- Speaker #0
On peut pratiquement faire une activité physique, voire du sport, dans pratiquement la majorité des maladies cardiaques. Et il y a une notion qui est très nouvelle dans ces recommandations, c'est la notion de décision partagée. Ce qui nous intéresse, c'est de voir comment se comporte son cœur dans sa pratique habituelle.
- Speaker #1
Sistol, c'est le podcast pensé par Cardiopark pour réveiller la réflexion sur un nouveau système de santé en France. Notre mission, contribuer à améliorer l'accès aux soins en cardiologie dans les territoires. Rendez-vous tous les premiers mercredis du mois pour découvrir les innovations de notre secteur. Dans cet épisode, nous recevons le docteur Sylvain Guérard, cardiologue et ancien président du club des cardiologues du sport. En pleine évolution, cette spécialité est portée par une recherche active qui approfondit des terrains encore peu explorés, comme le cœur des femmes et des adolescents. Après 20 ans comme médecin militaire, puis médecin du sport, et 14 ans d'exercice libéral, Sylvain Guérard nous partage les dernières recommandations, quelques anecdotes marquantes, et nous explique pourquoi il a choisi cette voie, et pourquoi la rejoindre aujourd'hui.
- Speaker #0
Je suis Sylvain Guérard, je suis cardiologue, et plus particulièrement cardiologue du sport. Donc, après une vingtaine d'années comme cardiologue et médecin du sport et médecin militaire, j'ai pris une activité de cardiologie libérale. Après 14 ans d'activité libérale dans mon cabinet, j'ai fermé mon cabinet pour rejoindre Cardio Parc et me destiner exclusivement à la cardiologie du sport.
- Speaker #1
Du coup, est-ce que vous pourriez nous en dire un petit peu plus sur la cardiologie du sport ? Comment vous est venue justement cette activité ?
- Speaker #0
Initialement, comme j'étais médecin militaire, J'ai fait 5 ans de médecine générale dans les chasseurs alpins, donc je m'occupais des équipes de ski et j'étais passionné par le sport et la médecine du sport. Et puis, quand il m'est venu l'envie de faire une spécialité, j'ai choisi la cardiologie et j'ai eu la chance de faire mes études de cardiologie à l'hôpital cardiologique et à l'hôpital militaire des Genettes, dans le service de cardiologie, où exerçait le Dr Brion, qui était un cardiologue du sport, un des membres fondateurs du club des cardiologues du sport. Donc c'était... tout naturel, attiré par le sport et la médecine du sport, je m'oriente sur la cardiologie du sport.
- Speaker #1
Chasseur alpin, sportif de très haut niveau.
- Speaker #0
Voilà, donc avec de l'activité physique et sportive toute la journée, ski, randonnée, été-hiver, montagne, escalade, avec le côté médical, bien entendu.
- Speaker #1
À quel moment vous vous êtes spécialisé vraiment dans la cardiologie du sport ?
- Speaker #0
Quand j'ai commencé la cardiologie en 1994, c'était à peu près quand commençait la cardiologie du sport, puisque la cardiologie du sport est née en France en 1993, avec la naissance du Club des Cardiologues du Sport. En fait, si on reprend un petit peu l'histoire de la cardiologie du sport, on a commencé à parler de cardiologie du sport en Europe dans les années 80. Au niveau de la Société Européenne de Cardiologie, il y a eu un premier groupe de travail qui s'est formé sur le cœur d'athlète, sur l'activité physique. En 1993, il y a trois membres, trois cardiologues, le docteur Brion, le docteur François Carré, et puis le docteur Alain Ducardonné, trois copains qui s'intéressaient au cœur du sportif, au cœur de la tête, qui ont créé le club des cardiologues du sport et qui ont initié la cardiologie du sport en France. L'objectif de cette cardiologie du sport, c'est en fait, au départ, dans les années 90, c'était d'évaluer le sportif. Et c'était surtout, on s'intéressait essentiellement à l'athlète de haut niveau. Et puis finalement, ils ont fédéré autour d'eux des cardiologues qui s'intéressaient aux sportifs. Et maintenant, la cardiologie du sport, c'est bien entendu l'évaluation des athlètes de haut niveau, mais c'est aussi la prévention de la mort subite. Donc ça a toujours été le gros souci pour les cardiologues du sport, c'est prévenir les accidents cardiaques qui surviennent chez les sportifs. Mais c'est aussi, à côté de ça, la promotion de l'activité physique. et sportives chez les patients, chez les malades et en particulier qui ont des pathologies cardiaques. Et si on reprend par rapport aux années 90, dans les années 90, quand on avait une maladie cardiaque, on n'avait le droit de rien faire. Et on le verra peut-être tout à l'heure, maintenant, en 2024, ce n'est plus le cas, même avec une maladie cardiaque. Et pratiquement avec toutes les maladies cardiaques, on peut faire une activité physique. Pas forcément du sport, mais une activité physique. Voilà, donc j'ai commencé la cardiologie, j'étais dans un centre qui faisait la cardiologie du sport. Et c'est là qu'on a commencé à explorer ce qu'on appelle le cœur d'athlète.
- Speaker #1
Et pourquoi particulièrement dans les années 90 ? Parce que de tout temps, il y a eu des sportifs. Donc qu'est-ce qui a été déclencheur à la création de cette analyse du cœur ?
- Speaker #0
En fait, ça a été un petit peu... Dans les années 80, les cardiologues européens ont commencé à s'intéresser aux sportifs, à s'intéresser à l'athlète, au cœur d'athlète, même si les premières publications datent des années 50, donc même plus anciennes, mais avec les moyens qui étaient les moyens de l'époque. Et il y a eu cet engouement au niveau européen avec les Italiens en tête. Les Italiens étaient les premiers vraiment en Europe à s'intéresser... la cardiologie du sport. Pourquoi ? Parce que la loi, un petit peu en Italie, c'est un petit peu différent dans l'aptitude pour les sportifs, en particulier dans les sportifs olympiques. Il y a une loi qui impose des examens. Ce ne sont pas des recommandations, c'est une loi. Et l'évaluation des sportifs est faite uniquement par des médecins du sport. Donc, c'est un petit peu différent de la France. Donc, il y a eu cet engouement un petit peu dans les années 90. Et en 94, donc un an après la création du club des cardiologues du sport, a eu lieu le premier congrès de cardiologie du sport, même si un an avant, il y avait un congrès à Paris, réalisé par Alain Ducardonné, un des membres fondateurs, qui s'appelait le premier congrès de l'homme à l'effort. Après, on est passé sur le congrès de cœur et sport. Et le premier, en 1994, a eu lieu à Lyon, réalisé par le docteur Brion, qui était mon chef de service à l'époque.
- Speaker #1
Et du coup, est-ce que le sportif d'aujourd'hui est le même qu'il y a 25 ans ? Pas du tout.
- Speaker #0
Enfin, pas du tout. Si, le sportif est à peu près le même, mais en fait, l'activité sportive, les choses ont évolué. À l'époque, on s'intéressait surtout à l'athlète de haut niveau. Des grandes activités sportives, des grandes courses de masse, comme les marathons, les trails, ça n'existait pas, c'était très confidentiel. Donc, il n'y avait vraiment que les sportifs de haut niveau. Maintenant, on a des populations de plus en plus vieillissantes qui font du sport, qui s'inscrivent sur des marathons, qui s'inscrivent sur des trails. Après, on a des nouvelles disciplines comme le crossfit, l'Irox, qui mobilisent énormément de sportifs. Donc, les choses ont beaucoup évolué. Donc, ça, c'est la première chose. Le développement de certaines pratiques sportives de masse. La population vieillissante qui fait du sport. De plus en plus de personnes, des vétérans ou des seniors qui font du sport pour ne pas les vexer. Et puis, des nouveaux sports qui s'invitent maintenant, comme on a dit, le crossfit et l'Irox. Après, il y a une autre chose, c'est les femmes. L'activité sportive chez les femmes était très confidentielle dans les années 90, alors que maintenant, on n'a qu'à regarder sur l'UTMB. Voilà, on a des médecins qui gagnent. Bien sûr. Donc, les femmes sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus performantes. Donc, voilà, une population qu'on ne connaît pas encore très bien, on découvre.
- Speaker #1
Est-ce que vous prenez en charge, justement, là, vous avez évoqué plusieurs typologies de sportifs, le vétéran ou les femmes sportives. Est-ce que vous les prenez en charge ? Vous, de la même manière ? Non,
- Speaker #0
ce n'est pas la même chose. Ça nous amène à dire, en fait, on l'a dit, la cardiologie du sport, le but de la cardiologie du sport, ou un des buts, c'est de prévenir les accidents cardiaques au cours du sport. Et il y a deux situations très distinctes. En gros, avant 35 ans, les accidents surviennent chez des gens, des sportifs qui ont une maladie ou une pathologie cardiaque qui est méconnue. Après 35 ans, c'est essentiellement des sportifs qui ont la... La cause principale, c'est l'infarctus, c'est l'arrêt cardiaque sur un infarctus, et c'est des populations qui ont un ou plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire et qui sont méconnus. Donc en gros, on ne meurt pas par hasard. Déjà, la mort subite, elle est relativement rare, même si ça représente entre 1200, 1400, 1500 morts par an. Ça fait beaucoup, ça fait 20 par semaine, mais qu'on pourrait le plus souvent éviter. Soit on est jeune et en fait, c'est une maladie cardiaque qui est méconnue, soit on a plus de 35 ans et c'est parce qu'on a des facteurs de risque cardiovasculaire qui sont méconnus ou qui sont négligés. Donc on a vraiment deux populations différentes. Après, il n'y a pas un sport qui est plus à risque qu'un autre. Le risque, il est surtout lié à l'intensité de l'effort. C'est pour ça qu'on doit distinguer dans notre pratique et quand on évalue les sportifs entre vraiment le sport de compétition et le sport de loisir, en sachant quand même qu'on a, par rapport à par exemple aussi dans les années 90, beaucoup de sports de loisir de haute intensité. Les gens, sans s'inscrire sur des compétitions... sont des compétiteurs. C'est le challenge, le dépassement de soi. Donc c'est pour ça que pour nous, on a d'un côté le terme de compétition, le sportif qui fait la compétition, c'est celui qui s'entraîne, qui va s'entraîner de manière spécifique pour gagner, pour jouer la gagne. Et à côté de ça, on a le sportif de loisir qui est un compétiteur dans l'âme. Et il va falloir le prendre en charge au même titre qu'un compétiteur.
- Speaker #1
Mais lui, du coup, ne va peut-être pas s'orienter justement.
- Speaker #0
Justement. D'où le rôle des médecins généralistes, éventuellement même des cardiologues, pour penser à l'évaluation. Ce qui m'amène à dire qu'effectivement, chez un sujet jeune de moins de 35 ans, il est important, le médecin généraliste a un rôle important, et on y reviendra peut-être un petit peu après, dans le sportif de plus de 35 ans, ce qui est important avant de l'autoriser à faire du sport de haute intensité. Soit en compétition, soit en loisir, mais de haute intensité, c'est l'évaluation du risque cardiovasculaire et de bien quantifier les différents facteurs de risque cardiovasculaire et de les prendre en charge. Après, les examens ne seront pas forcément les mêmes en fonction du type de sportif. Mais peu importe le type de sport, ce qui est important, ce qui est dangereux, c'est l'intensité de l'effort.
- Speaker #1
Pour revenir au cœur des femmes, est-ce que finalement on en sait autant que celui des hommes ?
- Speaker #0
On commence à en savoir beaucoup plus si on reprend un petit peu toutes les données historiques. sur le cœur d'athlète et sur le cœur du sportif. Déjà, il y a une chose, c'est qu'on en connaît beaucoup plus qu'avant. Pourquoi on connaît beaucoup plus de choses ? Parce que, et ça m'amène à dire que la cardiologie du sport, dans les années 90, ce n'est pas celle de maintenant, c'est que dans les années 90, on avait l'électrocardiogramme, on avait l'échographie, on avait l'épreuve d'effort, et encore, on avait des appareils d'échographie qui n'étaient pas aussi perfectionnés que maintenant. Maintenant, en 2026, dans le bilan, on va jusqu'à l'IRM, on a l'IRM, on a le scanner coroner. Et quand on regarde toutes les études qui étaient faites chez les athlètes, c'était que des hommes. Les cohortes, c'était que des hommes, il n'y avait pas de femmes. Et maintenant, on a les premières séries d'évaluation ou d'études du cœur d'athlète qui concernent les femmes. Donc voilà, on sait maintenant qu'on a un cœur d'athlète d'hommes, on a le cœur d'athlète des adolescents et on a le cœur d'athlète des femmes, avec des modifications morphologiques ou des données qui sont différentes entre l'homme et la femme. Donc on en connaît beaucoup plus chez la femme maintenant que ce qu'on... Ce qu'on connaissait dans les années 90. Maintenant, dans les cohortes, on met autant les hommes que les femmes. Après, il y a une autre chose qui est importante. Pourquoi aussi il y avait moins d'études chez la femme ? Il ne faut pas oublier que, puisqu'on parlait tout à l'heure des accidents cardiaques au cours du sport, ça concerne neuf hommes pour une femme. Donc, les femmes sont protégées vis-à-vis des accidents cardiaques, au moins jusqu'à la ménopause. À facteur de risque équivalent, bien entendu. Si vous avez une femme qui est sportive et qui fume qu'à l'hypertension, elle a un risque. Mais à facteur de risque équivalent. Les femmes sont protégées jusqu'à la ménopause. Donc, ce qui fait que quand on parlait tout à l'heure, est-ce qu'on fait des bilans les mêmes à tout le monde ? On se pose la question de la pertinence d'un bilan cardiologique chez la femme qui est non ménopausée pour faire du sport de compétition. A priori, jusqu'à la ménopause, il n'y a pas d'intérêt si elle n'a pas de facteur de risque cardiovasculaire. Ce qui m'amène à dire que quand on veut, par exemple, si on veut savoir à qui il faut faire un bilan, chez l'homme, on va dire qu'on va faire un bilan chez un homme qui veut faire de la compétition ou du sport de haute intensité. à partir de 35 ans, s'il a un facteur de risque cardiovasculaire, au moins un, parmi lesquels on va retenir le tabac, parce qu'on a malheureusement des sportifs qui fument, l'hypercholestérolémie, on y reviendra parce que c'est un aimant qui est très important, l'hypertension, l'hypercholestérolémie, éventuellement du diabète, le tabac, et l'hérédité, les antécédents familiaux chez les parents ou les ascendants du premier degré. Chez la femme, on fera le bilan qu'à partir de la ménopause. Avant la ménopause, ce n'est pas nécessaire s'il n'y a pas de facteur de risque.
- Speaker #1
Et sur un sportif, peut-être que vous avez une petite anecdote ou un fait marquant dans votre carrière ?
- Speaker #0
On a toujours des athlètes un petit peu particuliers.
- Speaker #1
Vous avez travaillé dans des clubs de sport ? Oui,
- Speaker #0
en fait, quand on fait de la cardiologie du sport comme moi, je travaille essentiellement soit avec des clubs. Donc pour la particularité pour moi... puisque j'ai fait une trentaine d'années de rugby, donc je travaillais beaucoup avec les clubs de rugby. Malheureusement, pas avec le Loup. C'est une autre équipe de mes collègues qui s'en occupent. Mais pendant de longues années, pendant plus de 20 ans, j'ai travaillé avec le CSBJ. Après, ma spécialité, c'était de m'occuper des jeunes qui rentraient dans les centres de formation. À Lyon, on a la chance d'avoir différents centres de formation, au moins sur la région. Donc, c'est les jeunes qui rentrent dans les pôles espoir, ce qu'on appelle les pôles d'excellence, et qui commencent le sport de haut niveau à 13-14 ans. Donc, ils ont besoin d'un bilan. Les fédérations imposent. Selon les fédérations, un bilan est imposé dans lequel on a un électrocardiogramme à faire, une échographie. Et donc, moi, depuis 20 ans, j'ai eu la chance de travailler, j'ai eu la chance de continuer à travailler avec les pôles espoir, donc de voir des jeunes qui rentrent. Alors, ça peut être le volet, le handball masculin, féminin, ça peut être le football. Les jeunes qui rentrent dans les pôles formation, les pôles... de formation ou les poils d'excellence football, foot sale. C'est une particularité. Et c'est comme ça qu'on ne le faisait pas dans les années 90, mais maintenant on commence à avoir des données du cœur d'athlète de l'adolescent. Donc on voit un petit peu les adaptations du cœur d'athlète chez l'adolescent.
- Speaker #1
Et il y a des adaptations particulières ? Oui. Par exemple, parce que vous pourriez, je suppose, très bien détecter quelque chose chez un adolescent. Un adolescent qui présente une anomalie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ils continuent le sport ?
- Speaker #0
Comment ça se passe ? En gros, il y a deux types d'anomalies. Il y a des anomalies qui vont contre-indiquer le sport de haut niveau. Elles sont exceptionnelles. Ça reste quand même exceptionnel. Après, il y a d'autres anomalies qu'on peut dépister par ces bilans, justement, mais qui ne vont pas contre-indiquer le sport de haut niveau, sous réserve que les adolescents et les jeunes soient suivis. Donc ça, c'est une chose qu'on peut leur permettre de continuer, mais sous réserve d'un suivi. Après, il faut toujours garder à l'esprit que si on découvre une pathologie, cette pathologie peut être évolutive et à un moment donné entraîner une contre-indication au sport de haut niveau. Donc il faut alerter les jeunes, les ados, mais aussi les parents qu'un jour ou l'autre, à 20 ans peut-être, la carrière risque d'être stoppée par la pathologie qui a évolué. Et donc de ne pas négliger aussi les études, tout mettre, tout. Et ça, c'est parfois un petit peu difficile. Et après, l'autre activité de cardiologie du sport, c'est de répondre à la demande des médecins du sport. Donc sur Lyon, on a plusieurs centres de médecine du sport, dont un avec qui je travaille particulièrement, qui est le centre médico-sportif de Gerland, qui est maintenant Gerland-le-Parc, où ils voient énormément de sportifs, tout venant de toute la région. Et souvent, ces médecins du sport découvrent une anomalie lors d'un test d'effort. En médecine du sport, ils trouvent une anomalie. Donc en principe, quand ils ont une anomalie, eux doivent arrêter le test d'effort. Et souvent, donc, ils nous posent la question. On doit pouvoir répondre rapidement à la question posée parce qu'en principe, on arrête l'activité sportive tant qu'on n'a pas fait le bilan. Et un sportif, on ne peut pas le laisser 3, 4 mois, 5 mois, 6 mois sans pouvoir continuer son activité sportive en attendant d'avoir un avis cardiologique. Donc, il y a une des particularités, je pense, de la cardiologie du sport et c'est ce qu'on essaye de mettre en place ici à Cardiopark, c'est d'offrir une réponse et un rendez-vous de cardiologie assez rapide. Et si on peut donner un rendez-vous dans le mois aux sportifs, c'est bien, parce qu'on ne peut pas laisser un sportif plusieurs mois sans réponse. Donc, il y a une grosse demande de la part des médecins du sport, soit parce qu'ils ont des sportifs qui ont des facteurs de risque et ils ont besoin de nous pour optimiser la prise en charge des facteurs de risque, soit parce qu'ils découvrent des anomalies lors d'un test d'effort, par exemple, et ils veulent savoir si on peut continuer à faire du sport ou pas. Après, dans le... puisqu'on parle un petit peu de recrutement avec qui on travaille. Je travaille aussi avec des cardiologues qui ne sont pas familiarisés à la cardiologie du sport. Et c'est souvent difficile de prendre une décision par rapport à un patient, à un malade qui a une pathologie cardiaque, prendre une décision vis-à-vis du sport. La solution la plus simple, c'est de dire « Ben non, vous n'avez pas le droit de faire de sport. » Mais ce n'est pas une bonne solution. C'est ce qu'on faisait dans les années 90. Si on reprend dans les années 90... Quand vous aviez une maladie cardiaque, vous avez fait un infarctus, vous restez allongé, vous n'avez plus le droit de faire de sport. La majorité des pathologies entraînaient une contre-indication au sport. Si on reprend 20 ans après ou 30 ans après, on peut pratiquement faire une activité physique, voire du sport, dans pratiquement la majorité des maladies cardiaques. Cette pratique va être encadrée, mais la mentalité a complètement évolué. Et c'est vrai que... Être tout seul dans son coin et prendre une décision vis-à-vis d'un malade qui a fait un infarctus et qui veut un an après son infarctus vouloir faire le marathon de Lyon, la solution la plus simple c'est de lui dire non, mais en fait on se rend compte qu'on peut dans certaines conditions, si on a tous les feux qui sont ouverts, on peut l'autoriser. Et c'est là notre rôle en tant que cardiologue du sport, et c'est ce que j'essaye d'apporter à mes collègues cardiologues qui n'ont pas l'habitude, c'est leur apporter une aide pour justement promouvoir. Et c'est là aussi un des rôles de la cardiologie du sport, c'est... promouvoir l'activité physique et sportive, pas que l'activité physique, et sportive aux patients qui sont porteurs d'une pathologie cardiaque.
- Speaker #1
Finalement, vous allez avoir un vrai suivi dans la longueur du sportif, parce qu'une fois que vous dépistez une pathologie, après, comment ça se passe ? C'est un suivi tous les ans ?
- Speaker #0
Il y a un suivi. Oui, on va mettre en place un suivi, mais c'est même ce suivi qui est obligatoire. Parce que quand on regarde un petit peu les recommandations et quand... Quand on autorise un patient qui a une pathologie cardiaque à refaire du sport de compétition, c'est sous réserve d'un suivi annuel. La plupart du temps, c'est un suivi annuel, des fois semestriel en fonction des pathologies, mais un suivi annuel parce que la pathologie peut évoluer et à un moment donné, les feux ne sont plus au vert. Il y a des feux oranges ou des feux rouges qui commencent à clignoter, on doit lever le pied. Donc le sportif, en principe, quand il a une maladie cardiaque, une pathologie cardiaque, quand on l'autorise à faire du sport de compétition, c'est sous réserve d'un suivi annuel. S'il n'y a pas le suivi annuel, le bilan annuel, on arrête l'autorisation. Donc voilà, ça fait mettre en place un suivi qu'on peut mettre en place en collaboration avec les médecins généralistes, avec les médecins du sport ou avec nos collègues cardiologues.
- Speaker #1
Et vous parliez justement de contre-indication du sport. Ces dernières années, le certificat d'absence de contre-indication du sport semble avoir disparu.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous en pensez ? En fait, c'est un gros débat. C'est la loi pour la promotion du sport. Contre toute attente, dans cette loi, le certificat d'absence de contre-indication, ce qu'on appelait le CASI, a disparu. La visite de contre-indication n'existe plus. Ce qui est pour nous regrettable. Pourquoi ? parce que le Le débat tourne autour de les gens qui veulent faire une activité physique. Donc, avant, le certificat était obligatoire pour avoir une licence. La loi pour la promotion du sport a dit qu'il n'y a plus besoin de certificat. Et puis, ça voulait dire qu'à la place, les jeunes ou les adultes signaient un questionnaire de santé, répondaient à des questions. Et s'ils répondent non à toutes les questions, il n'y a pas besoin de certificat, pas la peine de voir de médecin, ils peuvent faire. Quand on faisait un bilan avant pour ce certificat, il y avait un examen clinique qui était fait par le médecin généraliste avec un interrogatoire impas. important, policier, l'examen clinique et on faisait un électrocardiogramme. Et avec ça, on était capable de dépister à peu près 90% des pathologies incompatibles avec le sport. Si on enlève l'électrocardiogramme, on avait simplement, donc rien avec l'examen clinique et l'interrogatoire, on n'avait même pas 60% des pathologies incompatibles avec le sport qui pouvaient être dépistées. Vous vous rendez compte ? Donc maintenant, si on fait simplement un questionnaire...
- Speaker #1
Il n'y aura rien.
- Speaker #0
Voilà. Alors on n'a pas encore assez de recul pour voir, on n'a pas eu, c'est vrai, de signaux d'alerte. sur une recrudescence des accidents chez les sujets jeunes. Mais finalement, dans cette loi où on a supprimé le certificat, il était quand même bien précisé que le médecin généraliste devait avoir toujours quand même un rôle dans la recherche de contre-indications éventuelles. À la contre-indication du sport. Voilà, la recherche éventuelle à une contre-indication définitive ou transitoire au sport de haut niveau ou à la compétition. Et puis finalement, les choses ont un petit peu évolué parce que dans la loi, il est dit que concernant ces certificats, Il a été rappelé qu'il pouvait être décidé par les fédérations elles-mêmes de savoir si elles maintenaient ou pas le certificat. Et même quand on regarde la loi maintenant, on vous dit en fonction de la discipline, en fonction de la fédération. Donc vous pouvez aller sur le site du gouvernement et vous allez cliquer. Je veux faire tel sport, c'est telle fédération, dans telle circonstance. Vous cliquez, vous déroulez le menu et à la fin, on vous dit oui ou non, il faut un certificat. En fait, nous, ce qu'on pense, c'est... Il y a deux attitudes. Soit on décide, parce qu'il y a des pays où on ne fait rien. Vous faites dans les pays scandinaves, vous allez aux États-Unis, vous pouvez faire du sport sans certificat. Simplement, vous signez une décharge. On pourrait faire ça. Mais à partir du moment où on doit faire une visite, où on doit décider, il faut que tout le monde fasse la même chose. Et si on met en place un certificat, s'il y a une fédération qui met en place un certificat, il faut faire un examen clinique et un électrocardiogramme, et une visite complète. qui servent à quelque chose. Et l'autre chose qui est un petit peu surprenante, c'est pourquoi, quand vous voulez faire du tennis, on ne vous demande rien, alors que le risque de faire un accident est le même que quand vous faites de la course à pied ou que vous faites du volet. Et quand vous voulez faire du volet, en club, on vous demande un certifique. Donc, il y a des choses qui ne sont pas tout à fait logiques. C'est pour ça que, malgré cette loi, il y a eu une recommandation qui est sortie il y a deux ans maintenant, un consensus entre le club des cardiologues du sport. et le groupe exercice réadaptation qui dépend de la Fédération française, de l'Associé français de cardiologie. On s'est mis d'accord sur les examens nécessaires à faire dans un certificat d'absence de contre-indication. En gros, quand on a moins de 35 ans, il faut avoir au moins un examen clinique avec un électrocardiogramme et après 35 ans, évaluer le risque cardiovasculaire. L'échographie, on la garde essentiellement pour les athlètes de haut niveau ou les athlètes inscrits sur les listes de haut niveau.
- Speaker #1
Et à contrario, prescription d'une activité physique adaptée.
- Speaker #0
Oui, le sport sur ordonnance. Ça fait dix ans qu'on parle du sport sur ordonnance. C'est bien pour promouvoir l'activité physique pour tous. Mais malheureusement, les difficultés, c'est l'application, l'activité physique adaptée. Donc, il faut des appâts pour le faire. Après, qui rémunère, qui paye ? Je pense que ce qui est important, c'est la promotion. On doit tous faire une promotion de l'activité physique. Alors, quand on parle d'activité physique adaptée, dans cette loi, c'était essentiellement sur les patients porteurs de maladies chroniques. Mais en fait, l'activité physique, elle doit être pour tout, pour tout le monde, quel que soit l'âge. On rappelle sans cesse que les enfants, maintenant, quand ils arrivent à l'école, ils ont une moins bonne condition physique qu'il y a 30 ans, et qu'ils sont de plus en plus en surcharge pour Néral. On est en train de faire le lit des maladies cardiovasculaires à 35 ans au lieu de les avoir à 55 ans comme il y a 40 ans, parce que l'activité physique n'existe pratiquement plus dans les écoles. Donc il y a des associations, une association qui est avec le professeur François Carré pour une France en forme, pour essayer de promouvoir cette activité physique tous.
- Speaker #1
Et à l'inverse, vous avez des patients qui font des marathons tous les jours pour Pelle-Saint-Genis. Oui,
- Speaker #0
c'est pour ça qu'on revient à notre... puisqu'on s'en est égaré un petit peu. Oui, dans les anecdotes, l'anecdote, c'est Robert. En 2024, il a 80 ans. Moi, je le connais depuis très, très longtemps. Il avait la particularité de rejoindre la ville des Jeux olympiques au début, quand il était un peu plus jeune, en courant. Donc il est allé en courant à Pékin pour les JO de Pékin. Il est allé à Sydney en passant par la Thaïlande, l'Asie. Il est allé à Athènes. Il avait trouvé que ce n'était pas assez loin. Il avait fait donc Saint-Genis-Laval parce qu'il habite Saint-Genis-Laval. Il avait fait Saint-Genis-Laval, Athènes, Saint-Genis-Laval. En 2012, pour les JO de Londres, il a fait le Tour des capitales européennes en courant tous les jours pendant un an. Donc en moyenne, il faisait 60 kilomètres par jour de course à pied. Et en 2024, pour les JO de Paris. Donc, c'était ses 80 ans. Donc, il a décidé, il avait 80 ans, de faire le tour de France en marchant pendant 80 jours, faisant 80 marathons pour rejoindre Paris. Voilà. Comme quoi, l'activité fisée, il n'y a pas d'âge. Il y a 80 ans. Après, on avait, je ne me rappelle plus, c'était Marcel, c'était un cycliste qui était centenaire et qui faisait encore du vélo. Donc, non, il n'y a pas d'âge pour faire.
- Speaker #1
Et là, vous avez un suivi plus accru sur des profils comme ça ou pas particulièrement appartement ?
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y a un message qui est important à savoir, c'est que dans les facteurs de risque, il y en a un qui est quand même essentiel, qui survient à l'âge de 65 ans. Malheureusement, à partir de 65 ans, on sait qu'il y a un risque accru d'accident cardiaque et qu'on a tendance à dire qu'à partir de 65 ans, comme disent les sportifs, il faut savoir en garder un petit peu sous la pédale ou sous le pied pour les gens qui courent. Parce que la haute intensité peut être délétère. Donc, on peut continuer une activité physique et sportive, mais à partir d'un certain âge, il faut savoir un petit peu lever le pied. Alors, c'est vrai que de temps en temps, l'histoire nous donne tort parce que j'ai reçu un mail il n'y a pas si longtemps de ça, il y a un mois de ça, d'un de mes patients que j'avais vu il y a 2-3 ans. Il avait plus de 65 ans et je lui avais dit, il faut enlever un peu le pied. Il faisait du vélo, il faut lever un peu le pied sur la pédale. Il m'a envoyé un mail avec une photo et il me dit, ben voilà. À 70 ans, je viens de remporter dans ma catégorie la course qui fait la traversée des États-Unis d'est en ouest en vélo. Et ce que je lui ai répondu, je lui ai dit oui, mais quand on fait la traversée, on n'est pas sur des hautes intensités parce que sinon, on ne peut pas le faire, on ne peut pas tenir. Donc voilà, ça m'amène à dire qu'effectivement, c'est une différence entre l'activité physique qui est bénéfique pour tout le monde et qu'on peut faire dans toutes les circonstances. Et le sport, le sport de haut niveau, le sport de compétition, c'est deux choses totalement différentes.
- Speaker #1
Peut-être, est-ce qu'il y a des recommandations en cardiologie ? Les dernières recommandations, qu'est-ce qu'on doit retenir finalement en cardiologie du sport ?
- Speaker #0
Les recommandations, elles ont évolué. Ce qu'on disait tout à l'heure, c'est quand on regarde... Donc les recommandations, elles sont là pour nous guider. D'accord ? Donc c'est des avis d'experts, des consensus, c'est basé sur des registres, sur des études. Et elles sont là pour guider le cardiologue, en particulier le cardiologue du sport, sur les aptitudes à l'activité de compétition. Les recommandations, elles sont là. que pour la compétition en fonction de la maladie, de la pathologie. Mais ce n'est qu'un guide. Et il y a une notion qui est très nouvelle dans ces recommandations, c'est la notion de décision partagée. En fait, on ne peut pas dire à un patient vous pouvez ou vous ne pouvez pas faire du sport de compétition. On doit l'informer sur les risques, sur sa pathologie, sur le risque évolutif et ensemble, on prend une décision. Et cette notion de décision partagée, c'est quelque chose qui est assez récent et qui est bien stipulé dans les recommandations. Donc, le sportif participe à la décision. On doit l'informer des risques. Quand on peut évaluer ce risque, on doit l'informer et ensemble prendre une décision. Il peut être tout écrit après, écrit dans le dossier. Maintenant, ce qu'on fait aussi de temps en temps, c'est qu'on fait des réunions de concertation pluridisciplinaire, comme ils le font en oncologie. Donc, on a mis en place sur Lyon une RCP de cardiologie du sport, où tous les cardiologues de la région peuvent envoyer leur dossier. Mais voilà, on prend des décisions qui sont collectives à plusieurs cardiologues. Et le patient, le sportif, participe à cette décision sur sa pratique sportive. Donc les recommandations, elles sont très détaillées, mais elles sont là pour nous aider. Alors dans le passé, il y avait une grosse opposition entre les Américains et les Européens, où les Américains étaient très restrictifs. Et puis petit à petit, ils sont devenus de plus en plus permissifs. Et on voit que maintenant, il y a peu de différence entre les recommandations américaines et les recommandations européennes sur la pratique du sport de compétition. Mais encore une fois, on est dans le sport de compétition en fonction des différentes pathologies. Qu'est-ce qu'on pourrait dire à un cardiologue qui aimerait se spécialiser en cardiologie du sport ?
- Speaker #1
Si on veut se mettre à la cardiologie du sport et se spécialiser en cardiologie du sport, il y a plusieurs possibilités. Pour les plus jeunes, il y a des formations, puisque le club des cardiologues du sport organise tous les ans, après le Covid, pendant quelques années, il y a eu une interruption, mais sur Lyon, je l'avais organisée pendant sept ans, un séminaire intensif de cardiologie du sport pour les internes chefs de clinique, pour leur faire découvrir et leur donner l'envie. de s'inscrire. Donc il y a plusieurs diplômes. Il y a un diplôme d'université à Paris et à la Pitié-Salpêtrière. Et puis il y a un diplôme interuniversitaire entre Montpellier, Bordeaux et Rennes. Un DUU pour avoir un diplôme de cardiologie du sport. Après, en gros, c'est aussi participer au congrès que le Résport. C'est de s'informer. Tout le monde, tous les cardiologues, peuvent faire ce qu'ils veulent. Après, ça prend du temps. Consultation de cardiologie du sport, ça prend un petit peu de temps. C'est pour ça que pas mal de collègues qui, voilà, on est un peu débordés dans notre pratique de cardiologue avec toute la patientèle que l'on a, avec les déserts médicaux, avec le manque de cardiologues. Donc, c'est vrai, c'est pour ça que j'ai pris cette option, en tant que jeune retraité, de ne faire que de la cardiologie sport pour essayer d'offrir cette activité un peu spécifique que c'est vrai, dans un cabinet, souvent, on n'a pas le temps de prendre parce que... Un sportif, des fois, c'est compliqué. Il faut leur faire comprendre.
- Speaker #0
Il y a une phase d'acceptation.
- Speaker #1
Oui, voilà. Et puis, ils arrivent avec des gros dossiers. Voilà, la cardio du sport, ça prend du temps. La consultation prend du temps. Et on sait combien notre temps est précieux. Donc, voilà pourquoi j'ai voulu développer cette activité spécifique ici à Cardio Parc. pour déjà répondre à la demande et puis peut-être essayer de motiver des cardiologues à venir me rejoindre. Je leur prépare le terrain. Voilà, on a ouvert un plateau d'épreuve d'effort. Donc, épreuve d'effort, on rappelle, on ne peut pas faire dans un cabinet. Pour faire une épreuve d'effort, il faut que ça soit… Il y a un environnement de sécurité qu'on a pu mettre en place ici. Parce qu'il y a une chose dont on n'a pas parlé, mais qui est essentielle, c'est qu'un sportif, ça s'évalue à l'effort. En fait, l'évaluation en cardiologie, on fait une cardiologie, on fait un électrocardiogramme, une échographie et la plupart du temps, on en reste là. En cardiologie du sport, ce qu'il faut évoluer, c'est le sportif à l'effort et à l'effort maximal. Donc, on a notre disposition, soit une épreuve d'effort. Donc les tests d'effort, qu'on peut faire sur vélo, sur tapis, mais qu'on peut faire maintenant avec des appareils de plus en plus sophistiqués, en ambulatoire, sur le terrain, des véritables tests. Vous pouvez embarquer une VO2, donc votre masque, pour calculer la consommation d'oxygène et partir sur le terrain, courir avec. On avait fait une démonstration l'année dernière au Congrès Cœur et Sports à Lyon. Et puis, notre examen d'évaluation à l'effort, c'est l'échographie d'effort. Donc encore pour l'instant. On ne le fait pas encore ici. On va voir si on en arrive à développer. Ça sera peut-être une chose qu'on fera ici sur Cardiopark. Et puis après, il y a les examens embarqués. Donc, c'est le Holter ECG, un enregistrement, l'électrocardiogramme de 24 heures. Et ça, c'est un message qui est important. C'est que quand on évalue un sportif, on lui met un Holter ECG. Ce n'est pas pour qu'il reste à la maison pendant 24 heures. C'est d'aller faire un Holter. dans sa situation habituelle d'activité. Donc, si c'est un cycliste, il va aller faire une sortie en vélo avec le Voltaire ou si c'est un coureur rapide, on va lui demander d'aller faire une séance d'entraînement avec le Voltaire. Ce qui nous intéresse, c'est de voir comment se comporte son cœur dans sa pratique habituelle. Et après, dans les autres examens d'imagerie, c'est pour ça qu'on a des liens un peu privilégiés avec certains centres d'imagerie, on a deux examens qui sont essentiels et qui n'existaient pas dans les années 90, ce qu'on ne faisait pas. C'est le scanner coroner. et l'IRM myocardique. Avant, on ne faisait pas d'IRM du cœur. Maintenant, on fait des IRM myocardiques, même si on sait qu'on a des délais qui sont relativement longs, avec des disparités dans les régions, et surtout en fonction du sportif, puisque si on arrive sur Lyon à avoir une IRM myocardique dans les trois mois, vous avez les footballeurs professionnels qui ont des IRM tous les mois. Voilà, donc ce n'est pas la même population, mais voilà, donc l'IRM myocardique n'existait pas il y a quelques années. Et en pensant à l'IRM, qu'on peut faire tous les mois chez certains athlètes, en particulier les sportifs professionnels, les footballeurs professionnels. Des choses qui n'existaient pas, par exemple, pour parler des recommandations. On a eu le cas d'Eriksen. Tout le monde connaît un footballeur qui a fait son arrêt cardiaque. Derrière, il a un défibrillateur. Dans les années 90, il n'est plus le droit de faire de sport. Et maintenant, les débats sont sûrs et on sait qu'on autorise de plus en plus les sportifs à faire du sport et continuer leur carrière professionnelle avec un défibrillateur. Donc on voit quand même l'évolution des recommandations. Mais cette évolution, elle a eu lieu justement grâce à la cardiologie du sport et à l'évolution de nos connaissances sur le retentissement de la pratique sportive sur les pathologies cardiaques.
- Speaker #0
Donc on peut dire que la recherche finalement en cardiologie du sport est très active.
- Speaker #1
Elle est très active et elle continue toujours. Alors elle est active en Europe, mais elle est active en France. On a différents registres. Donc là, le club des cardiologues du sport avait mis en place une étude sur, parce qu'on n'avait aucune donnée dans la littérature, sur la poursuite et le risque de la poursuite d'une activité sportive quand on avait eu Instante. Donc on a une dilatation coronaire avec mise en place d'Instante, on n'a pas de données. Donc on a fait une étude qui s'appelle l'étude SCAPS, il y a eu l'étude SCAPS 1 et SCAPS 2, des études de la vraie vie où on a regardé nos sportifs qui avaient eu Instante, qui ont repris et qui ont continué leur activité sportive. voir s'il y avait des événements, cette élu nous montre... finalement qu'on peut continuer à faire du sport dans certaines circonstances. Mais voilà, une étude plutôt en faveur de la poursuite et de ne pas arrêter parce qu'on a un stint. On a un registre actuellement qu'on a mis en place en France sur les risques du sport dans la myocardite. Myocardite aiguë, donc il y a quelques années, on connaissait moins. Avec le Covid, on a beaucoup tergiversé sur les risques de myocardite avec le Covid. La poursuite des activités sportives en début de... de Covid, on faisait des bilans à tous les athlètes dès qu'ils avaient le Covid pour savoir s'ils pouvaient continuer. Donc on avait mis en place au sein du club des cardiologues du sport une étude où on a évalué le bilan on a fait des bilans cardiologiques à tous les rugbymen de top 14 et de pro D2 qui avaient le Covid pour voir s'il y avait des modifications de l'électrocardiogramme, de l'échographie voire de l'IRM. Donc on n'a eu aucun signal d'alerte, donc c'était plutôt rassurant. Et là, actuellement, on se pose la question, quand on a fait une myocardite qui reste une séquelle sur le muscle cardiaque, une séquelle de fibroses qu'on appelle un rehaussement tardif, est-ce qu'on peut continuer à faire du sport ? Dans quelles circonstances ? On n'a pas beaucoup de données, donc on a un registre qui est en cours. Donc la recherche continue. et si on regarde même sur l'évolution depuis les années 90 les particularités de l'électrocardiogramme ont été revisées chez le sportif, du sportif ont été revisitées ou revues régulièrement jusqu'en 2017 avec des critères qui ont été affinés, qui ont été modifiés. Donc la recherche est toujours active. Le plus compliqué pour nous, c'est quand on regarde les morts subites chez les sportifs, on a encore un grand nombre non négligeable où on n'a pas de cause identifiée. Alors pourquoi ? Parce que jusqu'à présent, l'autopsie était un petit peu confidentielle. On hésitait à faire des autopsies quand vous avez un jeune qui meurt au cours du sport. souvent, soit il y avait des prélèvements d'organes qui étaient faits, soit il y a une procédure. Et c'est vrai que l'autopsie, elle était rarement faite. Et donc, il y a une étude actuellement en cours en France, sous l'égide du professeur François Carré, pour prendre en charge toutes les morts subites et faire un bilan complet avec une autopsie, avec des tests génétiques. Là aussi, les études génétiques, dans les années 90, on fait beaucoup d'études génétiques en cardiologie générale, mais aussi chez les sportifs, dans certaines maladies rythmiques. ethniques, et les résultats des tests génétiques peuvent influencer l'aptitude au sport ou pas. Donc, les choses évoluent, la recherche est très active, il y a encore des perspectives, et on a besoin d'investissements, de jeunes, d'investissements dans la cardiologie du sport, parce qu'on a quand même une grosse population de sportifs, et on pourrait faire beaucoup de choses et faire avancer la science chez les sportifs, oui.
- Speaker #0
On peut peut-être conclure là-dessus, est-ce que vous avez d'autres choses à... à nous dire aujourd'hui.
- Speaker #1
Non, après, bon, vous avez vu, il faut être passionné. La cardiologie du sport, il faut être passionné. J'ai cette passion. J'aimerais faire des retours de moi à des gens, et puis, voilà, leur dire aux cardiologues, ne restez pas tout seul dans votre coin. Si vous avez un sportif, si vous ne savez pas, plutôt que de contre-indiquer le sport, essayez de prendre avis auprès d'un cardiologue du sport. Il y a plusieurs cardiologues, je ne suis pas le seul sur Nyon. On est plusieurs. Et en France ? Et en France, oui, oui. Mais en France, effectivement, dans chaque région, il y a des cardiologues du sport. Le mieux, c'est d'aller sur le site du club des cardiologues du sport. Sur le site, il y a deux choses qui sont intéressantes. C'est que vous avez le listing avec les coordonnées de tous les cardiologues du sport, dans toutes les régions de France. Et puis, il y a une chose, et si j'avais un message à faire passer, c'est qu'on peut faire du sport, tout le monde peut faire du sport, mais il faut le faire sans risque. Et pour le faire sans risque, il faut respecter des règles. Ce sont les fameuses 10 règles du Club des Cardiologues du Sport. Ce sont des règles de bon sens. Certaines ont été d'actualité. On ne fait pas de sport de haute intensité quand il fait en dessous de moins 5 degrés ou au-dessus de 30 degrés. Et ces derniers temps, avec la canicule, on a vu, on peut avoir des accidents. Donc voilà, c'est du bon sens. Quand il fait plus de 30 degrés, on ne va pas courir pendant une heure sous 30 degrés. C'est les règles du Club des Cardiologues du Sport. elles sont sur le site. Il faut aller les lire, c'est des règles de bon sens. Quand on a de la fièvre, on ne va pas faire de sport. Il faut donc aller sur le site du Club des Cardiologues du Sport pour voir tout cela.
- Speaker #0
On a dit pas mal de choses déjà. Génial. Merci, Dr Guerard.
- Speaker #1
Je vous en prie, avec plaisir.
- Speaker #0
Merci pour votre écoute. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le relier et à vous abonner. Vous souhaitez partager votre expérience ou une innovation en santé au micro de systole ? Envoyez-nous un mail à podcast.cardioparc.fr. Rendez-vous le mois prochain !