- Speaker #0
Hello, moi c'est Myriam, bienvenue sur le podcast T'inquiète, je me débrouille, où on explore ce moment où l'on découvre les galères de l'âge adulte et qu'on doit les gérer. Toutes les deux semaines, j'échange avec des personnes au parcours réel et aux expertises utiles pour nous donner un autre regard sur cette période de vie floue.
- Speaker #1
Welcome to the real world ! It sucks ! You're gonna love it !
- Speaker #2
Je sais pas quoi faire, j'ai besoin d'un adulte ! Je suis une adulte ! J'ai besoin d'un adulte qui est plus adulte ! Comment on devient adulte ? J'ai l'impression que quand on était enfant, juste on jouait aux adultes et après on s'est pris trop sérieusement au jeu.
- Speaker #3
Faut juste que je trouve un moyen de grandir sans pour autant devenir aussi assommante que les adultes.
- Speaker #4
We're adults, when did that happen and how do we make it stop ?
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur le podcast T'inquiète, je me débrouille. Aujourd'hui, on est avec Atitya Anantarajah. Bienvenue, tu es fondatrice de Citoyens Demain et tu es élue municipale à la ville de Pont-au-Combeau. Bienvenue d'être ici. Donc, je t'ai invitée aujourd'hui pour enfin comprendre ce que c'est être citoyen, être un citoyen adulte, ce qui plus est, ce qu'on peut comprendre. et un peu comprendre ce que c'est un peu la citoyenneté. Alors aujourd'hui, la citoyenneté, on peut dire que c'est un mot dont on s'en soit parlé. En revanche, on ne sait pas trop ce que ça veut dire. Donc aujourd'hui,
- Speaker #5
tu vas nous aider à comprendre et à avoir les clés de ce que ça veut dire. Je t'ai entendu dire à plusieurs reprises que tu étais une mini-adulte. Qu'est-ce que ça veut dire pour toi ? Bonjour, merci Myriam de nous accueillir et de nous donner en tout cas cet espace de parole. Donc moi, effectivement, Atitya Antaradja, fondatrice de Citoyens de Demain, une structure d'éducation. à l'engagement et à la citoyenneté. Et également, j'ai des engagements à Porto Combo en tant qu'élue municipale. C'est vrai qu'on me dit souvent « je suis une milieu adulte » , c'est parce que je pense que c'est de par mon âge. Aujourd'hui, j'ai 25 ans. À 25 ans, j'ai déjà fondé une structure, je suis élue municipale. Mon engagement s'est construit dès mon plus jeune âge. Ma mère prenait des cours de français au centre social et culturel de ma ville. Moi, en parallèle, l'aide aux devoirs. Et en fait, c'est dans cette structure associative-là que mon engagement citoyen est né. Et donc, dès l'âge de 11-12 ans, j'avais déjà créé des projets, mené des projets pour les jeunes de ma ville, que ce soit pour repartir en vacances, des actions solidaires, enfin, plusieurs types d'actions. Et c'est pour ça qu'en fait, mon engagement, il a commencé très tôt, très jeune. Et en 2019, le maire m'a proposé d'être sur sa liste électorale. Donc, à l'époque, j'avais... Enfin, c'était en 2020. À l'époque, j'avais 19 ans et je suis arrivée en politique locale à 19 ans. Donc, c'est pour ça qu'on me dit souvent, mais c'est une mini-adulte, hyper tôt. Mais je pense que c'est aussi de par mon parcours de vie. parce que mes parents sont arrivés du Sri Lanka dû à la guerre civile au Sri Lanka et donc ils se sont installés ici. Et j'ai tout de suite traduit les documents, les rendez-vous à la banque, chez le médecin. Et donc j'ai conscientisé la vie, les inégalités hyper tôt. Donc c'est ça qui a fait que mon parcours d'engagement a commencé tôt. Et puis aujourd'hui, je continue en tout cas à m'engager pour les autres et que les autres puissent se sentir légitimes, un citoyen légitime qui a des droits et des devoirs et qui a aussi la possibilité de s'engager.
- Speaker #0
Et est-ce que toutes ces responsabilités que tu as pris en main assez vite, à 6-7 ans, comme tu dis, ça t'a permis de comprendre les inégalités, mais ça t'a permis aussi de gagner en maturité, peut-être ?
- Speaker #5
Oui, énormément. En fait, tu n'as pas le choix. Quand ton contexte familial est ainsi, tu n'as vraiment pas le choix. La maturité, pour moi, ce n'est pas quelque chose que tu acquiers avec le temps, c'est les expériences de la vie, c'est les galères qui font que tu prends en maturité. Et donc, moi, les galères, bon. Elles ont commencé bien trop tôt. Mais c'est ce que je dis toujours, les galères, ça forge. Et finalement, je suis très consciente que je suis devenue mature très tôt. Je suis en paix avec ça. J'ai été une adulte à 6-7 ans. J'ai été une maman à 6-7 ans, 8 ans, 9 ans, 10 ans. Il n'y a pas de souci avec ça. Parce qu'aujourd'hui, quand on regarde mon parcours, c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, je suis cette personne-là aussi.
- Speaker #0
Là, tu parles de ton parcours professionnel. Ton parcours scolaire, est-ce qu'il a été en adéquation ? Comment tu l'as vécu ? Je sais que tu as fait plusieurs années d'études. Tu as fait de grandes études. Tu es allée jusqu'à HEC même. Donc c'est quand même incroyable pour ton âge aussi, 25 ans, de pouvoir avoir tout ce panel d'expérience et de compétences scolaires, etc. Comment tu t'es réussi à aller les deux dans cette posture un peu de débrouillarde ?
- Speaker #5
Ah mais t'inquiète, je me débrouille pas, dédicace au podcast ! Non, pour le coup, de part mon contexte familial et où j'ai grandi, j'ai très vite appris à me débrouiller, à aller chercher les informations, à m'adapter très rapidement parce que le monde dans lequel je vis, c'est-à-dire que chez moi, on parle le tamoul. Donc, à l'école, on parle du français, donc c'est des capacités d'adaptation hyper tôt que j'ai acquis aussi. Et par rapport à mon parcours, moi, j'ai toujours adoré faire des choses pour les gens, faire bouger les lignes, créer des projets. Et donc, ça, c'est quelque chose que j'ai vu à travers mon engagement. Et donc, automatiquement, j'ai fait des études. J'ai fait un DUT carrière sociale pendant deux ans. Et puis après, j'avais cette volonté de continuer les études. Je pense que je comprends. Par anti-migrés, allez-vous ? Oui, ça arrive, allez-y. C'est le goal. Je me suis dit, je ne peux pas m'arrêter à un DUT. J'ai basculé en licence, séance de l'éducation. En tout cas, social, éducation, ce sont des thématiques qui m'intéressent énormément. Après, j'ai continué en master MEF en cadrement éducatif. J'ai exercé la fonction de CPE quelques temps. Après, j'ai dû arrêter mon master pour des problèmes de santé.
- Speaker #0
D'accord, donc ça arrive dans les parcours de vie. C'est vrai.
- Speaker #5
Et puis, j'ai pris le temps de me soigner, etc. Et puis après, rebelote, je me suis dit, ah, j'ai vraiment envie d'impacter positivement la vie des gens. J'ai envie de créer une structure, etc. Il y a des choses qui se passent dans la société. Juste après mon master, j'avais travaillé à l'Observatoire des inégalités aussi. C'est après que j'ai repris mes études à HEC, en entrepreneuriat social. Et voilà d'où le parcours, en fait. Et puis après HEC, j'ai donc fondé à Citoyens de Demain, tout à fait. Donc, mon parcours. et puis après Je dis toujours que mon parcours, finalement, quand on regarde, il n'a pas été linéaire. Des fois, il y a eu des embûches, des difficultés. Puis, t'inquiète, je me débrouille. C'est comment tu fais pour aller de l'avant malgré les difficultés.
- Speaker #0
Comment tu rebondis aussi.
- Speaker #5
Oui, exactement. Et pour le coup, je suis très fière et très contente aujourd'hui de dire, c'est marrant parce que pendant les podcasts, je conscientise mon parcours. Je suis fière en tout cas de ce que je suis aujourd'hui et le parcours que j'ai pu prendre malgré... Encore une fois, je prenais le bus la dernière fois dans ma ville et elle m'a dit mais tu te rends compte, la petite Attitya que tu étais à 7 ans, 8 ans, est-ce qu'on aurait imaginé aujourd'hui que tu es cette personne-là ? Et quand elle m'a dit ça, je me suis dit ah ouais, vraiment, elle a raison. Elle m'a dit mais maintenant, tu es une madame en fait. Ce n'est plus Attitya, c'est madame, une grande dame. Et du coup, c'est là aussi la perception des autres,
- Speaker #0
comment tu grandis avec eux et comment ils doivent grandir aussi.
- Speaker #5
C'est ça, c'est ça. Récemment, même. Un autre jeune que j'ai croisé, il m'a dit « Mais tu te souviens, on t'est grave engagé ensemble et tout. Et aujourd'hui, tu es là, tu prends la parole, tu es une conférencière, tu portes votre voix. » Et je sens qu'ils sont très fiers aussi. Donc, c'est tout un cheminement qui fait qu'aujourd'hui, je suis très fière. Et je pense que je ne dois pas être la seule d'avoir ce parcours-là. Beaucoup. C'est ce que je dis toujours. Souvent, je suis interviewée parce que je suis une jeune élue à 19 ans, etc. Mais en fait, quand on y réfléchit, dans la société dans laquelle on est, je ne dois pas être la seule à faire société. Rien qu'au niveau local, il faut qu'il y ait tout le monde autour de la table. Parents, enfants, jeunes. Oui,
- Speaker #0
il faut un collectif. Parce que ça croit vraiment au collectif. Mais c'est...
- Speaker #5
Ah, mais vraiment, à fond. Parce que je pense que c'est des valeurs qui m'ont été transmises dès l'enfance, de par le contexte d'immigration, dans ma famille. Ma famille proche aussi, on est très, très solidaires. Si il y a une galère, on s'appelle. Vraiment, il y a cette entraide. Et puis, j'ai vraiment trouvé un paradoxe entre la culture d'origine dans laquelle j'ai grandi et la société française. Même s'il y a encore ces valeurs de solidarité là qui sont là, mais c'est différent. Mais pour autant, c'est quelque chose qui me tient à cœur. Et puis, je vois en fait ce que ça donne. En fait, seul, on va toujours plus vite seul, de l'autre côté. On veut en faire un projet, on veut lancer quelque chose. Mais ensemble, quand chacun trouve sa place dans le projet ou quand tout le monde est là, on va toujours plus loin. Et ça, je l'ai toujours vu. Rien qu'un projet au collège quand j'étais au CVC, au Conseil de la vie collégienne. On devait organiser un petit déjeuner le matin pour les gens qui n'avaient pas les moyens, etc. En fait, il faut demander au principal de mobiliser tout le monde. Lui, il connaît telle personne, il connaît tel boulanger. Le boulanger a la possibilité de faire un don. Quand tu mobilises tout le monde,
- Speaker #0
tu construis un projet qui a du sens et qui engage et qui fédère.
- Speaker #5
Exactement, ma passion.
- Speaker #0
Et comment tu es passée de bénéficiaire ? Parce que tu parlais, tu étais dans le soutien scolaire, etc. avec ta maman. Et après, tu es passée à chef de projet au collège assez tôt. Comment tu as fait ce switch entre bénéficiaire et engagement, responsabilité ? De « Allez les gars, on va y aller ! »
- Speaker #5
C'est marrant, parce que cette question-là, je me la suis posée, en fait, comment je suis passée de bénéficiaire à personne qui agit, finalement. En fait, j'ai beaucoup reçu, que ce soit de par ma ville, de par ses dispositifs, les maisons de quartier, les politiques publiques, etc. Et en fait, à un moment, je me dis, moi, j'ai reçu à mon tour de donner, à mon tour de rendre l'appareil. Je pense que... La première fois, ça a été quand je suis devenue administratrice du centre social et culturel dans lequel ma mère prenait des cours de français et moi, les deux devoirs. Et à ce moment-là, je pense que c'est quand j'ai pris une place en tant qu'administratrice où je me suis dit, là, tu as une responsabilité, tu dois donner ton avis, tu dois construire. Et donc, c'est à ce moment-là, je pense que ça s'est déclenché. Donc, je crois que j'avais 15 ans.
- Speaker #0
OK. J'avais 15 ans.
- Speaker #5
Oui, toujours très grosse.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #5
mini-adulte. Merci.
- Speaker #0
J'aurais dit que c'est un peu... Enfants anti-migrés, on est un peu tous des mini-adultes, chacun sur plein de thématiques. Et ça a été construit par les responsabilités qu'on a eues tôt, d'emmener nos parents chez le médecin, de se débrouiller pour aller chercher des informations, etc. Donc on a ce truc, mais tu as réussi à le transformer et à en faire un collectif où tu fédères, où tu vas aller chercher les gens pour aller comprendre comment on peut aider encore plus de gens. Et c'est ça aussi la citoyenneté qu'on a du mal aussi parfois à comprendre.
- Speaker #5
C'est ça, parce que c'est vrai. Aujourd'hui, c'est vrai. La citoyenneté, c'est en fait, quand on regarde, on a des droits, on a des devoirs, aller voter, payer les impôts, etc. Mais au-delà de ça, en quoi moi je suis un citoyen actif ? Qu'est-ce que j'apporte à la société ? Et ça, c'est une question que moi, je me suis toujours posée. Je me suis toujours posée et j'essaie aux autres d'insuffler totalement, que ce soit à travers mes ateliers avec Citoyens de Demain, quand j'interviens auprès des conseils municipaux d'enfants. Alors certes, c'est des enfants, c'est dans les mairies en tout cas, c'est un dispositif pour les enfants qui puissent porter leur voix. Ils sont un mini conseil municipal des enfants et je les forme et je les accompagne. Et la question c'est, ok, tu es élue, tu es au conseil municipal des enfants, mais quelle est la cause qui te tient à cœur et qu'est-ce que tu peux faire pour ta ville ? Et à partir de là, en fait, ça a du sens même pour tout le monde. C'est plus au-delà, je suis juste élue. C'est quoi ma raison, ma vision ? C'est toutes ces questions-là que je leur fais poser, en tout cas dans mes ateliers.
- Speaker #0
Tu lis un peu la partie politique et tu le focuses sur l'action concrète. Qu'est-ce que tu n'as vraiment pas, en fait ?
- Speaker #5
C'est ça. Et quand j'interviens même auprès des primo-arrivants, donc des primo-arrivants, c'est des gens qui sont arrivés en France, qui apprennent le français, etc. Pareil, quand je fais les ateliers directs, ils me sortent, oui, valeur de la République, droit, devoir, etc. Oui, c'est bien, super. Mais comment toi ? Moi, ce que j'essaie de leur dire, c'est que je leur transmets du pouvoir d'agir. Vous êtes légitime, votre voix compte. Qu'est-ce que vous, vous pouvez transformer dans votre milieu, en tout cas dans lequel vous vivez ? Et donc même auprès des primo-arrivants, c'est ça que j'insuffle, enfin en tout cas l'engagement que j'ai vraiment envie d'insuffler, parce que je suis persuadée qu'on a tous au fond de nous quelque chose qui nous fait vibrer.
- Speaker #0
Ok. Oui, oui, bah oui, je pense aussi. J'ai vu un article du Parisien où tu peignais les murs de bâtiments.
- Speaker #5
J'ai fait des Ausha ? Ouais, j'ai fait des Ausha. Des vraies recherches parce que c'est le premier article où il y a eu mon prénom qui est sorti.
- Speaker #0
Oui, oui. Et je me suis demandé, est-ce que c'est à ce moment-là que tu as eu un peu cette flamme qui t'a réveillée sur cet engagement ? Ou pas ? Ou est-ce que ça a nourri ? En tout cas, comment tu te sentais à ce moment-là ?
- Speaker #5
Ça a nourri en fait. Ça a nourri parce que dans ce dont tu parles, c'était, je crois que j'avais 15 ans aussi. Ouais, je crois 15-16 ans. Et c'était à la maison de quartier, on faisait des chantiers jeunes. Et donc, c'était redorer, en tout cas, les murs du quartier de l'Ossile, donc un quartier à Ponto Combo. C'était trop bien parce qu'encore une fois, il y avait cet esprit de groupe. Puis, on prend en compétence. Moi, je ne savais pas que les murs, comme ça,
- Speaker #0
exactement, on apprend planche en vertical.
- Speaker #5
Ça a fait partie, ces actions-là, ces moments-là, ont vraiment fait partie de la personne que je suis et de ce que je suis devenue aujourd'hui aussi. Parce qu'aujourd'hui, en tant qu'élu municipal, C'est marrant parce que j'arbitre en fait les chantiers jeunes.
- Speaker #0
Tu as eu le côté opérationnel et maintenant tu as le côté un peu...
- Speaker #5
Au terrain, on supervise. Non mais vraiment, c'est une action qui a vraiment fait partie de mon parcours d'engagement pour le coup.
- Speaker #0
Et ce qui m'a fait marrer un peu dans cet article, c'est que tu as fait la différence entre la responsabilité entre les filles et les garçons. Parce qu'à la fin, il ne restait que des filles.
- Speaker #5
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Tu le remarques aujourd'hui chez les jeunes où il y a cette... Peut-être cette responsabilité qui est plus précoce chez les filles que chez les garçons, ou pas. C'est pareil.
- Speaker #5
Ça dépend de la place que tu as dans la famille. Je ne vais pas parler pour les autres, moi je vais parler pour moi. En tant qu'aînée de la famille, effectivement, il y a quand même cette pression de bien faire, de donner l'exemple aussi à beaucoup de monde, et notamment à tes frères et sœurs. Donc j'ai un petit frère et une petite sœur. Donc il y a cet exemple-là. Par rapport à la responsabilité fille et garçon, c'est marrant parce que je me souviens, ce chantier jeune-là, on était beaucoup plus de filles que de garçons.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #5
Et je me suis dit, ah tiens, c'est quand même un... vraiment dans mon cerveau, c'est un truc d'homme, mais en fait, on avait beaucoup de fans. On s'est engagé, bon, c'était pendant les vacances scolaires, donc je pense que c'était par rapport aux disponibilités de chacun. Et par rapport à la responsabilité, je pense que c'est la place dans ta famille qui joue. Moi, je suis consciente que je suis aînée de ma famille. Et le fait d'être aîné de sa famille, automatiquement, c'est inconscient. En fait, dans l'éducation, tu dois donner l'exemple à ton frère et ta sœur. Il y a toutes ces choses-là qui jouent. Et comme je t'ai dit, moi, mon contexte familial, de par la barrière de la langue, j'ai pris des responsabilités tôt. Et donc, je me suis forgée très rapidement ça là-dessus. Après, non, en vrai, quand on regarde, il y a autant d'hommes. Je ne peux pas dire qu'il y a autant d'hommes que de femmes, parce qu'il y a beaucoup plus d'hommes au pouvoir ou dans des grandes structures entreprises. Mais les femmes, c'est vrai qu'elles sont un peu plus avancées, je trouve. Ok, sur la responsabilité.
- Speaker #0
En tout cas, peut-être pour les actions concrètes chez les jeunes. Ok. Aujourd'hui, il y a plein de villes qui mettent plein de dispositifs, comme à Potoncobo. Le permis, le BAFA, des aides, etc. Monter des projets. Pourquoi aujourd'hui, ça ne suffit pas ? Parce qu'on sait qu'il y a un jeune sur trois qui pense que sa voix ne compte pas aujourd'hui en politique. Ou il y a 50% qui ne comprend pas ce que c'est vraiment. les élus locaux, c'est ton travail aussi avec les citoyens de main. Pourquoi ça ne suffit pas, tous ces dispositifs ? Et qu'est-ce qu'il faudrait peut-être faire pour aller chercher de la confiance et des actions et d'éveiller un peu cette responsabilité politique ?
- Speaker #5
C'est vrai que moi, je dis toujours une action est d'égal à un petit pas. Donc je suis déjà très contente qu'il y ait plein de choses qui soient mises en place, que ce soit dans des villes, au niveau des politiques jeunesse, que ce soit les conseils municipaux d'enfants dans les villes, pour qu'ils puissent porter leur voix. ou l'aide au permis B, ça permet quand même à des personnes de pouvoir passer le permis B, parce que nous, à Ponto Combo, ce qu'on a fait, c'est qu'on donne 500 euros aux jeunes. Et en échange, ils doivent s'engager dans une association de la ville. Et après, ils peuvent passer le permis. Donc, c'est des petites actions qu'il ne faut pas sous-estimer. Il faut qu'elles soient là. Après, je dis toujours qu'on peut aller toujours plus loin et on peut toujours viser plus haut et plus grand. Mais moi, ce qui m'importe, en tout cas, peu importe que ce soit au niveau local à Porto Combo ou avec Citoyens de Demain, c'est comment tu proposes quelque chose de cohérent en lien avec les besoins des jeunes. Moi, c'est ce qui m'intéresse. Notamment, par exemple, les ateliers que je mène avec Citoyens de Demain. Les besoins ne sont pas les mêmes avec les primo-arrivants. qu'avec les conseils municipaux d'enfants ou avec une structure jeunesse, notamment une maison de quartier où j'interviens. Parce que les enjeux ne sont pas les mêmes. Quand j'interviens auprès des primo-arrivants, ça va être leur faire travailler la question de la légitimité. Mais aussi bien pour les jeunes aussi. Mais je vais encore plus me focus auprès des primo-arrivants sur la légitimité. Des fois, ça va être la première fois qu'ils vont entendre certains mots, certaines institutions. En fait, je suis fière des fois qu'ils aient juste lu la définition de ce que c'est qu'une mairie, de ce que c'est qu'un département, de ce que c'est qu'une région. un assemblée nationale, le Sénat. Des fois, c'est la première fois qu'ils l'entendent. Donc ça va être vraiment déconstruire ça. Et à côté, les enjeux ne sont pas les mêmes. Et c'est comment tu donnes du pouvoir d'agir, rends légitimes les personnes et qu'ils puissent passer à l'action.
- Speaker #0
Tu penses qu'aujourd'hui, je pense qu'on a déjà la réponse, mais aujourd'hui, l'éducation civique, ce n'est pas suffisant à l'école parce que ça ne nous forme pas vraiment quand on sort d'école, de lycée. Ou même après, quand tu as 23 ans, tu sors de bac, tu n'as pas ces clés. Même si tu sais à peu près si tu es quoi et quoi, tu n'as pas les clés de dire comment je peux être engagée. Ou si je m'engageais, c'est un gros mot même parfois. J'ai envie de te dire. Donc comment... Comment éduquer, même aujourd'hui, à 23 ans, 24 ans, pour qu'on se dise, ça peut être cool d'aller juste, je ne sais pas, faire du bénévolat, participer à la galette, je n'en sais rien.
- Speaker #5
Rendre fun, en tout cas, à la citoyenne. C'est ça mon but. Non, mais c'est hyper important. C'est hyper intéressant ce que tu abordes comme sujet, parce que l'éducation morale et civique, quand on regarde, j'ai travaillé un bout de temps dans l'éducation nationale, et je me souviens, j'avais des collègues qui étaient profs d'histoire géo, ils me disaient, mais Attitia, là... Je dois absolument finir mon programme d'histoire et de géographie parce qu'il y a le brevet et l'éducation morale et civique. Bon, c'est 30 minutes par semaine. Il y a des profs qui le font très, très bien. Mais des fois, c'est déjà en fait, dans le monde de l'éducation, c'est une matière. Ce n'est pas une matière à part entière. C'est une matière qui arrive, histoire, géographie, qui arrive après. Donc ça, c'est un premier constat. Le deuxième constat, c'est que quand on est assis, je me souviens encore, moi, j'adore les... C'était une des matières préférées, d'ailleurs, l'éducation. L'histoire géo et l'éducation morale et civique. On apprend en étant assis ce que c'est la citoyenneté, mais je crois qu'en fait, ce que c'est l'Assemblée nationale, ce que c'est qu'être citoyen, etc., comment on peut s'engager. Mais pour moi, c'est quelque chose qu'il faut vivre. Moi, je pense que dans un monde idéal, ce serait que, comme en Allemagne un peu finalement, que l'après-midi ou au moins une ou deux heures soient dédiées aux enfants qui fassent des actions, qui soient mobiles. Et c'est là où tu intègres des valeurs. Tu parlais tout à l'heure du chantier jeune, etc., que tu as vu sur le Parisien. C'est en fait à travers des actions, à travers ce que tu vis, quand tu intègres ce que c'est que la notion de citoyenneté et les valeurs. Donc moi, c'est ça que j'essaye de faire avec Citoyens de Demain, c'est de rendre active la citoyenneté à travers des jeux pédagogiques, à travers des débats mouvants, à travers plein de techniques et méthodes que j'ai pendant mes ateliers. Puis aujourd'hui, quand même, il y a ce qu'on appelle le service civique. Je sais que pour beaucoup de personnes, quand je les écoute, même à Ponto, ou même des personnes qui ont repris leurs études, c'est parce qu'ils sont passés par un service civique. Donc le service civique, c'est un très beau dispositif d'engagement en fait. Bon, pas très bien rémunéré, mais rémunéré comme il faut. Oui,
- Speaker #0
mais qui est très bien parce que ça permet de réinsérer, de se reposer des questions. On a plein de ressources et même parfois une rémunération, je crois. C'est ça, exactement. Oui, c'est vraiment très bien. Je mettrai le lien en description parce que c'est vraiment un service qui est peu assez connu et qui peut sauver parfois des trajectoires et des connaissances de soi. Moi je trouve que c'est un beau dispositif et ça permet aussi parfois d'aller à l'étranger. Oui c'est ça. Parce que t'as pu peut-être, alors je sais pas si c'est avec le service civique ou pas, mais...
- Speaker #5
C'était pas avec le service civique, je suis déjà partie à l'étranger, mais c'était dans le cadre de mon DUT.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #5
J'ai fait un semestre à l'étranger à Montréal, au Canada. Donc ça c'était... Mais puis heureusement en fait ! Sinon, moi, je pense que je ne serais jamais partie à l'étranger. Je serais restée dans mon 7-7.
- Speaker #0
Le voyage, ça ouvre des portes, ça ouvre l'esprit et ça ouvre vraiment une maturité que parfois on n'a pas enfant, mais ça ouvre un autre regard et une autre esprit.
- Speaker #5
C'est marrant parce que ce n'est pas du tout la même conception de vie aussi. Il y a vraiment des différences, les Québécois et les Français. Franchement, c'est une expérience que j'ai fort appréciée. À mon retour, je pense que carrément, j'ai eu un choc. entre... où je vis ce que je vis, ce que je fais, et comment est la France et aussi le Canada. Mais je me sentais très, très bien.
- Speaker #0
Ça t'a inspirée sur ton parcours après aussi, puis ça t'a inspirée de la confiance et de l'ambition aussi. Tout à fait. Aujourd'hui, on parlait tout à l'heure de collectif. Est-ce que tu penses qu'on peut devenir un citoyen actif individuellement ? Ou est-ce que vraiment, il faut être ensemble pour aller mener des actions ? Et comment on devient ce citoyen ensemble ?
- Speaker #5
Pour moi, je suis persuadée que c'est via le collectif. En fait, via le collectif, déjà, tu conscientises ta place, tu conscientises le monde, tu conscientises plein de choses. Alors, seul, certes, oui, c'est possible. Je pense qu'il faut des moments en soi, en tant que citoyen, en tant qu'humain, c'est normal et c'est important. Mais je pense que c'est vraiment ensemble. Comme j'ai pu donner tout à l'heure l'exemple du collège, rien que cette petite action au collège, de l'organisation d'un petit déjeuner. En fait, seul, j'aurais fait quoi ? Et c'est ensemble, en fait. Et finalement, je suis persuadée que faire citoyenneté, en tout cas faire société, c'est qu'ensemble, on peut le faire. En fait, si on est chacun de notre côté, on va aller où ? Un jour, il n'y aura plus de marathon,
- Speaker #0
mais on va aller où ? Ah bah oui, t'as raison !
- Speaker #5
Non mais c'est quelque chose que j'ai vraiment envie de dire, c'est pour ça que je dis toujours, je sème les graines de la citoyenneté à travers mes ateliers.
- Speaker #0
C'est ce qu'il faut, parce qu'aujourd'hui malheureusement, il y a beaucoup de jeunes qui s'abstiennent de voter, parce qu'ils ne voient pas l'intérêt ou qu'ils ne comprennent pas à quoi ça sert de voter, etc. Et il faut semer des graines, et même chez les enfants je pense, mais aussi chez les jeunes adultes de 18 à 30 ans, pour vraiment, enfin 18, 24, 20 à 30 ans. Pour vraiment comprendre qu'en fait, on a du poids et qu'on ne peut pas laisser les gens choisir pour nous. Voilà, tout simplement.
- Speaker #5
Mais même chez les adultes, je me dis, quelqu'un qui travaille en entreprise, rien qu'une heure, une heure dans sa semaine, mais ça serait incroyable. Déjà, ça lui fait sortir de son quotidien et de se rendre compte de la réalité finalement, qui est qu'il n'y a pas que le travail dans la vie. Finalement, il n'y a pas que les enfants. Je peux aussi être une autre personne dans le cadre de mon engagement et apporter à notre société.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu interviens auprès des 11-25 ans.
- Speaker #5
C'est ça.
- Speaker #0
Ton rôle, il est...
- Speaker #5
Dans le cadre de ma fonction d'élu municipal ou citoyen de... Ok. La politique jeunesse à Pont-au-Combeau, c'est les 11-25 ans, effectivement.
- Speaker #0
Alors, pour Pont-au-Combeau, à de 11 à 25 ans, est-ce que tu vois un processus de transformation, on va dire ? Est-ce qu'il y en a un, ou est-ce que même on peut le voir de façon informelle, du citoyen de 11 ans ? jusqu'à 25 ans, un citoyen adulte, responsable et peut-être mature politiquement parlant.
- Speaker #5
J'ai plusieurs exemples parce qu'en fait, au niveau local, je connais les jeunes. Du coup, ce qui est incroyable, en début de mandat, j'étais arrivée, j'avais fait un diagnostic jeunesse. On avait placardé plein de cuir-colle dans toute la ville. Et ma vision, c'est en fait, OK, je vais mettre en place une politique jeunesse. OK, je vais mettre en place des actions. Mais est-ce que ça va correspondre aux besoins des jeunes ? Et donc, en fait, tous les jeunes de la ville étaient invités. à répondre à un questionnaire, notamment à mettre leurs besoins, est-ce qu'ils étaient d'accord ou pas d'accord avec ces actions-là. Et donc ce qui m'importe aussi, c'est comment mettre en place une politique jeunesse qui leur convient. Et en fait, dans ces jeunes-là, il y en a plein qui ont répondu, etc. Et il y en a, c'était des jeunes qui faisaient des études, il y a plusieurs types de jeunes. Et il y a un jeune en particulier, je me souviens, il était comme moi bénévole, etc. Et aujourd'hui, il est quand même dans un conseil d'administration d'une association.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #5
Aujourd'hui, en 2025. Pareil, une autre jeune que j'ai connue au début de mandat, qui a suivi la politique jeunesse, qui a pu bénéficier aussi des dispositifs, elle est sur la liste municipale. Est-ce que pour être actif, il faut absolument être engagé à ce point-là ? Ou est-ce qu'il y a certains, on va dire, il y a plusieurs grades ? Enfin, plusieurs grades, c'est-à-dire que tu penses qu'il y a plusieurs...
- Speaker #0
D'interaction, d'être active, de vraiment... Par exemple, je peux m'intéresser à la politique de ma ville, faire certaines actions, mais pas pour autant m'engager politiquement.
- Speaker #5
Mais c'est très bien déjà de s'intéresser. C'est une très belle chose de s'intéresser. Parce que ça veut dire que tu... Déjà, t'es citoyen, en fait. T'intéresses tes droits, tes devoirs. Enfin, tu t'intéresses à la vie locale. Et puis pour moi, le local, c'est vraiment ce qui t'intéresse. Enfin, ça te touche. Ça te touche personnellement, que ce soit les écoles, la rue. Tout te touche, en fait. Donc, c'est très bien. Au contraire, j'en ai plein des jeunes qui ne sont pas citoyens engagés, engagés comme moi, puisque moi, je sais que j'ai un engagement très particulier.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #5
c'est ça. Il y a 100 % de parfaits entre citoyens de demain et les fonctions des lignes municipales. C'est très bien. En fait, c'est une très bonne chose. Après, un atelier, par exemple, un de mes ateliers, un jeune s'est dit, OK, qu'est-ce qui se passe dans ma ville ? Je peux devenir bénévole ou tiens, je veux juste m'intéresser à ce qui se passe. Merci. C'est une super chose, ce qui ne se passe pas dans notre société. Parce qu'il y en a beaucoup qui, par exemple, quand on entend politique déjà, il y en a beaucoup qui sont très réfractaires. Et ce que j'entends par rapport à ce qui se passe, il n'y a pas de souci. Au contraire, je comprends.
- Speaker #0
Est-ce qu'il n'y a pas une démission ? de dire voilà, il y a tout ce qui se passe là. Après, sans rentrer dans la politique, mais il n'y a pas une démission de dire, voilà les jeunes, moi aujourd'hui je suis jeune, je n'ai pas envie de me prendre la tête, à aller là-dedans, parce qu'honnêtement, ça a l'air d'être un bourbier. Et en fait, je démissionne. Et je démissionne aussi de ma position de citoyen. Parce que être citoyen, c'est aussi être acteur de ma vie, au-delà de ma ville, mais vraiment de ma vie. Est-ce que ce n'est pas aussi une démission ? Et comment faire pour réinsuffler un peu ce sentiment d'appartenance ? que tu as peut-être réussi à faire à Pont-au-Cobot en demandant clairement ce que les gens voulaient et en y répondant.
- Speaker #5
Oui, bien sûr. En fait, moi, j'ai toujours que mon rôle en tant qu'élu municipal, c'est de vulgariser, c'est de faire le lien entre institutions et habitants. Moi, je n'ai pas à parler des subventions, des appels à projets. Je n'ai pas à utiliser ce jargon avec eux. Moi, mon rôle, c'est de simplement dire voilà, on va mettre en place une aide au permis. Après, le reste, derrière, voilà. Ça, c'est hyper important et c'est quelque chose qui m'importe énormément, d'être hyper pédagogique et être vulgarisé. Ça, c'est hyper important pour moi que ce soit simple. À Pentecombo, en fait, c'est aussi ce qui est intéressant, c'est que moi, je suis arrivée jeune élue municipale aussi, donc il y en a beaucoup qui se sentaient représentées et qui me disaient « Ah, waouh, une jeune élue, en plus, on la connaît, elle a fait ci, elle a fait ça. » Donc, je pense que ça, ça joue. Et ensuite, de pouvoir porter leur voix, en fait. Je me souviens, j'avais fait une... une sortie à l'Assemblée nationale avec... J'avais accompagné le lycée de ma ville à l'Assemblée nationale et les jeunes m'avaient dit « Ah mais vous, vous êtes celle qui porte notre voix en fait. Vous êtes la personne qui dit quand nous on a des problèmes. » Et en fait, moi, je me suis dit ce jour-là, mais j'ai tout réussi. Ils ont compris mon rôle.
- Speaker #0
C'est génial ça !
- Speaker #5
Sans dire... Sans comprendre qu'il y a un maire, il y a des maires, il y a des conseillers. Sans comprendre tout ça, ils ont compris et j'ai été identifiée.
- Speaker #0
C'est la porte-voix des personnes qui n'ont pas envie de s'exprimer devant tout le monde, etc. Et ça, c'est génial, ça.
- Speaker #5
Sur les réseaux sociaux, j'essaie beaucoup de vulgariser ça. Et donc, je pense que j'ai réussi à insuffler ça, ce lien entre institution et population. Et ça, c'est quelque chose dont je suis fière, d'ailleurs. Parce qu'aujourd'hui, les gens me reconnaissent, en fait, les jeunes me reconnaissent. Et ils n'ont pas de souci à venir me voir, à me dire, voilà, la dernière fois, je marchais dans la rue, il y a une jeune, elle m'a dit, ah, j'ai perdu mon stage, etc. Est-ce qu'on peut faire quelque chose ? Ben voilà, je lui ai donné les coordonnées. Je lui ai dit, n'hésite pas à dire que t'es de... que tu as ça, tu as ça et tu cherches dans ce domaine-là.
- Speaker #0
La proximité, je pense que la réponse est un peu ça, la proximité.
- Speaker #5
J'adore les chansons !
- Speaker #0
Non mais c'est vrai, c'est un sentiment qu'on a oublié, après avec l'IA, avec l'internet, etc. On a tout oublié un peu de la relation humaine, mais c'est vrai que c'est super important de remettre ça au centre de nos fils, de nos relations professionnelles, etc. C'est-à-dire en fait, on parle de réseau, mais au lieu de parler de réseau, d'utiliser un truc hyper networking. Juste proximité, parler avec des humains, c'est déjà super bien.
- Speaker #5
Oui, tout à fait. Et tout à l'heure, tu disais notamment les jeunes, etc. En fait, ils sont quand même engagés. Même ceux qui sont, par exemple, tu disais tout à l'heure, démissionnaires. En fait, on les retrouve quand même sur les réseaux sociaux. Ils partagent des publications, ils vont signer des pétitions. Il y en a qui vont s'engager, comme moi, on disait tout à l'heure, dans des bénévoles. Ils vont passer à l'action, etc. Mais pour moi, il y a plusieurs types d'engagement. Et c'est aussi à l'institution d'être à l'écoute de ce qui se passe dans nos sociétés. et comment être en place d'une politique jeunesse, notamment à Porto Combo ou même dans mes ateliers. à insuffler l'engagement. Moi, c'est via le terrain que j'ai construit mes ateliers, mes parcours citoyens sur du long terme.
- Speaker #0
Oui, tu as repris ces enjeux, etc., pour un peu composer une solution qui leur permet de comprendre.
- Speaker #5
Exactement. Tout en restant dans le cadre, les valeurs de la République, j'aborde, les droits et devoirs, j'aborde, tout ça. Mais je pars d'eux aussi. Après, c'est l'éducation populaire. Mais effectivement. Là,
- Speaker #0
tu parles de plusieurs types de jeunes, de plusieurs types de jeunesse. Il y en a effectivement qu'on peut retrouver. dans les pétitions, dans les manifestations, même dans des bureaux de vote. Comment on fait pour unifier un peu cette jeunesse qui vient de plein d'endroits différents, qui se débrouille, qui ont des galères, etc. Comment on fait pour les unifier, alors pas les rendre tous pareils, mais vraiment les unifier et leur dire, venez, on est ensemble, et créer ce collectif à travers les ateliers, évidemment, mais à travers peut-être les réseaux sociaux. Est-ce que tu aurais un début de réponse ? Parce que c'est un gros débat, mais un début de réponse ? Oui, finalement,
- Speaker #1
en fait, là, j'élargis. Mais rien qu'en France, en fait, on a la ruralité, on a la banlieue, des villes, on a accès à différentes opportunités. C'est hyper difficile parce qu'on a tous des problématiques hyper différentes. Mais reste qu'on est citoyen français, peut-être pas français, mais on est humain, on est né dans cette société. Et pour moi, c'est ça qui importe dans le sens où... qu'est-ce que je vais faire de ma vie, comment je vais faire pour faire bouger les lignes dans mon entourage, ou qu'est-ce que je peux faire, en tout cas à mon échelle, pour me connecter à l'autre. Ça, c'est hyper important. Et si possible, m'engager. Moi, c'est à travers mes ateliers, c'est ça que j'essaie d'insuffler, c'est la solidarité, le fait d'être ensemble, et de dire qu'on n'a pas tous la science infuse, et qu'ensemble, on peut réussir des choses et faire avancer les choses. Après, pour moi, de fédérer, il y a les valeurs qu'on a, liberté, égalité, fraternité, mais ça ne parle pas particulièrement à tout le monde, et pourtant, c'est le monde dans lequel on vit, le jeu. dans le monde, dans la France où on est, où on vit donc c'est hyper intéressant même quand je fais mes ateliers je constate qu'en fait ça leur parle liberté, égalité, fraternité mais ça va pas être la première chose dont ils vont parler, ça va toujours être le sentiment d'appartenance au niveau local des fois, au niveau du quartier dans mes ateliers que je fais bien sûr parce qu'ils ont une réalité très terrain en fait et c'est normal Est-ce qu'on peut parler de maturité politique ?
- Speaker #0
Maturité politique ? Ça c'est une belle question Merci.
- Speaker #1
C'est vrai qu'il y a eu des débats entre l'âge à voter à 16 ans ou voter à 18 ans, à quel âge on est politique. Pour moi, ma sécurité politique...
- Speaker #0
On comprend vraiment ses droits et ses devoirs et l'enjeu qu'on a.
- Speaker #1
Je pense que oui, 17-18, oui, parce qu'il y a un changement. On passe de l'école à la fac. Déjà sur Parcoursup, on comprend que des fois, on va aller dans d'autres villes, etc. Donc l'environnement change. Donc peut-être à ce moment-là, on conscientise effectivement, droits, devoirs. toutes ces choses-là. Maturité politique, moi, je saurais pas dire. Moi, je sais que la mienne, elle est arrivée hyper tôt, mais je pense que... J'en parlais aussi dans mon entourage de la maturité politique, mais en fait, c'est à partir du moment où je pense que t'es touchée toi-même par rapport à une réalité autour de toi, où tu conscientises et tu t'engages. Enfin, c'est à partir de là, peut-être la maturité politique.
- Speaker #0
C'est la définition que t'en donnerais, vraiment ? Comment, à partir du moment où t'es touchée ?
- Speaker #1
Ouais, c'est à partir du moment où t'es touchée. Pour moi, tu te politises à partir du moment où t'es touchée, où tu prends conscience de... Dans ce sujet de société, bien sûr. Oui, ça peut être lequel.
- Speaker #0
Peu importe lequel. Et donc, ça te touche et que tu te dis, voilà, je vais faire quelque chose par rapport à ça.
- Speaker #1
Oui, ou ouais. Est-ce que pour toi, parce que toi, ça a été de facto, mais est-ce que pour les jeunes que tu vois aujourd'hui, est-ce que devenir adulte, c'est aussi devenir citoyen ? La notion de citoyenneté, on ne l'aborde pas tellement. Mais moi, quand je vois, par exemple, sur le terrain, quand je fais mes ateliers, qui parlent de sujets, par exemple, oui, par exemple, vous voyez, il a 11 ans. le jeune dont je vous parle il a 11 ans c'était lors d'un atelier il me dit oui mais ça serait bien que les métiers soient accessibles pour tous tous les métiers soient accessibles pour tous et on se mette pas des barrières ok pour moi là ta maturité politique tu l'as t'as 11 ans mais tu l'as t'as conscientisé quelque chose oui t'as un constat de quelque chose qui est très profond voilà je sais pas ce que t'as vécu moi mais voilà par exemple ou d'autres quand ils vont parler de sujets enfin en fait tout est politique finalement ouais aussi En réalité, moi, je me suis engagée associativement. Ce n'était peut-être pas politique, mais en fait, si, c'était politique parce qu'il y a des choses qui me tenaient à cœur et qui ont fait que je me suis engagée.
- Speaker #0
Comment, puisqu'on a tous un peu cette responsabilité, comment, citoyenne ou politique, même si c'est un mot parfois qu'on n'arrive pas à comprendre, comment on peut s'en rendre compte ou comment on peut faire rendre compte ça ? Comment t'arrives, toi, à travers tes ateliers ? à mettre la lumière sur ça et les faire questionner sur ces questions-là. Comment à 23, 24, 25, je peux me dire, ouais, en fait, je me pose et j'introspecte une heure où je me dis, en fait, moi aussi, j'ai une responsabilité, j'ai des droits, j'ai des toits.
- Speaker #1
En vrai, mes ateliers durent, ça dépend, des fois deux heures et des fois, c'est sur du long terme. C'est des parcours citoyens que j'accompagne, en tout cas sur le processus de citoyenneté. En fait, je fais plein de choses. Déjà, beaucoup, c'est qu'est-ce que c'est que la citoyenneté selon toi ? Moi, je ne donne pas de définition.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc, c'est déjà partir de... Même après ? C'est-à-dire, même après, c'est-à-dire...
- Speaker #0
Même après qu'ils aient donné une réponse, tu ne leur dis pas non, en fin de compte, c'est ça la citoyenneté ?
- Speaker #1
Je leur donne la définition qu'on a, etc. Mais ce qu'ils disent, en général, ce n'est pas faux. Parce qu'il y a une personne, la dernière fois, qui m'a dit la citoyenneté, par exemple, pour moi, elle s'exerce quand je vais aider mon voisin sur le palier.
- Speaker #0
Est-ce qu'il est correct ?
- Speaker #1
Et ce qu'il n'a pas tort, mais pourtant, ce n'est pas écrit en dictionnaire. Donc, voilà, une autre personne va me dire, c'est quand je vais payer des impôts. C'est très marrant. D'autres personnes vont me dire, c'est quand je vais aller voter, etc. Ça dépend, en fait. Donc, je fais ça dans mes ateliers. C'est ça, déjà, ce truc de qu'est-ce que c'est que la citoyenneté ? On déconstruit. Voilà, exactement. Après, je fais toujours un focus sur les valeurs de la République, ce que c'est que les valeurs de la République. Et je mets des situations, je leur demande de trouver des situations en lien avec... les valeurs de la République et ce qui incarne les valeurs de la République à travers des actions qu'on vit dans la vie de tous les jours. Mais par rapport à ta question, c'est comment insuffler l'engagement ? C'est qu'en fait, j'ai plusieurs thématiques. Et ils doivent choisir une thématique qui leur tient à cœur. Ça va être l'écologie, la solidarité, l'éducation. Ça va être peu importe. J'ai plein de cartes. Et en fait, après, ils doivent mettre en place un projet, soit à l'échelle de leur ville, soit à l'échelle de leur quartier, soit à l'échelle de leur résidence. La dernière fois, c'était à l'échelle de leur résidence. Je suis intervenue au sein d'un foyer jeune travailleur. Et ce qui est cool, c'est qu'après, il y a cinq personnes qui se sont présentées aux élections de la résidence.
- Speaker #0
Ah, c'est génial, ça !
- Speaker #1
Donc, ça insuffle. En fait, moi, j'arrive vraiment en mode pouvoir d'agir. Go ! On y va ! Et j'ai été très fière d'ailleurs. Et donc pareil, les conseils municipaux d'enfants, c'est aussi... Là, il y a un axe que j'ajoute, c'est le rôle d'élu. Parce qu'on représente aussi leur faire conscientiser que vous représentez les enfants. Mais pareil, c'est comment je leur donne du pouvoir d'agir, qu'ils se sentent légitimes pour agir. Puisque moi, après, je ne suis pas là.
- Speaker #0
Oui, toi, tu es vraiment un petit...
- Speaker #1
Je fais ce qu'il y a à faire et après, je vois, je suis.
- Speaker #0
Ok, génial. Ce serait bien de le faire aussi en entreprise, tu sais, quand tu arrives en entreprise et que tu commences ta vie de professionnelle, de vraiment comprendre que ça fait partie du panel de ta vie, en fait, de ton équilibre pro-perso et que tu puisses, comme tu disais, avoir une heure dans ton parcours, dans ton entreprise, dans ta bénévolat, etc. T'as insufflé cette action politique, cette action juste de citoyenneté, d'engagement citoyen que tu peux mettre en place. Comment, on va dire, maintenant, j'ai un peu ce truc où je m'identifie comme citoyen responsable. Quelles sont les actions au quotidien ? Si on peut donner un conseil aujourd'hui à des jeunes, quelle action quotidienne ou hebdomadaire qu'ils pourraient faire pour dire, voilà, moi, je fais partie de la France, je suis un citoyen responsable ?
- Speaker #1
Le sentiment d'appartenance ? Oui. Pour moi, en fait, dans mon évaluation d'impact, j'ai plein de choses. C'est dans mes ateliers, encore une fois, je mets, c'est est-ce que j'ai pris la parole ? Est-ce que j'ai abordé un sujet de société ? C'est ça. est-ce que je vais passer à l'action ? Moi, c'est ça mon rapport. En tout cas, quand j'évalue mes ateliers, c'est ça qui fait qu'un citoyen est responsable. Après, il y a plusieurs manières, comme je t'ai dit. En fait, après l'atelier, je sais qu'il y a une fille, elle a lancé une asso. On a des personnes qui vont s'intéresser à son quartier, à son voisin, etc. Et on a, à l'autre côté, une personne qui va lancer son asso. En fait, il y a plusieurs types de citoyenneté. Le citoyen engagé, c'est à partir du moment où il donne un peu de temps. d'engagement citoyen sans intérêt précis. Moi, c'est ça la définition que je donne.
- Speaker #0
Toi, tu es élue municipale. C'est ça. Si on peut revenir un peu sur ta fonction,
- Speaker #1
qu'est-ce que ça veut dire ? Clairement, parce que ça peut... Donne-nous une définition pour comprendre un peu concrètement, c'est quoi tes journées ? Il faut savoir qu'élu municipal, c'est vraiment à côté. C'est un engagement citoyen. Je perçois des indemnités, mais pas beaucoup pour vivre le mois, d'ailleurs, je précise. Moi, mon rôle, je dis toujours, c'est de faire le lien entre l'institution et la population. Donc ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est d'être à l'écoute, prendre la température sur le terrain. Comment ça se passe ? Qu'est-ce qui va bien ? Qu'est-ce qui ne va pas bien ? C'est comme ça que je le vois. Et puis après, c'est derrière conseiller la municipalité, en tant que conseillère municipale, quelle action je peux mettre en place avec l'équipe ? Qu'est-ce qu'on peut insuffler ? Quel projet on peut mettre en place ? Et notamment, comme ma délégation, c'est la jeunesse, donc c'est à ce sujet-là. Voilà, c'est ça ma définition. Après, concrètement, comment ça se traduit ? C'est aller à des événements, des prises de parole, remettre des prix, participer à des réunions au niveau local, au niveau avec le maire, les maires adjoints et les conseils municipaux, les bureaux municipaux. C'est voter aussi des décisions au niveau du conseil municipal. C'est tout ça, en fait, la vie des lieux. C'est vraiment en parallèle de ce que je fais professionnellement. Mais finalement, j'ai lié profession. Et engagement, parce que je suis beaucoup plus alignée et cohérente avec ce que je fais.
- Speaker #0
Et puis l'un nourrit l'autre aussi, ça te permet de comprendre. Tout à fait.
- Speaker #1
D'ailleurs, la création de Citoyens de Demain, c'est une extension des politiques que j'ai pu mettre en place à Pont-au-Combeau. Parce qu'à Pont-au-Combeau, on a ce qu'on appelle le parcours citoyen. Tous les sixièmes de la ville viennent en mairie pour rencontrer un élu le matin et l'après-midi, découvrir les services, la médiathèque, le service de l'État civil, etc.
- Speaker #0
C'est vraiment tout ce qu'il y a de concret. Voilà. Tout à fait.
- Speaker #1
Et en fait, ce que je faisais à Porto Comune, je me suis dit, mais en fait, même quand je rencontrais les jeunes en début de mandat, etc., mais en fait, ils n'arrivaient pas, ils ne savaient pas ce que c'était, ce que je faisais. J'avais du mal à être identifiée, en fait, et à me dire, moi, si je ne suis pas connue et s'ils n'arrivent pas à me prendre la parole ou à rentrer en contact avec moi, comment, moi, derrière, je peux prendre des décisions en lien avec eux ? C'est vrai. Et donc, en fait, même citoyen de demain, finalement, ça a commencé, en fait, les réflexions, etc., dès 2020, 2021, 2022, 2023. Et c'est ce que j'ai vu sur le terrain qui a forgé aujourd'hui cette structure citoyen de demain et j'agis partout maintenant.
- Speaker #0
Est-ce que c'est en accomplissement de toutes ces actions-là, en étant ce pont-là, que tu as pris en responsabilité, que tu as pris en confiance sur ta position politique ?
- Speaker #1
Oui, on peut dire que quand même, mon mandat d'élu municipal a participé à la personne que je suis, vraiment beaucoup. Je dirais aussi mon engagement associatif avant même en tant qu'élu municipal. Parce que, comme je t'ai dit, j'avais porté pas mal d'actions pour les jeunes, pour qu'ils puissent partir en vacances. Pas mal d'actions au sein même du centre social. Et d'ailleurs, c'est comme ça que le maire me connaissait, parce que j'allais le rencontrer. J'allais rencontrer aussi d'autres acteurs de la ville, même la CAF, etc. Donc, je pense que c'est à partir de là où... Oui, je me suis forgée parce que j'ai aussi compris le monde, comment il fonctionnait, comment je peux activer des choses pour pouvoir... Appuyer sur les portons. Exactement. Donc pour moi, il a commencé via l'engagement associatif, mais même pour beaucoup de personnes finalement. C'est via l'engagement associatif et après politique et après l'entrepreneurial, mais on se forge de toute façon dans la vie de tous les jours, c'est jamais fini.
- Speaker #0
C'est sûr. C'est sûr. Alors là, je vais te poser un peu trois questions que j'ai eues de jeunes, que j'accompagne. À quoi ça sert que je vote ?
- Speaker #1
Ok, c'est hyper important que tu votes, vraiment. Je ne sais pas qui a posé la question.
- Speaker #0
C'est un jeune de 20 ans qui me disait « en fait, je ne comprends pas, je ne vais pas me casser la tête à aller voter alors que je ne vois pas d'impact, qu'il se fiche parfois un peu de nous parce qu'on va voter et qu'en fin de compte, ce n'est pas pris en compte, etc. » Donc, il ne comprenait pas ce sentiment de « je vais voter alors que je gaspille un peu mon temps » .
- Speaker #1
En France, on est 7,7 millions à ne pas pouvoir voter parce qu'on est mal inscrit sur les listes électorales. C'est hyper important de l'avoir en tête. Et hyper important parce que si tu ne votes pas, il faut que tu parles pour toi. Il faut que tu portes ta voix. Si toi, tu ne vas pas voter en disant « Moi, c'est ce projet-là qui m'intéresse, cette idée-là qui t'intéresse, cette vision-là qui t'intéresse » , personne ne va le faire pour toi. J'entends la personne qui se dit « Ok, je suis dépitée, etc. » Mais à 20 ans, non. À 20 ans, tu as de l'énergie. Là, tu as de l'énergie.
- Speaker #0
C'est une question aussi de vision, où là, après c'est un autre débat ça aussi, mais se dire voilà, je ne vois pas de vision à laquelle j'adhère, je ne vois pas de projet qui m'intéresse, ou en tout cas le projet ne me parle pas.
- Speaker #1
Ça arrive.
- Speaker #0
Parce que peut-être qu'il est expliqué avec des jargons trop compliqués.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et qu'effectivement, il faudrait reprendre sur la proximité dont on parlait tout à l'heure et de se dire, en fait, il faut que j'arrête de parler en charabia avec des termes techniques et que je simplifie et que je vulgarise et que je réinsuffle un peu. Et c'est ça qui permettra de... d'insuffler de la confiance et de la responsabilité.
- Speaker #1
Puis surtout là, au niveau local, c'est très concret. Là, moi, je ne parle pas du national, etc. Au niveau local, c'est hyper concret. Donc le jeune qui se dit, ben non, ça ne sert à rien, si, parce qu'il a 20 ans, il est sûrement en train de faire des études, il est dans un parcours d'insertion, l'émission locale, en fait, il y a plein de choses au niveau local qui font qu'il va être accompagné aussi. Il y a des structures, etc. Et il y en a qui ne sont pas pour ces structures-là. Donc en fait, il est... impacté par sa décision. Il prend les transports. Bon, les transports, c'est une compétence de la région, mais peut-être dans sa ville, etc. Il y a plein de choses, en fait. Par exemple, même le quotient familial. Quand un parent me dit « Oui, non, mais je ne suis pas intéressée. Mais en fait, vous avez des enfants. Et dans des villes, il n'y a pas dans toutes les villes, il y a le quotient familial. C'est une politique de la ville, par exemple. »
- Speaker #0
Ils ne s'en rendent pas compte de la...
- Speaker #1
En fait, si... La personne qui me dit qu'elle n'est pas concernée, alors là, moi, je me sens...
- Speaker #0
On n'a pas tous les tenants aboutissants, parfois, et c'est peut-être ça, de rééduquer sur les tenants aboutissants, et c'est bien aussi de faire des rencontres. Donc va voter, s'il te plaît.
- Speaker #1
C'est pas important, je ne sais pas de quelle ville tu es, mais regarde ce qui se passe autour de toi. C'était à Paris.
- Speaker #0
C'est un peu la question qu'on se posait tout à l'heure, c'est comment tu veux que je m'intéresse à la politique ? Alors qu'en vrai, ce n'est pas très sexy, ce n'est pas très fun.
- Speaker #1
Intéresse-toi juste au sujet qui te tient à cœur pour commencer. Qu'est-ce que tu aimes bien ? Qu'est-ce qui te touche ? Vois déjà par rapport à ça. Parce que moi, je sais que j'ai commencé comme ça et maintenant, j'ai une vision plus large sur les sujets. Mais intéresse-toi au sujet qui te tient à cœur et comment ça se met en place au niveau local, au niveau national.
- Speaker #0
Ne serait-ce que l'association dans laquelle tu vas faire ton sport ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ou la médiathèque où tu vas... Tout à fait. Voilà. Déjà, commence par un truc que tu aimes bien et qui te permettra peut-être d'ouvrir d'autres potes ou pas, mais juste ça te permet au moins d'avoir un pied.
- Speaker #1
Ouais, rentre dans une asso. Enfin moi, c'est ce que je dis, il y a plusieurs types d'engagement possible. S'engager associativement, faire un service civique, juste rentrer de temps en temps à des événements organisés par ma ville. Il y a plein d'engagement possible.
- Speaker #0
C'est vrai. Là, c'est une question que j'ai reformulée, qui m'était venue d'une entreprise avec qui je travaille. En fait, ils ont plusieurs magasins. Et en fait, ils se rendaient compte que dans les magasins dans le sud de Paris, ils avaient plus de mal à recruter des jeunes que dans le nord de Paris. Et donc, ma question, c'est... Est-ce que c'est... Est-ce que... La jeunesse n'est pas considérée de la même manière au nord et au sud de Paris. Et comment remettre des actions pour l'insertion à l'emploi pour les jeunes ? Pour le coup, créer des partenariats.
- Speaker #1
Il n'y a rien de mieux que de travailler en partenariat, ce que j'adore faire d'ailleurs. Mais ça débloque des choses, le fait de travailler en partenariat.
- Speaker #0
Avec l'entreprise pour vraiment...
- Speaker #1
Oui, et pour moi, de plus en plus, les entreprises doivent vraiment faire ça. Moi, je sais qu'à Porto Comune, on a créé le guichet SOS stage pour permettre à des jeunes qu'ils puissent faire des stages. Et automatiquement, les entreprises locales accueillent des jeunes stagiaires, etc. Mais ça, c'est parce qu'il y a eu un travail qui a été fait.
- Speaker #0
Il y a eu un partenariat. Donc reprendre les partenariats, c'est ce qu'on parlait de relations.
- Speaker #1
En fait, des fois, il faut se dire, OK, je n'ai pas la main dessus. Ce n'est pas mon truc. Par contre, moi, j'ai un besoin. De l'autre côté, il y a un autre besoin aussi. C'est comment on fait pour nous deux collaborer et faire du positif pour la société, et là, notamment pour le recrutement des jeunes.
- Speaker #0
De se rapprocher des politiques locales,
- Speaker #1
qui permettraient de vraiment avoir ces ressources-là, de jeunes,
- Speaker #0
etc.
- Speaker #1
Ok, j'en ferai pas. C'est mon avis, je n'ai pas la situation au complet. Moi, j'aime bien poser des questions avant de répondre. Oui, c'est vrai. Parce que là, je te réponds, je te donne une réponse hyper descendante. Non,
- Speaker #0
mais c'est déjà un début de réponse, c'est déjà un début de solution.
- Speaker #1
C'est-à-dire, voilà,
- Speaker #0
je veux faire un partenariat, etc. Au moins, et quelque chose qui soit beaucoup plus concret. C'est ce qu'on parlait de service civique, de mission locale, c'est aussi ça. C'est de se dire, j'ai des acteurs qui peuvent me permettre d'aller vers des emplois, des stages, des alternances, etc. Parfois, on va voir sur des sites ou des salons, mais c'est juste à côté de chez toi, à cinq minutes, et on va avoir des solutions. Et on n'y pense pas, parfois. Alors, on en vient un peu à la fin de cette interview. Donc, merci. Je vais te poser trois dernières questions qui sont pour moi primordiales.
- Speaker #1
Ok. À la définition, pour toi, c'est quoi être adulte ? Par rapport à mon parcours, être adulte, ça a commencé hyper tôt, de par mon contexte familial. Mais avant de venir, je me suis posé la question, est-ce que je dois porter des baskets ou des talons ? Je pense que c'est la question de ce moment-là. Tu te demandes si tu es une adulte ou pas.
- Speaker #0
C'est des questions comme ça.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai. Tu choisis entre telle marque ou telle marque au magasin, c'est un truc. Voilà, exactement. Est-ce que je vais être perçue comme une adulte et que je mets des talons ? Ou bon, tranquille, j'ai pris le RER, je suis fatiguée, je vais mettre des efforts. Blague à part, je pense que c'est quand tu es en capacité de prendre des décisions de manière autonome, réfléchie, derrière quel impact tu as derrière. Et c'est aussi prendre ses responsabilités. Je pense qu'il y en a beaucoup. Je sais que des jeunes me disent, mais c'est bon, ça y est, j'ai... J'ai acheté mon nouvel aspirateur, ça y est, je suis une adulte. Donc, ça dépend. Mais pour moi, je pense que ça va être ça. Ça va être à partir du moment où tu es en capacité de prendre des décisions pour toi, en pensant à la société dans laquelle tu vis et aux autres. Et puis, voilà. Après, il y a des petits actes du quotidien, comme payer le loyer, aller au travail, percevoir son salaire. Enfin, voilà, tout ça. Après, je sais que nous, en France, c'est 18 ans.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et ça se repère, d'ailleurs, avec le droit de vote, etc. Mais voilà, pour moi, adulte, c'est ça.
- Speaker #0
C'est ça, c'est par niveau, on va dire. Voilà, c'est ça. C'est pas le lendemain à 18 ans que tu te réveilles adulte.
- Speaker #1
Non, ça vient pas en un jour.
- Speaker #0
Ça se soutient pas.
- Speaker #1
Alors en France, c'est centralisé à 18 ans avec le droit de vote, effectivement. Après, je pense que ça dépend du parcours de vie de chacun. En fait, tu as commencé le podcast en disant que j'étais une mini-adulte, mais voilà, ça dépend de ton parcours de vie. Et je pense que moi, le fait d'être adulte a commencé bien plus tôt que ce qu'on penserait à 18 ans d'être un adulte.
- Speaker #0
Et du coup, ma question, c'est à quel âge ? t'es sentie adulte ?
- Speaker #1
À quel âge je me suis sentie adulte ? J'avoue, c'était... Je pense que c'était quand j'étais au conseil d'administration du centre social. Je me suis dit, ah ouais, là, je suis une adulte. Là, je suis une adulte. Vraiment ! On était autour, il y avait plein de gens, et ce jour-là, j'avais des documents, et je me suis dit, ah ouais, là, je suis une adulte. Et puis, mais je me sens... En fait, c'est hyper marrant, parce que c'est des moments hyper marquants, en fait. Oui. Quand on allait défendre une subvention de la CAF à 16 ans, à Ponto-Congo, je t'avais dit que c'était un projet pour comporter pour les jeunes. À ce moment-là, quand tu commences à préparer, à faire attention à ce que tu vas dire, pour moi, c'est à ce moment-là que je suis devenue adulte. Donc je dirais vraiment, c'est un acte qui m'a marquée. C'est quelque chose qui m'a marquée, mais j'avais 15-16 ans.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, tu te sens adulte, du coup ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui. À plein temps ?
- Speaker #1
Oui. Ok. A plein temps oui, même quand je marche dans ma ville, quand je prends les transports.
- Speaker #0
Je te pose la question parce qu'aujourd'hui il y a vraiment ce truc de se sentir adulte, mais parfois on le rejette par période. Donc c'est intéressant de savoir puisque tu es jeune, tu es peps, tu as de l'enthousiasme, etc. Ça ne veut pas dire que tu es boring, tu es adulte.
- Speaker #1
Ah bah oui,
- Speaker #0
ça ne veut pas dire boring. Les poux, les gens qui sont adultes. Mais voilà tu vois ! c'est aussi pour ça une dernière question un tip ça nous donnait que t'as appris Avec la débrouille.
- Speaker #1
Avec la débrouille ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Franchement, entourez-vous. C'est hyper important. En fait, on peut se débrouiller seul, mais le fait d'avoir un entourage, des personnes qui ont déjà vécu des expériences, pour moi... En fait, moi, je me suis toujours référée à quelqu'un de plus grand que moi. Enfin, même quand j'ai travaillé en entreprise, etc., j'ai toujours eu des mentors, etc. Donc, entourez-vous, ayez des mentors dans vos vies. C'est ça qui fait que, des fois, on avance. Moi, c'est un tips. Moi, j'ai toujours été accompagnée. Et d'ailleurs, j'en suis reconnaissante. J'ai beaucoup de gratitude envers ces personnes-là. Ne restez jamais seuls. D'être accompagnée de tous ces mentors. Aujourd'hui, effectivement, la dernière fois, ça m'a fait rire. Mais je demande tout à ChatGPT. Alors oui, tu peux me dire à ChatGPT. J'ai un jeune, il m'a dit... C'est ton mentor. C'est son mentor. Je dis, oui, mais il ne va pas toujours t'apporter les bonnes réponses. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai.
- Speaker #1
Non, mais c'est fou, en fait.
- Speaker #0
Il ne va pas t'aider à réfléchir non plus aussi.
- Speaker #1
Oui, mais c'est fou. C'est fou. Parce que c'est là où j'ai conscientisé où on se débrouille différemment à chaque fois. C'est vrai. Voilà. Je sais que quand je vais avoir une situation, je vais directement appeler quelqu'un que je connais dans mon entourage. Alors, t'en penses quoi ? Etc. Mais lui, il m'a dit, tchadjepété, je dis, c'est toujours mieux de demander à quelqu'un qu'il connaît quand même.
- Speaker #0
C'est vrai. Et puis aujourd'hui, il y a plein d'associations qui proposent des mentorats. Donc, c'est vrai qu'il faut juste un peu rechercher. Mais c'est important.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
d'aller chercher. D'aller chercher un peu. Mais tchadjepété, ça peut être un bon gars, mais parfois, il faut... Faut aller voir au-delà !
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
Ok. En tout cas, merci à Titia pour cette échéance, ça m'a super... Enfin, ça m'a grave plu. Et puis à bientôt à la mairie de Fontoncombeau, j'espère. Là, t'as des ambitions un peu, parce que tu te présentes bien. Oui,
- Speaker #1
à l'heure où on fait le podcast, effectivement, là en janvier, on est en campagne, donc c'est pour ça que je n'en parle pas trop, mais effectivement en campagne. Et puis après, moi, je continue avec Citoyens de Demain, où j'ai mes interventions, je monte une équipe, etc.
- Speaker #0
Super, bah en tout cas merci.
- Speaker #1
La vie avance.
- Speaker #0
Ouais bah c'est ce qu'il faut. En tout cas merci d'avoir été là aujourd'hui, je suis super fière de t'avoir rencontré et d'avoir partagé avec toi. Et puis je te dis à très bientôt. A bientôt. A bientôt sur le podcast, t'inquiète je me débrouille.