Speaker #0Bienvenue dans l'émission Soursum Corda. Le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique. L'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast est proposé chaque jeudi à 17h sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute le dimanche à midi. Soutenez-le, faites-le connaître autour de vous. Saison 2, épisode 4, temps et lieu liturgique. Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous restait, la semaine dernière, nous avons étudié donc la liturgie, ce qu'est la liturgie et comment célébrer la liturgie. Il reste une question que je n'avais pas eu le temps d'aborder, la question numéro 240. Quel est le but des images saintes ? L'image du Christ, dit le catéchisme, l'image du Christ est l'icône liturgique par excellence. Les autres images représentant la Vierge et les Saints signifient le Christ qui est glorifié en eux. Elles proclament le message évangélique lui-même que la Sainte Écriture transmet par la parole. Elles contribuent à réveiller et à nourrir la foi des croyants. Une fois que nous avons ici une très belle... explications de ce que sont ces représentations, les tableaux, les statuts qui ornent nos églises. Il y a différentes façons d'ailleurs d'aborder cette question. Vous savez que dans les églises orientales, catholiques orientales, il y a un véritable culte des icônes qui sont non seulement des représentations, mais qui sont des textes qui disent quelque chose. Dans ce sens, les icônes ne sont pas simplement des images, des seins, mais elles sont des écritures. On dit qu'on écrit une icône parce que c'est toute une signification théologique qui est contenue dedans. Alors, on a moins cette approche symbolique dans l'Église latine. Mais bien sûr, j'aime beaucoup cette phrase que je viens de lire, les images de la Sainte Vierge et des saints signifient le Christ qui est glorifié en eux. Voilà pourquoi on représente les saints, parce qu'ils sont saints précisément, ils sont, comme dit Saint Paul, ce n'est plus eux qui vivent, mais c'est le Christ qui vit en eux. Donc c'est le Christ, évidemment, qu'on adore et qu'on vénère à travers les saints, parce qu'ils... ont vécu d'une façon qui nous touche plus particulièrement, ou qui nous éclaire plus particulièrement sur tel ou tel aspect de l'infinité et de la perfection divine. Alors les questions suivantes concernent les temps liturgiques et les différents aspects temporels. Alors quel est le centre du temps liturgique ? Le centre du temps liturgique est le dimanche, fondement et cœur de toute l'année liturgique, qui, chaque année, a son sommet à Pâques, la fête des fêtes. Alors j'en profite pour faire une fois encore un appel, pour lancer une fois encore un appel à cette centralité du dimanche, qui non seulement évidemment le jour qui est réservé à Dieu, mais qui rythme aussi et qui constitue notre horloge biologique et notre horloge biologique chrétienne. j'en appelle à tous ceux qui non seulement sont chrétiens mais à tous ceux qui ont veulent participer à un renouveau de la France, de la civilisation chrétienne, ne laissez jamais passer un dimanche sans aller à la messe. C'est ce qu'ont fait tous nos ancêtres. Et celui qui dit « moi j'ai pas vraiment la foi » , c'est en allant à la messe que vous aurez la foi, que vous comprendrez, que vous entrerez dans le mystère, que vous comprendrez qu'il se joue là des choses bien plus grandes. que nos médiocrités, nos petitesses quotidiennes. J'ai eu le malheur récemment de devoir les prendre de l'essence dans une station-service un dimanche. Et donc c'était un supermarché. Et alors j'étais effrayé parce que le parking du supermarché grouillait de monde. C'était vraiment l'attraction, l'activité du dimanche. Si on n'honore pas Dieu, on se fabrique des fausses divinités. Et aujourd'hui, malheureusement, les hommes non contemporains ont... comme divinité l'argent, la matière, la consommation on a l'impression que l'activité principale du dimanche c'est d'aller faire des courses pour acheter consommer, s'approprier comme si vivre c'était ça comme si vivre c'était la matière je vous invite, je vous implore n'allez pas faire vos courses le dimanche si vous êtes propriétaire d'un magasin ou si vous êtes commerçant ne cédez pas à cette tentation de faire de l'argent le dimanche vous en serez béni par Dieu. Et on a très bien survécu sans travailler le dimanche. Évidemment, ça ne concerne pas les professions nécessaires, le charcutier, le boucher, le boulanger. Mais, et encore aujourd'hui avec les systèmes... de conservation, évidemment les médecins et les pompiers doivent bien travailler, au moins être de garde le dimanche, mais vraiment je vous invite à prendre cela au sérieux, non seulement pour obéir au commandement de l'église et pour sanctifier le dimanche, mais aussi pour participer à ce renouveau civilisationnel chrétien qui est comme rythmé, fondé sur cette priorité de la vie spirituelle. qui nécessite de réserver au moins une journée aux biens spirituels et de ne pas vivre uniquement selon la matière, selon la chair et selon la consommation. Alors évidemment, le sommet de toute la lignée liturgique, c'est la fête de Pâques, la fête des fêtes, puisque c'est là qu'on célèbre évidemment le mystère pascal, la mort et la résurrection de notre Seigneur. Et voilà pourquoi d'ailleurs, il est indispensable de conserver le lundi de Pâques. Comme jour férié. Évidemment, ce n'est pas une fête religieuse. Alors bien sûr, c'est une fête de première classe. Ce n'est pas une fête d'obligation. Mais c'est une messe de première classe. Et on devrait aller à la messe le lundi de Pâques, autant que possible. Mais c'est parce que Pâques est le sommet de toute l'année liturgique, de toute notre foi, qu'alors cette fête mérite bien deux jours. Il faudrait d'ailleurs aussi que le vendredi saint soit férié, comme c'est le cas dans certains pays. Là encore, le vendredi saint, j'invite tous les restaurateurs, tous ceux qui travaillent dans les restaurants à ne pas servir de viande le vendredi saint au moins, et l'imposer en disant, ici on est chrétien, les vendredis de carême on ne mange pas de viande, et le vendredi saint encore moins. Je pense même qu'il faudrait que les restaurants soient fermés le vendredi saint. au moins le soir, pour nourrir les gens, les ouvriers, les travailleurs, le midi, très bien, vous servez de la soupe de poisson, et ça ira très bien avec un crouton de pain, et comme ça, vous aidez ceux qui ne sont pas volontaires à jeûner ce jour-là. Je dis ça en plaisantant, mais bien sûr, une société chrétienne, c'est une société dans laquelle ses règles... qui sont quand même minimales. Aujourd'hui, dans l'église, il y a deux jours de jeûne imposés, le mercredi décembre et le vendredi saint. Eh bien, moi ça m'est déjà arrivé, alors ce n'était pas un vendredi saint quand même, c'était un vendredi carême à l'université, d'être invité après une conférence à un cocktail où il y avait du jambon ou du saucisson. Alors heureusement... Bon, ça n'avait pas été prévu par l'organisateur, mais heureusement les participants, enfin tout le monde a laissé les tranches de jambon de côté, de charcuterie. Mais normalement dans une société chrétienne, eh bien chacun, et je dis ça, c'est-à-dire que vous, quel que soit votre travail, n'organisez pas de rendez-vous, d'événements, de cocktails, de dîners, au minimum le mercredi décembre et le vendredi saint, et au mieux tous les vendredis de carême. Donc voilà, il faut prendre cette habitude de traduire dans les gestes et dans notre vie quotidienne ce que notre foi réclame. Alors quel est le rôle de l'année liturgique ? Parce qu'on dit que le Pâques c'est le sommet de l'année liturgique, mais quel est son rôle ? Au cours de l'année liturgique, l'Église célèbre la totalité du mystère du Christ, de son incarnation jusqu'à son retour dans la gloire. Certains jours, l'Église vénère avec une affection spéciale la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu. Et elle fait aussi mémoire des saints qui ont vécu pour le Christ, qui ont souffert avec lui et qui sont avec lui dans la gloire. Donc voilà, l'année liturgique, il y a différentes parties. En gros, il y a deux cycles. Le cycle de Noël, qui commence à l'Avent, le premier dimanche de l'Avent, qui est en général fin novembre ou début décembre, puisqu'il y a quatre dimanches de l'Avent. Et puis, après Noël, il y a toute l'octave de Noël. Et puis le temps de l'Épiphanie, le 6 janvier, qui est une grande fête aussi, surtout dans certaines régions. Et ensuite, le temps après l'Épiphanie. Et puis ensuite commence le temps de Pâques. avec le long temps du carême, qui est une préparation à Pâques, 40 jours de carême, qui sont précédés dans la liturgie traditionnelle du temps de la septuagésime, puis de la sexagésime, puis de la quinquagésime, c'est-à-dire les 70 jours avant Pâques, 60 jours avant Pâques, 50 jours avant Pâques, et puis le carême qui commence 40 jours avant Pâques. Et c'est déjà une préparation à l'entrée en carême, les dimanches de la septuagésime, sexagésime, quinquagésime, il y a trois dimanches qui sont en violet. Alors ce ne sont pas des temps de pénitence, mais ce sont des temps de préparation au carré, qui ont été supprimés malheureusement dans la liturgie nouvelle. Et puis il y a tout le temps de Pâques, évidemment, la semaine pascale, et puis les 50 jours après Pâques, où l'on célèbre, on continue à célébrer ce temps pascal, ce qu'on appelle le temps pascal, qui se conclut évidemment par la fête de l'ascension, donc le Christ qui monte au ciel le jeudi de l'ascension. et puis dix jours plus tard, la Pentecôte, Dieu qui envoie la troisième personne qui envoie l'Esprit Saint sur les apôtres pour célébrer le début de l'Église, c'est la fête de la Pentecôte, et puis ensuite c'est tout le long temps après la Pentecôte, qui va jusqu'à la fin de l'année liturgique, et le début de l'année liturgique suivante, donc fin novembre. Voilà ce grand cycle liturgique annuel, et puis au milieu, dans l'année, sont évidemment célébrés les saints. On fait mémoire des saints, et en particulier de la Très Sainte Vierge Marie, avec les fêtes des saints du jour. Vous voyez, là encore, ça c'est une chose, le calendrier avec les saints, c'est une chose tout à fait chrétienne. Dans les pays non chrétiens, il n'y a pas ça. Ça fait partie de ces habitudes, on est tellement habitué qu'on trouve que c'est tout à fait normal. Mais ça, c'est encore l'une des choses qui est, comme le dimanche, l'une des choses qui est un fruit, un résultat de notre identité chrétienne. Alors ensuite, qu'est-ce que la liturgie des heures ? Alors la liturgie des heures, prière publique et habituelle de l'Église, est la prière du Christ avec son corps. Par elle, le mystère du Christ, que nous célébrons dans l'Eucharistie, sanctifie et transfigure le temps de chaque jour. Elle se compose principalement de psaumes et d'autres textes bibliques, ainsi que de lectures des pères et des maîtres spirituels. Donc ce qu'on appelle aujourd'hui la liturgie des heures, c'est ce qu'on appelait autrefois le bréviaire ou l'office divin. Le brevière, c'est le livre qui contient l'office divin. L'office divin, c'est très bien dit ici, c'est magnifique cette expression, c'est la prière du Christ avec son corps. C'est-à-dire que c'est le corps du Christ, à savoir l'Église, qui prie. Lorsque les religieux, les prêtres, toute l'Église prie par cette prière publique, c'est le Christ qui prie à travers eux. Donc les prêtres, les moines, évidemment, principalement Les religieux, principalement, comme tâche cette prière publique de l'office divin, qui se divise en huit heures. Donc il y a une heure de la nuit qui s'appelle les matines. Vous connaissez bien Frère Jacques, sonner les matines, qui se prie en général dans les communautés religieuses au milieu de la nuit. Ça dépend des communautés, ça dépend des traditions. Et puis ensuite, il y a sept heures du jour, donc les laudes, l'office du matin. Ensuite, ce qu'on appelle les petites heures, donc prime, tierce, sexte et nonne, qui se prie toutes les trois heures environ. Et puis ensuite, l'office de l'après-midi, les vêpres. Et puis l'office du soir, les complices. Voilà, ce sont toutes ces heures qui composent l'office divin et que tous les religieux et les religieuses récitent chaque jour. Alors certains chantent tout l'office, ça c'est le rôle des bénédictins en particulier. Ils chantent tout l'office dans leur abbaye. Certains le récitent parce qu'ils sont des religieux plus missionnaires, par exemple, ou plus dédiés à autre chose. Et puis les prêtres, le manque du clergé, séculiers, sont tenus à réciter l'Office Divin, donc moi-même comme prêtre, donc je ne suis pas religieux au sens, je ne suis pas sous une règle, je ne fais pas partie du clergé régulier, mais je fais partie du clergé séculier, et donc je suis tenu à réciter chaque jour l'Office Divin, donc tout le bréviaire. Alors nous, on n'est pas tenu à le réciter selon les heures en commun, etc. Tout ce qu'on doit faire, ce qu'un prêtre doit faire, c'est chaque jour réciter l'intégralité du bréviaire. Alors ensuite, dans les communautés, il y a certaines coutumes, certaines habitudes. Par exemple, comme je fais partie d'une communauté de prêtres, lorsqu'on est ensemble, on vit dans des maisons, dans des communautés. Et on prie ensemble au minimum un office, alors ça dépend où on est, quelles sont les activités, etc. Mais on prie en général un office, et ça dépend des maisons, ça dépend des communautés, mais c'est un office donc de cet office divin qui est la prière publique de l'Église. Et c'est comme ça, effectivement, que le mystère du Christ sanctifie et transfigure le temps de chaque jour. Et comme je viens de le lire, cette prière de l'Office d'Hiver est composée principalement de psaumes, c'est-à-dire magnifiques, alors il y a 150 psaumes, donc on a le temps de les réciter, on les récite chaque semaine dans l'ensemble de l'Office, et on récite l'intégralité des 150 psaumes chaque semaine. Et alors les psaumes, c'est magnifique parce qu'on y trouve tous les sentiments de l'âme humaine, l'adoration, la louange. la gloire de Dieu, mais aussi l'expression de la tristesse, de la souffrance, de l'espérance, de la joie. Tous les sentiments qui peuvent animer les hommes se trouvent d'une façon ou d'une autre dans les psaumes. Et donc c'est très consolant de trouver dans telle ou telle phrase chaque jour quelque chose pour nourrir la prière comme une respiration de l'âme. Et donc voilà, si vous allez dans une abbaye, je vous recommande de fréquenter des abbayes, de visiter des abbayes et de connaître un peu. Évidemment, il y en a de moins en moins, malheureusement, parce qu'il y a de moins en moins de vocations religieuses. Mais c'est une très belle chose que de consacrer sa vie à cette prière, à cette sanctification du monde par la prière de l'office divin. Alors ensuite, dernière partie, où célébrer ? Donc les lieux de la célébration. L'Église a-t-elle besoin de lieux pour célébrer la liturgie ? Le culte en esprit en vérité de la Nouvelle Alliance n'est lié à aucun lieu en particulier. C'est exactement ce que le Christ explique à la Samaritaine au chapitre 4 de l'Évangile de Saint Jean. Le culte en esprit en vérité n'est plus lié à un lieu, n'est plus lié au Temple de Jérusalem, qui va être détruit d'ailleurs. Il n'y a plus de culte de l'Ancien Testament puisque le Temple a été détruit. Il ne reste que les fondations, ce qu'on appelle le mur des lamentations, c'est simplement les fondements du temple qui ont été creusés, mais le temple a été rasé et donc il n'y a plus de lieu pour le culte officiel rendu à Dieu. Parce que désormais, il n'y a plus un peuple élu dans un lieu choisi par Dieu, mais ce sont tous les hommes de bonne volonté qui sont appelés à rendre ce culte, non pas dans un temple de pierre, mais dans le temple de leur âme en esprit et en vérité. Alors, le culte n'est lié à aucun lieu en particulier, car le Christ est le véritable temple de Dieu, grâce auquel les chrétiens et l'Église entière deviennent, sous l'action de l'Esprit-Saint, temple du Dieu vivant. Si, comme je viens de le dire, ce sont les chrétiens qui sont temple du Dieu vivant, le lieu où habite Dieu, c'est parce que le Christ est le véritable temple de Dieu. D'ailleurs, vous vous souvenez, au moment où le Christ meurt sur la croix, l'évangéliste raconte que le rideau... du temple se déchirent en deux. Et ce rideau, ce n'était pas simplement un rideau décoratif, c'était ce qui séparait le saint, donc le sanctuaire du saint des saints, l'endroit où était conservée la présence divine par l'arche d'alliance, où seul le grand prêtre entrait une fois par an. C'était vraiment le lieu le plus sacré, le plus réservé, le plus saint, parce que c'est Dieu qui habitait là, dans cette vision du prophète Isaïe, qui voit dans le temple les séraphins qui chantent Dieu trois fois saint, Saint-Ous, Saint-Ous, Saint-Ous, le Dieu des armées. Et donc c'était vraiment le lieu de la présence de Dieu. Lorsque le Christ meurt, le rideau se déchire pour symboliser, pour signifier que le véritable temple, là où Dieu est présent, c'est le Christ. Et donc les membres du corps du Christ portent cette présence de Dieu par la grâce dans leur âme. Toutefois, le peuple de Dieu, dans sa condition terrestre, a besoin de lieux où la communauté peut se rassembler pour célébrer la liturgie. Évidemment, nous croyons que Dieu est présent dans les âmes, mais néanmoins, il faut bien des lieux pour que la communauté se rassemble et célébrer cette liturgie. Alors, que sont les édifices sacrés ? Ils sont les maisons de Dieu, symboles de l'Église qui vit en tel lieu précis et symboles de la demeure céleste. Ce sont des lieux de prière dans lesquels l'Église célèbre surtout l'Eucharistie et adore le Christ réellement présent dans le tabernacle. Donc les temples... que sont nos églises, les lieux sacrés, ce que sont nos églises, sont sacrés parce que le Christ y est présent et parce qu'ils sont un symbole de l'église qui vit en tel lieu, par la présence de Dieu. Donc évidemment, comme je viens de le dire, Dieu est partout présent, Dieu n'est plus présent dans un seul lieu au temple, il est présent dans les âmes, mais... Il y a différentes formes de présence et il y a de plus la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie, dans le tabernacle. Vous le savez, si certains ne le savent pas, quand on rentre dans une église, lorsqu'il y a une lumière rouge, une bougie sous un verre rouge, c'est pour symboliser que le Saint-Sacrement, donc l'hostie consacrée, est présente dans le tabernacle. Voilà pourquoi, comme il faut des lieux, il faut aussi des gestes, voilà pourquoi il faut faire une génuflexion. Quand on rentre dans une église, on fait un signe de croix, et lorsqu'on passe devant le tabernacle, devant la présence de Dieu, on se met à genoux quelques instants, ou du moins on fait une génuflexion pour montrer que l'on adore Dieu. Et j'invite là aussi tous les chrétiens à agir ainsi, sans aucun état d'âme, et au contraire pour montrer à ceux qui ne savent pas que lorsqu'on est chrétien, on adore Dieu présent dans le tabernacle. Et si tous les chrétiens faisaient ces gestes d'adoration, ceux qui rentrent dans une église verraient qu'on n'est pas n'importe où. On n'est pas juste dans un lieu pour déambuler, regarder et sentir une présence, mais que la présence est réelle et qu'on l'exprime par nos gestes d'adoration. Quels sont les endroits privilégiés à l'intérieur des édifices sacrés ? Ce sont l'hôtel, le tabernacle, le lieu où sont conservés le Saint-Crème et les autres huiles saintes, le siège de l'évêque, la cathèdre, d'où le nom cathédral, ou du curé, l'embon, la cuve baptismale, le confessionnal. On pourrait faire toute une visite d'une église. pour expliquer ce que sont tous ces lieux et en quoi ils sont des lieux sacrés, parce que c'est là que se transmet la grâce. Alors enfin, il nous reste trois questions en quelques minutes sur la diversité liturgique et l'unité du mystère. Pourquoi l'unique mystère du Christ est-il célébré au sein de l'Église selon différentes traditions liturgiques ? Parce que l'insondable richesse du mystère du Christ ne peut être épuisée par une seule tradition liturgique. Depuis l'origine, cette richesse a donc trouvé dans les différents peuples et les différentes cultures des expressions qui se caractérisent par une variété, une complémentarité admirable. Alors c'est très important cette partie parce qu'effectivement, la diversité liturgique, la diversité des célébrations reconnues par l'Église, reconnues par la tradition de l'Église, transmises par la tradition, est toujours diverse. Voilà pourquoi il y a des liturgies orientales, tout à fait catholiques, et qui ont leur légitimité tout autant, tout si forte que la liturgie romaine. Et donc c'est l'antiquité, c'est la vénérable antiquité d'une tradition qui lui donne sa valeur. Quel est le critère qui garantit l'unité dans cette pluralité ? Question 248. C'est la fidélité. à la tradition apostolique, à savoir la communion dans la foi et dans les sacrements reçus des apôtres, communion signifiée et garantie par la succession apostolique. L'Église est catholique, elle peut donc intégrer dans son unité toutes les véritables richesses des différentes cultures. Et c'est la raison pour laquelle il est indispensable que l'Église conserve avec vénération la liturgie traditionnelle romaine. Les églises romaines traditionnelles, c'est une véritable richesse dont l'église ne peut pas se dispenser. Bien sûr, c'est mon combat comme prêtre qu'on appelle traditionnaliste, mais il en va de la survie de l'église dans le sens où, si on coupe les racines d'un arbre, la sève ne peut plus monter jusqu'aux feuilles. Et l'une de ces racines, en tout cas, c'est cette tradition liturgique. et j'ai toujours été très impressionné par les... les gens, les chrétiens, et encore plus les prêtres, ou pire encore, les évêques, qui ont du mépris ou de l'indifférence envers la liturgie romaine traditionnelle. J'ai dit, mais quelle vision de l'Église, quelle foi, finalement ? Ça ne veut pas dire que tout le monde célèbre, effectivement, même si dans l'idéal, ce serait le mieux. Mais il y a des très bons prêtres qui ne célèbrent pas la messe traditionnelle. La question n'est pas là. Mais pour être un très bon prêtre, il me semble qu'il faut avoir au moins de la révérence envers les traditions les plus antiques et les plus incarnées dans l'histoire, comme l'est la liturgie latine traditionnelle. Alors, dernière question, tout est-il immuable dans la liturgie ? C'est une bonne question parce que souvent on dit que les traditionnalistes sont attachés à des choses qui ne doivent jamais changer. Or, il y a eu des changements dans la liturgie, donc les traditionnalistes sont des imbéciles. Alors, réponse du catéchisme. Dans la liturgie, surtout dans la liturgie des sacrements, il y a des éléments immuables, parce qu'ils sont d'institutions divines, dont l'Église est la fidèle gardienne. Il y a aussi des éléments susceptibles de changement, qu'elle a le pouvoir et parfois le devoir d'adapter aux cultures des différents peuples. C'est une réponse très juste. Et dans le cas de la liturgie traditionnelle, l'attachement à la liturgie traditionnelle n'est évidemment pas une nostalgie du passé ou une espèce de vision complètement immuable, congelée de ce qu'est l'Église. Au contraire, le fait d'être, ce qu'on appelle une tradition, c'est ce qui est transmis. Donc, par essence, c'est quelque chose de dynamique. Et évidemment, il y a eu des changements, des évolutions liturgiques, mais ces évolutions ne sont jamais le fruit, comme je le disais la semaine dernière, d'une décision de certains, aussi doués soient-ils, aussi brillants soient-ils, mais ils sont toujours le fruit d'une lente maturation du peuple chrétien, de la foi des fidèles, qui permet d'éviter les excès et les abus. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le concile de Trente, à la fin du XVIe siècle... a formalisé, c'est pour ça qu'on dit que le Concile de Trent a mis en forme le micel qu'on appelle tridentin, en écartant, en rejetant, en interdisant les évolutions qui avaient moins de 200 ans d'âge. Donc la messe traditionnelle n'a pas du tout été inventée au Concile de Trent, comme certains le disent à tort, mais elle a été codifiée au Concile de Trent en enlevant tout ce qui était trop récent. Donc au contraire, en cherchant ce qui était le plus traditionnel et le plus antique dans cette transmission. Prions pour terminer, comme d'habitude, le Saint-Esprit, en lui demandant de nous éclairer pour mieux comprendre et mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. Venez, Esprits saints, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre Esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle. Et vous renouvellerez la face de la terre. Prions. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous et que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Sourcum Corda.