- Speaker #0
Eh bien, salut Julie.
- Speaker #1
Bonjour Erwan.
- Speaker #0
Merci de m'accueillir et de participer à ce podcast TechCareLab, qui a pour, comme je te disais tout à l'heure, ambition ou objectif de faire un lien entre la tech et puis le soin, le care, et notamment en essayant d'aller explorer des champs professionnels qui sont plus ou moins connus du grand public. Merci beaucoup de m'accueillir ici à Gustave Roussy, où tu travailles. Est-ce que tu veux bien décrire un petit peu ton parcours et ce qui t'a amené sur cette spécialité ? Et la décrire d'ailleurs.
- Speaker #1
Merci déjà pour cette invitation et cette opportunité de pouvoir te parler de moi et de mon activité professionnelle. Moi, je suis infirmière ressources douleurs depuis 2010 sur... Gustave Rosside, sur le centre anti-douleurs. Et depuis trois ans, j'ai eu la chance d'être financée pour pouvoir partir en formation infirmière de pratique avancée. Et avec, en gros, le privilège aussi de pouvoir continuer cette activité de pratique avancée sur la prise en charge de la douleur du cancer.
- Speaker #0
Donc, tout à fait innovant.
- Speaker #1
Pour le coup, je trouve, puisque effectivement, voilà, la... La douleur dans le quotidien de nos patients est quelque chose de très important finalement et qui fait partie des évaluations et des valeurs qui sont pour le coup étudiées par tout un chacun dans le CAIR, mais finalement qui passent peut-être après d'autres symptômes ou en tout cas l'impact du symptôme dans le quotidien et encore tout l'enjeu de nos évaluations, je pense. Et je pense que l'IA pourrait peut-être être... à bientôt
- Speaker #0
Bien, tu vas nous en parler tout à l'heure. Alors, petite précision, Gustave Roussy, c'est un centre de cancérologie, c'est un des plus grands centres mondiaux, européens sans doute, et en français en tout cas de manière assez certaine, avec une grosse valance de recherche et d'enseignement. Donc c'est super de pouvoir te rencontrer, parce que tu es un peu au cœur de la centrale peut-être, de ce qui peut se passer en tout cas en France. J'aimerais bien revenir sur l'infirmière ressource douleur déjà parce que tu as exercé ça pendant longtemps et puis c'est un mode d'exercice qui est encore un peu différent d'infirmière plus classique ou en tout cas dans les soins courants. Tu veux bien un peu détailler les rôles propres des infirmières ressource douleur ?
- Speaker #1
Donc l'infirmière ressource douleur est une infirmière en fait donc dite spécialisée qui va donc grâce à l'obtention d'un diplôme universitaire douleur, pouvoir exercer cette nouvelle compétence dans sa formation initiale infirmière, afin d'avoir ce luxe de pouvoir évaluer, être au chevet des patients douloureux, plus spécifiquement dans la douleur du cancer sur Gustave Rossi. mais sur ce symptôme douleur au quotidien, avec différents traitements médicamenteux et non médicamenteux à mettre en place et à évaluer. C'est un exercice qui est transversal, où l'infirmière ressource douleur est amenée finalement à se rendre au chevet du patient qui est hospitalisé, mais où finalement des patients en ambulatoire sont amenés à être vus en consultation en binôme. avec la possibilité de travailler en pluridisciplinarité avec des médecins douleurs, des algologues, pour travailler avec eux en binôme.
- Speaker #0
Donc c'est un poste essentiellement en centre de la douleur, en centre d'évaluation et de traitement de la douleur ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok, super. Comment c'était venu finalement cette orientation, vraiment d'essayer de prendre en charge des patients douloureux ?
- Speaker #1
Alors, c'est déjà un peu plus antérieur. Donc moi, je travaille en réanimation à l'époque sur la riboisière, donc en réanimation neurochirurgie, donc avec toute la dimension finalement des patients à prélever en mort cérébrale et donc toute une dimension sur l'approche du patient, de la famille et de l'impact. finalement pour ce qui reste, pour cette douleur finalement qui est présente sur l'accompagnement pendant finalement la convalescence du patient. l'issue finalement et donc peut-être le prélèvement d'organes. Et donc c'est quelque chose qui m'intéressait. Et la douleur, la relation surtout bien sûr qui reste au cœur de la prise en charge, mais la douleur pour le coup aussi physique de ces patients intubés ventilés déjà, qui était au cœur de ma prise en charge. Et par le biais vraiment de ces patients non communicants et après par ces familles communicantes pour le coup, à la place du patient intubé ventilé. Il y avait des choses comme ça qui déjà, donc plutôt très jeune, puisque je sortais du monde DE qui était en 2003, donc il y a quelques années. Et puis après, avec l'opportunité finalement de pouvoir être sur Gustave aussi, assez rapidement proposer un poste en centre antidouleur. Et après, rapidement, effectivement, de pouvoir me spécialiser avec un diplôme universitaire sur la douleur.
- Speaker #0
Et d'épanouir un peu dans ce domaine.
- Speaker #1
C'est ça, totalement.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Est-ce que dans ton parcours, il y aurait des situations, des cas de patients, des échanges qui ont pu un peu transformer ta vision ou changer tes approches ? Est-ce qu'il y a des choses comme ça qui te reviennent dans ton parcours ? Tu t'es dit, là j'ai envie d'aller plus loin, j'ai envie de faire de la douleur.
- Speaker #1
Ce qui me questionnait, c'était cette idée du patient qui était sédaté quand j'étais en réanimation et qui ne communiquait pas et qu'on arrivait à se dire qu'il pouvait être douloureux parce que désadapté du respirateur ou pendant les soins grimaçants. Et puis après, finalement, en cancérologie sur des patients mutilés ou en tout cas reconstruits avec tout ce qui était cicatrice, tout ce qui était finalement... J'étais en ORL au départ, donc tout au niveau de la face, avec la trachéostomie aussi, donc avec déjà aussi un problème de communication aussi, donc ils pouvaient me rapporter et me rappeler à certains souvenirs de début de carrière. Et donc voilà, cette notion de douleur très rapidement qui était au centre des prises en charge pour nos patients qui étaient très interpellants.
- Speaker #0
côté Essayer de comprendre un peu l'autre finalement, et comprendre la douleur de l'autre.
- Speaker #1
Avec la relation, effectivement.
- Speaker #0
Merci. Aujourd'hui, est-ce que tu ressens des difficultés dans ton exercice professionnel ? Est-ce qu'il y a des freins ? Est-ce qu'il y a des choses que tu aimerais améliorer ? Si tu avais une baguette magique, qu'est-ce que tu ferais ? Parce que tu as un parcours assez solide là. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais encore changer ?
- Speaker #1
Là, comme ça ? Ah, c'est-à-dire que tu es... Après, oui, bien sûr, vouloir changer, tout peut être améliorable encore. Mais finalement, au milieu de la cancéro, j'aimerais que la prise en charge de la douleur ne soit pas axée sur, ou après, finalement, le traitement du cancer. Parce qu'on se rend bien compte que... Derrière, il y a des conséquences, des séquelles peut-être, où on a des patients qui, grâce à l'avancée de la médecine, entre autres, vont guérir de leur cancer ou vont finalement vivre avec un cancer sur de longues années, le survivor. Et finalement, à quel prix ? Et ça, c'est des questions qui peuvent nous être retournées par nos patients. Donc, c'est vrai que si j'avais une baguette magique, bien sûr, on pourrait tenter d'annihiler tout ce qui est douleur. ce qui est douleur et aussi vie, quelque part, et poursuite de cette vie et à quel prix.
- Speaker #0
Un appel pour les oncologues pour être impliqués dans... Ils le sont,
- Speaker #1
ils le sont déjà clairement, mais effectivement, on peut encore s'impliquer encore plus.
- Speaker #0
Et alors, infirmière de pratique avancée, IPA, c'est une nouvelle spécialisation, c'est... Nouveau dans la santé aussi. Est-ce que tu veux bien nous expliquer peut-être déjà la formation et puis après peut-être les types de différents exercices ? Je crois qu'il y a des spécialités pour les IPA.
- Speaker #1
Donc c'est une formation qui est sur deux ans, qui est de grade master, donc diplômante master. qui est donc une année tronc commun et ensuite avec une spécialisation avec cinq mentions possibles. Donc, on a la mention santé mentale, la mention pathologie chronique stabilisée, l'onco-hématologie, les urgences et la néphrologie.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et toi, tu te situes alors là dans cette... Donc moi,
- Speaker #1
je me situe finalement, travaillant dans un centre de lutte contre le cancer finalement, c'est la cancérologie qui fait que je suis habilitée à travailler en milieu de cancérologie. Et après, j'ai pu bifurquer ou en tout cas rajouter cette compétence à la compétence au départ, la première qui était la prise en charge de la douleur avec ce DU douleur.
- Speaker #0
Ok, et tu es dans un centre de la douleur aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je suis dans un centre de la douleur. Oui, avec pour le coup une activité qui est totalement dédiée à la prise en charge de la douleur du cancer.
- Speaker #0
Et alors, qu'est-ce que ça a changé dans ta pratique, puisque tu étais déjà dans ce centre ? Qu'est-ce que ça a changé dans ta pratique ? Comment tu as acculturé les autres aussi, parce que tu fais partie des premières infirmières de pratique avancée, pardon. Donc, comment tu interagis avec tes collègues ? Comment tu expliques ces spécificités ? Est-ce que tu as eu des difficultés aussi pour te faire... comprendre sur ce que tu pouvais apporter de différent avec ces nouvelles compétences ?
- Speaker #1
Alors après, c'est vrai que c'était nouveau. Donc le poste était à créer. Et puis avec tout, finalement, cette dimension de prise de poste, où en étant infirmière ressource douleur, j'avais l'évaluation de patients qui étaient envoyés par les médecins sur des suivis. médicamenteux, sur des effets indésirables. En autonomie, alors. Alors, en autonomie, mais en collaboration avec les médecins. Et donc, là où, du coup, la montée en compétence avec ce diplôme de pratique avancée, finalement, là, on a la responsabilité et la totale autonomie de suivi de patients donc douloureux, où finalement, dans un premier temps, puisque les décrets ont quand même bougé aussi, mais dans un premier temps, c'était les médecins qui nous adressaient les patients, et donc là... depuis récemment avec cette possibilité, même que les patients peuvent demander à être l'accès.
- Speaker #0
Mais avec une visibilité qui n'est pas encore peut-être à la hauteur. Alors je ne sais pas s'il y a beaucoup d'infirmières de pratiques avancées, donc est-ce qu'il faut diffuser beaucoup ? C'est une question aussi peut-être, mais en tout cas, il n'y a pas une grande connaissance encore et des infirmières de pratiques avancées et de la possibilité d'y accéder directement.
- Speaker #1
C'est ça. Donc après, effectivement, ça dépend aussi de la nature de l'exercice au sein de l'équipe aussi, puisque ça, ça se définit. Par exemple, nous, là, aujourd'hui, on a fait le choix pour l'instant et qui sera amené à bouger. C'est que finalement, la première version où c'était les médecins de l'équipe de la douleur qui m'adressaient les patients avait été privilégiée. Et c'est vrai que pour l'instant, on a gardé ce type de fonctionnement parce qu'on pourrait imaginer que les oncologues puissent m'adresser les patients. Ça, c'est des choses qui peuvent se retrouver. Pour l'instant, ce n'est pas quelque chose qu'on a souhaité mettre en place. Il y a des petites choses sur lesquelles ça bouge. Et là, pour le coup, des patients qui, finalement, souhaitent être suivis par l'IPA, en fait, c'est du bouche à oreille. Puisque, contre toute attente, il y en a quand même quelques-uns qui se sont invités dans ma file active. Et donc, du coup, c'est une très belle reconnaissance, effectivement. D'ailleurs, cette possibilité d'être dans la pratique avancée, c'est déjà aussi une reconnaissance finalement, clairement. Et ce qui change par rapport à l'infirmière ressource douleur et l'IPA, c'est que finalement, l'IPA va avoir une file active qui lui est dédiée, sur laquelle elle est totalement autonome, où elle va être amenée à assurer et assumer aussi, sur le plan responsabilité, l'accompagnement du suivi de son patient. avec la possibilité de réaliser des examens si besoin complémentaires, la possibilité de renouveler des traitements, et depuis récemment d'introduire même de nouveaux traitements, en lien bien sûr avec la spécialité, en lien avec la prise en charge de la douleur, sur la problématique exposée. Bien entendu, c'est un travail qui reste pluridisciplinaire, et on reste partenaire de soins avec les médecins,
- Speaker #0
et d'ailleurs tout totalement.
- Speaker #1
dans une équipe, puisque justement, moi je suis hyper au sein d'une équipe, en travaillant justement en complémentarité et en partenariat avec... Donc en pratique,
- Speaker #0
par exemple, si je suis un patient qui a, je ne sais pas, une douleur abdominale dans le cadre de son cancer, il a des opioïdes, et puis tu te rends compte qu'il a des neuropathies chimio-induites. Tu peux introduire un traitement adapté à cette neuropathie chimio-induite, parce que les opioïdes ne sont pas forcément le meilleur traitement.
- Speaker #1
Oui, du coup, j'ai pu voir. Et puis, il y a aussi le non médicamenteux pour le coup et pouvoir commencer un travail auprès des patients où justement, c'est là où j'ai l'impression qu'il y a aussi cette plus-value, c'est de travailler à cette dynamique de pouvoir. Il va se faire travailler le patient sur le faire avec, finalement, avec cette dimension où, de part les traitements qui ont été oncologiques, qui ont été nécessaires pour la prise en charge du cancer, il y a des séquelles. Il peut rester des séquelles, donc chirurgicales, post-traitement, la radiothérapie, la chirurgie. et pour le coup être aussi garant de pouvoir redire à un moment donné ces informations que les patients ont. ont régulièrement, mais d'être une énième personne qui va pouvoir avoir ce temps-là de les accompagner pour le côté, on parle de stratégie de coping, le côté de faire avec, d'adaptation au coping. Et je trouve que c'est une dimension qui, pour le coup, j'avais déjà dans l'infirmière ressource douleur, mais qui, pour le coup, est totalement légitime pour l'IPA.
- Speaker #0
C'est tes passions.
- Speaker #1
Et là... Exactement, tu fais bien de le souligner parce que là, quelque part, c'est mes patients. Avec toute cette difficulté de distanciation qui est à trouver encore. Parce que ça, c'est nouveau pour les infirmières d'être responsables du patient quelque part et du suivi du patient. Et ça, c'est encore quelque chose. Ça fait trois ans que je suis en poste où finalement, ce n'est pas encore...
- Speaker #0
Tant que ça se construit encore.
- Speaker #1
Ça se construit encore, clairement. C'est chouette. C'est chouette, oui, justement.
- Speaker #0
Super. Et alors, je me demandais justement, une des difficultés des centres de la douleur, c'est qu'il n'y en a pas beaucoup, et du coup, les délais d'attente sont des fois assez longs, alors beaucoup moins dans le cadre de l'oncologie. Mais quand même, est-ce que là, finalement, les premières évaluations peuvent être faites en binôme ou par toi toute seule ? Est-ce que ça a été envisagé ? Parce qu'à mon avis, c'est une des... des problématiques des centres, de faire, toi, une première évaluation pour déterminer le niveau de prise en charge nécessaire ?
- Speaker #1
Alors, ça, c'est des choses qu'on a pu imaginer. Ce n'est pas tout à fait le choix qu'on a fait. Dans un premier temps, comme effectivement, on a des délais d'action, des délais d'accueil qui peuvent être, c'est toujours trop long pour le patient douloureux, de toute façon. Effectivement, on l'imagine bien. Donc, en fait, cette idée était de pouvoir... récupérer une partie des patients dits sécélaires, dits stables sur le plan oncologique et douleur, pour justement finalement désengorger cette activité médicale, afin que les nouveaux patients soient pris en charge plus rapidement. Et pour ceux qui sont rapidement stabilisés et qu'on va pouvoir, de façon moins complexe en tout cas, accompagné, finalement l'IPA sera totalement le bon soignant au bon moment pour pouvoir finalement permettre d'avoir les bons soins, les bonnes médications s'il y a besoin ou les bons traitements non médicamenteux à jalonner sur son parcours finalement.
- Speaker #0
Alors du coup c'est aussi un peu compliqué parce que c'est une... il faut respecter le champ de compétences de chacun là tu es à la limite quand même. C'est ça oui Comment ça se passe dans une équipe ?
- Speaker #1
Eh bien, en fait, j'ai la chance que ça se passe plutôt très très bien. Après, on est une équipe qui fonctionne donc très bien, qui se connaît bien et qui, sur le plan du dialogue, est vraiment très fluide. Bien entendu, tout ce qui va être changement de médicamentation ou d'axe de prise en charge, qu'on pourrait imaginer, sera de toute façon référé au... aux médecins qui sont en lien dans la prise en charge et à l'oncologue aussi.
- Speaker #0
Si tu changes un traitement, tu préviens le médecin ?
- Speaker #1
En fait, si je change un traitement, mais que ça ne change pas la ligne de conduite sur la prise en charge du patient douloureux, je vais l'informer, mais pas à chaque fois, puisque la ligne directive reste sur les choses importantes.
- Speaker #0
Moi, ça m'interpelle aussi sur toutes ces nouvelles technologies, notamment les intelligences artificielles. il y a maintenant un accès assez rapide et assez libre, assez facile. Il y a même des intelligences artificielles qui se spécialisent, entre guillemets, sur la médecine, en ciblant des bases de données sur des textes de référentiels français, avec des hébergeurs français. Et du coup... Là, tu es sur une activité qui est un peu à la limite de l'activité médicale classique. Est-ce que toi, tu utilises dans ton quotidien ou est-ce que ça t'arrive de temps en temps d'utiliser des intelligences artificielles pour des questionnements sur des symptômes, des maladies, des choses comme ça ?
- Speaker #1
Oui, on a accès sur nos postes informatiques finalement à une intelligence artificielle. ...dites sécurisées, si on peut poser des questions, bien sûr en respectant l'identité du patient. L'idée n'est pas de... j'arrive pas à trouver le terme, mais c'est ça, l'anonymisation. Mais bien sûr, oui, on va pouvoir questionner l'IA pour pouvoir être encore plus efficient.
- Speaker #0
Et c'est une IA qui est intégrée à ton outil de travail ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Là, c'est Copilote qui est en ce moment Microsoft. C'est relativement récent.
- Speaker #0
Il a le droit de faire de pub, mais c'est Microsoft en tout cas.
- Speaker #1
En tout cas, là, c'est relativement récent. Et pour le coup, c'est très utile contre toute attente. Puisqu'au départ, j'ai testé.
- Speaker #0
Quel est l'usage ?
- Speaker #1
Alors là...
- Speaker #0
Il y a plein d'usages en médecine, que ce soit sur de l'administratif, sur du conseil thérapeutique, diagnostique, ça peut être vraiment, ou de la synthèse, la synthèse Word, de texte, il y a un usage vraiment très varié. Pour les comptes rendus,
- Speaker #1
tout à fait. Alors pour les comptes rendus, je ne me suis pas encore lancée dedans, mais effectivement, bientôt, on pourrait imaginer pour les comptes rendus, surtout que là, actuellement, c'est très... C'est très prégnant. On est sur des changements de dossiers, d'informatisation crues comme ça. Donc, on est vraiment au cœur pour pouvoir remodifier tout ce qui est compte rendu. Donc, c'est vrai qu'on pourrait imaginer que l'IA pourrait être très aidant, mais je n'ai pas encore vraiment conceptualisé. Mais moi, je ne l'utilise pas pour ça. Moi, je l'utilise généralement pour savoir un petit peu tout ce qui va être gamme en pratico-pratique sur des fois des problématiques de patients. finalement des choses et que je me dis si on demandait à l'IA lui ce qu'il ferait. Et pour la petite anecdote, j'ai un patient sur des douleurs testiculaires qui a des problèmes la nuit sur des douleurs neuropathiques à type de brûlure. Et donc sa grande difficulté actuellement, c'est de pouvoir dormir sous la couette. pour pouvoir finalement ne pas être réveillé, ne pas être gêné par ces douleurs qui, comme souvent les douleurs neuropathiques, se réveillent la nuit et qui vont finalement l'impacter sur son sommeil décalé. Il arrive mieux à dormir en journée contre toute attente que la nuit. Donc là, j'ai posé la question, quelle pouvait être une alternative en pratique aux pratiques pour... utiliser l'IA. Et donc là, j'ai eu l'idée, grâce à l'IA, de pouvoir imaginer une couette avec un fenestrage aéré de la zone pour pouvoir, pour le coup, dans cette idée d'aérer, dans cette idée de pouvoir ne pas peser, ne pas de frottement. Donc, j'ai pu transmettre ça à un patient dubitatif sur, déjà, c'est le propre talon de couturier qu'il allait falloir mettre en place. Mais voilà, donc c'est vrai que du coup, j'ai eu l'idée. Je me suis dit, comme j'avais cette notion-là, je me suis dit, tiens, qu'est-ce que penserait l'IA ?
- Speaker #0
Donc vraiment dans le psychopathie, pas forcément sur des médicaments ou des symptômes. Alors, cette fois-là,
- Speaker #1
c'était sur une situation pour le coup.
- Speaker #0
C'est sympa comme usage.
- Speaker #1
C'est ça. Et puis c'était aussi, c'était un contexte. C'était un charmant monsieur de 88 ans. Donc c'était un contexte aussi que, qu'est-ce que vous pouvez m'inventer, vous IPA ? Parce qu'il avait un petit peu cette idée-là. Et donc là, l'IPA a eu l'idée de l'IA. à ce moment-là, grâce à Copilot entre autres, et je me suis dit pourquoi pas et puis un peu test, mais voilà c'était le côté anecdotique exactement,
- Speaker #0
surtout pour la couture super, du coup on voit bien que ces outils transforment notre quotidien, notre vie personnelle, professionnelle est-ce que toi tu vois une évolution ou comment tu te projettes à moyen et long terme avec ces technologies, dans le suivi dans dans les interactions, dans la pertinence aussi des médecins ou des IPA. Comment tu vois ça ? Est-ce que tu vois ça comme une menace, comme un support, comme l'usage aujourd'hui ? Est-ce que tu as réfléchi déjà à ça ?
- Speaker #1
Je pense que je n'ai clairement pas réfléchi à tout, c'est certain, puisque là, pour moi, c'est vraiment nouveau de pouvoir chercher un petit peu. après Tout ce qui va être numérique, tout ce qui va être un peu le côté high-tech, c'est vrai que sur ce côté subjectif de cette douleur dans le quotidien, de se rendre compte finalement ce que peuvent vivre nos patients. Ce qui a toujours posé question au cours de mes consultations, c'est le patient quand il vient nous déposer la plainte douloureuse, finalement il y a quand même un enjeu de pouvoir nous faire comprendre qu'il est très impacté. qu'il a peut-être besoin derrière de changer de boulot, qu'il faudrait qu'il... Et on peut se poser la question, finalement, jusqu'où cet impact, alors non pas réel, mais finalement, est concret. Et je me dis que des outils qui permettraient de mesurer, finalement, un peu sur les proms, en fait, Maintenant, on a les montres connectées, on a tout qui peut pouvoir nous indiquer que finalement, il y a une baisse d'activité. Oui, votre patient n'arrive plus à faire sa vaisselle. Je caricature, mais oui, finalement, le patient est vraiment gêné sur les neuropathies. Il n'arrivera même pas à pouvoir faire son travail. Là, j'ai une demande de consultation pour un patient qui est... conducteurs de train, par exemple, qui a atteint de neuropathies très invalidantes, non douloureuses pour le coup, mais vraiment invalidantes et limitantes. Et donc se pose la question, et donc, bien sûr, l'aspect médicamenteux est une vraie question sur ce type de... À cause des effets secondaires, à cause de la sécurité, la responsabilité de conduire des gens, enfin bref, c'est même plus large que ça, bien sûr, je caricature beaucoup, mais du coup, je me dis, est-ce que s'il y en avait un outil qui pouvait mesurer, finalement, cette gêne au niveau au niveau des mains, au niveau de cette neuropathie, qui arriverait à pouvoir tout juguler, le côté subjectif, le côté objectif, et je pense qu'on y parviendra, je n'ai pas encore trop le...
- Speaker #0
Je veux dire le côté finalement... Objectivé. Ils sont là pour accueillir une plainte, et puis un vécu, finalement, et un peu noyé dans ce vécu, on a du mal à avoir des éléments précis sur l'handicap qui est lié...
- Speaker #1
Pour mesurer l'handicap.
- Speaker #0
Et finalement, ça pourrait être une aide à la mesure de cet handicap pour garder aussi ce lien humain qui est dans la réception de cette plainte, de cette difficulté.
- Speaker #1
Et puis en pratique aux pratiques pour justement comment après pourrait être traduit cette aide, quelle qu'elle soit, c'est pas très concret, mais pour pouvoir justement améliorer.
- Speaker #0
Beau projet de recherche disons.
- Speaker #1
C'est ça. Ça fait partie aussi des compétences IPA.
- Speaker #0
Super. Est-ce que tu as vu d'autres technologies passer qui te trouvaient sympa dans le suivi ou dans les évaluations ? Ou vraiment c'est le copilote qui pour toi est l'élément le plus impactant ?
- Speaker #1
Après, j'ai commencé avec ChatGPT, un peu comme tout le monde j'imagine, puisque là ça avait été pas mal... Donc voilà, j'ai testé au départ, c'est très très large. Et après, je me suis rendu compte que quand on l'interrogeait, il pouvait y avoir quand même quelques petites erreurs ou affabulations. Des fois, il y a des articles, par exemple, quand on peut lui demander un peu largement, donne-moi le dernier article sur la douleur, sur les neuropathies, par exemple. Et pour le coup, il va donner des articles qui n'existent pas, qui ne sont pas référencés, en tout cas pas référencés. Que j'ai vraiment. Voilà, et les hallucinations. dans le monde de la douleur, ce n'est pas très rigolo. Mais effectivement, oui, oui, oui. Et c'est ça qui... Donc, je pense qu'il y a aussi à s'enquérir. C'est pas un frein. Je pense qu'il faut s'enquérir de comment questionner l'IA pour pouvoir justement le connaître et connaître ses limites, qui vont peut-être même d'ailleurs bouger, mais finalement pour en faire un allié et puis vivre avec son temps aussi. Pour moi, c'est plein.
- Speaker #0
C'est vraiment quelque chose que je trouve très pertinent, ce côté de Merci. C'est une très bonne aide, mais comme tous les outils, il y a des failles. Et moi, je me demandais, est-ce que toi, tu te sens suffisamment armée pour aller explorer ces failles-là de ChatGPT ou d'autres intelligences artificielles ?
- Speaker #1
Quand je s'étonne sur un sujet que je connais bien, je vais arriver à... J'ai l'impression. Je vais arriver à trouver, là, il me dit un truc, ce n'est pas ça. Et donc, je vais le questionner pour arriver à savoir pourquoi il me dit ça et finalement, peut-être à changer la réponse pour la fois prochaine. Peut-être, qui sait ? Mais par contre, sur des sujets où je suis totalement novice, je ne suis pas sûre d'arriver à faire la part des choses. C'est ça, c'est le côté un peu, peut-être, inquiétant, entre guillemets. Mais voilà, de savoir qu'à un moment donné, il y a des gens compétents qui vont questionner l'IA et la faire monter en compétence sur des données. En tout cas...
- Speaker #0
Donc, un usage d'experts par un expert, en fait. Pour pouvoir identifier les choses. Donc, finalement...
- Speaker #1
Il y a de la fiabilité, finalement, des infos et de la réponse.
- Speaker #0
C'est quand même toi qui vas découper le drap. Ce sera toi qui vas le faire.
- Speaker #1
C'est ça,
- Speaker #0
oui. C'est très intéressant. Effectivement, je pense que c'est quelque chose qui est important. C'est d'autant plus important de se dire qu'il faut qu'on garde ses compétences et ses connaissances pour pouvoir... avoir une critique pertinente de ces intelligences artificielles qui deviennent de plus en plus performantes.
- Speaker #1
Et qui peuvent être très aidantes, finalement, parce que ce qui est toujours très sidérant, c'est la vitesse de réponse. Je crois que je suis largement battue à plate couture. Mais ça, c'est vraiment impressionnant.
- Speaker #0
Super, merci beaucoup. Est-ce que... Alors, il y a toujours un petit moment carte blanche où tu peux souhaiter un bon anniversaire avec qui tu veux ou passer un message personnel. Donc, si tu le souhaites, tu peux utiliser ce moment carte blanche.
- Speaker #1
Eh bien, carte blanche, eh bien, j'ai une... Trop de choses. C'est presque ça, trop de choses. Oui, oui, trop de choses. Et le risque, c'est d'en oublier d'autres. finalement, je vais faire une réponse de Normande que je ne suis pas du tout, mais que je veux trop de choses.
- Speaker #0
Ok, parfait. Super. Est-ce que tu aurais des... On est un peu sur la fin. Est-ce que tu as des choses que tu voudrais rajouter qu'on n'aurait pas abordées ou qui te semblera important dans l'échange d'aujourd'hui ?
- Speaker #1
Déjà, je suis très contente de cette démarche de pouvoir justement venir s'enquérir. de ce qui se passe chez nous, soignants, et justement auprès de nos patients, et de leur quotidien, et cette démarche de pouvoir allier justement l'high-tech dans le soin, je pense que c'est quelque chose, c'est un univers qui a toute sa place.
- Speaker #0
Une rencontre improbable, mais qui se fait de plus en plus.
- Speaker #1
Exactement, et qui pour le coup, un beau voyage, j'imagine.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des phrases, des citations ? des concepts ou bien des auteurs ou des livres ou des films qui t'ont un peu inspiré dans ton parcours ou que tu as trouvé vraiment intéressant et que tu voudrais nous partager ?
- Speaker #1
En fait, il y a le stoïcisme qui m'a beaucoup nourrie et qui m'a permis aussi de pouvoir emprunter des images, des formules un peu simplifiées, symboliques sur le... le faire avec toutes ces stratégies de coping que je tends à faire travailler, déjà pour moi-même d'ailleurs, mais auprès de mes patients. Et donc ça, c'est quelque chose sur lequel je me nourris beaucoup. Et des lectures de ce type-là, c'est surtout ça qui, en ce moment en tout cas, me porte.
- Speaker #0
Super, merci beaucoup. Bon, on voit bien que la santé, ça change. ça change dans les professions parce que tu exerces une nouvelle profession qui n'existait pas il y a encore 5-10 ans qui se crée en même temps qu'elle s'implante dans l'hôpital en même temps qu'elle se révèle, elle se dévoile petit à petit avec toutes les difficultés et en même temps le monde dans lequel on vit change aussi et toutes ces technologies qui se... qui s'intègrent petit à petit dans la santé. Je trouve que c'est un bel exemple de tout ça. Je te remercie beaucoup d'avoir échangé sur ce sujet. Et puis, j'espère que tout va bien aller et qu'on pourra peut-être plus tard rediscuter de ce qu'on a dit là aujourd'hui avec des évolutions de la société.
- Speaker #1
Avec grand plaisir.
- Speaker #0
Je te remercie beaucoup et puis à très bientôt pour une nouvelle émission de TechCareLab. by human ce coup-ci. Merci. À bientôt Julie, merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci.