Speaker #0Le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose, comme à chaque épisode, de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique. L'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast est proposé chaque jeudi à 17h sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute dès le dimanche à midi. Soutenez-le, partagez-le, faites-le connaître autour de vous. Saison 2, épisode 5, le baptême. Après avoir vu la question de la liturgie, de la célébration qu'on a décrite comme la célébration du sacramentel du mystère pascal, en tant que la liturgie des sacrements et en particulier de la messe, et l'expression du culte de l'Église, que l'Église rend à Dieu, il nous faut maintenant commencer cette deuxième section du deuxième livre sur les sept sacrements de l'Église. Et alors, de façon tout à fait logique, nous allons étudier les sept sacrements l'un après l'autre, c'est-à-dire, comme on va le voir aujourd'hui, en commençant par le baptême. Alors, justement, entrons directement dans une question préliminaire, c'est la question 250 du compendium du catéchisme. Comment se distinguent les sacrements ? On distingue, répond le catéchisme, les sacrements de l'initiation chrétienne, baptême, confirmation, eucharistie, et les sacrements de la guérison, pénitence et onction des malades, les sacrements au service de la communion et de la mission, ordre et mariage. Ils concernent les moments importants de la vie chrétienne. Tous sont ordonnés à l'eucharistie comme à leur fin spécifique. C'est une citation de saint Thomas d'Aquin. Donc voilà une vérité que tout catholique doit connaître, il y a sept sacrements. Les sacrements, on le rappelle, on l'avait déjà mentionné, sont des signes sensibles d'une grâce invisible, institués par notre Seigneur Jésus-Christ pour la sanctification des fidèles. Donc c'est évidemment le Christ qui a institué les sept sacrements, contrairement à ce que vont dire les protestants à partir du XVIe siècle, en refusant les sacrements de la confirmation, de l'ordre du mariage, de... de l'onction des malades et de la pénitence, ils vont réduire en général les sacrements au baptême et parfois à l'eucharistie. Mais c'est évidemment une connaissance imparfaite, insuffisante de l'évangile et de Jésus-Christ, puisque Jésus-Christ au contraire a véritablement institué sept sacrements. Alors cette division est intéressante entre les sacrements de l'initiation, les sacrements de la guérison et les sacrements au service du bien commun, au service de la communion et de la mission. On y reviendra bien sûr. au fur et à mesure. J'aimerais insister maintenant sur la suite de la réponse que nous venons de lire, puisqu'il est dit que ces sept sacrements concernent les moments importants de la vie chrétienne. Et ce qui est tout à fait marquant, c'est que ces sept sacrements au niveau surnaturel, qui donnent la vie de la grâce à l'âme et qui l'entretiennent, correspondent aux étapes principales de la vie naturelle. de notre corps humain. Je m'explique. Il y a comme un parallèle, puisque tout homme commence par naître, puis il grandit, et pour grandir il se nourrit, il est guéri, et ensuite il fait un choix de vie, et finalement il s'avance vers la mort parce que la vie se termine. Et bien de la même façon que dans la vie naturelle il y a ces différentes étapes, dans la vie spirituelle, dans la vie de l'âme, il y a aussi des étapes. Le baptême. C'est ce qui donne la vie de la grâce, c'est la naissance à la vie surnaturelle. La confirmation, c'est le passage de l'adolescence, le passage de l'enfance à l'âge adulte. Je fais une parenthèse d'ailleurs, dans toutes les cultures, que ce soit les cultures antiques, il y a effectivement un rite de passage de l'enfance à l'âge adulte et la confirmation... correspond à ce rite de passage. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, dans la confirmation traditionnelle, l'évêque donne une claque à l'enfant, soit un garçon ou une fille. Alors pas forte, évidemment, c'est symbolique, mais il faut le faire sérieusement. Moi je suis toujours déçu quand je vois les évêques qui remplacent ça par un petit câlin sur la joue, c'est ridicule. Non, c'est une... C'est une marque de... Vous devenez désormais des hommes ou des femmes, des adultes, dans la vie de la grâce, et donc vous êtes capables de résister aux difficultés, aux épreuves, etc. Donc il faut, si un jour je suis évêque, ce qu'à Dieu le plaise, eh bien je donnerai des vrais baffes aux enfants qui vont, gentiment, ne vous inquiétez pas, n'allez pas me dénoncer à la police des mœurs, donc, mais symboliquement, parce que ça correspond au rite de passage qui existe dans toutes les cultures traditionnelles. Et d'ailleurs, c'est une grande faiblesse de notre... sous-culture contemporaine que de considérer l'adolescence comme étant un âge spécifique de la vie. L'adolescence n'est rien d'autre que le passage alors qu'il peut prendre un certain temps, mais c'est un passage de l'enfance à l'âge adulte. L'âge de l'adolescence dont on fait une espèce de divinité, comme si c'était l'âge parfait de l'adolescence, où on fait ce qu'on veut, on n'a aucune responsabilité et on n'a aucun compte à rendre à personne et on vit dans son monde encore d'enfance, ce n'est pas du tout un... Un âge idéal, un âge rêvé. Tout enfant doit rêver de devenir un adulte. La période de passage est pénible. Il faut donner aux enfants le désir de devenir des hommes et des femmes accomplis, capables de transmettre, capables d'engendrer d'ailleurs, capables d'être responsables de leurs actes. Le mythe de l'adolescence, il faut que les chrétiens le bannissent de leur système éducatif et de leur vision de l'homme. Voilà, je ferme la parenthèse. Je reviens sur mon propos. Donc, il y a dans la vie surnaturelle des étapes comme dans la vie naturelle, le baptême qui est la naissance, la confirmation qui est le passage à l'âge adulte. Et puis, l'eucharistie, c'est ce qui nous nourrit. Je ne sais pas si vous avez déjà médité là-dessus, mais on passe dans notre vie un temps fou à se nourrir. On se nourrit trois fois par jour, pour ceux qui peuvent, évidemment. Mais on passe un temps fou à préparer la nourriture, à manger et puis ensuite à nettoyer ce qu'il en reste. Donc, l'une des activités principales de l'homme, et de n'importe quel animal d'ailleurs, est de se nourrir. Et donc l'Eucharistie, spirituellement, devrait être notre occupation principale. On devrait, trois fois par jour, la règle c'est qu'on ne communique qu'une seule fois par jour, traditionnellement. Aujourd'hui, il est permis de communier deux fois. Mais la règle traditionnelle c'était qu'on ne communique qu'une fois par jour. Mais on peut faire un tas de communions spirituelles, on peut désirer la nourriture céleste. et et désirer être nourri de la grâce divine. Ensuite, les sacrements de la guérison, donc la pénitence, correspond au moment de faiblesse corporelle, lorsqu'on va voir un médecin pour se soigner, et bien de la même façon, dans la vie spirituelle, lorsque notre âme est blessée, fatiguée, alourdie, lorsqu'elle porte des fardeaux, et bien elle a besoin de la lumière, lorsqu'elle est obscurcie, lorsqu'elle est perdue dans l'obscurité, elle a besoin d'être éclairée par la lumière de la grâce, et donc la pénitence... correspond à cette guérison de l'âme, et puis l'onction des malades correspond à l'étape finale de la vie. Tout homme doit mourir, parce que la matière n'est pas infinie. C'est une vérité tout à fait commune, c'est-à-dire la seule vérité commune à tous les hommes au moment de leur naissance, c'est que nous allons tous mourir. On peut être grand, petit, noir, blanc, riche ou pauvre. quelle que soit l'époque où on a vécu, le lieu où l'on est, il n'y a qu'une seule chose qui est vraie, c'est que l'on va mourir. Là encore, nos sociétés occidentales malades refusent la mort, nient la mort, se cachent les yeux, alors qu'il faudrait que ce soit là aussi une vérité, une préoccupation tout à fait réelle, puisque tout homme est destiné à mourir. Donc le chrétien, là encore, doit assumer la mort comme étant ce pour quoi il a été créé. Alors évidemment, il a été créé pour la vie éternelle, qui suit la mort, mais la mort étant un passage obligatoire. Donc n'ayons pas peur de la mort, un chrétien n'a pas peur de la mort. Un chrétien se prépare à bien mourir, ça c'est sûr, grâce en particulier au sacrement de l'extrême onction. Et puis, le troisième groupe, c'est les sacrements au service de la communion et de la mission, donc l'ordre et le mariage, qui correspondent dans la vie naturelle, Ausha de vie, à l'engagement, dans le mariage évidemment. L'engagement à fonder à son tour un foyer, à engendrer, à avoir des enfants, et puis l'ordre pour ceux qui deviennent prêtres. Donc vous voyez, ces sept sacrements correspondent parallèlement à toutes les réalités de notre vie naturelle. Et dernier point, c'est très beau de le citer ici, de citer ici saint Thomas d'Aquin, tous ces sacrements sont ordonnés à l'Eucharistie comme à leur fin spécifique. Ça c'est très beau, c'est une théorie effectivement qui est développée, c'est une thèse qui est développée par saint Thomas d'Aquin, à savoir que l'Eucharistie est non seulement le principal, mais c'est le sommet des sacrements, à savoir ce à quoi tous sont ordonnés. Pourquoi dit-il ? On n'a pas l'explication ici, mais je vous la donne. Dans la Somme de théologie, saint Thomas d'Aquin explique que l'Eucharistie, à la différence des sacrements, non seulement donne la grâce, comme les autres sacrements, mais elle contient l'auteur de la grâce. Donc l'Eucharistie, ce n'est pas simplement l'effet de la présence de Dieu, mais c'est Dieu présent, Dieu lui-même présent. Et donc, on y reviendra quand on parlera de l'Eucharistie, évidemment, mais puisque tous les sacrements visent à nous faire vivre de la vie de Dieu, et bien évidemment... D'une certaine façon, il vise à nous faire vivre de l'Eucharistie. Et voilà en quel sens tous les sacrements visent à l'Eucharistie. Donc l'Eucharistie est le sommet, la fin, la finalité, le but de toute cette vie, de tout cet édifice sacramentel. Alors commençons, après ces généralités sur les sacrements, j'ajoute d'ailleurs, avant de commencer, qu'il y a dans la théologie de saint Thomas d'Aquin, puisqu'on en parle, La théologie sacramentelle de saint Thomas d'Aquin est basée sur l'idée, évidemment philosophique, aristotélicienne, de matière et de forme. A savoir que, ça c'est la longue tradition théologique au sujet des sacrements, que dans tout sacrement il y a une matière et une forme. Alors, je m'explique. Vous voyez, quand on dit qu'il y a une matière et une forme, pour la thèse aristotélicienne qui est reprise par... toute la tradition des philosophes classiques, c'est que toute réalité naturelle est constituée d'une matière qui est principe d'individuation et une forme qui est un principe au contraire universel qui correspond à plusieurs. Donc pour dire les choses un peu rapidement, si vous prenez un cheval, eh bien la cavalinité et la forme, c'est-à-dire ce que tous les chevaux possèdent en commun, ce qui fait qu'un cheval est un cheval. Mais entre un chetland, un cheval de course entre tel cheval noir, tel cheval blanc, entre tel cheval noir qui court vite et tel cheval noir qui court lentement, eh bien, qu'est-ce qui fait la différence ? Qu'est-ce qui distingue parmi tous les chevaux ? Donc, ce qu'ils ont en commun, c'est la cavalinité, le fait des chevaux, l'essence du fait d'être cheval, de la cavalinité. Mais ce qui les distingue, c'est ce qui est donc un principe d'individuation, ce qui fait de chaque cheval un individu particulier. Et c'est cela qu'on appelle en philosophie la matière. Donc la matière est principe d'individualisation alors que la forme est ce qu'il y a de commun entre divers individus de la même espèce. Voilà, je vais aller un peu vite. On pourrait dire par exemple que dans une statue, si on prend une statue d'Apollon, la forme, c'est Apollon lui-même, alors que la matière, ça va être tel morceau de bois ou tel morceau, telle quantité de bronze ou de pierre. Donc la matière au sens philosophique n'est pas uniquement la matérialité, savoir si c'est de la pierre, du bois ou du bronze, mais c'est bien plus que ça. Vous voyez, on peut parler de matière, par exemple, si vous prenez une symphonie de Beethoven, c'est aussi un être naturel, alors artificiel, mais qui existe dans la nature. La symphonie de Beethoven a une forme qui va être l'ordonnancement des notes, donc l'harmonie et le rythme. alors qu'il va y avoir une matière qui va être telle réalisation de la symphonie de Beethoven, donc tel orchestre qui est en train de le jouer. Alors là c'est encore plus complexe parce qu'on dit si on l'écoute sur un CD, enfin sur un disque, excusez-moi mon anachronisme, si on l'écoute en numérique, on ferait une distinction entre la symphonie de Beethoven comme telle ou la symphonie de Beethoven en tant qu'elle est jouée, en tant qu'elle est réalisée par tel ou tel orchestre, ou tel ou tel... lecteur, enfin voilà, ça devient très complexe, c'est toute la difficulté de la philosophie, mais voilà, tout cela pour affirmer que Saint Thomas d'Aquin et toute la tradition théologique distinguent dans les sacrements aussi une matière et une forme, et ils distinguent même la matière, la forme et l'intention. Et donc pour chaque sacrement, il y a une matière, ça va être l'eau pour le baptême par exemple, ça va être le pain et le vin pour l'eucharistie. Ça va être la confession des péchés, dans le cas de la pénitence, ça va être l'huile pour l'onction des malades, donc ça, ça va être la matière, et la forme va être la formule. qui réalise ce que la matière seule signifie. Alors je m'explique. Lorsque je prends de l'eau et que je verse de l'eau sur un enfant, ça peut être pour le laver, ça peut être pour lui donner à boire. Donc ce n'est pas suffisant, le geste n'est pas suffisant. Alors oui, parce que le geste fait partie de la matière aussi. La matière, c'est la matérialité au sens philosophique. Mais il faut, lorsque je... verse de l'eau sur un enfant, en ajoutant « je te baptise au nom du Père, du Fils, etc. et du Saint-Esprit » , eh bien, je signifie que je veux donner le sacrement du baptême. Pour chaque sacrement, il y a la matière et la forme. Alors, on peut regretter que dans la théologie contemporaine, cette distinction entre matière et forme ait été quasiment abandonnée. Quasiment abandonnée, j'avais fait une recherche d'ailleurs dans tous les textes du magistère depuis le Concile Vatican II, en fait cette théologie de l'illomorphisme, donc la composition de matière, et Hulet en grec et de forme morphée a été abandonné sous prétexte que c'était des notions qui relevaient de la métaphysique d'Aristote et que la théologie ne devait pas être dépendante d'une philosophie particulière. Je pense que c'est dommage parce qu'il y a un certain nombre de clarifications sur la théologie des sacrements qui étaient permises grâce à cette philosophie de la matière et de la forme. Mais pourquoi je dis que ça a été quasiment abandonné ? Parce que, comme on le voit ici, comme on le verra, il n'est plus question dans les manuels ou dans les catéchismes, il n'est plus question de matière et de forme. Alors moi, je vous donnerai quelques... quelques ajouts, mais simplement on trouve la notion de forme canonique du mariage par exemple, parce que dans le mariage, comme on le verra, il faut une forme canonique qui est la seule forme valable, qui est nécessaire à la validité du mariage. Et puis par exemple pour l'eucharistie, on parle évidemment de la matière de l'eucharistie, quelle matière convient, le pain et le vin, quel style de pain, quel style de vin, etc. Donc dans le cas de l'eucharistie, on parle encore de matière, et dans le cas du mariage, on parle de forme. Mais c'est à peu près tout ce qui est resté de cette théologie sacramentaire traditionnelle. Alors voilà, je ferme là encore la parenthèse et je commence directement. Commençons par le chapitre 1, donc les sacrements de l'initiation chrétienne. Comment se réalise l'initiation chrétienne ? Elle se réalise par les sacrements qui posent les fondements de la vie chrétienne. Renés par le baptême, les fidèles sont fortifiés par la confirmation et se nourrissent de l'Eucharistie. Voilà donc les trois sacrements de l'initiation chrétienne, le baptême, la confirmation et l'eucharistie. Alors commençons directement par l'étude du sacrement du baptême, qui nécessitera au moins encore une leçon, évidemment, parce que c'est un sacrement tout à fait fondamental. On verra qui est baptisé, qui peut baptiser, est-ce qu'il est nécessaire d'être baptisé, etc. Alors première question, c'est la question numéro 252. Quels sont les noms du premier sacrement de l'initiation ? Il prend d'abord le nom de baptême en raison du rite central de la célébration. Baptiser veut dire plonger dans l'eau. Celui qui est baptisé est plongé dans la mort du Christ et il ressuscite avec lui comme une créature nouvelle. C'est une citation, créature nouvelle. C'est une citation qui vient de la seconde épître aux Corinthiens, chapitre 5. On l'appelle encore bain de la régénération et de la rénovation dans l'Esprit-Saint. Ça c'est Saint Paul à titre. Et illumination parce que le baptisé devient fils de la lumière. Et c'est une citation de l'épître aux Éphésiens, chapitre 5. Donc le baptême consiste principalement, le rite central de la célébration, c'est le fait d'être plongé dans l'eau pour... symboliser la mort dans le Christ et la résurrection comme une créature nouvelle. On disait tout à l'heure c'est une nouvelle naissance, donc on est rené par le baptême. C'est une renaissance, une nouvelle naissance qui donne cette vie du Christ acquise par la mort, sa mort et sa résurrection. J'en profite pour rendre hommage à mon père qui s'appelait René. Je trouve ça magnifique ce prénom. Celui qui est René, c'est celui qui est né de la vie de la grâce, bien sûr. Question suivante, comment le baptême est-il préfiguré dans l'ancienne Alliance ? Oui, parce que, évidemment, c'est le Christ qui instaure le baptême, et le baptême ne se fait que... à partir du Nouveau Testament, à partir de l'Évangile, même si, comme on va le voir, déjà dans l'Ancien Testament, il y a un baptême, le baptême de Jean, par lequel le Christ lui-même va passer pour sanctifier le baptême, pour réaliser ce qu'il signifie. Et donc, il existe évidemment des figures du baptême dans l'Ancienne Alliance. Justement, c'est ce que nous explique le catéchisme. Dans l'ancienne Alliance, on trouve diverses préfigurations du baptême. L'eau, source de vie et de mort. L'arche de Noé, qui sauve par l'eau. Le passage de la mer Rouge, qui a délivré Israël de la servitude de l'Égypte. La traversée du Jourdain, qui fait entrer Israël dans la terre promise, image de la vie éternelle. Donc, c'est vrai qu'on pourrait faire toute une... J'avais entendu un jour une conférence... Une conférence à l'occasion d'une retraite sur le rôle de l'eau. C'était en préparation à Pâques, justement. Le rôle de l'eau dans la Sainte Écriture, dans l'Ancienne Alliance. L'eau, évidemment, on le sait tous, l'eau est nécessaire à notre vie. Et d'ailleurs, c'est magnifique que du coup, ce soit par l'eau que l'on renaisse à la vie de la grâce. Celui qui n'a pas d'eau meurt, il se dessèche, il se déshydrate et il se... réduit sur lui-même, il perd ses forces et il meurt. On a besoin de l'eau. Donc cette utilisation de l'eau comme symbole de la grâce, de la nouvelle vie, parce que sans la grâce, l'homme se recroquevisse sur lui-même, il se dessèche et il meurt. On a besoin de cette eau de la grâce. On trouve l'eau, vous vous souvenez par exemple de Moïse qui devait frapper sur le rocher pour faire jaillir de l'eau, parce que le peuple hébreu n'avait plus d'eau dans le désert, juste avant d'entrer dans la terre promise. Comme il a douté de la puissance de Dieu et qu'il a frappé encore plus fort parce qu'il voulait par ses propres forces casser le rocher et faire jaillir l'eau, il a manqué de foi. La punition, c'est qu'il n'est pas rentré. Il a vu la terre promise, mais il n'est pas rentré lui-même dans la terre promise. L'arche de Noé, bien sûr, est une image du baptême incroyable. C'est l'arche de Noé qui sauve par l'eau. Il faut évidemment flotter sur l'eau. Il faut être dans cette barque qu'est l'église. qui sauve par l'eau, mais le déluge c'est une purification qui va donner une vie nouvelle, qui va donner naissance à une race nouvelle, les descendants de Noé, au milieu du péché des hommes. Le passage de la mer rouge bien sûr, qui délivre Israël de l'esclavage, vous savez quand Moïse ouvre la mer en deux, c'est donc à travers l'eau que le peuple est sauvé. Donc de la même façon. Le baptême, c'est en passant à travers l'eau du baptême que nous sommes nous-mêmes sauvés. À traverser du Jourdain qui fait entrer Israël dans la terre promise, image de la vie éternelle. Donc l'eau, on pourrait faire toute une conférence, toute une méditation sur le rôle de l'eau. Il y a évidemment aussi cette vision célèbre du prophète Ézéchiel qui dit « j'ai vu l'eau couler du côté droit du temple et se répandre sur la terre » . et lui donner sa vitalité, la féconder, et qui est une image de l'eau qui va couler du côté du Christ sur la croix, et qui est une image de la grâce, de l'eau du baptême, qui va venir féconder et rendre vivants tous les hommes par le baptême. Alors, qui porte ces préfigurations à leur accomplissement ? C'est la question 254, et c'est ce dont je vous parlais juste avant. C'est Jésus-Christ qui, au début de sa vie publique, se fait baptiser dans le Jourdain par Jean-Baptiste. Sur la croix, de son côté transpercé, jaillissent le sang et l'eau, signe du baptême et de l'Eucharistie. Après sa résurrection, il a confié aux apôtres à la mission suivante, « Allez enseigner toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Donc, ces préfigurations dans l'Ancien Testament sont accomplies par le Christ lui-même. lorsqu'il se fait baptiser dans le Jourdain par saint Jean-Baptiste. Peut-être que vous vous souvenez de cet épisode, je vous invite à le relire, où le Christ se fait baptiser et c'est l'une des épiphanies, ou des théophanies, c'est l'apparition du Dieu trinitaire, puisqu'on entend une voix du ciel qui dit « Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui j'ai mis mes complaisances » . Et écoutez-le, et apparaît le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe. qui vient confirmer par cette apparition, cette manifestation trinitaire, que se joue dans le baptême, dans le baptême du Christ, que c'est un baptême trinitaire. C'est la Trinité qui est présente et qui vient faire de ce geste du baptême la prise de possession de Dieu qui intervient dans le monde. Comme Dieu s'est manifesté au baptême du Christ, Dieu se manifeste, Dieu trinitaire se manifeste au moment de chaque baptême parce que Dieu prend possession de l'âme de... celui qui est baptisé. Voilà la grandeur du baptême. Alors, pour terminer cette première conférence, cette première étape sur le baptême, question 255. Depuis quand et à qui l'Église administre-t-elle le baptême ? Depuis le jour de la Pentecôte, l'Église administre le baptême à ceux qui croient en Jésus-Christ. Il y a évidemment un lien intime entre ceux qui croient en Jésus-Christ et le fait d'être baptisé, puisque, comme on l'a dit juste avant, le Christ lui-même nous a dit, nous a donné cette mission, « Allez enseigner toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Alors nous verrons la prochaine fois comment se réaliserait du baptême, qui peut recevoir le baptême, le baptême des petits-enfants en particulier, qui peut baptiser et est-ce qu'il est nécessaire d'être baptisé pour être sauvé. Voilà le programme de... notre prochaine conférence. Comme toujours, terminons ce podcast en priant le Saint-Esprit de nous éclairer pour mieux comprendre, mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. Venez, Esprits saints, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle et vous renouvellerez la face de la terre. Prions, ô Dieu qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations, par Jésus-Christ notre Seigneur, ainsi soit-il. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute attentive, une fois encore, de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique, et surtout n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous, et que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Sourcoume Cornel.