. et vous renouvellerez la face de la terre. Prions. Ô Dieu qui avais instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations. Par Jésus-Christ notre Seigneur, ainsi soit-il. Merci à tous pour votre fidélité et pour votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous. Et que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Sursum Corda.