- Speaker #0
To binge or not to cringe, le podcast qui se demande si nos séries phares, nos séries doudous, celles de nos adolescents, méritent encore d'être regardées et donc binge-watchées, ou si alors elles partent dans la catégorie des séries cringe à souhait.
- Speaker #1
The secret can you keep, it's where this one you say You know you love me XOXO Gossip Girl
- Speaker #0
Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien. Bienvenue dans ce nouvel épisode de To Binge or Not To Cringe. Ça y est, la spooky season a commencé et je me suis dit quoi de mieux que de partir sur une petite série qui fait peur. Évidemment, aujourd'hui on part direction San Francisco. On va retrouver son... pont mythique, ses hauteurs et surtout le manoir le plus connu de tous les temps, le repère des sorcières Aliwell. Aujourd'hui on parle de ses soeurs, du pouvoir des trois, aujourd'hui on parle de charmed, ou comme on disait quand on avait 12 ans, on parle de charmed.
- Speaker #1
Musique
- Speaker #2
de David Bowie
- Speaker #1
Charm,
- Speaker #0
c'est donc une série télévisée américaine. ... Du genre fantastique, surnaturel, drame, romance, comédie, bon un fourzitou de tout ça. C'est une série qui a été diffusée sur la chaîne The WB, plus récemment renommée The CW, donc la chaîne de la Warner Bros, diffusée pour la première fois aux Etats-Unis en octobre 1998 et qui s'est terminée en mai 2006 avec 8 saisons à son actif et après 178 épisodes. Grosse série, grosse longévité, là encore. En France, la série est apparue sur nos écrans en juillet 1999 sur la chaîne de M6 dans la fameuse trilogie du Saint-Di-Soir et on en reparlera juste après. Aujourd'hui, si vous voulez voir ou revoir la série, elle est disponible sur la plateforme Prime Vidéo, il me semble. Si on revient sur Charm, il faut savoir que la créatrice du show, c'est Constance M. Burge, donc c'est une femme qui est à la tête de cette création mais qui est épaulée par des producteurs. exécutif influent dans le monde des séries puisque le producteur de Charm n'est autre que Aaron Spinning, celui qui est un géant à la tête des séries dans les années 90. Aaron Spinning, c'est lui qui a créé Beverly Hills, Melrose Place, donc toutes ces séries drama de l'époque. C'est aussi une série qui a été produite par Hugh Duke Vincent et Brad Kern un peu plus tard après le départ de Constance M. Burge, je m'en en parlerai plus tard aussi. Charms, c'est aussi une série qui est portée par des actrices hyper connues et made in années 90. C'est-à-dire que là, vous avez vraiment des actrices qui sont à l'apogée de leur carrière, puisqu'elles sont hyper reconnues dans ces années-là. Vous avez tout d'abord Shannon DeHurty, qui interprète le rôle de Prue Halliwell, personnage présent de la première à troisième saison. Chan Underty c'est aussi Brenda dans Beverly Hills. Vous avez Holly Marie Combs, c'est-à-dire Piper Alliwell, qui après Charmed interprétera la mère de Aria dans Little Pretty Liars. Ensuite on a Alyssa Milano qui interprète Phoebe Alliwell, actrice superstar des années 90 qui a été rendue connue et populaire notamment parce qu'elle a joué dans Madame et Servi ou encore Melrose Place. Et enfin, saison 4, nous avons l'arrivée d'une quatrième sœur à L'Ewell, interprétée par Rose McGowan, qui interprète Paige Matthew. Rose McGowan, c'est aussi une superstar du cinéma, elle a notamment joué dans un Tarantino, Boulevard de la Mort, et puis, sur un plan plus sociétal, elle est très connue et reconnue aujourd'hui, c'est une figure importante dans le Me Too des Etats-Unis après l'affaire Weinstein. Avant de rentrer en détail sur cette série, il faut aussi comprendre le contexte. Dans quoi intervient l'arrivée de Charm sur nos écrans ? Déjà, la première chose qu'il faut dire, c'est qu'en France, cette série est méga connue parce qu'elle intègre une case à la télévision qui... et hyper influente et surtout qui a marqué toute une génération, celui de la fameuse trilogie du samedi soir. Pour ceux qui ne connaissent pas, en fait, pendant les années 90-2000, M6 va créer un rituel où tous les samedis, la chaîne nous propose trois épisodes de trois séries différentes et surtout des séries plutôt de type surnaturel, où on a le droit à Buffy, à Charm, à Smallville. A alias, bref, tous les ados et tous les gamins des années 90-2000 attendaient cette fameuse trilogie du samedi soir pour avoir un peu les nouvelles séries de l'époque. Et ça, ça a été un rendez-vous hyper important qui a permis à ce que Charm rencontre son public en France. Autre chose qui est aussi hyper intéressante, c'est qu'on est dans les années 90, fin 90, dans un contexte où la télévision américaine adore les héroïnes fortes et... empouvoirante dans le sens où à ce moment là on a le droit à Sex and the City 4 femmes hyper ambitieuses dans leur vie et on a fait tout un épisode sur elles, je vous invite à aller écouter cet épisode mais il y a aussi Buffy qui est en train de cartonnier et donc la chaîne The Double You Be se dit ok il y a un créneau avec les femmes aussi ambitieuses, ce serait cool de proposer une autre série du même genre et c'est comme ça ... que la chaîne décide de réfléchir à une nouvelle série plus orientée fantasy, plus orientée familiale et féminine. On en parlera un peu plus tard. Le contexte donc, c'est de se dire, ok, il faut qu'on trouve quelqu'un qui est capable de proposer un nouveau programme qui va parler à un large public, à un public peut-être plus féminin, à quelque chose de plus feel-good que peut être Buffy. Et c'est comme ça qu'il contacte Aaron Spinning, qui est le producteur. phare des années 90. Lui, il répond à une époque, il sait parler à ce public-là, grâce notamment au succès de Beverly Hills et au succès de Melrose Place. Et il se retrouve à être à la tête de ce mastodonte que va être Charmed. Autre chose importante à savoir, c'est qu'en fait, Charmed, c'est la première série où enfin, on a trois héroïnes adultes à la tête d'un show. c'est elle qui va venir imposer des nouveaux codes, c'est-à-dire qu'on n'a pas des ados qui portent le programme, contrairement à Buffy. Ce ne sont pas des femmes au foyer comme dans Desperate Housewives parce que la série n'a pas encore vu le jour. Ce sont ici trois femmes ou quatre femmes qui vont travailler, qui vont aimer et qui vont devoir aussi sauver le monde. Et là encore, on se rend bien compte que Charm, c'est celle qui va ouvrir les portes, notamment à Desperate Housewives. Et c'est hyper important de... Se dire que voilà, en 98, les femmes sont en pouvoir et ça fait plaisir à voir. Également, Charmed, ça correspond à son époque. C'est dans son bain, c'est dans son jus, dans le sens où on est vraiment face à l'âge d'or de la teen TV, c'est-à-dire des séries où on est en plein dans les années 90-2000 avec des looks U2K, c'est-à-dire taille basse, crop top, strass, paillettes. Le tout avec une petite touche sexy et on en reparlera plus tard. De la musique pop-rock à gogo et beaucoup d'effets spéciaux hyper kitsch mais efficaces. Là vraiment on est sur une série où l'objectif était vraiment d'avoir quelque chose de plus feel-good, de moins métaphorique que Buffy. Et ça correspond évidemment à toutes ces séries des années 90-2000. Très franchement vous regardez Charm et vous savez dans quelle époque vous vous situez, c'est assez évident. Mais alors Charm, de quoi ça parle pour ceux qui n'auraient jamais vu la série ? Et bien en fait, ce sont trois sœurs ordinaires qui vivent ensemble dans une grande maison victorienne à San Francisco. Elles s'appellent Prue, Piper et Phoebe Alliwell. Oui, oui, toutes les sœurs ont les mêmes initiales et tous leurs prénoms commencent par un P. C'est rien d'extraordinaire au premier abord, vous allez me dire. Elles ont des jobs, des histoires d'amour, des galères de famille, jusqu'au jour où elles découvrent qu'elles sont des sorcières. un soir Phoebe La petite dernière, un peu rebelle, va trouver un vieux grimoire poussiéreux dans le grenier, un livre qui s'appelle Le Livre des Ombres, et en lisant à voix haute une incantation, elle va réveiller les pouvoirs enfouis de ses sœurs, et à partir de là, tout bascule. Elles apprennent qu'elles descendent d'une longue lignée de sorcières puissantes, qu'ensemble, elles forment le pouvoir des trois, un trio destiné à protéger les innocents, c'est-à-dire toutes les personnes qui n'ont pas de pouvoir, et à combattre les forces du mal. Leur devise magique, le pouvoir des trois nous libéra. Et puis après trois saisons et beaucoup d'embrouilles entre les actrices de Proulx et de Phoebe, donc de Shannon, de Hurti et de Alyssa Milano, le personnage de Proulx décède brutalement, mais pas de panique parce que le pouvoir des trois va continuer avec l'annonce d'une quatrième sœur qu'on vient de retrouver comme ça. Et cette quatrième sœur, elle vient bousculer l'ordre de la famille. Piper qui était la deuxième se retrouve à devenir l'aînée, Phoebe qui était la petite dernière se retrouve à devenir la numéro deux, devoir prendre en maturité et ont fait place à l'arrivée d'une nouvelle sorcière qui s'appelle Paige, elle aussi un prénom qui commence par P étrange. Ainsi, pendant huit saisons, les sœurs Alliwell vont devoir lutter contre la source, c'est-à-dire le grand méchant, la source du mal, celui qui veut du mal à la terre entière, tout en devant sauver des innocentes et des innocents, de devoir travailler main dans la main avec les fondateurs, c'est un groupe de vieux magiciens sorciers qui vivent dans le ciel, voilà, ne cherchez pas à comprendre. Et Voilà, c'est à peu près tout ce qu'il y a à savoir sur Charm. Mais maintenant, on va se demander est-ce que ça vaut le coup ? Parce qu'après 27 ans... Est-ce que Charmed est encore binge-watchable ou trop cringe à souhait ? C'est la réponse qu'on va essayer d'avoir pendant cet épisode. Premier point sur lequel on s'arrête, c'est la question de la représentation. Que nous raconte le casting présent dans Charmed ? Bon bah, peau de chagrin, il n'y a rien à dire. Oui, ok, ce sont des femmes qui sont à la tête du projet, sauf que ce sont des femmes blanches, des femmes hétérosexuelles, valides, minces, très très sexualisées, qui sont toutes... les quatre très très belles aussi, qui répondent au canon de beauté. Donc très clairement, on est sur quelque chose qu'on a trop l'habitude. Le seul et unique personnage racisé important dans l'histoire, entre guillemets, c'est le personnage secondaire de Daryl Morris, un homme noir qui n'est autre qu'un policier et qui, pendant longtemps, va essayer de comprendre le mystère autour des sœurs Alliwell parce qu'elles se retrouvent toujours dans des mauvais plans et lui se dit, elles ont quelque chose à ... à cacher c'est quoi leurs problèmes, il va découvrir qu'elles sont sorcières et c'est comme ça qu'ils vont travailler un peu main dans la main, lui en tant que flic va leur donner des infos sur leur enquête et vice versa. Daryl il va rester pendant les 7 saisons sur 8 parce que saison 8 il n'y a plus de budget, il n'y a plus de thunes donc on le vire lui et sa famille et comme ça saison 8 on n'a plus du tout de représentation de la communauté noire, c'est super. et donc c'est vrai que je ne vais pas sur-analyser plus. Nulle la représentation, il n'y a rien du tout dans la version de Charmed des années 90. Sauf que, en 2018, la chaîne The CW décide de faire un reboot de Charmed. Alors un reboot, qu'est-ce que c'est ? C'est quand on décide de reprendre une franchise et de recommencer à zéro. Et en 2018, il y a eu pléthore de reboots. Je dirais même que dans les années 2010, il y a eu pléthore de reboots. On parle de Dallas, le retour de Beverly Hills, de Melrose Place. On a eu le reboot en 2018 de Sabrina l'apprentie sorcière. Et donc vient l'idée de se dire, et si on faisait un reboot de Charmed ? Sauf que là, la chaîne dit, ok, on recommence à zéro, mais vraiment de zéro. Et on propose une nouvelle représentation et plus de diversité. C'est comme ça que, bon déjà... L'histoire ne se passe plus du tout à San Francisco. Je ne sais pas où elle se passe, mais je sais que ce n'est pas San Francisco. On a trois nouvelles sorcières qui sont toutes trois actrices afro-américaines. Donc déjà, la représentation change. Et dans ces trois sœurs, une des trois est lesbienne. Et donc, ça apporte une représentation de cette communauté-là. Donc, il y a vraiment eu cette volonté de se dire, on va essayer un peu d'apprendre de nos erreurs, de faire mieux. Je n'ai absolument pas vu le reboot. parce que très clairement, moi j'ai compris ce que c'était Charmed, c'était ma série préférée quand j'étais ado. Maintenant, est-ce que j'ai envie de revoir un truc que j'ai déjà vu ? Bon, je ne suis pas sûre à 100%. Mais au moins, on peut saluer le fait qu'on ait voulu recommencer à zéro avec des nouvelles représentations. Mais ce qui est sûr, c'est que la version originelle, c'est nul à chier. La diversité, il n'y a rien que chi, on peut se la coller derrière l'oreille.
- Speaker #3
Est-ce que ça va ? Non, non, ça va pas du tout. Tu m'as transformée en sorcière. Tu l'étais à ta naissance, tout comme nous. Et il vaudrait mieux qu'on apprenne à vivre avec. Quand j'ai parcouru le livre des ombres, j'ai vu des gravures qui ressemblaient un peu à des tableaux de Bosch. Il y avait des images terrifiantes de trois femmes bataillant contre différentes incarnations du mal.
- Speaker #0
Le mal luttant contre le mal, c'est un con.
- Speaker #3
Non, en réalité une sorcière peut être bonne ou mauvaise. Une bonne sorcière adopte pour devise, lutte contre le mal, répand la lumière. Et une mauvaise sorcière ou un sorcier n'ont qu'un seul but, tuer les bonnes sorcières pour s'emparer de leur pouvoir. L'ennui c'est qu'ils ont l'air de gens parfaitement normaux. On les trouve n'importe où.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça a à voir avec nous ?
- Speaker #3
En fait dans la première gravure les sorcières étaient plongées dans le sommeil, mais dans la deuxième... Elle se battait contre une espèce de sorcier. Je crois que tant qu'on ignorait qu'on avait des pouvoirs, on était en sécurité.
- Speaker #0
On va ouvrir maintenant un point qui va vraiment nous animer pendant tout cet épisode, parce que, en revisionnant Charmed, j'ai senti qu'il y avait un changement, un basculement entre la saison 3 et la saison 4. J'arrivais pas à l'expliquer, j'arrivais pas à savoir d'où je ressentais ça, mais... Un changement qui s'opère où pendant longtemps je me suis dit oui bah malheureusement dans les séries où il y a beaucoup de saisons, comme on veut toujours construire pour déconstruire pour que ça puisse durer le plus longtemps possible, forcément parfois on se perd. Il y a plein de séries comme ça, au bout d'un moment on comprend plus où on va et parce que si on fait une série où les couples restent ensemble pendant 8 saisons, bah oui il n'y a pas de drama donc il n'y a pas d'histoire et généralement les séries se terminent quand tout va plus ou moins bien. Et donc je me suis dit mais il y a quand même quelque chose qui... me tracasse dans comment est-ce que les trois premières saisons ne reflètent plus trop les quatre saisons qui vont suivre après. Et donc forcément, moi j'ai repéré dans mes recherches quelque chose qui m'a beaucoup questionné et qui a surtout répondu à ma question initiale, que s'est-il passé ? Alors déjà, évidemment qu'il y a un changement qui s'opère devant la caméra. Comme je l'ai dit en introduction, il y a eu un changement ou un renouvellement d'actrice. à la fin de la saison 3, l'aîné des Halliwell, Pro Halliwell, meurt. Spoiler, désolé. Mais Shannon Doherty quitte la série, puisque suite à de nombreux embrouilles avec Alyssa Milano, qui interprète la petite sœur, la dernière de la fratrie, Phoebe Halliwell, il y a beaucoup d'embrouilles, et donc Shannon Doherty quitte le show. Et ça fait qu'on perd une sœur Halliwell, ce qui est un souci dans la mesure où les trois sœurs, les sorcières Alliwell, ont un pouvoir qui s'intitule le pouvoir des trois. Le pouvoir des trois vaincra, c'est donc mathématique. S'il en manque une, le pouvoir, il ne marche plus et donc fin de la série. Donc on se dit, vas-y, on va trouver une histoire pour invoquer une troisième sœur, une quatrième sœur qui s'appelle Paige Matthews. On apprend donc que la mère des sœurs Alliwell a eu... un amant avec qui elle a eu un enfant caché, qu'elle a fait adopter, qu'elle a abandonné. Et donc, de fil en aiguille, courant saison 4, dès le début de la saison 4, on apprend que ça y est, on a retrouvé une sœur, le pouvoir des trois revient, tout va bien. Mais ça, c'est pas tant ça qui m'a dérangée, parce que j'aime beaucoup le personnage de Paige qui apporte beaucoup de fraîcheur, et en plus de ça, l'arrivée de Paige chamboule l'ordre de la famille, parce que pendant les trois saisons, vous aviez Proulx l'aîné, Piper, la fille qui est un peu entre les deux, l'enfant du milieu, et Phoebe, la petite dernière, la rebelle, qui est un peu la petite enfant qu'il faut protéger. Et avec l'arrivée de Paige et le départ de Prue, on a Piper qui devient la sœur aînée et qui embrasse ce rôle à fond. Vous avez Phoebe qui devient l'enfant du milieu et qui prend en maturité. et qui du coup n'est plus la petite dernière, et Paige qui est enfin la petite dernière, d'autant plus qu'elle n'a jamais grandi avec des sœurs, donc pour elle c'est une nouvelle dynamique. Mais le fond, le vrai changement qui s'opère, c'est que pendant la saison 3 et la saison 4, il y a une tension qui se crée au sein des créateurices et des scénaristes du show. Pendant les trois premières saisons, c'est Constance Emburge qui est à la tête de ça. C'est elle la créatrice de Charm, c'est une femme qui... prend à bras le corps ce défi de raconter à la télé l'histoire de sorcière. Et puis, un jour, on lui demande de travailler avec un homme qui s'appelle Brad Kane. Ça se passe pas bien et donc Constance Emburge prend ses affaires, se casse. Et courant saison 4, c'est lui qui tout seul, ou avec d'autres personnes évidemment, mais on va synthétiser ici, qui reprend un peu tout seul une série. porté par des femmes sur des histoires de femmes. Et je pense que vous connaissez un peu le ton du podcast, vous voyez où je veux en venir, c'est-à-dire que le changement, il se voit tout de suite, puisque dans les trois premières saisons, on peut repérer des bases, des prémismes, de notions de féminisme assez évidentes. Alors évidemment que c'est pas poussé à l'extrême, parce que c'est une image du féminisme des années 90-2000, donc tout n'est pas non plus hyper... déconstruit comme aujourd'hui. Et puis à partir de la saison 4, vu qu'il n'y a plus que des hommes au pouvoir, ça se voit. On a un mal gaze qui est évident et qui fait qu'on s'y perd. Et qui moi me fait me dire que ça me déçoit beaucoup dans la mesure où Terms c'est une série qui a été pensée pour un public féminin assez jeune. Et donc nous on a grandi en comprenant que oui il y a des choses cool chez les femmes mais en même temps on nous a obligé à rentrer dans des moules. Ce mal gaze nous a poussé à nous questionner sur qui on était. Donc ouais, forcément, il y a des trucs à redire. Et j'ai vraiment envie qu'on essaye, peut-être parfois de comparer, mais de voir la différence de traitement et comment Charms s'est un peu effilochée de saison en saison, ce qui moi m'a rendu assez triste, parce qu'avec beaucoup, beaucoup de recul, je me suis rendu compte que c'est une série que j'ai regardée vraiment beaucoup quand j'étais plus jeune, qui m'a beaucoup aidée sur... plein de notions, notamment des prémices de féminisme. Alors oui, quand j'avais 14 ans, je m'en rendais absolument pas compte. Mais c'est une série qui a été importante, je pense, dans ma construction, et ça me saoule de voir comment, en fait, en laissant des hommes au pouvoir, ça peut venir créer des... petite graine pas ouf dans ta tête et que t'es obligé d'aller te déconstruire après et que t'es un peu énervé de voir qu'ils ont complètement déformé tout le propos de la série et on va voir ça tout de suite.
- Speaker #4
Il faut qu'on soit unis ! Le pouvoir des trois nous libérera Le pouvoir des trois nous libérera. Le pouvoir des trois nous libérera. Je ne suis pas tout seul. Le pouvoir des trois nous libérera.
- Speaker #5
On est des millions dans des endroits que vous ne soupçonnez pas, sous des formes que vous n'imaginez pas. Le pouvoir des trois nous libérera. On est l'enfer sur cette terre. Vous ne serez jamais en sécurité et vous ne serez jamais libre. Je m'aime. Le pouvoir des trois nous libérera.
- Speaker #0
Pour moi déjà, Constance Hemberge, elle a mis en place des bases assez solides au terme de notions de féminisme. Déjà, vous avez des héroïnes hyper fortes, hyper modernes. moderne dans le sens où, bah voilà, on est en 98 quand on a trois femmes qui doivent juste faire part de leurs problèmes, de leurs craintes, de leurs peurs. C'est des doutes qui nous animent tous. Plouh a peur de la mort, Piper a peur de perdre les gens qu'elle aime, Paige a peur de l'abandon. Elles ont toutes à un moment donné des craintes et des doutes qui nous permettent de nous identifier, de nous dire, ok, je capte ce qu'elle vit parce que ça peut être des craintes que nous on vit. C'est des femmes qui aussi veulent s'émanciper, qui veulent qui ont de l'ambition professionnelle elles ont toutes leur propre carrière qu'elles ont envie de mener à bras le corps, elles se donnent à fond pour réussir professionnellement et surtout on a des femmes modernes qui doivent et qui n'ont pas peur de dire que c'est dur de jongler entre la vie perso la vie amoureuse, ses envies aussi en termes de sexualité et puis en tant que sorcière comment faire pour allier tout ça, c'est des vrais questionnements qui font que quand t'es une femme tu comprends tu captes et ... En fait, les sœurs Alliwell correspondent à la modernité de leur époque dans laquelle elles évoluent. C'est une réalité qui nous est proposée ici. Ce sont aussi des personnages féminins fortes, mais pas fortes dans le sens que physiquement. Parce que pendant longtemps, il y a ce schéma traditionnel de un héros, une héroïne, c'est quelqu'un qui est badass, qui sait se battre. Ici, autant il y en a certaines qui sont fortes physiquement. Prue ou Paige ont des capacités pour se battre, mais vous avez Piper et Phoebe qui, elles, n'ont pas une force physique au début, mais qui vont au fur et à mesure avoir une force plutôt interne. Piper, sa force résiste dans sa force morale, dans le fait d'être un lien, dans le fait de porter sa famille. Elle a une force à l'intérieur d'elle qui la rend invincible, tandis que Paige, elle a un pouvoir, celui d'être empathique. Sa force réside dans le fait de comprendre les émotions des gens, de capter ce qu'ils ressentent, de capter où ils veulent aller. Et ça aussi, c'est une forme de force hyper importante parce que ça montre aussi une évidence que, oui, c'est vrai, les filles ne sont peut-être pas aussi fortes physiquement que les garçons, mais ça ne les empêche pas d'avoir une force en elles et ça ne les empêche pas d'être des héroïnes, de pouvoir se battre face à des vilains démons et de leur casser la gueule, en fait. Et que, d'autant plus, ensemble, elles permettent de casser la gueule à ces démons. Et ça, c'est un autre... point qui est la base de Charmed, qui pour moi est une base imposée qui est très clairement la plus féministe d'entre toutes, c'est que les sœurs Halliwell ne peuvent exister que grâce au pouvoir des trois. Le pouvoir des trois, c'est quoi ? C'est un lien qui unit ces trois sœurs, et c'est ni plus ni moins, pour moi, le sens littéral de la sororité, parce que ce sont des sœurs dont le lien s'intitule la sororité, et que ensemble, elles peuvent battre les méchants démons. Chaque sorcière Alliwell a son propre pouvoir. Prue peut déplacer des objets, Piper peut arrêter le temps, Phoebe a des prémonitions et Paige est un être de lumière, mi-sorcière, mi-humaine, elle est super badass, elle a plein de pouvoirs. Elles ont chacune leur propre pouvoir qui permet que ce soit déterminant à des moments clés, mais leur pouvoir individuel ne peut exister sans la force commune qui s'intitule le pouvoir des trois. Ici, le message est très clair. les filles Toute seule, vous ne pouvez pas faire grand chose face au monde qui est devant vous, face aux démons. Démons qui sont à 80% des hommes la plupart du temps, donc déjà il y a une autre lecture. Toutes seules, vous ne pouvez pas faire grand-chose. Par contre, si vous êtes ensemble, si vous êtes soudés, alors vous pouvez soulever des montagnes et vous pouvez être les badass que vous pensez être. En fait, ici, l'idée, c'est que ce pouvoir des trois, ce qui les unit, c'est leur force. Ensemble, elles sont plus fortes. Ensemble, elles peuvent se battre, gagner, protéger les innocents. Et ce lien, s'il est distendu, si elles ne sont pas proches physiquement, si elles ne sont pas proches... sentimentalement, ils n'existent plus. C'est-à-dire que si elles n'habitent plus dans la même maison, si elles sont en désaccord, en embrouille, elles se sont disputées, alors elles perdent leur pouvoir. Donc la série nous rappelle qu'il faut entretenir ce lien entre chaque femme et qu'il faut savoir se soutenir, il faut savoir discuter, dialoguer pour que forcément parfois nos désaccords ne soient plus un sujet et qu'ensemble on peut se battre collectivement pour sauver le monde. Alors, sauver le monde, oui ou non, mais en tout cas, ensemble, on a un pouvoir commun. Et ça, pour moi, c'est une base hyper importante et qui est à privilégier et à retenir de charm. Ça impose ça dans les mentalités des jeunes filles qui regardent et je trouve que c'est hyper cool d'avoir mis ça en place. D'autant plus que cette question de sororité, elle n'est pas présente qu'à travers les femmes, enfin les sœurs à l'IWEL. Dès qu'une victime est une femme, on sent tout de suite qu'il y a vraiment une espèce... d'entraide qui s'opère, qui est hyper beau à voir. Il y a beaucoup d'attention portée à des protagonistes féminins. Et en plus, nous savons que les sœurs Aliwell sont ici d'une lignée de grandes sorcières. Et pour x ou y raison, des fois, les sœurs Aliwell font appel à leurs ancêtres, font appel à des femmes de générations antérieures, à des siècles antérieurs. Et dès qu'elles rencontrent une Aliwell d'un autre temps, d'un autre siècle, une ancêtre à elles, Le lien, la connexion, elle est tout de suite présente. Il n'y a aucune dispute, il y a tout de suite du soutien. Et ça montre aussi que le lien entre les femmes, c'est quelque chose qui est très fort. Et ça, Constance Hemburge, elle a mis ces bases-là, qui a été obligée d'être développée. Sauf que quand tu continues la série au bout de huit saisons, au fur et à mesure, ce lien, il se distend. Ou en tout cas, on arrive quand même à nous faire croire que finalement, si elles n'habitent plus ensemble, c'est pas si grave, le lien persiste encore, alors qu'en vrai, ben non, on nous a dit pendant plusieurs saisons que si elles sont plus dans la même maison, ça ne marche pas. En fait, au fur et à mesure, ce lien de sororité, il se... voilà, quand même, je trouve qu'il se disloque, mais bon, ça c'est peut-être qu'un avis, mais en tout cas, ce qui est évident, c'est que la sororité est hyper présente, et pour moi, c'est quelque chose de très féministe avant l'heure. Ensuite, autre point hyper féministe imposé par Constance M. Burge. C'est le fait qu'on a imposé le nom Aliwell comme un nom qui doit être soit craint par les démons, soit qui porte le respect chez les autres sorcières. Ici, le nom qui est porté par ces femmes, c'est un nom qui est important, qui est imposant, qui demande du respect ou de la crainte. Et donc, quand ces femmes Aliwell vont se marier, avoir des enfants, il est assez évident ... que ce nom va être transmis de génération en génération. Quand Piper va se marier, ses enfants s'appelleront Alliwell. Et tout le monde, ce sera comme ça. Et là, je trouve que c'est plutôt aussi intelligent et intéressant de montrer que oui, c'est pas parce qu'on se marie que nous, en tant que femmes, on doit se délester de l'histoire de nos noms, qu'on doit se délester du pouvoir que peut revendiquer notre nom. Ici, la série nous dit, n'ayez pas peur du nom que vous avez, parce qu'il peut aussi inspirer quelque chose, en fait. Cette voix de l'histoire ne doit pas... s'effacer parce que vous vous mariez à quelqu'un ou parce que vous avez des enfants. Et ça aussi, je trouve que ça montre que les femmes ont aussi voix au chapitre et peuvent elles aussi avoir un nom qui porte, qui craint, qui apporte du respect. Autre point qui est pour moi hyper intéressant, c'est que ces sœurs Alliwell grandissent dans un schéma familial complexe. On a très vite connaissance du fait qu'elles ont été élevées exclusivement par leur grand-mère puisque leur mère est décédée, c'est une sorcière qui s'est retrouvée au mauvais endroit, au mauvais moment, et à la suite de la mort de leur mère, le père est aux abonnés absents. Il est quasiment jamais là, et il essaye d'entretenir un lien avec ses filles, mais c'est compliqué. Et donc, encore une fois, des femmes qui ont été élevées par des femmes, c'est leur grand-mère qui les a élevées, et quelle grand-mère ! Franchement, quelle grand-mère ! Aujourd'hui, elle pourrait être caractérisée comme misandre, parce que c'est une femme qui s'est mariée plusieurs fois avec des hommes, et qui a toujours été déçue, qui rabâche en permanence à ces petites filles que les hommes, on peut pas compter sur eux, c'est des lâches, c'est des menteurs, c'est des égoïstes. Bref, elle dépeint toujours des tableaux assez dramatiques. Et c'est un personnage aussi qui passe son temps à rappeler que les femmes sont supérieures aux hommes. Et donc tout ça mis bout à bout fait que quand même, les bases de la série c'est quelque chose de très fort. D'autant plus que c'est une série qui est à destination de jeunes femmes, de jeunes filles qui se construisent en regardant Charmed. Et ça je trouve que c'est des bases féministes hyper intéressantes et très novateurs pour l'époque. Et du coup dans mon analyse je me suis aussi dit, ok pour moi est-ce que Charmed... Il n'y a pas une autre lecture que juste une sorcière qui se bat contre des démons. Mais bien sûr que oui, quand on fait des recherches, on se rend bien compte que derrière Charm, il y a vraiment cette volonté d'apporter une espèce de quête initiatique aux jeunes filles, en disant on va utiliser la métaphore de la sorcière et on va faire comprendre à ces jeunes filles que quand on atteint l'âge adulte, c'est là qu'on comprend le monde dans lequel on est, qu'on devient toutes un peu des sorcières dans le sens où on comprend la véracité de notre... pouvoir qui réside en nous et qu'il faut savoir s'allier avec les autres filles parce que le monde en dehors peut être dangereux, qu'il va falloir s'allier parce que les hommes aussi sont dangereux, parce que dans la série, je vous l'ai dit, quand même, 80% des méchants c'est des hommes, il y a beaucoup de scènes où en fait ce sont des démons qui malmènent des femmes, il y a beaucoup de... les sœurs Aliwell sont souvent confrontées à des comportements à caractère sexiste et sexuel et donc elles se battent contre ça, alors c'est pas omniprésent mais c'est assez présent je trouve dans les premières saisons quand c'est écrit par Constance Emburge, mais je veux pas encore au mieux écouter dans la plaie, mais tout ça pour dire qu'il y a vraiment ce truc de, Ausha, est-ce que c'est pas à la base une quête initiatique pour ces jeunes femmes, pour nous quand on était ados, de grandir avec ce modèle-là ? fait carrément de la merde et qui nous a laissé un peu dubitatives et surtout qui te dit bah oui en fait le féminisme des années 90 c'était pas vraiment, enfin c'était un truc à revoir au final. Parce qu'à la base si on reprend la base on est sur une série où on parle des sorcières. Pourquoi c'est intéressant de parler des sorcières ? Parce que pendant longtemps dans l'imaginaire collectif la sorcière c'est ... la méchante sorcière de Blanche-Neige, celle qui est hideuse, qui a des verrues partout, son chapeau pointu, et qui est jalouse de la belle princesse. Que les sorcières, pendant longtemps, c'était celle qui se cachait, qui faisait des méfaits, c'est la méchante sorcière de l'Ouest dans Le Magicien d'Oz. Il y a quand même tout un imaginaire autour de la sorcière de quelqu'un qui est mauvais, profondément mauvais. Ici, quand on relance Charmed... on veut montrer qu'il y a une réhabilitation de l'image de la sorcière. Une sorcière, c'est quelqu'un qui fait partie de notre quotidien, qui est un peu madame tout le monde, mais qui, au fond d'elle, va dédier sa vie pour aider son prochain. Les sœurs Alliwell ont ce pouvoir d'étroit, mais à quoi ils servent ? Ils servent surtout à protéger des innocents, à protéger des personnes sans pouvoir qui se retrouvent malmenées par la source du mal, par les démons. Pendant... longtemps dans la série, t'as vraiment cette idée qu'on va venir créer une nouvelle forme de sorcière, quelqu'un qui lutte, quelqu'un qui a des convictions, quelqu'un qui se bat. Mais à partir de la saison 4, pour moi, c'est là où on a décidé de stopper tout ça en se disant, on va arrêter avec tout ça, on va venir lisser l'image de la sorcière. Parce qu'à partir de la saison 4, on va emmener la sorcière dans un imaginaire très conte. C'est-à-dire qu'elles vont rencontrer des léprochomes, des fées, elles vont rencontrer des nains, elles vont rencontrer tous les genres des contes de fées au final, elles vont devenir des princesses, elles vont devenir le génie d'Aladin. Bref, on est en train de ramener la sorcière dans un conte pour enfants et on lisse l'image de la sorcière, on enlève la substantielle moelle d'une sorcière, c'est quelqu'un qui réside dans la sororité, dans l'entraide, dans l'empathie. En fait, on vient enlever toutes les petites valeurs féministes qui ont été amenées dans les premières saisons pour apporter quelque chose de plus lisse, pour qu'on vienne moins apporter des notions de féminisme, pour qu'on vienne un peu vraiment lisser tout ça et surtout sexualiser tout ça. Parce que c'est ça le vrai problème, c'est qu'au fur et à mesure de la série, nos héroïnes qui étaient badass, qui avaient des notions hyper avant-gardistes, vont au fur et à mesure se retrouver à être ultra sexualisés et le message de Constance Hemberge est en train de sombrer dans ni plus ni moins que l'arrivée d'un mal gaze dégueulasse au sein de Charmed.
- Speaker #1
Bon, c'est à cause de moi, d'accord, mais c'est un accident, je te jure que c'est vrai. Je voulais savoir ce que ça ferait si je devenais toi et j'ai l'impression que mon vœu s'est réalisé grâce à la potion. Je ne m'y attendais pas.
- Speaker #2
Tu voulais devenir moi ? Mais c'est du délire ! C'est rien, reste en zen. On va trouver une solution. Tu as mis quels ingrédients dans la potion ? Je n'en souviens plus. Je t'en supplie, ne dis rien à Piper, elle me trouve déjà assez nulle comme ça. On n'a qu'une seule préoccupation pour l'instant, on a nos corps à récupérer. Alors Piper est le moindre de nos soucis. Ne t'inquiète pas, je ne dirai rien, je te le jure. Ne veux pas de cette aire de chien battu sur mon visage.
- Speaker #0
L'extrait que vous venez d'entendre, il est issu de la quatrième saison. Il est plus un extrait visuel qu'auditif, je m'en excuse, mais je trouvais ça intéressant de le placer ici. Donc dans cet épisode, Paige et Phoebe échangent de corps. Cherchez pas à comprendre, c'est charmed. Elles changent de corps et donc Paige se retrouve dans le corps de Phoebe, Phoebe se retrouve dans le corps de Paige. Et on a cette petite phrase à la fin où... Paige dit « Oh, je me sens toute serrée. » Et en fait, pendant ce temps, elle est en train de mater les nibards de sa sœur, vu qu'elle est dans le corps de sa sœur. Et là, Phoebe lui répond « Oui, mais c'est sexy. » Et en fait, moi, je me dis « Pourquoi ? » À quelle heure, déjà, en tant que sœur, tu as envie d'aller mater les seins de ta sœur ? Enfin, vraiment, à quelle heure on trouve ça véritable, on trouve ça pertinent ? Bah, parce que dans Charmed... Il y a eu un changement qui s'est opéré à partir de cette fameuse saison 4. Bizarrement, quand c'est Bradcairn qui reprend la relève, c'est la sexualisation à outrance de nos héroïnes. Et là, il est évident qu'on a l'arrivée d'un mal gaze hyper fort dans le charme. Alors, qu'est-ce que c'est un mal gaze pour les gens qui ne savent pas ? En français, c'est un regard masculin. En fait, c'est un regard masculin qui est présent tout le temps, partout. Celui d'un regard des hommes porté sur le corps des femmes, mais un regard qui est... biaisé, fantasmé, sexualisé, voire même misogyne. C'est quelque chose qui est retrouvable dans tout, dans les œuvres d'art, dans les films, dans les livres, dans les séries, dans tout ce qui pourrait être construit par des hommes en pensant aux femmes. Et là, ici, dans Charm, c'est évident. Le mal gaze, il est présent depuis la nuit des temps, et notamment dans la pop culture. Si je prends deux exemples, vous allez voir où je vais en venir. Wonder Woman, par exemple, qui est censée être une amazone, qui se bat, c'est une guerrière. Bah pourquoi est-ce qu'on fout Wonder Woman en slip et en corset ? Bah juste parce qu'on veut arranger le regard masculin, on veut que les hommes trouvent intéressant de suivre les histoires de Wonder Woman parce que les hommes on en a rien à foutre de voir une femme qui se bat, qui a des valeurs de féminisme, non ça les intéresse pas, par contre voir une femme et potentiellement voir ses nibards bouger c'est ça qui les intéresse, allô ? Et pareil pour Lara Croft, autre exemple mais Lara Croft en poom poom short on en peut plus et on sait très bien. que ces deux personnages de pop culture, ou c'est des personnages qui ont été fantasmés, qui ont été créés par les hommes pour être fantasmés. Eh bien, ce regard masculin, ce mal gaze, il est aussi présent dans Charmed, et encore plus avec l'arrivée de Brad Cairn. Je dis pas que c'était pas le cas avant, parce que dans les trois premières saisons, on voit bien qu'on a fait en sorte que les héroïnes puissent mettre des petits crop tops sans soutif, avec les tétons qui pointent, parce que 1, dans les années 90, ça a toujours été comme ça, et que je pense que... Au niveau de la production et des réalisations, on s'est dit que ça devait être trop cool et que si on voulait intéresser le public masculin, il fallait voir du téton à l'aide. Et donc, après cette saison 4, j'ai trouvé que c'est beaucoup plus visible. Déjà, pourquoi ? Parce qu'on lisse complètement l'image de la sorcière. On vient dire, non, non, mais attendez, en fait, la sorcière, elle n'est pas du tout dans notre monde à nous. en fait tout le travail qui a été fait par Constance Emburge pour intégrer la sorcière dans notre monde réel, on vient quelques saisons plus tard dire non, en fait, elle n'est pas dans notre monde réel, elle vient protéger les contes de fées, ça n'existe pas. Ne vous imaginez pas être une sorcière parce qu'en fait, c'est issu des contes de fées. Et comme c'est issu des contes de fées, en plus de ça, d'un seul coup, elle commence à se déguiser en permanence. Phoebe devient le génie d'Aladin, et puis ensuite, elle devient Wonder Woman. Et puis après, les filles se déguisent en Amazone parce qu'elles deviennent elles-mêmes des Amazones. OK. Sauf que leurs déguisements, c'est des déguisements ultra sexuels. Genre vraiment, les actrices qui jouent Paige et Phoebe, elles sont toujours dénudées. En permanence, on trouve un moyen pour les foutre à poil alors qu'il n'y a pas raison d'être. Quand Phoebe devient le génie d'Aladin, pourquoi est-ce qu'on la met à moitié nue ? C'est quoi le rapport ? Parce que dans l'imaginaire collectif, le génie n'existe pas. Donc on peut faire un peu ce qu'on veut là-dessus, on n'est pas obligé de tout le temps les dévêtir. Et pendant la recherche que j'ai faite sur cet épisode, j'ai appris, parce que je trouvais que le personnage de Piper, c'était le personnage qui était le moins dénudé. Pourquoi ? parce que l'actrice a demandé à ne plus être dénudée. Elle a elle-même fait cette demande en disant « Moi, je ne veux pas, en fait. Je ne suis pas actrice pour montrer mon corps de cette façon. Je ne veux pas. » Alors, je ne dis pas que les autres n'ont pas voulu. Je dis juste qu'elle a fait cette demande. Et donc, du coup, comme elle n'a pas voulu être dénudée, Piper, on l'a mis dans la catégorie mère nourricière et on verra ça plus tard. Et les deux autres actrices, elles se sont retrouvées dans cette situation un peu gênante où après, on a compris que ce n'était pas un choix de leur part. Et en plus, si on pense au personnage de Phoebe interprétée par Alissa Milano, c'est hyper compliqué pour elle parce que Alissa Milano, dans les années 90-2000, on ne la présente pas comme une grande actrice. On la présente comme un sex-symbole. Elle a été créée de toutes pièces, telle un sex-symbole. Tous les garçons qui ont grandi dans les années 90-2000 vont vous dire « Ah mais moi je fantasme trop sur Alissa Milano » . Elle n'a rien demandé et elle a été sexualisée comme sex-symbole. Donc... Charm a participé à ça et ça a créé beaucoup de distance avec... Enfin, moi, ça me crée de la distance avec ces personnages parce que pendant les trois premières saisons où j'ai un truc de... Je me sens proche d'elles parce que leurs craintes, leurs doutes, leurs angoisses, c'est des choses qui me touchent. Parce que je trouve qu'il y a des valeurs qui sont véhiculées, qui me parlent. Et encore une fois, moi, j'ai ce sentiment qu'à la base, on est sur une série qui est un peu en mode quête initiatique. montrer aux jeunes femmes qu'elles vont rentrer dans un monde qui va être dur mais en s'entraînant les unes des autres c'est ok et ça va leur permettre d'avancer, ça ça dure qu'un temps parce que très vite on change le discours, très vite on dit non non mais en fait les sorcières qui sont dans notre vrai monde n'existent pas, en fait les sorcières elles sont issues des contes de fées et puis on va les rendre jolies, on va les rendre sexy et on va... oublié tous les aspects un peu féministes, mis ça en place jusqu'ici, et moi ça m'a vraiment coupé dans mon truc et ça m'a saoulé. Parce que c'est à cause de ce mal gaze qu'après, t'as des complexes, tu te sens pas bien, et t'es obligé de déconstruire ça plus tard, et de te dire ce n'est pas la vraie vie, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Et je pense que vraiment ce mal gaze a fait beaucoup de mal à Charm, et parce que le message initial s'est complètement perdu au fur et à mesure, et puis après, on a une ribambelle d'autres points qu'on va voir juste après. qui sont évidemment des points assez problématiques et assez red flag pour moi. Et donc en fait, cette question de maternité, c'est un autre point qui moi m'a posé question, parce qu'on nous fait croire dans la série que la maternité, c'est un espèce d'empouvoirment féminin, une transmission d'héritage, transmission de pouvoir, que grâce à la maternité, ces femmes se sentent accomplies et peuvent transmettre la richesse qu'est le pouvoir des trois. Mais pour moi, c'est faux. En fait, c'est un mécanisme pour rentrer dans la tête des jeunes filles que devenir mère, c'est un peu le chemin normal, c'est une normalité, voire même une obligation, et que ne pas avoir d'enfant est presque anormal. C'est comme ça que je le considère quand je vois la série, et on sent ce conservatisme très présent, parce que Piper, c'est une femme qui est très calme, qui se retrouve être l'aînée de la famille après la mort de Prue, et qui... Elle endosse ce rôle d'aînée qui protège tout le monde. Elle rencontre l'amour, je ne vais pas en parler longtemps, mais en fait, en gros, les sœurs Alliwell ont un ange gardien qui s'appelle Léo. Et donc, avec Léo, ils tombent amoureux. Ils vont se marier, malgré les défis qu'oblige cette relation un peu compliquée parfois. Et ils se marient, il faut avoir des enfants. Et du coup, comme Piper devient maman, elle rentre dans cette case-là. Dans cette case de c'est la mère qui soigne, qui protège. qui est vulnérable, qui, quand elle est enceinte, perd ses pouvoirs. Et en même temps, ça paraît normal qu'elle devienne maman, parce que ça y est, elle est mariée avec Léo. Et le temps entre son mariage et sa grossesse, je crois qu'il n'y a pas un épisode où on se dit, où elle ne se demande pas, mais pourquoi je ne suis toujours pas maman ? Comme si c'était le chemin logique. Quant à Phoebe, c'est quelqu'un qui, au démarrage de la série, est libre, est un électron libre, un peu rebelle. qui sait pas trop ce qu'elle veut faire dans la vie, mais qui veut juste kiffer. Oui, tombe amoureuse d'un voyou, et ça on en parlera un peu plus tard, et qui est malmenée sentimentalement parlant. Et puis un jour, ça pop comme ça. Jusqu'ici, le désir d'enfant n'est pas omniprésent. Elle adore être tata, mais on sent pas non plus une envie fulgurante de devenir mère. Sauf que, un jour, elle a une prémonition qu'elle va devenir maman. Et là, elle rentre dans une quête initiatique. hyper longue, on n'en peut plus où elle se dit je dois devenir maman, c'est vital et sauf que moi ça me dérange en fait parce que Je spoil, mais à la fin de la série, toutes les trois vont devenir mamans, elles vont même avoir trois enfants chacune, pour un peu la blague du pouvoir des trois. Mais donc, ici on a cette image de les filles, il faut réfléchir à cette question de maternité, la maternité c'est pas un choix, c'est une obligation. Ce conservatisme autour de la maternité me pose question et m'a vraiment saoulée, parce que vraiment l'arc narratif de Phoebe, l'arc narratif de Piper autour de la maternité, est relou en fait, elle est longue, elle est omniprésente, comme si c'était le truc le plus important dans leur vie, alors qu'elles sauvent le monde en permanence, qu'elles ont des projets professionnels, enfin Piper par exemple, elle adore la cuisine, dans la première saison on voit que son rêve c'est d'ouvrir son restaurant, bah Piper on va jamais la voir ouvrir son restaurant, à la fin de la série on va apprendre que ça y est, une fois que les enfants ont quitté la maison, elle va enfin pouvoir vivre son rêve professionnel. Stop en fait ! Est-ce qu'on peut pas aussi expliquer que la maternité ce n'est pas que des sacrifices, que la maternité ce n'est pas une obligation, il y a des femmes qui veulent, d'autres qui veulent pas. Mais là on est vraiment dans un conservatisme assez propre où chaque femme a ce devoir de devenir mère, chaque femme a le droit de profiter de la vie mais doit quand même devenir mère à la fin. On souffle. Et au-delà de on souffle, il y a vraiment deux catégories de femmes dans le charme, t'as vraiment les mères. Et les autres, celles qui sont ultra sexualisées, pourquoi en fait ? Et vraiment, ça, ça relève de ce regard masculin fantasmé où soit une femme, elle est baisable, soit une femme, c'est une maman. Et ça, bah juste, on n'en peut plus de tout ça en fait. Enfin, dernier point qui est un peu à part de tout ce qu'on a dit jusqu'ici, c'est le fameux couple toxique de Charmed. Puisque comme une bonne série des années 90, nous avons le droit au couple passionnel. problématique qui n'est autre que le couple de Phoebe et Cole. Alors, qu'est-ce que c'est que ce couple ? Phoebe, c'est un peu la fleur bleue de toutes les sœurs Alliwell, celle qui est amoureuse de l'amour et qui, de tous les cas, va faire carrière là-dedans puisqu'elle va devenir autrice de conseils sentimentaux auprès de gens, elle va écrire des livres, écrire des articles, etc. Donc, c'est la fille un peu fleur bleue. Et un jour, cette Phoebe va tomber amoureuse d'un homme qui s'appelle Cole. Cole, sauf que Cole, c'est un démon. Il s'appelle Balthazar en réalité. Si vous n'avez jamais vu la série, je vous ai balancé plein de noms. Vous devez vous dire, mais de quoi elle parle ? Mais c'est un démon qui, en fait, s'appelle Balthazar et qui n'a qu'une envie, c'est de tuer les sœurs Alliwell, détruire le pouvoir des Trois. Mais, vous voyez où je vais en venir. Elle, la sorcière, la lumière, tombe amoureuse du bad boy, du démon de la Terre. Donc c'est comme ça que va se naître une relation entre Phoebe et Cole. Au début, relation rejetée par les autres sœurs de Phoebe, qui ne comprennent pas, qui trouvent qu'elle abuse, qu'elle fait des mauvais choix. Et là, Phoebe va s'imposer face à ses sœurs en disant « Je l'aime, vous ne pouvez pas comprendre. Je sais qu'au fond, c'est quelqu'un de bon. Je peux le changer, je peux faire de lui quelqu'un de bien. » Une tirade classique des séries jusque-là, c'est du drama absolu. Et sauf que nous, on a grandi avec ça en se disant, mais oui Phoebe, tu peux le changer, il est trop bien, vous êtes trop faits pour être ensemble. Alors qu'en vrai, c'est très très problématique. Parce que pourquoi c'est problématique ? Parce que Phoebe jusqu'ici n'avait pas eu trop de romances. Là, c'est la vraie première romance qu'elle a dans le show. Et c'est une romance qui va durer très très longtemps. Parce qu'effectivement, elle va réussir à le changer. Il va dire adieu à sa part de démon. Il va s'intégrer dans la vie plus ou moins normale. jusqu'au jour où Cole a la possibilité de devenir la source du mal, c'est-à-dire le grand grand méchant de Charm, celui qui est le roi des démons. Et quand il devient la source, il arrive à faire en sorte que Phoebe s'extrait de son foyer familial. Il arrive à faire croire à Phoebe que ses sœurs sont contre elle, que ses sœurs sont contre son amour avec lui. Bref, c'est un pervers narcissique, c'est quelqu'un qui est manipulateur. il manipule Phoebe et de elle-même, elle va quitter le manoir d'Hallywell, va... couper les ponts avec ses sœurs et va s'installer avec lui. Et là, en fait, on voit une femme qui est sous emprise, une femme qui est folle amoureuse de l'homme qu'elle aime, quelqu'un qui a coupé les ponts. Et en fait, là, pour le coup, ce qui est assez « beau » , c'est que Phoebe va réussir à se sauver. Elle ne se sauve pas seule, ses sœurs ne l'abandonnent pas. Même si elles ne se parlent plus, ses sœurs viennent la choper par le callback et lui dire « Ma belle, tu repars avec nous, ton mec, c'est un trou de balle. » Et en plus de ça, Phoebe, elle va tuer Cole. Elle va réussir à se défaire et donc le tuer littéralement parce qu'elle se rend compte que c'est son grand adversaire. Donc ça, c'est le côté cool de voir qu'elle est en capacité de s'en sortir. Mais en fait, là encore une fois, c'est une construction, un schéma narratif qui n'est plus... Enfin, qui est trop cringe en Big 2025 parce que... C'est à la femme de porter la responsabilité de changer ce bad boy, entre guillemets bad boy mais démon. C'est à la femme de s'extirper seule aussi de cette situation. Et elle n'est pas aidée pour autant. Oui, il y a ses sœurs, mais elle s'en est pris quand même plein la gueule. Et ce qui moi me pose encore plus question, c'est que cet amour que va avoir Cole et Phoebe, ça va durer vraiment plusieurs saisons. Et une fois que Phoebe va tuer Cole... Elle va galérer à reprendre confiance en elle, évidemment, c'est ok, mais surtout, c'est comme si scénaristiquement parlant, on lui a pas proposé d'autres couples, en fait, derrière. C'est des petites amourettes, pas si par là, mais on n'y croit pas, parce qu'au fond, on nous fait croire un peu que la meilleure chose qui pouvait arriver à Phoebe, elle l'a tuée. On la culpabilise un peu. On lui dit, en fait, ton seul et grand amour, c'était un démon, t'as pas voulu de lui pour... tes raisons, mais maintenant, ma belle, bon courage pour trouver quelqu'un de bien. Sauf que Phoebe grandit, évolue, et puis vient son envie de maternité, donc ça devient un peu compliqué. Elle va rencontrer finalement quelqu'un, mais nous, spectateurs, on voit pas trop leur romance, on comprend que oui, ils vont se mettre ensemble, oui, ils vont avoir des enfants, c'est cool. Mais nous, dans la série, la seule grosse romance que va avoir Phoebe, c'est ce mec démoniaque, ni plus ni moins, sous emprise. Voilà. encore un couple problématique qu'on a idolâtré, qu'on nous a fait croire que c'était un couple mignon, alors qu'en fait c'est trop cringe. Je ne vais pas non plus déblater plus, on en a déjà parlé dans l'épisode sur Vampire Diaries, mais on a été bien servis en termes de couple problématique dans cette série aussi.
- Speaker #3
Ne me dis pas qu'on doit aller vaincre un démon. Non, ça ne risque plus de nous arriver avant des mois. Que fais-tu avec le Livre des Ombres ? Je me suis dit qu'on devrait y coucher toute notre histoire. Les épreuves qu'on a traversées et tout ce qu'on veut transmettre aux générations futures pour leur passer le flambeau comme on nous l'a passé à toutes les trois.
- Speaker #4
Et on continue à vaincre les démons, même à 80 ans.
- Speaker #5
Continue grand-maman, allez.
- Speaker #4
Oh non, non chérie, c'est tout. Je suis trop fatiguée, mais tu peux prendre le livre et le consulter si tu veux. Après tout, il te reviendra quand tu seras grande.
- Speaker #0
Pour conclure cet épisode, pour moi Charm ça renvoie à un moment précis de ma vie, quand j'étais à l'école primaire, au collège, au lycée. Cette série elle renvoie vraiment à mon enfance, mon adolescence. C'est vraiment une série culte qui a marqué, forgé plein de choses en moi et qui a très certainement mis des petites graines dans ma tête sur des notions de féminisme sans que je m'en rende vraiment compte. Maintenant, est-ce que la série est encore regardable ? Je me pose la question pour plusieurs choses. évidemment le mal gay est présent et aujourd'hui maintenant qu'on sait ce que c'est ce regard masculin, maintenant qu'on a les codes qu'on comprend que cette relation elle est toxique, que ce regard porté sur la femme est sexiste, sexualisé misogyne, ça coupe ton envie de revoir et puis on va pas se mentir, l'effet qui te chouille des effets visuels ça reste assez éclaté au sol avec ce qu'on fait aujourd'hui, il y a un peu ce truc que bah euh... Franchement tu dis oui c'est vraiment dans son jus. Donc évidemment tout ça mis bout à bout fait que pour moi je me pose la question dans le sens où évidemment pour moi elle serait binge watchable au vu des notions apportées par la série sur la sororité, le lien entre les femmes et que pour une fois on a des personnages féminins qui sont au devant de la scène, qui prônent des valeurs de tolérance, de respect, de bienveillance, que leur force n'est pas que physique mais réside ailleurs. Et vraiment cet amour, cette entraide, ce non-jugement qu'il y a entre elles est hyper beau à voir et je pense que ça mérite d'être vu. Maintenant le côté un peu cheapo, des effets spéciaux, la série fait très daté des années 90. Est-ce que j'ai envie de revoir la série ? Ouais, pourquoi pas en petit plaisir coupable, même si ce regard masculin me pose énormément de questions et parfois c'est dur à voir. Pour un moment, une vague de nostalgie, oui, c'est binge-watchable. Après, si vous avez trop peur d'être énervé, franchement, ne regardez pas. J'avoue, je n'ai pas de réponse nette et précise. Je suis vraiment en ambivalence. Il y a mon côté très nostalgique qui a envie de dire j'ai envie encore de regarder Charmed. Après, voilà, est-ce que ce n'est pas mon guilty pleasure ? Comme d'autres, c'est Gossip Girl ou que sais-je ? Why not ? J'en sais rien, je me laisse encore réfléchir. Mais en tout cas, si vous n'avez pas vu la série, Regardez peut-être au moins les trois premières saisons pour vous replonger là-dedans. N'hésitez pas à regarder par-ci par-là parce qu'il y a quand même des choses belles à voir et à valoriser. Et peut-être aussi le fait que maintenant on sait ce qu'on regarde, qu'on a conscience que ce qu'on regarde est problématique. Ça nous permet peut-être aussi de faire du tri. Je me pose la question, je suis un peu... C'est une réponse suspendue pour Charm de mon côté. Cet épisode est terminé, j'espère qu'il vous a plu. Vous avez été quelques-uns à m'avoir demandé d'analyser Charm, donc n'hésitez pas à me faire des petits messages sur les réseaux sociaux pour qu'on s'intéresse à une série en particulier. D'ailleurs, pendant que je parle des réseaux sociaux, n'hésitez pas à nous rejoindre sur la page Instagram toutbingernotoutcringe, le podcast, mais aussi le compte TikTok du même nom, où là-bas, je vous mets l'actualité du podcast, c'est-à-dire... Des petits extraits sonores des épisodes sortis, la binge list donc c'est une espèce de liste où dedans je mets toutes les recos et toutes les sources qui m'ont aidé à proposer et à écrire cet épisode et ça fait plusieurs fois que je vous le dis mais il y a du contenu qui arrive très bientôt donc restez à l'affût. Merci en tout cas d'écouter le podcast, vous êtes de plus en plus nombreux et c'est trop chouette, je suis trop contente. de voir que ça va bientôt faire un an qu'on est sur le projet, donc de voir qu'il y a autant de monde qui écoute, c'est trop chouette. Merci beaucoup de votre soutien. On se retrouve donc très vite pour un tout nouvel épisode, sur une toute nouvelle série, afin de se poser cette question existentielle que tout le monde attend et que tout le monde se pose, to binge or not to cringe. A très vite, salut, bye !