Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Traceurs de Voix, le podcast qui vous aide à retrouver de la clarté dans votre relation à l'argent. Entreprendre, investir, gérer son activité, c'est intense. Et quand le stress s'installe, c'est souvent notre relation à l'argent qu'on a besoin d'apaiser. Je suis Koumba Diaby, exécutive coach et consultante en investissement. J'aide les entrepreneurs et dirigeants à faire de l'argent un levier de liberté. Chaque semaine, en moins de 10 minutes, je vous partage des clés concrètes pour avancer en toute sérénité. Bonjour et bienvenue dans Traceurs de Voix, je suis très heureuse de vous retrouver pour ce nouvel épisode. La semaine dernière, nous avons parlé de négociations, de justes rémunérations et de cette difficulté pour beaucoup de femmes à demander. Demander une augmentation, annoncer un tarif, nommer sa valeur. Et après cet épisode, j'ai reçu plusieurs messages. Des femmes m'ont dit « je sais que je devrais négocier mais je ne me sens pas assez légitime » . D'autres m'ont dit, j'ai l'impression qu'il me manque encore... quelque chose. Et souvent, derrière leurs mots, il y avait cette idée. Je veux être sûr d'être irréprochable avant de demander. Alors, je me suis dit qu'il était temps d'aller à la racine. Parce que derrière la difficulté de demander, il n'y a pas seulement un manque de méthode. Il y a souvent le perfectionnisme, le syndrome de l'imposteur, la peur de ne pas être assez, la peur de déranger, la peur de prendre sa place. Et aujourd'hui, J'ai envie qu'on parle précisément de ça. Pas pour juger, ni pour culpabiliser, mais pour comprendre. Parce qu'il arrive que nous confondions exigence et pression, préparation et report, humilité et effacement. Et à force, nous pouvons finir par croire qu'il faudrait être parfaitement prête avant d'oser quoi que ce soit. Or la vie, elle, n'attend pas que nous nous sentions prêtes. Abandonner la perfection pour prendre sa place, bienvenue. dans le douzième épisode de Traceurs de Voix. La perfection a souvent une très bonne réputation. Elle se présente comme du sérieux, de la rigueur, de l'exigence. Mais très souvent, c'est aussi une protection, une manière d'éviter l'erreur, la critique, le regard des autres, le rejet. Autrement dit, le perfectionnisme ne cherche pas seulement à bien faire, il cherche aussi à nous mettre à l'abri. Et c'est là que le sujet devient important, parce que... Ceux qui cherchent à nous protéger peuvent aussi finir par nous freiner. Nous surestimons le coût de l'erreur et nous sous-estimons le coût de l'inaction. Or, l'inaction a un coût. Elle coûte en confiance, en visibilité, en argent parfois, en liberté intérieure aussi. Alors, j'ai envie de vous raconter une histoire. Celle d'une ancienne cliente, une manager expérimentée, compétente, solide, investie. On va l'appeler Marie. Marie pilotait des projets d'envergure, manageait une équipe. Elle était reconnue par ses pairs. Mais quand une opportunité d'évolution s'est présentée, avec une revalorisation salariale possible, Marie n'a rien demandé. Pas parce qu'elle ne voulait pas. Pas parce qu'elle n'en était pas capable. Elle n'avait pas demandé parce qu'au fond d'elle, une phrase tournait en boucle. Une phrase qui disait « je dois encore trouver » . Quand nous avons commencé à travailler ensemble, nous n'avons pas trouvé un manque de compétence. nous avons trouvé un dialogue intérieur. Un dialogue intérieur qui répétait en boucle « Je ne maîtrise pas encore 100% du poste. Je ne veux pas paraître exigeante. Ce n'est peut-être pas le bon moment. Je préfère encore attendre. » Tout ça paraissait raisonnable. Mais au bout du compte, cela produisait un effet très concret. Marie se retirait de sa propre demande. Et peut-être que vous reconnaissez cette mécanique. Forcément, dans de grandes décisions, mais parfois dans des micro-décisions du quotidien. Un mail qu'on réécrit dix fois avant de l'envoyer, une conversation qu'on reporte, une demande qu'on garde pour plus tard, une idée qu'on n'exprime pas en réunion. Surtout, ne vous jugez pas, ce n'est pas de la faiblesse. Et on va décortiquer cette affaire dans cet épisode. C'est souvent une façon de fonctionner que nous avons apprise et qui parfois même a été valorisée par le passé. Mais ce qu'on a appris peut être retravaillé. Avec Marie, nous n'avons pas commencé à travailler sur les négociations. Nous avons commencé par les pensées. Les stoïciens nous rappellent que ce ne sont pas seulement les événements qui nous éprouvent, c'est aussi la manière dont nous les interprétons. Aujourd'hui, ce n'est pas seulement la demande qui fait peur, c'est ce que nous lui associons. Si je demande, je vais déranger. Si je demande, on va penser que je réclame. Si on me dit non, cela voudra dire que je ne vaux pas assez. Et là... La demande n'est plus un acte professionnel. Elle devient une mise en épreuve personnelle. Et c'est précisément ce qu'il faut desserrer. Parce qu'un nom n'est pas toujours un verdict, un délai n'est pas toujours un rejet, une conversation salariale n'est pas un jugement sur notre valeur humaine. Avec Marie, nous avons travaillé sur trois choses. Première chose, repérer les pensées automatiques. Deuxième axe, questionner ces pensées automatiques. Et enfin, préparer une demande claire. Son objectif n'était pas d'être parfaite. Son objectif était d'être clair. Et ça change tout. Le jour de l'échange, Marie n'était pas sereine à 100% et c'est important de le dire parce qu'on croit souvent qu'il faudrait ne plus douter du tout avant d'agir. Et ce n'est pas vrai. Les personnes qui passent à l'action ont encore le trac. Alors Marie avait encore des questions, encore de l'appréhension, mais elle n'attendait plus de ne plus avoir peur pour agir. Elle a posé sa demande simplement, calmement, sans s'excuser, sans se diminuer. Elle n'a pas obtenu une réponse immédiate, mais elle a ouvert un espace. Un espace de discussion, un espace de reconnaissance, un espace de repositionnement. Et quelques semaines plus tard, elle a obtenu l'évolution qu'elle visait. Mais le plus important, ce n'était pas seulement le résultat. Le plus important, c'est qu'elle avait cessé de se retirer. Et c'est peut-être ça le vrai tournant. Comprendre que notre place ne dépend pas de notre perfection. Elle dépend de notre capacité à nous rendre présentes. Présentes à ce que nous apportons, présentes à ce que nous voyons, présentes à ce que nous demandons. Pas parfaites, présentes. J'aimerais maintenant élargir le regard. Parce que ce sujet ne concerne pas seulement l'individuel. Quand une femme compétente se tait, quand elle n'ose pas demander, quand elle minimise sa valeur, ce n'est pas seulement sa trajectoire personnelle à elle qui est touchée. C'est aussi tout un collectif. Et c'est un point qui m'a particulièrement marquée dans les échanges que j'ai eus dans les conversations avec Kéra Defamille. Dans les métiers du chiffre, de la comptabilité, des finances, les femmes sont nombreuses, elles sont compétentes, il n'y a pas de sujet là-dessus. Et pourtant, elles restent encore très souvent tenues à distance des promotions qui mènent au poste de direction. Et ce que Kéra Defamille met en lumière, c'est le poids des stéréotypes, des représentations que nous avons encore du pouvoir, des images qui sont précodées du leadership, de ce que doit être un dirigeant. Et derrière cela, il y a une question essentielle. Qui décide ? Qui tient le pouvoir ? Qui a les cordons de la bourse ? Parce que le fait de ne pas avoir pris sur les décisions financières, ce n'est pas seulement une question d'argent, c'est une question de démocratie, c'est une question de liberté, d'indépendance, de capacité d'action, de possibilité d'inscrire ces valeurs dans les décisions. Et quand les femmes ne sont pas là, où se prennent les décisions, il manque des regards, des expériences, des priorités, des arbitrages différents, une façon de voir le monde. La parité, ce n'est pas qu'un sujet d'image, c'est un sujet de qualité de décision. Je vous propose cette semaine quatre repères, très simples. D'abord, repérez la phrase intérieure qui vous freine, qui vous freine dans le fait d'aller négocier, dans le fait d'aller demander, dans le fait d'aller accéder à... plus. Je ne suis pas prête. Je vais déranger. Je dois encore faire mes preuves. Ensuite, questionnez cette phrase. Est-ce un fait que vous pouvez démontrer ou est-ce une habitude tout simplement de penser ? Ensuite, je vous invite à revenir sur ce qui dépend de vous. Je ne maîtrise pas la réponse de l'autre, mais je maîtrise ma préparation, ma clarté, ma posture et le fait d'aller demander. Et enfin, Posez une action, une action imparfaite mais juste, un mail, une demande de rendez-vous, une prise de parole, une candidature envoyée. On ne recherche pas la perfection, on recherche une réalité. Créez cette réalité en passant à l'action. Parce que la confiance se construit dans le réel, pas dans la rumination, pas dans l'attente d'une perfection. Et j'aimerais vous dire ceci, si vous vous reconnaissez dans ce perfectionnisme, Dans cette pression, dans cette difficulté à vous sentir pleinement légitime, ce n'est pas une faute, c'est souvent une adaptation, une manière de vous tenir, une manière de faire face. Mais ce qui a pu être utile à un moment donné, peut devenir limitant par la suite. Parce qu'au fond, se libérer du perfectionnisme, ce n'est pas devenir moins sérieux, c'est devenir plus libre. Plus libre de contribuer, plus libre de demander, plus libre de... prendre sa place. Alors jeudi prochain, je vous retrouverai pour le dernier volet des conversations de mars avec Kéra de famille. Nous parlerons de la place des femmes dans les métiers de la finance et dans les lieux de décision. Nous verrons pourquoi, alors qu'elles sont nombreuses et compétentes dans ces métiers, elles restent encore trop souvent tenues à distance des postes de direction. Nous parlerons aussi de leadership, de rapport à l'argent, du pouvoir de dire non et de ce qui change très concrètement, le fait d'avoir ou non prise sur les décisions financières. Parce qu'au fond, derrière la question de l'argent, il y a toujours une question de liberté. Merci pour votre confiance, car vous êtes de plus en plus nombreux à nous écouter. Si cet épisode vous a parlé, partagez-le avec une femme autour de vous. Une femme compétente, engagée, une femme qui apporte déjà beaucoup, mais qui attend peut-être encore d'être parfaite. avant d'oser davantage. Aujourd'hui, je ne vous laisse pas avec une citation. Je voudrais vous lire un passage de l'ouvrage intitulé « Comme par magie » de l'écrivaine Lise Gilbert. Je cite. « Pour commencer, oubliez la perfection. Nous n'avons pas le temps d'être parfaits. En tout cas, la perfection est impossible à atteindre. C'est un mythe, un piège, une roue de hamster où vous vous épuiserez à tourner jusqu'à la mort. Le perfectionnisme empêche les gens d'achever leur travail, certes, mais pire encore, il les empêche souvent de le commencer. Fin de citation. Merci d'avoir écouté cet épisode. Je vous dis à jeudi pour le dernier volet des conversations avec Kéra de famille. À bientôt ! Si cet épisode vous a aidé à y voir plus clair, c'est déjà un pas de plus sur votre trajectoire. Vous pouvez prolonger la réflexion avec le diagnostic traceur de voix, un outil simple pour faire le point sur votre relation à l'argent et vos décisions. Le lien est dans les notes de l'épisode. Et si ce podcast vous est utile, vous pouvez le soutenir très simplement en vous abonnant ou en laissant un avis sur votre plateforme d'écoute. Cela permet à Traceurs de voix d'être découverts par d'autres entrepreneurs qui en ont besoin. Prenez soin de votre énergie, restez lucide et continuez à tracer votre voix. A bientôt !