- Voix off
être entrepreneur c'est être confronté aux sentiments de solitude est ce un frein une liberté une angoisse ou un challenge tout seul seul avec tout seul un des podcasts d'orange pour les pros nous rencontrons partout en france des entrepreneurs qui vous partagent leur expérience leur histoire « Emoco » et « Domoco » . Non, il ne s'agit pas de mystérieuse divinité grecque, mais du nom des deux entreprises créées par Fabien Maire à Nantes. Pourtant, l'entrepreneuriat n'était pas dans ses plans. Avant de se lancer, Fabien multiplie les jobs. Responsable du rayon menuiserie d'une grande enseigne, chargé de marketing dans une entreprise d'outillage. C'est lors de la rénovation réussie de sa maison nantaise et à la naissance de son premier fils en 2013 que Fabien a le déclic. Il ose monter une première boîte d'assistance de maîtrise d'ouvrage, puis une deuxième de conception 3D, toujours dans le secteur de l'immobilier. Chez lui, au calme, Fabien nous raconte sans angélisme ni langue de bois sa trajectoire d'entrepreneur.
- Journaliste
Bonjour Fabien, merci de nous recevoir aujourd'hui dans ton jardin à Nantes. Est-ce que tu pourrais commencer par te présenter brièvement ?
- Fabien Maire
Je suis Fabien Maire, j'habite Nantes depuis 12 ans maintenant. J'ai vécu quelques années à Paris, je suis originaire d'Alsace, j'ai fait mes études en télécom, réseau et après gestion des entreprises. Après ça, j'ai travaillé dans différentes structures telles que la GSB, un industriel de l'électroportatif. Et après, je suis arrivé à Nantes dans une société, une start-up dans l'économie d'énergie pour le bâtiment.
- Journaliste
Qu'est-ce qui t'a déplu finalement dans cette vie de salariat ?
- Fabien Maire
Alors de base, c'est quelqu'un qui aime bien la liberté. Et effectivement, le côté entreprise, je me sentais un petit peu cloisonné ou pas forcément toujours en phase avec ce qu'on attendait de moi. Et c'est vrai que je pense que depuis toujours, j'avais l'idée qu'il fallait que je sois un minimum indépendant. Il y avait peu de chances que je fasse toute ma vie comme salarié. Je n'ai pas... plusieurs défauts au départ. Là, chaque fois, toutes les entreprises dans lesquelles j'ai été salarié, en général, ça durait trois ans et après, je changeais. Et chaque fois, c'était de se dire « Ah ben là, avant que je trouve la nouvelle entreprise, peut-être qu'il faudrait que je me lance là » . Alors, chaque fois, c'est toujours pareil, se lancer, c'est beau à dire, mais il faut effectivement l'idée, les moyens, les compétences. Il y a plein de choses à réunir pour créer une entreprise.
- Journaliste
Et notamment, c'est en rénovant ta maison. Que t'est venue l'idée de ta première boîte ?
- Fabien Maire
Alors oui, c'était en brainstorming avec mon épouse effectivement. Lorsqu'avec mon épouse on a voulu quitter Paris, effectivement l'idée de créer une entreprise à Nantes est venue. Sauf que débarquer dans un territoire inconnu en créant une entreprise, c'est quand même assez compliqué parce que malgré tout il faut avoir les réseaux et encore plus quand on n'est pas à Paris, ils sont hyper hyper importants. En fait, on a rénové notre maison et on a eu notre premier enfant l'année d'après. Et le fait d'avoir un enfant, en fait, avant je me déplaçais beaucoup dans toute la France et ça devenait compliqué avec un enfant en bas âge, puisque la pousse se déplaçait aussi beaucoup. Du coup, là, c'était un éblan déclencheur. Et en réfléchissant, c'est vrai que je n'avais pas vraiment d'études dans le monde du bâtiment, comment parler, j'avais travaillé pendant dix ans au... dans ce milieu-là, à différentes activités qui étaient assez complémentaires. Et j'avais géré totalement la rénovation, qui était une rénovation majeure avec une extension en plus de la maison. Et ça s'est très, très bien passé avec un résultat qui était, a priori, me dit-on, m'a-t-on dit plutôt, de qualité. Donc oui, ça a été un élément déclencheur.
- Journaliste
Comme tu me l'as raconté, ta première entreprise s'appelle Domoco et c'était de la maîtrise d'ouvrage.
- Fabien Maire
C'était de l'assistance à maîtrise d'ouvrage, pour être précis, parce qu'effectivement, là on rentre dans du jargon technique, la maîtrise d'ouvrage étant en gros le donnaire d'ordre, c'est-à-dire dans le cadre de logement résidentiel, c'est le propriétaire du bien qui est le maître d'ouvrage et donc l'assistance à maîtrise d'ouvrage revient à l'assisté. En fait, en développant cette première société d'Homoco, dont l'objectif était quand même d'accompagner les gens dans leur rénovation, parce que beaucoup de personnes se lancent dans la rénovation en contactant des artistes. artisan, sans vraiment un projet défini, et finalement se retrouve après avec une incompréhension entre les deux vies, et finalement ce qu'il est nécessaire de faire, et ça crée des plus-values, et finalement ça crée beaucoup de frustration. Donc l'idée c'est d'accompagner les gens de base, et puis qu'ils prennent souvent peu d'architectes, l'architecte n'est pas forcément adapté sur des rénovations du quotidien, on ne parle pas de rénovation de villas de 500 m². Ça concerne quand même peu de gens ça. Et en fait c'est déjà de structurer le projet, de bien définir ce qui est attendu, de travailler sur le budget, de mettre en face du budget des faisabilités. Parce que souvent c'est compliqué même dans la rémunération de s'imaginer le coût de certains travaux. Donc c'est vraiment ce travail là.
- Journaliste
Comment tu as ressenti ce premier démarrage ?
- Fabien Maire
Clairement ça n'a pas été si simple parce qu'en France il faut cocher les cases. Et bien entendu, je n'avais pas de diplôme de la profession que je voulais exercer, ni d'expérience vraiment précise de cela. Je t'entends en expérience professionnelle de salarié. Donc ça a été un peu compliqué de trouver une assurance, ça a été un stress. Après, il a fallu compléter mes connaissances, bon ça, il n'y a pas eu trop de problèmes. Le fait de se lancer est assez enthousiasmant, effectivement. J'avais fait une rupture conventionnelle et là le système français c'est intéressant. C'est vrai que j'avais un peu de visibilité donc c'était très bien. Et après assez vite j'ai eu des premiers contacts par réseau qui m'ont confié leur rénovation. Alors j'ai appris, alors ça a été les premiers donc il y a toujours un petit peu de choses à améliorer. Mais ça s'est assez vite développé et assez vite un chantier en a amené un autre. Ça a décollé et finalement au bout d'un an ça a commencé à... On sentait que ça marchait. Donc ça a plutôt été assez rassurant. Alors toujours avec un stress. Qui a un stress ? C'est un des entrepreneurs. C'est la visibilité. Au début, on ne voit assez pas trop. Après, il m'a fallu quand même pour avoir un salaire confortable. Il a fallu quelques années pour être sûr de pouvoir se payer ce même salaire tous les mois. Il y a des mois où on ne paye pas forcément parce qu'il y a du retard ou x ou y. Il y a toujours des problèmes. Ça reste toujours un sujet pour l'entrepreneur et que ce soit en individuel comme je pense toute taille d'entreprise en fait.
- Journaliste
D'accord, donc finalement un élément super important pour toi ça a été aussi le bouche à oreille, le réseau qui t'a permis, ne connaissant pas forcément beaucoup de monde et n'ayant pas une expérience très large sur ce secteur, ça t'a permis de gagner en assurance, de te faire connaître. Donc ça c'est déjà un élément super important. Et deuxième élément important, le soutien de tes proches.
- Fabien Maire
Clairement s'il n'y a pas de soutien des proches, ça ne marche pas. C'est beaucoup de stress. Au début j'étais extrêmement stressé avec des coups de gueule. Il faut comprendre, il y a une certaine maturité qu'on acquiert avec le temps. Au début on est quand même sanguin, on est toujours un peu sur le besoin de prouver. Et si derrière les proches ne sont pas là pour soutenir... ça ne fonctionne pas, on est en doute, là, ça peut vite capoter. Ingrid, donc compagne, épouse, est importante. Et on partage pas mal de choses. Elle subit aussi pas mal de choses. Je vous remercie. Donc oui, il y a un part important de la compagne ou du compagnon.
- Journaliste
Et c'est lors de cette première expérience avec Domoco que t'es venue l'idée d'une deuxième société. Est-ce que tu peux m'en parler ?
- Fabien Maire
Très vite j'ai constaté qu'il y avait un autre frein, un autre stress pour les personnes qui veulent faire des travaux de rénovation, c'est la lecture d'un plan. Qui est déjà souvent, on a souvent des couples dans ce genre de projet, et l'appréhension du plan n'est pas du tout la même entre monsieur et madame. Et c'est vrai que là, moi je travaillais en 3D, mais sur la conception. Et c'est vrai que là, très vite, on voit qu'une 3D, ça permet de rassurer et de se mettre d'accord parce que tout le monde voit la même chose sur une 3D en fait. Parce qu'il y a une notion de volume et ça permet de rassurer et de lever beaucoup de freins. En réfléchissant un peu, je me dis que ce serait tellement bien si les 3D que je fais sur mes logiciels de conception, je pouvais les mettre sur le web et que mes clients les regardent tranquillement chez The Weekend, me valident les volumes, valident certains points, fassent des commentaires et moi je retravaille ça. On fait le rendez-vous pour avancer, et bien on arrive sur des problématiques de décision et non pas d'explication. Parce qu'en fait, dans les projets immobiliers, souvent il y a beaucoup de temps à passer sur la définition du projet. À un moment donné, ça devient des réunions où tout le monde s'énerve, à la fin tout le monde est rouge, et finalement on dit oui oui, et en fait c'est des oui qui ne sont pas des oui, et il faut revenir dessus parce que c'est le principe de la réunion, quand on est à plus d'une heure, une heure et demie, après ça devient inefficace. Et donc voilà, l'idée ça a été ça, et en fait, en ayant identifié ce besoin, j'ai cherché des solutions sur le marché, j'ai pas trouvé. Après j'ai fait le tour d'organismes locaux, ici dans le pays de la Loire, qui étaient spécialisés dans la 3D, qui m'ont dit, il y a un vrai sujet autour de ça, vous avez une expérience dans l'immobilier, dans le bâtiment, vous avez un passé dans la technique, peut-être un sujet à creuser, il y a des aides aujourd'hui. Et en fait, de cette idée, c'est devenu un projet. Et puis de ce projet, c'est devenu une entreprise en fait, une deuxième, en me disant bah oui finalement ça a l'air marrant, il y a un vrai besoin, il y a quelque chose à faire, allons-y. Donc je suis parti avec un peu de subvention, pas beaucoup d'argent et beaucoup d'enthousiasme. Et puis quand on a fait une première entreprise, faire une deuxième finalement, c'est plus inatteignable. Alors Imoco, c'est une plateforme pour créer des expériences 3D pour l'immobilier, pour faciliter les ventes de projets immobiliers. L'idée c'est quoi ? C'est de se dire qu'aujourd'hui, il faut des outils de projection pour tout projet immobilier. Ça passe par la 3D, l'idée c'est d'immerger finalement le non-sachant, le client, le prospect, le décideur dans un bâtiment, en l'occurrence on est plutôt sur le logement, et de pouvoir y avoir de l'information interactive. et éventuellement de le personnaliser et configurer. Concrètement, ça veut dire qu'on va intervenir pour, par exemple, la promotion mobilière sur la vente sur plan. Vente sur plan, par définition, c'est un plan. Là, nous, on va mettre une 3D dans laquelle on va pouvoir... se promener mais avant cela parce que c'est un peu comme un appartement existant si vous voulez l'acheter vous commencez pas par aller le visiter vous commencez par voir une photo de l'appartement éventuellement un petit film de présentation virtuel, voilà, nous on va pouvoir créer tout un tas d'outils d'imagerie qu'elles soient fixes comme d'images de synthèse dynamiques comme du film ou interactifs comme la 3D et c'est là où on a créé une spécialité et on a mis une technos et que cette 3D peut être très longue et très lourde à créer, donc très chère. Parce que c'est très cher, on n'arrive pas à la proposer pour chaque logement. Nous, on a créé tout un tas d'intelligences pour que ça puisse se produire très rapidement. On va pouvoir diffuser sur le web, partager sur le web grâce à la plateforme Emoco et créer depuis là des films, des images pour nos clients. Nous, encore une fois, on fait de l'imagerie, de la 3D, dit temps réel pour l'immobilier avec des expériences derrière. que ben... Une image très haute def, c'est comme une photo de très haute définition. Pour quelle charge, il faut du débit. Tout ça, c'est important. D'ailleurs, j'ai vu l'évolution entre 2017 et aujourd'hui, l'apparition d'un sac G, ça a changé pas mal de choses pour nous. Les équipements qui deviennent aussi mieux équipés en GPU, donc carte graphique, hyper important pour nous. Réseau stable et performant. Déjà, quand on a ça, c'est bien. L'idée c'est vraiment de rassurer, de mettre tout ça dans une démarche positive. C'est-à-dire que malgré tout, il y a des stats, 50% des clients des promoteurs trouvent que la communication est trop administrative. C'est vraiment, ils ne sont pas contents. 70% des gens ont d'appréhension pour un projet immobilier. C'est dommage.
- Journaliste
Et donc que ce soit pour Emoco ou Domoco, est-ce qu'à un moment tu as pensé à t'associer ? Est-ce que c'était une problématique qui t'a traversé l'esprit ?
- Fabien Maire
Sur Domoco, non. Mais après, effectivement, sur Emoco, c'est quelque chose qui m'a traversé plus que l'esprit. Bon, après, ça se fait pas. C'est un peu comme un couple. C'est des rencontres. Là, l'idée, moi, je l'avais eue un peu dans mon coin avec mon beau-frère, pour rien me cacher, qui avait vécu avec nous quelques temps et qui était dans le Gita. Il m'avait dit, il y a vraiment un sujet à faire là. Donc, je me suis dit, bon, peut-être que ça pourrait le faire tous les deux. Finalement, pas du tout. Et après, quand on a une idée, c'est compliqué. C'est compliqué. Ce n'est pas compliqué, c'est qu'il faut avoir l'opportunité d'entrer quelqu'un qui rentre dans cette idée ou qui soit avec une idée similaire. J'en ai rencontré, mais ça n'a jamais matché pour X ou Y raison. Pour le coup, la solitude des dirigeants, c'est des choses qu'on connaît dans le monde de l'entreprise. C'est véritable, c'est qu'à un moment donné, c'est le capitaine qui est seul à la barre. Parce qu'on doute en permanence. Parce qu'on a une idée sur une boîte innovante comme Emoco. Autant sur Democo, on est sur des métriques, c'est un peu... Un peu connu, c'est-à-dire que oui, il y a Nantes, il y avait beaucoup de travaux de rénovation là encore. bon, a priori, si on n'est pas trop manchot, on devrait tirer son épingle du jeu. Sur Emoco, il y a des contraintes techniques. Et du coup, même si on a la vision de ce qu'on veut que le produit fasse, ou que l'entreprise fasse, ce n'est pas toujours possible. Et là, c'est vrai qu'il faut échanger, savoir se mettre en question, savoir trouver des parades. Et seul, ce n'est pas évident. Quand il y a aussi des fins de mois compliquées, des financements à trouver, ce n'est pas évident. Quand il faut aller voir... Des clients, des investisseurs, vous êtes seul sur un client et là sur des clients qui sont des entreprises, puisque c'est du B2B, ou vous êtes sur des, dans le cas là présent, des gros promoteurs, vous êtes tout seul avec votre projet, c'est pas évident, le débrief il est pas simple, débriefer avec soi-même c'est pas forcément... C'est constructif, ça peut faire une introspection, mais ça ne permet pas forcément à plusieurs, on va plus loin, clairement. Et c'est vrai que c'est un sujet qui s'est posé tout le temps et qui se pose encore. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je suis tout à fait ouvert à ce que quelqu'un devienne associé d'une façon ou d'une autre. Après, effectivement, question de rencontre, d'opportunité, de fit.
- Journaliste
D'homoco, comme tu me disais, ça roule plutôt tout seul et très bien. Et Moco, c'est un peu plus compliqué ? Est-ce que tu as parfois pensé à arrêter ou te dire « bon j'ai essayé pendant un certain nombre d'années, ça ne va pas forcément aussi vite que je le souhaiterais, il est peut-être temps de passer à autre chose » ou jamais, parce que tu y crois et que tu te dis « ça va marcher » .
- Fabien Maire
Alors oui, j'y crois parce que ça va marcher et j'y crois encore. On a des périodes de doute, des périodes où quand on arrive fin du mois, on ne peut pas payer les salaires, c'est quand même très très dur. Parce que se pas se payer, c'est déjà pas simple, mais ne pas payer les personnes qui bossent pour vous, ou les payer le 10 du mois suivant, c'est quand même un gros gros coup de pression. Donc oui, penser de tout laisser tomber, et aller élever des chèvres dans l'Arzac, ça arrive encore, si je puis parler comme ça. Mais non, en fait, on croit à son projet, et finalement, j'ai eu des périodes sur Emoco, c'était en... d'après 2000... 2000... 2000... de 1000 après-l'heure. Le Covid 2021, été 2021, où on avait, après le Covid, bien réussi à avoir des clients et on a eu un problème technique qui a tout planté pendant six mois. Et du coup, on n'a pas pu livrer les premiers clients qu'on signait. Donc, ça a créé une insatisfaction, même si derrière, on a fini par les livrer et qu'ils ont compris. Mais derrière, ils n'ont pas recommandé tout de suite. Et problème de trésor. Et là, c'était, de toute façon, c'est terminé. Et au final, ça a rebondi. Donc j'avais dit à Ingrid, de toute façon, fin de l'année, si je ne trouve pas de solution, on plie le truc, ça ne sert à rien. J'étais en limite burn-out, clairement. Et c'est là que j'ai pu rencontrer des premiers investisseurs, dans une première discussion, avoir des retours de nouveaux clients. Et finalement, ça a complètement relancé la machine. Et je dirais, ça, c'est presque la beauté de l'entrepreneuriat. C'est qu'en fait, on entend des fois des émissions ou des... certaines personnes intervenir dans certains médias, on est très loin de la vérité de ce qu'est l'entrepreneur au quotidien, l'entrepreneuriat au quotidien. C'est-à-dire quand on investit, moi ils ont investi quand même, ils ont investi sur ma petite tête, il y a un risque quand même. Et dans le business angel genre de choses, il y a quand même beaucoup de pertes en fait, il n'y a pas que des gains. Donc il y a une prise de risque et il y a une volonté de faire confiance à d'autres. comme nous on a pu bénéficier avant. Et ça c'est intéressant je trouve en tamponnerie.
- Journaliste
Est-ce que tu t'es senti soutenu par tes salariés lors des moments difficiles que vous avez pu traverser avec tes boîtes ?
- Fabien Maire
C'est important aussi d'être transparent là-dessus. Je leur ai expliqué la situation. Le projet... En fait, sur un sujet comme Emoco, les salariés sont aussi particulièrement du projet, c'est-à-dire que les premiers salariés étaient des personnes techniques, donc développeurs spécialisés en 3D, qui étaient aussi animés par le côté « c'est impossible, mais on va quand même le faire » . L'aventure. L'aventure, il y a un côté aventurier, même si c'est pas des aventuriers à certaines limites, mais oui, ils sont aussi portés par le projet, par le fait qu'on va y arriver. Moi je pense que le dirigeant a forcément aussi un rôle là-dedans dans ce qu'il véhicule comme dynamisme et comme énergie. Mais oui, ils ont été franchement... Enfin vraiment, je leur remercie, ils ont accepté. Et puis ils m'ont dit, quand est-ce que c'est la dernière limite au pire que je peux te payer, je me débrouillerai. Après, il faut trouver de l'argent, donc je me débrouillerai pour que tu sois payé au plus tard que tu puisses. Mais si on peut décaler un maximum, moi ça me va. Et ils ont toujours... Toujours à chaque fois, jouer le jeu, ça a été très transparent et très bienveillant. Et s'il n'y a pas ça, ça ne sert à rien.
- Journaliste
Quelle est ta vision du management ? Comment l'appliques-tu au quotidien ?
- Fabien Maire
Les salaires d'entreprise, dans mon cas, ont des compétences que je n'ai pas. C'est dans le domaine d'expertise que je n'ai pas. Et moi, personnellement, je privilégie la forte indépendance de chacun, l'autonomie. Et en fait, ils sont un peu entrepreneurs dans l'entreprise. Donc c'est comme ça qu'on essaie d'avancer. Alors c'est pas évident, moi quand je dois comprendre que je veux une fonctionnalité à telle date et qu'on m'explique que non ce ne sera pas à telle date, il y a un sujet parce que c'est important, il y a des petits débats, parfois il y a des frictions, il faut qu'on arrive à se mettre d'accord. Mais l'idée c'est de toute façon, il faut faire confiance à un moment donné, essayer d'avoir de la confiance. et d'essayer d'accompagner comme on peut, même sur des compétences qu'on n'a pas, qu'est-ce qui bloque, comment on peut aller plus vite, est-ce qu'il faut une ressource en plus, est-ce que ça a de problèmes, enfin voilà, essayer de savoir où est le problème, pour y apporter une réponse, que ce soit d'ordre ressources, d'ordre technique, ça peut être de différents ordres, et voilà, et après il faut faire un peu confiance aux gens aussi.
- Journaliste
Un truc qu'on dit beaucoup au sujet des entrepreneurs, c'est qu'ils ont du mal à faire la part des choses entre leur vie pro et leur vie perso. Quelle place tes boîtes prennent-elles dans ta vie ?
- Fabien Maire
En fait, c'est 85% du temps de cerveau. Donc en fait, c'est toujours en train de turbiner quelque part le sujet. Ça, c'est un vrai sujet de savoir brequer. Notamment quand on est avec les enfants, d'être 100% avec les enfants et pas 60% avec les enfants et 40% en train de penser à des choses liées à la boîte. C'est très compliqué. Il y a un côté, je pense qu'il y a un côté un peu multitâche. En fait, il y a toujours une partie de cerveau qui tourne en pensant à des sujets problématiques de boîte, qu'il soit de la vision, qu'il soit des sujets de marché. Il y a toujours un peu ça. Ce n'est pas simple de braquer vraiment et de se dire, moi, quand je rentre chez moi, je n'ai pas fini. Mais ce n'est pas fini, en fait. C'est fini, oui, parce que je ne suis pas en train de bosser tout le temps quand je suis chez moi. Mais je suis tout le temps en train de cogiter autour des boîtes. Et après, moi ce qui m'a intéressé, c'est le côté, effectivement, ce qui est génial, c'est que ce qui est très riche, c'est qu'on fait plein plein de choses. Enfin, si on n'aime pas la polyvalence, et qu'on aime... Si on n'aime pas la polyvalence, qu'on n'aime pas le risque, et qu'on ne sait pas gérer son temps, c'est compliqué. Alors gérer maintenant, mais c'est vrai, c'est-à-dire, après au début, c'était vraiment, oh là là, tout va se casser la figure. Maintenant, avec un peu de temps, j'ai trouvé une solution, ça va s'arranger. T'as toujours une solution. En fait, l'entreprise que ça m'a appris maintenant, ça fait quasiment dix ans, c'est que tout est possible quand on y met l'énergie.
- Journaliste
Merci beaucoup Fabien pour ce moment.
- Fabien Maire
Super moment, merci.
- Voix off
Bonne continuation à Fabien Maire. Merci d'avoir écouté tout seul un podcast d'Orange pour les pros.