- Speaker #0
Et bien j'en retire qu'après quelques années d'aïkido, j'ai encore beaucoup de choses à apprendre. J'ai appris énormément de choses aujourd'hui, oui tout à fait. Comme par exemple, comme il m'a dit, avoir donné le côté de l'étiquette pour aller chercher derrière le dos pour descendre le partenaire en irimi. Et ça, je n'avais jamais conscientisé de moi cette manière-là.
- Speaker #1
Alors la première chose qui me vient à l'impression comme ça, c'est ça, pour ma part, le premier trait technique. et énormément de finesse.
- Speaker #2
Le placement était quand même intéressant, très centré. On a plus l'habitude de légèrement se déporter. Ici, c'était très centré sur le partenaire, donc c'était vraiment intéressant.
- Speaker #0
On a retiré quand même qu'il y avait encore énormément de chemin, que le dos est une longue progression et qu'effectivement, le placement reste quand même toujours essentiel.
- Speaker #2
L'Aikido est un art marcel qui se transmet autant par le geste que par la pratique que par la réflexion, et nous aurons l'opportunité de le vivre au travers de l'interview de Robert Leu. Président et enseignant principal du club de l'Esneven en Bretagne, Robert possède un parcours et un engagement qui témoignent d'une pratique exigeante et profondément humaine. Au fil de cet échange, nous parlerons de transmission aux débutants, de Reishiki et pédagogie, de l'évolution de l'Aikido et du regard qu'il porte sur la pratique aujourd'hui.
- Speaker #3
avec l'admistance et la lucidité que lui donnent ses amis de Totem.
- Speaker #2
Merci Robert d'être avec nous. Donc nous, on a prévu effectivement une petite interview podcast. Et donc dans cette petite interview podcast, c'est une petite interview que nous on appelle les petits papiers. Parce qu'en fait, on s'est inspiré d'une émission de radio belge où il y a des artistes et d'autres personnes qui sont interviewés. Et donc ils piochent des petits papiers. et donc tu verras que sur le petit papier, tu vas obtenir... un mot et à partir de là on se situe dans le cadre de l'Aïkido ou autour en tout cas et tu nous dis ce qui pour toi, ce que ça t'inspire ce que tu as envie de dire c'est pas de question de piège, c'est vraiment tu pars dans ce que tu veux, donc voilà je t'en prie.
- Speaker #4
D'accord, je commence Ouais C'est le rallye back Les armes Là ça tombe bien parce que c'est Merci. L'un des axes de travail de la Fédération FFAB et de tout le monde, en fait, c'est de recréer le rapport entre... Recréer, bien réexpliquer le rapport entre le travail aux armes et la pratique à main nue, ce qui doit être vraiment fondamental. Ne pas s'arrêter à des... des katas ou des choses comme ça. C'est pas que ce soit mauvais les katas, mais il ne faut pas s'arrêter là. Il faut que les techniques aux armes, comme c'est la Manu, se fassent sur un geste, une seule coupe. Et là, c'est vraiment très intéressant. Ça enrichit la pratique à Manu et ça enrichit en même temps et en parallèle le travail aux armes dans la mesure où on arrive à garder ce lien entre les deux. Et ça, je pense que c'est vraiment très bon. C'est un très bon thème.
- Speaker #2
Aujourd'hui, on a eu l'occasion de faire un peu de Joe. Dans les stages que tu donnes, généralement, il y a toujours de la pratique ou bien parfois pas ? Parfois pas.
- Speaker #4
Ça peut m'arriver qu'il n'y en ait pas assez rare, mais c'est en fonction des prérequis, c'est en fonction de comment... Comment l'auditoire réagit, comment les gens qui viennent, qui pratiquent, réagissent. Et puis à un moment, on aperçoit, il y a un moment clé, on se dit là il faut passer par les armes pour réussir l'exercice à main nue. Donc c'est toujours une combinaison. Mais comme disait Maitre Tamura, si jamais on pratique aux armes, c'est la pratique de l'Aïkido.
- Speaker #2
Oui, oui, tout à fait.
- Speaker #4
C'est pas je fais les armes et à côté je fais de l'Aïkido. Et là aujourd'hui on a pris le job parce qu'à ce moment-là je voulais que tout le monde puisse... travailler son déplacement, le déplacement, le début de la technique, le départ à partir des hanches. Et le Joe, comme le Wokan, c'était vraiment l'exercice, pour moi, le meilleur exercice.
- Speaker #2
Avec l'intention, comme tu disais, que ça permet d'amplifier toutes les erreurs.
- Speaker #4
Le Joe, c'est terrible, les armes, c'est terrible. Mais le Joe en particulier, ça multiplie par 10, par 20 les erreurs. Les consaisies, le bâton, on le sent. L'autre, il est à 1m28, le bâton, mais on le sent tout de suite. il y a vraiment cette... C'est le révélateur d'erreur, en quelque sorte. C'est ingrat, mais c'est tellement généreux en même temps.
- Speaker #2
Super, merci. Un autre petit papier ?
- Speaker #4
Je vais prendre un grand.
- Speaker #2
Tu en as même deux là.
- Speaker #4
Ça va être trop. Rishiki. Rishiki, c'est l'un des... Le point le plus important, si on parle d'examen, d'examen de grade, le rechiki c'est valable pour un tiers. Le rechiki c'est savoir-être, savoir se poser sur le tatami, savoir-être, savoir se conduire vis-à-vis du tatami, du dojo, des enseignants, des senpai, des kohai, c'est le professeur qui donne le cours, c'est soi-même. comment on se respecte, sa tenue, le port du hakama, la propreté du kikogi, les ondes. Ce sont des choses qu'on ne devrait pas dire, mais qui sont peut-être mieux en le disant. Mais c'est tout un ensemble, c'est tout un travail qu'on fait sur soi. Ça fait partie de la pratique, parce que la pratique d'Aïkido, c'est ça. C'est ce qu'on peut faire sur soi, ce qu'on peut faire pour s'améliorer, ce qu'on peut faire sans chercher vraiment du... du résultat c'est pas trop ça c'est ça doit nous imprimer donc s'imprimer dans le corps où on doit exprimer le reiki la technique se permet aussi d'exprimer le reiki c'est à dire que on voit tout de suite c'est quand les gens sur le tatami dans le dojo ils connaissent leur place naturellement ils y vont on peut dire qu'il a intégré son reiki il sait se placer il sait placer les armes Il sait comment se placer vis-à-vis des enseignants, comment se conduire vis-à-vis d'un débutant, vis-à-vis d'un ancien. Il sait adapter sa pratique à la personne, à son partenaire. C'est le sens de Réchi. Bien sûr, il y a le salut, il y a la façon de se poser sur le tapis. Mais il n'y a pas que ça, c'est un ensemble. Et le salut, c'est pareil. Dans chaque chose, on trouve une explication pour la pratique. Le saluer, ce n'est pas rien à voir avec le salut. Les musulmans, on ne lève pas les fesses. Il faut être droit, c'est la tenaison à partir des hanches, avec le regard, et on doit tout voir quand même. Et ça permet de poser main, de monter sans mettre de force. Vraiment rien que déjà apprendre à saluer, à s'incliner, sans mettre de force, c'est déjà un gros travail.
- Speaker #2
Ça commence déjà là.
- Speaker #4
Ça commence déjà là, mais c'est intéressant. C'est difficile à faire pour des... On fait un cours avec des élus, on va faire ça, il faut faire attention. Peut-être un peu trop, peut-être ésotérique ou des choses comme ça, mais après avec la pratique on s'aperçoit que... L'exercice, c'est le même. On est en César, on se lève. Quand on fait certaines techniques, on est en Myon Dachi Waza, on doit se lever. C'est pareil, c'est le même exercice. Donc, finalement, la pratique, elle est constante.
- Speaker #3
Est-ce que tu as vu une évolution dans le Rai Chikyo au fil des années ?
- Speaker #4
Oui, mais je crois que Maitre Ambroise a donné les bases. Elle était très exigeante. On essaie de garder, surtout à Bras, on essaie de garder ça vivant. Mais comme on dit, ce n'est pas de moi, c'est comme La transmission, c'est entretenir le feu. Ce n'est pas vénérer les cendres. Donc il se peut qu'il y ait des évolutions. Mais ce qui est important de le refléter, c'est que chacun sait exactement pourquoi il fait les choses. Si on dit poser les armes, tel sens, à droite, à gauche, là, ok. Mais on peut faire de différentes façons, c'est acceptable. Dans la mesure où la personne sait pourquoi elle le fait. que c'est du sens pour elle. Et l'évolution, je pense qu'il y en a eu, je crois qu'à un moment, il y avait un flottement. hélas je trouve qu'on retombe dans des temps assez plutôt vertueux ou là j'ai qui devient peut-être plus simple quoi que pas toujours pas toujours mais en général devenait un peu plus simple mais mieux ressenti mieux compris peut-être si c'est pas un rite c'est pas un truc on répète parce que là il faut faire comme ça non c'est quelque chose que qui ressentit comme saluer pouvoir se déplacer tout de suite et je pense que Les gens ont peut-être compris que c'est plus dans la pratique. Le chiki, ce n'est pas un truc qui est à côté de la pratique, qui est vraiment dans la pratique. Et après, ça, c'est un peu embêtant, comme le fait de prendre des photos, je sais pas comment ça. Des fois, être trop respectueux, c'est un peu être irrespectueux. Il faut pas, il y a un juste milieu, un sens juste à trouver. Trop, c'est peut-être trop aussi. C'est à chacun qui doit se situer là-dessus. Chacun a son propre curseur. C'est là-dessus. C'est intéressant, Rishiki, c'est super.
- Speaker #2
Super, merci. Un troisième petit papier ?
- Speaker #4
Troisième ? J'espère que j'aurai la moyenne quand même. Les débutants. Vous avez tout dit aux débutants. Les débutants, c'est... Il y a beaucoup de choses avec les débutants. On dit le... Garder, c'est ce que Maitre Morin nous disait, garder l'esprit du débutant. Ça ne veut pas dire, un seul tatami ne sachant rien faire. C'est pas tout à fait ça. Enfin, à mon sens. A mon sens, c'est arriver à reprendre la technique comme si elle était nouvelle. Avec ses capacités, avec ça. C'est-à-dire lâcher les certitudes et reprendre quelque chose comme si c'était un peu nouveau. Et les débutants, c'est facile, eux, ils n'ont pas d'a priori. Ils sont comme ça. Donc, c'est un peu brut. fruit de fonderie, ils arrivent et c'est vraiment intéressant. Moi j'ai coutume de dire, il faut travailler avec le débutant parce que dans la rue, si on doit servir l'Aïkido, c'est un débutant qui va attaquer. C'est pas quelqu'un qui sera formaté, qui sera fait à l'aise de kimi, qui va se placer comme ci comme ça, qui va suivre. C'est pas ça du tout. Et le débutant après, c'est un peu côté candide. Il faut prendre soin de lui, il fait confiance, il prête son corps, il n'est pas sûr de ne pas le blesser, il faut l'accompagner, il faut lutter avec lui contre ses propres appréhensions, il faut quelque part, ce n'est pas le convaincre, mais le rassurer, lui apprendre à faire confiance à ses capacités. Et puis l'enseignant, on peut enseigner que ce qu'on sait faire, mais l'enseignant doit bien adapter son enseignement aux débutants, à ce niveau, pour pouvoir les mener. les mélanger, ne pas les laisser trop longtemps tout seul, un peu tout seul c'est bien après il faudra qu'ils aient le niveau augmenté, ils sont noyés, non il faut les mettre exédenciés à 1 pas leur faire cours, les faire pratiquer les faire pratiquer comme si on faisait un peu le patterning c'est la technique, c'est pas exact, c'est pas grave, il fait la technique le corps lui a une capacité à trouver le mouvement juste La tête, elle a plus de mal. Mais le corps, ça va fort de le mettre, on dit, là c'est moins difficile, là c'est moins difficile. Donc le corps, il arrive à travailler comme ça. Débutant, il faut le mettre dans ces conditions-là. Enfin, je trouve, c'est comme ça.
- Speaker #2
On se posait aussi la question, c'était un peu le sens du papier sur les débutants, on se posait parfois un peu la question, ben voilà, toi tu donnes des stages à gauche et à droite un peu partout, tu donnes aussi des formations pour les hauts gradés un peu partout. Tu as encore l'occasion de... de rencontrer beaucoup de débutants ?
- Speaker #4
C'est dans... C'est dans mon dojo que j'ai des débutants.
- Speaker #2
Chez toi ?
- Speaker #4
Chez moi j'ai des débutants, j'en ai beaucoup, des jeunes, des anciens. Ouais, pour un dojo c'est la richesse. Un dojo qui n'a pas de débutants, il faut se poser des questions. C'est bien le problème. Un dojo doit avoir des débutants, parce que c'est toujours, c'est le renouveau. Et dans ces débutants-là, on peut trouver la perle. Cette perle-là, on ne la voit pas tout de suite. Des fois, il faut la polir un peu. Des fois, il faut quand même un peu casser la gangue qui est autour. Et après, on la trouve. Et on ne sait pas, là, au départ. Chacun doit... Il faut passer du temps. J'ai quelques débutants dans les stages aussi. Si je vois qu'il y a des débutants, je les apporte ce soin particulier. On les laisse un peu ensemble, je les regarde. Ça permet de voir aussi comment les autres se comportent. Les anciens, les confirmés, ce qu'on a vis-à-vis d'eux. Des fois, je mets l'eau, je prends le chèque débutant, je dis, toi, tu vas aller là, tu vas aller là.
- Speaker #2
Comme tout à l'heure, au Joe.
- Speaker #4
Moi, j'ai été débutant. Il y a des gens qui se sont... qui ont pris du temps pour m'enseigner. Je n'étais pas le plus brillant, certainement, parce que j'ai mis du temps. Ils m'ont fait mal, peut-être. Mais ils ont pris du temps avec moi. Et ça, c'est important. Il faut rendre. Il faut rendre ce temps-là. Il faut rendre ces... Après, ils m'ont fait plaisir, ils m'ont renforcé mes poignets. C'est super.
- Speaker #2
Je propose un autre petit papier. Aïkido d'aujourd'hui. Est-ce que tu sens une évolution, une différence, une autre pratique ?
- Speaker #4
Je pense qu'on est un peu à la croisée des chemins. quelque part parce que moi j'ai eu de la chance à la pratique j'ai connu mes deux amours rapidement j'ai presque fait tout mal donc il était là en moi un stage avait un stage de sage par mois avec lui comme j'ai eu cette chance là après j'ai eu la chance et grâce à lui de rencontrer mes diamants d'art et canailles j'ai rencontré ce que mon moment on appelait les maîtres historiques valait qui venait du sérail qui était J'ai côtoyé ces gens-là, mais c'était fantastique, c'est une sacrée richesse. Et cette génération, elle est passée. La dernière date, c'est Yamada Sensei, il y a deux ans, et puis c'était l'anniversaire il y a deux jours, l'anniversaire du départ. C'est quand même un peu d'émotion. C'est ça, maintenant c'est à nous deux. Nous, quand je dis nous, ce n'est pas moi, ce n'est pas moi Robert Lebourg, c'est les gens, on a... On a suivi même Tamora, ils nous ont fait confiance, ils nous ont donné leur enseignement, ils nous ont poussé, ils nous ont tiré vers le haut, ils nous ont dit tu vas là, tu vas aller faire cours, tu vas être CEN, tu vas aller faire des cours là, tu vas aller en Serbie, tu vas aller au Canada. Donc on a cette responsabilité, il faut qu'on passe ça. Mais c'est difficile parce que peut-être qu'on est en Occident, en France du moins, c'est comme ça ici je pense. Il y a un peu souvent ça, où on pense que si on n'est pas japonais, on ne sait pas faire l'aïkido. Je pense que ce n'est pas là que ça se situe. Il y a une pratique, il faut partager la pratique. À mon sens, on est à croître des choix parce qu'on a beaucoup de techniciens, les gens ont progressé. Il y a beaucoup de haut niveau partout. En Belgique, en France, les gens ont progressé. C'est un mouvement qui est en marche. Et ça, il faut garder. Il faut faire confiance. confiance à nos techniciens occidentaux, ou faire confiance à nos capacités. C'est pas forcément... Comme les autres, comme les Japonais, on est capables. On n'est pas moins capables. On est tout aussi capables. Et ça, il faut développer cette confiance. Si on veut que l'Aïkido reprenne sa course d'expansion, comme ça s'est fait depuis les années 70, des sépiles. Il faut déjà respecter que les pratiques ne sont pas les mêmes, mais respecter. Il ne faut pas forcer les autres à faire comme ça. On propose une pratique, on dit voilà, c'est comme ça. Il y a des gens qui ont d'autres pratiques, mais les madames, elles semblaient avoir une pratique différente. Moi, je trouve que c'était très proche de ce que Tom Graf faisait, mais qui paraissait différent. Donc, on respecte. Avec celle-ci, il a développé... une autre éthique. Ça se respecte, moi j'ai adoré ça. C'était très riche, ça m'enrichissait à chaque fois que je pratiquais l'église. Ça peut être différent dans la forme, dans l'expression. Mais qu'est-ce qui compte ? C'est bâtir l'homme, c'est bâtir les... ces travails fondamentaux qui font qu'on est... On est des hommes, hein. Au sensei qui disait, hein, c'est... pas être le meilleur, c'est être simplement meilleur. Ça, l'équilibre aujourd'hui, je pense que... on a un effort à faire. attention, il faut qu'on fasse très attention.
- Speaker #2
Petit papier suivant, on est au cinquième, je pense que ça peut être peut-être le dernier, ou alors encore un, on verra.
- Speaker #4
C'est une dure spécificité de l'aïkido.
- Speaker #2
Oui, nous, en fait, on avait mis ça, on se disait, voilà, si tu devais préciser, il y a plein d'arts martiaux, les gens entendent parler de karaté, de judo, etc. Et je me dis, tiens, voilà, si on devait euh... préciser l'aïkido, quelles sont les spécificités pour toi pour tout le monde voilà je pense que déjà c'est le côté art martial qui est resté un
- Speaker #4
art martial c'est donc on n'a pas de compétition pas de compétition, pas de catégorie on travaille tous, garçons, filles les jeunes des vieux on pratique tous ensemble ça c'est l'une des spécificités deuxième on n'arrête pas de progresser n'est pas limité par l'âge mais là des n'a pas de champion n'a pas de championnat donc pas de on arrive à vraiment à l'apex puis après on doit redescendre non là c'est tout le monde pareil et tout le monde à force de la pratique le corps qui change l'état d'esprit change mais là on arrive à changer son équipe dont on améliore à chaque fois et pour reprendre le lien avec lac le truc d'avant avec la question d'avancé mais c'est rendre l'homme meilleur être meilleur pas le meilleur mais ça c'est une spécificité après c'est dans la technique elle-même je suis boxeur aussi pour le boxer amateur je fais le boxe française mais là On fait... C'est un échange de coups, c'est un échange de points. C'est un échange... Enfin, points, bien sûr, c'est la boxe. Mais on compte des points. Mais l'aïkido, c'est un souffle, c'est une coupe. Donc la technique se fait sur un temps. La taxe se fait sur un temps, la technique sur un temps. Un temps pour un temps. Si dans notre pratique, on doit faire deux temps pour un temps de l'adversaire, on a un problème. Ça ne va pas marcher. Donc c'est un temps pour un temps. C'est peut-être ça la spécificité, où ça se joue tout de suite. Pour ça, il faut se placer, anticiper. La spécificité, c'est scène de scène. Et encore, c'est déjà un peu trop tard. C'est-à-dire, c'est être totalement prêt quand ça... bien mais juste la coupe à faire mais et je pense que par rapport à tous autres arts martiaux je les connais pas assez pour dire pour être vraiment formel je connais pas mais pas beaucoup d'art martiaux il ya c'est autre chose ça marque la différence la boxe on dit les tireurs placez vous un box et voilà on se prépare on fait on tape le gant pour commencer on y va Au judo, il y a le kumikata, donc on cherchait à saisir. Le judo n'est pas dans ce domaine-là. Ça arrive, ça coupe, c'est terminé. Ça devrait être terminé. Après, on le répète souvent. Ce n'est pas la recherche d'être le autre, c'est se placer pour qu'on ne puisse pas nous changer. Et dans la vie, c'est pareil. On a sa position, on la défend, sa position. Que ce soit la position d'une opinion, que ce soit la position physique, mais on la défend. Le spécificité de l'aïkido, c'est un peu ça. on fait comprendre à l'autre que sa position n'est peut-être pas la meilleure. Que la mienne, par contre, elle tient la route. Et là, je me place comme ça. Ça, c'est la spécificité de l'Aïkido qui s'applique directement à la vie de tous les jours. C'est-à-dire, c'est l'Aïkido, comment dire, pour le cœur, pour l'esprit. Pas que seulement sur le tatami. Pour la vie de tous les jours.
- Speaker #3
Et comment est-ce qu'on peut cultiver cette spécificité ? Vraiment la cultiver au quotidien ? Est-ce que c'est uniquement via la pratique qu'on peut avoir sur Tatami ou est-ce qu'on la cultive ?
- Speaker #4
La pratique ça fait beaucoup de choses mais probablement que la pratique non, pas que. Il y a aussi l'état d'esprit il y a aussi le Reishiki, il y a aussi toutes ces choses-là. Il y a un truc que je n'ai pas dit mais c'est on a parlé de Reishiki tout à l'heure mais c'est le respect. Respect de soi, on a parlé de ça. mais respect des autres. Il faut du respect pour l'autre. Et pas de la veulerie, pas de la flaguernerie, du respect. On lui montre qu'il n'a pas forcément raison. Et que la position est là. Donc c'est aussi, parce que lui, ça va l'aider. C'est ça. C'est pas chercher l'opposition, mais quand même tenir sa position. Et c'est un... C'est pas si paradoxal que ça apparaît. C'est-à-dire que sur la tsuki, on se place, on coupe, on a dévié l'attaque, on a pris le centre et on fait la technique. Dans la vie, c'est pareil, il y a un conflit, on est opposé, mais on tient à sa position. Mais avec toute la souplesse, sans avoir de point de dur, pour permettre de bouger et de vraiment... changer un peu son placement pour que l'autre change beaucoup plus son placement. Et l'entraîner, je pense que c'est dans le respect. Quand on voit les gens, pour ce qu'ils sont, avec vraiment leur qualité. Essayer de voir d'abord les qualités chez quelqu'un, plutôt que de voir ses défauts.
- Speaker #3
La notion d'art, elle vient...
- Speaker #4
Je pense que c'est... Je ne vais pas te dire ça au départ, mais ce que tu dis est intéressant. Je pense que oui, ça me plaît bien ça.
- Speaker #2
l'art d'être l'art de respecter de communiquer tout à fait c'est vraiment un parallèle avec ce que tu disais dans la vie de tous les jours se mettre d'accord avec Haïté, avec Ouké tout en tenant sa position il ne faut pas céder,
- Speaker #4
il ne faut pas s'effacer Oui, oui. Je vois.
- Speaker #2
alors on peut te proposer un dernier si tu vas aller pour la route alors allez super dernier pour la route c'est pas que c'est un facile temps maintenant elle va de plus en plus gérard responsabilité alors
- Speaker #4
là où était raison de mettre un s parce que responsabilité bon si je parle les miennes j'en ai un paquet On a tous des responsabilités. On est parents, on est enfants, forcément, on est parents, on est frères, on est copains, on est amis, on est membres du dojo, c'est la responsabilité. Donc l'ouvrier chic qui s'applique. On est président du club, on est enseignant du club, les responsabilités sont un peu plus lourdes. Donc le temps disparaît un petit peu, on a plus de temps à donner aux autres. La responsabilité, c'est de pouvoir. savoir donner du temps aux autres tout en gardant du temps pour soi quand même pour sa famille pour tout la responsabilité c'est ça la responsabilité sa sécurité quand on a l'air signé en salle de tatami tu es responsable de tout quelqu'un sort sans que tu saches si un problème que tu saches tout ce qui se passe quelqu'un sort du tapis fois que tu vois je trouve ça Pourquoi ? J'y peux aller, puis c'est un coup, y'a pas de soucis, c'est normal. Mais il peut aller, puis avoir un malaise, donc il faut être sûr. Ça c'est aussi la responsabilité de l'enseignant, du président. Les responsabilités, c'est aussi le... Moi je suis chargé d'enseignement en France, c'est mon responsabilité, je travaille pour la fédération, ça c'est un paquet de responsabilités aussi, mais... je m'occupe du calendrier fédéral, je suis au bureau technique, je m'occupe de la commission au niveau. J'avais beaucoup de choses, et puis tout ça s'accumule un peu. Mais c'est aussi cette prise en compte du devoir, du devoir individuel. C'est-à-dire, on voit qu'il y a quelque chose à faire, il faut le faire. Il ne faut pas attendre de dire « tu dois faire ça » . Ou bien dire « il faudrait qu'on fasse ça » . Simplement, on voit qu'il y a un faire, on agit. Et on agit pour le mieux de tout le monde.
- Speaker #3
Comment trouver le bon équilibre personnel à travers toutes ces responsabilités ?
- Speaker #2
Selon toi, ce n'est qu'un avis.
- Speaker #4
Il y a beaucoup de choses. J'ai eu de la chance, mon épouse m'a beaucoup aidé. Parce qu'elle a accepté que je parte souvent. Elle a accepté mes départs, elle a accepté que nos vacances étaient souvent marquées par l'aïkido. Et de temps en temps, on fait des dégagements pour aller faire sans Aïkido, bien sûr. Puis je mange la main assez souvent avec moi. Mais il ne faut pas que ça bouffe. Il ne faut pas saturer. Il faut avoir envie. Il faut avoir des projets qui portent envie de faire des choses. Je m'occupe aussi de la commission examinateur, formation examinateur en France. On veut faire quelque chose, on prépare un truc, on dit, ce serait bien si ça marche. On s'entoure de monde. Mais après, si ça marche, c'est bien. Mais si ça ne marche pas, c'est ma responsabilité. Donc c'est ça. Et il faut trouver cet équilibre. Tant qu'on a là le feu sacré, un peu, tant qu'on a envie, on dit, mais ça je peux faire, peut-être ce serait bien si on fasse. Plutôt que de dire, ce serait bien que ce soit fait, dire, peut-être ce serait bien que je fasse. que j'amène. Et puis, si ça ne convient pas, on est de côté, ce n'est pas grave. Au moins, on fait l'effort. Je crois que c'est ça. Ce serait bien. Ou alors, c'est bien. Simplement dire, je fais ça parce que je pense que c'est bien. Je fais ça, quelqu'un est embêté, son sac, un truc comme ça. C'est bien que je me mette là. C'est un petit gène, c'est rien,
- Speaker #2
bien sûr.
- Speaker #4
Mais si tout le monde agit comme ça, il y a de l'harmonie. Et c'est... J'ai l'impression de donner des leçons comme ça, mais c'est pas du tout ça. C'est vraiment le sentiment, dire que cette personne sera embêtée si on lui donne pas ce coup de main. Elle va s'en sortir probablement, mais la vie sera plus facile pour elle, pour moi aussi. Ça fait un sourire, puis ça fait un sourire, ça peut finir par une bière, on ne sait jamais. Tout va ensemble. C'est ça.
- Speaker #2
Ça fait un tout.
- Speaker #4
Cette envie. L'Aïkido, c'est ça aussi, c'est créer des liens entre les gens, créer du réseau. Les gens ont envie de se voir. Une fois que les gens ont pratiqué, ils ont transpiré ensemble. Après, quand ils boivent la bière ensemble, ça va. Après, ils se revoient. Ils se tapent dans le dos. C'est les embrassades. Pourquoi ? Parce que... Ils se partagent. Même s'ils sont de camps différents, même s'ils ont d'obédiences techniques différentes. Si on respecte l'homme, si on respecte les gens, ça passe vachement bien. Je crois que c'est ça. C'est moi qui vous remercie. Vous m'avez parlé comme si je n'avais jamais parlé. Vous êtes un peu des sorciers, je dois dire, à ce côté-là. Mais en tout cas, c'est vraiment très intéressant.
- Speaker #2
C'est hyper enrichissant, en tout cas pour nous.
- Speaker #4
Tout à fait. J'ai apprécié l'exercice.
- Speaker #2
Merci. Voilà une interview qui nous a amené à se montrer Robert, davantage que Le Bourg-Chien. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la présentation était également très sobre. Nous vous rappelons que Robert Le Bourg est 7e Dan Chien et que vous pourrez le retrouver dans de nombreux stages. C'est une personne à connaître, à rencontrer, à découvrir. Vous retrouverez d'autres épisodes des Petits Papiers dans Tatami Talk. Nous remercions toujours la Fédération Union Vège Taïkido pour le soutien qu'elle apporte à ce podcast. Et nous travaillons toujours avec la plateforme Ausha et des musiques libres de droit. N'hésitez surtout pas à vous abonner pour découvrir d'autres épisodes et également d'autres émissions. Bientôt. A tout bientôt. Merci.