- Speaker #0
Hello, moi c'est Myriam, bienvenue sur le podcast T'inquiète je me débrouille où on explore ce moment où l'on découvre les galères de l'âge adulte et qu'on doit les gérer. Toutes les deux semaines, j'échange avec des personnes au parcours réel et aux expertises utiles pour nous donner un autre regard sur cette période de vie floue.
- Speaker #1
Welcome to the real world ! It sucks ! You're gonna love it !
- Speaker #2
Je sais pas quoi faire, j'ai besoin d'un adulte ! Je suis un adulte ! J'ai besoin d'un adulte et plus d'adultes ! Comment on devient adulte ? Je sais pas, j'ai l'impression que quand on était enfant, juste on jouait aux adultes,
- Speaker #3
et après on s'est pris trop sérieusement au jeu.
- Speaker #4
Faut juste que je trouve un moyen de grandir sans pour autant devenir aussi assommante que les adultes.
- Speaker #5
Nous sommes adultes, quand est-ce que ça a eu lieu ? Et comment nous le faisons ?
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur le podcast T'inquiète, je me débrouille. Aujourd'hui, on est avec Khalid Konaté. Merci d'être avec nous.
- Speaker #3
Merci à vous de m'avoir invité.
- Speaker #0
Donc Khalid, toi tu es pâtissier, tu as fait le tour du monde, tu as travaillé dans les plus grandes maisons. Moi, je voulais t'inviter aujourd'hui parce que tu incarnes vraiment le fait de se débrouiller dans la vie.
- Speaker #3
On peut appeler ça comme ça.
- Speaker #0
Tu peux dire ça comme ça. Et du coup, moi, ce qui m'a fait rire, surtout en préparant cette interview, c'est que j'ai vu un jeune qui s'appelle Mano, qui a dit que ce n'est pas possible que tu sois boulanger ou pâtissier. Tu dois être un expert. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #3
C'est ce que beaucoup de gens se posent la question. C'est vrai que j'essaye vraiment... Ce que je fais, c'est vraiment autour des gens. Mais c'est vrai que beaucoup de gens se posent cette question puisque lorsqu'il y a quelque chose, il y a un besoin autour de moi. J'arrive à le faire très simplement, humainement.
- Speaker #0
Au départ, pourquoi tu as cette vision-là de l'humain ?
- Speaker #3
Alors sur ce point-là, c'est plus ma mère qui était sur l'accueil. La maison toujours ouverte. Elle avait un grand réseau, même si elle était souvent à la maison. Elle s'occupait de tout le monde, les neveux, les nièces et nous. Et j'ai vu la force qu'elle avait puisque... Au-delà de ça, elle arrivait à résoudre de la maison, elle arrivait à résoudre des conflits de quartier des fois, en rassemblant les mamans. Et je voyais la force qu'elle avait de rassembler les gens. Et ça, en voyageant, partout où j'allais, j'essayais d'appliquer ce que j'avais vu. C'était une éducation, on va dire passive, c'était ce que je voyais, que j'ai pu reproduire. Et aujourd'hui, dès que j'arrive à voir quelque chose... quelqu'un ou un groupe de personnes en difficulté et un besoin, j'arrive à trouver, entre parenthèses, une solution et à l'appliquer surtout.
- Speaker #0
Est-ce que c'est parce que toi aussi, tu as eu peut-être des mentors ? Tu as eu des mentors qui ont vu quelque chose en toi et qui t'ont permis, du coup, tu es dans ce process de redistribution ? Enfin là, on va loin, mais on va revenir avant quand tout a commencé, mais juste pour comprendre un peu, pour poser le contexte.
- Speaker #3
Dans chaque pays, dans chaque pays où j'ai été, Il y a toujours eu un mentor qui m'a montré un petit peu la culture du pays, comment ça fonctionne. Généralement, ces mentors, ce sont des gens qui étaient là pour accueillir. Donc ces gens-là, ils m'ont accueilli, comme ma mère, elle faisait, qui m'ont montré en fait les besoins de chacun. Puisque moi aussi, lorsque j'arrive dans un pays, j'ai un besoin aussi de m'intégrer, j'ai un besoin aussi de comprendre un peu certains citoyens de chaque pays. Et voilà, ils m'accompagnent. Ils m'accompagnent au début et ensuite, j'essaie avec mes moyens et mes compétences de continuer un petit peu.
- Speaker #0
Juste pour dire, parce que tu parles depuis tout à l'heure de plusieurs pays, tu as fait le tour du monde, on peut le dire. Tu as travaillé pour des nobles, pour la reine mère d'Angleterre, ce qui est incroyable. Tu es allé à San Francisco, il me semble, etc. Mais avant qu'on arrive à ça, j'aimerais qu'on revienne au commencement. Tu viens de Villepinte.
- Speaker #3
Je suis né à Villepinte, c'est l'hôpital. J'ai grandi à Tremblay en France.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #3
Alors, sur Tremblay en France, on avait eu la chance d'avoir... C'est une ville très sportive. Donc, il y a beaucoup, on appelait ça à l'époque les grands frères. Donc, c'était des personnes, des citoyens qui n'étaient pas payés pour s'occuper de nous. Donc, il y avait ce respect vraiment qui était vraiment au-dessus. Ils venaient en bleu de travail, il y a le marchand de glace, ils achetaient des glaces à tout le monde. Ils n'étaient pas obligés. Donc, il y avait ce respect vraiment qui était au-dessus. Donc, il reste toujours dans le partage. C'est ce que j'ai vu. C'est ce que j'essaie d'appliquer aujourd'hui. Lorsque je reviens aujourd'hui, on en a fait un métier. Grand frère, aujourd'hui, on en a fait un métier. Donc, les métiers, c'est ce qu'on demande, c'est des résultats. Mais au-delà de ça, ce qu'on demande, enfin, les jeunes, lorsqu'ils parlent, à ces médiateurs aujourd'hui, on va les appeler comme ça, la plupart disent... T'es payé pour ça, en fait. Alors qu'avant, c'était pas le cas. Avant, c'était vraiment, ils venaient, c'était une action vraiment de bonté. Et aujourd'hui, c'est différent, aujourd'hui. Et moi, je suis parti à 17 ans. À 17 ans, je suis parti. Je commençais à Arras. À Arras, il y avait une sorte de boulangerie qui était agriculteur. Donc, ils faisaient pousser leur blé. C'est ce que je fais maintenant dans le sud. Et du coup, ils avaient leur moulin, tout ça, on faisait notre pain de la base. Lorsque j'ai eu 18 ans, c'est là que j'ai commencé à voyager.
- Speaker #0
Comment t'es passé de trembler avec les grands frères, etc. Juste sur ce point, parce que là, tu trouvais un point qui est très important, qui est que les grands frères, avant, le faisaient par bonté. Donc, du coup, peut-être étaient beaucoup plus crédibles.
- Speaker #3
Oui, on peut appeler ça comme ça.
- Speaker #0
Et comment tu passes de deux environnements, de deux mondes qui sont complètement différents, Et tu te dis... je vais aller à la campagne pour aller travailler le blé.
- Speaker #3
Alors, en fait, j'avais un père qui était boueur. Donc, il a travaillé à la mairie de Paris pendant 42 ans, exactement. Et chaque année, il avait des coupons pour aller au salon de l'agriculture.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #3
Donc, c'est comme ça que j'ai découvert où pousser les tomates et tout ça. C'est là où j'ai découvert. J'ai vu qu'il y avait un autre monde. On parle d'île de France, mais l'île de France, c'est comme une prison. On est sur une île. Beaucoup de gens ont du mal à partir parce qu'après cette île, il n'y a que des champs. Tout autour, il n'y a que des champs. Et les gens, c'est l'impression, commencent à bouger, à partir, et se disent « il n'y a plus rien après, on revient » . Beaucoup de gens restent dans ce milieu-là. Donc moi, ce que j'ai voulu découvrir sur les différentes étapes, lorsque j'ai vu que... il y avait un autre monde, le monde des agriculteurs, j'ai voulu connaître de plus près. Et comme j'étais intéressé aussi à la boulangerie-pâtisserie, je me suis dit que j'allais, en assemblant les deux, pouvoir faire quelque chose en découvrant autre chose.
- Speaker #0
Et donc, tu décides de partir. Tu m'as dit quelque chose de très précieux, c'est que tu as décidé d'aller où personne ne voulait aller.
- Speaker #3
Oui, ça j'aime bien. Ça, c'est quelque chose que j'aime bien parce que j'ai toujours été différent. Tout le monde a fait du foot autour de moi, du basket. Moi, j'ai fait du skate. Après, j'ai fait du surf. Après, j'ai...
- Speaker #0
La boxe aussi.
- Speaker #3
Oui. Alors, la boxe, c'était différent. C'était que lorsque je partais à l'étranger, les sports collectifs, c'était plus possible. Donc, il fallait un sport qui était plus personnel, on va dire ça comme ça.
- Speaker #0
Et donc, tu te retrouves à Arras. Comment tu trouves ta place ?
- Speaker #3
Alors, la place, en fait... d'un boulanger, c'est les gens qui trouvent la place à côté de nous. Un village sans boulangerie, ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Mais tu révèles quelque chose de très important, c'est que tu as dit tout à l'heure, l'Ile-de-France, c'est comme une prison et on a du mal à partir. Et d'habitude, on se dit, les jeunes, c'est plutôt les jeunes qui viennent sur Paris pour venir chercher du travail ou chercher un réseau ou chercher une école. Et on ne fait pas l'inverse, en tout cas.
- Speaker #3
J'accueille beaucoup de jeunes. de la région parisienne et de grandes villes, lorsqu'ils viennent en zone rurale, ils sont assez surpris. C'est-à-dire ici, tout est payant. On veut du verre, on veut de l'eau. Les choses naturelles sont payantes. Par contre, tout ce qui est... Moi, je me voyais quand j'étais plus petit à Tremblay en France, tout ce qui était gymnase, tout ce qui était piscine et tout ça, par le biais des centres sociaux. étaient gratuits. Comme ça devient trop la routine, beaucoup de jeunes veulent voir aussi autre chose. Parce qu'ils sont émerveillés, en fait, par la nature. Le fait de voir l'horizon, juste ça, le fait de voir l'horizon, ça permet de se projeter. Il y a beaucoup de gens, lorsqu'ils réfléchissent, on appelle ça, en termes, pour mettre dans une case, résidence d'artiste, beaucoup de gens vont dans des lieux un peu plus reculés. pour pouvoir écrire, pour pouvoir être plus créatif.
- Speaker #0
D'avoir un esprit plus libre aussi, plus apaisé.
- Speaker #3
Oui, généralement, c'est ça. Mais si on veut voir la nature ici, je parle dans les grandes villes, il faut lever la tête. On ne voit que le ciel et c'est très dur de se projeter. On a l'impression d'être enfermé dehors. Enfin, c'est ce que je ressens. Non,
- Speaker #0
mais c'est intéressant ce point de vue parce que toi qui as fait le tour du monde, Tu reviens à la nature et tu reviens dans un milieu qui est... qui est très calme et où il n'y a pas beaucoup de mouvement, etc. Alors que tu as été dans plusieurs lieux où je pense que tu as vécu des vrais rushs.
- Speaker #3
Plus il y a de monde, moins on connaît de monde dans les différentes villes et tout ça. Plus la ville est grande et moins on connaît les gens. Lorsque vous êtes en zone rurale ou vous êtes en train de vous balader dans une forêt, peu importe laquelle, et vous croisez une personne, vous arrêtez de vous parler.
- Speaker #0
On est rurale. La relation se fabrique plus facilement.
- Speaker #3
Elle est plus simple et plus... On partage les mêmes choses. C'est la nature. Donc on se donne aussi des petits coins. Aller plutôt là-bas. Là-bas, j'ai vu, c'est joli. C'est plus simple. Et j'aime ce côté-là, mais c'est venu avec le temps.
- Speaker #0
C'est parce que tu as connu aussi les grandes villes, tu as connu les grandes sphères, peut-être la grande noblesse, tout le contraire, que tu t'es rendu à ça ?
- Speaker #3
Partout où j'étais, je gardais contact. Ma ville natale et tout ça, je gardais contact avec les amis, les camarades de classe et tout ça. Après, j'ai travaillé pour la Jet Set, j'ai travaillé pour MTV Award. Je les suivais, je faisais souvent. Il y a quelque chose qu'on a, je parle dans les quartiers, dans les quartiers, il y a quelque chose qu'on a qu'ils n'ont pas. Alors, lorsque vous voyez généralement des artistes... qui sont tout en haut, parce que ce sont généralement des étoiles, mais des étoiles filantes. Lorsqu'ils sont en haut, il y a cette attraction, beaucoup de gens qui sont autour d'eux. Et quand ils arrêtent de briller, il n'y a plus personne. Et quand il n'y a plus personne, mais vraiment plus personne, c'est très difficile. Dans les quartiers, il y a ce soutien, en fait, qui est continuel. Ce côté-là, ils ne l'ont pas. Et quand je suis dans... Dans ce milieu, les premières questions qu'ils me posent, c'est ça. Ils me posent la question, mais comment ça se passe ? Mais avec les gens autour, comment vous vous organisez ? Ils n'arrivent pas à concevoir qu'on arrive à donner du crédit. On arrive à ouvrir son cœur à quelqu'un qui n'a pas d'âge. Ils ont du mal.
- Speaker #0
Dans les quartiers, on pourrait dire qu'il y a plus d'amour inconditionnel. Quand une star, on l'aime parce qu'elle chante bien ou parce qu'elle a fait un bon film.
- Speaker #3
C'est très, très dur. Donc, ils ont tout gratuit, tout est ouvert et tout ça, il n'y a pas de souci. Jusqu'au jour où ça commence à redescendre un petit peu. Ils n'ont pas ce côté qu'on a. Moi, aujourd'hui, j'arrive à accueillir des jeunes d'un peu partout.
- Speaker #0
Si on repart un peu de ton parcours, tu parasses. Après, tu... Tu pars à Monaco. Alors,
- Speaker #3
j'ai fait Monaco. Après, j'ai fait Meugeve directement. J'ai fait Tunisie à ma maître-soud. J'ai travaillé un peu en Égypte. Ensuite, je suis descendu en Espagne. Je suis remonté en Suède.
- Speaker #0
Après,
- Speaker #3
c'était San Francisco. J'ai fait Argentine, Mexico, une école d'Ukass. J'ai travaillé là-bas en tant que prof. Ensuite, j'ai fait la Norvège. Je fais aussi.
- Speaker #0
T'as 15 000 vies, non ? Je te l'ai pas laissé finir,
- Speaker #3
désolé. Non, non, j'en ai fait. Je suis quelqu'un qui ne dort pas vraiment, pas beaucoup. Je ne dors pas beaucoup. J'arrive à... J'ai toujours eu deux travails. Deux travails minimum. C'est-à-dire que j'avais... Par exemple, à Monaco. Monaco, avec un travail, c'est pas possible. C'est juste pas possible. Donc, je travaillais à l'épidore. C'était la seule boulangerie, d'ailleurs, pâtisserie. Je travaillais là-bas et à côté, je travaillais chez une personne qui s'appelait Didier. Sa brasserie s'appelait Le Marathon. C'était une personne qui faisait des marathons partout dans le monde. Et j'ai commencé à courir, à faire du footing avec lui. Il m'a donné goût un petit peu, parce que le fait de travailler de boulot, on se dit qu'on n'a pas le temps pour faire du sport. Mais il m'a donné ce goût de courir. Il avait 75 ans.
- Speaker #0
Le sport, ça a toujours été...
- Speaker #3
Oui, toujours. On en a vraiment besoin. Ça permet, parce qu'il y a le mental à travailler aussi. Pour moi, le mental, c'est le plus important dans tout projet. Lorsqu'on va dans un environnement nouveau, on donne beaucoup d'énergie. Et cette énergie, normalement, il vaut mieux préparer son corps et son esprit à affronter, parce qu'il y a beaucoup de coups bas, en fait. Il y a beaucoup de choses qui vont vous donner envie de baisser les bras. Le sport permet de continuer à avancer.
- Speaker #0
Et se recentrer peut-être aussi.
- Speaker #3
Alors se recentrer, c'est à côté. Mais le fait de se surpasser, moi j'essaie de... me surpasser, mais sans dépasser l'autre.
- Speaker #0
Oui, ça, c'est quelque chose qui m'a marquée. Tu l'as dit plusieurs fois, se surpasser sans dépasser. Ça veut dire quoi pour toi, ça ?
- Speaker #3
Lorsqu'on travaille dans un village ou lorsqu'on travaille peu importe l'endroit, on vient avec des compétences.
- Speaker #0
Pourtant, tu as évolué dans des environnements très compétitifs.
- Speaker #3
Alors, pas forcément, puisque moi, je n'étais pas en compétition. Moi, je n'étais pas en compétition, mais j'avais le physique pour le faire. Il y en a d'autres qui prennent des produits. Tout, c'est un peu... Le monde de jet-set, tout, c'est un peu compliqué. Mais moi, j'avais le physique. Parce que je faisais mon sport et tout ça. Ça, je dis que c'est très important. Et le fait de faire son sport, il y a... Comment dire ? Physiquement et mentalement, tout est plus facile, en fait. Tout est plus facile. On acquiesce les choses plus facilement. On dort mieux. Voilà. C'est plus simple. Mais dans les villages, par exemple, je parlais des boulangeries, tout ça, il y en a très peu. Là, vous avez vu, dans tous les endroits, il y a beaucoup de choses qui ferment. Lorsque vous venez avec des compétences, vous pouvez écraser tout le monde, mais vous avez le choix. Donc moi, je vais dans un endroit, j'ai le choix entre construire ou détruire. Donc le plus important, en fait, c'est de travailler en collaboration avec tout le monde. Ça, c'est quelque chose que je repris qu'ensemble, on est juste plus fort, en fait. Mais beaucoup de gens disent, dans le business, il y a beaucoup de requins. On parle de ça, en fait. C'est manger ou être mangé. Ça, moi, je n'y arrive pas trop. Alors, peut-être que j'ai changé.
- Speaker #0
Oui, c'est ma question. Est-ce que tu as abordé ton parcours comme ça ?
- Speaker #3
Alors, non. Quand j'ai commencé, en fait, je suivais. Je suivais. Il y avait, par exemple, une entreprise que je trouvais très bonne dans un domaine. que... J'y allais, dans cette entreprise, mais que pour apprendre cet objectif. C'est tout. Je venais que pour ça. Donc, une fois que j'arrivais, je maîtrisais. J'ai dit, écoutez, je vais partir. Je vais partir. Pourtant, j'étais bien payé. Ils disaient, mais on peut te payer plus si tu veux, tout ça. Mais ce n'était pas mon objectif, en fait. Ce n'était pas ça, mon objectif. Et c'est ça qui m'a permis de bouger énormément. C'était l'apprentissage. Et là, aujourd'hui, je suis sur la transmission. Au début, c'était très difficile. Je ne sais pas, dans les années 95, c'était assez difficile parce que tout ce qui était dans l'artisanat, c'était de père en fils. Donc, quelqu'un comme moi qui sort du quartier, de la cité, il était très compliqué de trouver sa place. Très compliqué.
- Speaker #0
Comment t'as fait pour... Créer un réseau,
- Speaker #3
garder le lien. Je vais me définir comme ça. Je suis une personne plaisante avec qui on peut travailler, en fait.
- Speaker #0
Oui, agréable.
- Speaker #3
Agréable, on va dire. Beaucoup de gens ne se sentent pas bien parce que physiquement, le corps ne tient plus. Il y en a beaucoup qui sont malheureusement en burn-out aussi. Il y a beaucoup de burn-out dans ces métiers-là. Ce n'est vraiment pas facile comme métier. Il faut l'aimer.
- Speaker #0
C'est un métier exigeant.
- Speaker #3
En fait, ce sont les clients qui sont exigeants. Après, c'est à nous de décider notre exigence. C'est-à-dire que moi, je travaille, j'ouvre samedi matin, dimanche matin. Je n'ouvre pas plus. Mais certains clients exigent que j'ouvre plus. Ça va être bon. Moi, je dis, c'est tel jour, donc les gens prennent un peu plus pour la semaine, mais je ne veux pas faire plus. Quand on revient ici, dans les grandes villes, Mais le problème, c'est qu'en mode compétitif, on est obligé de faire plus, plus que l'autre, ainsi de suite. Et ça, je ne rentre pas là-dedans. J'essaie de ne pas rentrer là-dedans.
- Speaker #0
C'est difficile quand même de ne pas rentrer là-dedans, de ne pas faire plus.
- Speaker #3
Généralement, ceux qui font plus, c'est ceux qui se perdent. C'est-à-dire, on voit que les choses, les bases ne fonctionnent pas très bien. Je vais faire comme lui parce que lui, ça a l'air de marcher. Je vais faire comme l'autre. Ainsi de suite. Et c'est là qu'on se perd en fait.
- Speaker #0
Ton conseil, ce serait plutôt de garder une ligne de conduite et d'y aller à fond ?
- Speaker #3
Pas forcément à fond, juste prendre plaisir. L'entreprise que j'ai de pâtisserie, boulangerie, pâtisserie, c'est juste un moyen de rassembler. À partir du moment où vous arrivez à rassembler du monde et avoir cette confiance de dire nos produits sont 100% ici bio, local. Lorsqu'ils arrivent à avoir cette confiance, après vous pouvez vendre ce que vous voulez en fait. Ce n'est pas vraiment un souci.
- Speaker #0
Comment tu as vécu ta vingtaine avec tous ces voyages ?
- Speaker #3
Je ne dors pas beaucoup, comme je l'ai dit.
- Speaker #0
Tu dors combien d'heures par nuit ?
- Speaker #3
Je récupère très vite, on va dire ça comme ça, mais c'est trois heures, trois, quatre heures.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord.
- Speaker #3
Trois, quatre heures.
- Speaker #0
Est-ce qu'il faut ça pour travailler beaucoup ? Non.
- Speaker #3
Ce n'est pas vraiment travailler beaucoup, je récupérais très vite et je vivais mes rêves. Voilà, j'avais envie de... Je n'avais pas le temps de rêver. Je faisais ce que vraiment j'avais envie de faire, en fait.
- Speaker #0
Et ton rêve, concrètement, c'était quoi ?
- Speaker #3
Il y a des jours dans la tête, alors mon rêve, je ne sais même pas.
- Speaker #0
C'était le meilleur pâtissier ?
- Speaker #3
Non, même pas, parce que le meilleur pâtissier, il n'y a pas de meilleur pâtissier noir, ça n'existait pas. Donc, on n'était pas dedans. Je voulais apprendre le plus possible, voilà. C'était au max. Et des fois, il y avait des produits, je ne savais pas trop d'où ils sortaient, comment ils étaient faits. Et du coup, je partais dans ce pays pour pouvoir l'apprendre. Voilà, mais... Du jour au lendemain, c'était du jour au lendemain. Je ne cherchais pas à préparer. Je ne cherchais pas à préparer. Il m'est arrivé de prendre mon sac. Je me suis dit, je veux apprendre à faire ça. Et puis, je prenais le premier avion. J'arrivais sur place et je faisais ce que j'avais à faire.
- Speaker #0
Donc ça va, tu l'as bien vécu ta vingtaine. Tu l'as vécu avec aventure.
- Speaker #3
Oui, avec aventure. Alors, même pas une aventure. C'est quelque chose où on a l'appréhension, un peu de peur. Non, je n'avais pas assez de peur. Je n'avais pas vraiment de peur. pas d'appréhension, c'est toujours des nouvelles rencontres. C'est plus la rencontre de l'humain que le métier en lui-même.
- Speaker #0
Ce que je trouve impressionnant, c'est que tu es légitime en tout.
- Speaker #3
Là,
- Speaker #0
tu nous parles et en fait, comme tu dis, tu n'as pas de peur, tu n'as pas d'appréhension. Tu as cette légitimité en toi. Je ne sais pas d'où elle vient, tu me diras. Mais parfois, je rencontre des jeunes qui se posent beaucoup de questions. qui se disent, oui, je ne sais pas si je suis capable, si je suis... Et je pense que toi aussi. Et c'est pour ça que tu dis que le mental, c'est le plus important et c'est absolument vrai parce que c'est les premières étapes. C'est la base de la montagne. Après, je ne sais pas si c'est plus facile de grimper, mais en tout cas, c'est le plus gros, c'est le plus dur. Toi, j'ai l'impression que tu es légitimement tout. Tu as fait le tour du monde, tu as travaillé pour des gens où on peut se sentir plus inférieure parfois. J'ai l'impression que ça a été ton cas. Et puis après... Tu reviens pour transmettre, tu construis un lieu absolument formidable où tu aides des jeunes sur la boxe et sur la pâtisserie. Et là, tu viens de créer un festival de l'humour. Donc, pas du tout dans ton scope de compétences, on va dire. Et pour autant, tu es complètement légitime sur tout. Et tu te poses, comme tu dis là, je ne me pose pas 15 000 questions.
- Speaker #3
J'ai grandi comme ça. J'ai fait beaucoup de sports extrêmes. ces sports extrêmes, ce... permet, enfin, vous pousse, en fait, à donner le meilleur et à prendre plus de risques. Et on devient, entre parenthèses, insensible à ces risques, par rapport au sport extrême, je parle. Si vous regardez bien, beaucoup de grands businessmen, ils font beaucoup de sport extrême, la plupart. Après, pour revenir pour la confiance, c'est l'école. L'école, en fait, quand je parle de mental, Il y a des personnes qui vont à l'école, qui se donnent les moyens, qui ne dorment pas comme moi je ne dors pas. Ils ne dormaient pas pour leurs études avec des mauvais résultats. Là, c'est là où on a un coup sur la confiance. Mais je parle de l'école française. Et c'est pour ça qu'il y en a beaucoup qui ont peur en fait. Ils ont peur de l'échec. Et cet échec, ailleurs, il n'existe pas en fait. Je parle anglo-saxon, tout ça. Elle n'existe pas. Et c'est pour ça que beaucoup de gens font ce qu'ils ont envie de faire. Mais nous, ici en France, la légitimité, comme vous parliez tout à l'heure, on parle de diplôme. Le diplôme est qui on est ici en France. Et en fait, on est qui on a envie d'être. En fait, c'est ça qu'il faut se répéter. Et c'est là où le mental vient devant. Devant l'ensemble de...
- Speaker #0
C'est de mettre en priorité, en tout cas, ce que j'ai envie d'être. C'est le être avant le avoir.
- Speaker #3
Oui. Alors, pourquoi je vous dis ça ? Parce que je fais la gymnastique sur chaise pour les mamies et tout ça. Lorsque je les entends parler, aujourd'hui, ils veulent se poser et tout ça. Donc, ils ont eu leur carrière et tout ça pour certains hauts fonctionnaires et tout ça. Aujourd'hui, ils disent qu'ils ne sont plus personnes. Parce qu'ils étaient ceux qui faisaient. C'est là où il y a un danger, en fait. C'est là où il y a danger. Et je dis non mais vous pouvez toujours continuer à faire. C'est pour ça que je prépare un café solidaire pour qu'ils puissent se rassembler et continuer à... À échanger, en fait. Et lorsqu'on termine les cours, je leur fais taper sur la main et chacun doit dire son prénom. Il y a aussi des veuves qui ont oublié comment elles s'appelaient. Parce que c'était Madame... Elle n'a plus le nom de jeune fille. Elle s'oublie, en fait. Beaucoup de personnes s'oublient parce qu'ils sont axés sur leur diplôme.
- Speaker #0
Leur identité, elle est sur leur diplôme, sur leur fonction, sur leur possession, parfois, sur des choses comme ça. Et pas sur leur être profond.
- Speaker #3
C'est ça.
- Speaker #0
Qu'est-ce que je suis ? Clairement, mes qualités, mes valeurs. Et c'est ça, peut-être qu'il faut travailler.
- Speaker #3
C'est ça qu'il faut travailler parce que les retraités disent « Mais maintenant, je veux profiter, je veux voyager et tout ça. » Parce qu'ils ont passé cette étape. Mais plus jeune, il faut essayer de... Il y a l'expérience quand même, mais il faut essayer de le passer avant une carrière, en fait. Une carrière, pour certains, qui était... emprisonnés et qui se disent on ne peut pas faire autre chose parce qu'on ne sait faire que ça. Il faut juste faire attention à ça et c'est ça qui permet d'avoir un objectif qui est plus lointain.
- Speaker #0
C'est comme ça que tu le... Là, tu me prends l'exemple des papillons. C'est comme ça que tu le fais aussi pour les jeunes. C'est à travers des échanges.
- Speaker #3
Oui, parce que lorsque... Je donne un exemple. Si vous parlez avec quelqu'un et la personne va vous dire, je ne sais pas, moi je ne travaille pas, j'ai... Pourquoi tu ne fais pas ça ? Moi, je ne sais rien faire, je n'ai pas de diplôme. C'est la première chose qu'il vous dit. Je ne sais rien faire, je n'ai pas de diplôme. Et c'est le diplôme qui va dire si oui ou non, ils savent faire quelque chose.
- Speaker #0
S'ils sont capables ou pas.
- Speaker #3
Voilà. Et ça, des fois, c'est ça qui est dangereux. Parce que la plupart des gens, je parle à l'étranger, qui ont fait des grands business, ils ont fait quelque chose de grand, mais la plupart n'ont pas de diplôme. La plupart. Mais ici... Les gens ont peur des échecs par rapport à l'école et au diplôme. Il y a cette éducation qui est financière, parce qu'on a aussi ce problème-là. Éducation financière, moi je parle en tant que fils d'immigré. Donc, si tu veux réussir, il faut que tu travailles bien à l'école.
- Speaker #0
Tu as des cases à coucher.
- Speaker #3
Certaines personnes, ça les touche, parce que c'est des gens très proches qui soufflent ça à l'oreille. Et des fois, dans le mental. Parce que du coup, elle est cassée aussi par les proches. Oui,
- Speaker #0
ne soit pas trop ambitieux parce que nous, c'est comme ça aussi.
- Speaker #3
Aussi, mais c'est une éducation. C'est une éducation. C'est pour ça qu'on parle de mentorat. C'est le fait de partir dans plein de pays, tout ça, et avoir des pères spirituels un peu partout. Ça permet de voir autre chose. Mais pour les plus grands business que j'ai vus, c'était les femmes. Parce que les plus grosses, c'était les femmes. Et pourquoi ? parce que lorsque c'est un homme, il va essayer d'écraser tout le monde. Il ne va pas rassembler. Un homme, il va avoir des associés. Une femme va avoir des partenaires. Et c'est la différence que j'ai, moi, lorsque je travaille un peu partout, lorsque je travaille pour une femme et qu'après je pars et que je reviens, je vois que c'est un empire après. Après, ça devient un empire. Mais un homme, il s'est fâché avec l'un, avec l'autre et cassé de l'intérieur.
- Speaker #0
C'est vraiment créer de la cohésion, créer de l'engagement. Oui. C'est quelque chose qui est basé sur de l'être, en tout cas. de l'être, ses principes, ses valeurs, etc. pour créer quelque chose de grand. Toi, où se tient ton ambition ?
- Speaker #3
L'ambition, en fait, dans tout ce que je fais, c'est autour des gens. Je veux juste que les gens se sentent bien autour de moi. Si les gens se sentent bien autour de moi, moi, je vais me sentir bien. Si les gens se sentent bien, j'ai un business, ils vont venir acheter parce qu'ils vont se sentir bien. Et tout le monde est bien, en fait. Quand je suis dans un endroit, je veux que les gens se sentent bien. pour aussi me sentir bien. Voilà. Mon ambition est là. On va dire ça comme ça.
- Speaker #0
Tu travailles avec, entre guillemets, la Gen Z.
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #0
Et on a plein d'eux a priori en ce moment sur la Gen Z qui ne veulent pas travailler, etc. Toi qui es au contact d'eux et qui les aides au quotidien, qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #3
Ils travaillent, mais différemment. On est dans une autre génération. Donc, c'est beaucoup les réseaux sociaux, c'est beaucoup l'informatique. Ils sont beaucoup là-dessus. Ils s'y connaissent mieux que nous. C'est des outils qui peuvent être mal interprétés ou faire du bien ou du mal avec. Là, si on est d'accord. Par contre, ils ont besoin d'exemples. Ce qui est difficile, c'est de voir une personne qui travaille jour et nuit. Je reviens dans les quartiers, donc cités dortoirs, où autour il y a des usines, il y a des aéroports et tout ça. Donc, ils sont dans un endroit. cités dortoirs, ou leur destinée, où ils se voient pas faire plus que leurs parents.
- Speaker #0
autour d'eux. Il y a ce plafond de verre qui est très difficile.
- Speaker #1
Il est très bas.
- Speaker #0
Et qu'on le met très bas.
- Speaker #1
C'est nous-mêmes qu'on le met très bas. Avec nos croyances.
- Speaker #0
Oui, mais c'est très difficile à passer outre. Moi, ce que je leur dis tout le temps, je leur pose la question déjà, qu'est-ce qu'ils veulent faire ? Comme je connais du monde, j'ai un grand réseau, ils me disent, moi, j'aimerais bien aller à tel endroit, parce que j'aimerais faire ça. Il n'y a pas de souci. À partir de ce moment-là, je les forme. Après, je crois qu'il y en a trois qu'on a envoyées à Miami. On les a envoyées là-bas, mais on les a formées juste...
- Speaker #1
C'est dingue ça de passer des événements de Miami. Juste parenthèse.
- Speaker #0
En fait, le monde, il est petit. Enfin, quand on fait le tour, le monde est petit. Il est petit, le monde. Mais des fois, on pense que les choses sont tellement loin, tellement grandes à gravir. Pour moi, c'est ça. Alors du coup, des fois, je les accompagne pour montrer que c'est simple. Je suis obligé de les accompagner des fois. Ils sont pour moi une génération qui ne... Ils ne veulent pas produire ce que nous, on a produit. J'explique. À l'époque, il y avait beaucoup de chanteurs, même des boxeurs. Il y avait des footballeurs, basketteurs. C'était ça. On était là-dessus. Aujourd'hui, si vous regardez bien, il y a énormément... de gènesens issus de l'immigration, qui commencent à entreprendre. Ils commencent à entreprendre aujourd'hui. On voit aussi qu'il y a, politiquement, il y a aussi des changements. Donc, ils voient autre chose, en fait. Ils arrivent à voir autre chose. Et quand nous, on leur dit ce que nous, on nous a mis dans la tête, il faut aller à l'école, il faut faire ça, il faut... Ils disent non, il y a d'autres chemins. Mais ces chemins, nous, on ne les a pas pris. Donc, des fois, il faut les laisser faire, même si des fois, ils pourraient se perdre. Mais ils ont confiance en leur instinct. Et nous, ce plafond, on le descend encore plus bas, ce plafond de verre. Pour la prochaine génération, on le descend encore plus bas. Voilà, ça, c'est difficile. Mais la plupart, lorsqu'ils viennent chez moi, pendant que je travaille la nuit. Ils viennent, ils discutent avec moi. Et puis, ils me disent, non, mais c'est possible et tout ça. Mais comment t'as fait ? Et là, on arrive à discuter. On arrive à leur donner un accompagnement. Peu importe le pays, peu importe...
- Speaker #1
Une écoute.
- Speaker #0
Une écoute, surtout. Et puis après, à partir de là, on arrive à des résultats, on va dire, à leur attente. À leur attente à eux.
- Speaker #1
À leur donner des étoiles dans les yeux aussi.
- Speaker #0
Oui, surtout. Après,
- Speaker #1
oui. Comme je t'ai dit tout à l'heure, pour moi, Débrouille, tu la gardes très, très bien.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Alors toi, c'est quoi exactement ? C'est de la survie ? C'est de l'intelligence ? C'est de l'instinct, comme tu viens de le dire ? Ou comment tu le définirais avec tes propres mots ?
- Speaker #0
Je veux dire, par rapport à moi, qui je suis, qui j'arrive à me situer, je veux dire, je suis entrepreneur social. Je ne sais pas si c'est la bonne réponse. Je ne sais pas si c'est la bonne réponse.
- Speaker #1
Du coup, se débrouiller, c'est être entrepreneur social ? C'est entreprendre sa vie et en même temps être social en rassemblant ?
- Speaker #0
Oui, parce que la débrouille, c'est toujours avec les autres. C'est jamais seul. Quand je dis débrouille sociale, c'est un écosystème. C'est un écosystème. On a tous quelque chose dans la tête. On va tous émerger. On est des graines qui vont se planter un peu partout, mais on va s'adapter à côté de mauvaises plantes, à côté de mauvaises graines. Peu importe, mais on va s'adapter. Et le social, c'est ça, en fait. On ne met pas les mauvaises herbes d'un côté et les belles fleurs de l'autre. On essaie d'être tous ensemble et se partager les nutriments et puis être ensemble. ensemble en harmonie, on va dire ça comme ça.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu dirais à un jeune, parce qu'aujourd'hui, on est à l'ère de l'IA, et du coup, ta fonction, elle est beaucoup plus en vogue, je dirais, parce que ce n'est pas quelque chose qu'on peut remplacer par l'IA. En tout cas, si demain, une IA fait des gâteaux, ça ne va pas... Ce sera lointain. Qu'est-ce que tu dirais à un jeune qui veut aller sur cette voie-là, qui veut aller sur ces aventures-là ?
- Speaker #0
Alors, métier pâtissier, c'est vraiment les gens qui reviennent à la Terre.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Sont le principal. Après, tout ce qui est autour, parce que les jeunes qui sont beaucoup sur l'IA, parce que moi, c'est ce qu'on me propose. L'IA, en fait, est omniprésent dans ces métiers-là. Je vous donne un exemple, par exemple, pour les glaces. Les glaces, normalement, la glace est équilibrée. Une glace est équilibrée. Ce sont des calculs à faire. C'est-à-dire, lorsque vous faites, par exemple, une glace chocolat et une glace vanille, cette glace chocolat, lorsque vous prenez votre cuillère à glace, Il faut qu'elle ait la même onctuosité que celle de vanille.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Voilà. Sur la même température. Mais ça, c'est un calcul à faire. Donc, généralement, c'est liable. Parce que du coup, il y a des matières sèches dedans. Chocolat, il y a plus de...
- Speaker #1
Il y a des matières dedans, du coup.
- Speaker #0
Oui, beaucoup, beaucoup. Il y a plusieurs applications IA qui permettent de mesurer tout ça. Et tout ça, ça se calcule. Donc, c'est pour ça que ce que je dis, en fait, c'est qu'au-delà de ça, effectivement, c'est un métier difficile. La pâtisserie, la boulangerie, chocolaterie, confiseur, c'est difficile. Mais il y a d'autres options pour pouvoir l'intégrer avec l'IA, mais sans travailler. sans travailler dans les laboratoires, je veux dire.
- Speaker #1
D'accord. Je ne savais pas du tout que ces métiers étaient aussi touchés par l'IA. Pour moi, c'est des métiers qui étaient tout à fait à part. Des métiers très artisanaux, enfin, qui restent artisanaux, mais qui ne sont pas touchés par la technologie, en tout cas.
- Speaker #0
Alors, la technologie, pour commencer, la toute première, par rapport à la glace, il y a Margaret Thatcher, qu'on appelait dame de fer. Mais avant d'être dame de fer, elle était dame de l'air. D'accord. C'est-à-dire, elle inventait le système. pour incorporer de l'air dans la glace. C'était son premier métier. D'accord. Ça a été ça. Elle était glaciaire sans pratiquer le métier de glacier. Voilà. C'est pour ça qu'on parle de technologie et tout ça, mais il y aura besoin, en fait, de tout ça. On en aura besoin. Mais voilà, le message que j'ai à passer aux jeunes, même s'ils ne sont pas vraiment physiquement prêts à faire ce métier. intellectuellement, ils peuvent l'intégrer par un autre biais.
- Speaker #1
La dernière question que j'aimerais te poser avant ma petite tradition, c'est Khalid, si tu devais résumer tout ton parcours en une seule pâtisserie, ça serait laquelle ? Et pourquoi ?
- Speaker #0
Je vais faire simple, je vais une pomme rôti. Pomme rôti, avec un peu de beurre dessus, qui représente le monde et la simplicité. Les pommes, il y en a partout dans chaque pays. Chacun a sa sorte de pomme. Un peu de beurre, c'est les racines de harasse avec l'hormon magie et le beurre. Simple et efficace.
- Speaker #1
Et goûteux. Et du coup, là, c'est les trois dernières questions du podcast. Pour toi, qu'est-ce que c'est être adulte ?
- Speaker #0
Adulte, c'est refuser d'être rêveur. C'est être adulte. et la deuxième c'est être adulte c'est la peur de l'inconnu.
- Speaker #1
Et est-ce que tu te sens adulte ? Non, je pense pas. Non ?
- Speaker #0
Non, du tout. Non, je... Non, parce que lorsqu'on est jeune, lorsqu'on est enfant, on apprend et j'ai toujours envie d'apprendre.
- Speaker #1
D'accord, ça fait partie de toutes tes journées d'apprendre. À quel moment tu t'es senti adulte ? Est-ce que c'est à race ? Quel moment tu t'es dit « je suis un adulte » ?
- Speaker #0
Pour beaucoup, c'est quand ils ont leur permis. Beaucoup, ils ont 18 ans, tout ça, mais moi, en étant Être responsable d'autrui, d'autres personnes.
- Speaker #1
D'accord. Est-ce que tu es heureux d'être adulte ?
- Speaker #0
Je suis heureux lorsque ceux dont je suis responsable deviennent eux-mêmes adultes.
- Speaker #1
Et une dernière question pour toi, un dernier tips de la débrouille pour nos éditeurs ?
- Speaker #0
Dernier tips de la débrouille, juste écouter les gens.
- Speaker #1
Je te remercie beaucoup Khalid, merci beaucoup d'avoir parlé justement avec moi. Et merci encore de nous avoir regardé. Merci aux auditeurs de T'inquiète, je me débrouille.
- Speaker #0
Merci, au revoir.