Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Traceur de Voix, le podcast qui vous aide à retrouver de la clarté dans votre relation à l'argent. Entreprendre, investir, gérer son activité, c'est intense. Et quand le stress s'installe, c'est souvent notre relation à l'argent qu'on a besoin d'apaiser. Je suis Koumba Diaby, exécutive coach et consultante en investissement. J'aide les entrepreneurs et dirigeants à faire de l'argent un levier de liberté. Chaque semaine, en moins de 10 minutes, je vous partage des clés concrètes pour avancer en toute sérénité. Est-ce qu'il vous est déjà arrivé de sortir d'une réunion en vous disant « J'avais quelque chose d'important à dire et je ne l'ai pas dit » ? Ou de relire un devis juste avant de l'envoyer et de baisser encore votre tarif ? Ou d'accepter une mission de plus alors même que vous saviez déjà que votre agenda débordait ? Si votre réponse est oui, cet épisode est pour vous. Femmes, leadership et argent, ce que le mois de mars a changé dans notre façon de décider, bienvenue dans le quatorzième épisode de Traceurs de voix. Aujourd'hui, on referme cette mini-série du mois de mars, Un mois consacré aux femmes, à leur leadership, à leur relation. à l'argent à leur place dans les lieux de décision. Dans cet épisode, je ne vais pas simplement résumer ce qui s'est dit au mois de mars. Je vais vous montrer très concrètement ce que ce mois de mars nous a permis de comprendre. Dans le travail, dans l'entreprise, dans une négociation, dans un devis, dans un comité, dans ces moments où notre valeur est là, mais où notre manière de la soutenir peut encore vaciller. Alors installez-vous confortablement, c'est parti pour une quinzaine de minutes. Je vous le disais. Vous me disiez à l'instant, ce mois-ci, nous avons parlé des femmes, mais en réalité, nous avons surtout parlé de moments très concrets. Le moment où vous préparez une réunion importante ou au dernier moment, vous vous dites, je vais attendre un peu avant de prendre la parole. Le moment où votre manager vous confie davantage de responsabilités, mais où la question de votre rémunération, elle... ne bouge pas, et vous non plus. Le moment où une cliente vous dit « C'est parfait, on parle là-dessus » et où, au lieu de vous réjouir, vous vous demandez « Est-ce que je n'aurais pas pu demander plus ? » Vous savez ce moment où vous avez envie de candidater à un poste, mais où vous regardez l'affiche ligne par ligne en vous disant « Il me manque encore deux ou trois cases. » Le moment où vous êtes en comité, en réunion, en board, ou une idée que vous aviez formulée passe inaperçue, puis revient cinq minutes plus tard dans la bouche de quelqu'un d'autre avec beaucoup plus d'écho. Ce sont ces moments-là dont nous avons parlé. Pas de concept flottant ou hors-sol, nous avons parlé de la vraie vie, de là où ça se joue, dans les gestes parfois minuscules, mais qui, à force de se répéter, pèsent lourd sur une trajectoire. Pendant longtemps, Sur ces sujets, on a entendu une phrase en boucle. Il faut avoir confiance en soi. Oui, bien sûr. Ce mois-ci, sur Traceurs de voix, nous avons vu que ce n'était pas si simple que ça. Parce qu'il arrive qu'une femme ait de la compétence, de l'expérience, de l'impact, et qu'elle bloque quand même au moment de demander. Prenons un exemple concret. Une responsable d'équipe qui travaille depuis deux ans sur des dossiers stratégiques. Elle absorbe énormément de charges. Elle gère des tensions, accompagne ses collaborateurs, sécurise des résultats. Son manager lui dit souvent « on sait qu'on peut compter sur toi » . Et pourtant, lorsqu'arrive l'entretien annuel, elle prépare tout, sauf sa demande à elle. Elle arrive avec ses réalisations, avec des chiffres, avec des faits. Mais au moment d'aborder la rémunération, elle adoucit. Elle contourne. Elle dit « je voulais simplement avoir votre regard. Je me demandais si, peut-être que… » Je sais que ce n'est pas forcément le bon moment. Et très souvent, ce n'est pas parce qu'elle ne vaut pas plus. C'est parce qu'au moment précis où il faut soutenir sa valeur, autre chose se passe à l'intérieur. La peur de déranger, la peur d'être perçue comme trop exigeante, la peur de casser la relation, la peur de passer pour ingrate. Oui, tout à fait. Et c'est ça que nous avons exploré au mois de mars. Pas seulement le manque de confiance, mais les mécanismes plus fins qui s'activent quand il faut demander, se positionner ou tenir une ligne. Nous avons aussi beaucoup parlé d'argent. Pas de manière théorique. Nous avons parlé de ce moment où une entrepreneur ouvre son tableur, regarde ses chiffres et réalise qu'elle facture beaucoup trop peu, mais n'ose toujours pas réaliser son offre. Nous avons parlé de cette indépendante qui travaille beaucoup, aide vraiment, crée réellement de la valeur, mais continue à proposer des tarifs qui l'épuisent. Un exemple, un entrepreneur qui vend des accompagnements individuels. Ses clientes obtiennent des résultats, elle reçoit de bons retours, son agenda est rempli. Objectivement, tous les signaux sont là. Et pourtant, au moment de finaliser son offre, elle revoit tout à la baisse. Elle enlève une option, elle réduit un petit peu le tarif, elle rajoute encore un bonus pour faire passer le prix. Avec cette pensée en tête, comme ça, ce sera plus facile à vendre. Sur le papier, ça paraît commercial. Mais en réalité, il se passe souvent tout autre chose. Elle ne cherche pas seulement à vendre, elle cherche à réduire son inconfort, à éviter de se sentir trop chère, trop visible, trop ambitieuse, trop exposée. Et c'est un point important parce qu'à ce moment-là, le sujet n'est plus seulement... économique, il est psychologique. Le sujet devient, qu'est-ce que je m'autorise à demander ? Qu'est-ce que je crois encore devoir prouver ? Pourquoi est-ce que je me sens plus à l'aise à donner plus qu'à demander juste ? Et ça, ce sont des questions puissantes. Parce que justement, elles permettent de passer du flou à la lucidité. Allez, je vous propose un arrêt sur image. Pensez à un moment récent. Pas un grand moment forcément, un moment simple. Un mail que vous n'avez pas envoyé, un tarif que vous avez baissé avant même qu'on vous le demande, une remarque que vous n'avez pas formulée. Une demande que vous avez retardée ? Une opportunité à laquelle vous n'avez pas répondu ? Posez-vous cette question. Qu'est-ce que j'ai voulu éviter à ce moment-là ? Le conflit ? Le rejet ? Le malaise ? Le jugement ? Le risque de décevoir peut-être ? Parce que très souvent, c'est là que se cache le vrai frein. Durant ce mois de mars, nous avons également parlé de sécurité intérieure. Rendons-le un peu plus concret. La sécurité intérieure, ce n'est pas se sentir bien. En permanence. Ce n'est pas non plus ne plus jamais avoir peur. C'est la différence entre les deux scènes, un juste milieu. Première scène, vous avez un entretien salarial, vous espérez qu'on va reconnaître ce que vous avez apporté. Vous avez travaillé sérieusement, vous vous êtes investi, vous avez pris des responsabilités, mais vous n'avez pas vraiment préparé votre demande. Et vous vous dites, je vais bien voir comment ça va se passer. Et dès que la conversation devient floue, vous vous adaptez, vous reculez, vous dites, oui, bien sûr, je comprends. Deuxième scène, même personne, même poste, même valeur. Mais cette fois, elle a préparé l'entretien. Elle a listé ses résultats. Elle a identifié les missions supplémentaires qu'elle prend déjà en charge. Elle a clarifié sa demande. Elle a même préparé une phrase simple. Au regard de l'évolution de mon périmètre et des résultats que j'ai obtenus cette année, je souhaite que nous puissions ouvrir la question de ma rémunération. Elle ne surjoue rien. Elle n'est pas agressive. Elle ne justifie pas trop. Elle tient sa phrase. Ça, c'est de la sécurité intérieure. Ce n'est pas de la magie, c'est de la préparation, c'est de la clarté. C'est une façon de ne pas lâcher sa propre affaire au moment où la question se pose sérieusement. Ce mois-ci, nous avons également parlé de négociations. Et là encore, le concret change tout. Beaucoup de personnes compétentes espèrent encore être reconnues sans avoir à vraiment formuler leur demande. Et c'est humain. On se dit... Avec tout ce que j'ai fait, ça devrait se voir. Ils savent bien tout ce que j'ai fait. Je n'ai pas besoin d'insister. Mais dans la réalité professionnelle, ce n'est pas vraiment comme ça que ça se passe. Prenons l'exemple d'une freelance. Elle reçoit une demande de mission. Le client lui dit, on aurait besoin de vous sur tel sujet. Assez vite. Au début, le périmètre semble simple. Puis, il s'élargit. Puis, on ajoute une réunion. Puis, une relecture. Puis, un support supplémentaire. Elle le voit. Elle sent que le cadre bouge, mais elle n'ose pas ouvrir le sujet. Pourquoi ? Elle ne veut pas que les clients se disent qu'elle chipote, elle veut garder la relation fluide. Résultat, elle travaille plus que prévu, elle se fatigue, elle s'agace et la relation, justement, se fragilise. La négociation ici serait, par exemple, de dire « Je vois que le périmètre a évolué, je vous propose que nous reprécisions ensemble Ce qui entre dans la mission est ce qui nécessite un ajustement. C'est simple, c'est propre, c'est professionnel. Négocier, ce n'est pas créer un conflit. C'est éviter que le non-dit fasse le travail à notre place. Nous avons également parlé de perfectionnisme. Et là encore, je veux le ramener dans le vécu. Vous avez peut-être déjà connu ça. Vous voulez candidater à un poste, vous ouvrez l'annonce, vous cochez mentalement les critères. Il y en a huit, vous en avez six. Et immédiatement, une pensée automatique émerge. Je vais attendre encore un peu. Vous voulez prendre la parole sur un réseau social, en réunion, en conférence, dans un comité, mais vous vous dites, je vais encore affiner. Alors parfois, bien sûr, il faut affiner. Mais parfois, disons-nous la réalité, ce n'est plus une exigence. C'est une manière élégante de retarder l'exposition. Et c'est important de le voir, pas pour juger, pour en prendre conscience, pour se débloquer. La bonne question n'est pas toujours, est-ce que c'est parfait ? La bonne question est souvent, est-ce que c'est assez solide ? Est-ce que c'est assez solide pour avancer ? Et ça change tout, parce que dans une trajectoire professionnelle ou entrepreneuriale, celles et ceux qui avancent ne sont pas toujours les plus parfaits. Souvent, c'est ceux qui sont capables d'ajuster un marchand. Alors à ce stade, j'ai envie de vous poser une autre question. Dans votre vie professionnelle aujourd'hui, est-ce que vous attendez encore une permission ? Une permission de demander, une permission d'augmenter, une permission de parler, une permission de cadrer, une permission de prendre votre place ? Si cette permission ne dépendait que de vous, qu'est-ce que vous feriez différemment cette semaine ? Lorsqu'on parle de la place des femmes dans les lieux de décision, on a tendance souvent à penser à de grandes salles, des comités exécutifs, des conseils, des postes très visibles. Mais la réalité est que la place dans les lieux de décision se construit bien avant. Elle se construit quand un manager recadre calmement une réunion qui part dans tous les sens. Elle se construit quand une entrepreneur décide, enfin. de ne plus accepter le client qui négocie tout à la baisse. Elle se construit quand une salariée dit « Ce dossier ne peut pas avancer concrètement dans le délai sans arbitrage clair. » Elle se construit quand une dirigeante cesse de porter seule, en silence, ce qui devrait être partagé. Elle se construit quand une femme dans une réunion ne prend pas la parole en commençant par s'excuser ou dire que sa question peut paraître bête. Ce genre de détail paraît minuscule, mais répété pendant des années, Il façonne une présence et la présence, ça compte. La manière de commencer une phrase compte, la manière de poser une demande compte, la manière d'annoncer un prix compte, la manière de poser une limite compte. C'est précisément pour cela que ces sujets méritaient un mois entier. Parce qu'ils touchent à des habitudes quotidiennes, pas seulement à des grands principes. Alors si je devais résumer ce que ce mois de mars nous a permis de comprendre, je dirais ceci. D'abord que beaucoup trop de femmes ne manquent pas. pas de valeur. Elle manque parfois d'espace intérieur, de cadre ou de stratégie pour soutenir cette valeur au bon moment. Ensuite que l'argent n'est pas un sujet séparé du reste. La manière dont on fixe un prix, demande une augmentation, augmente un budget ou investit raconte toujours quelque chose de notre rapport à nous-mêmes, au risque, à la permission, à la sécurité. Nous avons vu que négocier n'est pas seulement une question technique. C'est aussi un travail intérieur qui demande à dépasser ses mécanismes invisibles, renforcer sa légitimité, apprendre à tenir une demande claire sans se dévaluer. Nous avons vu que le perfectionnisme peut ralentir plus qu'il ne protège. Et nous avons vu que la prise de place ne se joue pas seulement dans les grandes étapes. Elle se joue dans les scènes ordinaires. Un devis, une réunion, un entretien, un mail, une phrase, un nom, un oui, un silence. Une reformulation. C'est là que la trajectoire se construit. Alors si vous n'avez pas encore écouté les épisodes du mois de mars, écoutez-les en vous demandant, non pas est-ce que ça me parle à moi, mais plutôt à quel moment de ma vie professionnelle ou financière ai-je déjà vécu ça ? Un épisode vous fera peut-être penser à une négociation que vous évitez depuis des mois. Un autre à un tarif que vous n'osez pas revoir, chers entrepreneurs. Un autre encore à cette manière de toujours vouloir être irréprochable avant de vous exposer. Et c'est très bien comme ça. Pourquoi ? Parce que l'objectif n'est pas de cocher des cases. L'objectif c'est d'ouvrir des prises de conscience utiles. Des prises de conscience qui débouchent sur des décisions plus claires, plus conscientes. Et pour clôturer ce mois, je vous propose un exercice très concret. Prenez une feuille et notez trois situations récentes. Première situation, un moment où vous vous êtes sous-positionnée. Par exemple, vous n'avez pas demandé, vous avez baissé votre prix, vous vous êtes excusé avant même de parler, vous avez accepté une charge de plus sans la recadrer. Deuxième situation, ce que vous vous êtes dit à ce moment-là. Je vais attendre, ce n'est pas le bon moment, je ne veux pas déranger, je vais encore faire mes preuves, je ne suis pas sûre. Troisième et dernière situation à noter, La phrase ou l'action que vous pourriez tester la prochaine fois. J'aimerais que nous parlions de ce sujet ensemble. Au vu du périmètre, je dois ajuster le cadre. Voici mon tarif. Je ne pourrai pas absorber ce dossier sans arbitrage. Je vais envoyer ma candidature même si je n'ai pas 100% des critères. Choisissez ensuite une seule action à poser dans les 7 jours. Une seule. Pas une révolution, un test. Un mail, une demande à formuler, une clarification à demander, une prise de rendez-vous, une décision liée à l'argent. Parce que très souvent, le mouvement commence par ça, par une action plus précise, pas par une motivation plus forte. Ce mois de mars nous a permis de parler des femmes, du leadership, de l'argent et de la décision. Mais surtout, il a permis de rendre visibles des situations que beaucoup vivent encore seules dans leur tête. Vous savez, le moment où on hésite, on contourne, on minimise, on attend. Le moment où on sait, mais où on n'agit pas encore comme on le pourrait. Et si ce mois de mars vous a apporté quelque chose, j'espère de tout cœur que ça a été la clarté sur tout ce qui se joue dans ces moments-là. Et quand on voit plus clair, il devient plus facile d'avancer autrement. Plus calmement, plus clairement. Plus solidement aussi. Merci infiniment à Kéra de famille de nous avoir partagé son expertise au cours des conversations du mois de mars. Merci beaucoup pour votre confiance et votre fidélité. Je vous laisse à présent avec une citation de Tony Morrison. Je cite. Si vous avez du pouvoir, alors votre responsabilité est d'aider d'autres personnes à en gagner. Je répète. Si vous avez du pouvoir. alors votre responsabilité est d'aider d'autres personnes à en gagner. Fin de citation. A très bientôt sur Traceur de voix. Si cet épisode vous a aidé à y voir plus clair, c'est déjà un pas de plus sur votre trajectoire. Vous pouvez prolonger la réflexion avec le diagnostic Traceur de voix. Un outil simple pour faire le point sur votre relation à l'argent et vos décisions. Le lien est dans les notes de l'épisode. Et si ce podcast vous est utile, Vous pouvez le soutenir très simplement en vous abonnant ou en laissant un avis sur votre plateforme d'écoute. Cela permet à Traceurs de voix d'être découverts par d'autres entrepreneurs qui en ont besoin. Prenez soin de votre énergie, restez lucide et continuez à tracer votre voix. A bientôt !