Speaker #0Bienvenue dans l'émission Sursum Corda, le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique. L'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast est proposé chaque jeudi à 17h30 sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute le dimanche à midi. Soutenez-le, faites-le connaître autour de vous, et n'oubliez pas de commenter sous les vidéos ou sous les enregistrements que vous écoutez. Épisode 31, le Pape et les évêques. Alors continuons cette étude de la hiérarchie ecclésiastique, de la structure de l'Église comme société, en essayant de comprendre mieux quel est le rôle du pape et des évêques, et comment fonctionnent leurs ministères et leurs autorités. Alors nous avions vu la dernière fois que le Christ a institué la hiérarchie ecclésiastique par le pouvoir d'ordre, en trois degrés, évêques, prêtres et diacres. Alors comment se réalise la dimension ? collégial du ministère ecclésial, c'est la question 180. A l'exemple des douze apôtres, choisis et envoyés ensemble par le Christ, l'union des membres de la hiérarchie ecclésiastique est au service de la communauté de tous les fidèles. Tout évêque exerce son ministère comme membre du collège épiscopal, en communion avec le pape, ayant avec lui à prendre part à la sollicitude de l'Église universelle. Les prêtres exercent leur ministère au sein du présbytérium de l'Église particulière, en communion avec l'évêque et sous son autorité. Alors cette question manifeste justement le principe d'unité de l'Église. Lorsqu'un homme est ordonné prêtre, ou encore plus évêque, eh bien ce n'est pas un ministère qui lui est donné à titre personnel, même si on verra dans la question suivante qu'il y a une responsabilité personnelle évidemment, mais cette autorité de gouvernement, cette autorité d'enseignement, et cette autorité de... de sanctification, les trois pouvoirs de l'évêque, ne lui est pas donné à titre personnel pour son intérêt, j'allais dire, mais il lui est donné pour l'intérêt de l'Église. Et donc ne peut être exercé et n'a de légitimité que s'il est exercé en communion avec toute l'Église, et en particulier avec le chef de l'Église qui est le pape. Essayons de comprendre ce qu'est cette communion, parce que la notion de communion est une notion qui est très souvent invoquée dans différents cas. Il faut faire église, il faut faire communion, il faut manifester des signes de communion. Qu'est-ce que la communion dans l'église ? C'est ce qu'on vient de voir, c'est l'union des membres de la hiérarchie ecclésiastique au service de la communion de tous les fidèles, à l'exemple des douze apôtres. Qu'est-ce qui fait l'unité entre les deux apôtres ? Ce n'est pas qu'ils aient tous fait la même chose, mais c'est qu'ils aient tous enseigné le même credo et qu'ils aient tous donné les mêmes sacrements. Ce qu'ont en commun tous les évêques du monde, et finalement ce qu'ont en commun tous les catholiques du monde, c'est l'enseignement de la foi et les sacrements reçus du Christ et des apôtres. J'essaie d'expliquer un peu ce que je veux dire par là. C'est-à-dire que ce qui constitue la communion, ce n'est pas de faire des gestes, de faire ceci ou de faire cela. Souvent, par exemple, il me vient à l'esprit cette idée qu'il y a des évêques qui disent, oui, il faut que tous les prêtres consélèbrent ensemble comme un signe de communion. Mais en fait, la communion, elle ne s'impose pas par des gestes, par des actes, mais elle se manifeste par l'unité de la foi. Étant à Rome depuis dix ans, je le vis, on peut dire, au quotidien, dans mes étudiants. J'enseigne donc à l'université, dans une université pontificale qui s'appelle l'Angelicum depuis dix ans. Et j'ai comme étudiants des gens qui viennent vraiment du monde entier. Vous avez des prêtres qui viennent du Cambodge, du Pakistan, des Etats-Unis, d'Europe, du nord de l'Europe, du sud de l'Europe. Il y a vraiment tous les pays du monde, je ne vais pas faire toute la liste. Évidemment, chacun a son histoire, chacun a ses coutumes, chacun a sa façon de faire. Comme le disait un confrère, les catholiques polonais... Ils ont vraiment une façon de vivre leur foi qui est très édifiante et très belle, mais qui est tout à fait différente d'un catholique italien ou d'un catholique colombien. Ils ne font pas du tout la même chose dans leur façon de vivre la foi. Alors pas du tout, entendons-nous bien. Il y a une sensibilité, une façon d'être, des coutumes, des traditions locales qui sont tout à fait légitimes, mais qui... qui font effectivement que ce sont des façons de vivre le catholicisme différents. Néanmoins, qu'est-ce que toutes ces personnes du monde entier, ces catholiques du monde entier ont en commun ? Eh bien, encore une fois, ils reconnaissent un seul pasteur qui est le pape, et ils ont une seule foi, qui est l'enseignement de l'Église, et ils ont un seul baptême ou une seule source de sacrements, ils ont tous les mêmes sacrements. Donc voilà ce qui fait, ce qui constitue l'unité de l'Église. Et donc l'unité de l'Église, c'est l'unité dans la sanctification et l'unité dans la doctrine, dans la vérité enseignée par Jésus-Christ et transmise par son Église. Donc oui, il me semble important de bien comprendre ce que... Vous voyez, quand je vois par exemple qu'il y a des prêtres ou même des évêques, malheureusement, qui sont... qu'on appelle progressistes, pour être gentil, et qui prétendent que l'Église doit changer, qui tiennent des propos scandaleux en matière morale ou en matière de dogme. Quand un évêque vous dit, par exemple, que la résurrection du Christ est simplement une façon de parler, ou que la création c'est simplement un conte ou une fable à laquelle il ne faut pas croire, eh bien, ça c'est une blessure à l'unité. C'est une blessure à la communion de l'Église. et c'est bien plus grave que de ne pas faire ceci, ne pas faire cela, parce que la communion n'est pas l'uniformité. La communion n'est pas que tout le monde fasse la même chose. J'ai assisté à Rome, justement, on a l'occasion de pouvoir assister à des liturgies catholiques, mais qui viennent de... vraiment d'ailleurs, j'ai assisté à une liturgie éthiopienne, qui est tout à fait légitime, qui est très très ancienne, qui est très traditionnelle, mais qui n'a rien à voir avec nos liturgies latines. mais qui ont toute leur légitimité. La diversité a vraiment sa place du moment que l'unité de foi, l'unité des sacrements, n'est pas remise en cause. Donc, il me semble indispensable vraiment, il faut retrouver l'unité de l'Église, parce qu'on peut dire que l'un des aspects, l'un des symptômes de la crise actuelle de l'Église, en plus de la disparition des vocations, la chute dramatique des vocations, l'un des symptômes de cette crise, c'est la désunion. Le fait que certains disent qu'on peut être catholique en étant pro-LGBT, l'autre qui dit qu'on peut être catholique en étant pour l'avortement ou pour l'euthanasie, ou moi je suis catholique mais je ne crois pas à la Trinité, ou je ne crois pas que Jésus est ressuscité, ce sont des choses, ce sont des blessures graves à l'unité de la foi. Donc si on veut retrouver l'unité de l'Église, cette unité ne peut se faire que dans la foi et dans les sacrements, et non pas dans une unité agressive, j'allais dire, de l'autorité volontariste. volontariste, c'est pas en obligeant les gens à être unis que se fait l'unité, c'est pas comme ça que le Christ agit, l'unité se fait en lui donc dans son enseignement et les moyens de sanctification qu'il nous a donnés. Alors c'est vrai aussi des prêtres par rapport à l'évêque et sous son autorité mais comme on le verra tout à l'heure la charge de l'évêque c'est justement d'être le garant de cette unité euh en ne s'attribuant pas à lui-même, en ne se faisant pas lui-même source de cette autorité. Ce que je veux dire par là, c'est qu'un évêque qui utiliserait son pontificat pour imposer sa façon de voir sur certaines choses, et qui voudrait contraindre les fidèles à suivre sa façon de faire, ce serait un manque de fidélité à cette légitime diversité, et ce serait un abus de pouvoir, tout simplement. Alors, on vient de voir que le ministère ecclésial, que ce soit celui des prêtres, des évêques ou du pape et des diacres aussi, ne se réalise que dans l'unité de la communion de l'unique Église du Christ. Mais il y a aussi la contrepartie. Et c'est la question suivante. Pourquoi le ministère ecclésial a-t-il aussi un caractère personnel ? Réponse, le ministère ecclésial a aussi un caractère personnel parce que, en vertu du sacrement de l'ordre, chacun est responsable devant le Christ. qu'il a personnellement appelé en lui confiant une mission. Voilà, c'est une responsabilité. Et si vous vous souvenez de ce qu'on disait la semaine dernière, sur le fait que le prêtre n'est pas meilleur que les autres, mais il a une plus grande responsabilité. Et je disais, je fais la comparaison avec le père de famille, oui le père de famille n'est pas meilleur que son fils, mais il a une plus grande responsabilité, parce qu'il doit montrer l'exemple. Donc le... Le ministère ecclésial est donné à titre personnel puisque c'est un caractère qui est imprimé dans l'âme. Vous savez qu'il y a, on en parlera dans la prochaine saison, des sacrements. Il y a des sacrements qui impriment un caractère. Le baptême évidemment, la confirmation et le sacerdoce. Il y a aussi le mariage mais c'est un peu différent puisqu'il y a deux personnes qui sont concernées. Et donc le sacerdoce change l'âme. Le sacerdoce est marqué dans l'âme lorsque le prêtre est ordonné prêtre. Et bien quelque chose est changé dans son âme et même s'il abandonne le sacerdoce par malheur, et bien il reste prêtre toute sa vie. Et bien Dieu donne une grâce particulière à celui à qui il confie une mission particulière. Voilà donc, chacun est responsable devant le Christ qu'il a personnellement appelé en lui confiant une mission. Et il me semble que cette dernière réponse est intéressante parce qu'elle contrebalance un peu... L'un des effets néfastes de cette fausse notion de la communion dont je parlais tout à l'heure, qui est par exemple que malheureusement beaucoup d'évêques n'osent pas assumer leur charge épiscopale et se réfugient beaucoup trop souvent derrière la collégialité. en particulier le pouvoir des conférences épiscopales. Et le système est tel qu'aujourd'hui, par exemple en France, il y a une espèce de dictature de la conférence épiscopale qui dicte aux évêques ce qu'ils doivent faire, ce qu'ils doivent penser, et malheureusement ça freine le pastora au sens de la responsabilité individuelle de l'évêque qui voit ce qui est bien, ce qu'il faut faire, etc. Et donc, vous voyez maintenant, il y a toujours des communiqués, la conférence des évêques de France... avec un président élu, etc. On rentre dans la politique, en fait, dans une espèce de négociation politique. Et malheureusement, il me semble, on l'a vécu d'ailleurs même récemment avec l'évêque de Toulon, Mgr Rey, qui a été mis de côté. Vous voyez, je pense que ce dont l'Église a besoin aujourd'hui, ce sont de figures de pasteurs, de figures d'évêques, et je pense que Mgr Rey est une de ces figures. de figures d'évêques qui construisent l'Église, qui bâtissent l'Église, qui parfois évidemment prennent des risques, peut-être même font des erreurs, oui parce qu'ils ne sont pas parfaits, comme tout le monde. Mais je pense qu'il vaut mieux un évêque qui défend la foi, qui est une figure de la défense de la foi et de la vitalité de l'Église, plutôt que simplement des évêques qui sont des... Un peu comme des préfets qui vont appliquer froidement un ensemble de procédures et de déclarations, comme les administrations savent en faire par mode de décret. Il faut que l'évêque ait une responsabilité, parce que le Christ lui a personnellement appelé, l'a personnellement appelé en lui confiant une mission. Alors c'est vrai pour le prêtre, évidemment, mais c'est vrai pour... l'évêque encore plus. Alors passons maintenant à la question du pape. Quelle est la mission du pape ? Le pape, évêque de Rome et successeur de Saint-Pierre, est principe perpétuel et visible et fondement de l'unité de l'église. Il est le vicaire du Christ, la tête du collège des évêques et le pasteur de toute l'église, sur laquelle il a, par institution divine, un pouvoir plénier, suprême, immédiat et universel. Voilà. l'importance du pape. Il a sur l'église, par institution divine, un pouvoir plénier, suprême, immédiat et universel. Alors certains pourraient dire, ce que disent les protestants par exemple, c'est beaucoup trop, ce que disait l'orthodoxe aussi, pourquoi est-ce que ce serait l'évêque de Rome ? Alors c'est l'institution divine, c'est-à-dire que c'est le Christ qui a donné un rôle tout est particulier à Saint-Pierre et personne ne peut le nier. Personne ne peut nier que dans l'évangile, très explicitement, à plusieurs reprises, le Christ donne... à Saint-Pierre, qui n'est pas le meilleur d'entre eux, qui n'est pas le plus brillant, qui n'est pas le plus fidèle, puisqu'il est celui qui trahit le Christ en plus, mais qui se repent, évidemment. En tout cas, il est choisi par le Christ pour, comme il dit, paix mes brebis. Du verbe paître. Soit le pasteur de mes brebis, c'est ça qu'il veut dire. Paix mes agneaux. Soit le pasteur... de mon troupeau. Et le rôle du pasteur, c'est le pastora du Christ, c'est évidemment une figure que j'aime beaucoup et que j'étudie puisque je fais partie d'une communauté qui s'appelle l'Institut du Bon Pasteur. Le Bon Pasteur justement c'est celui qui ne mène pas les brebis vers lui-même mais qui mène les brebis vers le bercail, c'est-à-dire vers le ciel, vers le Christ lui-même. Le seul unique pasteur c'est le Christ et les autres reçoivent du Christ ce pastora donc Le Christ confie une partie de son troupeau à différents pasteurs, mais pour que chacun mène le troupeau là où lui veut mener le troupeau. Et le danger du pasteur, c'est de s'attribuer les brebis, de devenir un mercenaire, comme le Christ le dit dans cette parabole du bon pasteur au chapitre 10 de l'évangile de Saint Jean, de devenir un mercenaire, puisque le mercenaire c'est celui qui profite des brebis et qui s'enfuit quand vient le danger, quand le loup arrive. Alors, cette mission du pape, il est évêque de Rome, donc on devient pape, en fait on n'est pas élu pape, on est élu évêque de Rome. Et d'ailleurs c'est pour ça que les cardinaux étaient, je crois que je l'ai déjà dit la dernière fois, mais les cardinaux étaient autrefois, historiquement, les cardinaux étaient les curés des paroisses de Rome. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui, dès que quelqu'un est nommé cardinal, ce qu'on appelle un consistoire, dès que quelqu'un est nommé cardinal, on lui attribue un titre cardinalis d'une église de Rome. Il y a aussi dans ces églises un recteur qui s'occupe des messes et de l'apostolat dans l'église. Mais sur toutes les églises de Rome, vous avez deux médaillons. Vous avez le médaillon avec le blason du pape Régnan. Et puis, vous avez à côté le médaillon de l'évêque, du cardinal titulaire de cette... de cette église. Et donc, tous les cardinaux se voient attribuer une église de Rome. Alors, ils y vont symboliquement peut-être une fois par an ou quelque chose comme ça. Mais c'est pour conserver cette origine que les cardinaux ont un lien avec la ville de Rome, avec la division de Rome en paroisses et que s'ils élisent l'évêque de... s'ils élisent le pape, c'est parce qu'ils élisent les évêques de Rome. Voilà d'ailleurs une des difficultés de l'internationalisation du cardinalat. Parce que c'est très bien que le pape soit au courant de tout ce qu'il se passe dans le monde entier. Mais historiquement, en tout cas, c'est très nouveau de vouloir nommer des cardinaux qui viennent des quatre coins du monde. Alors, ça existait évidemment depuis l'époque moderne. mais principalement... Les cardinaux sont ceux qui sont à Rome, c'est le clergé de la ville de Rome. Bien, alors, il est donc le successeur de Saint-Pierre, le vicaire du Christ. Il est le vicaire du Christ. C'est une responsabilité. Le vicaire, c'est celui qui tient lieu d'eux, c'est celui qui agit au nom d'eux. Il y a un curé dans la paroisse, le vicaire, c'est celui qui a l'autorité pastorale, de sanctification, d'enseignement, et le vicaire, c'est celui qui agit. sur une partie ou dans un certain temps, au nom du curé. Et bien, comme on dit, le pape est le vicaire du Christ et que c'est lui qui agit au nom du Christ aujourd'hui dans le monde. Alors, au sujet du pape, vous connaissez peut-être cette histoire que j'ai déjà racontée, qu'on lit dans les mémoires de l'abbé Berthaud, qui était un théologien très brillant, très doué. de l'époque du Concile Vatican II, qui, je ne me souviens plus des dates, mais il a dû naître à la fin du XIXe siècle, ou au tout début du XXe siècle. Et alors, je me souviens, dans ses écrits, il raconte qu'il est né dans un village au fin fond de la Bretagne, dans le Finistère, et il dit « Le pape, nous ne l'avions jamais vu. » On ne savait même pas à quoi il ressemblait. À la fin du 19e siècle, il n'y avait pas de photos. Même pas de photos. Nous ne savions pas à quoi il ressemblait. Lorsqu'il disait quelque chose, l'information nous arrivait deux ou trois mois plus tard. Mais tous les enfants du village auraient été prêts à donner leur vie pour défendre la sienne. Parce que c'était notre chef. Donc c'est dit d'une façon qui m'avait beaucoup marqué, parce que c'est exactement ça, le pape, quelle que soit sa personnalité, quelle que soit sa personne, quel que soit son caractère et ses défauts, et bien tout catholique doit être prêt à donner sa vie pour défendre le pape. C'est-à-dire la raison pour laquelle les cardinaux sont habillés en rouge, pour montrer qu'ils font le don de leur vie, ils sont prêts à verser leur sang pour défendre cette institution du pape et la personne du pape en qui repose l'unité de l'église. Parce que s'il n'y a pas de pop, eh bien... même si ça arrive dans l'église évidemment puisqu'il y a des périodes de vacances avant qu'un nouveau pape soit élu mais s'il n'y a pas d'unité de l'église si l'unité de l'église n'est plus visible c'est toute la société qui s'écroule c'est très important ce principe de l'autorité et c'est très moderne, très révolutionnaire de vouloir se passer de ce principe ce qui fait d'ailleurs que ceux qui sont cédés-vacantistes, qui disent qu'il n'y a pas de pape que l'église marche très bien sans pape finalement sont... eux-mêmes des révolutionnaires, on ne peut pas se passer du principe de l'autorité. Et remettre en cause ce principe, ce principe visible de l'autorité. Ceux qui disent « oui, je ne suis pas le pape, je suis le Christ » , c'est une vision très individualiste, finalement assez protestante de la foi. Le Christ a voulu qu'un homme soit son vicaire et pèse le troupeau des fidèles. Alors voilà la beauté et la grandeur de cette mission du pape. Je poursuis, question 183, quelle est la charge du collège des évêques ? Le collège des évêques, en communion avec le pape et jamais sans lui, exerce aussi sur l'église un pouvoir suprême et plénier. Nous y reviendrons dans la question 185, donc je passe pour l'instant. Question 184, on commence ici l'étude du pouvoir des évêques, donc ils ont un triple pouvoir. Une triple mission plutôt, la mission d'enseigner, la mission de sanctifier et la mission de gouverner. Alors comment les évêques exercent-ils leur mission d'enseigner ? En communion avec le pape, les évêques ont le devoir d'annoncer l'évangile à tous, fidèlement et avec autorité. Ils sont les témoins authentiques de la foi apostolique, revêtus de l'autorité du Christ. Grâce au sens surnaturel de la foi, le peuple de Dieu, guidé par le magistère vivant de l'église, adhère indéfectiblement à la foi. Donc voilà. Voilà le rôle des évêques. Annoncer l'évangile à tous fidèlement et avec autorité. Je répète ce que je disais tout à l'heure, nous avons besoin de figures d'évêques qui annoncent l'évangile fidèlement et avec autorité. Revêtus de l'autorité du Christ en étant des témoins authentiques de la foi apostolique, sans compromission. Le rôle d'un évêque, ce n'est pas de se faire bien voir par le pouvoir politique local, ce n'est pas de se faire bien voir par les médias. Le rôle de l'évêque, c'est de défendre la foi catholique intégralement, fidèlement. Et quel que soit le prix. Question suivante donc, quand s'exerce l'infaillibilité du magistère ? Donc on arrive ici à une question épineuse, délicate, celle de l'infaillibilité. L'infaillibilité s'exerce quand le souverain pontife, en vertu de son autorité de suprême pasteur de l'église, ou le collège des évêques en communion avec le pape, Alors la question ici, la question de l'infaillibilité c'est très important, parce qu'on dit oui le pape est infaillible. Mais alors ça ne veut pas du tout dire, que les choses soient claires, ça ne veut pas du tout dire que dès que le pape dit quelque chose, il a raison. Ce serait absurde, il ne reçoit pas un charisme d'infaillibilité. Vous savez, comme dans les jeux vidéo, si vous avez le trésor, vous avez une bulle d'infaillibilité ou d'indéfectibilité, d'invincibilité qui vous entoure et tous les méchants peuvent vous balancer toutes les flèches qu'ils veulent, ils ne peuvent jamais vous atteindre. Ce n'est pas comme ça, le pape, ce n'est pas parce qu'il est pape que d'un coup tout ce qui sort de sa bouche est automatiquement vrai. Le pape peut se tromper, évidemment. Il y a des mauvais papes, il y a eu des mauvais papes, c'est aux historiens de documenter cela. Mais bien sûr, le pape, lorsqu'il donne son avis sur telle ou telle chose, même sur des conflits internationaux, c'est son avis de pape. Alors évidemment, il est le pape, donc il faut respecter son avis, il faut le prendre au sérieux, évidemment, et la sagesse avec laquelle il le fait. Mais quand le pape dit qu'il préfère la pizza ou... au spaghetti, ou lorsqu'il dit qu'il supporte l'équipe du Milan AC plutôt que la Juventus de Turin, ça n'a absolument aucune valeur de vérité. Et même, pour être un peu facétieux, si un pape dit qu'il faut mieux construire des ponts plutôt que construire des murs, ça ne veut pas dire que tous les maçons doivent arrêter leur travail et se lancer dans la construction de ponts. Non, ce sont des... L'infaillibilité du pape ne concerne absolument pas son avis. ou même ses déclarations et ses discours quotidiens. L'infaillibilité n'existe que dans des cas très particuliers, et il n'y en a que trois. Alors nous verrons dans le prochain épisode la question de l'infaillibilité du magistère, c'est-à-dire quand s'exerce et comment s'exerce l'infaillibilité du pape ou du collège des évêques, et dans quelles conditions. Comme toujours, prions l'Esprit Saint. de nous éclairer pour mieux comprendre, mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. Venez, Esprits saints, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, il se fera une création nouvelle et vous renouvellerez la face de la terre. Ô Dieu qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, Donnez-nous par ce même esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations, par Jésus-Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous. Et que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Surtout pour l'Homme.