Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Traceur de Voix, le podcast qui vous aide à retrouver de la clarté dans votre relation à l'argent. Entreprendre, investir, gérer son activité, c'est intense. Et quand le stress s'installe, c'est souvent notre relation à l'argent qu'on a besoin d'apaiser. Je suis Koumba Diaby, exécutive coach et consultante en investissement. J'aide les entrepreneurs et dirigeants à faire de l'argent un levier de liberté. Chaque semaine, en moins de 10 minutes, je vous partage des clés concrètes pour avancer en toute sérénité. Et si votre générosité était parfois la forme la plus élégante de votre évitement ? Dans l'épisode précédent, nous avons parlé du bon moment, de ces projets, ces décisions, ces conversations que l'on met en salle d'attente. Aujourd'hui, on continue ce chemin avec une autre question. Qu'est-ce qui se passe quand ce n'est pas le temps qu'on repousse, mais la valeur qu'on n'ose pas nommer ? On donne, on aide, on conseille, on répond présent, mais parfois on ne vend pas, on ne négocie pas, on ne demande pas, on ne pose pas de cadre. Alors mon objectif c'est qu'à la fin de cet épisode, vous puissiez regarder une situation très concrète et vous dire là, je donne par choix, là je donne peut-être, pour éviter de poser mon cadre. Bienvenue dans le 23e épisode de Traceurs de voix. Aujourd'hui, on parle d'argent par une porte sensible, la générosité. Et cette question, comment rester généreux sans disparaître économiquement ? Avant d'aller plus loin, je voudrais poser un éclairage utile. La gratuité n'est pas le problème. Ce podcast est gratuit. Vous l'écoutez sans payer et pourtant il a de la valeur. Il a une intention, un cadre, un rythme, une place. Il transmet, il ouvre des questions. Il crée un espace de réflexion, mais il ne peut pas remplacer un accompagnement. Il ne remplace pas un travail approfondi, personnalisé, incarné. Et c'est là que le sujet devient intéressant. Le gratuit peut être un choix de transmission, de lien, de visibilité, mais parfois il devient une manière d'éviter. Éviter de vendre, éviter de nommer un prix, éviter de dire Voilà mon cadre. Et si vous vous reconnaissez là-dedans, ne vous empressez pas à vous juger. Parce que beaucoup d'entre nous ont appris que donner, c'était bien. Être utile, c'était bien. Ne pas réclamer, c'était bien. Alors quand il faut recevoir en face de ce qu'on donne, il y a comme quelque chose qui se crispe. Et ce n'est pas parce qu'on n'a pas de valeur, mais parce que recevoir peut être beaucoup plus inconfortable. Mais parfois, la gratuité n'est plus seulement un choix, il devient une manière d'éviter. Éviter de vendre, éviter de nommer un prix, éviter de demander une reconnaissance, de dire « voilà mon cadre » , éviter d'assumer que ce qu'on apporte a de la valeur. Allez, je vous donne un exemple. Une entrepreneur propose un appel découvert de 30 minutes. Un cadre très clair au départ. Mais très vite, la personne raconte son problème. Alors, elle écoute, elle reformule, elle donne une piste, puis une deuxième. Elle débloque déjà quelque chose. Elle a presque fait une séance, mais elle n'a pas parlé de son offre. Et ce n'est pas parce qu'elle ne veut pas vendre, mais parce qu'à ce moment-là, vendre lui semble presque brutal. Elle se dit, je ne veux pas casser le lien. Je ne veux pas avoir l'air intéressé. Je ne veux pas mettre la personne mal à l'aise. Je vais d'abord encore l'aider un peu. Et là, on voit bien que le sujet n'est pas seulement commercial. C'est un sujet de relation à l'argent. Parce que l'argent vient mettre une frontière là où on aimerait rester dans un lien pur, fluide, généreux. Et pourtant, poser un cadre, ça ne casse pas forcément le lien. Parfois, il le protège. Il protège la personne qui reçoit. Il protège aussi la personne qui donne. Ce sujet ne touche pas que les entrepreneurs. Il concerne aussi les salariés, les managers, les personnes engagées, les personnes qu'on appelle parce qu'elles trouvent toujours une solution. Je pense à cette salariée qui absorbe des responsabilités supplémentaires. Elle forme les nouveaux collaborateurs, elle sécurise les dossiers, elle apaise les tensions, elle fait tenir des projets. Mais quand vient le moment de parler salaire, évolution ou reconnaissance, elle minimise. Elle se dit des phrases du genre « c'est normal » , « je fais juste ma part » , « je ne veux pas mettre le sujet sur la table maintenant » . Et à force de ne pas nommer sa contribution, elle devient indispensable, oui. mais pas forcément reconnu. Je pense aussi à ce manager qui fait tenir toute une équipe. Il absorbe les irritants, traduit les décisions, il rassure, arbitre, évite que les tensions explosent. Mais quand il doit parler de son impact, il reste vague. Il parle du collectif, de l'équipe, du projet. Et c'est noble. Mais parfois, derrière cette noblesse, il y a aussi une difficulté à dire « Voilà ce que j'ai rendu possible. Voilà la valeur de ma contribution. » Voilà ce que je mérite comme reconnaissance. Le sujet n'est donc pas de vendre. Le sujet, c'est oser vendre, assumer, négocier sa valeur, selon votre situation. Si vous êtes entrepreneur, cela peut vouloir dire parler de votre offre. Si vous êtes salarié, cela peut vouloir dire rendre votre impact visible. Si vous êtes manager, cela peut vouloir traduire votre contribution en valeur. Si vous êtes en transition, cela peut vouloir dire... arrêter de présenter votre parcours comme juste une suite d'accidents et commencer à y voir une cohérence. Si à ce stade, vous êtes en train de vous dire « Oui, mais moi, j'aime bien donner » , la question n'est pas « Est-ce que j'aime donner ? » La vraie question est « Est-ce que je sais aussi recevoir ? » « Est-ce que je sais poser un prix ? » « Est-ce que je sais arrêter de prouver ma valeur avant même qu'on me l'ait demandé ? » La générosité et l'argent ne sont pas ennemis. On peut donner, transmettre, aider, sans laisser sa valeur circuler à sens unique. Quand on parle d'argent, de valeur ou de reconnaissance, on croit souvent que la peur porte sur le montant, le prix, l'augmentation, la proposition, le tarif, la négo. Mais parfois ce qui fait vraiment peur, ce n'est pas le chiffre, c'est le nom. Le nom, N-O-N. Du client, le nom du manager, le nom de l'interlocuteur. Et surtout ce que ça pourrait réveiller en nous. Est-ce que j'ai trop demandé ? Est-ce que je ne vaux pas assez ? Est-ce que j'ai abîmé le lien ? Alors que parfois un nom est simplement un nom. Pas un verdict, pas une condamnation, pas une mesure de notre valeur. Les neurosciences sociales ont montré que le rejet social actif des zones du cerveau lié à la douleur sociale. Des chercheurs comme Heisenberger et Lieberman ont beaucoup travaillé sur ce sujet. Et ce que ça nous dit, c'est que le sentiment de rejet découlant du non n'est pas seulement une idée. Il peut être vécu par le cerveau comme un signal de menace. Donc quand vous présentez une offre, quand vous demandez une augmentation, quand vous posez un tarif, quand vous dites voilà ce que vaut mon travail, Votre cerveau ne traite pas toujours ça comme un simple échange professionnel. Il peut entendre « et si je suis rejeté ? » « et si je perds le lien ? » « et si je ne suis plus perçu comme généreux ? » « et si je déçois ? » « et si ma demande change la relation ? » Alors, une partie très ancienne de notre système nerveux peut comprendre danger, danger de rejet, danger de rupture, danger de perdre sa place. Pour éviter cette sensation, on choisit parfois, inconsciemment, l'option la plus sûre à court terme. Donner encore un peu. Rester utile, disponible, aimable. Et ne pas mettre l'argent sur la table. S'y vendre, demander, négocier, vous m'aider mal à l'aise, ce n'est pas forcément parce que vous manquez de valeur. Ce n'est pas parce que vous n'êtes pas... pas doué avec l'argent. C'est parce que votre cerveau essaie d'éviter la douleur du rejet. Le travail n'est donc pas de devenir dur. C'est d'apprendre à entendre un nom comme une information. Pas comme une condamnation. Pas comme une sentence. Si je fais payer, je vais perdre le lien. Si je pose un cadre, je vais paraître dur. Si je demande une augmentation, on va penser que je suis ingrate. Ces pensées ne sont pas des vérités. Ce sont des interprétations. Présenter son offre, ce n'est pas forcer. C'est ouvrir une possibilité. Poser un prix, ce n'est pas réclamer. C'est donner un cadre à la valeur. Dire non au gratuit illimité, ce n'est pas devenir moins généreux. C'est refuser de disparaître dans sa propre générosité. Je vous invite à présent à penser à une situation précise, pas en général, une situation réelle. ou donnez-vous beaucoup sans cadre clair. Dans un appel découverte ? Dans vos messages privés ? Avec vos clients ? Dans votre équipe ? Et surtout, qu'est-ce que vous craignez qu'il se passe si vous posiez une limite plus claire ? Je répète la question, qu'est-ce que vous craignez qu'il se passe si vous posiez une limite plus claire ? C'est souvent là que se cache la clé. Pas dans la stratégie, mais dans la peur qui se cache derrière l'absence de cadre. Voici l'exercice que je vous propose cette semaine. Prenez une feuille, tracez deux colonnes. Dans la première colonne, écrivez ce que je choisis d'offrir. Ça peut être un podcast, une ressource, un conseil ponctuel, un temps découverte, mais attention ! Écrivez aussi le cadre. Combien de temps ? Dans quelle intention ? Jusqu'où ? Avec quelles limites ? Dans la deuxième colonne, écrivez ce qui relève de mon cadre payant, négocié ou reconnu. Exemple, une analyse approfondie, une stratégie personnalisée, une responsabilité supplémentaire, une expertise, etc. Et surtout, choisissez une phrase à tester cette semaine. Une phrase à formuler pour pouvoir poser un cadre. Exemple. Je peux vous donner une première piste ici et si vous voulez aller plus loin, je vous présenterai mon accompagnement. Ou alors, ce point mérite un temps de travail supplémentaire, je vous propose qu'on le cadre ensemble. Pas besoin d'être froide, pas besoin de vous justifier, juste une frontière claire, calme, professionnelle. Vous l'avez bien compris, donner... ce n'est pas le problème. La générosité n'est pas un problème. Le problème commence quand donner devient une manière de ne pas demander. On peut tout à fait être généreux et clair. On peut transmettre gratuitement et vendre avec justesse. On peut créer du lien sans s'effacer économiquement. J'aimerais finir cet épisode avec cette phrase de William Durand. qui résume la pensée de Aristote. Je cite Fin de citation Cette semaine, choisissez une seule frontière à poser. Petite Claire, respectueuse et observez ce que ça change. Et si cet épisode vous a parlé, partagez-le à une personne qui donne beaucoup et qui a peut-être besoin d'entendre qu'elle peut rester généreuse sans disparaître économiquement. À très bientôt sur Traceurs de Voix. Si cet épisode vous a aidé à y voir plus clair, c'est déjà un pas de plus sur votre trajectoire. Vous pouvez prolonger la réflexion avec le diagnostic traceur de voix. Un outil simple pour faire le point sur votre relation à l'argent et vos décisions. Le lien est dans les notes de l'épisode. Et si ce podcast vous est utile, vous pouvez le soutenir très simplement en vous abonnant ou en laissant un avis sur votre plateforme d'écoute. Cela permet à Traceur de voix d'être découvert par d'autres entrepreneurs qui en ont besoin. Prenez soin de votre énergie, restez lucide et continuez à tracer votre voix. A bientôt !