Speaker #1Tout à fait. Donc, j'ai suivi ses conseils et j'ai choisi une voie qui me permettait de rester dans ce milieu, mais d'une autre manière. Et donc, c'est là que commence ton parcours chez Baster et ça, c'est ça ? Enfin, tout à fait. En fait, j'ai d'abord dévié. Un peu par le choix de mes études et la conjoncture de l'époque qui n'était pas évidente dans le bâtiment, je me suis retrouvé à travailler dans des bureaux d'études pour l'industrie. J'étais dessinateur dans le bureau d'études. Mais très vite, je tournais en rond, le bâtiment m'a vite manqué. J'ai trouvé d'abord une entreprise qui m'a permis de m'en mettre le pied à l'étrier. Ensuite, j'ai intégré Basteressa, il y a maintenant plus de 18 ans. C'est une entreprise de maçonnerie tout corps d'État, Basteressa, et j'y ai énormément appris. Les choses comme la rigueur, la gestion des projets, la coordination des chantiers, la relation avec les clients, les sous-traitants. Mais j'ai surtout compris à quel point la restauration du patrimoine demandait une approche particulière et presque artisanale. Et c'est cette expérience qui t'a amené à créer ton pierre, mais c'est pas un peu utopique, voire présomptueux, de vouloir s'attaquer au patrimoine à presque 50 ans, là où certains commencent à penser retraite. Je suis encore trop jeune pour la retraite. C'est trop jeune, mais en même temps, j'ai un peu plus de 50 ans et je pense que j'avais aussi acquis cette expérience qui me permettait de voir et d'apprécier ce que notre patrimoine peut offrir. On ne regarde pas les choses avec le même oeil passé un certain âge. Et donc, pour revenir à la création de Tonpierre, il y a environ 5 ans, je travaillais avec un sous-traitant qui s'est spécialisé dans la restauration. Et avec lui, j'ai vu qu'il y avait une vraie demande, mais aussi une nécessité d'avoir une structure capable de concilier technicité, respect du patrimoine. et gestion moderne des chantiers. Et aussi c'est un métier qui demande de s'y consacrer pleinement. Donc quand l'occasion s'est présentée, j'en ai parlé un peu autour de moi et j'ai décidé de me lancer dans l'aventure en trouvant les bons associés surtout. C'est comme si tout ce que je savais et tout ce que j'avais appris avec mon père d'abord, puis chez Baster et ça ensuite, trouvait enfin sa cohérence. Et ton Pierre est né. Mais tiens justement, comment as-tu choisi tes associés ? il était facile à convaincre. Est-ce qu'au final, tout ça s'est fait naturellement ? Il y a cinq ans, on était en plein marasme, Covid, gilet jaune, etc. Il fallait en avoir un peu pour se lancer dans cette aventure. Écoute, je ne crois pas que le contexte ambiant à ce moment-là m'ait vraiment atteint. Au contraire, j'ai le sentiment qu'il m'a poussé à me remettre en question. Au moment où nous étions tous confinés chez soi, je n'avais pas vraiment envie de me laisser aller une sorte de paresse. Pour le contraire, j'avais envie de profiter de cette pause un peu forcée pour me remettre en question et me projeter sur une façon différente de reprendre mon activité. La petite graine était déjà plantée dans mon cerveau depuis de nombreuses années et elle s'est dit qu'il était temps d'éclore. Tout était en place et il m'a fallu décider de qui j'avais envie de m'entourer pour mener à bien ce projet. Toi et moi on se connaît et on collabore chez Basté RSA depuis plus de 18 ans maintenant. Donc ça m'a semblé tout naturel de d'abord me tourner vers ton frère et toi. Votre expérience dans la gestion d'entreprise était pour moi un atout formidable qui allait découvrir cette fonction. Et puis ensuite j'ai proposé ce projet à Julien qui travaille également chez Bastéressa mais que je connais depuis près de 30 ans et que j'ai vu débuter sur les chantiers en tant qu'apprenti. Julien est un homme de terrain, il est passé par le compagnonnage, il est compagnon du Tour de France et du Devoir et pour moi c'est un gage de qualité et d'excellence dont tant pire ne pouvait pas se passer. Donc voilà comment l'équipe s'est formée. Petit à petit, nous développons en recrutant des profils qui nous plaisent d'abord et qui correspondent à ce que nous voulons faire de Tonpierre. Nous avons recruté au début un conducteur de travaux, Grégory, qui fait un travail formidable. Il est dynamique, il a vite attrapé le virus et le bout de la pierre. Je pense aussi à Christophe, notre chef de chantier principal, qui est un homme passionné et toujours en quête d'apprentissage. Et puis sur les chantiers, nous avons Alexandre, Jean-Etienne, Suad, Khalil. Ils ont tous des profits différents, mais apportent chacun leurs compétences et se complètent les uns les autres. Le dernier arrivé, c'est Marc, intérieur de pierre, qui vient se former chez nous au métier de conducteur de travaux dans le cadre d'un contrat d'apprentissage chez les compagnons du Tour de France, justement. Mais vous ferez plus ample connaissance avec lui un peu plus tard, il me semble. Oui, ça fera l'objet d'un autre podcast justement sur les tailleurs de pierre. Mais revenons sur le choix du nom « Ton Pierre » . Oui, c'est un clin d'œil « Ton Pierre » . C'est à la fois une allusion au nuancier d'enduit et aussi une manière de dire « Ta pierre » , comme si chacun pouvait apporter sa propre pierre à l'édifice. Et on peut aussi y voir un petit hommage à mon père. « Ton Pierre, Ton Pierre » , effectivement, ça fait la blague. Ah oui, oui, « Ton Pierre, Ton Pierre » , je vois bien le raccourci. J'ai pu voir sur des polos que vous aviez une communication très amusante. C'est votre côté cinéphile ou plutôt pour mettre en avant votre sens de l'humour ? Entreprise sérieuse qui ne se prend pas au sérieux, c'est ça ? Beaucoup d'humilité, c'est ça la philosophie de ton Pierre ? Oui, je pense que l'on peut faire sérieusement notre métier sans avoir la nécessité d'afficher des mines graves et sévères. Notre mission c'est de préserver le patrimoine bâti tout en le valorisant. On intervient sur des... Des bâtiments anciens, des églises, des demeures, des façades classées, toujours avec le souci du détail et du respect de l'existant. Mais on veut aussi apporter une touche de modernité dans la gestion, dans la communication et dans la manière d'aborder les chantiers. C'est cette alliance de tradition et d'exigence contemporaine qui a fait, je crois, notre force. Tout en respectant l'histoire de ces bâtiments, vous êtes d'utilité publique en somme. Il le faudrait, oui. Le patrimoine, c'est avant tout une affaire de transmission. J'aime l'idée que notre travail serve à préserver une mémoire collective, mais aussi à former les jeunes aux bons gestes et à leur donner le bout du métier. Je crois que c'est ça aussi la mission de ton pierre, c'est faire vivre un savoir-faire. En dehors du fait que tu travailles avec des potes qui, je crois, ont tous des profils différents. Oui, bien sûr, c'est avant tout une aventure humaine. Ce sont des hommes qui ont bâti ce patrimoine que nous attachons aujourd'hui à préserver. Et le fait de travailler entre amis avec cette même passion malgré que nous venions d'horizons différents montre que ce sera aussi par la volonté des hommes que nous parviendrons à le sauvegarder. Quand je parle d'hommes, je parle de l'être humain au sens large, je parle de l'humanité. Hommes et femmes, nous sommes tous concernés et impliqués. Je crois surtout que la mixité est présente et réelle dans notre métier. Il est très appréciable de voir sur nos chantiers que nous avons très souvent affaire à des restauratrices, des tailleuses de pierres, des architectes. Il faut que ça continue d'aller dans ce sens. Lors des dernières campagnes de recouvrement que nous avons faites chez Tompière, nous avons eu des candidats au poste que nous proposions. Bon, ça ne s'est pas fait malgré le fait que nous ayons, de notre côté, fait des propositions d'embauche. Mais j'espère que nous allons très vite pouvoir féminiser notre équipe. Alors mesdames, n'hésitez pas à postuler. Très bien. Merci Christophe pour ce beau témoignage. On sent que Tompière, c'est bien plus qu'une entreprise. C'est une histoire de passion, de famille et de respect du patrimoine. Merci à toi Jean-Christophe et merci à tous ceux qui nous écoutent. J'espère qu'à travers ce podcast, on aura donné envie à d'autres de s'intéresser à ce beau métier. C'est certain et pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur Ton Pierre ou sur nos réseaux sociaux, vous pouvez aller sur le site tonpierre.fr. Merci encore Christophe et à très bientôt pour un nouvel épisode. A bientôt, merci.