- Speaker #0
Aujourd'hui, trouver un médecin n'est pas simple. Dans les zones où les professionnels de santé manquent, c'est même un véritable défi. Pour lutter contre les déserts médicaux et améliorer l'accès aux soins des habitants, le bailleur social Lyon Métropole Habitat propose une solution. Depuis 10 ans, il loue ou vend ses locaux en pied d'immeuble aux médecins et soignants. Dernière ouverture en date, le pôle santé de Saint-Fons près de Lyon en juin 2025. Une dizaine de praticiens, psychomotriciennes, orthophonistes ou encore infirmières s'y sont installées, ainsi qu'un médecin généraliste, et ce dernier était particulièrement attendu par les habitants. Bienvenue dans Toi et Voix, le podcast de Lyon Métropole Habitat.
- Speaker #1
Je suis madame Laloumi Aïcha, j'habite à Vénissieux, et moi je cherchais un médecin traitant depuis pratiquement deux ans. Et mon médecin est parti à la retraite. Comme je savais qu'il partait un an plus tôt, on a essayé de trouver des médecins sur le 8e ou sur Véniseux. Impossible. J'ai appelé, il me raccrochait même au nez. C'est vraiment la galère, un combat impossible. Quand on est quelqu'un à mobilité réduite, comme moi, c'est impossible.
- Speaker #2
Et donc vous aussi, Nassrine, vous avez enfin trouvé un médecin traitant ici. avec l'installation du pôle santé.
- Speaker #3
Du coup, effectivement, ça m'a beaucoup aidée parce que j'avais des problèmes de santé. Dès qu'il est arrivé, il a tout de suite pris mes demandes au sérieux. J'avais beaucoup de médecins qui me suivaient, mais du coup, pas de médecins généralistes. Ça faisait quand même deux ans que j'étais en errance médicale. Du coup, grâce à ça, j'ai pu me faire hospitaliser, soigner. Donc là, j'ai un suivi constant.
- Speaker #4
Non, 13h45. Oui ? Et elle, à
- Speaker #3
14h. Je suis à 13h45.
- Speaker #4
Je m'appelle Dr Barache Ugurta. Je suis médecin généraliste de formation.
- Speaker #2
Les besoins, il y en avait beaucoup ici. Puisque lorsque vous avez ouvert, il y avait la queue.
- Speaker #4
Ah oui, La queue en joint. Je me rappelle, j'arrive au cabinet et j'ai trouvé une queue qui fait à peu près 50 mètres. Puis j'ai arrêté de prendre des nouveaux patients parce que j'en ai pris beaucoup. Et depuis début octobre, j'ai à peu près une dizaine de demandes par jour.
- Speaker #2
Parmi les nouveaux patients que vous avez dans le Pôle Santé, est-ce que certains ont eu des ruptures, des parcours avec des ruptures de soins ?
- Speaker #4
Oui, effectivement, c'était ça le problème. Le problème, c'est que j'ai des patients qui ont des polypathologies. J'ai envie de dire, ils ont du diabète, de la théroïde, enfin, toutes les maladies chroniques. Et du coup, moi, les premiers bilans de contrôle que j'ai faits à mes patients, ils sont tous déséquilibrés. Du coup, là, j'ai dit, mais il y a un souci. Et du coup, maintenant, je suis obligé de rattraper un petit peu le retard du suivi qu'ils ont pu avoir.
- Speaker #5
Bonjour ! Bonjour Elie.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #5
Allez-y, entrez. Alors, je m'appelle Héloïse Clair et je suis psychomotricienne.
- Speaker #2
Pourquoi vous avez voulu rejoindre ce projet ?
- Speaker #5
Parce que le projet me plaisait dans le sens où il y a vraiment un projet de travail pluridisciplinaire, avec des professions avec lesquelles moi je travaille très facilement. donc les orthophonistes, neuropsychologues qui sont aussi présentes sur le pôle avec cette même volonté-là, de pouvoir harmoniser nos pratiques et de proposer d'avoir un regard vraiment global sur la situation des enfants et de leur famille. Et ça me semble vraiment très important et très enrichissant. C'est vraiment un gros plus.
- Speaker #2
Agère Ouissi, vous êtes la directrice de la CPTS Vénissieux Saint-Fons, Communauté Professionnelle Territoriale de Santé. Vous représentez notamment les libéraux. Quel est l'intérêt de ce type de format justement pour les professionnels de santé, à savoir les locaux ici d'un bailleur social, un bail pris par la mairie de Saint-Fond ?
- Speaker #6
L'avantage c'est que le patrimoine foncier des bailleurs est toujours très intéressant. On a des professionnels de santé qui ont des cahiers des charges. sur des surfaces d'exercice, sur des accès PMR, sur effectivement le fait d'être près des transports, qui ont des cahiers des charges bien spécifiques. Et le bailleur social est très habitué à ça. C'est y répondre dans un temps très intéressant. La mairie sait prendre une partie également de ses responsabilités. Elle a pris le bail pour effectivement redistribuer après les locaux. C'est un travail collectif en bonne intelligence au service de la population et qui a permis... de faire émerger ce dispositif. Et je pense que c'est une première très réussie parce que le service rendu est très important.
- Speaker #2
Merci beaucoup.
- Speaker #6
Merci à vous.
- Speaker #7
Je suis Lucas Therre de Métropole Habitat.
- Speaker #2
De Lyon Métropole Habitat ?
- Speaker #7
Oui.
- Speaker #2
Qu'est-ce que ça a changé pour vous l'arrivée de ce pôle santé ?
- Speaker #7
On a tout à proximité. Comme on a beaucoup de personnes âgées, il s'avérait que les personnes âgées, elles n'avaient pas le temps d'aller si loin, tandis qu'ici on a tout. C'est vraiment impeccable, vraiment merveilleux.
- Speaker #8
Effectivement, en tant que bailleur social, on détient un grand nombre de résidences et de logements dans la métropole de Lyon, mais aussi beaucoup de pieds d'immeubles, beaucoup de locaux d'activité, des locaux commerciaux. Et donc, on a commencé à germer un peu cette idée de peut-être s'intéresser de manière plus prioritaire. à l'installation de professions de santé dans nos pieds d'immeuble. Vincent Cristia, directeur général de Lyon Métropole Habitat. Et donc ce qui s'est passé, c'est qu'à ce moment-là, on s'est tourné vers finalement l'acteur public qui s'intéresse à ça, qui est l'agence régionale de santé, qui nous a regardé au début un peu surprise en disant mais nous on ne connaît pas du tout les organismes HLM, presque tiens c'est drôle, qu'est-ce que vous venez faire chez nous ? Très très content de nous accueillir, mais un peu interrogatif. Et donc en fait, on a croisé un peu nos regards et là c'est devenu vraiment intéressant, parce que finalement... On se rend compte que la cartographie de soins, elle est évidemment parfois un peu complexe. Et puis après, évidemment, il y a des questions de profession en particulier. De quoi il manque ? Est-ce que c'est des généralistes ? Est-ce que c'est des infirmières ? Est-ce que c'est des spécialistes ? Des dentistes ? Etc. Donc ça, cette connaissance-là, nous, évidemment, on ne l'a pas. On a pu vraiment travailler de manière totalement innovante, finalement, entre nous. Et nous, qu'est-ce qu'on a fait ? On a simplement essayé de mettre en visibilité les opportunités immobilières qui sont les nôtres. à quels endroits finalement on a des locaux qui vont se libérer. En l'occurrence à Saint-Fond par exemple, c'est une ancienne antenne dans laquelle on avait des collaborateurs qui s'est libérée. Et donc effectivement assez vite on leur a présenté cette opportunité-là. Et donc là c'est vrai que sur Saint-Fons on en est très content parce que c'est quelque chose qu'on a pu monter en un peu moins d'un an. Ça allait très vite.
- Speaker #2
Aujourd'hui, quel bilan Lyon Métropole Habitat dresse des opérations que vous avez menées ?
- Speaker #8
Alors en termes de bilan, on est quand même très satisfait parce qu'aujourd'hui, on va avoir... Plus d'une soixantaine, on va dire, de locaux qui sont aujourd'hui occupés par des professions de santé, alors qu'ils soient d'ailleurs des locaux qu'on a vendus directement ou qu'on met en location. Donc sur l'ensemble du territoire, ça fait déjà un très beau chiffre qu'on va continuer à faire grandir. Et puis effectivement, après, comme on se l'est dit, il peut y avoir à la fois là-dedans des projets qui sont type maison de santé, donc des grands projets, et puis des installations individuelles qui maillent aussi le territoire.
- Speaker #2
Tout ce travail vous a amené à signer une convention il y a deux ans avec l'Agence régionale de santé. Cette convention est inédite, la première du genre entre un bailleur et l'ARS. Depuis d'ailleurs, l'ARS a signé d'autres conventions avec d'autres bailleurs de la métropole de Lyon. Marielle Schmitt, vous êtes directrice adjointe de la délégation du Rhône et de la métropole de Lyon à l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes. Pourquoi cette convention est importante pour vous ?
- Speaker #9
Aujourd'hui, l'ARS comme l'assurance maladie... porte une politique de développement de l'exercice pluriprofessionnel, notamment au sein de maisons de santé pluriprofessionnelles, qui nécessite du coup des plus grands locaux pour qu'ils puissent exercer dans un même lieu des médecins, des infirmiers, des masseurs-kinésithérapeutes, des sages-femmes, tous ces professionnels de santé pour, en travaillant ensemble, gagner en matière de qualité des soins. Donc forcément, ça nécessite de la surface, qui est difficile à trouver. Ça, c'est un premier point. Le deuxième point, c'est qu'on essaye aussi de promouvoir des nouvelles professions, notamment que ce sont les assistants médicaux et les infirmiers de pratique avancée, pour que les médecins travaillent de manière moins isolée. Et enfin, avec l'augmentation du nombre d'étudiants en médecine ces dernières années, Et puis la création de la spécialité de médecine générale, qui fait que les médecins généralistes doivent faire une quatrième année d'internat. Il faut aussi augmenter les capacités d'accueil dans les cabinets médicaux et les maisons de santé de ces internes en médecine et docteurs juniors. Et là aussi, ça demande encore de l'espace. Donc toutes ces politiques conjuguées les unes avec les autres font qu'aujourd'hui, la question immobilière est centrale et un enjeu majeur pour les professionnels de santé. Donc ça donne tout son sens à cette convention.
- Speaker #0
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