- Speaker #0
Si vous avez écouté les deux premiers épisodes de Tabou les Maillots, vous savez qu'on aime là la recherche de celles et de ceux qui font vivre la culture autrement. On a parlé de passion et de transmission avec les libraires spécialisés, on a exploré le marché de l'art et les trajectoires parfois improbables des artistes jusqu'aux galeries. Aujourd'hui, on reste dans l'art, mais sans notre support, la peau. Parce que tatouer, se raconter en images, c'est transformer une émotion, un souvenir ou un symbole personnel en œuvre d'art vivante. C'est aussi un geste technique. intime qui engage une relation entre l'artiste et la personne qui va se faire tatouer ou percer. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir l'équipe du studio 777. Ou 777, je sais pas trop.
- Speaker #1
777, c'est très bien. Quand on a la flemme,
- Speaker #0
on dit 777. Tout le temps, quoi. On a discuté inspiration, technique, anecdote, et peut-être découvrir que derrière chaque aiguille, il y a bien plus qu'un motif. Il y a une histoire. On est venu dans le tableau de la Yoke, on a mangé une pizza donc peut-être que ça va être compliqué, on va être en post-digestion mais on va très bien s'en sortir. Pour commencer l'émission, est-ce que déjà vous pouvez présenter chacun et chacune autour de la table comment ils avaient commencé le métier, vos métiers respectifs ?
- Speaker #1
Bonjour tout le monde, bonsoir, peut-être, je sais pas. Moi c'est Tommy, le gérant du studio 777, tatoueur depuis quelque chose comme 8 ans, bientôt 9, un truc comme ça. On est en place maintenant au shop de 4 ans et voilà, ça sera tout pour moi pour l'instant.
- Speaker #2
Bonjour ! Moi c'est Chloé, je suis l'apprentie de Monsieur Tommy à côté. Je suis en fin d'apprentissage. Je le respecte, je dis monsieur, mais c'est une couverture. Je suis en fin d'apprentissage, je traîne un petit peu, mais voilà, c'est bien. Je crois que c'est tout, parce que je suis nouvelle, j'ai rien de plus à dire.
- Speaker #0
Oui, pour l'instant.
- Speaker #2
Pour l'instant.
- Speaker #3
Bonjour, bonsoir. Moi, mon prénom c'est Céline, je suis la perceuse du groupe, la seule, malheureusement. Le nick ? Le nick ! Je connais plus souvent sous le nom de Akaï. Je commençais le piercing il y a à peu près 3,5-5 ans. Et voilà, on crée des bijoux un petit peu avec Chloé de temps en temps, quelques designs un peu sympas. J'adore le bijou et j'avais envie de créer ça sur la peau des gens.
- Speaker #0
Comment on devient soit tatouage, soit perceur et soit tatoueur ? Quoi un peu le parcours professionnel pour arriver à être en shop ?
- Speaker #1
Il y a beaucoup de façons différentes d'arriver. Il y a la version que moi j'ai eue, que Chloé du coup a eue, qui est la version je pense la plus... pas forcément je peux dire le plus légitime mais la plus logique quand on veut faire un boulot de qualité après on en parlera peut-être un peu plus tard il y a d'autres façons d'arriver au métier parce que légalement le cadre n'existe pas donc on grasse moins d'eau,
- Speaker #0
je prends une aiguille, je vais avec des copains et j'achète de l'encre en embout c'est pas fou là quoi exactement,
- Speaker #1
on peut commencer par ça d'un point de vue légal en France il n'y a besoin que de la formation en jeûne et célébrité qui se passe en 3 jours donc n'importe qui, toi demain tu décides de faire la formation lundi tu as le droit d'ouvrir un salon de tatouage. Légalement, maintenant, du matériel, on en trouve sur certains sites en ligne, pas cher. Douceux.
- Speaker #3
Le mot, c'est douceux.
- Speaker #1
On peut trouver des machines, mais pas cher. On peut trouver des machines, des aiguilles, de l'encre. C'est vous qui voyez. Il y en a qui ont essayé. Ils ont eu des problèmes. Voilà. C'est la version rapide. Et c'est vrai que beaucoup, beaucoup de gens, malheureusement, n'avaient pas choisi ce chemin-là.
- Speaker #3
Pour le piercing, c'est presque la même chose. Légalement, on n'a pas une école où on va avec le petit cartable, on a nos aiguilles dans le sac. Non, il n'y a pas ça. Si on a de la chance, je dirais, et si on veut faire les choses bien, essentiellement bien je trouve, c'est qu'il faut trouver un shop qui serait, on va dire, cool pour nous accepter. Venir faire du petit boulot. Au début, tu ne commences pas forcément directement à toucher les aiguilles, mais tu aides d'abord à apprendre un peu les bijoux en boutique, les tailles, les trucs comme ça. Après au fur et à mesure tu commences à passer en boxe une fois que tu as passé ton hygiène et salubrité. Si tu as de la chance tu passes d'abord par un mentor et tu dis pas mal les choses avec lui, son expérience donc c'est cool. Si tu n'as pas trop trop on va dire de chance il y a quelques bouquins qui peuvent t'aider, qui essayent ça avec un vieux pistolet de chez Shein quoi.
- Speaker #1
Pas de marque,
- Speaker #2
pas de marque.
- Speaker #3
Avec un vieux pistolet de chez BipBip, on connaît. Sinon à part ça non il n'y a pas vraiment de formation comme dans le sens on va dire pôle emploi du terme.
- Speaker #1
La version... qui était la plus courante avant et qui est la version la plus logique, c'est de trouver un shop qui t'accepte et qui te forme en fait. Donc ça peut prendre quelques mois, parfois quelques années, ça dépend. D'apprendre avec quelqu'un, de façon à ne pas refaire les erreurs que les générations précédentes de tatoueurs ont fait pendant des dizaines d'années. D'avancer dans ce métier avec déjà une base technique, tu évites de faire des conneries sur des gens quoi. Le piercing,
- Speaker #0
un peu moins mais quand même.
- Speaker #3
Le piercing, si si si, on peut facilement trouver, tomber sur une veine qu'il ne faut pas, faire un truc un peu bizarre, créer des keloïdes, enfin des trucs vraiment très ouf, ou percer des zones qu'il ne faut surtout pas percer. On y reviendra sûrement, mais il y a des piercings, enfin... Moi je trouve personnellement qu'il faut complètement les bannir. Un piercing c'est censé être joli et censé être sécure pour ton corps. S'il commence à venir faire des problèmes à ton corps, c'est qu'il y a peut-être un souci quoi, il faut peut-être l'enlever.
- Speaker #0
Comment vous avez eu l'envie de faire ce métier ?
- Speaker #1
Moi j'ai vu de la lumière et je suis rentré.
- Speaker #2
On a vu une mouche qui nous embête depuis tout à l'heure !
- Speaker #1
Il y a effectivement une mouche qui vole si je l'ai là ce soir. On a laissé la porte ouverte, c'est pour ça. Moi je viens du dessin en fait, je viens vraiment de l'illustration. J'avais fait de l'illustration plus jeune. arrivé un peu plus crise de la trentaine on va dire j'ai envie de me remettre à ça par hasard en fait par des contacts communs j'ai pu rencontrer une super tattoo Virginie Jackpot Tattoo à Valence qui a accepté humblement de moi essayer de me former avec toute sa patience et il y en a fallu et voilà huit ans plus tard on est là.
- Speaker #0
T'as pris combien de temps d'illustration papier ou numérique à illustration sur la peau ?
- Speaker #1
Alors ouais complètement c'est vraiment il y a un gap énorme entre le passé d'un dessin à papier et encore plus si on a décidé d'apprendre le dessin sur une tablette numérique passé sur la peau il y a un gap qui est monstrueux d'où le fait que par exemple vous les pouvez témoigner Je l'ai vraiment emmerdé avec ça, à reprendre le dessin papier dans un premier temps, vu qu'elle était beaucoup sur numérique, avant de reprendre du coup...
- Speaker #2
C'est pas si vrai, j'étais sur rien du tout à l'époque, chance, c'est pas une.
- Speaker #1
Alors je vais parler pour ma part, j'ai la tablette numérique, je l'ai vue vraiment il n'y a pas si longtemps, donc ça va, j'ai commencé du coup à avoir mon papier. Entre le moment où je me suis dit, tiens, ça a l'air d'être sympa Tatooeur, si j'en ferais mon métier, et le moment où j'ai pu en vivre, il s'est passé à peu près 8 mois. et j'ai eu beaucoup de chance, ça a été, enfin vraiment je suis tombé sur les bonnes personnes au bon moment j'ai eu beaucoup d'amis qui m'ont prêté un morteau de peau pour vraiment être mes premiers cobayes entre guillemets. Beaucoup de chance sur tout le process vraiment.
- Speaker #0
L'avantage comme tu disais l'illustration avant t'avais quand même un gros bagage technique de dessin.
- Speaker #1
J'avais une base qui était là le problème c'est que j'y avais passé genre 7 ou 8 ans sans toucher un crayon. Lui reprendre un petit peu ces bases là le niveau a mis du temps à revenir. Et pour toi ?
- Speaker #2
Alors moi je vais passer mon tour pour l'instant parce que comment je suis rentrée dépend d'elle du coup je vais lui laisser faire son déroulé d'abord.
- Speaker #0
Une histoire à tiroir là-dedans.
- Speaker #3
Ouais une petite histoire à tiroir, bon un petit peu piston.
- Speaker #2
Léger !
- Speaker #3
Bah moi, pour le coup, j'ai juste que, en fait, j'ai toujours aimé ça. Enfin, j'ai aimé ça très tôt au collège, en fait. J'avais une copine qui aimait bien se faire percer. Bien dans ce univers, mais j'appréciais bien. Et au début, je me suis dit, punaise, je pourrai jamais en vivre, quoi. Et en fait, je me suis dit, un jour, j'ai continué mes études. Enfin, j'ai fait vraiment des études, mais rien à voir, quoi. Je suis arrivée, j'ai fait des études de langue. Donc, études de langue anglais-japonais, rien à voir. Et sur le coup, après, en fait, l'anecdote est drôle parce que c'est une de mes meilleures amies, Cécile. qui était avec moi, on était bras dessus, bras dessous en sortant d'un bar et j'étais un peu ronde, elle aussi. Elle m'a fait « Oh regarde, il cherche un perceur ! » Et moi j'ai fait « Vas-y go ! » Parce que ça faisait longtemps que j'avais lâché mes études et parce que ça ne me convenait plus. Et en fait je me suis dit « Tu sais quoi, on va renouer un petit peu avec la passion de quand j'étais ado. » Et en fait j'ai tenté d'y aller. Donc j'ai d'abord passé par un job de vendeuse concrètement pour m'affamiliariser avec le tout. Après, je suis passée, une fois qu'un collègue est parti du poste de perceur, je suis passée derrière en perceuse et j'ai pu me faire mon expérience. Casque, pour le coup, pour l'histoire du piston. Et bien, pour le coup... J'ai rencontré ça. Ouais. Voilà, pour l'histoire du piston, ça s'est fait. Quand j'ai commencé à être un peu à l'aise dans le métier et tout, en discutant, je me suis dit, tiens, ça pourrait être cool qu'une autre de mes acolytes me rejoigne.
- Speaker #1
Du coup, l'acolyte t'a rejoint.
- Speaker #0
Ça, c'est de l'amitié, ça.
- Speaker #2
Ah, ça, ouais. Ouh là ! Pareil, je viens du dessin à la base. Donc en sortant du lycée, je fais un diplôme en trois ans de métier de l'image. Je sors de là en me disant... Déjà en y rentrant, je savais pas ce que je voulais faire de ma vie. En en sortant, je me dis bon, j'ai envie de faire des livres pour enfants. Et puis en fait, la réalité du métier, c'était pas pour moi. Moi je veux bien bosser pour vraiment... Je veux bien trimmer pour obtenir quelque chose. Mais trimmer pour potentiellement obtenir des miettes ? Non. Pour moi, c'était trop long, etc. Tu fais un dessin, t'en fais 15 000, ensuite tu démarches, etc. Et ton projet, il voit le jour 3 ans plus tard. Non, concret. Du coup, je suis allée bosser en job alimentaire et je bossais en fast-food. Et à cette époque-là, ma collègue, elle entre en formation de perceuse à 150 mètres de là où je bossais. Donc je vais manger tous les midis dans leur salle de pause, comme un petit insecte là. Et puis elle me dit, Chloé, tu veux pas faire du tatouage ? Moi, on m'avait déjà demandé ça plusieurs fois et j'étais, ah non, non. J'ai pas les responsabilités, j'ai horreur de ça, et je me lave les mains de tout ça. Après deux ans de fast-food, j'étais... Ah oui, ah oui. Et du coup, elle me dit, bah, demande à Tommy. Puis un jour, je viens à midi, elle me dit, bah, j'ai demandé à Tommy, il veut te parler.
- Speaker #3
Alors ouais, moi je suis plutôt du genre à la mettre sur le fait accompli.
- Speaker #2
Y'a Toby qui me dit, faut qu'on parle, et il m'emmène dans sa petite pièce derrière. Donc tu veux faire du tatouage ? J'ai eu beaucoup de chance, c'est hyper chaud de trouver un apprentissage. Il faut trouver un tatoueur qui a le temps, qui a l'envie, qui se sent pédagogue. Parce que c'est une dose de patience monstrueuse. Oula, oula la tête, oula ! Il faut pouvoir partager sa clientèle, pouvoir avoir le temps quoi. Il me dit ça, je dis bah oui. Il me dit, nous on va ouvrir notre shop tous ensemble. Le spoil hein ? Un peu après l'ouverture, je te prends en apprentissage. J'ai déjà des choses à faire au départ, mais après je te prends en apprentissage. Et puis on voit. Un an après l'ouverture du shop, un peu après, je sais pas trop. Je suis rentrée. Depuis je m'entraîne gentiment. Moi deux ans d'apprentissage c'est vraiment long. Mais c'est parce que la vie, les choses dans la tête, etc. font que j'ai pris plus de temps et j'ai fait beaucoup de pauses. Mais j'en suis là à essayer de perfectionner, de me dire est-ce qu'aujourd'hui je me sens légitime de dire que je suis pro ou pas, ça dépend des jours. Et du coup j'en suis là.
- Speaker #0
Et juste pour revenir sur le côté apprentissage, comment ça se passe du coup si vous ne savez pas le métier ?
- Speaker #3
Bah non, au début on ne sait pas le métier. Déjà le fait que ce soit une passion et que tu sois toi-même tatoué ou percé ça aide parce que tu l'as déjà vécu, tu le comprends. Et il y a des choses que tu vas tout de suite expérimenter sur toi-même. La taille de tes barres, la taille de tes anneaux, des trucs comme ça pour le piercing. Donc c'est vraiment pas mal. Pour le coup, il faut avoir un bon CV, entre guillemets. Un CV en mode... Amener son CV en mode je suis passionnée de ouf. Il faut montrer qu'on a la niaque. Parce qu'il faut dans tous les cas faire la différence. C'est ça qui est le plus dur, faire la différence. Parce que c'est quand même un métier qui fait beaucoup rêver. Mais quand on regarde nos parcours... La plupart des tatoueurs et des persos ont un parcours un peu comme ça, c'est pas genre... J'ai toujours été passionné et d'un coup je suis devenu passionné. Non, ça n'a rien de romanesque comme ça, ça n'a rien de romantique. C'est... Non, non, pas du tout.
- Speaker #2
Peut-être les nouvelles générations comme ça qui ont baigné dedans dès qu'ils étaient jeunes. Il y en a beaucoup qui ont des rêves dès qu'ils sont ados.
- Speaker #3
Exact.
- Speaker #0
C'est bizarre d'avoir un ado en disant je veux être tatoueur.
- Speaker #3
Ah maintenant si ! Si,
- Speaker #1
maintenant ouais. Bon, après, je prends mon cas. Moi, c'était la bande dessinée, c'était raconter des histoires. Donc c'est déjà le dessin mais on leur a monté quelque chose Mais je me suis assez vite rendu compte que j'étais nul pour écrire une histoire Mais vraiment ! Voilà, et du coup, c'est pour ça que je suis resté après dans l'illustration plutôt. Voilà, on me disait quoi dessiner, je le faisais. Là, on arrive vraiment, enfin, nous, ça fait 4 ans qu'on est ouvert, on a quand même très régulièrement des gens qui cherchent un apprentissage, voire un poste. Et vraiment, c'est des gens qui sont parfois très jeunes, mais qui sont déjà dans cet univers-là depuis très longtemps, finalement. Très démocratisés sur les 15 dernières années, donc c'est pas déconnant, c'est des gens qui sont souvent très jeunes et qui ravitent toujours ce métier depuis très longtemps.
- Speaker #3
C'est ça, voilà, tant mieux, mais le truc c'est qu'on peut pas non plus répondre à autant de demandes. Moi j'ai eu plusieurs personnes qui m'ont demandé en piercing, mais je suis absolument pas pédagogue, donc leur apprendre quelque chose en leur disant bah c'est comme ça, sachant que je suis quelqu'un qui a du mal à expliquer mais plutôt qui va faire beaucoup à l'instinct, parce que pour moi les choses me paraissent logiques et c'est tout, bah déjà là ça va être compliqué. C'est pas possible des personnalités,
- Speaker #0
c'est pas possible des pédagogues.
- Speaker #3
Non je suis pas patiente, je suis pas patiente ni pédagogue, donc je veux pas faire une mauvaise expérience quoi, c'est sûr.
- Speaker #1
Là je fais un petit message à toutes les personnes qui écouteraient le podcast En ayant envie de faire ce métier Pour bien se rendre compte qu'il y a très très très peu de place, je parle pas forcément en chez nous très très très peu de place et il y a énormément de demandes, donc si j'ai 50 personnes qui veulent un apprentissage, je vais forcément prendre celui qui est déjà le meilleur tout bête en dessin, où j'ai pas de base technique à lui apprendre, expliquer ce que c'est que la lumière, la perspective, les proportions enfin on peut pas perdre de temps là dessus pour former quelqu'un, donc faut vraiment se rendre compte que le niveau en dessin, les bases doivent déjà être ultra solides et malheureusement quasiment 95% des gens qui sont passés ici, on est pas là quoi Merci.
- Speaker #3
Il faut être hyper curieux parce que pour le piercing, il n'y a pas un manuel en disant le piercing et la médecine, qu'est-ce que ça donne ? Pas du tout, parce que déjà les médecins nous fuient comme la peste, parce qu'on fait des infractions cutanées, des trucs un peu bizarres, et qu'eux, ils n'aiment pas ça parce que ça ne leur va pas avec leur scanner, les trucs comme ça. Donc déjà, ils ont vraiment une distance avec. Surtout, c'est que les médecins et les chercheurs ne se sont pas posés sur le piercing. Enfin, concrètement, excusez-moi de le dire, mais je pense qu'ils s'en foutent. On n'a pas de médecin qui est spécialisé là-dedans et qui va nous dire, alors la peau, elle fonctionne comme ça, machin comme ça. Donc, il faut être super curieux déjà de base.
- Speaker #1
Il commence à y avoir des dermatologues, un peu.
- Speaker #3
Ouais, après il faut commencer à faire le lien. Là ça commence parce que ça fait boom,
- Speaker #1
de l'art matos qui s'intéressent vraiment au tatouage au piercing sans a priori sans rien. Donc on commence à voir des choses un peu sympa comme ça.
- Speaker #0
Ça fait des siècles,
- Speaker #1
voire des millénaires.
- Speaker #0
Des millénaires,
- Speaker #3
ouais. Ça n'a pas plus la même dimension. Au début, ça avait une dimension beaucoup très spirituelle, très rituelle, très genre de choses. Maintenant, ça a plutôt une tendance beaucoup plus esthétique. plus,
- Speaker #0
entre guillemets, sans préduire.
- Speaker #3
C'est ça, voilà, plus parce que c'est beau. Concrètement, on veut me voir un perso, c'est juste,
- Speaker #1
c'est joli. Et c'est ok, c'est ok.
- Speaker #3
C'est complètement ok.
- Speaker #1
Voilà, chacun en vient avec son avis. Ça peut être purement esthétique ou symbolique, peu importe. Tant que la raison, c'est toi qui l'apprends avec ses personnels.
- Speaker #3
C'est ça, tant que ça fait plaisir à toi, tu peux envoyer le monde là où je pense, comme on dit.
- Speaker #0
Au début, en tant que tatoueur ou persigne, C'est quoi votre premier souvenir de tatouage de personne ?
- Speaker #3
Moi je dirais que c'est le moment où la première fois que j'ai percé, vraiment percé sur la peau de quelqu'un. Ça m'a fait un... En fait ça fait bizarre parce qu'on est d'un coup hyper concentré. En fait j'ai occulté complètement tout ce qu'il y avait autour de moi, j'étais hyper concentrée. Pour ceux qui peut-être écoutent le podcast, si ils sont dans le métier, c'était un hélix quoi, c'était pas... Un hélix c'est en haut de l'oreille au niveau du cartilage, il est très demandé d'ailleurs. Il est plutôt simple à faire. Quand j'ai vraiment fait mon truc, j'ai percé, j'ai fait mes soins, j'ai vraiment tout fait. une fois que j'ai complètement terminé, je me suis rendue compte en fait il y a une espèce de petite adrénaline qui est montée je me suis dit, waouh je l'ai fait et là j'étais toute euphorique C'était assez drôle, j'ai bien aimé. Moi,
- Speaker #2
la première fois que j'ai tatoué quelqu'un, c'était assez drôle parce qu'avec toute cette histoire de « bon, j'ai peur des responsabilités, etc. » , là, c'est le jour où tu vas faire quelque chose sur quelqu'un, c'est ton pote en plus, il a pitié de toi, bref. Je sors la machine et moi, j'ai une bonne sensibilité des textures, genre il y a vite des trucs qui me dégoûtent. Et là, je mets l'aiguille dedans, je fais mon premier trait et je dis à Tommy « et ça me dégoûte » . Ah, ça me dégue ! J'ai l'impression de traverser de la viande, c'est horrible ! C'est vite parti ! Mais vraiment ma première réaction c'était qu'est-ce que je vais devenir si j'ai passé tout ce temps et qu'en fait ça me dégoûte. C'est vite parti mais je sais que c'était directement ça. Voilà !
- Speaker #0
C'est pas normal qu'ils s'entraînent pas sur des pots de porc ?
- Speaker #2
Si mais ça n'a rien à voir. Ça imite le plus possible mais une fois que t'es dans quelqu'un c'est pas tout à fait la même texture puis c'est à toi de voir jusqu'où tu vas. T'as la personne en face, tu sens vraiment c'est de la viande. Je plante de la viande là. C'est comme ça que je l'ai vécu en tout cas.
- Speaker #1
Mon plus gros souvenir tatou, c'est vraiment le premier tatou. Alors pour l'anecdote, mon premier tatou, je l'ai fait sur moi. Je me suis auto-tatoué pour commencer et c'était aussi mon premier tatouage tout court. Voilà, je n'avais pas de tatouage avant de commencer à m'intéresser à ce métier parce que mon boulot d'avant, c'était un truc où je ne pouvais pas trop me permettre d'avoir de tatouage très apparent, très visible. Le premier tatouage, c'était sur moi, c'est à l'intérieur du mollet. Bon, clairement c'est pas dingue, c'est un premier essai on va dire, mais le fait de se tatouer soi-même, il y a un côté où sur le coup tu te dis, putain je me fais mal à moi, pourquoi ? Qu'est-ce que je suis en train de faire ? Pourquoi je m'affiche ça ? J'ai pas besoin de ça ! Et assez rapidement, le cerveau court-circuit un truc, on a la sensation de tatouer, mais l'information de douleur est plus là. C'est assez bizarre se tatouer soi-même, mais en vrai c'était cool, je l'ai refait il y a pas très longtemps. C'était cool.
- Speaker #0
T'as croisé les jambes, t'étais fait comme ça ou t'avais un miroir ?
- Speaker #1
Non, j'étais assis, j'avais posé la jambe sur une table au-dessus. J'étais plus jeune et plus souple à l'époque, j'avais réussi à m'avancer pour pouvoir tatouer. Oui, moque-toi Chloé, j'étais jeune à l'époque.
- Speaker #3
Putain de temps.
- Speaker #1
Putain de temps.
- Speaker #0
Il est pas si vieux, vous avez pas dit mal, mais ça va.
- Speaker #3
C'est lui qui dit qu'il est vieux.
- Speaker #1
Mon corps me dit que je suis vieux.
- Speaker #0
Pour vous, quelles sont les compétences pour faire votre métier en termes d'artistique, relationnel ou purement technique ?
- Speaker #3
Science en premier. Il faut être patient.
- Speaker #2
Patient pour l'apprentissage du travail, pour bien le réaliser et ne pas rusher. Et puis pour les gens aussi. On fait du mal, enfin on fait mal, on ne fait pas du mal, mais on fait mal aux gens. On ne peut pas se permettre de ne pas penser à eux et de rusher ou alors de ne pas être présent. Il faut travailler et parler aux gens, les rassurer, ne pas les abandonner sur leur chaise pendant que tu fais ta vie. Il faut être patient sur tous les plans. Pour moi, c'est le principal, déjà.
- Speaker #3
Il faut être aussi curieux, donc comme je disais au début, il faut être vraiment curieux, se renseigner, vouloir apprendre au maximum, parce que la peau ça change, c'est une matière vivante, donc il faut pouvoir, à chaque fois qu'on commence un piercing, c'est toujours un nouveau piercing, c'est comme si on venait de le faire pour la première fois, parce que cette peau on l'a jamais eu sous les mains, donc c'est toujours le premier, et il faut avoir la curiosité d'essayer de comprendre comment ça fonctionne, il y a des peaux qui vont avoir des réactions qui sont impressionnantes, il faut essayer de comprendre d'où ça vient, etc. pour déjà comprendre si nous on a fait une bêtise, s'il y a eu un problème avec la personne ou s'il y a un autre truc extérieur. Parce qu'on ne peut pas donner de diagnostic non plus, mais on peut au moins guider et dire non, t'inquiète pas, ça va, ou oui, ça va pas, et on lui explique plus ou moins qu'est-ce qui va pas. Donc curieux, se renseigner au maximum. Il faut aimer ingurgiter de l'information.
- Speaker #1
Alors pour moi, il en faut plein !
- Speaker #2
Tu choisis, Tony.
- Speaker #1
On commence par une à chaque fois. Je suis entièrement d'accord avec les deux autres qualités qui ont été citées par mes collègues, et je vais rajouter un truc important que... parfois personne manque l'humilité comme a dit céline du jour au lendemain on sait pas ce que la peau nous réserve les personnes les peaux les zones tout change à chaque fois c'est jamais sûr c'est jamais acquis il faut vraiment être toujours en se remise en question permanente pour te permettre de te dire ok je suis là mais mais on va je peux encore faire mieux et surtout à tout moment pas avoir une surprise un truc qui va pas il faut être capable de corriger de fin ce qu'on fait est un peu définitif quand même dans la peau. Le droit à l'erreur, il n'est pas là. Donc si on arrive en terrain conquis parce que deux jours avant, on a fait une ligne pas mal sur un avant-bras et que là, d'un coup, on a une chose à faire sur une côte de quelqu'un dans ses premiers tatouages et qu'on se dit « Oh, easy, je l'ai fait il y a deux jours. » Ouais, non, ça va très mal se passer. Il faut être capable de se dire « Ok, remise en question. » « Ok, je peux faire mieux. » « Ok, là, ce n'était pas vous. » tous les jours, tout le temps.
- Speaker #0
Comment ça se passe pour...
- Speaker #1
Voilà, vous rétabliez la demande de la personne,
- Speaker #3
pardon. Ça va commencer déjà par passer par la personne, parce que c'est généralement moi l'accueil. C'est un peu généralement ça. Nous poser des questions, nous dire au maximum ce qu'on désire, parce que pour le coup, des fois on arrive, on disait « Ouais, j'ai trop envie d'un tatouage, Non, c'est pas ma peau. Je vais pas choisir pour toi, parce que c'est pas ma peau. Et que si moi je choisis un endroit parce que je le trouve très esthétique sur toi, mais que toi tu le détestes, ben on est vite embêté. Ou si par exemple moi je préfère te faire une baleine et que lui il préfère te faire un nuage, on est sur deux mondes différents quoi. Donc on peut pas venir juste en disant « je veux un truc » . Non.
- Speaker #1
Et en là, il faut...
- Speaker #3
Ça marche pas trop quoi. Il y en a certains qui arrivent, mais enfin... C'est définitif, tu... Voilà, réfléchis. En fait, donne-nous une base et on te trouvera quelque chose. Voilà. Parce que moi, si je préfère te faire un nombril mais que tu veux le nez, on va bloquer. Donc, juste donne-moi une base et on trouvera quelque chose. Je veux par exemple changer un bijou, j'aime le bleu, je vais te montrer tout ce que j'ai de bleu, je vais te montrer des choses. En fait, il va falloir qu'on discute et qu'on fasse un petit bonhomme de chemin vite fait pour pouvoir comprendre qu'est-ce que tu désires, est-ce qu'il y a quelque chose que je peux te montrer que toi t'avais pas capté mais que moi je trouve très joli et que je pense qu'il peut aller. parce que j'ai un regard plus objectif entre guillemets vu que je te connais pas, ce genre de choses, et puis juste arriver avec une base de tattoo, bah ouais, c'est pas mal pour commencer.
- Speaker #1
Généralement, avoir déjà une idée en tête de ce que tu veux, qu'est-ce qu'on fait, où on le fait, quelle taille on le fait, alors je parle pour le tatouage, c'est les trois éléments qu'on a besoin de connaître pour savoir, bah déjà tout bête, si on peut te proposer quelque chose, parce qu'il y a énormément de styles en tatouage, Peut-être tout ce que tu veux, on n'est pas les bonnes personnes pour le faire. et dans ce cas là on va t'orienter du mieux qu'on peut si c'est un truc que nous on peut faire, ça a grand plaisir donc dans ce cas là il y a plusieurs façons de bosser moi j'aime bien avoir un premier mail de débrief pour faire un premier tri, c'est à dire déjà est-ce que je suis la bonne personne, nous on va avoir un tel est-ce que le projet il est viable, la personne veut 28 000 éléments mais sur 5 cm au niveau du poignet et donc c'est pas possible, c'est pas viable, le tatouage ça vieillit la peau ça vieillit donc il faut tout anticiper dès la création du motif donc à nous d'orienter, le mail permet de faire un premier tri, le fait de devoir en plus écrire un mail pour les clients ça les force aussi eu à l'écrit à l'écriture de rang de prendre du temps d'écrire et de scinder leurs idées alors qu'à l'oral souvent ça part dans tous les sens et en fait on n'arrive nulle part donc moi j'aime bien ce premier mail de débrief histoire d'aller écrire et certains d'aller dans la bonne direction c'est la même chose moi
- Speaker #3
j'aimerais peut-être rajouter un petit truc c'est que maintenant il y a aussi pas mal de vulgarisation avec les émissions de tatouage comme si ils débarquaient ils disaient un truc un peu abracadabra et nous d'un coup on va faire oh je suis inspiré et on va commencer à faire des trucs de ouf Non, ça ne fonctionne pas comme ça. Le tatouage et le piercing, je trouve, c'est... On travaille à deux. On travaille ensemble. On travaille avec la personne et nous-mêmes. Donc nous, on va apporter notre savoir-faire, mais toi, tu vas nous apporter les idées, tu vas nous apporter un peu d'inspiration quand même. Tu vas nous apporter aussi... En fait, on va travailler ensemble. Moi, je peux faire juste le petit... Comme je dis toujours, je fais juste le petit trou dans la peau. Le reste des soins pour vraiment déterminer si tu vas le garder, s'il va vivre, s'il ne va pas migrer, s'il ne va pas s'infecter, c'est aussi à toi de le faire. donc c'est pour ça que je dis toujours on travaille ensemble moi je trouve en tattoo c'est ça aussi on travaille ensemble parce que la peau elle change si tu fais pas tes soins correctement les lignes vont sauter, l'encre va pas rester bien fabriquée dans la peau le tatoueur il aura beau faire ce qu'il peut, si tu fais n'importe quoi avec tu vas te baigner dans la mer par exemple on va avoir une catastrophe ou deux c'est important d'avoir ce truc là c'est comme tu l'as dit,
- Speaker #1
c'est un travail d'équipe on nous apporte j'aime bien appeler ça la ligne directrice le fil rouge du projet donc derrière on va apporter la technique Merci. on va dire, on a besoin de savoir où aller car comme tu disais, un jeune qui arrive en disant je veux un tatouage, je sais pas ce que je veux, je l'ai vécu anecdote, c'est du vécu, dans le shop où on était tous avant, il y a un jeune homme qui est venu pour une manchette complète, donc la manchette c'est poignée à épaule, donc le bras entier qui, ouais voilà, donc il me dit je vais faire une manchette complète, ouais super, tu veux quoi ? et là il me fait, bah je sais pas, et il me sort la phrase qui est incroyable, qui est lunaire, elle me dit qu'est-ce qui m'irait bien ? Voilà. Je connaissais ni Dave ni Dadan, et là j'ai vu une phrase, en vrai je crois que je l'ai vexé, c'était ultra méchant, mais directement je sortais un truc, je dis « je suis désolé, je suis pas tatoueur visagiste » . Et voilà, avec recul c'est ultra méchant. Sur le moment on s'est sortis du tac au tac, et je crois qu'il s'est barré, j'ai jamais revu ce jeune homme. Si tu es là en train de m'écouter, désolé, c'était pas méchant. Et ce genre de choses, c'est souvent. trouvons-nous une idée,
- Speaker #2
trouvons-nous un truc les gens ils pensent qu'en fait ils nous visualisent un petit peu comme les espèces d'artistes poètes, artistes contemporains ou je sais pas trop quoi qui vont créer des choses à partir de rien et qui sont toujours ultra inspirés on est inspiré mais pas inspiré par rien on peut avoir nos idées super perso elles vont pas nous venir quand on voit une personne quand ils nous disent faites ce que vous voulez ou je suis l'artiste ça fait plaisir tu te dis il nous fait confiance mais en fait là je sais pas ce que j'explique à mes clients c'est que je crée des images, je crée pas des concepts toi tu viens avec ton concept de ne pas être le scénariste à la base de ton projet en fait. L'image, je peux la broder tant que tu veux, tu peux m'amener que des tout petits détails à la limite, tu me donnes un mot clé de ce que tu veux et plein de trucs que ce que tu veux pas. Tu peux faire quelque chose, mais il faut que tu aies du contenu.
- Speaker #1
Ce sont les personnes qui me disent, qui viennent avec l'idée de ben je sais pas, fais ce que tu veux. Je leur dis systématiquement la même chose, ok tu appartiens à un catatouage Dragon Ball.
- Speaker #2
J'aime bien Dragon Ball.
- Speaker #1
Ça peut marcher. Et là, je leur dis oh non, non, non, on me dit non, non, pas envie, pas là, non. Bah tu vas quand même.
- Speaker #3
petit peu j'étais et puis pour le piercing toujours c'est vraiment oui je veux un père je veux par exemple un élix et moi en fait ce que je vais faire c'est que je vais penser aussi à plus tard parce que des fois on commence avec un piercing mais des fois on va en rajouter un petit le parti un petit traqueuse par là un plein de petits personnes un peu partout sur l'oreille on en a quand même une bonne dizaine de pas sur plein de zones je vais réfléchir avec toi à potentiellement plus tard malade a par exemple un super espace pour satin super espace pour ça tu peux bien faire telle ou telle chose et en fait ça fait qu'on va placer ton ton par exemple tourner les ce que tu veux de base, à un endroit un peu bas ou un peu haut pour essayer de... justement aller avec le total parce que beaucoup de personnes pensent que le piercing on fait juste un petit trou et puis on se barre non le piercing c'est aussi une forme de je cherche à embellir par exemple trouver que bah là je peux relier avec une chaîne là je peux faire un truc par là là on peut te créer ici on peut te faire cette boucle d'oreille là tu portes une boucle d'oreille toujours que tu portes tout le temps par exemple c'est de la perle et ben je vais essayer de trouver quelque chose qui va aller avec de la perle mais je vais vraiment te créer une comme des vêtements en fait tu arrives avec ton vieux t-shirt bah moi je te fais toute une tenue c'est limite un travail de bichoutier un peu un peu mais on n'est pas encore totalement sur ça c'est un on est c'est plutôt En fait, ce qui est dommage, c'est que je trouve que la bijouterie et le piercing, ce serait ultra complémentaire, mais qu'on est toujours séparés, comme si la bijouterie, c'était du luxe magnifique, et que le piercing, c'était que du underground sévère.
- Speaker #1
Bah c'est ce que pensent les bijoutiers, ouais.
- Speaker #2
Oui, mais non !
- Speaker #3
Concrètement, je veux dire, beaucoup de personnes disent, non mais le lop, c'est pas un piercing. Si, un trou dans le corps, c'est un piercing.
- Speaker #0
Bah oui,
- Speaker #1
tu vas m'arrêter, tu fais... Alors, ça,
- Speaker #0
Alors j'ai fait le cliché bien horrible, mais c'est un piercing.
- Speaker #3
C'est ça, mais c'est un piercing. Mais le mieux c'est de le faire faire par quelqu'un qui s'y connait vraiment.
- Speaker #0
C'est les pauvres bandes de Marie Claire, force à elles.
- Speaker #1
Non, on ne le fait pas. Un petit point légal, si vous voulez, légit. En shop de Tattoo & Piercing, on a des normes d'hygiène qui sont ultra balèzes. De toute façon, ce qui vous arrive, rien. Il y a une exception à ces normes d'hygiène, c'est les bijouteries. Les bijouteries ont le droit de ne respecter aucune des normes d'hygiène qu'on nous impose à nous. En termes de stérilité, en termes de box, piercing, en termes de tout, tout, tout, tout, de matériel, de matière utilisée. Voilà, les bijouteries ont une exception, alors que nous, on nous impose des règles d'hygiène vachement balèzes. Donc voilà. C'est un truc qu'il faut savoir.
- Speaker #3
Mais bien sûr, et aussi à savoir, c'est justement dans ces normes-là et dans ce truc légal, ils n'ont le droit de faire maintenant que des lobes d'oreille. Rien d'autre que du lobe d'oreille. Le nez et la narine aussi. Et la narine, voilà. Lobe d'oreille et narine. Le reste, ils n'ont absolument pas le droit de le faire. C'est passé récemment, j'ai regardé un petit peu la loi. Donc au cas où...
- Speaker #2
Un tragus ou un hélice, comme on en voit au pistolet, c'est une abomination. Parce que du coup, le pistolet, c'est pas une aiguille qui troue la peau, c'est une pointe qui va
- Speaker #3
déchirer la peau et le cartilage et traverser un cartilage avec ça c'est quand on le sait juste quand on sait comment c'est fait c'est des problèmes assurés moi je dis toujours c'est comme découper de la viande avec une cuillère tu vas peut-être y arriver mais crois moi que la viande elle ressemblera plus à rien
- Speaker #1
Ca arrive souvent qu'aujourd'hui j'ai répondu à une dizaine de mails j'en ai refusé quatre pas alors je prends exemple aujourd'hui il y en a un dont c'était pas du tout mon style dont j'ai orienté la personne chez quelqu'un qui fera mieux que ça pas mieux que moi pour faire ça voilà et les trois autres c'est juste que c'est pas viable du tout il ya comme demande de faire trop de choses sur une petite surface de quelque chose qui est payable qui dans deux ans trois ans va être illisible et dégueulasse et ça c'est vraiment les raisons principales pour lesquelles je refuse des gens le 13 ans qui a ça c'est un peu calmer je trouve mais ça arrivait très souvent C'est des gens qui ont zéro tatou, souvent très jeunes, pas stable dans leur vie professionnelle, etc. Et qui veulent un fuck sur les doigts, une tête de mort sur la gorge, des zones où on ne pourra jamais les cacher. Et on est quand même encore dans une société où le tatouage et le piercing, selon les piercings, peuvent être un peu... connotés de façon un peu négative. Je ne sais pas, si demain tu veux faire assureur, avoir un fuck sur les doigts, je ne pense pas que l'entretien d'embauche se passera super bien. Donc voilà, s'il y a des zones du corps comme ça où tu ne peux plus les cacher, je pense que c'est à nous d'avoir un peu d'éthique et de refuser le projet, ne pas être responsable de ça et peut-être qu'avec un peu de chance, le client nous écoutera et nous remerciera plus tard.
- Speaker #3
Moi, quand je refuse des piercings, c'est plutôt par exemple en termes de morphologie. Pour moi, la personne n'a pas la bonne morphologie. Après, personnellement, je laisse toujours le bénéfice du doute, donc j'essaie de demander quand même à plusieurs perceurs. Parce que par exemple, je vais juste pas me sentir de le faire. Et c'est ok, ça veut dire que je connais mes limites et que je sais que là, je me le sens pas et j'ai pas envie de faire n'importe quoi. J'ai pas envie que tu stresses aussi parce que tu sais pas si je fais n'importe quoi ou pas, donc ça par exemple je refuse. Il y a les génitaux que je refuse aussi par exemple, parce que tout simplement je me suis pas encore entraînée dessus. Donc je maîtrise pas du tout, je connais la théorie, je connais comment ça marche, mais les fers et la cicatrisation je ne connais pas. Donc je préfère orienter vers quelqu'un qui sait les fers. Voilà parce que c'est des zones qui peuvent être vite très douloureuses et qui peuvent vite aussi s'infecter facilement aussi. Je préfère carrément laisser les soins aux personnes qui font ça depuis longtemps, faire les choses quoi, y'a pas de soucis. Ou des fois tout simplement, y'a un truc qui est percé de chez, je citerai pas de nom mais voilà, des petits boui-boui ou des vieilles enseignes un peu bijouterie, ou même bijouterie niveau zéro, je sais pas comment dire ça.
- Speaker #2
On va voir la maison avec une aiguille et une pomme de terre.
- Speaker #3
Voilà, ouais, ouais, une aiguille, une pomme de terre, une aiguille, un citron, une aiguille, des glaçons. Une punaise ? Ouais, j'ai eu des... Ouais, une punaise, une fléchette. J'ai eu une fléchette, ouais, je crois. Une fléchette, une narine dans une fléchette. Bah ça, par exemple, je veux pas y toucher. En fait, bon, désolé de dire ça, mais vous vous êtes foutus dans la M, sévère, voilà. J'ai pas envie que quand je viens ici d'améliorer les choses, qu'il y ait le moindre truc. une infection ou quoi que ce soit
- Speaker #0
Que tu viennes t'en prendre à moi alors que c'est ta bêtise. Vraiment, je peux pas. Ça, je refuse. Je préfère... Franchement, débrouille-toi. Je suis désolée. Je dis débrouille-toi. Tu vas voir la personne qui te l'a fait ou si c'est toi-même, tu te débrouilles avec toi-même. Je peux te donner des conseils, mais j'y toucherai pas.
- Speaker #1
Un piercing qui va bien, qui a été fait dans un endroit pas safe, mais qui va bien, elle peut essayer de travailler autour, il n'y a pas de souci. Elle met des bijoux dessus, etc. Mais un truc qui arrive directement avec des problèmes, ouais, vaut mieux pas te mettre en porte à foi avec ça.
- Speaker #0
Et bien sûr, je refuse aussi tout ce qui est déjà infecté. C'est-à-dire que Tu peux filer un petit coup de main pour changer juste le bijou, pour essayer de, on va dire, faire travailler autour du piercing plutôt que de l'enlever définitivement. Par contre, tout ce qui est infection, c'est à un médecin de s'en occuper parce que c'est une maladie. Quand t'es malade, tu vas voir le médecin, tu vas pas voir le plombier. Pour moi, c'est logique. Je vais te dire, ah bah là, t'as des signes infectieux, je pense que tu devrais consulter un médecin. Je t'enlève le doute et puis c'est tout. mais vraiment c'est vraiment à vue de nez je te dis juste consulte un médecin dans le moindre doute je dis consulte un médecin c'est tout quel est le tatouage ou le persil qui vous a le plus marqué ?
- Speaker #2
soit que vous avez vu sur quelqu'un ou que vous avez réalisé vous-même.
- Speaker #0
Ah ouais, j'en ai un.
- Speaker #2
Alors, vas-y.
- Speaker #0
C'était un conche. Donc, c'est vraiment l'intérieur de l'oreille. Donc, percé à l'intérieur de l'oreille. Et en général, ils sont très proches du bord. Parce que c'est logique, il faut rester dans la conche. Et en fait, je ne sais pas comment le perceur s'y est pris. Mais il a percé de manière à ce que ça prenne la profondeur de l'oreille. Enfin, c'était limite la peau du cou qui était attrapée. Je me suis dit, mais... Comment t'as fait ça ? Vraiment, je me suis dit, j'avais juré le professionnel en face, je lui ai dit « mais ça va pas, t'avais bu, tu voyais pas clair, qu'est-ce qu'il s'est passé ? » L'erreur est humaine, mais là quand même, il fallait lui dire que c'était une erreur et recommencer.
- Speaker #2
Dans le genre, il y avait eu aussi, pendant la période où on mettait tous des masques, où, il va falloir que je parle, on avait vu passer sur les réseaux un mec qui se font une annexe et qui s'est fait percer dans une enseigne, on va dire, de bijouterie bas de gamme. au pistolet et la personne avait percé en même temps l'oreille et la cordelette du masque ça fait le tir de réseau dans ce genre c'était pas mal et puis pareil un dace donc c'est celui qui est à l'intérieur de l'oreille,
- Speaker #0
l'anneau à l'intérieur de l'oreille beaucoup de gens pourront voir un peu ce que c'est la dame elle me dit oui je voudrais changer mon dace et moi je regarde, je regarde, je trouve pas de dace y'a pas ce piercing, c'est pas ça qu'elle a je dis tu l'as plus ? et elle me dit non non si je l'ai, je l'ai, là je le porte Je me dis mais il est invisible, c'est moi qui vois pas clair, ça y est je défaillis. Et en fait non c'était un anti-élix. En fait la personne lui a vendu ça, en plus je crois que c'était sur, elle s'est fait percer sur Chambéry. Je dirais pas le nom bien sûr. Et vraiment c'était sur l'anti-élix quoi. Et je lui ai dit mais c'est pas un Deiss, c'est un anti-élix que t'as. Et elle me dit non non si si, et je lui montre, je lui dis ça c'est une photo de Deiss. Et elle me fait ah ouais bah c'est pas ça, je lui dis bah ouais il t'a un peu mytho là. donc on a trouvé un bijou pour aller avec mais c'était pas ça et le dernier c'était une petite fille 4 ans Donc percer en bijouterie, c'est pour ça que j'aimerais bien que tout le monde... S'il y a des mamans ou des papas et des grands-pères, tout le monde, qui veulent faire percer leurs enfants, s'il vous plaît, pas en bijouterie. Attendez un âge précis, attendez 10 ans, ça serait cool. Parce qu'à 10 ans, au moins, ils peuvent gérer les choses, ils ont l'oreille qui est quand même un peu formée, ils ont grandi, ils vivent pas les choses aussi difficilement que quand ils sont petits. Mais quand je me rends compte que la maman vient me dire « Bon, on a fait des photos d'identité, je voudrais remettre la boucle d'oreille. » Moi je vais pour essayer de remettre la boucle d'oreille en essayant de faire le plus doucement possible parce que vraiment 4 ans ça se voit pas, je garde la face de la pro mais je suis en train littéralement de pleurer intérieurement, j'ai peur pour elle quoi. Je me retourne, la boucle d'oreille avait traversé le conche donc en gros elle a 4 ans, elle avait déjà sans le vouloir un cartilage, c'est très douloureux et je comprends pourquoi la petite me fuyait et avait ce truc de sursauter, de pas être à l'aise, bah oui parce qu'elle a vécu quand même quelque chose qui est douloureux alors qu'elle aurait dû être moins douloureux, enfin pas si douloureux que ça. comme un vaccin, elle a vécu quand même un cartilage. C'est triste. Donc, je n'ai rien mis. Et je lui ai dit d'aller voir la bijouterie, de leur dire qu'il y a un problème. Il faut régler ça. C'est un égo.
- Speaker #1
Ça ne me vient pas,
- Speaker #0
là. C'est pas grave. Merci.
- Speaker #2
Dans le genre, je ne sais pas si tu as des questions concernant les tatouages ou persignes qu'on trouvait ouf ou alors catastrophiques. En tout cas, positif, vous pouvez aussi. Dans le genre catastrophique, malheureusement, on en voit souvent des tatouages à rattraper alors ça non seulement j'en ai vu mais tu sais quoi je vais m'avouer un truc ici, j'en ai même fait mais c'est pas ma faute la cliente m'a envoyé le lettrage à faire tel quel je l'ai tatoué tel quel et quelques semaines après elle m'a écrit oups, il y a une lettre à la fin que je n'ai pas à voir donc on l'a rattrapé on a fait un truc, c'est nickel, on ne voit pas la différence ce genre de choses, du coup je l'ai fait ce que pour... Ouais quand c'est pas ma langue maternelle moi je me dis un truc je l'écris tel quel voilà mais les tatouages vraiment ratés, peau fracassée ça se voit malheureusement très très très très souvent. Dans le genre tatouage ouf par contre moi je suis toujours impressionné par les tatouages que je peux voir en convention. On va avoir des gens qui sont tatoués 2, 3, 4 jours d'affilée, toujours hyper impressionnant de voir à quel point le niveau de ces tatoueurs là peuvent tatouer trois jours d'affilée une personne sans déchiqueter la peau. J'avais demandé à Normand de taper les cannes fatiguées. Ouais, ouais, ouais. Moi, c'est un truc, voilà. C'est une action de la sélum. Tatouer plusieurs jours d'affilée, j'ai jamais fait. J'aimerais bien avoir l'occasion un jour de trouver un client, si jamais vous êtes intéressé par ça. Je passe une annonce. Mais voilà, c'est vraiment un exercice assez particulier. Voir des tatoueurs qui arrivent à faire vraiment des 3 fois 10 heures de tatouage d'affilée. Déjà, il faut rester concentré. Voilà, déjà ça, et qu'ils sortent des pièces d'un niveau monstrueux. et en plus que la peau n'est pas défoncée, la pièce est clean. Franchement c'est assez impressionnant quoi.
- Speaker #0
Des compos de piercing des fois on peut observer des bijoux qui sont tellement détaillés, tellement finement faits que on reste là, juste on a la bouche ouverte on fait waouh, oh j'adore ! C'est ça quand on voit un beau bijou de qualité ou quand moi c'est quand vous revenez avec vos piercings qui sont tout bien beaux comme ça, là vous en avez pris tellement tellement soin comme votre bébé mais moi ça me ça peut me faire pleurer je vous le dis. moi je me remets pas après je me dis c'est ça qu'on a fait ensemble C'est vraiment ça, je suis hyper fière. Ah mais, c'est mon bébé, vraiment. Je suis hyper fière. C'était tout petit avec qui j'ai fait des lobes d'oreilles et avec qui ça s'est incroyablement bien passé. Je suis vraiment aux anges quand ils sont comme ça. Quand je vois un quartier, je reviens hyper bien. Pareil, quand on discute piercing avec un collègue aussi et qu'ils nous montrent un peu ce qu'ils ont fait et je vois des piercings qui sont à tomber en termes d'angle, en termes de touche.
- Speaker #1
C'est trop beau.
- Speaker #2
Et toi, est-ce que tu as un souvenir positif ?
- Speaker #1
Merci. Ça n'a rien à voir mais j'ai un petit truc relativement mignon, c'était il n'y a pas si longtemps. Je suis un peu tatillante sur mon travail, je ne suis jamais contente, mais c'est un peu le cas de la moitié des gens dans le métier j'imagine. Un tatouage que j'estimais avoir réussi, que pour moi j'avais foiré aucune ligne et aucun ombrage. La dame elle revient, en plus c'était une maman qui renaît parce que c'était son premier tatouage et en fait sa fille je l'avais tatouée quelques mois avant, c'était aussi son premier tatouage, donc elle m'a ramené sa maman, je la tatoue. Je suis contente du tatou sans exception, elle revient un mois et demi après, j'ai pas à faire de retouches non plus. C'est là genre, voilà je suis contente, je suis contente et je suis contente, voilà c'est très bien.
- Speaker #2
De façon générale on est quand même toujours hyper content quand un tatouage revient ou un piercing revient, cicatrisé nickel. La cicatrisation on se rend pas compte à quel point c'est 50% du résultat final et cette partie là nous on est pas derrière vous au quotidien quoi. Donc c'est vraiment au client de la gérer et quand vraiment le client a tout bien fait, tout nickel, tout pris soin et que la personne revient Exit parfait, mais c'est un niveau de satisfaction qui est quand même incroyable. Un gosse à Noël.
- Speaker #0
Ah ouais, un gosse au milieu de l'usine à Rébo.
- Speaker #2
Comme tu disais Céline, c'est vraiment genre c'est nous on a fait ça tous les deux.
- Speaker #0
On est grave à fourrer. Ou bien même s'il y a des difficultés de cicatrisation, mais quand on le bosse ensemble, vraiment jusqu'au bout, qu'on persévère, qu'on trouve des solutions et vraiment qu'on n'y va pas à pas ensemble en se tenant vraiment main dans la main, ça aussi c'est top parce qu'on voit la confiance mutuelle qui se crée. Et ça, ça fait plaisir parce que quand même, on nous confie de la peau, on nous confie des parties du corps qui peuvent être super visibles. Et pour le coup, qu'on nous fasse confiance comme ça, c'est très gratifiant. Ça fait ultra peur, mais c'est aussi ultra gratifiant, surtout quand on y arrive tous ensemble et qu'on arrive enfin à le faire cicatriser, enfin à vraiment avoir ce truc bien net, bien beau et qu'on finit par changer ce bijou final. On est super fiers ensemble.
- Speaker #2
la cicatrisation c'est une partie où tout peut se passer et parfois on l'a tous vécu des clients qui ont beau faire tout ce qui est nickel tout le soin etc malgré ça parfois ça se passe pas ouf et à l'inverse je connais des clients Elisa je parle de toi je balance des noms qui ne respectent rien au niveau des soins et qui malgré tout font des cicats nickel et rapide en 10 jours c'est le moyen des 3-4 semaines elle en 15 jours c'est torché elle va se baigner, elle se met au soleil Merci. fait n'importe quoi et jamais eu à faire une moindre retouche.
- Speaker #1
Il faut pas suivre ce qu'il est en train de dire là.
- Speaker #2
Voilà, ne faites pas ça. Mais voilà, il y a déjà des gens comme ça qui font n'importe quoi et c'est nickel. Et il y a des gens malheureusement qui font tout tout tout bien et c'est... Parfois, voilà, ça se passe mal. Ouais, on travaille sur l'humain, mains je dirais il peut tout peut se passer Et généralement, tout se passe de toute façon. C'est la loi de Morphée. Tout ce qui peut mal se passer, se passera mal. On est là-dessus. On a tous vécu des cycles et galères. L'important, c'est que si les clients continuent de nous faire confiance, l'avantage, c'est qu'on récupère les trucs, on ne va pas lâcher. Le but, ce n'est pas de mettre la poussière sous le tapis. On n'est pas là-dessus. C'est ça aussi, c'est être professionnel, être tatoueur. Il peut se passer un milliard de trucs. Le truc, c'est de bien réagir et d'aller au bout de ton projet avec ton client. Il se passe mal un truc, ok, comme je disais tout à l'heure, remets ton question. comprends qu'est-ce qui s'est passé et on va au bout.
- Speaker #1
C'est pour ça qu'on donne des conseils de soins, on exagère, on les enveloppe dans du papier bulle. Quand on leur dit, là tu ne pourras pas te baigner pendant un mois, ni exposition au soleil, non, même si tu as un tatou sur l'épaule, tu ne vas pas mettre les pieds dans l'eau, parce que s'il y a une goutte, 99% des gens n'auront pas de problème, mais si c'est toi qui as une infection, ça peut devenir sévère. Donc est-ce que tu veux jouer à la roulette russe ou pas ? Nous on te dit que ce n'est pas bien. Pareil on dit tu mets pas tes doigts sales dans la crème pour le tatou En fait Tout ça, ça pourrait être pas fait, parce que la plupart des gens, ils ont rien. Mais on préfère leur dire, fais-le pas dans le doute.
- Speaker #2
au moins tu minimises le risque voilà bonne transition quel aspect de votre métier les clients n'est pas en ligne côté il ya quoi d'autre le côté administration il ya des gens qui pensent qu'on est millionnaire vraiment les gens qui pensent qu'on gagne des sous et des souris non non faut vraiment voir les choses bien dans le monde par contre c'est le gestion avant d'être tatoueur ou perceur on est surtout entrepreneur on est à d'autres comptes donc ça veut Ça implique l'administratif, la gestion, la paperasse. Ça, c'est juste pour la partie entreprise. Derrière, je parle pour le tatouage, les dessins, ils ne sortent pas par magie. Ce n'est pas ChatGPT qui nous les sort. Il y a du temps de dessin et c'est très régulièrement qu'il y a autant de temps de tatouage que de temps de dessin. Et parfois même plus. Un tatouage que je vais réaliser en deux heures, peut-être j'ai passé cinq, six heures sur le dessin. Et le client, le jour J, il ne verra que ces deux heures-là, lui. Il ne se rendra compte que de ce temps de travail-là, pas de ce qui est en amont. plus le projet va être vague et compliqué et technique. Plus je peux passer des heures et des heures et des heures. Et ça, c'est un travail clairement invisible. C'est vraiment, je pense, la partie où les gens ne se rendent pas compte. L'hygiène, maintenant, ça s'est bien démocratisé. Les gens se rendent compte à quel point on a tout un process. C'est un truc très ghetto, mais à part ça, la plupart des gens sont... Bien sûr, c'est entrer dans les mœurs. Quoique, mine de rien, ce n'est pas un acte anodin. C'est de l'effraction cutanée. Donc, on est plutôt cadré à ce niveau-là. Mais le parti, vraiment, le dessin en amont, la gestion en amont, le répondre aux mails, faire les devis, Tout ça, c'est un truc assez lourd. Moi, je passe plus de temps par semaine à faire tout ça qu'à tatouer. Tatouer, je pense que maintenant, si je fais une moyenne, c'est 30 à 40 % de mon temps de travail. Tu travailles combien de temps par semaine ? Tu peux me rendre compte ? 50, 55, 60 heures. Entre l'administratif, le dessin, la gestion, la désinfection, la CPSI, les box, la réponse aux mails, tout ça, une petite semaine, c'est 50 heures.
- Speaker #0
Un truc qui est hyper invisible pour les gens, la com. La communication, les photos, le nombre de photos. Franchement, vous verriez ma galerie de téléphone, mais vous serez en train de tout se crier. J'ai des milliers et des milliers de photos parce qu'avec Chloé, on travaille ma communication à fond. Prendre la bonne lumière sur le bon bijou, sur le bon strass, sur le bon doré, pas trop chaude, pas trop froide, tout ça. Personne ne le voit, par exemple. Le fait de chercher toujours des nouveautés, chercher de nouvelles marques, tester des bijoux. Nous, on s'est rajouté de la création de bijoux. Elle est surtout sur les designs. Je ne suis pas non plus une pro du dessin. Quand elle va nous faire plein de designs et qu'on va les tester, qu'on va les mettre en forme. Tout ça, il y a aussi ce petit boulot de petites mains derrière. Il y a aussi le boulot de ranger la vitrine, la rendre jolie, créer aussi des supports pour par exemple poser les bijoux dessus. Tous ces trucs-là, on ne le voit pas du tout. Mais tout ça aussi, c'est le boulot du perceur. Le fait de répondre au téléphone assez souvent, de poser les rendez-vous. Des fois, le perceur, comme on a des fois un peu plus de temps, parce qu'on fait aussi du... L'état de voir, c'est plus cadré parce qu'ils ont vraiment des rendez-vous. Nous, on prend des fois sans rendez-vous, les perceurs. Donc, des fois, on va avoir aussi ce truc de répondre pour l'état de voir un peu, faire un peu l'accueil et tout ça. Derrière, il faut bien le voir et on ne se rend pas compte que, passé du temps, il y a aussi des fois, pour les compositions, on ne va pas juste d'un coup composer dans notre tête. On va rechercher les bijoux sur nos fournisseurs. On va les mettre en visuel aussi. Par exemple, sur tablette, on va faire les devis. On va devoir commander les bijoux, voir comment on s'organise. Tout ça, c'est aussi derrière une composition et il ne faut pas l'oublier.
- Speaker #1
Sur la com, il y a autant la com des réseaux virtuels que la com physique. Donc, on va être tout ce qui est logo, changer de temps en temps, cartes de visite, stickers, parce qu'on aime bien faire plaisir aux gens et qu'ils aient quelque chose avec quoi partir. On peut essayer de faire des cartes de soins jolis ou pas. Toujours trouver un petit truc à mettre par-ci, par-là. Après, par exemple, organiser quand on veut faire des conventions ou quoi, pareil. Quand on va en convention, il faut préparer le travail là-bas, mais il faut aussi préparer un petit peu de com physique. pour l'amener là-bas. C'est toujours un roulement et de recréer des designs et toujours rester un petit peu à la page, pas s'enterrer sur quelque chose qu'on a déjà. Et pareil pour la com virtuelle, où là, tous les 3-4 matins, il faut se réadapter à un autre système parce que tout change et parce que ce qu'on faisait jusque-là, ça ne parle plus aux gens ou ça n'atteint plus les gens. Donc c'est toujours à se renseigner sur un tas de choses et c'est pas forcément que c'est hyper dur ou hyper long, mais c'est qu'il y a plein de petites choses partout, il faut penser à absolument tout. et si tu oublies quelque chose, vite t'es perdu.
- Speaker #2
Les gens vont voir finalement que dans un piercing, quelques minutes de l'acte de piercing, mais tout ce qui est en amont et en aval de ça, ils ne se rendent pas compte. Tatouage, le petit tatouage, le petit signe de l'infini pour aller dans les clichés qu'on va faire sur le poignet ou ce genre de choses. On a pas besoin de travailler des designs pour faire un tatouage. On est d'accord, mais c'est que la personne ne se rendra pas compte. Même pour un truc comme ça qui va me prendre exagérément 8 minutes, même pas 4 minutes à tatouer, il y aura tout... plusieurs dizaines de minutes en amont et aussi en aval tout ça et je peux comprendre là c'est un travail invisible c'est un preuve de boulot à nous de le tourner à déduquer les gens là dessus pour qu'ils se comprennent bien qu'un tatouage c'est pas juste le temps que l'aiguille dans ta peau et le persil c'est pas juste le temps que l'aiguille mais à traverser ta peau tout Et puis c'est un apprentissage permanent. Céline par exemple encore est allée à...
- Speaker #0
Ouais voilà, c'est pas parce que je suis à peu près dans les 50 de piercing au total que j'apprends toujours pas. Là j'ai fait la convention de la frappe, ce serait cool s'ils écoutent ça un jour. C'est une super organisation, vraiment ils se sont super bien débrouillés. Ils ont réussi à, dans un métier où quand même, on va quand même le dire, il y a quand même beaucoup de melons, c'est-à-dire vraiment des chevilles énormes, ils ont réussi à regrouper tous ces gens-là avec leur caractère. et leur manière de voir les choses dans une même asso où on va tous se retrouver, on va avoir des cours, on va avoir des cours faits par des perceurs qui sont absolument géniaux.
- Speaker #2
Oui, c'est une sorte de convention de perceurs, le LFRAP,
- Speaker #0
pour que j'en comprenne bien. C'est ça, pardon, convention de perceurs, où vraiment on va tous se retrouver, parler de cours, on a des techniques qui ont évolué, des petites techniques, on n'y pensait pas. Par exemple, pour le septum, il y avait des moments où le septum, on ne s'en rend pas compte, mais pour moi, c'est un piercing qui fait ultra peur et pour pas mal de perceurs, je pense. qui fait ultra peur et puis pour le coup j'ai appris d'autres techniques qui font que maintenant j'ai perfectionné mon septum avec rien, ça fait plus de 5 ans que je suis dedans et que je fais du septum, j'en ai fait j'en ai fait une bonne centaine peut-être, même plus et sur le coup on se rend pas compte de tout ça derrière là-bas on va chercher des nouveaux bijoux, des nouvelles personnes à qui parler quelle technique tu fais et tout ça, quel com tu fais, comment tu fais tes bijoux, etc enfin tout ça, on va se renseigner,
- Speaker #2
on va se renseigner c'est une formation permanente ça évolue très vite comme métier, les techniques de tatouage ont évolué, les styles évoluent, les techniques évoluent, le matériel évolue donc ça aussi c'est du temps, on doit suivre le mouvement sinon on évite de dépasser c'est très important, je pense que toutes les 5 ans il y a à peu près une nouvelle mode en tatouage des piercings qui arrivent et qui repartent, etc. Ouais. Est-ce que c'est un truc qui vous plaît de faire, je sais pas, cliché, mais les étoiles, les dofins, le septum, les trucs comme ça ?
- Speaker #0
Y a des trucs qui nous empêtent un peu de faire, parce que bien sûr, y a des piercings par contre qui vont faire un peu plus peur que d'autres, des trucs comme ça, où on voudrait faire des choses un peu plus... On aimerait aussi qu'il y ait plus de piercings acceptés pour pouvoir faire des choses plus fun, aussi. Par exemple, en tattoo, je pense que Tommy va rebondir dessus. Y a des styles que j'ai pu voir aussi. Voilà, y a des styles sur Internet qui sont incroyables, qui sont beaux de ouf. Ouais.
- Speaker #2
C'est une catastrophe ! Les tendances, moi j'en ai toujours vu, j'ai l'impression. Bon, le cliché c'est la tendance des tribades dans les années 2000. On connaît tous quelqu'un qui a eu le piercing à l'arcade aussi dans les mêmes périodes. C'était vraiment des grosses tendances. Il y a des styles qui évoluent. Il y a eu une explosion de l'ordre mental et quelque temps du dotwork aussi. Il y a des styles un peu plus intemporels. Le japonais, le old school, le réalisme. Voilà, c'est des choses qui ne bougeront jamais. Mais des fois, il y a des styles comme ça qui pop. On dit la vérité, oui, c'est moins excitant pour moi de faire un signe de l'infini que de faire un truc très illustratif, genre un projet dans des thèmes qui me plaisent, etc. Et c'est évident, pour autant, c'est pas pour autant que je vais rechigner à le faire. Le seul truc, là où moi je vais commencer à être un petit peu plus embêté, c'est que dans ma façon de bosser, je dois être en capacité à un minima à pouvoir proposer quelque chose de plus ou moins unique à chaque client, même si on a une base commune. L'idée, c'est de trouver une petite façon de le faire un peu plus sympa, pas comme le voisin d'à côté ou pas comme l'exemple qu'il a chopé sur Pinterest. Il y a des motifs que j'ai tellement faits que maintenant je... plus en capacité à proposer un truc plus original que ça. Ça m'arrive aussi dans Fusée, je fais le tour, le tour et le détour d'osmotif et pour faire la même chose que j'ai déjà fait dix fois, par exemple, pas forcément parce que le lettrage c'est hyper intéressant je trouve à faire. Du moment que c'est un lettrage différent, pour faire tellement de trucs avec du lettering c'est hyper intéressant. Je prends vraiment en main à chaque fois l'exemple du signe de l'infini mais pour faire toujours le même truc de deux centimètres sur le poignet, c'est pas très excitant à ne pas se mentir.
- Speaker #0
Le pissenlit l'envoie les oiseaux. Mais le pire, je pense, surtout en tatouage, c'est vraiment cette mode du micro-tattoo. Même en piercing, des fois, c'est hyper... Enfin, c'est vraiment souvent, d'une certaine manière...
- Speaker #2
Le micro-réalisme, ça, c'est problématique pour moi, parce que c'est des choses où on sait que ça vieillira mal. Alors, ça fait des super jolies photos instagrammables, c'est hyper impressionnant, mais deux ans après, c'est sûr que ça va pas t'aider en crée. Pour expliquer, c'est un tatouage, tu as beaucoup de lignes très très fines. il n'y a même pas forcément de ligne c'est de tatouer un... comme une sorte de mini photo miniature c'est vraiment un truc réaliste, mais de le faire le plus petit possible et très souvent les photos pour montrer à quel point c'est petit, les gens mettent une pièce de monnaie à côté pour montrer que sur une pièce de jeu de 20 euros, ils font une tête de lion ultra réaliste par exemple, le problème c'est que vraiment sa tête de lion, un an après c'est un pâté d'encre, non mais pas, c'est vraiment ça fait des formes, des couleurs un peu informes, on sait pas ce que c'est, on sait plus ce que c'est je suis passionné par vraiment la technique tattoo, à quel point ça peut aller loin, par contre faire passer la technique, l'exploit technique devant Tout le reste, alors qu'on travaille quand même sur la peau de quelqu'un d'autre, c'est pas notre corps à nous. Je trouve ça vraiment... Triste. Triste, c'est pas notre peau, c'est pas notre corps. Il y a des choses qu'on doit pas faire. Si tu sais consciemment que ton truc va finir dégueulasse l'année d'après, franchement, fais-le pas.
- Speaker #0
Je vous le dis, parce que je sais que vous écoutez, et ça me fera plaisir que vous l'entendiez, l'anneau super fin, là, faut oublier, vraiment, l'anneau super méga fin, qui se voit quasi pas, ça suffit de la couper le beurre. Le beurre, c'est l'oreille. Vraiment, ça sert à rien. Donc vraiment, le jour où on tire dessus, ça part quoi. Le micro-stress qui est là, tu te grattes légèrement le nez, il s'aspire. Et après, tu viens voir le perceur pour que, viens, moi j'essaie de le faire sortir. Enfin, ça va faire un carnage sur la peau.
- Speaker #2
Il y a des tendances qui exposent sur les réseaux parce que ça fait des super jolies photos, hyper impressionnantes, tu vois. Tu as tout le monde au piercing. Ça, c'est une tendance qui, moi, me dérange parce que le résultat derrière va être catastrophique. Comme le snake. Oh,
- Speaker #0
puni.
- Speaker #1
Bon démarre, Patrick. certains piercings qui devraient juste pas être fait parce que c'est ultra dangereux et il y a... Quasiment aucun moyen que ça finisse bien. Les seules personnes qui le finissent bien, on ne sait pas pourquoi. Donc il ne devrait juste pas exister. Et quand on a des clients qui viennent nous le demander, on est là « Ben non, ne le fais pas » . On essaie de leur expliquer pourquoi et essayer de leur dire « S'il te plaît, ne va pas le demander à quelqu'un de moins scrupuleux » . Des choses dangereuses comme il y a plein de percings sur la langue différents, où ils relient la langue dans le mauvais sens. Des choses où ça implique ta santé pour de vrai, ton habilité non seulement à parler mais à vivre en fait. Exactement.
- Speaker #0
Le snake eyes, moi je peux vraiment pas me blairer ce piercing parce qu'il vient complètement en fait, c'est vraiment le bout de la langue qui est percé avec une barre qui va relier en fait la droite et la gauche du bout de la langue quoi. Sauf que, faites l'expérience chez vous, quand vous posez votre langue au fond de votre palais, vous verrez que la langue elle prend tout l'intérieur de la bouche et qu'il y a pas d'espace entre les gencives, les dents et votre langue. Si vous rajoutez deux billes en métal, je vous le dis tout de suite, c'est le titane qui gagne. Pour se faire déchausser les dents, c'est génial, vraiment je vous le dis. ... pour choper une infection des gencives, allez-y aussi, pas de soucis. Et si vous voulez relier, justement, parce que la langue a quand même pas mal de muscles à l'intérieur, relier deux muscles ensemble, si je vous mets une barre en métal entre les deux bras, je suis pas sûre que vous kiffiez non plus. Donc, c'est le genre de choses qu'il faut vraiment éviter. Se percer, par exemple, la peau entre le pouce et l'index, ça aussi je comprends pas. La paupière, pourquoi faire ? Mais vraiment, je peux en citer, mais pendant 5 ans...
- Speaker #2
Il y a des tendances qui explosent et qui sont dangereuses, en vrai. Après, j'avais vu les personnes qui se font tatouer le globe oculaire. C'est beaucoup en Angleterre. Alors, pas forcément. Mais c'est l'enjeu, tu peux perdre la vue. Alors déjà, c'est pas du tatouage, c'est de l'injection. On injecte de l'angle dans une filicule au niveau de l'œil. De ce que j'en sais, ça finit toujours mal. Mais surtout, ça reste... En France, c'est illégal. Ça rentre dans la catégorie du bon mode. Donc, c'est totalement illégal en France. Il y a des gens qui font ça, mais... Un peu sous le manteau, d'autres vont faire ça dans d'autres pays. Pourquoi on est sur une modification un peu extrême et totalement définitive du corps ? Enfin voilà, ceux qui le font, faites-le, mais faites-le en toute conscience que ça a 99% de chances de mal se finir. Pour le coup, ça se voit, c'est un plaisir.
- Speaker #1
Ouais, puis tu risques d'être aveugle. La plupart du temps, aveugle, c'est déjà bien gentil. Perdre ton oeil, c'est autre chose. L'infection sur toute ta tête, c'est bon.
- Speaker #0
Bonjour,
- Speaker #2
bonsoir. Déjà, il faut vous rassurer, d'après une étude 100% scientifique... Les mangeurs de taboulés ne perdront pas leurs yeux. Donc, vous pouvez continuer à vous faire tatouer ou percer et manger du taboulé. Ce n'est pas incompatible. L'enregistrement de l'émission était d'environ 2 heures. Je l'ai découpé en deux blocs de 50 minutes. Ici, c'est la première partie donc. Et la semaine prochaine, vous aurez la suivante. D'ici là, bonne semaine,
- Speaker #0
gros dimanche,
- Speaker #2
gros bisous et à très vite. Sous