- Speaker #0
Je sais pas, ça ressemble à rien d'autre de ce que je connais. Je dirais que le Haut Var, c'est une des rares vallées où c'est aussi ouvert. Il y a beaucoup de marne. Et c'est moins raide que d'autres vallées. Et en fait, moi j'aime bien ce côté vachement ouvert et pourtant vachement reculé. Il y a vraiment quelque chose de préservé ici, loin. Et pourtant c'est vraiment le Mercantour encore. C'est des grandes grosses montagnes. Des sommets vachement hauts. Toutes, toutes, toutes, toutes, toutes une montagne. Un podcast hyper rural sur nos voisines.
- Speaker #1
Je crois que c'est une option qu'il faut proposer à toutes les femmes, une zone de solitude et de liberté.
- Speaker #2
Je ne sais pas trop qu'est-ce qui s'est passé, si j'étais heste ou quoi, mais je ne me suis jamais bien sentie en ville.
- Speaker #0
Salut, nous sommes six copines à habiter une vallée bien perdue du sud des Alpes, la Haute-Vallée-du-Var. Ben du coup, on a décidé de prendre le micro pour la première fois de notre vie, pour aller rencontrer nos voisines et faire entendre la vie des filles de notre coin, quoi.
- Speaker #3
C'est bien, mais quoi. Je ne sais pas où on est, ça ne sert pas à grand chose.
- Speaker #2
On est complètement paumés. Quoi ?
- Speaker #0
Une production des Gypaètes Poilues Saison 1, découvrir la vallée.
- Speaker #1
Pour cette première saison, nous avons souhaité vous faire découvrir la vallée à travers les yeux de trois femmes habitant ici, qui nous racontent leur arrivée et leur installation.
- Speaker #2
Pour ce premier épisode, nous allons rencontrer Barbara, une bergère transhumante imprégnée par les paysages et les ambiances de nos montagnes. Elle vient de passer la main et chemine une dernière fois au milieu de son troupeau.
- Speaker #0
On est arrivé un peu par hasard, on était sur la côte là, sur les préalpes d'Azur. On avait déjà les brebis et on a bossé comme ça un moment chez des patrons et en fait à un moment c'est embrouillé avec les patrons, c'est un peu de risque avec des patrons l'hiver et du coup on a dû chercher un endroit et en fait c'est pas si facile de trouver un endroit pour se replier avec un troupeau au printemps et en fait j'ai été sur le site de l'Adasea, le répertoire à l'installation, il y avait une annonce dans les Gorges de Dalhuis et c'est vraiment le coin qu'on aimait trop là, le Ausha mais juste pour les paysages pour le coup on connaissait personne ici et du coup j'ai appelé et la dame de... de la chambre a été un peu surprise elle m'a dit bah vient juste de mettre l'annoncé la proprio elle est même pas au courant attendait au moins un quart d'heure ou une heure avant d'appeler il est trop du cul j'ai été la première appelée je regardais jamais ce truc et en fait j'ai appelé et puis elle m'a dit bah vous pouvez venir voir si vous voulez quand vous voulez jeter à bas je peux venir voir tout de suite on était trop galère et puis je suis monté en stop le jour même et puis on a parlé on a bien aimé ici puis elle m'a dit bah Si vous voulez, ce qui aurait été bien, c'est que ce soit pâturé ce printemps, mais j'imagine que vous, ça va être compliqué pour vous. Et puis moi, j'ai dit, non, non, ça va, on peut s'arranger, on va y arriver. Et du coup, ici, il y avait une caravane, on est venu passer le printemps et on pouvait essayer la ferme sans s'engager au printemps. On a découvert le coin vraiment légèrement. Du coup, on a décidé de rester. On a pris la ferme. Moi, je me suis installée exploitante agricole l'année d'après, en 2014. Et ici les impressions au début nous on était à fond dedans sur ce truc des moutons et du coup ici il y a dix ans c'était encore un petit peu plus vivant je dirais le truc des moutons. Il y avait quand même pas mal d'éleveurs, il y avait encore plusieurs éleveurs de rouge. Adeline il y avait son papa qui avait encore les moutons. Marcel Bellieu il avait encore un troupeau conséquent. Christian Toche, la transhumance à pied c'est quand même une vallée où les gens transhumaient encore pas mal à pied. Et c'est toujours le cas quand même. On ne peut pas dire, mais quand on est arrivé, les gens transumaient encore pas mal. Il y avait encore un peu des moutons à la foire. Tu sentais qu'ils s'étaient passés ensemble. Tu sentais l'air liquide d'un sacré monde. Les éleveurs qui se connaissent, les maquignons, les transumants, les gens de pays. On a été hyper privilégiés de réussir à pénétrer aussi facilement ce monde des moutonniers. Et comme on a vite transumé à pied, ça fait que tu peux discuter encore plus avec tout le monde. Je pense que quand tu arrives ici, que tu t'installes dans des coins comme ça, selon ce que tu fais, tu as une approche différente du pays. Et comme ici, c'est quand même des grosses terres d'élevage, c'était super d'y aller par ce biais. On a vraiment fait l'amitié avec plein de vieux que je ne vois pas comment j'aurais pu rencontrer s'il n'y avait pas eu les brebis. Là, ils ont trouvé la terre.
- Speaker #1
J'ai dit dessus, elles avaient pas vu. En fait, nous, on fermait toujours là. Alors, elles nous ont dit que c'était fermé.
- Speaker #0
Nous, on a assez vite, on s'est tourné vers des plans d'herbe qui nous ressemblaient assez et qui étaient un peu abandonnés. Le lavinier s'était abandonné. C'est des très bons plans d'herbe, mais il y a trois heures de marche. C'est pour ça que personne n'y allait plus. Du coup, ce truc de prendre des ânes, des mulets, machin, pour y aller, ça nous correspondait bien. Et puis, en fait, ça fait que t'as accès à des bons plans auxquels t'aurais pas accès si... si t'acceptais pas d'y aller à pied ou je sais pas. Au l'avenir, là, y a eu vraiment plein d'endroits où j'ai jamais même su à qui c'était les terres, quoi. Y en a qui vont râler en entendant ça. Mais... mais... C'était... on se sentait trop libres, quoi. Y a personne qui passe, y a même pas de chemin, y a pas de cabane. T'es là avec tes moutons, tu dors dehors, t'es le roi du monde. C'est vraiment trop génial. Il fait tout le temps beau. C'est hyper beau. Le paysage, c'est un paysage vraiment particulier. Là-bas, le fond des gorges de la Vignée, c'est très particulier. Les coulures du plateau au-dessus, ça fait des espèces de coulures de paysages de montagne dans les gorges. Dans le travers entre la Vignée et le col de Suy, qu'on voit là-bas. Ça fait vraiment des coulures de mélèzes, de mélésins. Où il y a de l'herbe, vraiment de montagne. entrecoupé de grosses langues de désert rouge, c'est Far West à fond. C'est trop trop beau. C'est un peu le paradis du berger. Il y a de l'eau dans tous les vallons, il y a de l'herbe vraiment très jolie, il y a plein de fleurs, il y a des arbres partout pour faire la sieste. C'est vraiment magique. En plus il y avait des ruines partout, ça fait trop rêver quand tu arrives de pays plus habités, tu te dis, on pourrait faire des... On a vu des troupeaux de 150 biches... qui retombe sur des vieux chemins maçonnés dans des endroits improbables ou alors des canaux d'irrigation dans des endroits complètement improbables de la vie d'avant, c'est vachement touchant de voir comment les hommes avaient appris à dompter le paysage ici et à vivre ici, c'est beau quoi,
- Speaker #2
c'est vraiment beau les chiens,
- Speaker #0
viens ! les chiens ! Moi j'ai trouvé que les gens étaient très accueillants. C'était super, c'était hyper facile. Toutes les premières années, c'était hyper facile. C'est pas facile quand t'es bergé, d'arriver à faire du lien social. Et du coup, ça plus la sautette, c'est un petit plan, mais qui permet de bien se poser à deux moments de l'année un peu clés, et qui nous permettait du coup de vendre les agneaux plus sereinement. On peut faire des parcs, et du coup t'as du temps pour vendre les agneaux. Et du coup, ça te permet aussi d'être un peu plus ancré dans la vallée. Quand tu es en montagne, que tu sois au Lavigny, au fond des Gorges, ou en estive, quand même, tu ne fais pas trop partie de la vie de la vallée. Voilà, tu es en montagne, tu es hébergé. Tandis que quand tu es à la Sainte-Seth, tu peux aller aux super soirées de la Copette, tu peux... je ne sais pas quoi. Et puis j'adore Guillaume. J'adore ce bourg trop bizarre, trop étrange, avec sa population unique. J'aime vraiment bien. Et puis il y a un peu un truc, on est arrivé d'Ardèche où... où il y a beaucoup de jeunes, il y a beaucoup de trucs qui se sont déjà faits. Ici, c'était plus l'impression d'un truc pionnier, plus vieille France, où tout est à faire. C'est vrai, tout est à faire. Et puis, je pense que j'aime bien connaître plein de gens différents. Et du coup, ici, j'ai trouvé qu'il y avait des gens vraiment... C'est assez éclectique, même si ce n'est pas hyper diversifié, parce qu'on n'est pas en ville. Il y a des populations qui ne sont pas là. Mais quand même, la population elle-même, elle est éclectique. Ouais, non, bon accueil, très bon accueil. Mais, euh... Non, non, une amie, elle, je croyais qu'était morte. Je lui ai demandé, elle m'a dit, mais non, je crois qu'elle est morte, mais en fait, elle est là, je la vois. Bah, parce que je l'avais pas vue depuis qu'elle a repris le troupeau. On était pas sûrs de parler de la même, quoi, tu vois. Elle est plutôt comme ci, comme ça. C'est super de transmettre. Je pense que c'est trop bien, même pour les agriculteurs, de pouvoir transmettre. C'est pas rien, il faut s'y préparer. Tu peux pas juste te dire, ça va me prendre 10 jours. Mais je pense que c'est vachement moins douloureux, surtout les éleveurs qui ont un lien un peu... Espérance, celle qui reprend, elle continue vachement dans la même lancée de ce qu'on faisait. C'est vraiment cadeau. J'aurais pas pensé qu'on trouverait quelqu'un qui aurait envie de faire la même chose que nous. c'était un peu un délire notre truc de bouger beaucoup de trouver plein d'herbes pour les brebis mais avec aussi ce système On est herbacier l'hiver, on paye pas d'herbe, du coup on se déplace beaucoup mais ça a vachement de sens aussi de manger l'herbe que personne ne mange. Et en fait, il y a tout qui lui parle. Quand tu mets en sapier, herbacier l'hiver, être en montagne l'été, c'est super, c'est vraiment super. Mais il y a aussi un truc pour les bêtes, c'est une famille un peu les brebis. Du coup, que le troupeau reste ensemble, de revoir les vieilles copines, elles sont là. En plus, les brebis, elles aiment bien retourner aux mêmes endroits, être dans du connu, c'est des animaux assez craintifs. Ça me fait hyper plaisir qu'elle puisse retourner sur les mêmes montagnes, où la vignée, la saucette, la caillole, machin. Parce que je sais que pour elle, c'est facile. J'imagine qu'on aura mis une petite pierre dans le grand édifice, mais c'est un peu à l'image des montagnes ici, je trouve. L'édifice est immense. Et à l'image aussi des distances qui nous éloignent les uns des autres, et des efforts à fournir pour aller se voir, ou aller se voir les uns les autres. En ce moment, je suis aussi dans un moment où je trouve ça particulièrement difficile d'habiter loin les uns des autres à chaque fois qu'on veut aller se voir ou quoi, je me rends compte à quel point c'est pas rien. Mais ouais, quand même, moi j'ai été présidente de la coopérative agricole pendant peut-être 5 ans, j'étais un peu comité des fêtes de Guillaume, un peu dans des petits trucs, j'étais au Rédard, il y a des trucs où j'ai l'impression d'avoir participé, et puis surtout j'ai l'impression d'avoir fait partie d'une communauté de gens pendant un moment. Avec un rôle social défini. Et du coup, comme n'importe qui dans cette communauté de gens, t'en fais partie. T'animes des trucs. Tu es quelqu'un dans cette communauté de gens. C'est moins mon impression maintenant. Parce que si tout le monde me renvoie ce truc. Alors tu fais quoi maintenant ? T'es qui maintenant ? T'es là-bas là maintenant ? Je suis personne.
- Speaker #2
C'était Barbara de Villeplane.
- Speaker #1
L'épisode 1 de cette première saison.
- Speaker #2
Pour découvrir la vallée sous une autre oreille, on vous conseille, si ce n'est pas déjà fait, d'écouter les deux autres épisodes de cette saison 1.
- Speaker #1
La prochaine saison sortira à l'automne et d'ici là, n'oubliez pas que nous sommes toute une montagne. Un podcast hyper gratte sur nos voisines.
- Speaker #4
Je ne sais pas vraiment.
- Speaker #5
Il se trouve que nous avons un léger problème de nudites révolutionnaires dans la région.
- Speaker #2
Une production des chipettes poilues !