- Speaker #0
Derrière chaque dossier judiciaire, il y a une vie, une histoire. Certaines se terminent par des drames, d'autres par des renaissances. Je suis Janine Benedjunta et vous écoutez Survivante, là où les récits des rescapés prennent vie. Aujourd'hui, dans ce nouvel épisode de Survivante, j'ai la chance d'avoir avec moi... une invitée qui est aussi ma cliente, qui s'appelle Hélène et qui voudrait vous parler un petit peu de son histoire, la manière dont elle a subi des violences, dans la manière dont elle a rencontré l'homme qui lui a fait subir ces violences, et aussi la manière dont elle se bat encore aujourd'hui, depuis 2021, dans les procédures judiciaires, pour qu'on entende sa voix. Bonjour Hélène.
- Speaker #1
Bonjour Maître.
- Speaker #0
Merci d'être là et merci d'avoir le courage de raconter les épisodes de votre vie et surtout un épisode qui vous a beaucoup marqué, la rencontre avec cet homme qui est devenu aussi le père de votre fille. Est-ce que vous pouvez nous expliquer en premier lieu la rencontre avec lui ? Comment s'est-elle dérondée ?
- Speaker #1
Tout d'abord, merci de me laisser la chance de pouvoir m'exprimer et de raconter mon histoire. Car je pense qu'il faut parler et arrêter de se taire. Car se taire leur donne de la force. Et plus on parlera, moins ces choses-là pourront arriver. Du moins, je l'espère. Ma rencontre avec cette personne s'est faite sur les réseaux sociaux. Au départ, ça avait... L'air d'être une personne gentille, un homme bien, sous tout rapport, qui souhaite se poser, faire une vie stable et non pas quelqu'un qui souhaite s'amuser, etc. Donc moi, ce qui m'intéressait à cette période de ma vie, la stabilité. Et donc, voilà, on s'est rencontrés. par un premier restaurant et puis on faisait plusieurs sorties. Ça se passait relativement bien au début. Beaucoup de promesses, beaucoup de belles choses. Et en fait, petit à petit, des manques de respect sont apparus, des violences sont apparues. Donc ça a été vraiment petit à petit, pas tout de suite quelque chose de lourd. Voilà, c'est des petites brides par-ci, par-là.
- Speaker #0
Des violences verbales, par exemple ?
- Speaker #1
Des violences verbales et on est quand même après sur des violences physiques, c'est-à-dire que c'était attraper mes poignets, les serrer toutes ses forces, me bousculer, casser mon téléphone, ce genre de choses.
- Speaker #0
Comment vous avez réagi ?
- Speaker #1
Si vous voulez, au départ, moi quand j'ai... Quand je subissais ce genre de choses, je lui en parlais quand même pour lui dire que je trouvais que ce n'était pas normal. Je trouvais qu'il y avait un souci. Moi, je n'ai jamais été habituée à ce genre de choses. Donc, j'ai essayé de comprendre le pourquoi du comment et peut-être lui trouver une excuse. Et lui, à chaque fois, s'excusait, disait qu'il avait des problèmes. Effectivement, cette personne avait déjà d'autres antécédents judiciaires importants.
- Speaker #0
Par rapport à des violences ?
- Speaker #1
Non, par rapport à un homicide involontaire sur un petit garçon, suite à une course de voiture. Du coup, je lui disais que pour moi, ce n'était pas normal. Et lui me rétorquait à chaque fois, j'ai des problèmes dans ma famille, j'ai des problèmes avec la justice, ça ne va pas, ceci, cela. À chaque fois, il y avait une excuse. Ou des pleurs. Donc il pleurait en s'excusant, je te jure, je ne comprends pas pourquoi j'ai fait ça, je ne recommencerai plus, etc.
- Speaker #0
Il se posait en victime, quelque part.
- Speaker #1
Il se posait en victime parce que ce n'était jamais de sa faute. C'était toujours la faute des autres, jamais de la sienne, en fait. Et au fur et à mesure, on est passé sur, je suis désolée, je m'excuse, c'est moi, c'est de ma faute, je ne comprends pas ce qui m'est passé par la tête. On est passé à, c'est toi. qui m'a rendu comme ça, j'ai fait ça à cause de toi. Donc là,
- Speaker #0
on est une palpabilisation de l'autre. C'est ça. On retrouve toujours le même schéma en fait.
- Speaker #1
Oui, toujours.
- Speaker #0
Votre histoire est un exemple parfait. Donc vous lui pardonnez à chaque fois.
- Speaker #1
Donc je lui pardonne parce que... Pour moi, je suis, si vous voulez, dans une manipulation où je me dis, peut-être qu'il a raison, c'est peut-être à cause de moi, peut-être que j'en fais trop, peut-être que oui, il a des problèmes, mais peut-être qu'après ça, il va changer. À chaque fois, dans ma tête, je me disais, il va changer, il va changer. Et en fait, ça a mis beaucoup de temps avant que je réalise qu'en fait, on ne change pas une personne. Voilà, une personne peut s'améliorer, mais... ne changera jamais, surtout une personne violente. Une fois qu'elle est violente, elle restera violente, elle ne change pas.
- Speaker #0
Alors reparlons des violences. Donc là, il y a eu des violences verbales.
- Speaker #1
Des violences verbales.
- Speaker #0
Il vous a attrapé par les poignets, il vous a giflé.
- Speaker #1
Donc il m'a giflé. Une fois, il m'avait attrapé par les cheveux, il avait claqué ma tête contre un mur. J'avais le droit à des, comme il appelle ça, des balayettes. pour me faire tomber par terre. J'ai eu le droit des coups de pied dans le dos et dans le ventre. J'ai eu le droit à un étranglement aussi. Donc ça, c'était vraiment vers la fin où il m'a... J'ai perdu connaissance et je me suis réveillée. Et pendant un bon mois, j'ai eu vraiment des marques et des douleurs au cervical.
- Speaker #0
Quelle a été votre réaction ? Vous vous êtes rendu compte ? Là, en fait,
- Speaker #1
je me suis dit... Alors... Je m'étais déjà rendue compte pendant ma grossesse. Je ne sais pas si c'est les hormones ou quoi, mais je me suis rendue compte que ce ne serait pas un bon père. Alors que pourtant, il voulait cet enfant plus que tout. Il voulait un enfant. Je pense que c'était aussi pour me mettre encore plus des barrières. Et sous sa coupe. Mais voilà, pas du tout quelqu'un d'investi, pas quelqu'un qui s'intéressait, rien de tout ça. Et donc de là, je me suis dit, mais en fait... Ça ne le fera pas. Donc ça ne le fera pas, ça ne le fera pas. Et je me suis dit, on va quand même tenter une dernière fois, puisqu'on a quand même un enfant ensemble, histoire que mon enfant puisse grandir avec son père et que les choses puissent se faire. Sauf que non, en fait, une fois que les violences ont recommencé, une fois que j'ai accouché... Après, les violences étaient quand même là, elles étaient verbales pendant ma grossesse. Mais physiquement, ils ne me frappaient pas, ils ne me touchaient pas pendant ma grossesse. Je pense que c'est peut-être le fait de porter un enfant qui faisait peur. Mais en tout cas, après la grossesse, les violences ont recommencé de plus belles. Et jusqu'à ce fameux soir où il m'a... Et où j'ai perdu connaissance, là, je me suis dit, non, en fait, c'est pas possible. Il va falloir que je me protège parce que cette personne, en fait, me met vraiment en danger.
- Speaker #0
Vous aviez cet enfant qui était... qui avait quoi ? Un mois, deux mois ? Qui rit quel âge ?
- Speaker #1
Elle avait, il me semble, un mois ou deux. Un mois ou deux ?
- Speaker #0
Donc vous subissez des violences pour quel prétexte ?
- Speaker #1
Pour rien. C'est-à-dire que, par exemple, on allait dans un magasin de jouets. Alors, je ne pouvais pas sortir seule. Il fallait absolument que ce soit accompagné de lui ou de quelqu'un de sa famille. Donc sous contrôle. Sous contrôle. Tout était répété par la suite. Et donc, en fait, si vous voulez... J'allais dans un magasin de jouets, l'exemple qui me vient en tête là par exemple, je cherchais un vendeur ou une vendeuse, mais je suis tombée sur un vendeur. J'ai demandé à ce vendeur de me conseiller par rapport à un achat que je souhaitais faire et en fait je me suis fait... Dans le magasin, ça y est, il était fermé, les yeux noirs, énervé. Et en fait après, j'ai subi quoi.
- Speaker #0
D'accord, jalousie excessive. Jalousie excessive. Vous arrivez à la maison et là il vous... Dans la voiture,
- Speaker #1
dans la maison, c'est déjà arrivé sur mon parking, devant sa mère et sa sœur comme témoins, et personne n'a rien fait.
- Speaker #0
Vous n'aviez pas de soutien de sa famille ?
- Speaker #1
Aucun.
- Speaker #0
Et est-ce que vous avez osé appeler des connaissances, des amis, votre famille, de votre côté, ou pas ? Alors,
- Speaker #1
j'en parlais à mon ancienne meilleure amie, en lui disant, sur les réseaux sociaux, on parlait tous les jours. Elle et moi. Et en fait, elle savait exactement, minute ou heure, ce que je subissais. Donc, elle avait quand même peur pour moi. Mais si vous voulez, je n'osais pas trop en parler à ma famille. Puisqu'en fait, comme j'étais vraiment très en autarcie, il essayait de m'éloigner vraiment de tout le monde, de ne plus avoir personne, de ne plus voir personne. Et donc, en fait, c'est compliqué. Et moi, j'avais vraiment du mal à en parler parce que je gardais tout pour moi. Parce que je ne voulais pas faire peur à mes parents, je ne voulais pas les affoler, je ne voulais pas en parler. Et c'est vraiment sur la fin où là j'en ai parlé, ma mère je lui ai donné mon téléphone. Et je lui ai dit, tiens maman, tu peux lire les messages depuis le début jusqu'à maintenant. Voilà. Et tu sauras ce qui se passe. Ce que je vis. Ce que je vis.
- Speaker #0
Parce que sur les messages, vous aviez des messages qui lui étaient adressés ? Ou vous lui disiez ce que vous lui reprochiez ou pas ?
- Speaker #1
Oui, pourquoi il me faisait du mal ? Pourquoi il m'insultait ? Pourquoi il me levait la main dessus ? Pourquoi il me trompait ? Pourquoi... Il vous trompait aussi ? Oui, il m'a trompée pendant ma grossesse et après, il m'a trompée avec sa compagne actuelle.
- Speaker #0
Vous aviez des réponses à vos questions ? Pourquoi tu me frappes ? Pourquoi tu es odieux ? Parce que pour lui,
- Speaker #1
c'était de ma faute. Voilà.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'était de ma faute parce que je lui répondais, parce que je n'étais pas d'accord avec son avis, parce que ça n'allait pas dans son sens, en fait.
- Speaker #0
Quel genre de violence vous avez subi ?
- Speaker #1
J'ai subi toutes sortes de violences. On était sur des coups, coups de poing, gifles, claques derrière la tête, des balayettes, des coups de pied dans le dos, des coups de pied dans le ventre, me tirer les cheveux, me serrer les bras de toutes ces forces, casser mon téléphone, mes téléphones du coup. J'ai eu le droit à des insultes aussi, à des comparaisons. Par exemple, il regardait des télé-réalités en rentrant le soir et me disait « t'es pas comme elle, elle, elle est bien, tu ressembles à rien, t'es pas ceci, t'es pas cela » . J'étais toujours dénigrée sur mon public, que ce soit sur ma poitrine, que ce soit sur mon ventre, que ce soit sur tout, en fait, ça n'allait jamais. Toujours, j'étais comparée à d'autres femmes, donc ça me blessait, me déstabilisait parce que ça me faisait totalement perdre confiance en moi. Donc ça aussi, je trouvais ça... Enfin, pour moi, c'est des violences. J'ai le droit aussi, malheureusement, je pense comme toutes les victimes, à des agressions sexuelles. Donc moi, si vous voulez, après avoir été frappée ou insultée, forcément, je n'avais pas envie d'avoir de rapport sexuel avec cette personne. Et donc, c'était par exemple dans la nuit, pendant que je dormais, donc il venait dans le lit à côté de moi et il se frottait et essayait de me pénétrer ou me pénétrer tout simplement. Donc, face à ça, qu'est-ce que vous voulez faire ? Je me laissais faire et puis, voilà, je fixais un point fixe dans la chambre, le plafond, la table à langer ou... N'importe quoi qui était apparent. Et en fait, j'étais plus là, en fait.
- Speaker #0
Donc, vous avez subi des... Parce que ça s'appelle des... Vous n'étiez absolument pas consentante avec cet acte, ce rapport intime. Donc, il a outrepassé, effectivement...
- Speaker #1
C'est ça. Et même dans les rapports intimes, si vous voulez, là où je vois la différence aujourd'hui avec mon mari, c'est qu'en fait, je n'avais le droit à rien. Par exemple... Toute femme aime porter de la lingerie, etc. Moi, je ne pouvais pas porter ce genre de choses parce que ça voulait dire que j'étais une pute. Je ne pouvais pas dire ce que j'aimais ou ce que je n'aimais pas parce que pour lui, ce n'était pas normal. Comme il m'avait dit une phrase en disant « Toutes mes ex, elles ont aimé comment je les… » Donc toi, ce n'est pas normal que tu n'aimes pas ça. Donc en fait, si vous voulez, j'avais… pas de sexualité, j'avais rien de tout ça en fait.
- Speaker #0
Vous subissiez.
- Speaker #1
Je subissais et puis voilà.
- Speaker #0
Y compris les coups physiques. C'est ça. Et le jour de l'éteint, vous vous rendez compte que là, il est allé un petit peu trop loin parce que vous perdez connaissance ?
- Speaker #1
Ouais. En fait, il n'y avait plus rien. Et en fait, j'ai repris connaissance après. Il était là ? Il était présent ? Il était là, il était en panique parce qu'il avait peur du regard de sa famille. Il avait peur qu'on réveille son père ou qu'on réveille son frère. Il avait peur qu'il puisse voir ce qu'il avait fait.
- Speaker #0
Vous étiez chez les parents ?
- Speaker #1
Oui. En fait, si vous voulez, comme on avait la garde alternée, moi, j'avais quand même, chez moi, j'ai toujours quand même voulu garder un pied-à-terre, toujours garder une voiture. Je voulais pas, parce que si j'avais pas ça, c'était fini. Si je n'avais pas ça, c'était fini.
- Speaker #0
Là,
- Speaker #1
j'avais un peu d'autonomie. Si vous voulez, avec l'enfant, je ne pouvais pas lui laisser la petite toute seule avec lui. Ce n'était pas possible parce qu'en fait, il ne s'en occupait pas. Donc, je devais acheter à manger pour l'enfant, acheter du lait, acheter des biberons, acheter des petits pots, acheter des couches, tout ce qu'il fallait. Et le pire, c'est qu'il ne s'en occupait pas. Donc, j'étais obligée de venir sur place et je pense que c'était voulu. pour que je puisse être dans le lien avec vous. Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Donc ce jour-là, il prend peur du regard des autres, surtout si les autres sont tout courants de ce qu'ils vous infligent, mais pas par rapport à vous. Vous vous rendez compte qu'il est très détaché de vous. Alors comment vous réagissez quand vous vous réveillez ?
- Speaker #1
Quand je me réveille, je suis totalement choquée, je suis en pleurs. Moi, enfin... On aura beau me dire ce qu'on veut, mais pour moi, en fait, il aurait pu me... Donc, je pense que c'était quand même assez voulu, sachant que ce n'était pas la première fois qu'il avait fait des choses où j'aurais pu lui laisser la vie. Et donc là, je me suis dit non, en fait, il faut absolument que je prenne ma fille, qu'on rentre à la maison et que...
- Speaker #0
C'est le déclic.
- Speaker #1
Voilà, c'était le déclic.
- Speaker #0
Vous allez porter plainte ou pas ce jour-là ?
- Speaker #1
Alors, ce jour-là, je n'ai pas porté plainte. Encore une fois, je ne voulais pas arriver aux plaintes parce qu'en tant que victime, on entend beaucoup « ah oui, si je me rends au commissariat, est-ce qu'on va me croire ? Comment on va me recevoir ? » Et en fait, mes peurs se sont révélées fondées, finalement. Mais au départ, je ne voulais pas porter plainte. Au départ, je m'étais dit « bon voilà, je veux juste qu'ils me laissent tranquille » .
- Speaker #0
Donc vous rentrez chez vous.
- Speaker #1
Je rentre chez moi. Je rentre chez moi et je continue à faire ma vie. Lui, il venait quand il voulait, à n'importe quelle heure, pour soi-disant voir sa fille. Mais finalement, il me posait des questions. Il allait dans ma chambre, il fouillait dans mes poubelles, regardait dans la panière de linge sale, les sous-vêtements. Parfois, quand j'avais ma menstruation, il me demandait de montrer si j'avais quelque chose pour être certain que je ne puisse pas aller voir d'autres hommes. Parce que pour lui, c'était sa réelle obsession, c'était les autres hommes, alors qu'il n'y avait aucun autre homme.
- Speaker #0
D'accord. Donc, vous continuez comme ça jusqu'au jour où il vous fait encore des promesses. Comment ça se passe ? Il vous dit encore, est-ce qu'on peut revenir ensemble ? Non, là, j'étais là. Et la procédure, elle s'engage de quelle manière ?
- Speaker #1
Alors, la procédure, elle s'est engagée au bout de plusieurs mois. plusieurs bons mois. J'ai commencé à mettre des distances pour qu'ils comprennent que là, c'est exclusivement sa fille et non pour moi, que lui et moi, c'est fini et que on doit être des coparents. Les choses doivent se faire dans ce sens-là. J'ai tout fait pour que les choses se passent correctement, sauf qu'en fait, à chaque fois, il y avait des débordements. Il m'appelait sans cesse, je recevais des... tonnes et des tonnes d'appels tout le temps, des appels masqués, des appels avec son numéro de téléphone. Il venait en bas de chez moi, il venait écouter derrière ma porte. Une nuit, j'ai entendu du bruit derrière ma porte d'entrée. J'ai ouvert la porte, je l'ai trouvé derrière, en train d'écouter parce que pour lui, il y avait des hommes. Alors qu'il n'y avait personne, en fait.
- Speaker #0
Tout en ayant, lui, une compagne ou une maîtresse.
- Speaker #1
Tout en ayant une maîtresse. qui se transformait en compagne par la suite, mais en voyant cette personne. Donc là,
- Speaker #0
vous commencez à avoir peur, vous avez des craintes supplémentaires, le fait qu'ils vous traquent comme ça ?
- Speaker #1
Je commençais à avoir peur et je suis tombée dans une spirale où j'étais sans cesse angoissée, j'avais peur, j'étais vraiment pas bien, j'avais perdu énormément de poids, je ne dormais pas de la nuit. J'ai dû être mise sous antidépresseur parce que vraiment, ça n'allait pas du tout. Et en fait, j'avais une peur constante. Dès que je sortais de chez moi, je regardais derrière moi parce que j'avais peur. Et effectivement, j'avais raison d'avoir peur puisque plus d'une fois, les week-ends où il devait y avoir l'enfant, je l'ai retrouvé sur mon parking le soir ou en sortant mes poubelles dans le local à poubelles à m'attendre et à me passer à tabac. Donc j'avais peur, juste quand je devais faire la passation les week-ends. J'avais extrêmement peur, je tremblais, mes jambes tremblaient et je devais garder la tête haute. Mais une fois que ma fille était partie, je m'effondrais, arrivée à l'ascenseur.
- Speaker #0
Alors comment ça s'est passé pour les droits de visite et d'hébergement ? Vous avez eu un jugement ? Au départ,
- Speaker #1
on n'avait pas de jugement parce que je voulais que les choses se fassent à l'amiable. C'était tout ce que je voulais, la paix. que les choses se passent correctement, qu'il s'occupe de son enfant. Voilà, c'était tout ce que je voulais, tout ce que je demandais. Sauf qu'en fait, lui ne s'en occupait pas, l'a laissé à d'autres, par-ci, par-là. Et en fait, venez, moi, mes pieds, venez me harceler. Et donc, en fait, à un moment donné, je me suis dit, en fait, là, ce n'est plus possible. Ma vie, il me l'a pourrie, en fait. Je ne peux pas continuer à vivre comme ça. Et puis, j'ai le droit à des menaces. Donc là, je me suis dit, non, en fait, ça va trop loin. Et pourtant, je l'ai... Je l'ai supplié d'arrêter, je lui ai demandé, s'il te plaît, je t'en supplie, arrête, arrête, laisse-moi tranquille. Je ne veux pas d'un autre homme, je ne vois pas d'autre homme. Je veux juste ma tranquillité, j'ai trop subi avec toi, je ne veux plus. C'était tout ce que je lui ai demandé. Et à ce moment-là, le déclic... Alors j'avais déjà fait une première plainte pour harcèlement, parce que ça ne s'arrêtait pas. Donc bien évidemment, quand je suis arrivée au commissariat, j'ai eu un accueil froid. On a pris ma plainte et on n'en avait rien à faire. Voilà, on ne m'a pas prise au sérieux.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On ne m'a pas conseillé d'aller voir quelqu'un, les numéros d'urgence ou quoi que ce soit. On s'en fichait, on s'en fichait. J'ai vraiment eu l'impression de déranger plus qu'autre chose.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, ça a été vraiment très difficile pour moi parce que c'était la première fois que je venais déposer plainte. Et en fait...
- Speaker #0
Vous n'avez pas été entendue, écoutée ?
- Speaker #1
Non, pas du tout.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Pas du tout. Et ensuite...
- Speaker #0
C'était un classement sans suite, j'imagine ?
- Speaker #1
Écoutez, à ce jour, on ne sait même pas. On ne sait pas si c'est un classement sans suite. On ne sait pas. On n'a aucune nouvelle par rapport à ça. Et ensuite, là où vraiment ça a été la goutte de trop, c'était les menaces. Mais surtout à partir du moment où il a commencé à s'en prendre... à s'en prendre à ma fille, là, j'ai dit stop, en fait. Et là, je suis vraiment... Je parlais avec une association qui est Femmes Solidarité, qui m'ont beaucoup aidée, qui m'ont expliqué que tout ce que je vivais, non, c'était pas normal, et que c'était très grave, et qu'il fallait que je porte plainte. Et donc, à ce moment-là, j'y réfléchissais beaucoup, mais il fallait que j'aie des éléments, il fallait que... que je puisse avoir les preuves avant de me présenter pour qu'on puisse me prendre au sérieux.
- Speaker #0
Est-ce qu'il a été violent aussi avec votre fille ?
- Speaker #1
Alors il a été violent. Au départ, je n'avais pas de preuves. Et bien évidemment, la parole d'un enfant, qui va la croire ? Imaginez un adulte, alors un enfant encore pire. Mais je suis allée porter plainte tout simplement parce qu'en fait, il est parti avec ma fille pendant plusieurs semaines, je crois, un bon trois semaines où je n'ai pas eu de nouvelles. Je n'ai pas eu de nouvelles du tout. C'est-à-dire que j'appelais tous les jours pour avoir des nouvelles. Alors, il ne répondait pas. Ou alors, le peu de fois où il a répondu, c'était pour me dire que je ne reverrai plus jamais ma fille, que de toute façon, elle ne m'aimait pas, qu'elle avait une nouvelle mère et que dans tous les cas, je l'avais abandonnée. Donc, si vous voulez, quand vous entendez des choses comme ça... que vous entendez votre enfant parler derrière et que lui dit au téléphone « Maman, c'est plus ta mère, elle t'a abandonnée, elle veut plus de toi, elle est partie avec un autre homme refaire sa vie. »
- Speaker #0
Oui, vous avez vécu des périodes extrêmement douloureuses,
- Speaker #1
très inquiétantes, très huit ans de peur de la perdre. Comment je vais la retrouver ? Est-ce que je la retrouverai ? Et là, vous vous laissez,
- Speaker #0
c'est le déclic. Et là,
- Speaker #1
c'est tout. Je me dis, là, c'est bon. Là, il n'y a plus de...
- Speaker #0
Il y a plus de retour en arrière,
- Speaker #1
il n'y a plus d'essayer de comprendre. En fait, là, non. Et vous portez plainte. Et là, je porte plainte. Pour enlèvement d'enfants,
- Speaker #0
en fait.
- Speaker #1
Alors, il y a eu enlèvement d'enfants, mais surtout pour les violences. En fait, quand je suis arrivée à la gendarmerie, je suis tombée sur une gendarme qui était vraiment très gentille à l'écoute. Et elle, elle m'a vraiment écoutée. Et donc, je lui ai tout raconté. Et là, elle m'a dit, en fait, il faut qu'on fasse une plainte en détaillant. Tout ce qui s'est passé. Et de là, ça a été fait. Et les choses se sont accélérées, puisqu'ils l'ont convoqué, ils l'ont appelé, ils l'ont semé de rentrée. Donc il est rentré. Du jour au lendemain, il m'a déposé ma fille comme un paquet de linge sale pour que je vienne la récupérer. Un enfant totalement changé, amégris. Je ne la reconnaissais même pas. Franchement, j'avais mal au cœur. Elle ne mangeait pas. Elle avait perdu au moins 4 kilos sur un petit enfant. 4 kilos, c'est énorme. C'est énorme.
- Speaker #0
Donc, sa violence, finalement, elle s'est portée aussi sur votre fille ?
- Speaker #1
Alors, comme le fait de m'insulter, de me frapper, de dire toutes sortes de choses sur moi, d'essayer de me couper de tout le monde, de ma famille, en appelant mes parents, en disant oui, attention, elle va vous raconter des choses, elle ment, elle est folle, etc. D'essayer vraiment de me couper de tout le monde, de me dire à moi, par derrière, tes parents, de toute façon, ils ne t'aiment pas, ils ne seront jamais là pour toi, il faut les oublier, ils ne t'aiment pas, il n'y a que moi qui est là, il n'y a que moi qui serai toujours là pour toi. De toute façon, tu ne retrouveras jamais quelqu'un de mieux que moi. Je suis le seul qui ne voudra jamais de toi parce que tu n'es rien. Donc, j'ai eu le droit à des insultes de tous les noms. Tu n'es rien. Tu n'es rien et je suis tout.
- Speaker #0
Donc, votre petite fille, vous la récupérez. Et là, vous décidez d'aller voir un juge.
- Speaker #1
En fait, là, je n'ai pas eu le choix. C'est que... Alors, il y a eu ma plainte. Je suis partie voir un premier avocat pour raconter du coup ce qu'ils étaient passés. Et un deuxième avocat qui était, elle, dans les affaires familiales. Et en fait, tout s'est fait très rapidement. Donc alors, la première convocation, il ne s'est pas présenté parce que je pense qu'il n'était pas préparé. Il ne s'attendait pas à ça. Il ne s'est pas présenté, il n'a pas daigné se présenter, ce n'était pas intéressant pour lui. Et du coup, le JAF, la juge aux affaires familiales, quand elle a vu tout ça, et surtout dans l'état où j'étais, en fait, elle a demandé une ordonnance de protection, enfin, elle a mis une ordonnance de protection directement en place.
- Speaker #0
Vous avez eu l'autorité parentale exclusive. L'autorité parentale exclusive. Et pas de droit de visite pour monsieur.
- Speaker #1
Pas de droit de visite et d'hébergement.
- Speaker #0
sauf dans plusieurs mois après quand tu as ressaisi pour le coup pour avoir des visites dans un lieu médiatisé alors aujourd'hui il ne vous recherche pas, il ne vous appelle pas il ne vous harcèle pas ou il continue encore ?
- Speaker #1
ça continue sous certaines formes déguisées en fait J'ai eu le droit à quoi ? J'ai eu le droit à des menaces auprès de mes parents, des lettres envoyées, en recommandées chez ma mère pour la menacer de mort. J'ai eu le droit à ce que mon père soit menacé, c'est-à-dire venir à plusieurs rangs bas du domicile de mon père pour le menacer. J'ai eu le droit à toutes sortes de fakes sur les réseaux sociaux pour venir m'insulter, me menacer. J'ai eu le droit à des appels masqués. Alors au début, il ne masquait pas. Et après, comme il a vu qu'on était vraiment dans des procédures, il a masqué.
- Speaker #0
Donc, il a vu dans un premier temps votre petite fille dans le centre médiatisé ? C'est ça,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
Et il continue ? Comment ça se passe aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, dans le centre médiatisé, il l'a vue. Après, bien évidemment, ce genre de personnage ne va pas montrer son vrai visage. face aux psychologues qui ne sont pas là pour l'analyser lui directement, mais voir comment ça se passe avec l'enfant pour être sûr et certain que l'enfant puisse retourner à son domicile un week-end sur deux. Il est venu avec des cadeaux, ce qu'il n'a jamais fait avant. Il offrait des choses alors que jamais il ne payait une pension alimentaire, jamais il n'offrait de quoi que ce soit pour un anniversaire, un jouet, un vêtement, une boîte de lait. Oui, c'est très manipulateur. Il n'y avait rien, jamais rien en fait. Pour lui, en fait, l'enfant n'existait pas. Et donc là, c'était la manière de pouvoir montrer que comme quoi il était parfait, qu'il était bien, etc. pour encore manipuler son monde. Donc suite à ça, on est repassé devant le tribunal. Et donc il a eu, il a reçu un droit de visite et d'épargement, mais à ce jour, il n'a jamais exercé. exercer en tout cas l'autorité parentale. Pourquoi ? Parce que je pense que les juges ne sont pas dupes de son comportement. Donc bien évidemment qu'un juge, pour lui, il estime qu'un enfant ne doit pas être privé de père. Donc ils vont quand même accepter que l'enfant retourne chez lui, mais ils laissent quand même des barrières parce que je pense qu'ils savent que ce genre d'individu recommence toujours.
- Speaker #0
Ce qu'il n'a pas loupé.
- Speaker #1
Alors, il écrit à votre fille ? Comment ça se passe ? Il écrit à votre enfant ? Non. Pas du tout. Il a lâché complètement. À part vous. À vous, il continue... Non,
- Speaker #0
jamais. Comment elle va ? Rien.
- Speaker #1
Jamais. Pas de carte pour l'anniversaire ? Non,
- Speaker #0
pas de carte pour l'anniversaire. Rien de tout ça. Alors, de temps en temps, il se permettait d'appeler quand il avait le temps. Mais quand il appelait, c'était... Il posait des questions. Tu es avec qui ? Il y a qui avec toi à côté ? Maman, elle fait quoi ? Elle joue à la PlayStation ? Elle joue à des jeux ? Il y a quelqu'un d'autre avec toi ? Est-ce qu'il y a un homme ? C'était toujours des questions qui n'avaient aucun rapport avec son enfant. Demande-lui comment elle va, comment elle a passé sa journée, ce qu'elle apprend à l'école, ce qu'elle n'apprend pas, ce qu'elle aime ou ce qu'elle n'aime pas. Ça ne l'intéressait pas.
- Speaker #1
En fait, vous avez pu poursuivre votre vie de manière plus sereine à partir du moment où il a arrêté de vous harceler comme il le faisait.
- Speaker #0
Ça n'a jamais cessé.
- Speaker #1
Ça n'a jamais cessé.
- Speaker #0
Ça n'a jamais cessé. Alors aujourd'hui, moins, parce que c'est sous forme déguisée, c'est-à-dire que c'est par des profils anonymes ou j'ai des insultes. Et en fait, si vous voulez, j'ai gardé mon premier téléphone parce que j'étais obligée de le garder, puisque ça devait être le point de contact qui devait servir avec lui et l'enfant.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, je me suis reprise un autre numéro de téléphone. Il a réussi à trouver ce numéro-là. Donc comment, je ne sais pas. Mais il a toujours cherché. Donc lors de ma première ordonnance de protection, j'ai déménagé en urgence parce que c'était plus vivable, parce que malgré l'ordonnance de protection, ils continuent à venir. Ils se sont permis de venir à l'école pour enlever ma fille. Donc ils m'ont menacée en disant « Tu vas nous donner l'enfant, sinon tu vas voir ce qu'on va te faire. » Et ils m'ont encerclée à plusieurs. Donc, heureusement, des parents étaient là. Et heureusement, les enseignants étaient quand même à la porte. Donc, ce qui m'a permis de pouvoir me réfugier à l'intérieur et qu'on puisse venir m'aider et porter secours. La police, après, municipale, je tiens à le préciser, parce que la police tout court n'a pas voulu, n'a pas dénié se déplacer. Or, que l'école les avait appelés pour leur expliquer ce qui se passait. Et donc, c'est la police municipale qui m'a raccompagnée chez moi. Donc, imaginer tous les jours devoir emmener mon enfant à l'école, de me faire suivre en voiture, d'avoir des gens qui m'attendent en bas de chez moi, d'avoir des gens qui viennent le soir vers ma porte, ce n'était pas possible. Donc, me menacer, etc., ce n'était pas possible. Donc, j'en ai profité pour déménager en urgence. Donc, pendant pas un an, mais presque six mois, j'ai été tranquille. Par rapport à l'adresse, je tiens à préciser parce que les appels téléphoniques n'ont pas cessé. D'accord.
- Speaker #1
Vous avez pu recontinuer un peu votre vie, votre travail, en étant ailleurs. Alors, vous ne connaissez pas votre adresse.
- Speaker #0
Et j'ai pu avoir un moment de répit dans le sens où je pouvais sortir dans la rue sans me dire bon, là, il va être derrière moi.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Voilà, là, il va être là. Est-ce que je risque quelque chose ou pas ? Voilà. J'avais cette tranquillité de me dire, voilà, on souffle, je vais pouvoir emmener mon enfant à l'école. tranquillement, je vais pouvoir rentrer chez moi, aller au travail sans avoir de menaces ou me faire suivre ou quoi que ce soit mais malheureusement cette période a été de courte durée car en fait ils ont réussi à trouver mon adresse donc ça a été d'aller menacer mon employeur directement sur place mon ancien employeur, d'aller la menacer d'envoyer des hommes masqués enfin Des hommes, par exemple, qui rentraient dans l'agence avec des casques de moto pour ne pas montrer leur visage, pour ne pas être reconnaissables, demandaient où était mon adresse, où on pouvait me trouver. Soit disant qu'on avait un papier urgent à me remettre, alors que demain, un initié de justice, il sait où me trouver. Je paye mes impôts, j'ai eu des déclarations. Donc, on sait où me trouver. J'avais aussi également une adresse à Femmes Solidarité pour pouvoir recevoir tous mes courriers. judiciaire, administratif, etc. Donc voilà, quelqu'un de cette profession aurait pu me retrouver.
- Speaker #1
Vous avez eu un parcours terrible, parce qu'avec cette angoisse permanente qui surgit à n'importe quel coin de rue, il a bougé par rapport à sa fille, il a essayé d'avoir d'autres initiatives au niveau de la procédure. Il a initié d'autres procédures.
- Speaker #0
Alors, il a initié d'autres procédures pour me retirer la garde. Parce que pour lui, c'est son objectif, le fait de m'avoir salie, insultée et tout ce qui s'ensuit. Ne m'ayant pas atteint, il sait que la seule chose aujourd'hui qui puisse vraiment m'atteindre, c'est mon enfant. Par le biais de votre enfant,
- Speaker #1
il a voulu vous discréditer en tant que mère ?
- Speaker #0
C'est ça. Que je suis une mauvaise mère.
- Speaker #1
Donc il voulait la garde exclusive de l'enfant ? Oui,
- Speaker #0
ce qu'il voulait. Sauf que dans tous les cas, il ne l'aurait jamais eu. Vu son doté et vu les accumulations de choses, aucun juge sain d'esprit ne laisserait un enfant, enfin la garde à cette personne en fait, et ses antécédents aussi. Donc non, mais ce qui fut quand même assez ironique, je vais le prendre comme ça, c'est qu'il a demandé une expertise, comme il l'appelle psychiatrique, alors que ce n'est pas du tout psychiatrique, Donc une expertise. pour que je puisse être analysée, comme il l'a demandé, et qu'on puisse voir à quel point je suis folle, à quel point mon enfant est manipulé, et à quel point mon enfant va mal. Et à quel point, de mon côté, tout est noir. Sauf qu'en fait, ce qu'il ne savait pas, c'est qu'en demandant ça, c'était pile ou face. Donc en demandant ça à la juge, elle, elle a dit, très bien, donc madame va le faire, L'enfant va le faire, mais vous, monsieur, vous allez le faire aussi. Et donc, quand on a fait cette expertise, le rapport a été sans appel. Le rapport a été sans appel. Comme quoi l'enfant, avec moi, se sent en sécurité, se sent épanoui, qu'il n'y a aucun problème, qu'il est dans un foyer aimant. Et de l'autre côté, on a quand même une psychologue qui a vu que monsieur, et qui l'a écrit noir sur blanc, que monsieur aimait jouer avec la mort. aimer jouer avec des jeux dangereux. Mais quel psychologue va écrire ce genre de choses ? Vous voyez, c'est puissant.
- Speaker #1
Et ça s'est retourné contre lui, complètement.
- Speaker #0
Oui, oui. Nous,
- Speaker #1
nous essayons malgré tout de continuer, de continuer votre vie, parce que vous êtes évidemment chargé d'âme avec cet enfant, puisque lui, il ne participe en rien, donc vous êtes obligé de travailler, de continuer votre vie. Et comment ? Quel est le regard que vous portez sur les hommes aujourd'hui, avec tout ce que vous avez vécu ?
- Speaker #0
Alors, j'ai refait ma vie. J'ai refait ma vie avec une personne qui m'a quand même sauvée.
- Speaker #1
Vous avez fait confiance à cette personne ?
- Speaker #0
Au départ, j'avais beaucoup de mal. Il m'a fallu du temps. Il a été très patient avec moi parce que j'avais énormément de séquelles. je faisais bah des insomnies, des cauchemars toutes les nuits où je revivais les violences que je subissais. Même pour avoir des rapports, j'avais du mal. J'avais beaucoup de mal au départ. Et en fait, petit à petit, il a pris le temps, il a été patient. Il m'a aidée à me réparer. Alors je ne dis pas que forcément, il faut avoir un homme pour se réparer dans sa vie. Le chemin, la réparation se fait. par nous-mêmes, avec énormément de temps, mais on peut refaire sa vie. On peut repartir confiance, rencontrer une personne bien. Aujourd'hui, je sais ce qu'est l'amour. Je sais ce qu'est un couple. Mon mari, aujourd'hui, c'est mon soutien, c'est mon pilier, c'est mon tout.
- Speaker #1
C'est une grande chance pour vous. Plusieurs années de galères, on va dire. De galères, de procédures, de courage aussi. Il vous a fallu beaucoup de courage pour accepter tout ça. Et je crois que c'est votre fille qui vous a tenue dans ce parcours.
- Speaker #0
Alors, j'ai réfléchi à beaucoup de choses. Je pense que si je n'avais pas eu ma fille, soit je me serais enfuie dans un autre pays, carrément j'aurais tout lâché, je serais partie très très loin. qu'on ne puisse plus me retrouver. Mais encore une fois, ça m'aurait coupé de ma famille, ça m'aurait coupé de tout le monde. Mais je pense que je n'aurais pas eu le choix, ça aurait été la seule solution. Ou alors, l'autre solution, c'est de tout lâcher, tout abandonner et de mettre un terme à mes jours parce que ce n'était pas possible.
- Speaker #1
Ça aurait été dommage. Parce que maintenant, avec le recul, vous vous rendez compte qu'il aurait gagné.
- Speaker #0
Il aurait gagné et c'est hors de question que... Lui, c'est son objectif, de toute façon, de me... de me finir par tous les moyens possibles et inimaginables, d'avoir payé des gens pour m'attraper. Vous êtes limitée. Je suis limitée pour m'attraper. Je ne sais pas ce que ces personnes-là m'auraient fait. La chance que j'ai eue, c'est que j'ai pu m'enfuir très rapidement. Sinon, autrement, je ne sais pas ce qu'on m'aurait fait. Je ne sais pas.
- Speaker #1
Et vous êtes obligée de vous battre encore, parce qu'il y a encore des procédures, parce qu'à chaque jugement où vous avez gain de cause, il interjette appel.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Donc ça vous prolonge encore les violences, ça vous rappelle encore des mauvais souvenirs.
- Speaker #0
Lui, c'est son objectif aujourd'hui. Son objectif, c'est de continuer à montrer qu'il est présent, de continuer à me mettre des pressions, que ce soit financières, que ce soit psychologiques. En fait, c'est de continuer à être acteur, en gros, d'être un personnage encore dans ma vie. et malheureusement le chemin est long J'attends encore des décisions de la justice. Je sais qu'un jour ou l'autre, ma liberté, je l'aurai. Et je me bats pour ça parce que je sais que derrière ces nuages, il y aura le soleil. Et qu'un jour ou l'autre, je serai totalement débarrassée de cette personne. Dans tous les cas, elle peut encore m'attaquer, faire ce qu'elle veut. Mais à un moment donné, la justice, elle tranchera. Malheureusement, effectivement,
- Speaker #1
il ne comprend pas. Donc un jour, ça va se passer.
- Speaker #0
Un jour, ça se fera et je pense que tant qu'un juge ne lui donnera pas une vraie peine, je pense que ça continuera.
- Speaker #1
Aujourd'hui, vous vous êtes suivi ? Comment vous gérez toutes ces émotions, toutes ces errances que vous avez eues, ne pas savoir exactement où vous en étiez ? Avec un thérapeute, vous avez avancé comment ?
- Speaker #0
Alors, dans un premier temps, quand j'ai été vraiment dans le début de mes procédures, j'ai été suivie par une psychologue qui était vraiment géniale et qui m'a écoutée, qui m'a beaucoup aidée, qui m'a aidée à libérer ma parole, puisqu'en fait, je ne parlais en rien de tout ce que j'avais subi. et en fait ça m'a permis de de ne plus avoir cette honte, de ne plus me dire, ah là là, je ne dois pas en parler, je dois garder ça pour moi. Que vont penser les gens ? De ne plus avoir peur du regard de l'autre. Et donc, ça m'a beaucoup aidée. Ça m'a beaucoup aidée aussi par rapport après au tribunal, quand il y a eu le pénal. Parce que ce n'est pas facile quand vous avez un avocat en face qui croit les dires de son client qui est totalement... dérangé, de vous faire insulter au tribunal. C'est très compliqué qu'on remette votre statut de victime et qu'on vous insulte de tous les noms. Et que vous devez encore vous justifier sur ce que vous avez subi, alors que vous avez les photos, vous avez les audios, vous avez les écrits, vous avez les manuscrits, vous avez tout.
- Speaker #1
C'est un long parcours. Je peux aujourd'hui vous dire que vous pouvez être fière de vous. Merci. Et qu'il faut avoir cette idée en tête que toutes les femmes à qui vous vous confiez aujourd'hui vont peut-être aussi avoir un déclic. Savoir que c'est long mais qu'on y arrive, la preuve en est, c'est qu'aujourd'hui vous avez une vie plus épanouie, plus normale, plus stable, avec un homme qui n'a pas les mêmes comportements, qui n'a pas les mêmes attitudes, et qui vous fait croire à la vie avec tout ce qu'elle apporte de lumière. aujourd'hui. Qui accepte votre fille comme s'il était le père et donc les choses s'éclaircissent de jour en jour.
- Speaker #0
Et le message en tout cas que j'aimerais faire passer à toutes ces personnes qui nous écoutent, si vous vivez ce genre de situation, sachez que ce n'est en rien normal. Vous n'avez pas à subir de violences, vous n'avez pas à subir d'insultes, ni de moqueries, ni de racisme, vous n'avez pas à subir tout ça. Une personne qui vous aime ne vous fera jamais pleurer, ne vous fera jamais subir ce genre de choses.
- Speaker #1
Et que ce n'est pas de votre faute.
- Speaker #0
Et que surtout, ce n'est pas de votre faute. Ces personnes-là sont... Je ne sais même pas si on peut mettre ça sur une maladie, mais ces personnes-là ne sont pas normales dans leur tête. Elles ne vont pas réfléchir comme nous qui allons avoir de l'empathie. Ces personnes-là n'ont pas d'empathie. Elles n'en ont aucune. Elles n'ont pas de... De sentiments, elles vont imiter le sentiment de l'amour, elles vont vouloir imiter ce genre de choses, mais elles n'ont pas ça. Elles ne savent pas ce que c'est que d'aimer, en fait. Donc vraiment... Battez-vous pour celles qui sont dans des situations où elles sont actuellement dans des conflits juridiques. Battez-vous pour celles qui prochainement vont y être. C'est important aussi de garder tous les éléments, toutes les preuves, puisque malheureusement aujourd'hui, tant qu'on n'a pas de preuves, c'est sa parole contre la nôtre. Et face à une personne qui est manipulateur et qui arrive à jouer de son image, c'est très difficile d'être entendu. Donc vraiment, bah... peu de preuves que vous pouvez avoir, gardez-les précieusement.
- Speaker #1
Gardez-les, n'hésitez pas à en parler. N'hésitez pas à en parler. De ce qui vous passe dans votre foyer, dès que vous sentez que quelque chose vous paraît difficile à vivre, et pas normal.
- Speaker #0
Parlez-en, et surtout, gardez de la force. Un beau jour, ça va se terminer. Ces personnes-là lâchent toujours l'affaire, vous serez punis. Mais voilà, battez-vous, le chemin est long. Je sais que c'est dur, c'est difficile, on passe vraiment par toutes sortes d'étapes. Mais vraiment, il faut continuer, il faut se relever et il ne faut pas les laisser gagner. Et aussi,
- Speaker #1
ce que j'ai remarqué, c'est que dans ce parcours, finalement, on se croit seul, mais on a quand même des aides, on a des petits guides dans ce parcours. Il n'y a pas que du négatif, il y a des mains qui se tendent. On s'aperçoit que vous avez retrouvé votre famille, vous avez retrouvé ce mari, vous avez retrouvé des jolies choses aussi, malgré toute la tristesse de ce parcours.
- Speaker #0
Tout n'est pas noir. Et c'est vrai qu'en fait, quand vous êtes sous emprise et dans cette bulle, vous imaginez qu'en fait, il n'y a rien en fait, qu'il n'y a pas de bonheur après, que vous êtes bloqué dans la tristesse, dans le malheur, que vous êtes bloqué dans cette violence psychologique. En fait, non. Il y a d'autres personnes bien. Il y a nos familles qui seront là pour nous soutenir et pour nous épauler. Il y a aussi des personnes qui sont à l'écoute, qu'on peut aussi contacter. Il y a des associations qui sont aussi présentes. Donc, vraiment, il ne faut pas avoir peur. Et je pense qu'aujourd'hui, la honte doit changer de camp. Ce n'est pas à nous d'avoir honte.
- Speaker #1
Tout à fait. Écoutez, je vais vous remercier pour ce témoignage qui est vraiment important. Et pour vous et pour les autres aussi qui vous écoutent. et savoir qu'il y a quand même... Des juges qui ont compris votre situation. Il y a quand même la brigadière dont vous parliez qui a compris. Il y a les avocats qui ont compris. Il y a tout quand même une chaîne de solidarité qui se construit petit à petit.
- Speaker #0
Oui. Ce que je voulais dire aussi, c'était que pour les personnes qui recherchent après un avocat, qui recherchent une aide pour ensuite tout ce qui est partir sur du juridique, Je pense que c'est très important de bien choisir son avocat, parce que vous pouvez avoir des bons avocats, mais certains ne sont pas confrontés à ce type d'individus, ils n'ont pas forcément l'habitude. Et du coup, c'est pour ça que moi, je suis passée par vous, parce que face à des individus comme ça, on a besoin de quelqu'un qui a un bouclier, une épée pour y aller. Donc, c'est important, je trouve.
- Speaker #1
Merci, Hélène. Merci de votre confiance, puisqu'on est toujours ensemble dans certains dossiers. Il y a eu des multitudes de rebondissements, parce qu'il a beaucoup d'imagination, ce monsieur.
- Speaker #0
C'est ça, malheureusement. Netflix, ça n'aide pas tout le monde.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à vous.