Speaker #0To binge or not to cringe, le podcast qui se demande non pas si nos séries phares sont encore regardables, mais si nos films préférés, ceux qu'on regarde sous un bon plaid avec une tasse de chocolat chaud, sont encore ok, non problématiques, et donc qu'on évite de mettre dans la catégorie cringe à souhait. C'est parti pour cet épisode hors-série dédié aux films de Noël par excellence, celui qui a tout lancé, ou en tout cas au démarrage de ce nouvel univers. On commence maintenant ! Alors comme le dirait notre reine de Noël, c'est-à-dire Maria Carey, it's time, ça y est, les fêtes de Noël sont bien là, les fêtes de fin d'année tout simplement sont arrivées. Joyeux Noël à tous, petite auditorice qui m'écoutait d'ici et là, merci pour votre soutien sans faille depuis bientôt un an, mine de rien. Alors voilà, qui dit fête de fin d'année dit cadeau sous le sapin, et le mien c'est ce petit épisode hors série. Un petit épisode spécial Noël. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, je me suis dit que je voulais vous parler d'un petit film du genre, tout petit, qui n'a pas trop fait de bruit, c'est-à-dire Love Actually, le film emblématique qui est souvent regardé et mis en avant pendant les fêtes de fin d'année. C'est parti, que nous propose alors Love Actually. On est parti pour une petite analyse du sujet. Love Actually, c'est un film anglais qui a été réalisé par Richard Curtis. Richard Curtis, c'est un grand réalisateur anglais du genre des comédies romantiques. Il est réalisateur et auteur de notamment Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill. Je crois aussi qu'il a travaillé sur Bridger Stone, pas du tout. Je crois d'ailleurs qu'il a travaillé sur Bridget Jones, donc vraiment, c'est pas n'importe qui comme petit réalisateur. Le film est sorti en 2003, c'est une comédie romantique, un film choral, c'est-à-dire que vous avez tout un tas d'actrices. hyper connus, vous avez Hugh Grant, Emma Thompson, Alan Rickman, Keira Kinley, Andrew Lincoln, Colin Firth, Liam Neeson, Thomas Brody-Sangster, Laura Linney, Bill Nighy, bref, ça en fait du monde, et ce qui est assez fou dans ce film, c'est que comme c'est un film choral, tous se connaissent plus ou moins, ils vont tous plus ou moins correspondre les uns avec les autres, ça en fait du gros acteurice anglais principalement. Le film dure 2h15 et tout se déroule principalement au Royaume-Uni. Mais alors de quoi nous raconte Love Actually ? Ça parle de quoi ? Et bien en fait à l'approche de Noël à Londres, on va avoir tout un film qui entrelace plusieurs histoires, notamment des histoires d'amour qui se croisent, qui se répondent, qui se frôlent. On va donc suivre un premier ministre qui tombe amoureux de son employé, un écrivain qui se reconstruit après une rupture, un veuf et son beau-fils qui apprennent à aimer à nouveau, ... Une femme mariée confrontée à une trahison silencieuse, un amour secret jamais avoué au sein d'un trio, ma foi, questionnant. Et puis surtout, on a cette rockstar sur le retour. Chaque histoire explore une facette différente de l'amour, du romantisme, de la famille, des relations impossibles, des relations non réciproques, de la naïveté ou du côté très mature qu'on peut avoir dans une relation amoureuse. Le film nous rappelle que malgré les maladresses et les blessures du passé, les silences, les non-dits, l'amour est partout. Et oui, surtout quand il peut prendre le temps, quand il peut arriver à des moments inattendus. Et ça tombe bien parce que ça tombe pile pendant les fêtes de Noël. C'est donc la magie de Noël, c'était ça ce dont nous rabâche à longueur de journée. Dans le thème qu'on va aborder dans cet épisode, on va voir qu'on est sur de la romance, sur de la relation amoureuse, de quiproquo, du drama. C'est un peu le florilège du film de Noël par excellence. Premier point sur lequel on va s'arrêter très rapidement parce que le tour est vite fait, c'est la question de la représentation au sein du casting de Love Actually. C'est très simple, on est sur une représentation de l'amour hétéronormé, aucune relation homosexuelle et on est vraiment dans l'hétéro à fond de balle, que des couples qui sont assez dysfonctionnels pour certains, assez lunaires pour d'autres, mais je me retiens, on en parlera un peu plus tard. Également, en termes de représentation d'acteurice racisée, vous avez qu'un seul acteur qui a un rôle plus ou moins secondaire, c'est le rôle de Peter, c'est-à-dire que c'est le marié qui se retrouve dans un trio un peu compliqué, on en reparlera un peu plus tard, interprété par Chiwotage et Gifor. J'espère que j'ai bien prononcé son nom, je m'en excuse par avance s'il écoute ce podcast, ce qui est tout à fait plausible. C'est le seul l'acteur noir qui... a un rôle assez important dans l'arc narratif, mais très vite, on l'entend très peu parler, très vite, il est mis de côté, et c'est assez pauvre en termes de représentation. En termes de représentation féminine, alors oui, vous avez pas mal d'actrices dans le show, et c'est assez intéressant. Vous avez aussi bien des jeunes femmes, des femmes plus âgées, mais le vrai sujet dans Love Actualist, c'est le corps des femmes, et là encore, je me retiens, on en parlera. assez longuement dans cet épisode. Mais bon, bref, nous sommes sur un film des années 2000, la représentation, c'est le néant. Ça pose évidemment plein de questions, mais ça aussi répond à un contexte de l'époque. Voilà ce qu'on pouvait dire sur ce sujet. Passons à autre chose, évidemment. Autre point sur lequel je m'arrête, qui est pour moi quelque chose qui m'a sauté aux yeux quand j'ai revu le film pour l'occasion, c'est-à-dire l'occasion des fêtes de Noël. Parce que, encore une fois, moi Love Actually, c'est un film que j'ai beaucoup regardé, je sais pas, mais en tout cas, très souvent, je le mate. Alors pas tous les ans, mais je sais pas, tous les 2-3 ans, je suis en mode, ouais, je veux revoir Love Actually. Et là, il s'avère que j'avais trop envie de le revoir parce qu'il est dispo sur plein de plateformes cette année, donc je me suis dit trop bien. Et en fait, le coup de pelle que je me suis pris déjà, ça a été... Quand j'ai revu le film, je me suis dit, mais qu'est-ce que vous avez avec le corps des femmes ? Genre, vraiment, c'est insupportable à revoir pour tous ces éléments autour du corps des femmes. C'est-à-dire que tout le film, pendant deux heures, il y a au moins deux arcs narratifs qui sont vraiment dédiés, je trouve, à ça, au corps des femmes, aux injonctions. Et il y a pléthore de remarques un peu insidieuses, de petites remarques par-ci par-là, ou juste c'est un calvaire à voir. Et franchement, par rapport à ça, c'est un petit calvaire, et en même temps, ça n'excuse pas du tout ce qui a été fait, mais ce que je veux dire, c'est tellement dans l'ère des années 2000, je rappelle que le réalisateur est celui qui a réalisé Bridget Jones, film dans lequel on nous fait croire que Bridget Jones, c'est un camion 33 tonnes et qu'elle est énorme alors qu'en fait elle fait juste un taille 40 et que l'actrice est très correspond aux normes de beauté donc on a grandi en fait avec ces gens là qui nous racontaient un peu cette histoire là autour du corps des femmes et dans Love Actually là où on est sur un film sur l'amour, sur les fêtes de Noël vous êtes sûr qu'on va en parler et c'est un sujet le corps des femmes, le fait qu'il soit perçu comme gros, spoiler il ne l'est pas le fait de Mettre en comparaison aussi le corps des femmes, moi je l'ai vu dans ce film et je me suis dit, c'est un peu poussif et c'est un peu plutôt vieillot comme façon de raconter ce corps. Donc on revient là-dessus. Globalement, moi je trouve que ce film, c'est un regard très sexiste, un regard très jugeant, très masculin sur le corps des femmes. Ça ne reflète absolument pas la réalité et moi ça passe par deux arcs narratifs assez présents. qui le mettent en place. Déjà le premier, c'est le personnage de Nathalie. Nathalie, qui c'est ? C'est la secrétaire du Premier Ministre. Donc dans le film, le Premier Ministre est interprété par Hugh Grant, je crois qu'il s'appelle David, je sais pas trop quoi. Et ce Premier Ministre a donc cette secrétaire qui s'appelle Nathalie et déjà quand on la voit, la première interaction qu'ils ont tous les deux, c'est qu'elle, au lieu de l'appeler Monsieur le Premier Ministre... Elle appelle David et puis ensuite, elle se rend compte que ça se fait pas de l'appeler par son prénom. Donc elle est là en mode « Oh mais je suis trop bête, je suis trop conne, putain. Oh merde, j'aurais pas dû vous dire ça. » Et donc là, il y a un espèce de running gag autour du fait que cette fille ne semble pas coller aux codes sociaux qu'on attend d'elle dans cette situation envers le Premier ministre. Et ça, on en reparlera un peu plus tard. Mais Nathalie, c'est une fille qui a l'air... plutôt simple et sympa, il n'y a pas trop de choses à dire sur elle, mais très rapidement, quand elle se présente au Premier ministre, elle explique que pour elle, cette année Noël, c'est compliqué, parce qu'elle vient de se faire larguer par son mec qui la trouvait trop grosse, qui disait que ses jambes, c'était des poteaux, et en fait, ce qui est assez ouf, c'est que le truc, c'est que Nathalie, elle n'est pas grosse, vraiment, elle fait, elle a juste des joues rondes, certes, elle a des fesses et encore, ce n'est pas non plus très volumineux. Elle a de la poitrine. Encore une fois, elle est dans des standards de taille. Elle fait un taille 40, en fait. Elle n'est pas sur un taille 50. Et encore, quand même, on fait un taille 50, on s'en fout du poids et de la taille. Mais donc, du coup, elle est présentée comme celle qui se trouve grosse et que les autres trouvent grosse parce qu'une collègue à elle, quand on va lui dire, « Ah, au fait, tu vois qui c'est, Nathalie ? » Quand elle décrit sa collègue, elle lui dit, « Ah oui, Nathalie, c'est... » La fille rondelette, celle qui est grosse. Meuf, elle n'est pas grosse, ta collègue. Arrêtez. Et en fait, c'est hyper problématique parce que cette pauvre Nathalie, elle n'est décrite que par le fait que c'est une fille qui vient des quartiers pauvres, qui est vulgaire et qui est grosse. Et même Hugh Grant, qui joue le Premier ministre, au début, on trouve, on comprend très vite qu'il est sous le charme de la Nathalie parce que ça change des autres femmes qu'il a l'impression de fréquenter. Bon, ça pareil, on en reparlera plus tard. mais Quand elle a lui fait part, Nathalie, que son ex a traité de grosse, lui, il était en mode, vous voulez que j'appelle les services sociaux ? N'importe quoi, je vais appeler les services secrets, je vais lui péter la gueule et tout. Bon, il transforme ça en humour. Quand la fameuse collègue décrit Nathalie comme une fille grosse, lui, il est là en mode, ah ouais, vous la trouvez grosse, vous ? Donc, même lui, je pense qu'il est en mode, oh bah moi, ça me choque pas. Sauf qu'à la fin du film, quand forcément, ils finissent par se pécho, il est là un peu en mode de Bah ouais, qu'est-ce que vous voulez ? Je sors avec la fille un peu rondelette et y'a quoi ? Mais c'est horrible. Et même à la fin fin du film, quand il se regaloche une dernière fois, il la porte et la seule chose qu'il lui dit c'est Oh là là, t'es super lourd, tu pèses une tonne ou quoi ? Et en fait, toute cette pauvre Nathalie, elle est réduite par le fait qu'elle est grosse alors que, spoiler, elle ne l'est pas. Et donc déjà, ça c'est insupportable à voir parce que toi t'as grandi avec cette image de Oh, voilà, Nathalie, une femme grosse, elle est capable de se taper You Grand, mais en fait, elle n'est pas grosse. Elle correspond déjà aux normes de beauté, donc vous ne pouvez pas vous comparer. Donc déjà, ça, pour moi, c'est un, c'est problématique. Autre chose par rapport au corps des femmes, c'est qu'il y a un autre arc, où pour moi, on a une scène même qui est très... Ouais, mais quand j'ai refusé la scène, je me suis dit, mais what the fuck, comment c'est possible ? Où je me dis, mais foutez la paix au corps des femmes, elles n'ont rien demandé. C'est par rapport à un autre... Une autre histoire dans le film, vous avez un couple de personnes qui ont entre 40 et 50 ans, interprétés par Emma Thompson et Alan Rickman. Donc tous les deux semblent être un couple qui est ensemble depuis belle lurette. Et lui, Alan Rickman, il flirte avec sa secrétaire qui est beaucoup plus jeune que lui. Très clairement, la secrétaire doit avoir entre, je sais pas moi, 30 ans. 35 ans, tandis que lui a plutôt 50 ans. Donc déjà, ça répond encore à ce cliché que les hommes préfèrent les jeunes, les hommes se tapent leur secrétaire. Voilà, c'est des clichés de fantasme, on n'en peut plus. Et donc, très vite, on comprend qu'Alan Rickman n'est pas insensible au charme de sa secrétaire et sa fa, Emma Thompson, elle ne se rend compte de rien jusqu'au jour où ils vont à une fête de Noël d'entreprise et là, Emma Thompson se rend compte que son mari ... Alan Rickman est en train de fricoter avec sa secrétaire. Donc elle comprend qu'il se passe un truc. Et ils reviennent de cette soirée. Et là Emma Thompson elle dit « Oh je me trouvais pas belle ce soir, je me trouvais grosse. » Et son mari Alan Rickman il dit au lieu de lui dire « Non meuf tu es belle, tu as 40 ans, 45 ans, évidemment tu n'as plus le même corps qu'avant parce que t'as porté deux enfants, parce que oui le temps est là mais tu restes sublime. » Au lieu de dire ça cet abruti il lui dit Euh, tu sais, Tino Rossi, il vend ses vêtements si jamais. Allô ? Tino Rossi, pour ceux qui n'ont pas l'image, c'est un chanteur d'opéra qui fait genre 115 kilos. C'est quelqu'un qui est très volumineux, qui est gros. C'est un homme gros. Et ma Thompson, elle n'est pas grosse. Donc déjà, au lieu de dire à sa femme qu'elle est belle, il lui dit, bah tu peux potentiellement porter les vêtements d'un homme obèse. Donc déjà, hein, putain, en fait, juste, va te faire foutre. Désolée, je suis vulgaire, mais juste, ça m'a saoulée. et en plus là il y a un plan séquence qui est... hyper chelou, où du coup on voit Emma Thompson, cette femme de 5, 40, 50 ans, se déshabiller et donc qui a une longue chemise de nuit en soie qui est très très longue, on voit très peu le corps, et on voit que voilà, c'est pas un truc qui est très très sexy, et on cut la face, on coupe la scène où elle se déshabille, et là d'un seul coup on revient sur la scène de la secrétaire, donc la jeune secrétaire qui a envie de se faire le mari de cette Merci. pauvre femme de 50 ans et là cette secrétaire elle est dans une petite robe hyper courte et là elle se déshabille et elle est en sous-vêtements dentelles rouges ultra sexy et en fait mine de rien ce montage le fait de couper de zoomer sur une vieille femme entre guillemets vieille femme de 50 ans qui est pas très sexy et d'un coup derrière on met la femme de 30 ans ça impose l'image de bah regardez les femmes de 50 ans elles sont pas très sexy alors que celles de 30 ans, boah qu'est-ce qu'elles sont sexy Merci. Et juste, ça pour moi, j'étais vraiment choquée, en mode, mais pourquoi vous faites ça ? Déjà, c'est pas ouf, parce que ça laisse entendre nos femmes de 40 ans qu'elles sont périmées, elles sont pas belles, alors que si, elles sont magnifiques. Ça laisse entendre que les femmes de 30 ans sont beaucoup plus sexy, et donc du coup, enfin je sais pas en fait, ça vient fantasmer des trucs qui sont pas ok. Et arrêtez de mettre en comparaison le corps des femmes, arrêtez de nous comparer, foutez-nous la paix, on est toutes belles, on a nos corps, et surtout, arrêtez de nous faire croire. que quand on fait un 42, on est énorme, on est grosse, foutez-nous la paix. Parce que dans le film, il y a des mecs, ils sont, je pense, plus gros que les filles, mais on leur fait aucune réflexion, c'est insupportable. Ensuite, autre chose que j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup perçue dans le film, mais genre vraiment, j'en ai, je les ai listées, c'est que je trouve que dans Love Actually, mais encore une fois, ça répond à une génération... Alors attention, je défends pas l'indéfendable, mais je pense que c'est vraiment dans un contexte donné. Dans Love Actually, il y a vraiment un problème avec la virilité masculine. Je m'explique juste après. Avant de rentrer dans le sujet, je précise que j'ai vu le film en VF. Parce que ça fait partie de ces films que j'ai toujours vu en VF. Donc pour moi, ça me paraît obligé de le voir en version française. Je ne sais pas. Parce que j'avoue, je n'ai pas poussé l'analyse jusqu'au bout. My bad, ne m'en voulez pas. Mais c'est la fin de l'année, j'ai beaucoup de choses à gérer. Mais je ne sais pas si c'est parce que c'est la version française ou la version originale qui est aussi comme ça, mais en tout cas, il y a beaucoup de mentions de mots homophobes pour décrire l'action d'un homme. Je sais pas si je suis très claire. En gros, il y a beaucoup de fois le mot fiot, pédale, le mot pédé comme un phoque, ce genre de choses qui sont des insultes homophobes. Et donc, évidemment que c'est une version française, mais est-ce que dans le script originel, il y avait déjà ces actions-là ? J'en sais rien, ces mots-là, j'en sais rien, mais toujours est-il que j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup entendu ces mots-là et à la fin, j'en pouvais plus. Pourquoi j'en pouvais plus ? Parce que... Déjà, c'est des mots, on dit ça sur le ton de la blague, mais c'est homophobe en fait. Ça renvoie au fait que si un homme ne correspond pas au genre de la masculinité qui est validée par la société, c'est-à-dire un homme fort, un homme qui est capable, un homme qui ne pleure pas, un homme qui protège, etc. S'il ne répond pas à ces codes-là, alors il est faible. Et s'il est faible, il est pédé, il est homo. et donc du coup c'est complètement problématique parce que être homosexuel ne veut pas dire être faible, être incapable ou ce genre de choses. Ça n'a rien à voir, c'est réducteur, c'est discriminant, enfin bref, c'est de l'homophobie tout simplement. Donc effectivement dans le film, il y a beaucoup beaucoup de scènes où les hommes, les acteurs, enfin les personnages masculins du film, on leur fait comprendre que leur façon d'agir est compliquée, que leur façon d'agir est pas... ok par rapport aux attentes par rapport aux attentes qu'on a d'eux en tant qu'hommes et donc on les traite de pédés en fait tout simplement, j'utilise ce terme parce que c'est vraiment comme ça que c'est utilisé dans le film et donc bah comme on les traite d'homosexuels, ils sont en mode oh bah non c'est pas possible enfin bref c'est insupportable donc pareil, cet humour de jouer là dessus, moi c'est plus quelque chose qui me fait rire Parce que je sais que c'est blessant, parce que je sais que c'est discriminant. Et que d'autant plus quand on est sur un film où tu as zéro représentation homosexuelle et qu'en parallèle de ça, tu n'utilises que des expressions homophobes, forcément ça t'envoie un truc de... Ah ouais, c'est pas ouf quand même Love Actually par rapport à tout ça. Quels sont les exemples qui m'amènent à dire ça ? Il y en a plusieurs que j'ai listés. Déjà le premier qui m'a choquée, genre vraiment choquée. Emma Thompson, toujours elle. vient apporter du réconfort à Liam Neeson, qui est un architecte. En bref, c'est un homme qui a perdu sa femme. Liam Neeson perd sa femme et se retrouve à devoir élever son beau-fils tout seul. Et dans le film, on apprend que Liam Neeson... Enfin, on n'apprend pas. On voit Liam Neeson tout juste enterrer le corps de sa femme. Donc, on comprend que c'est très frais pour lui la disparition. Il est en plein processus de deuil. Donc, il est très triste. Et Emma Thompson lui dit... je cite, « Personne n'aime les fillottes, personne ne couchera avec toi si tu ne fais que pleurer. » Alors déjà, un ami en carton. En fait, si une semaine après l'entendement de ta femme, quelqu'un te dit ça, pour moi, c'est un ami, une amie en carton. Déjà parce que ça veut dire quoi ? Un, que t'as pas le droit de pleurer. En tant que mec, arrête de pleurer. Et donc là encore, ça vient... En fait, ça vient aussi réduire la sensibilité chez les hommes. C'est-à-dire que... Dans tout ce que j'entreprends dans ce podcast, avec To Binge and To Cringe, évidemment que plusieurs fois, je montre qu'il y a un côté très sexiste envers les femmes. Et bah, il faut aussi se dire que oui, parfois, il y a... Enfin, si c'est sexiste envers les femmes, forcément, il y a une image autour des hommes qui est tronquée. Attention, je viens pas dire, hein, les hommes aussi, ils ont leurs problèmes. Non, ce que je viens de dire, c'est qu'on a aussi leur image... Enfin, on a créé une image autour des hommes... On fait croire aux gens qu'un homme, c'est quelqu'un qui doit être viril, qui doit pas pleurer. Homme capable, homme pas pleurer, homme faire du feu pour sauver sa famille. En fait, stop, ça suffit, ce côté très vieille France, j'ai envie de dire, mais ce vieux monde, en fait, arrêtons. C'est aussi ok qu'un homme et ses sensibilités, qui pleure, il a perdu sa femme, il a le droit de vouloir pleurer, et il a le droit de pas vouloir baiser à outrance. Sauf que, ici, dans ce film, son ami en carton dit à ce pauvre père... et pleurer, en fait là le fait que tu sois sensible de la mort de ta femme, ça renvoie au fait que t'es une fiote, donc que t'es une pédale, donc que t'es homo, enfin vraiment c'est comme ça que c'est présenté, et en plus de ça, de lui dire personne ne couchera avec toi, et là il se dit, oh bah non, quand même, moi aussi je veux retomber amoureux, bon je vous le donne dans le mille, il passe tout le film à aider son beau-fils à trouver l'amour, on en reparlera un peu plus tard, et à la fin du film, spoiler il va tomber nez en nez avec une femme et nous ça nous laisse entendre que regardez, il n'a pas pleuré pendant les deux heures du film, résultat de ses courses il a été récompensé, il crush sur une meuf et c'est pas n'importe qui la meuf, c'est Claudia Schiffer en fait Claudia Schiffer qui est un mannequin hyper connu des années 90 qui est un top modèle, qui est super giga bonne, super belle, désolé pour les termes mais à un moment donné c'est la meuf la plus fraîche des années 80, enfin de tout la terre entière en fait tout simplement donc bah voilà le message il est clair, les mecs arrêtez de chialer votre femme elle est morte, mais pleurez pas parce que franchement au pire vous aurez quoi un super top modèle allo, enfin vraiment genre donc ça c'était la première citation la deuxième citation c'est concernant le premier ministre, c'est à dire que quand le premier ministre anglais interprété par Hugh Grant arrive dans le film on comprend qu'il est fraîchement nommé, il arrive à, j'allais dire d'homme tomabé mais Merci. pas du tout ma belle, tu confonds les séries. Quand le Premier ministre arrive à Downing Street, donc qui est vraiment sa maison, sa petite maison à lui, quand il arrive, on comprend qu'il arrive tout seul, et de toute façon, c'est clair, quand il arrive, il dit à la gouvernante qui gère les maisons de Nouveau-Branche, je cite à la gouvernante, vous inquiétez pas, je viens sans enfants qui ont comment il dit ça ? J'arrive sans enfants, sans ados prépubères insupportables et sans femme hystérique. On va passer sur le côté, est-ce que vraiment on n'a pas que ça à faire que de revenir sur le fait que hystérique c'est un mot problématique, mais anyway. Donc on comprend qu'il arrive un peu tout seul, etc. Sans femme donc, sans femme hystérique, MDR. Il y a quelqu'un dans le film qui se questionne sur le fait qu'il arrive tout seul. Et il dit, cette personne dit, je cite, S'il n'est pas marié, c'est soit qu'il adore se taper tout un tas de nanas, soit il est pédé comme un phoque. Donc, bon, hors contexte comme ça, vous vous dites, bon c'est une blague, mais en fait c'est une accumulation de trucs où tu te dis, ok, donc vraiment, et c'est même pas tant la façon dont c'est écrit, c'est vraiment, pour moi, là c'est scénaristiquement, c'est le réalisateur, c'est bon en fait. Il y a plusieurs fois ces termes-là au bout d'un moment. On souffle. Donc là, le premier ministre qui est canon, oui, c'est vrai, il est canon, c'est Hugh Grant, il est au max de sa beauté à ce moment-là. Forcément, le mec, on se demande, bah oui, est-ce que c'est parce qu'il culbute plein de meufs ou est-ce qu'il est pédé ? Mais en fait, juste à un moment donné, là aussi, foutez-lui la paix. Alors évidemment, c'est un personnage public, on a envie de savoir, mais là, comment c'est présenté, comment c'est mis en scène, c'est insupportable. Et là encore, c'est une injonction. bah voilà le mec en fait c'est tout ou rien c'est soit vraiment c'est un playboy soit, quand on dit qu'il est pédé dans cette citation, c'est un côté très péjoratif. C'est pas en mode, soit oui, c'est un playboy, soit il est homosexuel, et puis au pire, c'est pas grave. Non, c'est pas ça la phrase. Soit c'est un gros playboy avec clin d'œil, clin d'œil, clin d'œil, soit il est pédé comme un fuck, en mode, en fait, il veut pas le dire, mais il a un tard. C'est comme ça que c'est fait dans le film, vraiment, je vous assure. Et bah ouais, cette homophobie décomplexée, on souffle un peu. Et enfin... Autre moment où on a le droit à ça, c'est dans une scène sur laquelle je reviendrai un peu plus tard dans le podcast, mais on parle d'un auteur, donc l'auteur est interprété par Colin Firth, et Colin Firth part je ne sais où, je crois que c'est en France ou en Méditerranée pour écrire parce que son ex-copine l'a trompé, il a besoin d'expliquer tout ce qu'il a besoin d'écrire, etc. Et quand il part à l'étranger, il rencontre une femme de ménage qui est portugaise. Bon, tout ça, on parlera de ça un peu plus tard. Et j'avance dans l'histoire. À un moment donné, il se retrouve près d'un lac. J'expliquerai plus précisément plus tard. Et la fille, qui est Andréa Jucroix, elle se retrouve à aller dans l'eau pour l'aider, lui. Et lui est incapable d'aller dans l'eau. et en fait quand il la voit elle aller dans l'eau galérée il dit, je cite, « Voilà, maintenant, il va falloir que j'y aille, sinon je vais passer encore pour une fiotte. Et il va dans l'eau. Voilà. Et ça revient en fait surtout le fait que, là encore, il y a cette injonction que les hommes doivent être capables, doivent être virils. Ils ne peuvent pas laisser une femme faire pour eux, ils ne peuvent pas montrer qu'ils sont faibles. En fait, ça aussi, c'est important dans la construction des hommes aussi, parce que ça passe aussi par là, par la représentation qu'il y a à la télé. et si à la télé on est bassiné par ces représentations d'hommes capables qui ont ce besoin de retenir leurs émotions, qui sont incapables de définir ce qu'ils ressentent, bah ouais, c'est problématique. Et ce qui est assez compliqué, c'est que ce film, il est un peu insidieux, Love Actually, dans la mesure où, ici, on a face à un film où les hommes sont en capacité d'exprimer leurs sentiments, et on en parlera juste après, mais on a ici des hommes qui sont quand même un peu plus évolués qu'avant, dans le sens où... Là, c'est des hommes qui n'ont pas peur de dire qu'ils sont amoureux, qui n'ont pas peur de dire à la femme qu'ils aiment qui les aime et de faire des sacrifices entre guillemets pour être avec elle. Donc oui, c'est avant-gardiste, mais d'un autre côté, ça reste des hommes qui intériorisent tous les godes du genre masculin qui sont problématiques. et ouais je trouve que c'est assez violent en fait c'est pas que c'est violent mais il faut pas non plus nier le fait que là ici dans le film on a quand même pas mal de scènes où on a de l'homophobie banalisée et que aujourd'hui, il faut qu'on fasse aussi attention aux mots qu'on emploie parce que chaque mot ont un sens et ça peut vraiment amener à des constructions sociales problématiques et ça peut aussi faire du mal à d'autres personnes. Autre point hyper central dans ce film, c'est l'amour. C'est dans le titre Love Actually. Donc évidemment qu'il y a des questions d'amour. En fait, moi de ce que j'ai compris quand même du film, c'est que Merci. Love Actually, ça a pour but de dire l'amour est partout. Votre âme sœur se trouve forcément quelque part, même dans les endroits les plus improbables. Et qu'il est important qu'à Noël, on dise aux gens qu'on aime, qu'on les aime. Et quand on dit aux gens qu'on aime, c'est pas nos familles, nos amis. Non, c'est vraiment l'âme sœur. On est vraiment ici dans une idée que pour Noël, c'est quand même vachement triste si tu le partages pas avec l'être aimé. Ça renvoie un peu une injonction de si t'es célibataire, c'est que t'as un problème et ou si t'es célibataire, t'as intérêt à trouver quelqu'un parce que sinon, c'est un peu gênant, gênant. Et donc vraiment, Love Actuali, c'est passé Noël avec l'être aimé. On est quand même sur une version, une vision du conte de fées en fait. C'est un conte de fées de... Et à la fin, ils vécurent heureux, ils eurent plein d'enfants. C'est des contes de fées modernes et ça passe aussi ici. par deux arcs narratifs où ni plus ni moins, on a l'impression d'être dans Blanche-Neige ou dans Cendrillon, c'est-à-dire ce prince charmant qui tombe amoureux d'une petite souillon, d'une fille qui n'a pas trop d'argent et qui va devenir, et qui va s'élever au statut de reine. Moi ça me pose question et on va en parler maintenant. Donc ces deux arcs narratifs ça va être la relation entre le premier ministre David et Nathalie, où en fait ici ni plus ni moins vous avez un homme qui est influent dans une catégorie sociale qui est très haute puisque c'est un homme politique qui est le chef d'état et de la diplomatie en Angleterre qui rencontre sa secrétaire Nathalie. On comprend qu'elle vient des quartiers c'est elle-même qui le dit, elle vient des quartiers malfamés de Londres elle le précise tout de suite et puis en fait on pourrait se croire que leur amour est impossible parce que lui est un homme d'état, il ne peut pas sortir avec sa secrétaire. Là encore on est dans un petit cliché qu'on connaît par cœur. Mais il va être attendri par elle, il va se sentir, voilà, il la trouve mignonne, il aime bien le fait qu'elle fasse des gaffes, qu'elle fasse des bourdes, il aime bien tout ça. Et en fait, pour une autre histoire d'arc narratif, c'est la même chose. C'est l'histoire donc du fameux auteur interprété par Colin Firth. Lui, en fait, comme il se retrouve tout seul dans la Pampa en Méditerranée, Il écrit tout seul chez lui et en fait on lui propose qu'il ait une aide ménagère, une femme qui vienne faire le ménage, s'occuper de lui le temps de son séjour. Cette femme elle s'appelle Andrea, elle est portugaise et ne parle absolument pas l'anglais et lui ne parle pas du tout le portugais. Donc ils ne se comprennent pas mais là aussi il y a des catégories sociales différentes. Lui on comprend qu'il a un peu d'argent et surtout elle on comprend qu'elle n'en a pas du fait qu'elle soit... Aide ménagère, c'est un peu, voilà, lui, dans les deux cas, ce sont des hommes socialement élevés et les femmes sont un peu en dessous socialement. Mais le point commun qu'ont Andrea et Nathalie, c'est que toutes les deux sont certes pas très élevées socialement, mais elles viennent en aide à ces hommes. Nathalie est la secrétaire, c'est elle qui s'occupe des petits papiers, qui lui apporte son petit café, qui vérifie que le Premier ministre va bien. Tandis qu'Andrea, c'est une femme de ménage, elle s'occupe de lui, elle lui fait à manger. Et donc en fait... Pourquoi tous les deux tombent amoureux d'elle ? Parce qu'en fait, elles lui rendent service. Toutes les deux, elles sont aux petits soins pour elle. C'est-à-dire que là, on a vraiment l'image de l'amour d'un homme qui n'a pas besoin ni plus ni moins de n'importe quelle femme. Il veut juste une femme qui soit calme, posée. Alors pour Nathalie, elle n'est pas forcément calme, mais il sera toujours là pour subvenir. à ses besoins matériels, à ses besoins quotidiens de la vie de tous les jours. S'ils sont amoureux d'elles, c'est ni plus ni moins parce qu'elles sont... en admiration slash au service de ses hommes. C'est ça en fait, on n'a pas de relation inverse où c'est la femme qui est une girl boss, celle qui est chef d'entreprise et qui tombe amoureuse de son jardinier. Ça on le présente très très peu et ce n'est pas dans un conte de fées. Et donc pour moi ça représente vraiment un peu les classiques des contes de fées et les classiques de Disney de la princesse qui n'en est pas un au début du dessin animé mais qui... de par sa condition, peu élevée, n'a aucune chance de rencontrer le prince charmant. Mais à la fin, bingo, le prince tombe amoureux d'elle. C'est comme ça dans Cendrillon, c'est comme ça dans Blanche-Neige, même pour Pocahontas, pour tout en fait, dans tout même Belle et la Bête, c'est pareil. Et donc c'est vraiment ce cliché de la femme est forcément ou très souvent socialement en dessous des hommes et elle attend son prince charmant, celui qui va l'élever et la... enfin l'élever socialement dans la société, mais attention, c'est pas n'importe quelle femme, c'est celle qui est docile, celle qui est gentille, et celle qui les aide à ce que eux, en tant qu'hommes, ils soient eux-mêmes élevés, et qu'ils soient considérés comme des rois et des princes. Bon, c'est un peu veillissant, cette vision de l'amour, c'est vraiment l'ancien monde qui voit comme ça, ce serait bien d'apporter plus de représentation à ce niveau-là. Ensuite, l'autre vision de l'amour qui, pour moi, est un peu désastreuse, c'est encore une fois ce vieux couple interprété par Rick Altman et Emma Thompson. Donc comme je vous l'ai dit, c'est un couple qui a des enfants, je pense qu'ils ont entre 40 et 50 ans. Et donc lui, voilà, fricote avec sa secrétaire et elle, Emma Thompson, comprend que son mari a potentiellement une maîtresse. Et ce qui est assez dur, je spoil un peu pour ceux qui n'ont pas vu le film, c'est qu'à la fin, on comprend qu'Emma Thompson, elle reste. En tout cas, même si elle a de la rancœur, même si elle a de la rancune et qu'elle semble un peu... distante et froide avec lui, elle va rester, elle accepte la tromperie. Comme si une femme doit accepter que son homme aille voir ailleurs, à aucun moment elle lui reproche, à aucun moment elle lui dit, enfin c'est horrible, en plus ça n'arrive pas dans les fêtes de Noël, elle comprend que son mari va offrir un super bijou, alors elle croit que c'est pour elle et au final elle se rend compte qu'en cadeau elle a un CD éclaté au sol et que le bijou va être pour la maîtresse, ce qui est le cas, bingo ! Très vite, on va comprendre que la relation va se poursuivre entre la secrétaire et l'homme marié, même si on ne voit pas concrètement qu'il y a adultère. Très clairement, il a très envie, Rick Atman, d'aller avec cette secrétaire. Et ce qui est hyper triste, c'est que le message, c'est la femme va rester, même si elle est malheureuse. C'est horrible, c'est horrible. Et on aurait pu aussi détourner cette histoire en racontant que parfois ça arrive, quand ça fait 15-20 ans qu'on est ensemble, les relations peuvent s'essouffler. Qu'est-ce qu'on peut faire ? pour essayer de redonner de l'espoir à notre relation ? Est-ce qu'on peut se battre ? Et ou si on peut pas se battre, peut-être montrer que cette femme, Emma Thompson, elle peut partir ou en tout cas trouver des solutions pour elle aussi être heureuse et pas supporter le sort qui lui est destiné, comme si les femmes doivent se faire tromper. C'est comme ça et elles doivent accepter. C'est ça le message. Elles doivent accepter ce qui lui arrive sans se battre, sans sourcilier, sans rien dire. C'est un peu vieillissant et vieillot, arc narratif présenté ici. Passons maintenant au point de ces scènes, ces personnages où je me suis dit ok il y a un truc cool derrière, ok je comprends pas trop ou complètement what the fuck, bref c'est un petit fourditou des choses que j'arrivais pas trop à catégoriser mais vous allez vite comprendre un peu, c'est des petits points que j'ai noté dans le film où je me suis dit oula là il faut quand même qu'on en parle. Déjà c'est l'histoire du triangle amoureux, j'en ai pas parlé jusqu'ici donc si vous n'avez pas vu le film en gros dans tous les personnages présents, vous avez aussi toute une partie, toute une histoire sur un triangle composé de trois personnages. Donc vous avez Juliette interprétée par Keira Kinley, vous avez Mark interprétée par Andrew Lee Colm ou encore Peter interprétée par Shee Wotel et Jor For. Donc en fait ici, vous avez Juliette et Peter qui se marient, tous les deux sont fou amoureux l'un de l'autre et pendant le mariage, on apprend que Peter a comme témoin son meilleur ami, Mark, interprété par Andrew Lincoln, c'est-à-dire Rick dans Walking Dead, n'est-ce pas ? Et donc, Mark fait tout pour que la cérémonie se passe bien pour son meilleur ami. Il fait venir fanfare, trompette et chorale pour qu'il sorte de l'église. Waouh, c'est trop mignon ! Mais il y a un espèce de truc où on a l'impression que Mark est très proche de Peter et il y a un petit froid avec Juliette. Et en même temps, on comprend très vite que ce froid, il est un peu bizarre parce qu'il n'arrête pas de la regarder, il la filme à outrance. Mouah ! Stalker, le gars, mais ok. Et Juliette décide d'aller voir Marc un jour, pour une raison un peu bête, genre elle n'a pas assez de photos d'elle à son mariage. Et durant la conversation, elle fait comprendre à Marc qu'elle a l'impression que Marc ne l'aime pas trop. Et elle dit, écoute, maintenant que je me suis mariée avec ton meilleur ami, ce serait bien qu'on s'entende bien, parce qu'on va souvent se voir, t'es souvent à la maison et tout. Et Marc lui dit, ben non, c'est pas que je t'aime pas, au contraire. Et là, il part en courant. Il court dans tout Londres parce qu'il a enfin osé révéler qu'il est amoureux de la femme de son meilleur ami, dont il était le témoin au mariage. Déjà, là, on pourrait se dire, ok, ça arrive, ça arrive. Sauf qu'on aurait pu s'arrêter là, en mode, bon, ben voilà, malheureusement, il est amoureux de la femme de son meilleur ami, mais il ne veut pas le dire, parce que c'est son meilleur ami, il ne veut pas faire du mal à personne. Jusqu'ici, ok. Et puis on avance dans le film, et là, on a le droit à cette scène qui est... iconique, c'est une déclaration d'amour iconique que tout le monde connaît, où Marc arrive devant Juliette avec des pancartes à la main, une petite musique de Noël, et en fait il lui fait une foule d'éclats pour que son mec à Juliette n'entende pas que Marc est en train de lui faire une foule d'éclats, d'accord ? C'est-à-dire qu'il a avec ses pancartes et il lui dit pour moi t'es parfaite, même quand tu seras vieille, je t'aimerais quand même, mais bon, j'espère quand même qu'à Noël prochain j'aurai de nouvelles meufs, mais en tout cas, quoi qu'il arrive, Merci. Je te trouverai toujours belle, tu seras toujours unique pour moi. Et à la fin de la scène, il s'en va, laissant entendre que voilà, lui c'est ce qu'il dit dans ses pancartes, c'est à Noël on doit dire la vérité, donc je dois te dire, je t'aime, je te trouve belle, mais il n'y a même pas de mais. Et il arrête sa déclaration d'amour et il s'en va. Et là on pourrait se dire, Juliette elle serait trop mal à l'aise, quand même le meilleur ami de son mari lui fait une déclaration. Et non, en fait elle lui court après et elle l'embrasse. Sauf qu'à la fin du film... Et même avec ce baiser, moi je comprends pas. Est-ce qu'elle l'embrasse en mode je te fais un bisou pour te dire c'était quand même mignon, mais j'aime quand même ton meilleur ami, mais alors si c'est ça pourquoi tu l'embrasses ? Ou est-ce qu'elle l'embrasse parce qu'elle est en mode moi aussi je t'aime ? C'est très très bizarre, et ça me met très mal à l'aise parce que du coup tous les deux, Juliette et Marc y'a une espèce de romance et on trouve ça super mignon, alors qu'en fait dans le lot y'a quand même un homme, Peter qui n'a rien demandé, qui voit son... enfin qui voit pas, mais... S'il savait que son meilleur ami veut pécho sa femme, moi je sais pas, je trouve ça bien bizarre et hyper chelou. Et en même temps, cette scène de déclaration est iconique. Genre aujourd'hui, on le sait, c'est ce qui est plus retenu du film. C'est la scène la plus, je trouve, impactante de tout Love Actually. Et du coup, c'est un peu ce trio un peu bizarre. À la fin, ils vont à l'aéroport parce que c'est la scène finale. Mark se pointe avec Juliette et Peter. comme si c'était le trio infernal. Donc, en fait, ça laisse entendre quoi ? Est-ce qu'ils sont encore ensemble ? Est-ce qu'il y a... En fait, c'est simple. Est-ce que le film est super avant-gardiste et, en fait, on a là un couple polyamoureux ? Mais je n'y crois absolument pas. Pour moi, c'est ma deuxième théorie du complot, c'est qu'on est chez Coquilande. En fait, je pense que Juliette et Marc vont être ensemble. Il n'y a aucun monde où ils ne le sont pas. Alors, après, est-ce que... Je ne comprends pas cette scène. Est-ce que Juliette, quand elle l'embrasse, C'est pour lui dire, c'était mignon mais c'est fini et je clôture l'histoire. Ou pas, mais en fait, c'est encore un peu ce sans péternel truc de, au final, le garçon va quand même avoir le bisou de la fille qu'il aime, alors qu'elle est mariée au meilleur ami de ce gars. Je comprends pas trop. Oui, en fait, ça pourrait être mignon, mais en même temps, je trouve ça très très gênant. Pour ma part, je trouve ça assez gênant que le meilleur ami se permette ce genre de choses. C'est mon humble avis là-dessus, mais... Je ne sais pas ce que vous en pensez, vous, de cette scène. Pour moi, c'est assez lunaire. Autre scène complètement prévisible. En fait, c'est prévisible. Et j'avais oublié à quel point c'est prévisible. C'est donc avec ce fameux auteur, donc avec Colin Firth, où il est donc en Méditerranée avec Andrea, la femme de ménage. Et il décide d'écrire au bord d'un lac. Parce que pourquoi pas ? Et pendant qu'il écrit, sur une machine à écrire, un truc comme ça, il y a le vent qui se lève. Et toutes les pages de son roman qu'il n'avait pas enregistré, bien sûr, quelque part, s'envolent dans un lac. Et là, il est tout paniqué en mode « Oh non, mon roman, je n'ai pas fait de copie ! » Et là, Andrea, qui est à côté de lui, la femme de ménage, qui ne se parle pas parce qu'ils ne se comprennent pas vu qu'ils ne parlent pas la même langue, veut quand même sauver le chef-d'oeuvre qui est en train de pondre cette hauteur. Et là, elle court vers le lac. Elle se déshabille complètement. Elle se retrouve en sous-vêtements. Et elle va, elle se jette à l'eau pour sauver le livre du gars. Elle galère à nager parce que oui, l'eau est froide en fait, ma belle. T'es en hiver, c'est le mois de décembre et tu te fous à poil pour aller sauver des pages. Et c'est très généreux de ta part, ça montre ton implication et ton envie de vouloir... aider cet homme. Et en fait, ce qui est hilarant, et qui est très prévisible, et qui montre que c'est quand même un biais assez sexiste, et je sais que les gens vont me dire « Mais tu vois le mal partout ! » Mais vous allez comprendre. C'est que du coup, l'auteur, je sais plus son prénom dans le film, je crois que c'est Jamie. Jamie, il voit que Andrea est dans l'eau, et donc Jamie, il dit « Ah bah non ! » Je reviens sur cette phrase. « Si je vais pas dans l'eau, je vais passer pour une fiotte, donc faut que j'y aille. » Et lui, il saute dans l'eau. Mais vous croyez que lui, il va se décaper ? Mais pas du tout, en fait. Lui, il y va tout habillé Donc là encore, c'est un choix scénaristique de dire la fille va se dévêtir parce que vous l'avez dans le mille. C'est quand elle se met en sous-vêtements que lui, Jamie, va mater Andrea de la tête aux pieds et se dire « Waouh, elle est si belle parce que je l'ai vue nue, j'ai compris que c'est la femme de ma vie » . C'est un biais sexiste en fait, c'est un biais fantasmique. On vient fantasmer quelque chose là un peu, pourquoi est-ce qu'elle, elle doit se foutre à poil et lui non ? Enfin tu vois, à un moment donné, elle aurait pu se jeter. avec ses vêtements, etc. Et la scène d'après est aussi hilarante, c'est qu'il rentre dans la maison. Lui, il a eu le temps de se changer, il n'y a aucun problème. Il a eu le temps de changer de chemise, de pantalon, il est habillé. Et elle, elle est dans un petit plaid, un peu pas dénudé, mais dans un petit plaid, elle a super froid. Et donc forcément que là, il y a une déclaration d'amour, mais oui, ok, elle n'avait pas de vêtements de rechange chez lui, mais il aurait pu lui prêter, je ne sais pas moi, un slip. propre, un t-shirt, j'en sais rien. Mais en fait, vous voyez, c'est des petites scènes comme ça qui rendent un truc sexy, ou encore une fois, on essaie de rendre sexy une femme. Alors oui, c'est très mignon, mais quand même, je sais ce qu'on va me dire, tu vois le mal partout, etc., mais en vrai, ça passe aussi par là, la sexualisation du corps des femmes. C'est une scène où elle se donne à 100% pour aider cette auteure, et on va la foutre à poil alors que lui, non. Pourquoi ? tout simplement pourquoi. Après, il y a une autre scène où moi je me suis dit, wow, on a devant nous une agression, j'ai envie de dire sexuelle, mais quand même, il y a une agression, mais on la mentionne pas. Et en même temps, il y a quelque chose qui se passe qui est plutôt positif, je trouve, à mon sens. Donc c'est là, on est dans l'histoire avec David, le Premier ministre, et Nathalie, sa secrétaire. Le Premier ministre anglais reçoit le président américain chez lui pour parler, je sais pas, de trucs. politique entre les américains et le premier ministre. Et ce président américain, qui, 20 ans après, ferait presque une belle copie de Donald Trump, ni plus ni moins, le président américain, quand il arrive chez le premier ministre, il croise Nathalie et il dit tout bas au premier ministre, je cite, accrochez-vous, accrochez-vous, il dit, je cite, Ça doit être dur de se concentrer avec une belle salope pareille à côté de soi. Voilà, voilà, donc le Premier ministre est un peu en mode de... Je comprends pas. Franchement, David, il est pas trop problématique par rapport à ça. Il est vraiment en mode, non, je comprends pas ce que tu me dis. Elle travaille très bien, il n'y a pas de sujet là-dessus. Bon, les débats se font et à un moment donné, le Premier ministre quitte la salle, enfin quitte son bureau alors qu'il y avait le président américain. pour chercher un document. Et en fait, quand il rentre dans la salle, il voit le président américain en train d'embrasser sur la joue et palper, toucher Nathalie. Et donc, en fait, Nathalie, quand elle est surprise par le Premier ministre, on voit qu'elle est prostrée, qu'elle est trop mal. Et en fait, on comprend qu'elle n'est pas du tout consentante à ce qu'elle se fasse toucher par le président américain. Mais comme c'est le président, elle est en mode je ne sais pas quoi faire. C'est une agression, ni plus ni moins. Et après ça... Dans les films des années 2000, on aurait eu tendance un peu à pointer du doigt l'attitude de la femme, etc. Et en fait, ce qui est assez entre guillemets cool, c'est que du coup, le premier ministre David, lors d'une conférence de presse, décide non pas de révéler ce qui s'est passé, mais de faire comprendre que suite aux échanges qu'il a eus avec le président américain, c'est fini, ils ne vont plus collaborer ensemble, qu'il ne respecte pas cette personne, que ce n'est pas quelqu'un qui l'a en estime. En fait, on comprend que David, alors oui, ok, c'est parce que le président américain, il a touché la femme qu'il aimait. Ok. Mais en fait aussi, au lieu de blâmer Nathalie, il va plutôt blâmer l'attitude du président américain. Sans mentionner le fait que c'est un giga pervers et un giga red flag et un mec qui pourrait partir au chiotte, sans jamais le révéler, il y a quand même ce truc de, bah, en fait, il veut aussi protéger Nathalie. Et en même temps, c'est un peu un côté de, il a voulu toucher mon morceau de viande, on va voir ce qu'on va voir. Je suis un peu dubitative, mais j'ai envie de croire à ce que David soit un mec bien. J'ai envie d'y croire, mais en tout cas, cette scène, elle est assez folle. Et ce président américain est très problématique. Et c'est fou parce que je pense que ça, c'est un move qu'aurait pu faire que café. Et que fera Donald Trump ? Mais voilà, ça, c'était une scène que j'avais envie de soulever. Et enfin, je n'en ai pas forcément parlé. Il y a d'autres personnages, comme je vous ai dit en début d'épisode. Parce que bon, je n'ai pas non plus envie de passer mille ans dessus. mais Vous avez un couple que je trouve assez mimes, c'est les doubleurs d'acteurs pornos. Je les trouve très marrants parce qu'il y a vraiment une différence entre le fond et la forme. C'est-à-dire que c'est des doublures d'acteurs pornos, donc on les voit, ils font toutes les scènes dignes d'un film porno. Mais en même temps, c'est des personnes qui semblent très à l'aise avec le fait d'être dénudées, sexuellement assez... plutôt à l'aise dans le sens où ils font quand même des trucs assez crus alors qu'ils ne se connaissent pas. Et d'un autre côté, quand ils discutent entre eux, dans le fond, on voit que c'est deux personnes qui sont hyper timides, qui ont hyper peur de se draguer parce qu'ils se plaisent, ils sont un peu maladroits, ils sont ultra timides. Et je trouve qu'ils sont très touchants et je les trouve assez marrants aussi dans le film. Et puis, on a une belle caricature, je trouve, de la vieille gloire Hasbin, puisqu'on a le fameux rockeur qui... reprend une chanson au son de Noël pour devenir un peu au top des charts. Alors lui, il est censé être, je pense, le personnage comique. Moi, c'est un personnage qui, je trouve, très has-been. Moi, ma théorie sur lui, c'est que s'il était encore une vieille gloire aujourd'hui, il aurait des mitous au cul. Voilà. Mais c'est assez marrant de voir qu'il y a des projections où, en fait, on se dit, à l'époque, on trouvait ça drôle. Aujourd'hui, ça ne l'est pas du tout. C'est malheureusement toutes ces vieilles gloires qu'on met de côté parce qu'ils sont trop problématiques.